- Speaker #0
Je me souviens très précisément du moment où j'ai compris que je ne rentrais pas dans la bonne case professionnelle. C'était en 2023. Je venais d'obtenir mon diplôme de conseillère en insertion professionnelle. J'étais motivée, sérieuse, diplômée, prête à conquérir ce monde. Après plusieurs refus, je décroche enfin un entretien d'embauche. Le Saint Graal. Alors le jour J, je m'installe confortablement dans ma chaise. On décortique mon CV, bon là, je ne me sentais pas très bien. On commence à souligner mon manque d'expérience, donc là ça se gâte. On questionne mes choix et puis arrive la question qui tue. Mais vous faites quoi exactement ? Vous êtes conseillère, chroniqueuse radio ou podcasteuse ? Parce qu'à un moment donné, il va falloir choisir, me disent Madame la recruteuse et Monsieur le recruteur. Je respire profondément et je réponds très calmement. Je suis les trois. Et là, gros silence. Je vois leur regard changer. Non pas hostile, mais plutôt perdu. Et avec le recul, je comprends pourquoi. Mon discours manquait de clarté. Même moi, je n'avais pas encore mis d'ordre dans cette pluralité professionnelle. Comment ? expliquaient que je cherche un poste de conseillère tout en étant chroniqueuse radio et podcasteuse. A leurs yeux, c'était flou et je dois l'admettre, ça l'était pour moi aussi. Je pensais manquer de focus, être instable, éparpiller, jusqu'au jour où je tombe sur un mot qui a changé ma vie. Le slashing. Le fait d'assumer plusieurs identités professionnelles séparées par un slash, cette petite barre oblique. magique. Ce jour-là, je ne découvre pas un concept, je découvre tout simplement que ma manière de fonctionner a un nom. Je suis Slasheuse. Et depuis cette révélation, une question ne m'a plus jamais quittée. Et s'il était possible de ne plus choisir un seul métier, mais plusieurs ? C'est exactement ce que je vous propose d'explorer aujourd'hui. Le 14 octobre 2025, j'ai été invitée par Marielle Barbe à la troisième édition de l'événement Slash. organisé au salon SME, le salon dédié aux entrepreneurs et aux indépendants, présidé par Alain Bozetti. J'y étais en double posture, intervenante et podcasteuse. Dans cet épisode, je vous emmène au cœur de cette journée multiple. Nous allons revenir sur trois axes majeurs abordés lors des conférences animées par Marielle. La première, slasher sans faire peur, communication et fine rouge. Comment expliquer clairement ce que l'on fait quand on fait plusieurs choses ? La deuxième, Slashé avec efficacité, statut, organisation, outils, comment structurer son activité multiple sans s'épuiser. Et c'est là-dessus que j'ai pris la parole aux côtés de Luc et Ludovic. Et la troisième, on va parler de side business avec Nicolas Finali. Slashé avec un side business pour entreprendre facilement, rapidement et en toute sécurité. Et surtout, vous entendrez des témoignages, celui de Marie-Christine, Cindy, Deva, des femmes. qui ont décidé d'avoir plusieurs identités professionnelles. Vous verrez que dans cet épisode, mon but n'est pas de faire un exposé sur le cumul d'activités pour l'opposer systématiquement à la carrière linéaire. Non, ici je vous parle de changement, d'audace et de légitimité à être et à choisir son destin professionnel. Alors bienvenue dans cet épisode spécial de Voix atypique, les parcours qui changent la norme. D'où vient le slashing ? Pour comprendre le slashing, il faut revenir à celles et ceux qui l'ont structuré. En France, une figure s'impose, Marielle Barbe.
- Speaker #1
Merci, si tu n'étais pas là,
- Speaker #2
vraisemblablement cet événement n'aurait pas lieu.
- Speaker #1
Je n'aurais pas écrit mon livre. Peut-être que nombre de slasheurs à qui on a pu apporter des idées, chacun avec sa business, l'observatoire, ce que chacun mène dans son bain, ce que chacun veut aussi. contribué à partager avec des sages-d'oeuvre autour de vous, n'aurait pas lieu. Donc merci, merci d'avoir fait traverser le slashing au-delà de l'océan pour arriver jusqu'à nous. Et donc vraiment, je vous demande de l'accueillir salheureusement et de lui réserver un immense accueil. Merci beaucoup, je suis très touchée que tu puisses être là aujourd'hui. Merci, merci.
- Speaker #0
Marielle Barbe, autrice de profession slasher aux éditions Giatteno. Conférencière, formatrice, consultante et slasheuse elle-même, depuis plusieurs années, elle intervient en entreprise pour aider les organisations à comprendre et intégrer les profils multiples. Elle ne parle pas du slashing comme une tendance, elle en fait un véritable levier de croissance personnelle et professionnelle. Et pour cette troisième édition de l'événement Slash, elle a vu les choses en grand. Avec Alain Bozetti et Teddy Travers, fondateurs de Tacte Groupe, Partenaires de l'événement, ils ont fait venir des États-Unis celle qui a posé les bases du concept, Marcy Alboer.
- Speaker #3
Je ne sais pas si vous connaissez tous le terme « uberisé » . Le terme « uberisé » a été créé par Maurice Levy, le chef de la marque de publicité. C'est lui qui a pris la part d'Uber pour en faire un substantif « uberisé » . De même que « freelance » , c'est un écrivain anglais qui s'appelle Sir George Walter Scott. Il en a plus d'un OE. Pour faire une profilance. Donc il y a des gens qui mettent des mots sur des réunions. Et dans ce livre, donc Slash, c'est le nom en anglais de la barre oblique sur le clavier. Et une journaliste, une essayiste, qui s'appelle Marcia Albova, qui est christienne, a posé le nom sur les slasheurs.
- Speaker #0
Elle publie en 2007 One Person Slash Multiple Carriers. Un ouvrage fondateur, celui qui met un mot sur une réalité déjà vécue par des milliers de professionnels.
- Speaker #3
Qui se pique comme slasheur dans la salle ? Qui est slasheur ? Si vous êtes sur LinkedIn, quand vous êtes sur LinkedIn, vous avez des slasheurs ou des slasheurs, vous en avez centaines.
- Speaker #0
En clair, si aujourd'hui des slasheuses et des slasheurs assument pleinement leurs multiples activités, notamment sur LinkedIn, c'est parce que quelqu'un, à un moment donné, a osé formaliser ce modèle. Vous comprendrez donc que le slashing n'est pas... pas une lubie moderne, mais bien une évolution profonde du travail. Il y a aussi un point essentiel que j'aimerais vous rappeler, c'est qu'il n'y a rien de nouveau dans le slashing. Nos ancêtres étaient déjà slasheurs, agriculteurs l'été, artisans l'hiver, commerçants sur les marchés, ouvriers à la saison, ils cumulaient les activités par nécessité pour s'adapter aux saisons, aux besoins des villages et… aux réalités économiques. A l'époque, ce n'était pas un choix identitaire, si je puis dire, c'était plus une question de survie. Et soyons clairs, pour certaines personnes aujourd'hui encore, cumuler plusieurs activités reste tout de même une nécessité financière. Mais ici, dans cet épisode, je vais vous parler d'un autre visage du slashing, celui qui est choisi, réfléchi, construit. Des profils qui ont décidé d'embrasser la multi-activité non pas parce qu'ils y sont contraints, mais parce qu'elles correspondent à leur manière de penser, de créer et de travailler. Et c'est cette nuance qui change tout. Avant d'entrer dans le vif des trois grands thèmes abordés lors de l'événement, je vous propose d'écouter une voix. Et oui, au salon SME, j'ai tendu bien évidemment mon micro à celles et ceux qui vivent concrètement le slashing. Marie-Christine était présente ce jour-là, elle nous explique pourquoi elle est venue et comment elle définit son propre profil de slasheuse.
- Speaker #1
Bonjour, vous vous appelez comment déjà ?
- Speaker #4
Marie-Christine.
- Speaker #1
D'accord, enchantée Marie-Christine. Qu'est-ce que vous êtes venue chercher aujourd'hui ?
- Speaker #4
Alors où ? Au salon de la SME ou au Slash ? À l'événement Slash au salon. Oui, une des raisons pour lesquelles je suis venue au salon SME, c'est précisément parce qu'il y avait un événement Slash. On a la chance d'avoir quatre conférences sur le sujet, quatre thématiques super intéressantes, avec des problèmes qui concernent tous les slasheurs. comme comment trouver son fil rouge entre mes différentes activités, quel statut choisir. Bon, on a eu la chance d'avoir l'inventeuse.
- Speaker #0
Marcelle Bauer, oui.
- Speaker #4
L'inventeuse du mot slasher. C'est toujours intéressant, c'est un petit peu pour moi, c'est important de savoir d'où viennent les choses. Ce n'est pas décisif aujourd'hui sur... Par contre, le lien qu'elle a fait entre slasheur et plus de 50 ans, qui grâce au concept de slashing, vont pouvoir exercer différentes activités et peut-être d'une certaine façon donner encore plus de sens à leur vie, c'était intéressant pour moi. Ça, c'était nouveau.
- Speaker #0
Vous vous êtes identifiée à ce qu'elle disait ?
- Speaker #4
Je me suis identifiée à ce qu'elle disait, oui. Et surtout, ça m'a permis d'élargir le champ. du slashing. C'est ça, c'est surtout ça. Parce que pour moi, le slashing, c'était plutôt un concept, entre guillemets, de jeune. Alors quand je dis jeune, ça fait 20, 30, 40. D'accord.
- Speaker #0
J'en déduis que vous êtes plus... Vous avez plus de 40 ans.
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #0
Je peux vous demander... Vous êtes slasheuse du coup, c'est quoi votre combinaison professionnelle ? C'est quoi vos slashes ?
- Speaker #4
Alors, mes slashes ce sont d'abord les études de marché, ce qu'on appelle des études qualitatives. Ensuite j'accompagne des profils multipotentiels justement sur la définition de leur fil rouge. C'est pas forcément des slasheurs du coup puisqu'ils cherchent à unifier leur activité. Et puis troisièmement je pratique la photographie.
- Speaker #0
D'accord. C'est intéressant parce que, vous voyez, on... Moi, j'ai toujours botté en touche par rapport à cette question, qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Et ce qui est intéressant, c'est que vous n'avez pas nommé de métier, vous avez juste énuméré ce que vous faisiez. Et je trouve ça intéressant, parce que du coup, vous ne vous identifiez pas à vos métiers, à vos slashes. Vous énumérez ce que vous faites, et ça, c'est intéressant.
- Speaker #4
Oui, alors je ne m'étais jamais fait la remarque.
- Speaker #0
Ah, c'est super intéressant. Je pense que vous ne l'avez jamais conscientisé.
- Speaker #4
Non, mais en fait, je me sens très à l'aise. mais surtout parce qu'on est dans un contexte favorable. Il faut dire ce qu'il y a quand même. Vous êtes à la maison, vous faites ça. Je suis à la maison, exactement. Je ne peux pas partout dire je fais ça, ça et ça. C'est aussi pour ça que j'ai pu le dire comme ça. Il faut comprendre que le fait d'avoir un environnement favorable, c'est très important pour les slasheurs.
- Speaker #0
Vous vous sentez comprise ou incomprise dans votre entourage, par votre entourage ? Est-ce que quand vous dites que vous êtes, alors je ne sais pas si vous le dites, que vous êtes slasheuse, mais quand vous énumérez justement ce que vous faites comme activité, est-ce que vous sentez que Il y a plutôt une posture d'accueil de la part des personnes ou c'est plutôt de l'incompréhension, voire même du rejet ?
- Speaker #4
Non, franchement, je vais vous dire, ça dépend tellement de à qui vous dites ça. Donc, je sais qu'il y a des gens à qui je ne veux même pas en parler.
- Speaker #0
Éliminé d'office, game over. Allez, on passe au suivant.
- Speaker #4
Non, mais c'est vrai.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'il y a des gens avec qui on est plus à l'aise d'en parler. Oui, effectivement, je vous rejoins. Là,
- Speaker #4
je vous dis encore une fois, franchement... C'est comme si on avait besoin, les gens qui sont multicasquettes, on a vraiment besoin d'avoir des espaces pour nous. Parce que, si vous me posez la question, évidemment, c'est parce que dans la société, effectivement, ce n'est pas la norme. Donc c'est vrai que le plus souvent, pour revenir à votre question, on n'est pas compris. Même si la société est en train d'évoluer doucement, mais sûrement, vous voyez, on n'est pas compris. Là, je me lâche aujourd'hui parce que je suis en famille, entre guillemets.
- Speaker #0
Vous êtes avec vos semblables. Justement, est-ce que vous me disiez, on n'est pas compris, c'est vrai qu'on prône beaucoup la carrière linéaire. Cette carrière linéaire, vous l'avez eue dans le passé ?
- Speaker #4
Je l'ai eue jusqu'à un certain point. Moi, j'ai toujours fait partie des gens qui, quand on leur demandait qu'est-ce que tu veux faire ou qu'est-ce que tu fais, je n'étais jamais à l'aise avec une réponse. Elle est dure cette question. J'étais toujours dérangée par cette question. Je ne comprenais pas pourquoi. Et j'ai découvert tardivement, je trouve, que le fait qu'il y ait des manifestations comme il y a aujourd'hui sur le slashing, c'est très important de promouvoir ce modèle-là, parce qu'on se dit « Ok, je peux faire ça, slash, ça, slash, ça, je peux. » On s'autorise. Alors, il y a des gens qui n'ont pas besoin de ça pour s'autoriser. Mais moi, apparemment, j'en ai besoin. C'est-à-dire que j'ai mis un certain temps avant d'assumer, si vous voulez. Oui, on met le temps. Je vais même vous dire une chose. Je pense que j'ai mis un certain temps avant de comprendre à quel point c'était important pour moi que ces différentes facettes s'activent.
- Speaker #0
Ah oui, intéressant.
- Speaker #4
Oui, c'est super intéressant parce que j'ai mis du temps. Vous voyez, je n'ai pas 30 ans. Donc, je suis plutôt 50 et plus. Comme derrière. Oui, oui, oui. Et ça ne fait pas si longtemps que je me dis, mais moi, j'ai besoin de tout ça. Sinon, je n'existe pas. Sinon,
- Speaker #0
vous n'êtes pas complètement complète. Oui, je ne suis pas complète. Vous avez l'impression qu'il vous manque des morceaux.
- Speaker #4
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #4
Et j'aide les gens, du coup, maintenant à s'autoriser à ce qu'il y ait plusieurs facettes et qu'elles forment un tout harmonieux. Voilà, c'est joliment expliqué. Parce qu'après, il faut comprendre ce qu'on est, ce qu'on fait pour pouvoir le communiquer derrière.
- Speaker #0
Et être à l'aise avec ce qu'on est et avec ce qu'on fait.
- Speaker #4
Oui, tout à fait, l'accepter.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous diriez à des personnes qui aujourd'hui sont hésitantes par rapport à leur parcours, sont un petit peu à l'étroit et voudraient justement oser faire quelque chose mais qui n'osent pas ? Qu'est-ce que vous leur diriez ?
- Speaker #4
Déjà, je leur dirais ce que j'évoquais tout à l'heure, à savoir trouver un environnement favorable. C'est-à-dire des gens qui, comme eux, ont une tendance aux multicasquettes, aux slashings, etc. Pour comprendre qu'ils ne sont pas anormaux et que ça peut être tout à fait la norme de vivre comme ça. A partir de là,
- Speaker #0
tout va bien. Tout s'éclaire.
- Speaker #4
Oui, tout s'éclaire. La lumière est toujours une éclatation.
- Speaker #2
En tout cas, je vous remercie de m'avoir éclairée aujourd'hui. Merci d'avoir répondu à mes questions. Je vous en prie,
- Speaker #4
c'était un plaisir.
- Speaker #0
Après le témoignage de Marie-Christine, une question centrale s'est imposée sur scène. Comment se lâcher sans se perdre et surtout, comment parler sans perdre ses interlocuteurs ? Oui, parce qu'avoir plusieurs activités, ce n'est pas ça le problème. Ce n'est pas le vrai problème en fait. Le problème, c'est la manière dont on les présente. Sur scène, trois femmes ouvrent le bal sur ce sujet. C'est Donnie Lacombe, coach slash thérapeute slash responsable qualité de vie et conditions de travail. Marielle Boura, chargée de projet en éclairage slash chocolatière. Et Olivia Carasso, consultante en management d'équipe slash coach en prise de parole. Trois profils hybrides, trois salariés et entrepreneurs. trois slashes différents, et pourtant, toutes les trois partagent le même constat. Le problème, ce n'est pas le slashing, la polyactivité. Le problème, c'est le manque de lisibilité entre toutes ces activités. Et surtout, quand on est face à un employeur et qu'on doit lui expliquer le truc. Imaginez la personne qui est en face de vous, qui ne connaît pas le modèle du slashing, et encore moins le terme anglais, elle ne comprend pas ce que vous faites. Alors, qu'est-ce qu'elle fait ? Eh bien, elle interprète et souvent, elle simplifie. Il va falloir que tu choisisses. Tu manques de focus, tu es instable, tu es dispersé, tu fais n'importe quoi, et tralali, et tralala, on la connaît la chanson. Et pourquoi cette réaction à votre avis ? Parce qu'il manque un élément clé dans votre discours. La cohérence. Le fameux fil rouge. Celui qui va relier toutes vos activités. Et le fil rouge, c'est quoi concrètement ? Eh bien déjà, ce n'est pas un slogan, ce n'est pas un outil marketing. C'est ce qui relie, comme je le disais, vos activités autour d'une même intention. Sans fil rouge, on entend une liste de métiers. C'est fade, c'est lourd, c'est inintelligible. Alors qu'avec un fil rouge, on entend une intention et une expertise. Et ça, ça fait la différence. Alors, comment le trouver ? Eh bien... Sur scène, Sidonie, Marielle et Olivia rappellent trois principes simples. La première, c'est qu'on ne part pas des métiers, on part de l'intention. Pas qu'est-ce que je fais, mais plutôt qu'est-ce qui m'anime, qu'est-ce qui me pousse aujourd'hui à exercer ces différentes activités. Quel est le point commun finalement entre toutes ces activités ? Le deuxième principe, on formule une phrase pivot, un petit peu comme vous voyez sur LinkedIn. Je t'aide. à une phrase claire, compréhensible en 10 secondes. Je vais vous prendre un exemple. Imaginons que vous êtes consultante en transition professionnelle et coach en prise de parole. Pour expliquer ce que vous faites, vous pourriez dire, j'aide les personnes en reconversion à clarifier leur projet professionnel, première chose, et à les défendre avec impact. Donc là, Prise de parole, que ce soit en entretien d'embauche ou devant un jury pour la création d'une entreprise. Vous voyez, tout d'un coup, en fait, quand c'est expliqué comme ça, c'est limpide. On comprend votre pourquoi, sécuriser une transition professionnelle, votre quoi, structurer un projet professionnel, et votre comment, par l'accompagnement, plus le coaching en prise de parole. Vous ne cumulez plus de métiers, vous proposez une solution complète. Ce que je retiens aussi des interventions de Sidonie, de Marielle et d'Olivia, elles ont expliqué que ce n'est pas le sashing qui fait peur. En fait, c'est quand c'est flou. Vous voyez, parce que quand le fil rouge, il est clair, déjà, votre interlocuteur comprend. Vous gagnez en crédibilité, vous cessez de vous justifier et surtout, vous êtes... alignés entre ce que vous faites et ce que vous dites. Donc ça s'appelle la congruence. Et ça, ça se voit. Parce que le doute ne vient pas toujours des autres, de l'extérieur. Il vient aussi, comme je vous l'avais expliqué en début d'épisode, de notre difficulté à expliquer ce que l'on fait. Vous vous souvenez, quand je vous expliquais que, à cet entretien d'embauche, j'ai dit que j'étais les trois à la fois. Eh bien, finalement, je n'ai pas décroché le poste. Et c'est exactement ce que j'ai voulu explorer avec Cindy. Cindy, c'est une slasheuse que j'ai rencontrée au salon SME qui ne se définissait pas comme telle avant cet événement. Je vous propose d'écouter ce qu'elle raconte.
- Speaker #2
Il y a d'autres slasheurs, pas ?
- Speaker #1
Excusez-moi,
- Speaker #2
vous êtes slasheuse ? Je ne sais pas le concept, mais... Allez-y, parce qu'on passe par la question.
- Speaker #0
Je vous demande si vous êtes slasheuse. Vous me dites, je fais plusieurs activités. Il n'y a pas de différence entre les deux ? Comment ça se fait que vous hésitez ?
- Speaker #2
Parce qu'en fait, je découvre tout juste le concept. En fait, j'en avais déjà entendu parler, mais je ne m'identifie pas forcément à ce mot-là. Mais je me suis lancée à mon compte cette année et en termes de positionnement, j'avais envie de faire plein de trucs. Et c'est pour ça que, effectivement, je pense que le terme de slasheuse me convient actuellement.
- Speaker #0
Alors du coup, c'est quoi vos slashes ?
- Speaker #2
Alors, ma première activité, c'est le coaching.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
En fait, je suis dans l'accompagnement en transition et transformation professionnelle.
- Speaker #0
Mais c'est la mode, ce n'est pas du tout approprié. C'est vrai que ça le vend en poupe. J'entends beaucoup de transition, management de transition. Ok, d'accord. C'est ça exactement.
- Speaker #2
Je pense que depuis le Covid, les personnes se sont vraiment posées les questions profondes. Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ? Et le mal-être au travail qui en découle. Voilà.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça, c'est votre premier slash. Donc coach.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Donc coaching en transition professionnelle, je propose aussi des bilans de compétences qui répondent aussi à la même mission mais dans un cadre différent. Et pour les entreprises, je fais aussi du conseil en conduite du changement. Donc ça c'est la casquette que j'ai depuis maintenant six ans. Je l'ai fait en tant que salariée mais maintenant je propose aussi en tant qu'indépendante. Et j'ai aussi une casquette de formatrice pour accompagner justement les managers dans leur posture. Deux managers qui leur conviennent à eux et puis aussi à leur environnement professionnel.
- Speaker #0
Et ce n'est pas trop lourd à porter. Comment vous gérez le quotidien de slasheuse ?
- Speaker #2
Alors, ça demande beaucoup d'organisation.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Mais je pense que le vrai travail, c'est de se poser la question. En fait, OK, qu'est-ce que je veux faire ? Pourquoi ? Pour qui ? Et comment je peux le faire ?
- Speaker #1
Super.
- Speaker #2
Il faut un équilibre qui réponde à ces différentes passions.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Parce que... On l'a vu, le risque, c'est aussi de s'épuiser professionnellement. Et je pense que trouver un équilibre, c'est essentiel pour pouvoir s'épanouir et répondre à toutes ces missions-là.
- Speaker #0
Et comment vous... Est-ce que vous avez dit à votre entourage... Déjà, quand je vous ai demandé si vous étiez slasheuse, vous étiez hésitante. Parce que c'est vrai qu'on nomme pas forcément... Quand on fait plusieurs activités, on n'arrive pas forcément à nommer qui... On ne verbalise pas forcément qu'on est slasheur. Mais est-ce que vous avez expliqué aux personnes que vous faites plusieurs activités ? Et si oui, comment ils réagissent ?
- Speaker #2
Alors, de base, quand j'étais consultante en rencontre du changement, déjà quand je l'ai annoncé, les personnes ne comprenaient pas vraiment ce que c'était parce qu'on avait déjà plusieurs casquettes en tant que consultant. On fait plusieurs missions dans plusieurs rôles. Donc c'est quelque chose auquel j'ai été confrontée très tôt. Et quand je me suis lancée à mon compte, en fait, moi-même, mais je n'étais pas claire sur... comment je présente mes différentes casquettes. Et comment vous avez clarifié ? Eh bien, c'est en cours.
- Speaker #0
Ah, vous clarifiez. Oui,
- Speaker #2
c'est toujours en cours. Mais en fait, je pense que l'important, c'est de trouver le fil rouge qui combine ces différentes casquettes. Et mon fil rouge à moi, en tout cas, aujourd'hui, c'est le bien-être au travail. C'est l'épanouissement professionnel. C'est accompagner à la fois les entreprises, les managers. les collaborateurs, les individus au final, dans un mieux être au travail et une harmonie avec toutes ces différentes personnes.
- Speaker #0
Pour vous, c'est clarifier un petit peu ce que vous faites pour pouvoir mieux l'expliquer aux autres ?
- Speaker #2
C'est ça, tout part de nous-mêmes. Une fois qu'on est au clair sur nous et qu'on identifie les mots-clés pour que ce soit clair pour nous, mais aussi pour les autres, je pense que déjà, il y a un grand pas qui est fait de ce côté-là.
- Speaker #0
Et vous avez hésité à vous lancer ou pas du tout ?
- Speaker #2
Oui, j'ai beaucoup hésité. Justement, j'étais bloquée un peu dans le mental sur, OK, j'ai un CDI, j'ai des responsabilités, je gagne bien ma vie. Le conformisme. Voilà, c'était très... Ça et très confortable aussi de manière générale. Sauf que je manquais de sens. Et ça, je pense que ça touche beaucoup de slasheurs. C'est-à-dire qu'on cherche, je pense souvent, à trouver un sens auprès de... de tous les projets qu'on veut porter, de toutes nos passions. Et c'est vrai que je me suis beaucoup posée de questions. Et une fois que j'ai découvert les outils, notamment la PNL, c'est un de mes outils que j'utilise beaucoup en coaching, c'est vraiment... Apprendre à se connaître à travers notre corps, nos émotions, notre mental, toutes les choses qu'on peut se dire, qui sont parfois vraies et parfois ça ne nous appartient pas parce qu'on nous a inculqué la société, la famille, etc. Une fois qu'on fait un point sur nous-mêmes, c'est là où on se révèle. Et moi, personnellement, ça a pris du temps parce que je n'avais pas les bons outils. Mais une fois qu'on sait qu'il y a des experts, qui ont les outils, la méthode pour nous accompagner, ça peut faire gagner beaucoup de temps.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, vous diriez que vous êtes heureuse professionnellement parlant ?
- Speaker #2
Aujourd'hui, c'est clair que je suis beaucoup plus heureuse qu'avant. Rien à voir, c'est clair. Après, j'ai beaucoup d'objectifs en tête dans ma roadmap. Je suis en train de travailler dessus, mais en fait, c'est un chemin. C'est-à-dire qu'il ne faut pas non plus trop se concentrer sur les résultats. Mais je pense que c'est important de se focaliser sur le chemin, sur le moment présent, ce qu'on vit, d'apprendre aussi de nos, entre guillemets, échecs. Je n'aime pas trop ce mot-là, mais en fait, les échecs, c'est forcément nécessaire pour atteindre ce que l'on veut et ça fait partie du processus. Donc, je dirais que oui, en fait, aujourd'hui, clairement, je suis sur la bonne voie.
- Speaker #1
Ça se sent et ça se voit. Merci, c'est vraiment votre prénom. Merci d'avoir répondu à mes questions.
- Speaker #2
Merci à vous.
- Speaker #0
Après le témoignage de Cindy, une chose est claire. Le slashing peut être une bonne option pour s'épanouir professionnellement. Mais attention, si vous n'avez pas de cadre, l'histoire peut vite dégénérer. En effet, le slashing comporte aussi des écueils. Le surmenage, la gestion administrative, la dispersion et la charge mentale. Et c'est précisément là que mes camarades et moi entrons sur scène. Je suis accompagnée sur scène de Luc Delafortel, fondateur de Talenvie, une entreprise qui accompagne les organisations dans le déploiement de la polyactivité. Mais Luc est aussi réserviste opérationnel à la Marine nationale. Il y a également Ludovic Feher, co-fondateur et co-dirigeant de la plateforme Mose. Et si vous ne connaissez pas Mose, eh bien pour résumer, c'est une plateforme pensée pour les indépendants et les freelances. Elle centralise la gestion administrative, les devis, la facturation, les outils de pilotage et une communauté d'entraide, les moseurs et les moseuses. D'ailleurs, j'ai eu la chance d'interviewer Ludovic, mais il y aura un autre épisode dédié à Mose prochainement. Bon, je m'égare. Revenons à notre conférence. Sur scène, Ludovic commence par un point essentiel. On ne choisit pas un statut juridique par hasard. On le choisit en fonction de son projet. Une entreprise individuelle, une SASU, une EURL, un portage salarial, un cumul salarié slash indépendant, plusieurs options existent. Mais avant de parler technique, il faut se poser trois questions phares. La première, est-ce que je teste ou est-ce que je construis ? Si je teste une idée à côté de mon emploi, je n'ai pas les mêmes besoins que si je veux créer une activité principale. Est-ce que je travaille seul ou à plusieurs ? Un projet à deux ne se structure pas comme un projet solo. Et la troisième, quel modèle économique je vise ? Quel chiffre d'affaires ? Quel type de service ? Est-ce que c'est en temps plein, en temps partiel ? Est-ce que ce sont des prestations ponctuelles ou récurrentes ? Comme l'a souligné Ludovic, le statut juridique doit servir la stratégie et pas l'inverse. Et comme un bon statut, ne compensera jamais une mauvaise organisation, c'est là que je prends la parole. Slasher, ce n'est pas juste remplir un agenda. Soyons clairs. C'est vérifier, déjà, que ce modèle est compatible avec sa vie, sa vie personnelle. Est-ce que j'ai des enfants dont je m'occupe à temps plein parce que je suis maman solo ou papa solo ? Est-ce que j'ai un proche dont je dois m'occuper également ? Est-ce que mon emploi principal est déjà prenant parce que je travaille à plus de 35 heures ? Donc vous voyez, il y a déjà pas mal de questions, mais déjà ces trois sont quand même assez essentielles. Mais il y a des questions à se poser. Le slashing doit s'intégrer dans votre vie et pas l'envahir. Concrètement, ma méthode, c'est de travailler par bloc de temps. Moi, par exemple, je suis salarié, donc j'ai un bloc salarié. Je travaille à 35 heures. Et si j'ai envie d'enregistrer comme je suis en train de le faire actuellement parce que je vous parle, eh bien, je vais réserver des temps d'enregistrement sur des demi-journées ou sur un samedi matin, vous voyez. Donc, je ne vais pas tout faire d'un coup, mais je vais me dire, par exemple, sur un long format, je vais prendre trois temps pour pouvoir enregistrer. J'ai aussi, je dirais, un bloc communication puisque je suis toute seule. il faut promouvoir l'épisode que je vais sortir sur les réseaux sociaux ou sur les plateformes d'écoute. Je n'ai pas de bloc administratif parce que mon activité en elle-même ne me demande pas une gestion administrative. Mais vous voyez que par rapport à mon activité, que ce soit de la radio ou du podcast, il faut que je travaille par bloc de temps pour construire mes épisodes, pour écrire déjà. Il y a déjà un travail d'écriture avant d'enregistrer. Et après, il y a tout le montage, toute la promotion, etc. Donc, forcément, il faut que je vérifie que mon activité en parallèle, mon activité parallèle, soit compatible avec ma vie personnelle. On ne mélange pas tout. On tient un agenda. Ce n'est pas un accessoire, c'est vraiment un outil stratégique. Et si ce n'est pas planifié, malheureusement, ce n'est pas priorisé. Et si ce n'est pas priorisé, ça déborde. Attention au surmenage qui arrive rarement d'un coup, mais qui arrive par accumulation. Et Luc... qui étaient aussi présents sur scène, enchaînent sur un point clé les outils qui doivent servir l'activité. Alors, les plus courants, comme je vous disais, un agenda numérique, ça va de soi, un gestionnaire de tâches, un outil de stockage partagé, mais il y a aussi des outils qui dépendent du modèle. Si vous faites de la relation client, vous avez besoin d'un CRM. Si vous facturez régulièrement, vous avez besoin d'un outil de facturation automatisé le plus possible. Si vous gérez des projets, il vous faut un outil collaboratif. Ce que je retiens de l'intervention de Luc par rapport aux outils, c'est qu'on ne choisit pas des outils parce qu'ils sont à la mode. On les choisit parce qu'ils répondent à un besoin précis. Et si je devais résumer nos trois interventions, eh bien je dirais que pour slasher efficacement, il ne faut pas faire plus, mais il faut structurer mieux.
- Speaker #1
Et vous allez voir, mon parcours, c'est un peu les montagnes russes.
- Speaker #0
Nicolas monte sur scène pour clôturer cette conférence.
- Speaker #1
Alors, petite formation à la base. Je suis un petit peu éco-démorex. On va ralentir. Sur la pierre, en tout cas. ce qui va être pour notre monde, comme on fait l'étude de l'encher, un business plan, comment on analyse des chiffres, un bilan, comment on crée un produit, comment on lève des fonds. Ça, c'est un petit peu le côté théorique qu'on apprend à l'école. Sauf qu'en fait, en sortant de l'école, en réalité, on n'apprend pas vraiment à entreprendre. On apprend la théorie, mais on n'apprend pas vraiment. En 2010, je lance avec Marlène Paille, on va dire, le premier slash, pour rester dans le thème, qui est une activité qui s'appelle les petits pots et compagnie, où on faisait des cours de cuisine, traiteurs à domicile. Ça, c'est en 2010, et voilà, on commence ça avec Marlène Paille. En 2011, je lance en parallèle des cours de cuisine, une deuxième activité où on distribue une marque de caravane, donc c'est un mousseux, méthode champenoise espagnole, et un deuxième slash. Ensuite, pour renvoyer mes butées à l'ECAVA, j'ai tout le temps besoin d'une demande d'église. Et de l'autre, troisième activité de slashing, on fait de la production en livraison, distribuant, en dobélation de l'aspiné. Voilà, avec déjà une multitude, puisqu'à côté de mon activité principale, c'est de faire de la consulence. Donc en fait, tous les business que je vais vous montrer à côté, ce sont des slashings à côté de mon activité principale. Sauf que ce qui se passe, c'est que de chaque business, l'ensemble de mes projets de slashing deviennent des vrais business. Je parle d'une activité de cuisine, d'un atelier, d'un projet de construction d'un étiquetteur, d'un sac de glaçons, d'un repos, d'un camion, de quelques bouteilles de gava, d'une distribution partout en Belgique, etc.
- Speaker #0
Nicolas, si vous ne le connaissez pas, c'est un serial entrepreneur slash coach slash auteur. Et lui, son truc, c'est le side business, un concept que je découvre presque en direct. Jusqu'ici... Je devine à peu près ce que c'est par la traduction littérale, mais je n'imagine pas encore la stratégie qu'il y a derrière. Nicolas a testé plein d'activités en parallèle de son job, comme vous l'avez entendu dans son récit, qui sont devenues de véritables sources de revenus. Et c'est là qu'il pose le cadre. Ça, ce n'est pas juste du slashing, entre guillemets, c'est du side business. Alors, d'où vient le side business ? Eh bien, le side business vient des États-Unis. À l'origine, c'est simple, ce sont des salariés qui développent une activité, entre guillemets, on-side, sur le côté, pour générer un revenu complémentaire. Donc, ce n'est pas par passion uniquement, ce n'est pas juste pour se diversifier, mais c'est avec une intention claire. Créer une source de revenus. indépendante. La différence que je ferai avec le slashing, c'est que le slashing, c'est exercer plusieurs métiers. On peut être salarié le jour, photographe la nuit ou le week-end, formateur ponctuellement. Ça, c'est plutôt une logique de diversité. Le side business, lui, il a plutôt une logique entrepreneuriale. On ne multiplie pas les activités pour le plaisir. construit un actif. On cherche un modèle rentable, une montée, je dirais, en puissance, une autonomie financière progressive. En fait, ce que je comprends, c'est que le slashing peut répondre à un besoin de sens, de diversité, alors que le side business, lui, il est plutôt orienté stratégie argent. Alors pourquoi ce système est rémunérateur ? Eh bien parce qu'il est pensé dès le départ comme un modèle économique. On ne vend pas, entre guillemets, un peu de temps, on crée une offre, on structure un prix, on vise un marché. L'objectif est clair, c'est de générer un revenu complémentaire stable et croissant. Et tout ça sans quitter son emploi, donc c'est assez sécurisant. Ce qui le rend puissant, je dirais, c'est qu'il combine à la fois sécurité et à la fois expérimentation, si je puis dire, entrepreneuriale. D'ailleurs, Nicolas en parle en détail dans son livre qui s'appelle « Gagner de l'argent grâce au side business » , un ouvrage dans lequel il explique pourquoi, dans un monde instable, créer une activité à côté peut devenir un levier de résilience. La conférence est terminée, les micros se coupent. Oups, les gens discutent encore dans les allées. Et moi, je fais un choix.
- Speaker #2
J'interview Eva. Pourquoi elle ? Parce que sa présence m'a intriguée.
- Speaker #0
Je vous interpelle Eva parce que vous êtes, je pense, à mon avis, une des plus jeunes dans cette salle. Et parce que je crois que quand on a demandé s'il y avait des étudiants dans la salle, vous avez levé la main. Et moi, ce qui m'intrigue, c'est qu'est-ce qui vous a amené ici à l'événement Slash ?
- Speaker #2
Alors, moi, c'est parce que... que j'ai rencontré quelqu'un récemment qui habite à l'autre bout du monde.
- Speaker #0
Ok. Où ça ?
- Speaker #2
En Argentine.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Et donc, je cherche en fait des moyens pour pouvoir gagner de l'argent en étant là-bas. Donc, les slashing, side business, etc., ça peut être une option avec la freelance aussi. Mais donc, c'est ça en fait. C'est principalement l'envie de vivre une histoire d'amour.
- Speaker #0
Ah, avec votre argent. Voilà. Et vous avez quel âge, Eva ?
- Speaker #2
J'ai 24 ans.
- Speaker #0
Et là, vous faites quoi ? Vous faites des études ou vous travaillez ?
- Speaker #2
Je viens de finir une école de commerce et j'ai fait un an de VIE au Brésil.
- Speaker #0
C'est quoi la VIE ?
- Speaker #2
VIE, c'est volontariat international. Ah, ok, voilà.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Donc, vous allez en Argentine et vous travaillez, vous dédiez 96 heures. Il n'y a pas un truc comme ça ? Non, pas du tout.
- Speaker #2
C'est peut-être un service civique ou alors le PVT, des choses comme ça. Ah, je ne comprends pas le PVT. Oui, ça doit être comme ça. Mais nous, VIE, c'est vraiment un système avec l'État français, Business France, des choses comme ça, qui sont des contrats un peu d'expat junior facilité. Donc, c'est des contrats d'un à deux ans. Moi, j'ai fait un an.
- Speaker #0
Donc, vous avez fait l'école de commerce, c'est ça ? pourquoi vous avez fait une école de commerce ? Vous saviez ce que vous vouliez faire ?
- Speaker #2
Parce qu'à 18 ans, je ne savais pas ce que je voulais faire. Et donc, on m'a gentiment dit, fais une prépa, tu as des bonnes notes. J'ai fait une prépa et ensuite, j'ai passé les concours et je suis entrée dans une école.
- Speaker #0
Sagement ?
- Speaker #2
Je ne savais pas ce que je voulais faire. Je savais que j'avais envie de voyager. Et je me disais, école de commerce pour une ouverture à l'international, c'est pas mal. Donc, c'est ce qui m'a un peu guidée, en fait. C'est plutôt l'envie de voyager et de connaître le monde et donc de suivre une voie qui faciliterait cette envie intérieure.
- Speaker #0
Et vous savez ce que vous voulez faire dans la vie ?
- Speaker #2
Je veux être heureuse.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Et sinon, non, je n'ai pas d'idée précise de ce que je veux faire. Je pense que ce sont des envies qui viennent selon ce qu'on vit au fur et à mesure. Je sais, par exemple, que là, récemment, et c'est d'ailleurs assez marrant parce qu'il y a Sidonie, il me semble, qui, elle, a repris des études de psychologue. Moi, c'est quelque chose... à laquelle je pensais, par exemple, dernièrement. Donc, je pense que c'est selon nos expériences et ce qu'on vit que viennent les idées.
- Speaker #0
Vous pensez qu'on peut être heureux en ayant une carrière binaire ou vous êtes plutôt, vous, dans l'optique de vous dire, moi, je préfère diversifier mes expériences ?
- Speaker #2
Les deux sont possibles, mais... J'imagine que les deux sont possibles et que ça dépend des profils. Moi, par exemple, je pense que j'ai un besoin quand même de changer. C'est-à-dire que je vois la vie un peu comme un triptyque et je pense que les cycles durent trois ans.
- Speaker #0
Ah, trop bien !
- Speaker #2
Et donc, je pense que la première année, c'est toujours excitant parce qu'on découvre. La deuxième, on est à fond parce qu'en fait, on maîtrise. Et qu'à partir de la troisième, on commence à s'ennuyer parce qu'on maîtrise trop bien et donc on a l'impression d'avoir fait le tour. Et que c'est dans cette étape-là qu'on se repose des questions et qu'on se dit « mince, qu'est-ce que je vais faire ensuite ? » Et après, on trouve où on trouve.
- Speaker #0
Ça ne vous angoisse pas de ne pas savoir ce que vous allez faire demain ou après-demain ?
- Speaker #2
Ah si, mais on a oublié de vivre avec finalement.
- Speaker #0
C'est ça, on n'a pas le choix d'oublier de vivre avec. Vous avez raison. Vous avez passé des entretiens d'embauche. Je ne sais pas s'il pose toujours la question, où vous voyez-vous dans 5 ans ? Mais si je vous la pose aujourd'hui, vous me dites quoi ?
- Speaker #2
dans cinq... Quand je me vois en Amérique latine, avec potentiellement un métier salarié qui me plaît, et des activités à côté qui me plaient aussi, pourquoi pas en train de faire une fac de psycho pour essayer d'être psychologue. Et sinon, avec plein d'activités qui m'épanouissent à côté.
- Speaker #0
Est-ce que vous, aujourd'hui, vous diriez que vous êtes slasheuse, puisque vous parlez d'avoir un emploi salarié, avec plein d'activités à côté.
- Speaker #1
J'ai envie de revenir dans une case.
- Speaker #2
Je ne sais pas, peut-être pour devenir. qui se posent des questions en tout cas.
- Speaker #0
En tout cas, je remercie Eva d'avoir pris le temps de répondre à mes questions. Merci beaucoup. Merci,
- Speaker #2
c'était magalif. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Alors, est-ce que c'est ça l'avenir du travail ? Des projets qui naissent, qui meurent, qui grandissent ? Des trajectoires plus souples, plus hybrides ? Avoir plusieurs métiers, ce n'est pas se disperser. C'est apprendre à s'adapter. Et dans un monde qui change vite, L'adaptation devient une force. Alors la vraie question n'est peut-être pas « Est-ce que je dois avoir plusieurs métiers ? » mais « Comment est-ce que je veux travailler demain ? » Merci de m'avoir écouté et à très vite !