Speaker #0Chers passagers, bienvenue à bord du vol Pur, Brut et Libre. Attachez vos ceintures, on décolle. Bonjour à toutes et tous, et bienvenue à ce centième épisode officiel de Pur, Brut et Libre. Oui, parce qu'on a eu des éditions spéciales. Mais aujourd'hui, c'est le centième. C'est le début de la troisième saison que j'ai tardé à commencer. Parce que, comme vous savez, au 99e épisode, je faisais un peu la morale aux gens qui ne réalisent pas leurs rêves. Et en créant l'épisode, j'ai réalisé que moi-même, je ne réalisais pas les miens. Donc, je me suis attardé à plusieurs de mes rêves depuis quelques mois. Et je vous reviens aujourd'hui entier. Et oui, on est déjà rendu à 100. C'est fou combien j'ai pas vu le temps passer. C'est sûr que j'aurais pu faire un épisode bilan, vous raconter une fois de plus que ce que je pense du monde, c'est gnagnagna, mais non, j'ai choisi autre chose. Parce que si j'avais un dernier épisode à vous offrir un seul, ce serait celui-là. Aujourd'hui, je vous emmène dans une chanson, mais pas n'importe laquelle. Il s'agit de Blaze of Glory de John Bon Jovi. qui en dit bien plus que ces simples paroles, du moins en ce qui me concerne. Cette chanson, elle m'a transpercé le cœur dès la première fois que je l'ai entendue. Elle m'a déchiré l'âme, mais aussi elle m'a recousu le cœur. Je la passe au fin de fin avec vous et j'en fais une analyse en regard de ma vie. Pas un hommage fanatique. Non, je vais la vivre avec vous, ligne par ligne. Parce que cette chanson, c'est moi. Pas dans l'image du criminel qui survit. Pas non plus dans la pose spectaculaire cinématographique. Mais plutôt dans l'essence. Et si ça vous brasse, c'est peut-être que c'est aussi un petit peu vous. Là, à cause des affaires de copyright, j'aurais même pas le droit de vous les fredonner. Donc je vais simplement vous dire les paroles. Puis en fait, les traduire et vous dire pourquoi. Elles me ressemblent. Il commence avec Je me réveille le matin en soulevant ma tête fatiguée. J'ai un vieux manteau comme oreiller. Et le sol était le lit de ma nuit dernière. Ben, c'est pas une fiction. C'est une métaphore qui en dit long. C'est à l'image de mon réveil quotidien depuis une quinzaine d'années, depuis que j'ai laissé la femme de ma vie. Pas d'oreiller de soie, pas de lit parfait, un manteau pour oreiller et la terre pour matelas. Une tête lourde, un cœur lourd, mais toujours debout. Pauvre et seul, oui, mais toujours libre, toujours. parce que ma dignité personne n'a pu l'acheter malgré tous mes manques mon coeur et mon esprit sont allés dormir dans des coins que personne ne voudrait visiter mais j'ai jamais couché avec le mensonge et le faire semblant. Puis il poursuit. I don't know where I'm going. Only God knows where I've been. I'm a devil on the run, a six-gun lover, a candle in the wind. Je ne sais pas où je m'en vais. Seul Dieu, l'Absolu, sait où je suis allé. Mais je continue d'y aller, parce que rester immobile, c'est mourir à petit feu. je suis un diable en fuite oui je suis l'électron libre celui qui fait ce qu'il veut pas ce qu'on lui permet de faire j'ai même vendu mon âme vous le savez un amoureux du sicou le desperado qui ne craint presque rien qui métaphoriquement tire à bout portant avec les mots sur ce système esclavageant une chandelle dans le vent Malgré tout, je suis fragile, comme une chandelle que le souffle du vent peut éteindre, mais il n'y arrive pas. Cette flamme-là, personne n'est arrivé à la souffler jusqu'à présent. » Et ensuite, il continue « When you're brought into this world, they say you're born in sin. » Quand quelqu'un comme moi arrive dans ce monde, On lui dit qu'il est une nuisance, le péché. Et j'en suis fier, parce que c'est vrai. À la seconde où j'ai ouvert les yeux, j'étais déjà coupable. Parce que j'allais vivre une vie pendant laquelle j'allais jamais me conformer à ce que le système prescrivait. Par contre, il fallait admettre que le système avait fait des choses pour moi. Au moins, ils m'ont donné quelque chose. « I didn't have to steal or I have to win. » Donc, c'est ça. J'ai pris ce qu'ils ont osé me donner. Je n'ai pas eu à le gagner ni à le voler. Et j'en ai fait quelque chose. Au moins, j'ai eu la chance que la vie, le système et tous les gens que j'ai croisés me donnent ce dont j'avais besoin pour devenir ce que je suis devenu aujourd'hui. Je n'ai jamais eu à le dérober, à l'usurper. Jamais eu à mentir pour trouver ma place. J'ai pris ce qui m'a été donné, puis j'ai fait avec. C'était pas grand chose, mais c'était à moi, et j'en ai fait des miracles. Well, they tell me that I'm wanted. Yeah, I'm a wanted man. Oui, on me dit toujours qu'on va mettre ma tête à prix. Et pas pour mes talents, mais pour mes points de vue, mes arguments, mes actions. qui sabrent les manipulateurs. Je suis surveillé parce que je ne rencontre pas les attentes du système. Je ne rentre pas dans leur case forcée parce que je fous leur paix en miettes avec de simples vérités. Je suis le colt dans votre stable. Je suis ce que Cain était capable de faire. Monsieur, reçuez-moi si vous pouvez. je suis les talons qu'on ne dontera jamais je suis le frère qu'on accuse par principe et je leur dis essayez donc de m'attraper si vous le pouvez mais ils n'ont jamais réussi à me coincer parce que je connais toutes les voies de sortie j'ai toujours eu le talent de l'esquiver et en plus, éplucher Socrate et Nige m'a sauvé la vie et là, le refrain Je dévale cette pente dans ce brasier éclatant. Prends-moi maintenant, mais sache la vérité de ce que je suis. Et il poursuit. Call me young gun. Et seigneur, je n'ai jamais dégainé le premier. Le système l'a toujours fait avant moi. Mais j'ai toujours été celui qui touchait la cible. Mon appréhension des faits a atteint le système droit au cœur avant même qu'il puisse tirer la détente. Et je l'ai toujours touché où ça lui était fatal. Je ne suis le fils de personne. En ce sens que je n'appartiens à aucun pays. Aucun gouvernement, aucun groupe. Appelle-moi jeune pistolero. Parce que je suis né comme ça. L'autre couplet est intéressant parce qu'il est plus profond. You ask me about my conscience and I offer you my soul. You ask if I grow to be a wise man. Well, I ask you if I grow old. Tu me questionnes sur ma conscience. Moi, je t'offre plutôt mon âme. Parce que leur programmation sociétale n'a jamais eu de prise sur moi. Je ne suis aucune règle. Par contre, je veux de tort à personne, même si je ne suis pas de règle. Non. Et je donne plus que ce que j'ai. Que ce soit en amour, en amitié, au travail ou en société, j'ai toujours fait ça. Tu veux savoir si je vais grandir et devenir un homme sage ? Moi, je te demande si je vais grandir assez longtemps pour être vieux. « J'ai pas peur de la mort, j'ai jamais eu peur de la mort, et je n'ai qu'heure de la sagesse. » Non. L'important, c'est pas de savoir, c'est de comprendre. Et là, le couplet finit sur une note plutôt triste. Tu veux savoir si j'ai connu l'amour et si je sais c'est quoi chanter des chansons sous la pluie ? Ben j'ai vu l'amour venir, je l'ai vu se faire abattre et je l'ai vu mourir en vain. J'ai aimé à m'en faire saigner l'âme. J'ai chanté sous la pluie, la pluie de mes larmes, les mains grandes ouvertes. J'ai vu l'amour me prendre et se faire abattre, s'effondrer, mourir pour rien. Mais pourtant, j'ai aimé et aimé et je vais encore aimer sans limite, sans commune mesure. Puis il termine sa chanson avec Chaque soir quand je me couche, je demande à l'absolu de veiller sur moi. Je ne m'attends à aucun pardon, pas parce que je suis fier ni arrogant, mais plutôt parce que le pardon appartient aux victimes. Moi, je vis avec ce que j'ai fait et j'essaie plutôt de faire amende honorable. J'ai dit à l'absolu, tout ce que je te demande et j'espère que tu comprendras, c'est simple. Quand mon temps sera résolu, je veux que tu saches que j'ai tout donné, tout vécu. Alors laisse-moi partir debout, droit. sans mensonge ni spectacle, comme un homme, un vrai. Et il termine en incitant, « Staring down the bullet, let me make my final stand. » Donc, celui qui va regarder la balle qui va le frapper et se tenir debout. Quelle que soit la balle qui va venir monter mon dernier souffle, je veux que celui qui l'a tiré sache que je vais la fixer intensément parce que je me tiendrai debout jusqu'à la fin. Personne n'aura réussi à me faire plier les genoux. Donc, Blaze of Glory, c'est pas juste une chanson, c'est une vie. C'est la mienne. Et si t'as entendu ton propre cœur battre au son de ces phrases... C'est que t'es peut-être mu par le même feu que moi. Ben voilà, c'était mon retour. J'espère que l'épisode vous a plu, vous a convenu, qu'il vous a apporté quelque chose. Et je suis vraiment content de vous avoir retrouvé. Je vous fais pas la promesse de faire un épisode chaque semaine parce que, comme je vous ai dit, je m'occupe de mes rêves et ça mange beaucoup, beaucoup de mon temps. Mais je vais essayer d'être plus là pour vous. Au plaisir.