Speaker #0Hello et bienvenue dans un nouvel épisode de On va en parler. Moi c'est Laurence, décoratrice événementielle et wedding planner. Et ici on parle des coulisses, de l'événementiel, de l'entrepreneuriat, des belles réussites, des galères et de toutes ces réalités qu'on ne voit pas forcément derrière les jolies photos. Aujourd'hui j'avais envie qu'on aborde un sujet un peu différent mais qui me tient particulièrement à cœur. On entend souvent qu'il faut vivre de sa passion, qu'il faut faire un métier qu'on aime, qu'il faut faire et croire en ses rêves, et surtout ne jamais abandonner. Mais est-ce que la passion suffit vraiment pour réussir ? Est-ce que parce qu'on aime décorer, créer de belles ambiances, organiser des événements ou accompagner des mariés, on est forcément capable de faire fonctionner une entreprise ? Parce qu'entre aimer son métier et réussir à en vivre, Il y a quand même quelques petites différences. Et ça, je pense qu'on n'en parle pas suffisamment. Alors aujourd'hui, on va en parler de passion, de réalité, de compétences, de tout. Ce qu'il faut apprendre quand on décide de transformer ce qu'on aime en activité professionnelle. Alors, installez-vous confortablement. Prenez votre petit café, votre petit thé ou votre lait chaud, si vous en avez un. Et c'est parti ! Aimer son métier, c'est un départ, pas une garantie. Je pense qu'on est nombreux, nombreuses à se lancer dans un métier parce qu'on aime profondément ce qu'on fait. Dans mon cas, j'aime créer des ambiances, imaginer des décors, jouer avec des couleurs, les matières, les fleurs, réfléchir à un thème et voir un projet prendre forme. Il y a quelque chose de satisfaisant dans le fait de partir d'une idée, parfois même d'un simple croquis, et de réussir à le concrétiser. Quand on voit le résultat final... On découvre la salle, transformée, que tout prend sa place, on se dit qu'on fait quand même un beau métier. Mais voilà, il y a un petit détail. Une passion ne fait pas automatiquement tourner une entreprise. On peut être très créatif, avoir beaucoup d'idées, être doué de ses mains, avoir un véritable sens de l'esthétique sans forcément avoir géré une activité professionnelle. Parce qu'en fait, créer un décor, c'est une chose. Trouver des clients, c'en est une autre. communiquer, organiser son planning, gérer les commandes, établir des tarifs, suivre ses factures, anticiper ses dépenses et prendre des bonnes décisions, c'en est une autre. Et personne ne nous apprend nécessairement tout ça quand on découvre un métier qui nous passionne. On peut être excellente dans son domaine et avoir besoin d'apprendre à gérer son entreprise. Et je trouve important de le rappeler parce que parfois on se met une pression énorme On pense que si notre activité ne fonctionne pas comme on voudrait, c'est qu'on n'est pas assez doué, pas assez motivé, pas fait pour ce métier. Alors qu'en réalité, il peut simplement nous manquer certaines compétences, une meilleure organisation ou une stratégie plus adaptée. Être passionné, c'est ce qui peut nous donner envie de commencer, mais ne nous dispense pas d'apprendre tout le reste. On ne nous montre pas toujours l'envers de l'entrepreneuriat. Il y a aussi quelque chose qui me fait réfléchir, la façon dont l'entrepreneuriat est présenté aujourd'hui. Sur les réseaux sociaux, on voit de belles réalisations, des entreprises qui se développent, des journées de travail qui semblent incroyables et des personnes qui donnent l'impression d'avoir trouvé la recette du succès. Mais on voit rarement tout ce qui se passe entre deux. Publication. On ne voit pas toujours les périodes plus calmes. les moments de doute, les décisions difficiles ou les journées pendant lesquelles on travaille sans avoir l'impression d'avancer. On ne voit pas forcément les heures passées à préparer un projet, à chercher des idées, à organiser son matériel, à répondre aux demandes ou à réfléchir à la suite. Et surtout, on ne voit pas toujours la différence entre avoir une activité qui semble fonctionner de l'extérieur et avoir une entreprise qui fonctionne réellement. Parce que oui, On peut avoir des projets, publier de belles photos, recevoir des compliments, avoir une activité visible, tout en rencontrant des difficultés dans la gestion quotidienne de son entreprise. Je pense qu'il faut arrêter de croire que la réussite est toujours aussi linéaire qu'on nous la présente. Il y a des périodes où tout semble avancer et d'autres où l'on doit prendre du recul. Revoir certaines choses, chercher une nouvelle façon de faire, voilà. Ce n'est pas forcément un échec, c'est aussi la réalité d'une activité qui évolue. Je trouve qu'on devrait pouvoir en parler sans avoir l'impression de devoir justifier chaque difficulté. Parce qu'entreprendre, ce n'est pas seulement montrer ce qu'on fait ou ce qu'on sait faire, c'est aussi comprendre à faire fonctionner ce qu'on a construit. La créativité ne fait pas tout. Dans les métiers créatifs, je pense qu'il y a une autre particularité. On peut être tellement concentré sur la création qu'on oublie parfois que notre activité ne repose pas uniquement sur notre savoir-faire artistique. Regardez, prenons la décoration événementielle. On peut imaginer un décor magnifique, avoir une idée originale, savoir associer les couleurs et créer une ambiance qui correspond parfaitement à un événement. Mais encore une fois, faut-il savoir présenter son offre, expliquer sa valeur, organiser la prestation. et s'assurer que le projet est réalisable dans de bonnes conditions. Il faut aussi savoir communiquer sur son travail, et c'est parfois un vrai apprentissage, parce qu'on peut aimer créer sans forcément aimer se vendre. On peut être très très à l'aise pour conseiller un client sur sa décoration et beaucoup moins à l'aise lorsqu'il s'agit de parler de son entreprise et de mettre en avant ses compétences ou de prendre la parole sur les réseaux sociaux. Pourtant, ces aspects font aussi partie d'un métier d'entrepreneur, et c'est valable pour beaucoup de domaines. la photographie, la pâtisserie, la couture, l'artisanat, le graphisme ou encore l'organisation d'événements. Être compétent dans son métier ne s'est fini-fi-pas, pardon, automatiquement de savoir gérer tous les aspects d'une entreprise. Mais la bonne nouvelle, c'est que ça s'apprend. On peut apprendre à mieux communiquer, à mieux s'organiser, à prendre confiance en soi, dans ses décisions, à développer des compétences qu'on ne possédait pas au départ. pas besoin de tout maîtriser dès le premier jour. En revanche, il faut accepter de continuer à apprendre. On évolue, on se forme tout le temps parce que la mode évolue, les couleurs évoluent, c'est comme les saisons. Donc, on apprend tout le temps. Il ne faut pas avoir peur de se former. Faut-il tout accepter pour faire grandir son entreprise ? Il y a un autre point dont j'avais... L'envie de parler, c'est cette idée qu'au début, il faut accepter toutes les opportunités. Quand on se lance, on a envie de développer son activité, de se faire connaître, de montrer ce qu'on sait faire, de construire sa clientèle. C'est compréhensible. Mais à force de vouloir saisir toutes les occasions, on peut finir par accepter des projets qui ne correspondent pas vraiment à notre façon de travailler, à nos compétences ou à nos objectifs. On peut aussi vouloir être partout, proposer toujours plus. de choses et répondre à toutes les demandes. Et finalement, on risque de s'éloigner de ce qu'on voulait construire au départ. Et je pense qu'il faut apprendre à faire la différence entre une opportunité intéressante et une opportunité qui nous fait simplement peur de manquer quelque chose. Toutes les propositions ne sont pas forcément adaptées à notre entreprise. Et toutes les évolutions ne sont pas forcément synonymes de réussite non plus. Parfois, grandir, c'est développer son activité. Parfois, c'est améliorer son organisation. Parfois, c'est se spécialiser davantage, revoir ses offres ou décider de travailler autrement. On n'est pas obligé de construire son entreprise comme celle du voisin. On n'a pas tous les mêmes objectifs, les mêmes contraintes ou la même vision de la réussite. Et c'est aussi ça, entreprendre, apprendre à définir ce qui nous correspond réellement. Et si on arrêtait de culpabiliser quand tout ne fonctionne pas ? Je voulais terminer sur un point qui me semble important. Quand on entreprend, on peut facilement avoir l'impression que tout repose sur nous. Si ça fonctionne, on se dit « waouh, comme on a super bien travaillé et tout » . Mais quand les choses sont plus compliquées, on peut rapidement remettre en question nos compétences, nos choix et parfois même notre légitimité. On se demande si on est assez doué, assez organisé, assez visible ou suffisamment motivé. Et je pense qu'il faut faire attention à ne pas tout mélanger. Une difficulté ne signifie pas automatiquement qu'on a choisi le mauvais métier. Un projet qui ne fonctionne pas ne signifie pas qu'on est incapable de réussir. Et une période plus calme ne résumit pas toute la valeur de notre travail. Et bien sûr, il faut savoir se remettre en question. C'est très important de savoir se remettre en question. Il faut pouvoir reconnaître ses erreurs, ajuster ses décisions et chercher des solutions. Mais se remettre en question ne signifie pas se dévaloriser en permanence. On peut reconnaître qu'on a encore des choses à apprendre, tout en étant fier du chemin parcouru. On peut vouloir progresser sans considérer que tout ce qu'on fait aujourd'hui est insuffisant. Et surtout, on peut aimer profondément son métier tout en reconnaissant que certaines parties de l'entrepreneuriat sont difficiles. Les deux peuvent coexister. Pour moi, il ne s'agit pas de renoncer à sa passion dès que les choses deviennent compliquées. Il s'agit plutôt de comprendre ce dont on a besoin pour continuer à la faire vivre dans de bonnes conditions. Parce qu'au fond, le but n'est pas seulement de faire ce qu'on aime. c'est aussi de pouvoir continuer à le faire sans s'épuiser et sans perdre de vue pourquoi on a commencé. Alors, en conclusion. La passion, oui, mais pas seulement. Alors, pour répondre à la question du jour, est-ce que la passion suffit pour réussir dans l'événementiel ? Personnellement, je dirais que non. La passion est importante, elle nous donne envie de créer, de progresser, de nous investir dans nos projets, mais elle doit s'accompagner de d'autres choses, de compétences, d'organisation, de réflexion, d'apprentissage et parfois de décisions qui ne sont pas toujours faciles à prendre. Et je pense qu'il faut aussi accepter que la réussite ne se construit pas forcément en quelques mois. On apprend en avançant, on ajuste sa façon de travailler et on découvre parfois des aspects de son métier auxquels on n'a jamais pensé. Jamais, jamais, jamais. Et le plus important, selon moi, c'est de ne pas confondre les difficultés rencontrées en chemin avec une incapacité à réussir. On peut avoir besoin de changer de méthode sans avoir besoin de changer de métier. On peut avoir besoin de progresser sans devoir tout recommencer. et on peut... passionné parce qu'on fait tout en ayant le droit de trouver certaines journées compliquées. Parce que oui, derrière la passion, il y a du travail et derrière une entreprise, il y a aussi une personne qui apprend, qui évolue et qui fait de son mieux pour construire quelque chose qui lui ressemble. Et voilà, c'était tout pour cet épisode de On va en parler. J'espère que ce petit moment avec moi vous aura fait réfléchir, que vous soyez dans l'événementiel, dans un autre métier créatif ou simplement Merci. en train de construire votre propre projet. Et maintenant, j'aimerais bien avoir votre avis. Pour vous, est-ce que la passion suffit pour réussir dans son métier ou est-ce qu'il faut forcément apprendre à devenir aussi un bon entrepreneur ? Vous pouvez me partager vos réflexions et vos expériences sur les réseaux sociaux. J'aime bien découvrir vos points de vue parce qu'on n'a pas tous le même parcours et c'est aussi ça ce qui nous rend ces échanges intéressants. Vous pouvez me retrouver sur Instagram et TikTok. sous le nom de Elle Événementielle, créatrice d'ambiance, pour découvrir les coulisses de mon métier de décoratrice, mes créations et mes petites aventures du quotidien. Et si vous aussi, vous avez une anecdote, une expérience ou un sujet qui mériterait qu'on parle d'un prochain épisode, envoyez-moi un message, vos témoignages, bien sûr, restez anonyme. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à vous abonner au podcast. N'oubliez pas de noter le podcast. avec les étoiles. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de On va en parler. Prenez soin de vous, continuez à croire en vos projets mais n'oubliez pas non plus de leur donner les moyens de grandir. Allez, je vous laisse, à très vite. C'était Laurence dans On va en parler. A bientôt, bisous bisous.