Speaker #0Bonjour et bienvenue dans On va en parler, le podcast qui vous emmène dans les coulisses de l'événementiel avec des belles réussites, les demandes improbables et les petites galères. Et parfois des phrases qui nous font nous arrêter deux secondes et nous dire « mais on fait comment maintenant ? » Moi, c'est Laurence, je suis décoratrice événementielle et wedding planner. Ici, je vous parle de mon quotidien, de mon expérience, des coulisses de mon métier mais aussi de... tout ce qui est fait, la réalité de l'entrepreneuriat. Alors, installez-vous, tranquille, petit thé, petit café, matin ou soir, posez et c'est parti. Aujourd'hui, on va parler d'un petit mot de trois lettres, mais qui peut être étonnamment difficile à prononcer quand on est entrepreneur. Le nom, N-O-N. Parce qu'au début... On a souvent tendance à vouloir dire oui à tout. Oui au client, oui au projet, oui à la modification, oui à la demande de dernière minute. Et puis un jour, on se rend compte qu'on ne peut pas dire oui à tout le monde et surtout qu'on ne doit pas forcément le faire. Moi au début, j'avais tendance à accepter beaucoup trop de choses. Les demandes de dernière minute, les modifications de devis à plus en finir. Peur de perdre un client, peur de ne pas être assez arrangeante, et peur qu'elle parte chez quelqu'un d'autre en fait, qu'elle aille à la concurrence comme on dit. Le fameux oui aussi, le oui trop facile. Oui, je peux vous faire ça, oui, je peux modifier, oui, je peux passer, oui, je peux regarder. Et derrière chaque petit oui, il y a parfois 30 minutes, 1 heure, 3 heures, une recherche, un déplacement, du matériel. Non, c'est trop. Mais parfois, le problème, ce n'est pas le client. C'est toi qui as accepté quelque chose que tu n'aurais finalement pas dû accepter, tout simplement. Maintenant, stop. Dire non au travail gratuit, tout simplement. Moi, effectivement, je peux vous donner une idée générale, mais si vous voulez que je commence à chercher les éléments, les fournisseurs, les dimensions, les tarifs, à créer quelque chose de personnalisé, là, on n'est plus simplement dans une demande de renseignement. Comme j'ai parlé dans d'autres podcasts, les épisodes d'avant, renseigner un prospect et commencer à travailler pour un client, c'est différent. Un prospect, il vient, il demande un tarif, ou il demande combien pour une prestation, ou est-il possible d'eux, on le renseigne au maximum. On lui ouvre les portes pour qu'il demande un devis. Bien sûr, on n'est pas fermé, mais il faut savoir dire non quand le travail demandé est mis au-delà. de juste un renseignement, c'est tout. Après, on commence à travailler quand le client voit plus en détail ce dont il a besoin et qu'il vous demande un devis et qu'il est signé, là nous pouvons commencer à travailler, à modifier, à voir pour les tarifs, à changer, prendre des mesures, se déplacer, etc. Moi aujourd'hui, je me pose une question. Est-ce que j'accepterais encore aujourd'hui une prestation que j'acceptais au début ? Eh bien non, certaines prestations peuvent être trop chronophages, pas assez rentables, trop compliquées logistiquement, simplement plus adaptées à ce que tu veux développer. Et là, dire non à une prestation, ce n'est pas forcément perdre de l'argent. Parfois, c'est libérer de la place pour une prestation qui correspond réellement à son entreprise. Dire non aux urgences aussi, parce que le fameux « bonjour, c'est pour samedi, pouvez-vous me faire ça ? » et nous sommes jeudi. J'ai envie de te dire, je ne suis pas la fée Carabosse. Une cliente qui me prévient une semaine avant pour une déco le Roi Lion, la totale, alors qu'il faut commander les affiches auprès de ma graphiste, etc. Tout ça, en fait, ça prend du temps. Donc en une semaine, moi, je peux te faire une arche de ballon, peindre quelques backdrops, mais tu n'auras pas du tout l'effet escompté. Donc dans tout ça, tu peux être disponible, mais tu as aussi le droit de dire non, je ne pourrais pas réaliser cette prestation dans ce délai. Et c'est ok. Et tu peux aussi dire non quand le cadre n'est pas respecté. C'est surtout pour les professionnels, là moi je parle, mais bon, les accomptes, papayas, temps, devis, non signés, les délais, les modifications, les horaires, la communication. Et mettre un cadre à ça. peut permettre d'avoir une relation plus saine avec les clients. Voilà, mon entreprise, ce n'est pas un buffet à volonté non plus, il ne faut pas abuser. Et le moment où moi j'ai compris que non, ce n'était pas un gros mot, c'est le jour où j'ai commencé à me dire en fait, mon entreprise c'est moi, c'est mon respect à moi, donc c'est ce que moi je ressens et je ne veux pas faire les choses en partant d'un mauvais ressenti, d'une mauvaise base, de mauvaise énergie, excusez-moi. Parce que, en fait, ce n'est pas moi. Et travailler dans des énergies basses ne reflète pas du tout, ma personnalité ni mon professionnalisme à l'intérieur de mon entreprise. Avant, j'aurais essayé de trouver des solutions, je me serais pliée en quatre pour la cliente, etc. Prendre du temps. Mais là, maintenant, aujourd'hui, non. Quand ce n'est pas possible, ce n'est pas possible et surtout pas dans ces conditions. Et surtout, ça ne change pas ce que je suis. Mais ce qui change pour moi, c'est quand même moins de stress, moins de temps perdu, plus de clarté, plus de respect de mon travail et des clients qui savent à quoi s'attendre. Mais attention, pas d'amalgame. Non ne veut pas dire je suis fermée. Le non, c'est plutôt, je ne dis pas non pour dire non, mais je dis non quand quelque chose ne correspond pas à mes limites, à mon fonctionnement ou à mon entreprise. Et parfois, justement, en échangeant, tu peux proposer une formule, une autre alternative, et dire « je ne peux pas vous proposer cette formule, mais je peux vous proposer celle-ci » . Et ça montre qu'une limite ne signifie pas arrêter d'être commerçante ou professionnelle. Donc je pense qu'en tout cas, en tant qu'entrepreneur, d'entrepreneuse, On apprend énormément de choses avec le temps. On apprend à fixer ses tarifs, à gérer ses clients, à gérer son argent, à organiser son travail. Mais on apprend aussi à se connaître et à apprendre à dire non. Ça fait partie de cette évolution. Et ça fonctionne pareillement pour le côté perso, pas que dans l'entreprise. Parce qu'au final, chaque fois qu'on dit non à quelque chose qui ne nous correspond pas, on fait aussi de la place pour ce qui nous correspond vraiment. Et c'est tout pour cet épisode.