- Speaker #0
Bienvenue dans On Cause, le podcast qui écoute les galères et les rebonds face au cancer. Dans cet épisode, découvrez les témoignages sincères et les parcours de vie de jeunes adultes touchés par la maladie, accompagnés d'un intervenant professionnel. Le tout sans tabou. Ce podcast vous est proposé par le comité du barin de la Ligue contre le cancer. Retrouvez en description tous les liens utiles sur les dispositifs et accompagnements abordés dans l'épisode. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce premier épisode de On Cause. Je suis Amélie, l'animatrice du podcast. On Cause est un rendez-vous tous les premiers mardis du mois où on discute autour d'un sujet précis avec des jeunes adultes touchés par un cancer et un intervenant professionnel. Parce qu'être jeune adulte, c'est déjà beaucoup de chamboulements et pour certains, il y a le cancer qui s'ajoute et ils sont souvent isolés ou perdus face à la situation. Par exemple, dans les services d'oncologie adultes, il y a des écardages qui sont très importants et les plus jeunes ne s'y retrouvent pas forcément. C'est pourquoi le comité du Barin de la Ligue contre le cancer a décidé de créer ce podcast. Dans ce premier épisode, on va vous parler du podcast, du but qu'il a. On va également vous parler de ce qui vous attend par la suite, mais on va surtout vous présenter les jeunes adultes que vous retrouverez dans les prochains épisodes. Ils sont là autour de moi. Je vous propose de faire un tour de table pour vous présenter. Prénom, âge, quelque chose d'assez classique. On commence par ma gauche.
- Speaker #2
Salut, moi c'est Bilal, j'ai 25 ans.
- Speaker #1
Bonjour Amélie, moi c'est Gina, j'ai 34 ans.
- Speaker #3
Bonjour, moi c'est Yuri, j'ai 25 ans.
- Speaker #1
Bonjour, moi c'est Ginny, j'ai 30 ans. Bonjour à tous les quatre, bienvenue, merci de participer au projet. Et donc avant, je parlais de la question de l'écart de l'âge dans les services d'oncologie adultes. Je pose la question à toi, Ginny. Est-ce que c'est quelque chose que tu as ressenti ?
- Speaker #4
Alors oui, très nettement. Alors, il y a deux volets différents, je dirais. Je ne l'ai pas tant ressenti au niveau des soignants ou de l'équipe médicale. Alors, soit parce que de par leur posture professionnelle, ils sont amenés à avoir un peu de recul, ou alors parce qu'ils consultaient ma date de naissance en amont, donc finalement, ils le voyaient. Pendant mes traitements, j'étais régulièrement hospitalisée une semaine complète. Donc, je voyais les autres personnes qui étaient à l'hôpital. Et là, il y a un côté... Alors, même si c'est juste pour personne d'avoir cette maladie, je le souhaite à personne, mais il y a un côté de se dire, mais j'ai rien à faire là. Il y a un côté, mais ma vie, elle est dehors. Il faut que je vive ma vie. Voilà, il y a ce côté-là. Et puis après, c'était régulièrement aussi quand il y a la famille qui venait voir les... Les autres personnes à l'hôpital, on voyait dans le regard une forme d'incompréhension, alors de la pitié ou alors du soutien. Mais voilà, on voit que c'est particulier et ça, on le ressent quand on regarde le regard des gens.
- Speaker #1
Gina, est-ce que tu te retrouves dans ce que dit Ginny ?
- Speaker #5
Oui, tout à fait. En fait, moi, j'ai eu l'impression qu'on nous met dans une case. En fait, on est jeunes et puis on ne pense pas forcément qu'on peut avoir un cancer. Et du coup, certains médecins peuvent passer à côté ou n'osent pas ou ne veulent pas qu'on fasse d'autres examens plus poussés. Du coup, c'est vrai que ça a été souvent le cas qu'en tant que jeune patiente, qu'on ne soit pas forcément écoutée, entendue et qu'on nous croit sur ce que l'on a, sur nos douleurs, nos symptômes. Et pareil, comme toi Ginny, à l'hôpital, c'est vrai que lorsque j'étais en chimiothérapie, je me retrouvais souvent dans des chambres avec des personnes qui n'avaient pas mon âge ou lors des pepscan. Voilà, c'est vrai.
- Speaker #1
Et il y a aussi un sentiment de solitude qui peut se créer. Bilal, est-ce que toi, c'est quelque chose que tu as ressenti ?
- Speaker #2
Oui, totalement. Quand j'allais à l'hôpital, du coup, j'avais 17 ans et toutes les personnes que je pouvais croiser, c'était des adultes et des gens vraiment plus âgés que moi. Donc oui, totalement.
- Speaker #1
C'est pour ça que le comité du Barin a décidé de créer ce podcast pour montrer aux jeunes qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils ne sont pas non plus anormaux. On cause, c'est vraiment un espace d'échange libre, sans tabou. On va parler de vos appréhensions, échanger librement. C'est d'ailleurs la signification du nom, si vous ne l'aviez pas encore compris. Donc on cause, on co, qui est le diminutif de oncologie. Ose pour oser, oser parler, oser mettre des mots sur la maladie. Et relier ensemble, voilà le jeu de mots. On cause, on parle. Est-ce que vous, déjà autour de la table, vous l'avez ? Je pense qu'à la maison aussi, c'est bon, vous avez compris. Et donc, je propose qu'on parle un peu plus de vous. Est-ce que vous pouvez nous dire quel type de cancer vous avez eu, à quel âge, les traitements que vous avez suivis et nous parler rapidement de votre parcours ? On va faire dans l'autre sens du coup, Ginny.
- Speaker #4
Alors moi, ça date un petit peu, c'était en 2016, donc à ce moment-là j'avais 22 ans. J'étais dans une situation... J'étais dans ma période d'études officiellement, mais j'ai décidé de faire une petite pause parce que, comme beaucoup de jeunes, je ne savais pas si j'avais choisi la bonne voie, si c'était le bon truc. Et là sont apparus les premiers symptômes. Donc ça a été des symptômes, j'aime bien préciser, qui étaient assez simples. Donc ça va de la petite douleur à la tête, des saignements de nez, une petite fièvre partie par là, un ganglion qui fait un petit peu mal. Donc à chaque fois je consultais, parce que ce qui me faisait consulter c'était vraiment la durée, c'est que sur le long terme ça s'installait. Et il y a eu une grosse séance médicale pendant à peu près 6-7 mois, où à chaque fois j'étais renvoyée à la maison, on me disait bon bah c'est rien. Jusqu'à ce que j'insiste un petit peu et que je vois un autre médecin, et là le diagnostic tombe, donc j'ai eu un cancer du cavum nasal, qui est un cancer relativement rare, qui se situe à l'arrière du nez, donc c'est un cancer du nasopharynx. et qui était positif au virus d'Epstein-Barr. Mon cancer est lié à un virus.
- Speaker #1
D'accord. Et donc là, tu as commencé des traitements ?
- Speaker #4
C'est ça. Dans la foulée, on est au mois de juillet 2016, et dans la foulée, j'ai commencé les traitements intensifs pendant six mois et demi.
- Speaker #1
Et quels traitements tu as suivis ?
- Speaker #4
Alors moi, j'ai fait une première chimiothérapie néoadjuvante. L'idée était de diminuer la taille de la tumeur initiale, puisqu'elle faisait 7 cm, donc c'était un peu de la cadrée. Et ensuite, j'ai fait chigno-radiothérapie.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #4
Donc, j'ai fait 35 séances.
- Speaker #1
Ok. Yuri, je me tourne vers toi.
- Speaker #3
Alors moi, j'ai eu un cancer pédiatrique. Donc, je suis tombé malade à l'âge de 14 ans. Donc, ça commence à faire un petit moment maintenant. J'étais en section sportive à ce moment-là, au collège. Et donc, j'ai des douleurs qui sont arrivées au moment du sport. J'ai consulté et, diagnostic, j'ai eu un ostéosarcome, donc une tumeur osseuse, au niveau du tibia gauche. Donc, quand on est enfant, c'est encore un peu différent, mais du coup, l'école s'arrête. Et moi, j'étais hospitalisé pendant un peu plus d'un an, avec cinq mois de chimiothérapie. Deux mois de pause pour une chirurgie et puis de nouveau cinq mois de chimiothérapie. Donc en tout, j'ai eu une quarantaine de chimiothérapie. Et voilà.
- Speaker #1
Tu disais que tu as eu ce cancer à l'âge de 14 ans. Mais est-ce qu'il a tout de même impacté ta vie d'adulte par la suite ?
- Speaker #3
Il a grandement impacté ma vie d'adulte parce que maintenant j'ai... J'ai eu des séquelles, on va dire, de cette pathologie qui ont influé sur mon projet professionnel, les effets secondaires que je peux avoir, ma relation avec les autres et mes capacités motrices, tout simplement. Donc mon style de vie a un peu changé, a été influé par ça, c'est sûr.
- Speaker #1
On en parlera plus amplement.
- Speaker #3
Dans les prochaines éleveurs,
- Speaker #1
on en parlera plus amplement. Gina ?
- Speaker #5
J'ai eu un cancer du côlon avec une métastase au foie qui a été diagnostiquée le 23 décembre 2023. Avant, il y a eu une grande errance médicale où on m'a mis dans une case parce que je suis une jeune patiente. J'avais 33 ans et du coup, j'avais des symptômes, mal aux ventes, crise abdominale, j'ai une fois des pertes. de sang dans mes selles et du coup j'ai été diagnostiqué, pardon j'ai été consulté à un gastro-entérologue qui m'a fait une rectoscopie et il m'a dit que tout était parfait, qu'il m'a seulement donné des antispasmoïques et en fait les douleurs ont continué donc du coup je suis allée voir une autre médecin voilà donc je lui ai rappelé et dit quels étaient mes symptômes pareil elle n'a pas voulu faire d'examen plus poussé jusqu'à ce qu'il y ait mon premier médecin traitant qui lui m'envoie faire une échographie. Et à ce moment-là, on a vu qu'il y avait quand même une volumineuse métastase au niveau du foie. Suite à ça, j'ai fait une ponction du foie et cette ponction a révélé que ça venait des intestins. Du coup, il a fallu faire une coloscopie en urgence. J'ai commencé d'urgence la chimiothérapie. J'ai fait 13 cycles de chimiothérapie et j'ai également eu une opération. J'ai fait 9 chimiothérapies, puis l'opération, puis de nouveau 4 chimiothérapies.
- Speaker #1
Un parcours assez intense tout de même. Rapidement, comment est-ce que tu l'as vécu ?
- Speaker #5
Pour moi, le diagnostic qui a été posé le 23 décembre 2023, ça a été pour moi... Un grand soulagement. En fait, je me suis dit, voilà, maintenant, ça y est, les mots sont posés, on peut aller de l'avant, on peut se battre, mais la vie ne s'arrête pas là, en fait. Pour moi, la vie, il fallait qu'elle continue à être vécue et voilà.
- Speaker #1
Bilal, à toi.
- Speaker #2
Du coup, moi, j'ai eu une aplasie médulaire en 2017 ou 2016, je ne sais plus, en tout cas, j'avais 17 ans. À la base, ça a commencé avec une hépatite. On n'a pas trop su savoir d'où est-ce qu'elle venait. Donc au bout d'un mois, quand j'étais guéri de cette hépatite, on a remarqué que j'étais encore fatigué, que j'avais des problèmes. Du coup, j'avais vu avec mon médecin traitant à l'époque qu'est-ce qu'on pouvait faire, s'il y avait des tests à faire ou quoi. Au final, il ne m'a pas vraiment orienté, il ne m'a pas du tout aidé. Du coup, c'est grâce à ma mère qu'il y a... Une amie qui travaillait au NHC lui a demandé ce qu'on pouvait faire. Grâce à elle, on a fait une prise de sang. Ils ont remarqué qu'il fallait faire des tests approfondis au niveau de la moelle parce que les cellules de la moelle ne produisaient pas en bonne quantité. Les cellules de la moelle, les plaquettes, les globules blancs et les globules rouges. Ce sont les symptômes de la plasie médulaire. Donc pour les traitements de la piscine médulaire, ça a mis un peu de temps avant qu'on les commence, parce qu'avec ma mère on n'était pas sûr, en fait on n'était pas vraiment prêt à se lancer là-dedans, on ne savait pas trop ce qu'il fallait faire, s'il fallait un peu attendre, si avec le temps ça allait mieux. Mais du coup on a mis je crois un an avant de se lancer, de commencer le premier traitement. Le premier traitement, du coup, c'est un... C'est un sérum anti-lymphocytaire de cheval. C'est assez spécifique pour la plasie médulaire. Ce n'est pas très long. J'ai un peu de chimio. C'est une espèce de chimio pour avoir ce sérum-là. Après, je sors de l'hôpital et j'ai des immunosuppresseurs que je dois prendre sur plusieurs années. Du coup, j'ai fait ça. Ça s'est bien passé. Pour moi, ça allait bien. Ça allait de mieux en mieux même. Ça, c'était en 2019. Vu que ça allait de mieux en mieux, j'ai commencé à ressortir, etc. Et un peu plus tard, on arrive en 2021, je retrouve un travail, je commence à retravailler, j'étais assez heureux dans ma vie. Et là, on découvre qu'il y a un problème avec la maladie, avec la plasie médulaire, qui commence à évoluer. En fait, je vois ça avec mon médecin en immunologie. Il me dit de faire des tests complémentaires parce qu'il a vu que la prise de sang était un peu bizarre. Et avec ces tests, ils ont remarqué qu'il y avait des cellules anormales et que du coup ma moelle produisait des cellules anormales. Ce problème-là, il est assez grave parce que si on ne fait rien très vite, il peut y avoir une autre maladie qui évolue. Qui évolue en autre maladie et ça aurait été une leucémie myéloïde aiguë. Donc on a agi très vite, au bout d'un mois, j'étais déjà à l'hôpital en chambre stérile, et du coup le traitement c'est une grève de maloisseuse. J'y suis resté pas mal de temps, j'ai eu un peu de chimio juste avant de recevoir... La greffe. Ah oui, j'ai pas dit la greffe, c'est... Faut un donneur compatible, et là, c'était ma sœur, du coup, qui était compatible qu'à moitié. J'étais obligé de faire ça, vu qu'il n'y avait que ça, donc à plus ou identique, ça s'appelle comme ça, à moitié, identique à moitié. Donc, avec ça, il y a eu pas mal de complications, et puis j'en suis aujourd'hui, donc en 2025, avec toujours des petites complications par-ci, par-là, à cause de la greffe. des complications qu'il y a eu, des médicaments que j'ai pris. Et voilà, pour le moment, j'essaye de rester debout et de continuer à vivre tant que je peux.
- Speaker #1
En tout cas, à tous les cas, vous avez des parcours très différents, que ce soit dans le type de la maladie, même les traitements, la durée des traitements, etc. Je suis très contente de vous avoir autour de moi pour qu'on puisse en dire plus sur votre parcours, sur vos chamboulements et également donner des conseils. à ceux qui nous écoutent, les sensibiliser. Et justement, quand on vous a parlé une première fois de ce projet et qu'on vous a proposé de participer, qu'est-ce que vous vous êtes dit et pourquoi vous avez finalement décidé de vous lancer dans l'aventure ? Yuri, je me tourne vers toi en premier.
- Speaker #3
Moi, la première fois, j'ai trouvé... Quand l'idée était en construction, je me suis dit, il y a quelque chose à faire. Je me suis dit, ça peut être très intéressant, surtout que moi, j'ai toujours été. Depuis que je suis sorti de la maladie, que je ne suis plus en traitement, que j'ai fini ma rééducation, etc., j'ai toujours été dans l'optique de pouvoir aider comme je peux les patients actuels, les anciens patients. Et donc pour moi, c'était un moyen de le faire et j'espère que... les prochaines vidéos qu'on tournera se passeront bien.
- Speaker #1
Il n'y a pas de raison que ça se passe mal, de toute façon. Et Ginny, Gina et Biel, est-ce que vous aviez les mêmes raisons ou des raisons différentes ?
- Speaker #4
Alors moi, déjà, le contexte, je ne sais pas, Yori, si tu as assisté à la naissance du projet. Moi, ce n'est pas le cas. Moi, on m'a partagé le projet, il était déjà... Il allait avoir lieu. Je n'ai pas participé à la création, mais bel et bien, quand il avait déjà lieu, la psychologue de la Ligue est venue vers moi parce qu'elle m'avait encore dans son portefeuille, sans doute, de contact. Alors au début, je ne me suis pas sentie concernée parce que moi, je me suis dit jeune. Je me dis OK, j'ai eu à 22 ans, mais bon, ce n'est pas si jeune. Et aussi aujourd'hui, j'ai 30 ans, donc je ne me suis pas sentie la première concernée. donc je me suis dit Mon parcours ne va pas être intéressant, ça ne correspond pas exactement à ce qui est demandé. Après, j'ai été transparente, j'ai fait part de mes craintes. Elle m'a dit si, parce que finalement, ce qui fait la force, c'est qu'on est justement tous des parcours différents et qu'on est tous des choses différentes et avec du recul aussi plus ou moins important sur la maladie. Pour moi, après, c'était évident que je participe. Si c'était OK pour elle, pour moi, c'était évident parce qu'il y avait un double côté. Il y avait un côté thérapeutique. Pour moi, j'ai déjà pensé, comme j'ai un recul sur 8 ans de la maladie, j'ai déjà pensé plusieurs fois à écrire un livre, à faire des mémoires, mais je n'étais pas prête. Parce que ça veut aussi dire qu'il faut se replonger dans sa maladie pendant des semaines, des semaines, ça je n'étais pas prête. C'était beaucoup trop tôt pour moi. Et là, je trouvais que c'était le bon moment. J'ai suffisamment de sensibilité encore à tout ça, mais en même temps... Je sais que je peux garder aussi une certaine distance. Donc il y a un côté pour moi, mais il y a aussi, je ne sais pas, une sorte d'évidence que oui, si mon parcours peut servir à quelqu'un, même une personne sur Terre, c'est important.
- Speaker #1
On est très content de vous avoir encore une fois. Je me répète, mais oui, c'est important de le dire. Pour toi, Bilal ?
- Speaker #2
C'est un peu pareil, je me vois un peu là-dedans. Et il y a aussi le fait que ça fait longtemps que j'avais envie d'enregistrer un podcast ou des vidéos ou quoi. C'est vraiment quelque chose que j'aime beaucoup. Je me suis dit que c'était l'occasion sur un sujet qui me parle, vu que ça fait partie de ma vie. Je peux en parler, je suis légitime à en parler. Je me suis dit que ça peut le faire. Allez, c'est parti, et ça me va.
- Speaker #1
Le projet est bien lancé maintenant. Comme je le disais au début, vous serez toujours un ou deux dans chaque épisode, mais il y aura aussi un intervenant professionnel. Est-ce que vous trouvez, vous, que c'est pertinent qu'on donne aussi la parole à un intervenant ? Parce que je me dis, il y en a certains qui peuvent se penser qu'on aurait pu faire un podcast 100% entre jeunes. Donc voilà, c'est pour ça que je vous demande votre avis. Gina, par exemple ?
- Speaker #5
Oui, tout à fait. Je trouve ça super intéressant d'avoir un intervenant ou une intervenante qui soit présente avec nous. Parce que c'est vrai que chacun d'entre nous a un vécu qui est complètement différent. Donc c'est vrai d'avoir un point de vue neutre, en fait, d'une personne extérieure. Je trouve ça super. et que du coup... Les personnes qui nous écoutent ici peuvent se retrouver dans les différentes personnes, que ce soit du point de vue médical, ce que la psychologue peut apporter, ou sinon de nous en tant qu'intervenants, nos parcours de vie différents. Je trouve ça super intéressant.
- Speaker #3
Pour moi, c'est très important d'avoir, lors de nos discussions, la vie d'un spécialiste. Et ça permet aussi, le fait qu'il soit là, d'avoir le point de vue de quelqu'un qui n'a pas vécu la maladie.
- Speaker #4
Objectif.
- Speaker #3
C'est ça. Il aura une autre manière de voir la question que nous. Et donc ça ne peut qu'enrichir le débat, je pense. Pour moi, ce n'est pas du tout un mauvais point.
- Speaker #4
Tant mieux alors. On a fait le bon choix. Ça permet peut-être aussi de désacraliser la chose, c'est-à-dire pour les personnes qui ont peut-être peur. D'en parler à des professionnels, quels qu'ils soient, psychiatres, médecins, psychologues, diététiciens, ça permet peut-être de déjà avoir une première approche de comment eux prennent les choses et donc peut-être d'ouvrir la voie et de se dire, ah bah tiens, finalement ils sont ouverts au sujet, à la discussion et ça montre aussi que c'est quelque chose que... Il y a des professionnels qui se spécialisent là-dedans. Et donc, ça peut être intéressant aussi.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Surtout que l'intervenant, ce que je veux dire, c'est que souvent, à ce moment-là, vous êtes dans une période de flou. Il y a des dispositifs, des accompagnements qui existent. Mais encore, il faut les connaître, trouver la personne qui peut vous informer. J'imagine que même vous, après la maladie, vous aviez encore des questionnements sur soit des effets secondaires ou des choses que vous avez traversées où vous vous dites, mais pourquoi ça s'est passé comme ça ? Et c'est vrai que l'intervenant est là aussi pour expliquer certaines choses, même si chaque vécu est personnel, donc il va donner des réponses assez globales pour pouvoir parler à tout le monde, mais il va pouvoir aussi éclairer chacun sur les dispositifs qui existent. C'est aussi ça le but du podcast, montrer les accompagnements et montrer qu'en fait, vous n'êtes pas personne et seul et qu'il y a toujours moyen de solliciter quelqu'un pour être accompagné. Pour conclure un peu ce podcast, j'ai une dernière question à vous poser. Question un peu plus profonde, c'est si, là aujourd'hui, vous proposez de rencontrer votre vous, qui découvre son diagnostic, qui commence ses traitements, qu'est-ce que vous aimeriez lui dire ? Est-ce que quelqu'un veut commencer ? Parce que je sais que ce n'est pas une question facile.
- Speaker #3
Moi, je peux commencer. Du coup... C'est effectivement une question très compliquée, mais je pense que je lui dirais, tout d'abord je lui dirais Ausha, t'es bien entouré, ne t'attarde pas trop sur la vie des autres et le regard que peuvent porter les autres sur toi. T'inquiète pas, dans dix ans, tu tourneras un podcast.
- Speaker #6
Tu deviens un live star.
- Speaker #1
Merci Yurip. Est-ce que tu y aurais cru à cette époque-là ?
- Speaker #3
Franchement, à cette époque-là, je voulais juste survivre un peu. Et
- Speaker #1
Gina, est-ce que tu peux te lancer ?
- Speaker #5
Oui. L'ancienne moi, je lui dirais que toujours d'écouter son corps. De vivre au jour le jour, peut-être parfois quand on est malade, on n'arrive pas à se projeter dans un mois, dans dix mois, qu'est-ce qu'on va faire, mais voilà, peut-être regarder la vie, ou de rêver encore, de ne pas cesser de rêver, de se dire voilà, qu'est-ce qui va se passer, de croire en nous. et de toujours garder confiance en soi et de se dire que ça va aller. Pour moi, cette annonce de ce cancer a révélé en moi une envie de vivre à 200% et ça, je ne l'oublierai jamais. C'est quelque chose que je vais garder le plus longtemps possible. Je n'ai pas envie que cette joie de vivre s'arrête.
- Speaker #1
J'ai envie que ça continue. Merci Nijina. Bilal ?
- Speaker #2
Moi, je me dirais que, je dirais précisément, ne te morfons pas, tu verras, la vie est belle et tu vas profiter. Donc, quand tu auras l'occasion, juste profite un max. Et ne regarde pas en arrière, essaye de regarder devant même si tu as du mal. Et juste profite quoi.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Ginny, c'est à toi.
- Speaker #4
Oui, beaucoup d'émotion déjà. Moi je lui dirais qu'elle n'est pas seule. Je pense que c'est quelque chose comme ça que j'avais besoin d'entendre à ce moment-là. Parce que c'est vrai, les proches sont perdus aussi. On les emmène avec, la maladie. Et je lui dirais de penser à l'après parce que oui, il existe. Et que moi aussi, dans ce moment-là, l'après, je n'y croyais pas beaucoup. Et je lui répéterais qu'elle est plus forte qu'elle le croit, qu'elle va s'en sortir. Et que je lui rappellerais qu'elle est aimée et que non, ce n'est pas de sa faute qu'il lui arrive. Moi, c'est vrai que c'était une culpabilité que je portais. Je me suis dit, mince, qu'est-ce que j'ai fait de différent ? Pourquoi moi ? Quelque chose n'arrivait pas alors qu'on n'a pas la réponse. Et je lui chuchoterai qu'à travers cette épreuve, elle va découvrir en elle une force de vie qu'elle ne soupçonnait pas et qu'elle mérite d'être entourée, écoutée et aimée.
- Speaker #1
C'est très beau. Et je pense qu'on peut terminer ce premier épisode sur ces très belles paroles parce que le cancer, oui, c'est des galères mais c'est aussi des rebonds. Il n'y a pas que du négatif. Il y a plein de choses qui peuvent être apportées et on va en parler justement dans les prochains épisodes. Nous, on se retrouve dans un mois pour aborder la première thématique. N'hésitez pas à nous dire en commentaire, d'ailleurs, quel sujet vous souhaitez que l'on aborde. Merci à tous les quatre encore de participer à ce projet.
- Speaker #4
Merci de nous permettre.
- Speaker #1
Merci à vous de nous écouter et à la prochaine. Au revoir. Au revoir.
- Speaker #0
Merci pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, aidez-nous à le faire connaître en en parlant et en le partageant autour de vous. Retrouvez toutes les actions menées par le comité du barin de la Ligue contre le cancer sur nos réseaux sociaux et sur notre site ligue-cancer.net Toutes nos activités et services sont gratuits. Alors n'hésitez pas à nous contacter. Créée en 1918, la Ligue contre le cancer est la seule association qui se bat sur tous les fronts de la maladie. A bientôt pour un prochain épisode.