- Speaker #0
Vous cherchez des conseils marketing concrets, pragmatiques et actionnables pour développer votre entreprise dans la durée ? Bienvenue sur My Marketing Podcast. C'est Laurie et Sandy Giacobi. On est spécialistes en marketing et entrepreneurs depuis 2010. Ici, vous trouverez les méthodes, les outils et les retours d'expérience de nos invités ainsi que les nôtres. Tout pour vous inspirer et passer à l'action. qui ont délivré son équipe marketing par trois, voire presque sans passer, grâce à l'intelligence artificielle, grâce à l'IA. C'est quand même une idée qui circule beaucoup aujourd'hui dans les entreprises et notamment qui fait rêver certains dirigeants. C'est aussi ce qu'on nous fait croire beaucoup dans beaucoup de posts LinkedIn. Il vous faut croire à de la magie grâce à l'IA. Aujourd'hui, j'avais envie d'inviter une personne pour nous parler concrètement de ce qu'on voit dans les entreprises et de ce qu'on peut faire ou pas faire raisonnablement avec de l'IA. J'ai le plaisir d'accueillir pour ça Jordan Chenebrier-Truchet, qui est le CEO de Bulldozer, collectif d'experts marketing augmenté par l'IA. Bonjour Jordan.
- Speaker #1
Salut Sandy, merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #0
Jordan, qu'est-ce que vous observez réellement sur le terrain ? Est-ce qu'en 2026, les effectifs ont été coupés par deux pour multiplier par deux la performance ? C'est quoi qu'on voit réellement dans les locaux des entreprises et des départements marketing ?
- Speaker #1
Alors déjà le premier truc, il y a une énorme pression qui est mise sur les équipes marketing pour pouvoir diviser les effectifs, pour pouvoir générer plus de performances, pour faire plus avec moins, etc. En fait, moi ce que j'observe, c'est une obsession pour tout le monde. Au-delà de la pratique du quotidien, de comment est-ce que je mets en place des agents, des skills, des trucs qui vont automatiser mon travail, il y a même toutes les obsessions autour de comment j'apparais dans le chat GPT. qu'est-ce que ça change pour moi dans mes canaux d'acquisition, etc. Et en fait, moi, mon observation quand même, c'est que les entreprises, elles ne sont pas du tout au point sur le sujet. Et les entreprises même, il y en a beaucoup qui sont déçues par le sujet. Ce qui peut paraître assez particulier, parce que moi qui utilise du coup beaucoup l'IA au quotidien et toute notre équipe, nous, on n'est pas déçus. De notre côté, on est plutôt... Moi non plus.
- Speaker #0
Nous non plus, on n'est pas déçus, mais je comprends ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Mais il n'empêche qu'il y a beaucoup de personnes dans les organisations qui sont déçues par l'intelligence artificielle parce que la prise en main n'est pas aussi simple que taper un prompt dans ChatGPT et les résultats n'arrivent pas. Et donc, le truc, c'est que tu as d'un côté un management qui te met une pression pour diviser ton équipe par deux, etc. Toi, tu as l'impression que tu passes tes journées dans l'IA. Pour autant, tu as l'impression que ta vie, là pas non plus changé du tout au tout.
- Speaker #0
Ça n'a pas fait un bouleversement énorme. Au final, peut-être que tu as réussi à passer moins de temps, peut-être que tu n'as pas recruté le poste que tu espérais recruter, mais au final, tu as fait utiliser moins de ressources, mais pas pour plus de résultats non plus.
- Speaker #1
Exactement, et je pense qu'il faut vraiment prendre les choses sous ce prisme-là, c'est automatisation des tâches versus automatisation des processus. Aujourd'hui, les entreprises, elles ont la logique d'automatiser des tâches. Je veux automatiser la rédaction de mes emails. Je veux automatiser mon reporting. Je vais automatiser le fait de produire une slide. En fait, ce qui amène vraiment des résultats, c'est l'automatisation des processus. C'est quand, en fait, A à Z, tu as tout un process, étape A, B, C, D, E, qui ensuite t'amènent vers le résultat voulu. En fait, ce truc-là, ça demande du temps, ça demande des moyens, ça demande etc. Et les entreprises, elles n'y sont absolument pas. Donc en fait, tu vois, c'est là où il y a vraiment cette espèce de désillusion. Ah mais en fait, on m'a promis l'automatisation complète. Et en fait, oui, c'est sympa, j'automatise mes emails, mais à part ça, il ne se passe pas grand-chose. Oui.
- Speaker #0
Moi, perso, je n'ai même pas automatisé mes emails. Je pense que c'est mon dernier... C'est là où je pense qu'il y a le moins de valeur ajoutée. En vrai, c'est pour ça que je n'ai pas commencé par ça. Mais si on voit cette déception, tu t'es déçue par rapport à des attentes. Donc, est-ce qu'on imagine aussi que si il y a cette déception, c'est parce qu'il y avait peut-être des attentes qui étaient au départ complètement fantasmées ? Tu penses aujourd'hui, quand tu discutes avec eux, quand tu as les oreilles qui traînent, tu as l'impression que ces attentes, elles sont de quel ordre ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a des attentes vis-à-vis de, en anglais, on appelle ça des outcomes ou des outputs, ce qui sort de la machine, de ce que je vais être en mesure de produire grâce à l'IA. En termes de résultats, en termes de livrables, peu importe. Il y a beaucoup d'attentes vis-à-vis de ce truc-là. Et en fait, la réalité, c'est que ces attentes, elles sont légitimes, elles sont possibles. Le truc, c'est que pour que ces choses-là, elles soient possibles, Il y a des attentes opérationnelles de qu'est-ce que ça va me demander d'arriver à faire ce truc, cette espèce de monde magique.
- Speaker #0
C'est l'état désiré, on va dire.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et en fait, c'est là où les gens, ils se font complètement avoir. C'est qu'ils s'imaginent qu'opérationnellement, ce que ça va leur demander d'arriver vers ce monde magique... ça demande rien. Or, ça demande beaucoup. Et eux, du coup, ils mettent un certain niveau d'effort dans la machine et ils voient que la machine ne produit pas le résultat espéré. Et donc, c'est là qu'il y a la désillusion. C'est là où, effectivement, il y a un décalage entre les attentes et la réalité. Et du coup, c'est ce qui leur fait se dire qu'on leur a survendu les possibilités. Mais non, on ne vous les a pas survendus, les possibilités. Les possibilités, elles sont bien là. Mais par contre, l'effort à fournir pour arriver à ce truc-là... Oui,
- Speaker #0
on l'a survendu.
- Speaker #1
C'est là où effectivement on vous a survendu, où vous avez surinterprété le fait qu'il suffisait d'aller mettre un prompt et puis le truc allait être magique. C'est là en fait que se situe le vrai sujet.
- Speaker #0
D'accord avec ça, je pense qu'on n'a pas fini de le dire malheureusement. Après il y a aussi je pense des niveaux d'attente qui sont très variables, ça c'est ma position. C'est que si tu ne sais pas réellement ce que tu attends, tu peux aussi être satisfait ou insatisfait par des choses qui ne sont pas standards, c'est-à-dire qui ne sont pas au niveau de ce qu'elles devraient être. Moi, je vois souvent des choses qui sont produites, on me dit « c'est bien, ça a été validé » . À mon sens, ce n'est pas assez. Ce n'est pas ça qui permettra de donner le résultat. Ça fait le job, mais ce n'est pas ça qui te permettra de te différencier et d'aller obtenir l'état désiré ou le monde magique dont on parle. Moi, je trouve que parfois, par rapport aux attentes, ce n'est pas trop bas dans le sens « ça va passer vite » , mais c'est trop vite validé sous prétexte que ça a été produit par l'IDA. Donc, c'est trop vite jugé.
- Speaker #1
Alors, je suis complètement d'accord. En fait, l'IA, ça ne devrait pas être quelque chose qui diminue vos standards, c'est quelque chose qui devrait augmenter vos standards. Je prends toujours le même exemple. L'exemple que je donne, c'est, moi, par exemple, je suis quelqu'un, je suis un pinailleur sur le contenu. Je le sais, voilà, c'est comme ça. C'est-à-dire que, ah, mais moi, je n'aurais pas dit la phrase de cette façon, ah, mais oui, mais moi, en fait, l'image, je ne l'aurais pas faite comme ça, etc. Je suis le pinailleur, c'est-à-dire que les gens qui font du contenu, généralement, ils n'aiment pas trop travailler avec moi parce que j'ai des attentes qui sont extrêmement précises, tu vois. Et en fait, je considère que c'est parce que j'ai des... très grosses exigences vis-à-vis du contenu. Le problème, c'est que quand tu dois manager une équipe, que tu dois travailler avec des gens, etc., il y a un moment donné où le fait d'être un relou, ça se ressent à plein de niveaux. Et notamment, quand tu commences à faire 15 allers-retours avec la personne, le designer, etc., du coup, les 15 allers-retours, ça ne se fait pas en 10 minutes. Donc en fait, entre le moment où on t'a envoyé la V1 et le moment où on t'a envoyé la V15, en fait, il s'est passé une semaine. Elle se dit, mais ça fait une semaine que je suis en train de pinailler sur le même truc. Au niveau relationnel avec la personne, en fait, la personne, elle se dit, non mais en fait, ce mec-là, j'ai plus du tout envie de travailler avec lui. C'est insupportable. C'est absolument pas constructif comme truc, tu vois. Donc, ce qui se passe avec les gens autour de moi, c'est que je mets de l'eau dans mon vin. Donc, je suis en train de me dire, bon, oui, en effet, moi, je ne l'aurais pas fait comme ça, etc. Mais bon, ce n'est pas grave, vas-y, tu vois. Mais maintenant, avec l'IA, je peux me permettre de faire... le relou de service, de faire mes 15 allers-retours, etc. Et il s'avère que ces 15 allers-retours, en fait, ils se génèrent en 10 minutes. En fait, ma relation avec Claude, elle va très bien, etc. Et si tu veux, mon niveau de standard, il a augmenté parce que, justement, il y a cette situation-là, là où la plupart des gens, ils se disent, ah ben, j'ai eu un livrable rapide, c'est bon, le boulot est fait.
- Speaker #0
Exactement. Mais c'est exactement mon sentiment. Alors, je partage le côté relou parce qu'on... dernièrement, on nous a l'aurit épinglée parce qu'on est trop exigeante apparemment. Donc, compassion. Nous sommes des gens pénibles. On a des standards. Maintenant, on va juste dire qu'on a des standards élevés. Je voudrais revenir sur une chose que tu as dite ou que tu as écrite. C'était, aujourd'hui, ça a moins de sens de segmenter énormément et de compartimenter les équipes marketing avec le référencement, le contenu, l'acquisition payante, d'avoir ces spécialités. Toi, tu as plutôt le parti pris de dire que ces frontières, elles n'ont plus trop de sens. et de proposer une autre organisation à la place. Et j'aimerais que tu nous en parles, parce que là, pour le coup, c'est assez innovant. On n'a pas l'habitude.
- Speaker #1
Déjà, il y a deux choses. La première, c'est qu'au sein des équipes marketing, il y a des compétences qui sont très spécifiques et qui sont très techniques. Ce que j'entends par des compétences techniques, je vais prendre l'exemple des Google Ads. Je prends cet exemple-là parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes dans l'audience qui pourront comprendre ce truc-là. Mais faire des Google Ads, c'est avant tout une compétence technique. C'est-à-dire... C'est un enchaînement de tâches, donc on est vraiment dans un processus. Je vais faire ma recherche de keywords, donc de mots-clés. Ensuite, je vais identifier les mots-clés qui se prêtent le plus à moi. Ensuite, je vais identifier les intentions. Ensuite, je vais etc. etc. Ensuite, je vais produire ma landing page. Et puis, je vais faire le setup de ma campagne. Et puis, je vais définir des règles, à savoir quand le budget bouge de cette façon, alors mes campagnes vont bouger de cette façon, etc. Aujourd'hui, en fait, il s'avère qu'une compétence comme celle-là, elle peut être encapsulée dans une IA. C'est pareil pour plein d'autres compétences au sein de l'équipe. Par contre, il y a des compétences au sein d'une équipe marketing qui ne pourront jamais être encapsulées au sein d'une IA et qui sont vraiment des compétences humaines. Il y en a deux principales, selon moi. Il y a une compétence de créativité. Parce que les gens se disent « Ah oui, mais en fait, l'IA, elle est super pour faire du travail de créativité, etc. » Mais il faut en fait se rappeler la manière dont est conçue techniquement une IA. Techniquement, une IA, elle te donne la moyenne de tout ce qu'elle observe. Toi, tu as l'impression que c'est innovant par rapport aux idées que toi, tu aurais pu avoir, mais à l'échelle de ce qui se fait dans le monde, elle te donne une moyenne, elle te fait quelque chose de moyen. Et donc, peut-être que c'est mieux que ce que tu as aujourd'hui, mais on ne pourra pas dire que c'est un travail qui est vraiment différenciant, distinctif, etc. et donc moi je considère que ce travail de créativité c'est une compétence qui doit rester humaine et après il y a une autre compétence qui doit rester humaine c'est les compétences relationnelles bon là on est en train de se parler, si on se rencontre dans un événement on va pouvoir se parler, c'est pas un avatar de moi en IA, c'est pas un avatar de toi en IA, il n'y a pas un avatar de moi qui va se pointer à un événement etc etc et donc ces compétences relationnelles c'est pareil il faut pouvoir les conserver de manière humaine mais mis à part la créativité et les compétences relationnelles aujourd'hui je considère que il y a une majorité de compétences au sein des équipes marketing qui peuvent être encapsulés dans des IA. Après, le gros sujet, c'est qui les crée, qui les manage, où est-ce que se trouvent les validations humaines, etc. Et ça, ça va dépendre des entreprises. Il y a des entreprises qui vont vouloir mettre des validations à chaque étape et donc il faudra plus de ressources pour pouvoir les valider. Aujourd'hui, je pense que les équipes marketing, elles devraient être créées et managées et optimisées au travers de ce prisme-là, à savoir les compétences AI-fiables, automatisables, je ne sais pas exactement comment dire ça, les compétences créatives et les compétences relationnelles. Et je pense que c'est surtout ça, en fait, que permet l'IA. Et donc ça, c'était le premier truc. Et le deuxième truc, tu l'as mentionné très rapidement, qui est, il y a un gros sujet dans les organisations, et surtout dans les organisations qui sont quand même assez dodues, on va dire, c'est la communication entre les services. Et les silos... Ah non,
- Speaker #0
communication, bref.
- Speaker #1
C'est vrai. Donc, tu as à la fois les silos d'un point de vue compétence, mais tu as du coup un énorme silo d'un point de vue communication. Et l'exemple que je donne systématiquement, Quand on fait de la... publicité et que, je sais pas, ta pub, les gens se mettent à la voir à répétition, ils comprennent mieux ton produit, ils comprennent mieux ce que tu fais, ton positionnement, etc. Le jour où ton commercial va appeler cette personne-là en cold call, la probabilité que le rendez-vous soit pris est bien meilleure. Parce qu'elle te connaît déjà, etc. Le truc, c'est que la personne qui faisait la publicité et le commercial ne se parlent absolument pas. C'est des datas qui ne communiquent pas, etc. Et donc, en fait, le fait de de raisonner de cette manière-là, et l'IA permet aussi de pouvoir... Tu connectes ton IA à tes rendez-vous commerciaux, tu connectes ton IA à tes publicités, et d'un coup, tu vois la connexion entre les deux qui est une connexion qui n'existait pas jusqu'à maintenant. Et donc, moi, je pense que c'est aussi au travers de ce sujet-là que l'IA permet de dé-siloter.
- Speaker #0
Je vais vous donner une attitude simple parce que c'est celle qu'on fait nous-mêmes. Vous pouvez faire des reporting avec quels ont été les comptes qui ont été exposés le plus et qui ont le plus d'engagement. Et vous les envoyez gentiment à vos équipes commerciales. Et vous verrez que ça facilite. Il n'y a même pas besoin, si vous n'êtes pas encore équipé, vous n'avez même pas besoin d'attendre encore ce stade. Ça se fait et l'IA peut aussi aider clairement là-dessus. Parce que tu donnes les reportings et tu les analyses. Tu as les données et ça roule. Ce qu'il faut dire aussi, c'est que grâce à ces modes d'organisation augmentés par l'IA, l'idée, c'est peut-être pas d'arriver à la même agilité qu'une TPE ou qu'une PME. évidemment, mais c'est quand même de regagner ce qui est aujourd'hui la faiblesse des plus grandes entreprises, c'est leur capacité à prendre des décisions rapides et à exécuter rapidement. Moi, je trouve hyper intéressant cette approche humaine qui mène IA dans les équipes marketing. Je sais que ça peut faire peur, mais de suppression de postes ou d'optimisation de compétences. Est-ce que tu penses que les équipes marketing, elles sont vouées à être de plus en plus limitées ou alors à se dire qu'on va créer des nouveaux postes qui vont arriver ?
- Speaker #1
Je pense qu'à court terme, les équipes marketing vont se diminuer. Euh... C'est... demandés par les investisseurs. Donc, à un moment donné, même si ce n'est pas la bonne décision, même si ce n'est pas la bonne décision, c'est inévitable. Parce que tout le monde pousse dans ce sens. Et donc, à un moment donné, il va falloir s'y coller. Et les CMO vont devoir, à un moment donné, vont être un peu obligés de passer par là. Je pense qu'il y a des rôles qui sont plus en danger que d'autres. Et je reprends encore une fois mon prisme, ce qui est automatisable, ce qui relève de la créativité, ce qui relève du relationnel. En fonction de la quantité de contenu produit par l'entreprise, à un moment donné, il va falloir être honnête. Ça risque d'être un petit peu compliqué. Après, c'est là où, naturellement, il y a des nouveaux modes d'organisation qui vont se mettre en place. C'est-à-dire que quand, avant, tu avais le besoin de quelqu'un pour gérer ton contenu 5 jours sur 5, en temps plein, et qu'aujourd'hui, la création de ce contenu peut se gérer en 2 jours dans ta semaine, en fait, naturellement, le mieux, c'est peut-être de prendre quelqu'un d'externe. Du coup, vu que tu as un budget de quelqu'un à temps plein, potentiellement même prendre quelqu'un de plus senior, deux jours par semaine, en freelance. et tu feras quand même des économies. Et donc, tu te rends compte qu'il y a ces nouveaux modes d'organisation qui vont se mettre en place. Et c'est là où moi, je pense que, d'un point de vue compétence, en tant que marketeux, il faut vraiment pouvoir se poser des questions sur son set de compétences. Et moi, de ce que j'observe dans le set de compétences, il y a deux choses qui peuvent permettre à beaucoup de marketeurs d'être sauvés, entre guillemets. C'est, d'une part, une connaissance d'un marché très spécifique de manière très, très approfondie. Par exemple, je suis spécialiste de la finance de marché. Ça me donne un avantage compétitif par rapport aux autres marketeurs qui peuvent être sur le marché. Et de l'autre côté, la capacité d'être très généraliste opérationnellement, c'est-à-dire être en capacité de faire un peu du contenu, faire un peu du paid, faire un peu du SEO, faire un peu du machin. Puisque de toute façon, tu vois, toutes ces compétences-là, elles vont être encapsulées dans des IA. Donc, demain, si tu sais toi-même travailler avec des IA, tu sauras travailler avec une compétence SEO, avec une compétence paid, avec une compétence machin. Et donc, ça te demande de développer des compétences un peu 360 d'un point de vue opérationnel.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure d'embaucher un senior. Moi, j'aurais bien aimé qu'on discute des juniors à l'inverse. Aujourd'hui, il y en a tous les jours qui arrivent sur le marché de travail. Il y a un mythe comme quoi parce qu'ils sont juniors, parce qu'ils sont jeunes, l'IA… C'est comme avant, on disait, ils sont nés avec un téléphone portable dans les mains, donc ils sont très à l'aise avec les réseaux sociaux. Maintenant, on dit qu'ils ont fait toutes leurs études avec l'IA, donc ils sont très à l'aise avec l'IA. Alors, un vrai-faux, mythe ou réalité ? Moi, en tout cas, de mon côté, c'est gros mythe. En tout cas, de ce que j'ai observé, c'est gros, gros mythe. Quel rôle on peut leur donner aujourd'hui si on s'intéresse quand même à l'insertion de cette génération ? Et on doit s'y intéresser, d'ailleurs.
- Speaker #1
Le fait que ce soit une génération qui est née avec l'IA, on va dire qu'elle est née avec l'IA, on va dire ça comme ça. Alors, c'est vrai, mais c'est un mythe. C'est-à-dire que moi, de ce que j'observe aujourd'hui, En fait, je vais faire un parallèle. On ne voudra pas faire ce parallèle. Mais tu vois, quand tu étais adolescente et que tu allais en soirée avec des amis et que tu buvais de l'alcool et que tu ne le disais pas à tes parents et que tu rentrais chez toi, tu rentres chez toi, tu rentres chez toi, tu as bu de l'alcool et puis tu te dis « Ah non, mes parents, ils n'ont rien capté. » Et puis en fait, tes parents, ils ont tout capté. En fait, ils ont vu l'odeur de l'alcool, ils ont vu ton attitude, etc. Et en fait, tu es juste en train de t'imaginer Merci. qu'ils ne sont pas aussi intelligents que toi. En fait, ce que je vois avec l'IA aujourd'hui et les juniors, c'est exactement la même chose. C'est-à-dire que c'est des gens qui arrivent, ils font des trucs, mais c'est basique en fait. C'est des trucs basiques avec l'IA et ils ont l'impression que tu ne vas pas le voir. Donc, ils te font du texte généré par l'IA, il y a tous les patterns de l'IA, ils te font des slides générés par l'IA, il y a le design de l'IA, etc. Voilà, exactement. Et ils te balancent ça en mode « Ouais, mais j'y ai passé ma soirée d'hier, etc. » arrête de faire genre. En fait, on le sait très bien. Et du coup, tu vois, moi, je pense que c'est une génération qui utilise l'IA au quotidien, qui a des compétences en IA, etc. Mais il manque cette espèce de maturité professionnelle de, OK, en fait, dans le monde professionnel, l'IA, on l'exploite de cette manière. En fait, voilà les attendus, voilà, etc. Et je pense qu'en fait, aujourd'hui, c'est un peu ça le sujet. Mais j'ai envie de dire, bon, c'est un manque d'expérience. En fait, quand tu es junior, de fait, tu manques d'expérience. En fait, assez rapidement, tu vois que mince, je m'y suis fait avoir. Mes parents ont su qu'en fait, j'avais bu de l'alcool. Il y a un peu ce truc-là. Donc ça, c'est le premier truc. Et ensuite, le deuxième truc qui est, qu'est-ce qu'on fait avec des juniors aujourd'hui ? Pour les personnes qui font partie de ton audience et qui ne le savent pas, j'ai également un podcast. Et dans ce podcast, j'ai interviewé quelqu'un qui s'appelle Georges Bonassi, qui est le Head of Growth d'une boîte américaine qui s'appelle Ramp. Et on parlait de ce sujet-là. On parlait de quoi faire avec les juniors, etc. Et lui, il a eu une réponse franchement, elle m'a marqué, et maintenant, je reviens souvent dessus. En fait, il me disait, mais tu sais, en fait, c'est pas parce que t'as l'IA et que tu peux automatiser des choses que t'es obligé d'utiliser l'IA et d'automatiser des choses. Et en fait, lui, ce qu'il me disait, c'est, il y a pas mal de sujets, en fait, il considère que c'est des tâches qui sont faites pour développer des skills. Je reprends l'exemple des Google Ads. Les Google Ads, c'est avant tout de la compétence technique et tu pourrais les encapsuler dans une IA. La réalité, c'est qu'au lieu de les encapsuler dans une IA, si tu les donnes à quelqu'un de junior, le risque qu'il se passe quelque chose de dramatique pour ta boîte, c'est zéro. En revanche, la probabilité que cette personne comprenne les tenants et les aboutissants de la demon capture, les enjeux de SEO, SIE, la proposition de valeur de ton business, ce que ça veut dire de créer un funnel, les intentions d'achat, etc., elles sont énormes. Et donc lui, tu vois, typiquement, il dit, là où moi, je pourrais mettre des agents IA sur des Google Ads, je préfère mettre des juniors. pour qu'ils puissent monter en compétence et devenir des seniors. Et je trouve que c'est hyper intéressant en fait comme démarche.
- Speaker #0
Oui, après le budget c'est pas le même, mais oui.
- Speaker #1
Oui, mais tu vois, le truc, c'est lui, il est dans cette logique de je vais recruter des juniors pour en faire des seniors. Je ne vais pas recruter des juniors pour leur donner des tâches de junior. C'est je vais prendre des juniors parce qu'en fait, à un moment donné, il va me falloir des seniors dans ma boîte. Et du coup, je fais un investissement dans un junior dans l'espoir d'en faire quelqu'un de senior. Donc, c'est une démarche de carrière, d'investissement dans l'avenir, etc.
- Speaker #0
Là où je pense qu'il ne faudrait pas se perdre avec les juniors, c'est de se dire tu les fais venir, tu leur donnes des skills et ils sont juste là pour faire tourner des skills. Si tu acceptes, quand tu as la responsabilité, parce que c'est plus qu'accepter, c'est quand on a la responsabilité d'accueillir des personnes qui intègrent l'entreprise et qui sortent des études, alternant ou pas alternant, est-ce qu'il y a une responsabilité de les encadrer réellement ? Et le risque à ne pas soi-même comprendre ce qu'il y a dans les skills, c'est que tu pourrais presque déléguer à une IA de former, je ne vais pas dire le pauvre gamin, parce que ce n'est pas un gamin, il peut avoir 24, 25 ans, mais si le manager en face ne comprend pas plus cette partie-là que lui, il n'y aura pas de transmission. Et moi, c'est un peu ça. que je trouve qui pourrait porter préjudice aux entreprises d'ici peut-être 10, 15, 20 ans, ou 30 ans même, c'est que finalement, toute cette génération qui a les skills et qui a su les encapsuler dans des skills, en fait, elle n'a pas formé les nouveaux aux skills justement. Et donc, ils ne sont plus capables de faire évoluer ou d'améliorer. Dans ce que je dis, c'est ce côté transmission en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est très clair. Et d'ailleurs, une autre image que je prends régulièrement, c'est que En fait, les IA, c'est des stagiaires. Donc, c'est des stagiaires qui sont extrêmement compétents. Ils ont toutes les connaissances du monde, ils ont lu tous les bouquins, ils savent tout, blablabla. Mais d'un point de vue compétence pure, vraiment capacitaire, c'est de l'ordre du stagiaire. C'est-à-dire que quand tu vas avoir un stagiaire dans ton entreprise, la manière que tu vas avoir de l'onboarder, de la former à ton entreprise, c'est nos clients, c'est comme ça qu'on leur parle, et puis voilà les couleurs qu'on utilise. Et puis, en fait, voilà notre manière d'envoyer des e-mails, etc. Et en fait, la réalité, c'est que si tu veux que ton IA soit performante, il faut que tu puisses l'unborder exactement de la même manière que tu unborderais un stagiaire. Et donc, à la fin, tu as un espèce de stagiaire qui fait exactement ce que tu lui as dit de faire. Donc, moi, mes post-linking, je les rédige de cette manière. Ton IA, elle va rédiger le post-linking exactement de cette manière-là. Quand on prend cet exemple de c'est un stagiaire que tu as formé parfaitement, La réalité, c'est que si tu prends un stagiaire... Pour lui mettre une IA dans les mains, c'est t'as pris un stagiaire pour lui mettre un stagiaire dans les mains. En fait, ça n'a pas trop d'intérêt. Quand tu dis les choses de cette manière-là, tu te rends bien compte que ce n'est pas très logique.
- Speaker #0
Ce n'est pas très logique, tu fais juste des stagiaires au carré ou au cube comme tu veux. Je te rejoins sur ce propos, mais moi, je t'avoue que je n'ai pas résolu l'équation.
- Speaker #1
La réalité du marché, c'est qu'il y a de moins en moins de juniors qui se font recruter. Il y a de plus en plus de seniors qui se font recruter. la réalité du marché aujourd'hui c'est celle-là quand tu regardes les chiffres de recrutement de juniors et les chiffres de recrutement de seniors tu vois qu'il y a une diminution du recrutement des juniors et qu'il y a une augmentation du recrutement des seniors et je pense que et c'est corrélé avec l'arrivée de l'IA globalement donc je pense que c'est une équation au globalement que les entreprises n'ont pas résolue puisque toutes se dirigent vers ce truc-là je voudrais
- Speaker #0
qu'on finisse sur des questions que peut-être ont émergé chez pas mal de personnes qui nous écoutent qui se disent ah j'ai peut-être flairé le bon coup la bonne affaire pour faire plein d'économies l'année prochaine parce que j'ai un ou une responsable communication du coup si j'ai des bons agents je vais pouvoir le faire évoluer sur une fonction responsable directeur marketing et communication vrai, pas vrai réaliste, pas réaliste de faire évoluer ces métiers parce qu'on en voit beaucoup ils ont des fonctions de communication et on leur demande d'endosser des responsabilités marketing ce qui rappelons-le je n'ai rien contre les gens de la communication vous êtes nombreux à nous écouter on vous adore mais parfois on vous demande des choses qui ne sont juste pas de votre périmètre et ça vous met en difficulté et je comprends réaliste ou pas réaliste ?
- Speaker #1
Je reviens sur ce que je disais tout à l'heure, sur le fait que je pense que de toute façon, ce qui fait que demain, les gens vont garder leur travail ou vont obtenir le travail qui leur va bien, c'est avoir une expertise industrielle forte et devenir polyvalent. Et donc, en fait, quand tu as une compétence qui est très axée communication ou contenu ou ce genre de choses, je pense que si tu ne te réinventes pas et que tu ne commences pas à ouvrir un peu ton scope de compétence vers des compétences un petit peu plus perf ou ou... un peu plus technique, notamment grâce à l'IA, je pense que ça ne sent pas bon.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Est-ce qu'il y a une chose, un événement, que tu ne sais pas encore, mais que, sur ce sujet-là, et que tu aimerais savoir dans 12 mois ? Tu aimerais déjà avoir la réponse sur comment ça va évoluer dans 12 mois ?
- Speaker #1
Chaque révolution un peu industrielle, on va appeler ça une révolution industrielle, on parle souvent des métiers qui ont disparu, etc. En fait, ça crée également plein de nouveaux métiers, tu vois. Et en fait, aujourd'hui, je pense qu'on est encore dans une espèce de phase de transition. Je pense honnêtement que dans les 24 prochains mois... On regardera en arrière en se disant « Waouh, ce métier-là, il n'existait pas encore à ce moment-là, alors que maintenant, c'est un métier tellement évident. » « Ah, cette compétence, elle n'existait pas il y a 24 mois, alors que maintenant, cette compétence, elle est tellement évidente. » Et je pense vraiment que, moi, c'est ça le sujet et la curiosité que j'ai, c'est « C'est quoi ces nouveaux métiers ? » Parce que ça m'arrive souvent, tu vois, qu'on me pose la question de « À ton avis, ça va être quoi les métiers de demain ? » Mais par définition, je ne peux pas savoir. Mais j'avoue que j'en ai... aucune idée en fait. Et c'est pour ça que je suis hyper curieux de voir qu'est-ce que ça va être parce que je suis convaincu qu'il y en aura.
- Speaker #0
Moi non plus, mais je trouve toujours fascinant les gens qui annoncent ça avec beaucoup d'aplomb. Genre, j'ai ma boule de cristal et moi je sais. En général, ils se plantent d'ailleurs. C'est assez fascinant. Si tu devais donner un conseil à un dirigeant d'une PME, d'une ETI ou même d'une grande entreprise qui nous écoute et qui a le sentiment d'être en retard sur l'IA et le marketing en tout cas, parce que je pense que c'est Merci. On n'en a pas parlé, mais c'est un sentiment qui est partagé par beaucoup. Et je dirais presque que plus tu es avancé et plus tu as le sentiment d'être en retard, c'est par quoi on commence.
- Speaker #1
Les gens, globalement, aujourd'hui, les directions sont dans une logique. Grâce à l'IA, je vais réduire mes coûts. Donc, l'investissement que je vais faire dans l'IA, c'est des investissements dans des outils qui vont me permettre de réduire mes coûts. La réalité, c'est que ce n'est pas un investissement. Ça, ce n'est pas faire un investissement dans l'IA. Donc, le vrai sujet, c'est, et je pense qu'honnêtement, faire des investissements, surtout au vu de l'état, de l'économie, d'un point de vue macro, etc. Je sais que ce n'est pas du tout tendance de faire des investissements. Non,
- Speaker #0
la confiance dans l'avenir.
- Speaker #1
Exactement. Mais il s'avère que mon énorme conseil, ce serait d'avoir un vrai budget d'investissement dans la transformation de son organisation. Parce que la réalité, c'est que c'est un enjeu de transformation des organisations, les IA. pour vraiment comprendre c'est quoi le potentiel. Encore une fois, qu'est-ce qui relève du rêve, de la réalité ? Opérationnellement, qu'est-ce que ça demande, etc. Moi, vraiment, le conseil que j'ai envie de donner, c'est mettez une vraie poche d'investissement sur ce sujet-là et vous verrez qu'entre le rêve et la réalité, il y a assez peu de différence. Mais par contre, il faut avoir mis les moyens. Et en 2027, parce que là, les gens se projettent dans les budgets 2027. Donc, en 2027, mettez un vrai budget sur ce sujet et vous verrez qu'en 2028... ce ne sera plus un sujet et là, vous aurez fait des vraies économies. Mais si vous n'investissez pas au départ, vous n'attendez pas à de la magie en fait. Donc ça, c'est vraiment le gros conseil que j'aurais envie de donner.
- Speaker #0
C'est une discussion que j'ai énormément appréciée. Tu as mentionné ton podcast. Le podcast, c'est Conquête, non ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. Et j'ai une version anglaise aussi qui s'appelle Momentum, qui est en gros le conquête anglais.
- Speaker #0
On peut aussi te retrouver sur LinkedIn, on ne l'a pas dit, mais tu es quand même assez présent aussi. Jordan, je ne vais pas être trichée, c'est assez facile de te retrouver et de toute façon, on mettra tout ça en description. Merci pour cet échange. À tout le monde, si vous avez aimé cet épisode, tâchez-le. N'hésitez pas à en parler et aussi à nous partager en description comment ça se passe l'IA dans votre département marketing. Merci Jordan.
- Speaker #1
Merci Sandy. Merci tout le monde.
- Speaker #0
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