- Speaker #0
Et vous, combien de métiers avez-vous déjà exercés simultanément dans votre vie ? Les avez-vous déjà comptés ? Un seul ? Deux ? Trois ou plus ? En ce moment, vous qui m'écoutez, vous êtes peut-être formateur, coach, consultant, auteur, slash comédien ou policier, pompier volontaire. Quelle est votre combinaison professionnelle qui a ouvert la porte de votre épanouissement et de votre complétude ? Aujourd'hui, de plus en plus de professionnels cumulent plusieurs activités. On appelle cela le slashing. Le fait d'exercer plusieurs métiers en parallèle et d'assumer cette identité multiple. Le 15 octobre 2025, lors de l'événement Slash au salon SME, un salon dédié aux entrepreneurs, des personnes de tout horizon et avec différents profils professionnels sont venues questionner cette nouvelle manière de travailler. Parmi eux, Béatrice, elle ne se disait pas forcément slasheuse, elle faisait, c'est tout, jusqu'au moment où elle a découvert que sa multiplicité avait un nom, le slashing. Je vous propose d'écouter son témoignage.
- Speaker #1
Est-ce que je peux vous demander pourquoi vous êtes venue aujourd'hui ? Alors je suis venue aujourd'hui parce que dans un premier temps, j'avais des questions à régler avec l'URSSAF, notre grand ami l'URSSAF.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et la deuxième question, c'est parce que je comprends que ce que je fais, en fait, ça appartient à une catégorie qui s'appelle une slash.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et vous ne savez pas avant.
- Speaker #0
Et là, vous venez d'assister à la conférence, à l'interview de Marcelle Bauer, qui est à l'origine de ce concept. Et vous disiez dans votre intervention que vous étiez professeur de yoga, coach. À quel moment vous vous êtes dit, je suis slasheuse et à quel moment vous avez assumé justement ce statut, si je peux dire que c'est un statut ou pas ?
- Speaker #1
Alors s'il y a... plusieurs années, en fait. Il y a trois ans, quand j'ai... Mon nom, c'est Béatrice Vincent, je ne l'ai pas encore dit.
- Speaker #0
C'est pas grave.
- Speaker #1
Il y a plusieurs années, j'ai hésité. Je travaillais toujours dans des secteurs très internationaux. Je m'occupais d'équipe. Je sentais que j'étais très intéressée par le côté humain de tout mon travail. Je crois que ça a été le premier déclic. J'ai eu envie de passer plus sur le côté humain. Après, à un moment, je faisais du yoga. Parce que j'avais du malade aussi. En élève. Et puis, je m'y intéressais vraiment. Et quelqu'un m'a dit, mais pourquoi tu ne fais pas une formation de prof ? J'ai éclaté de rire parce que je faisais partie des catégories plus 50. Je me suis dit, moi, en plus, c'est rigueur. C'est quoi ce délire ? Voilà, je cumule. Et elle m'a dit, non, tu vas voir, etc. Et je me suis vraiment, j'étais toujours intéressée par le côté corps-esprit. En fait, je crois que c'est ça le lien. Mais je n'avais jamais osé aller moi-même dans ce secteur-là.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous retient ? tenez,
- Speaker #1
comment ne pas y aller ? C'est une très bonne question. Je crois que c'est parce que j'ai toujours cru que ce n'était pas pour moi. Et avant, je travaillais toujours à International, les grandes entreprises, j'étais consultante, tout ça, les choses, voilà, en voyage, on est connus de tout ce côté-là. Mais passer sur le personnel, c'était, ouais, c'était bizarre. Et j'ai été faire une formation dans un atelier et on était en Asie du Sud-Est. Et je travaillais encore à l'époque, j'étais salariée à l'époque. Et cette formation, je me rappelle, j'étais assise là et je voyais tous ces gens. Je voyais les enseignants. Donc, il y avait un prof de yoga. Il y avait d'autres gens. Je me disais, mais c'est pas mal leur vie. Et quelque part, il y avait cette l'appétence, mais je n'osais pas le faire. Et après, voilà, quelques années plus tard, je me dis, OK, je vais me lancer. On va voir. Et puis après, ce que j'ai remarqué, c'est qu'une fois qu'on prend ce chemin-là, les trucs se présentent.
- Speaker #0
Oui, ça s'aligne.
- Speaker #1
Et du coup, on m'a dit, mais tu ne veux pas venir donner des cours là ? Je dis, ah bon ? Bon.
- Speaker #0
Vous avez qu'à t'aider de rire comme vous le faites en ce moment.
- Speaker #1
Ah oui. Et du coup, et là, et encore là, encore la semaine dernière, j'avais plein, plein de monde au cours et je rentrais à la maison vers mon fils. Je me dis, je ne comprends toujours pas comment ça se fait.
- Speaker #0
Ne croyez pas vous-même.
- Speaker #1
Voilà, on est étonnés. Et pour le coaching, c'est pareil. J'ai eu des clients qui sont venus. Alors moi, je ne suis pas du tout encore sur les réseaux sociaux. Là, c'est la première fois que je fais ça. Parce qu'en ce moment, ça fait quelques temps. Je sens, on me dit, mais il faut que tu y ailles, il faut que tu commences à aller là-dessus, aussi pour honorer les clients. Les gens qui ont envie de bosser avec toi et disent, tiens, on aimerait bien te référencer. On fait quoi ? On n'a pas qu'à m'appeler. Donc là, il faut que j'évolue sur tout ça. Parce que je ne me souviens pas de ce monde. Donc voilà, ça répond à la question. Je crois qu'il faut prendre une décision. Et là, ce n'est plus une question d'âge. C'est qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je fais quelque chose ?
- Speaker #0
C'est dur d'y répondre. Oui, voilà. Et qu'est-ce que vous diriez à des personnes qui aujourd'hui se cherchent, sont en quête d'un épanouissement professionnel et qui voudraient justement se lâcher mais qui ne savent pas ? qui peuvent slasher. Qu'est-ce que vous diriez, vous, avec votre expérience ?
- Speaker #1
Je découvre le mot « slash » depuis même pas un an. Ça fait bizarre. Ça fait bizarre. C'est un truc, je suis en train de travailler sur ça en ce moment d'ailleurs. Je suis en train de faire un programme de coaching là-dessus. Je crois que la grande question qu'on a tous, c'est qu'il y a un défaut de clarté. On ne sait pas ce qu'on veut. Et il y a plein de manières d'arriver à ça. C'est pour ça que je me suis spécialisée dans le coaching sur les transformations. Mais je me spécialise encore, je fais des formations sans arrêt. Comment est-ce qu'on arrive à savoir vraiment qu'est-ce qu'on veut faire, nous ? Et une fois qu'on a décidé ça, est-ce qu'on est prêt à faire le saut ? Ça, c'est l'autre partie. Et dans les pays comme la France, on n'est pas tellement aidé parce qu'il y a... Il va falloir quand même manger, il faut faire tout ça.
- Speaker #0
Il y a encore du boulot.
- Speaker #1
Oui, on n'est pas prêt. c'est pas un monde qui est peut-être aux Etats-Unis ils sont plus ouverts au Royaume-Uni les gens font des tas de trucs en même temps mais en France j'ai l'impression que c'est un peu on traîne un peu la patte on a du mal donc on est un peu tout seul et donc je viens à des trucs comme ça parce que voilà on discute là c'est la première que je parle et moi je suis honorée c'est incroyable et on rencontre des gens et je lui dis il faut se forcer mais on est tout seul on n'y arrive pas Oui. Donc, on le sent bizarre. C'est vraiment d'être bizarre.
- Speaker #0
Et de trouver ses semblables. Voilà.
- Speaker #1
Je crois que là, ce n'est plus une question d'âge. Là, c'est une question de cerveau. Et c'est le cortex, c'est l'avant. Et donc, il y a tout un travail à faire aussi sur toutes ces phrases. Ah ouais, j'ose pas. Je vais avoir l'air ridicule. Toutes les vieilles croyances, tous ces trucs qui reviennent en masse très vite. C'est pas pour moi. Je suis pas. Après, on fait la liste. Je suis pas ci, je suis pas ça. Donc, il faut apprendre à travailler tous ces trucs. L'un après l'autre. Moi, c'est ce que je fais tous les jours.
- Speaker #0
Donc, trouver ses semblables et pouvoir identifier, trouver la raison pour laquelle on le fait.
- Speaker #1
Sinon, on craque. Trouver la raison pour laquelle on le fait. Et la deuxième chose que je trouve super importante, pour moi, c'est de me dire, il y a des jours, j'y crois, il y a des jours, j'y crois pas. Ouais, c'est pas linéaire. C'est ça,
- Speaker #0
plus que plus. Ok, bah merci bien, Béatrice. Merci de m'avoir accordé cette interview. Merci beaucoup. Ce que raconte Béatrice est révélateur. On nous a longtemps appris qu'une carrière devait être linéaire, un métier, une trajectoire, une spécialisation, mais la réalité évolue. Alors voici la question que j'ai envie de vous poser aujourd'hui. Et si la multiplicité n'était pas une forme de dispersion, mais une forme de déploiement professionnel ? Qu'en pensez-vous ? Pour répondre à cette question, je vous donne rendez-vous... ici le 28 février pour découvrir l'épisode Slashback, un épisode qui retrace l'événement Slash et qui vous raconte le slashing tel qu'il est vraiment. Alors, à samedi prochain !