- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast NR dans l'air par Enter. Un podcast tourné vers l'avenir pour sensibiliser, partager et décrypter le numérique responsable. Ce podcast proposé par le pôle de compétitivité Enter est soutenu par le programme Alt-Impact, coporté par l'ADEME, le CNRS et l'INRIA. Sa réalisation est rendue possible par la contribution de Capgemini des membres et partenaires du pôle. Aujourd'hui, nous parlons d'accessibilité et de sobriété comme démarche au service d'un numérique de qualité. Pierres angulaires du numérique responsable, ces dimensions forment un duo particulièrement puissant pour construire des projets durables, performants et inclusifs. Toutefois, les contraintes financières et de gouvernance freinent parfois l'adoption de ces référentiels et de ces démarches ou les restreignent à de simples outils de conformité. comment faire vivre l'accessibilité et la sobriété concrètement dans les projets, comment embarquer les équipes, activer les bons leviers et aller au-delà de la simple conformité à des référentiels.
- Speaker #1
Faire du réseau.
- Speaker #2
Coopérer.
- Speaker #1
Co-créer. Accélérer. Innover. Numérique responsable.
- Speaker #0
Pour nous éclairer sur ce sujet, j'ai le plaisir d'accueillir Céline Deysse-Nuel, manager conseil numérique responsable chez Smile. Bonjour Céline, merci pour ta participation.
- Speaker #2
Bonjour Juliette, merci de m'avoir invitée, je suis ravie d'être avec vous aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci. Tu travailles dans le numérique depuis 15 ans, tu as d'abord commencé en agence web et tu es ensuite rentrée chez Smile d'abord sur la partie appel d'offres sur la digital experience. Ça fait trois ans aujourd'hui que tu es sur un poste de manager conseil numérique responsable et tu es certifié numérique responsable et éco-conception. Pour commencer, j'aimerais poser le cadre avec une première question. Selon toi, comment tu définirais un référentiel numérique et qu'est-ce que cela apporte finalement dans ce domaine et dans la conception des projets ?
- Speaker #2
Alors, un référentiel numérique, un peu comme les autres, finalement c'est un ensemble de bonnes pratiques, de critères qui sont réunis pour pouvoir mettre à mettre en œuvre et mesurer une conformité. Dans le numérique, pour l'accessibilité, on va retrouver le RGA, le référentiel général d'amélioration d'accessibilité. Et sur la partie sobriété, on se tourne plutôt sur le référentiel général d'éco-conception des services numériques. Et en fait, il faut voir ça comme des guides qui vont permettre de donner, dans le contexte projet, une démarche à suivre. Ces deux référentiels sont des référentiels d'État et ils se veulent finalement agnostiques de toute technologie et de tout contexte métier. Donc qu'on produise une application de compta en Java ou un site corporate en Drupal, on va pouvoir se référer de la même manière aux référentiels. Par contre, ils ont des formes et des fins un peu différentes. L'ERGA, en fait, on a vraiment des critères qui sont applicables, mesurables, et on a une contrainte d'un niveau de conformité et de déclaration à faire. Là où sur l'ERGESN, on est plutôt dans une démarche de qualité et dans un engagement de moyens à date. C'est vrai que c'est des référentiels qui n'ont pas du tout le même historique. L'accessibilité, ça fait plus de 30 ans que le sujet existe. On a le premier référentiel international, le WCAG, qui a été créé en 1999 et le RGA dans sa première version en 2009. Alors que le RGESN, finalement, c'est 2024. Donc, c'est encore tout récent et on espère que ça va accélérer et qu'on ne mettra pas autant de temps à peut-être avoir une législation dessus. Voilà,
- Speaker #0
je comprends. Et donc, si je résume un peu ce que tu dis, finalement... Le RGAA, le RGESN et les référentiels numériques partagent un peu la même ambition, celle de donner un guide, une feuille de route aux équipes de conception numérique. Par contre, on voit que dans l'approche, ils divergent. D'un côté, on a l'aspect plutôt démarche volontaire et de l'autre, un côté beaucoup plus obligatoire avec des exigences mesurables. Si on zoome un petit peu sur l'accessibilité et la sobriété, comment selon toi, malgré ces divergences de maturité, les deux approches peuvent converger et pourquoi il est essentiel de les construire ? de façon complémentaire plutôt que de les laisser chacune de leur côté ?
- Speaker #2
En fait, la sobriété et l'accessibilité, c'est deux dimensions du numérique responsable. Donc globalement, elles visent toutes les deux à améliorer le numérique, la qualité du web, à diminuer l'impact et à se concentrer vraiment sur la valeur pour l'utilisateur. Donc du coup, on est vraiment dans la démarche qui doit être globale pour pouvoir avoir un... Un impact qui soit réel et qu'on puisse tracer une trajectoire commune, finalement, où on va y aller pas à pas. Il ne faut pas voir ça comme des conformités, on est obligé d'être parfait au premier essai. C'est vraiment une démarche d'amélioration continue. Et finalement, si on ne se concentre que sur la conformité, sur les référentiels et qu'on avance en parallèle, eh bien, ça perd un peu de ce sens-là. de la valeur pour l'utilisateur. Et finalement, on va perdre la convergence, on va perdre les synergies. Donc, c'est un peu dommage.
- Speaker #0
Oui, en fait, finalement, quelle que soit la démarche, qu'on parle d'accessibilité ou de sobriété, ça concerne les mêmes projets, les mêmes équipes, les mêmes objectifs. Et le construire séparément, c'est se couper de toutes ces synergies que tu as indiquées, qui tendent à la qualité web au global. Là, on est un peu sur du théorique. Est-ce que tu peux nous illustrer concrètement comment ces deux démarches convergent ? Je pense que tu as une pratique assez longue du sujet. Donc, si tu peux nous illustrer un peu tout ça par des exemples.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Déjà, nous, ce qu'on présente souvent, c'est ce côté holistique et démarche-projet global. Donc, c'est vrai qu'au niveau du projet, on a un processus qui va être le même. Pour implémenter l'accessibilité ou la sobriété, on va adresser les mêmes profils au sein du projet et sur toute la chaîne de création du service ou du produit numérique. On va intégrer les sponsors, on va intégrer les chefs de projet et les PO, on va intégrer les UXU designers, les développeurs et les contributeurs, toute la chaîne. Si on regarde plus précisément au moment de la conception de l'expérience utilisateur, Finalement, l'accessibilité et la sobriété, ça cherche à créer un service qui soit le plus simple possible pour l'utilisateur. Sur la sobriété, on va plutôt chercher à diminuer le nombre d'interactions dans le parcours. Par exemple, quand on crée un compte client, plutôt que d'être là à rentrer son nom, son prénom, sa date de naissance, le nom de sa mère, de son père et toute la famille, on va juste demander une adresse e-mail. parce qu'en vrai, c'est ce qui suffit pour créer un compte utilisateur. Et sur l'accessibilité, on cherche plutôt à simplifier la vie des outils de lecture d'écran, par exemple. Les personnes en situation de handicap, elles vont pouvoir s'appuyer sur des outils spécifiques qui vont leur permettre de réussir à lire, mieux voir une interface numérique. Donc le lecteur d'écran, c'est un outil assez emblématique. Et finalement, on va structurer le code, mettre les bonnes balises au bon endroit pour simplifier la vie de ces outils. Donc l'idée, c'est d'avoir à chaque fois un parcours qui soit le plus fluide possible. Bon, ça reste peut-être un peu théorique si on cherche un exemple très concret, même si ça fait un peu hérisser les poils. En termes d'accessibilité et de sobriété, ce qu'il faut bannir, c'est les animations et les vidéos à lancement automatique. Voilà. Ça, c'est vraiment le pire du pire. Vous voyez ces vidéos qu'on peut avoir en fond de page quand on arrive pour que ce soit immersif. Mais finalement, ça brouille vraiment la lecture, ça dévie la concentration et les compétences cognitives. Et ça consomme énormément d'énergie, de ressources, alors que l'utilisateur n'a rien demandé. Et concrètement, c'est exactement la même chose pour une vidéo qui va se lancer en cœur de page. Je vous parlais des lecteurs d'écran, une personne déficiente au niveau de la vision qui va avoir son lecteur d'écran qui essaye de lui lire le contenu texte et en même temps on a la vidéo avec le son de cette vidéo qui tourne et la personne elle est complètement perdue, elle ne sait pas où aller pour l'arrêter et donc voilà on a une expérience qui est vraiment très dégradée. Donc voilà en gros on voit quand même qu'on a plusieurs éléments. qui nous font dire qu'il faut travailler de manière transverse.
- Speaker #0
Et là, quand je t'écoute, j'ai l'impression que... Analyser l'accessibilité et la sobriété, finalement, c'est une porte ouverte vers plein d'autres sujets qui dépassent ces thématiques. Est-ce que là-dessus, tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. C'est vrai que les entreprises, des fois, se focalisent un peu sur la partie conformité. Mais finalement, c'est des démarches qui vont permettre d'apporter beaucoup d'autres bénéfices. Quand on parle de sobriété, finalement, on essaye... de nettoyer, d'alléger son système d'information. Donc, on va le rendre plus performant. On va avoir moins de codes inutiles. Donc, finalement, on va avoir une application qui est plus facile à maintenir, qui est plus durable. Potentiellement aussi, des coûts d'hébergement qui vont être diminués. Et toutes ces bonnes pratiques, ça participe aussi, finalement, à mieux sécuriser les applications. Et du côté... Plus particulièrement de l'accessibilité, toute cette structure de pages, toutes ces balises dont je vous parlais, ça va participer au SEO, au bon référencement des sites. Et puis, quand on rend son site accessible, on s'ouvre à toute une cible qui ne pouvait pas forcément faire les parcours de bout en bout. Et ça représente quand même 25% de la population, les personnes qui sont en situation de handicap permanent ou temporaire. Donc, c'est une nouvelle page ouverte. Et finalement, ce qu'on peut retenir aussi, c'est que les consommateurs sont assez sensibles aujourd'hui à la conscience écologique, à l'inclusion. On a une étude qui nous dit que 65% de ces consommateurs sont prêts aujourd'hui à changer de marque pour se tourner vers un acteur qui est plus engagé dans la transition. Donc voilà, il faut... Vraiment comprendre que le numérique responsable, dont l'accessibilité et la sobriété font partie, c'est tout ça, c'est tous ces impacts positifs et durables. Et donc, il ne faut pas le vivre comme une suite de mise en conformité contraignante, mais vraiment rentrer dans une démarche, une transformation de son état d'esprit pour intégrer toutes ces notions.
- Speaker #0
Mais alors, du coup, quand on... Quand on écoute tous ces avantages, tu parles de SEO, tu parles de coût de maintenance et d'hébergement réduit, d'une perception de site, son métier et du service beaucoup plus qualitatif. Je m'interroge parce qu'on constate quand même aujourd'hui dans les équipes, auprès des décideurs surtout, que c'est encore vécu comme une énième contrainte. Alors comment on fait un petit peu pour renverser ce postulat ?
- Speaker #2
Oui. Tu as tout à fait raison. D'ailleurs, j'ai trouvé un peu plus tard qu'hier un chiffre de la délégation interministérielle à l'accessibilité qui disait qu'à peine 6% des sites Internet étaient accessibles aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est si peu.
- Speaker #2
Voilà, donc ça laisse un peu rêveur. Donc en effet, on a finalement peu d'ouverture dans les entreprises à ces sujets-là. Donc finalement, on essaye d'activer plutôt les leviers dont je vous ai parlé, parce que c'est naturel, les entreprises, elles cherchent quand même à améliorer leur performance opérationnelle, diminuer leurs coûts, essayer de maximiser les conversions. Donc on est déjà sur un premier niveau de discours, mais on va plutôt convaincre des métiers les uns après les autres, et on va un peu siloter finalement les démarches. Et c'est ce qu'on disait depuis le début, on va... perdre un petit peu de cette énergie qu'on pourrait créer. Et du coup, on n'est pas dans la transformation. On n'est pas dans le changement de mentalité pour viser les vraies vertus du numérique responsable, la diminution de l'empreinte, la valeur pour l'utilisateur. Donc, c'est pour ça qu'on essaie toujours d'initier la démarche par de la sensibilisation, de la formation auprès des équipes pour qu'elles comprennent et qu'elles intègrent vraiment ces finalités-là. Et on voit en plus que les collaborateurs, ils ont de l'appétence pour ça. Il y en a beaucoup qui cherchent un peu plus de sens dans leur travail. J'ai une étude aussi qui dit que 77% des salariés préfèreraient travailler dans une entreprise qui est engagée dans la transition. Donc appliquer ces démarches d'accessibilité, de sobriété, c'est à la fois de l'engagement et du challenge. C'est des défis techniques. Et donc ça, ça permet vraiment de valoriser et de faire adhérer les équipes.
- Speaker #0
Oui, donc ce que tu nous montres finalement, c'est que... Aujourd'hui, on est un peu dans une approche héroïque et elle est essentielle parce qu'elle permet quand même aux décideurs de comprendre un petit peu l'utilité, ce que ça peut leur apporter d'utiliser ces démarches et ces référentiels. Par contre, en fait, si on reste simplement dans une démarche héroïste, on se coupe de tout l'impact positif. Et là, de ce que tu nous expliques, il y a un gros enjeu de formation, de sensibilisation des équipes et des décideurs finalement. Mais justement, je me dis, pour ceux qui nous écoutent, est-ce que... tu aurais trois bonnes pratiques simples, efficaces, faciles à mettre en place qui leur permettraient un petit peu de se projeter et de se dire par où je commence. Oui, c'est concret.
- Speaker #2
Alors, je comprends cette envie de dire, voilà, c'est facile et on va commencer avec trois choses. Et voilà, on aura déjà amélioré notre service. C'est un peu un piège. Ah, ok. C'est vrai que nous, dans les sensibilisations, c'est souvent qu'on donne des exemples. Il faut bien que les gens, finalement, arrivent à se projeter, à comprendre la finalité. Quand on ne connaît pas du tout l'accessibilité ou la sobriété, ça paraît très abstrait. Mais juste choisir trois bonnes pratiques, finalement, ça n'a pas vraiment de sens. D'accord. Ce n'est malheureusement pas suffisant pour avoir un vrai impact. Typiquement, le RGA, en fait, il n'y a pas d'ordonnancement.
- Speaker #0
Ah, OK.
- Speaker #2
Des exigences et des critères, ils sont tous au même pied d'égalité. Je donne un exemple sur l'accessibilité. Finalement, on peut avoir un site qui respecte parfaitement le niveau de contraste des couleurs.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Donc, on est très content. Mais finalement, si je n'ai pas la bonne balise sur le bouton qui va permettre de valider le panier, en fait, mon parcours, il est KO.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #2
et puis j'ai pas fait la transformation que j'attendais, la conversion que j'attendais. pour ce client-là. Et sur la sobriété, on imagine que c'est quelque chose de très technique. Donc, en effet, on peut rendre le code HTML d'une page le plus léger, le plus simple possible. Mais si demain, je contribue une image HD que je pourrais imprimer en A3, en fait, ma page, elle va consommer énormément de ressources, elle va être très lourde. Et tout ce que j'ai pu faire avant... perdent son sens.
- Speaker #0
Oui, ça n'a rien ou n'a pas autant de plus-value que ce qu'on pensait.
- Speaker #2
C'est tout à fait ça. Donc, c'est pour ça qu'il faut vraiment intégrer ces démarches-là, vraiment depuis le cadrage du projet.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Comme on le disait, vraiment adresser toutes les parties prenantes, les former et mettre en place une méthodologie. Et du coup, c'est là qu'interviennent nos référentiels, c'est là qu'ils deviennent nos guides, nos fils rouges, pour pouvoir distribuer À chaque moment du projet, la bonne pratique est la mettre en œuvre. Et ce n'est pas que des profils techniques, parce qu'on pourrait penser développement de services numériques, donc des développeurs, des architectes. Mais non, on va jusqu'aux contributeurs. Il faut vraiment bien les impliquer aussi, parce que, comme je vous le disais, on peut faire la plateforme 100% techniquement accessible, 100% optimisée en termes de sobriété. Mais si les contributeurs, le contenu qu'ils mettent n'est pas adapté au format des médias, ne rendent pas les images accessibles, etc., en fait, le résultat, il est caduque et surtout, il n'est pas pérenne. Il faut vraiment penser qu'on est dans une démarche continue. Donc, on va sortir potentiellement un premier produit. Et puis après, il va falloir maintenir ce niveau de qualité. Et les contributeurs, ils y participent en grande partie. Donc voilà, il faut vraiment embarquer tout le monde et avoir cette dimension de bout en bout.
- Speaker #0
Ok, donc si je comprends bien, il n'y a pas de raccourci magique, il n'y a pas trois bonnes pratiques. Mais quand même, ce que je retiens, c'est finalement un point clé, c'est d'intégrer ces démarches, d'intégrer ces référentiels dès le cadrage, avec toutes les parties prenantes pour justement en tirer toute la plus-value et construire des projets de long terme. durable dans le temps et inclusif aussi avec toutes les parties prenantes. J'ai envie de me permettre une dernière question. Lorsqu'on prend en compte tous les éléments que tu nous partages, on comprend vraiment l'intérêt qu'ont ces démarches et ces référentiels. Par contre, ce qu'on constate, c'est qu'aujourd'hui, elles ne sont pas suffisamment généralisées auprès des décideurs, auprès des équipes. Qu'est-ce qui explique, qu'est-ce qui freine en fait cette... cette adoption des référentiels et des démarches sur la sobriété et l'accessibilité.
- Speaker #2
Alors, c'est vrai que c'est compliqué. Après, on a donc deux référentiels qui n'ont pas tout à fait le même historique. Donc, du coup, les freins ne sont pas forcément les mêmes. Déjà, sur le RGA, depuis juin 2025, on a une nouvelle loi européenne qui a étendu l'obligation de conformité et de déclaration, donc avec des sanctions. Donc ça, ça fait plutôt réagir les entreprises qui ont cherché à se mettre en conformité, même si, on l'a dit tout à l'heure, on est loin d'être au rendez-vous attendu. Et ce qui peut être un peu compliqué, c'est déjà de former les équipes, parce que c'est un référentiel qui peut paraître techniquement complexe, mais ça, c'est quand même atteignable. Il faut prendre le temps de le faire. Et puis après, il y a la partie déclarative, notamment avec le schéma pluriannuel. La volonté du législateur, c'est de créer vraiment une transformation et une politique d'accessibilité au sein des entreprises. Donc ça, ça peut paraître un petit peu challengeant pour les entreprises. Ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il faut s'adapter au contexte. Donc on peut être un petit peu perdu face à ce travail-là. C'est pour ça qu'il faut vraiment beaucoup de pédagogie et d'accompagnement pour décrypter les textes, créer une vision, une trajectoire. Comme je le disais, on n'est pas parfait dès le début, mais il faut savoir un petit peu ce qui est attendu en temps 1, temps 2, temps 3, pour pouvoir avoir la vision à long terme, parce que c'est vraiment l'objectif de cette nouvelle loi. Et sur le RGESN, comme on disait, c'est un référentiel qui a deux ans, très jeune. Avant lui, il y en avait d'autres. L'INR, le collectif Green IT, les designers éthiques avaient eux-mêmes édité des référentiels. Donc, on peut être un petit peu perdu au milieu de tout ça. Le RGESN peut paraître un petit peu difficile à prendre en main aussi, parce que comme on disait, il n'y a pas trop de contexte métier. Donc, il faut pouvoir l'appliquer à son propre contexte à soi. Et dessus, par contre, il n'y a aucune législation, il n'y a aucune incitation ou peur du bâton. Donc voilà, cet ensemble-là freine un petit peu son adoption. Par contre, on a un collectif, le consortium RGESN, qui s'est créé il y a peu de temps. Donc c'est un ensemble d'experts du sujet qui se sont réunis en groupe de travail pour pouvoir analyser le texte, analyser les retours d'expérience et finalement réussir à faire des recommandations. Que ce soit pour éviter des problèmes d'interprétation du texte, les ambiguïtés, que ce soit un outil qui soit un peu plus structuré en termes d'audit, de la conformité. Et aussi dans la déclaration. Aujourd'hui, on voit des choses qui sont assez aléatoires dans la forme. Donc, eux, leur travail, ça a été de faire une conclusion de toute cette analyse. Et ils l'ont remis à l'ACERP le 20 avril.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Donc là, on attend. la suite de l'aventure. Et moi, j'espère en tout cas qu'on se transformera quand même un peu plus vite que sur l'accessibilité et le RGA, qu'on aura une législation assez forte sur le sujet de l'éco-conception et de la sobriété. Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on voit avec l'IA, c'est une vraie accélération en termes d'impact environnemental, en termes de fracture sociale et au travail aussi, dans l'employabilité. Donc, ça ouvre plein d'opportunités. On pourrait imaginer demander à l'IA de faire que des services numériques 100% accessibles, 100% optimisés sur la sobriété. On lui demande un peu ce qu'on veut. Elle est là pour nous quand même. Mais à quel coût ? Et pour moi, du coup, le sujet, il est vraiment là. Il faut qu'on arrive à finalement s'intégrer à cette transformation de société qu'on est en train de vivre avec l'IA et résoudre ce problème du coût de l'IA. pour pouvoir vraiment accompagner la société et réduire l'empreinte environnementale, continuer à réduire l'empreinte environnementale du numérique.
- Speaker #0
Si je comprends, en fait, on est sur un constat un peu mitigé, mais avec pas mal d'espoir quand même. Quand je t'écoute, il y a des initiatives. Tu parlais du RGAA en 2025 avec l'European Accessibility Act. Tu parles aussi du consortium RGESN pour la partie éco-conception et du coup sobriété qui en découle. Il y a un peu d'espoir, j'ai l'impression. Tu touches du doigt sur quelque chose au niveau de l'intelligence artificielle. Peut-être que ce sera un sujet pour un prochain podcast, qui sait ? Il y a de quoi faire. Merci beaucoup Céline pour ton éclairage très intéressant. On comprend mieux les synergies. et les convergences qui existent entre l'accessibilité et la sobriété, et comment en fait... Utiliser ces démarches, ça nous permet d'aller vers plus de sujets et un numérique beaucoup plus qualitatif. J'espère que tu as apprécié l'exercice.
- Speaker #2
Oui, merci beaucoup Juliette. C'était un très bon moment. J'espère qu'on aura sensibilisé les gens aujourd'hui à ces sujets et qu'ils s'y intéresseront un petit peu plus.
- Speaker #0
Super, on croise les doigts. Pour poursuivre, parce qu'on n'a pas complètement fini, je te propose un exercice. C'est ce qu'on appelle la minute de la fin, on a l'habitude de le faire dans nos épisodes de podcast. L'idée c'est des questions courtes, des réponses courtes sur le numérique responsable. Est-ce que t'es prête ? Prête ! Première question. Tu supprimes plus facilement des photos, des mails ou des applis ?
- Speaker #2
Des photos.
- Speaker #0
Super. Le truc numérique le plus absurde qu'on continue tous à faire ?
- Speaker #2
Là comme ça j'ai pas d'idée.
- Speaker #0
Le truc numérique le plus absurde qu'on continue tous à faire ?
- Speaker #2
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Ok. Au niveau de newsletter, est-ce que tu lis toutes les newsletters que tu reçois ?
- Speaker #2
Je me désabonne à toutes les newsletters que je reçois.
- Speaker #0
Waouh. Est-ce que tu es plutôt reconditionnée ou neuf dans ton quotidien ?
- Speaker #2
Quand même du neuf.
- Speaker #0
Ok. Tu nous parlais tout à l'heure d'IA. En trois mots, comment tu définirais ton rapport à l'intelligence artificielle ?
- Speaker #2
Ambiguë. Des opportunités assez incroyables. Et un peu peur quand même pour la société et l'environnement de demain.
- Speaker #0
Encore un grand merci à Céline pour cet échange concret et éclairant. Ce que nous retenons de cet épisode, c'est peut-être d'abord une image, celle de référentiels construits comme des guides plutôt que comme des juges. Le RGAA et le RGESN ne sont pas là pour sanctionner ou pour alourdir les projets, ils sont là pour poser un cadre, donner un fil rouge et permettre à toutes les parties prenantes d'avancer dans la même direction. Et ce fil rouge, pour en comprendre toute la richesse, il faut dépasser l'approche purement héroïste. A la clé, des SI plus performants, des coûts de maintenance et d'hébergement réduits, une sécurité renforcée et plus de sens donné aux équipes. Bref, au fond, un numérique vraiment meilleur pour tout le monde, véritable levier de compétitivité pour les organisations et d'amélioration des conditions de vie à l'ère du tout numérique. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez nous laisser un avis ou un commentaire, ça nous aide vraiment à améliorer le podcast et à toucher plus de personnes. Merci à vous de nous avoir écoutés, nous vous donnons rendez-vous sur notre site et sur LinkedIn pour découvrir les initiatives, les outils et les prochains rendez-vous du réseau.