Speaker #0Bonjour et bienvenue dans On va en parler. Aujourd'hui j'avais envie de parler d'un truc qui peut arriver quand on entreprend parce qu'au début je pense qu'on est nombreux, nombreuses à vouloir être gentille, à rendre service, à aider une consoeur quand elle en a besoin. Et quelque part c'est aussi ça l'entrepreneuriat, le réseau, l'entraide, les recommandations, les coups de main. Sauf qu'il y a une petite différence entre rendre service et se mettre soi-même dans une situation compliquée pour aider quelqu'un. Et parfois, tu pars avec les meilleures intentions du monde, et à la fin, c'est toi qui te retrouves dans la galère. C'est exactement ce qui m'est arrivé. Aujourd'hui, je vais donc vous raconter une histoire personnelle, une histoire où à la base, je voulais simplement aider une consoeur, et où j'ai fini par me dire, « Laurence, peut-être qu'il va falloir apprendre à dire non, et allez, on va en parler. » Alors, être gentil dans le monde professionnel, quand on débute ou même lorsqu'on a déjà plusieurs années d'expérience, on peut avoir envie de rendre service, de dépanner une consoeur, d'accepter une mission parce qu'on veut aider, faire confiance, avancer certains frais, être arrangeante sur des délais, ne pas être la personne compliquée. Parce qu'on veut être professionnel. Mais parfois, on confond être professionnel avec être trop arrogante. L'entraide entre pros, oui, mais avec des limites. J'en ai parlé justement dans l'épisode précédent, des relations entre professionnels de l'événementiel. On peut être concurrente, mais aussi s'entraider. Et moi, je crois vraiment à ça, mais vraiment. Mais l'entraide ne doit pas devenir un risque financier pour toi. Quand tu connais quelqu'un justement du milieu, tu te dis peut-être que tu peux lui faire confiance. Je te dis que c'est qu'une professionnelle, qu'elle sait comment ça fonctionne, et justement, parfois, non. Et oui, je vais vous raconter ce qui m'est arrivé. Sur mon groupe de formation, une fille avait besoin d'aide, et une personne m'a recommandé. Et du coup, elle m'a contacté, moi et une autre consoeur, pour qu'on puisse l'aider parce que l'équipe d'avant l'avait laissé tomber. et du coup savoir si on pouvait l'aider pour un événement pour la coupe du monde et avec un centre commercial. Jusque là tout va bien, elle nous explique un peu le projet, moi je lui pose la question du « bon mais pourquoi ils t'ont laissé tomber ? » moi je trouvais ça un petit peu bizarre que l'équipe la laisse tomber. Bon j'ai pas trop compris ce qu'elle voulait me dire parce que je me suis dit bon… Je ne vais pas rentrer dans les détails, après tout ça ne me regarde pas, elle a besoin d'aide, c'est dans un mois, moi je n'avais pas d'événement sur ce moment-là, donc je me suis dit, bon, je ne vais pas la laisser en galère, on est ensemble, c'est parti. Du coup, elle, elle est recommandée, elle travaille avec une agence événementielle qui la recommande, elle, donc qui sous-traite son agence à elle, et elle, comme elle n'est pas dans le secteur de cet événement, qui était en région parisienne, Moi j'y suis, elle, elle est dans le sud, Marseille, elle sous-traite avec moi et une autre consoeur. Jusque là, tout va bien, elle me dit la somme, elle nous montre le devis, etc. Devis qui a déjà été accepté par le centre commercial, bien sûr, du coup, je ne peux pas vraiment revenir en arrière, ni modifier, etc. Dans tout ça, nous on prend les rendez-vous, on se déplace, on va jusqu'au centre commercial une première fois pour visiter les lieux, etc. Bon bref, ce qu'on fait d'habitude pour que ce soit pour un mariage, un événement, peu importe. Donc on voit vraiment ce qu'on doit faire, le temps de travail, les frais éventuels, etc. Et ensuite, le premier paiement arrive, elle nous paye notre compte pour commencer à travailler et puis avancer, faire ce qu'on a à faire. pour le jour J, pour la prestation du jour J. Donc, on échange beaucoup, on s'envoie des photos, on améliore des choses, on se dit non, ça serait mieux de faire comme ça, là on sépare, on va voir, blablabla. Bon, dans tout ça, on monte ses supports, c'est comme un musée en fait ce qu'on fait, mais c'est sur trois coins différents du centre commercial, à l'étage, au sous-sol, enfin bon bref. Je vous épargne les détails parce que c'est long, c'est long, c'est long, c'est long, mais bon, voilà. On arrive une semaine avant la prestation et je lui rappelle qu'il faudrait le paiement, on appelle ça le solde, parce que moi je travaille comme ça. Le solde c'est tant une semaine avant pour que je puisse me déplacer, travailler, faire ce que j'ai à faire et ne pas avoir à courir derrière les gens pour de l'argent. Il se passe pas mal de choses parce qu'on installe, etc. Le centre commercial trouve qu'il y a des choses qui manquent. Ils auraient aimé que ce soit comme sur les photos IA, alors que l'IA, ce n'était pas représentatif sur le métrage, etc. Bon, bref, on leur explique. Mais elle, elle n'a pas expliqué comme j'aurais expliqué. Mais bon, bref, peu importe. La prestation, elle est faite. Voilà, ils nous disent, est-ce que vous pouvez revenir ? Et tout ça, et tout ça. Bon, bref, il y a tellement de choses qui se passent. Je lui dis, mais attends, je suis revue deux fois. Je ne vais pas revenir une troisième fois. Moi, ça me fait deux heures juste l'aller pour venir. Et vous nous avez même pas payé le solde. Et la prestation, elle est faite, elle est terminée. Donc, qu'est-ce que vous voulez ? Je lui dis, bon, ben voilà, faut que tu vois avec eux, parce que, voilà, moi, faut qu'ils me payent, je me déplacerai pas, c'est fini, je me déplace plus. Ma consœur, pareil, et elle est plus proche que moi, elle me dit, elle non plus, elle se déplace plus, c'est bon, faut arrêter de se moquer des gens. Bon, bref, il se passe un tas de trucs, blablabla, et soi-disant qu'elle, elle est en litige avec le centre commercial, elle trouve deux filles. pour arranger la prestation. Moi, à partir de là, ça ne me regarde plus ce que tu fais toi. Moi, je veux mon paiement. Donc voilà. Elle me dit qu'elle a payé les filles. Je lui dis, donc tu as payé les filles, mais nous, tu ne nous as toujours pas payé, alors qu'on avait fait toutes les structures, on avait tout fait. Tout, tout, tout. OK, pas de souci. Je me dis, bon, les filles l'ont dépanné, blablabla. Moi, ça ne me regarde pas. Tout ça là, ça ne me regarde pas. Donc je vois juste que là elle galère, moi je lui trouve des solutions et je lui dis, moi ça ne me dérange pas d'attendre, de patienter jusqu'à ce que tu aies une rentrée d'argent, il n'y a pas de souci. Je l'arrange, je lui envoie plusieurs messages, je lui dis aussi que si elle veut, elle peut faire une fraction et payer en plusieurs fois, même payer 10 euros par mois jusqu'à ce que j'ai ma somme. Ma somme qui est à 3 chiffres et qui est plus vers les 1000 euros que les 200 euros, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, moi, je suis patiente, je suis gentille. Mais à un moment donné, là, je commence à élever le ton. Parce qu'il ne faut pas se foutre de moi non plus. Le centre commercial fait de la pub sur notre décoration. Donc, elle fait de la pub sur nos supports et tout. Pour la Coupe du Monde, etc. Elle fait de la pub. Alors, je me dis, ça ne leur a plus. Qu'est-ce qu'ils me font ? Donc, ils font ça. Et puis, ils envoient un message. en disant est-ce que vous pouvez venir démonter parce que bon bah non ça nous allait pas blablabla mais en attendant tu as fait une opération commerciale sur la déco mais ça ne vous plaisait pas bizarre, chelou, j'ai dit écoute pas de problème, moi le soir même tu me donnes une heure la date les trucs je récupère mon matériel, j'y vais, je récupère mon matériel, je ronchonne même pas, je calcule même pas rien à foutre j'ai récupéré mon matériel, je m'en fous parce que c'est que de l'investissement pour moi, c'est pas grave En attendant, elle n'a toujours pas payé le trajet, le déplacement. Bref, elle n'a pas payé son solde. J'attends, parce que c'est avec elle que je dois avoir ça. Et là, je lui rends service. Et en fait, c'est moi qui suis en train de prendre des risques. Parce que c'est moi qui étais prendre des risques dans le centre commercial avec mon autre consoeur. À monter des trucs et tout, on était toutes les deux. Elle, elle était installée chez elle, tranquille. Elle n'est pas dans notre secteur. Donc, elle sous-traite. Elle nous a sous-traités. Donc, dans tout ça, là, elle, elle est tranquille. Moi, c'est comme ça que je le vois. Et dans tout ça, tu n'as pas payé. Et tu as payé les autres filles qui sont venues t'aider. Je suis toujours en attente de mes thunes, ma consoeur aussi. Et en plus de ça, elle a bloqué tout le monde, tes réseaux sociaux, elle m'a bloqué mon adresse mail, etc. Du coup... obligée de faire une mise en demeure, de faire une relance automatique. Moi, je suis patiente, donc il n'y a pas de problème. Parce que là, elle joue le temps. Et moi, du temps, j'en ai. Et ce n'est pas un problème. Ça, c'est vraiment... Franchement, je suis super patiente. Donc, il n'y a pas de problème là-dessus. Mais ce qui m'a dérangée, ce n'est pas uniquement l'argent. C'est aussi le fait que j'avais accepté cette prestation. dans une démarche d'entraide. Je pensais aider une consoeur, en fait. Je ne pensais pas devoir courir derrière ton paiement. Tu vois ce que je veux dire ? Parce que quand on est indépendante, chaque facture à payer peut avoir des conséquences. Fournisseurs, commandes, réservations, trésorerie, charges, temps passé à relancer, énergie mentale. Quand tu es indépendante, ton argent n'est pas virtuel. C'est littéralement ce qui permet à ton entreprise de continuer à tourner. Et c'est ici que j'en ai tiré une leçon. Aujourd'hui, la seule chose que je ferai différemment avec Consoeur, maintenant... parce que je le fais déjà avec mes clients, c'est toujours le devis signé, la compte, les conditions de règlement claires, aucune dépense importante simplement, pas de « on verra plus tard » , pas de prestations importantes basées uniquement sur la confiance. Et surtout, ce n'est pas parce que je connais quelqu'un que je dois fonctionner sans cadre. Et c'est vraiment ça le cœur de cet épisode. Gardez un cadre. Arrêtez d'être gentil. Vous pouvez être gentil, mais il ne faut pas abuser non plus. Parce qu'il y a des gens qui ne sont pas comme vous, qui vont profiter de votre gentillesse et qui, eux, n'ont pas ce côté professionnel. Moi, je pense qu'on peut rester quelqu'un de gentil, d'humain et d'arrangeant, tout en ayant des limites très claires. Parce que dire non, je ne peux pas avancer ces frais, ce n'est pas être méchante. Dire le paiement doit être effectué dans cette date, ce n'est pas être froide. Dire sans règlement, je ne peux pas engager la prestation, ce n'est pas manquer de confiance. C'est gérer son entreprise. Donc désormais, ça m'a appris une leçon. Comme je vous dis, tout est bon à apprendre. Maintenant, avec les consoeurs, qu'elles soient gentilles, mes copines, etc., un cadre clair. Comme avec mes clients particuliers. En tout cas, la morale de l'histoire. Si je devais retenir une chose de cette histoire, c'est que l'entraide, oui, la confiance, oui, mais toujours avec un cadre. Parce qu'aider quelqu'un, ne doit pas signifier se mettre soi-même en difficulté. Et voilà pour cette histoire. Alors je ne vous raconte pas ça pour dire qu'il ne faut plus aider personne. Au contraire, moi je suis trop la fille qui va aider tout le monde parce que j'aime ça, j'aime l'humain, et ça, je ne changerai pour rien au monde. Au contraire, je continuerai à aider, à collaborer, à recommander et à travailler avec d'autres professionnels. Mais aujourd'hui, je sais simplement qu'il y a une différence entre faire confiance à quelqu'un et ne pas protéger son entreprise. Et finalement, je crois que c'est ça aussi devenir entrepreneur. C'est apprendre de ses expériences, même quand elles nous coûtent un peu cher. Alors si vous êtes entrepreneur et que vous avez déjà vécu ce fameux moment où vous vous dites « j'ai voulu rendre service et finalement, c'est moi qui me suis retrouvée dans la galère » , sachez que vous n'êtes probablement pas la seule, ni le seul. Merci d'avoir passé ce moment avec moi. On va en parler et on se retrouve très vite pour un nouvel épisode. Et si toi aussi tu as des anecdotes, des moments improbables que tu veux me raconter, n'hésite pas à venir me les raconter en message privé. Bien sûr, cela peut rester anonyme. Et si vous recherchez une décoratrice ou une wedding cleaner, n'hésitez pas à me contacter sur tous les réseaux sociaux. Elle est l'événementielle créatrice d'ambiance. Et je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode de On va en parler. Bisous bisous !