Speaker #0Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans votre podcast Entre savoir et être, l'émission qui explore les coulisses de l'accompagnement, de la formation, du coaching et du développement personnel et professionnel. Je suis Lauriane Karadzinov, formatrice, coach et fondatrice de OneChange Coaching et Éducation. Aujourd'hui, on va s'intéresser à un sujet souvent flou, peu développé et pourtant essentiel, la différence entre coach et formateur. Deux métiers en pleine expansion, Deux approches souvent confondues et pourtant, derrière ces deux rôles se cachent des philosophies très différentes de la manière de transmettre et de l'accompagnement. Alors, coach ou formateur, qui fait quoi et pour quel objectif ? Est-ce qu'ils ont chacun leur territoire ou partagent-ils une même mission profonde ? On va plonger ensemble dans ce sujet passionnant. Dans un premier temps, nous allons définir les deux métiers avec deux points fondamentaux. Qu'est-ce qu'un formateur ? Qu'est-ce qu'un coach ? On va commencer par le formateur. Le formateur, c'est avant tout un expert pédagogique, c'est un sachant, il a une compétence ou une connaissance précise, souvent issue d'une expérience de terrain qu'il va transmettre à un groupe ou à un individu. Pas une personne qui connaît plus de sujets que tout le monde, il vient apporter, délivrer son savoir et une compétence à une personne ou un groupe de personnes qui en ont besoin à un instant T. Il construit un programme structuré avec des objectifs clairs, un déroulé pédagogique, des supports, des exercices et parfois même des évaluations. Son but ? Que les apprenants acquiert une nouvelle compétence. Par exemple, apprendre à gérer un projet, utiliser un logiciel, s'exprimer à l'oral, ou comprendre un produit, savoir s'en servir, maîtriser des techniques de vente, apprendre à manager, etc. L'approche est descendante, je sais quelque chose, je le transmets. C'est une logique de transmission verticale où le formateur est en position haute et souvent en contrôle de contenu et du rythme. La réussite d'une formation est attenante À la qualité de son intervenant, évidemment, c'est une règle totalement immuable. Maintenant, nous allons parler du coach. La définition du coach est simple. Au départ, nous parlons du coche. Qu'est-ce qu'un coche ? Eh bien, ça date du XVIe siècle. Vous allez me dire, oui, le coche, ou tout du moins, j'ai déjà entendu. Eh bien oui, un coche, au départ, c'est une grande voiture tirée par des chevaux qui servait au transport des voyageurs. De là découle le nom de son conducteur, le cocher. Un nom qui s'est maintenu pour le conducteur de tous les types de voitures hippomobiles bien après la disparition du coche lui-même. Le coche est donc celui qui guide le véhicule. À notre époque, le nom de la voiture du train en anglais se nomme coach. Donc on parle toujours d'un véhicule qui va nous emmener d'un point A à un point B. Eh bien, c'est bien là le rôle clair d'un coach. Le coach ne transmet pas, il accompagne vers un objectif précis. Il part du principe que la personne qui l'accompagne a déjà en elle les ressources nécessaires à faire émerger, mais qu'elle a besoin d'un espace pour les mobiliser, les découvrir et les utiliser. Un coach ne donne pas de solution, il pose des questions. Et c'est là toute la puissance de son métier, c'est la puissance de son questionnement. Il va donc faire émerger des prises de conscience, il soutient un processus de réflexion profonde. Par exemple, vous êtes cadre. et puis vous doutez de votre légitimité, vous êtes en plein syndrome de l'imposteur en vous disant « Mon Dieu, est-ce que finalement j'ai les compétences d'être dans ce poste que l'on m'a confié ? » Un coach ne va pas vous apprendre à manager, il va vous accompagner pour comprendre ce qui vous freine, identifier vos croyances, qu'elles soient limitantes ou qu'elles soient aidantes, développer votre confiance et établir avec vous un objectif à atteindre en utilisant toutes vos ressources établies au commencement dans le présent et pendant plusieurs semaines. Il travaille souvent sur l'identité, les valeurs, les comportements, comme je vous le disais, les croyances, mais aussi les limites et les besoins en profondeur. Il s'appuie sur des techniques spécifiques comme l'écoute active, la reformulation, les outils de développement personnel, un questionnement stratégique d'éveil et surtout un cadre éthique et très confidentiel. Le coach ne conseille pas, il ne juge surtout pas, et il n'est pas non plus un gourou ni un mentor, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer. Un coach n'est pas un psychologue ni un psychothérapeute qui, lui, va régler des pathologies profondes tournées plutôt vers le passé. Le coach est tourné vers le présent et vers le futur. Par ailleurs, un coach dans sa déontologie ne doit pas accepter de coacher une personne présentant des pathologies psychologiques ou comportementales. Il doit d'abord l'orienter vers un professionnel de santé afin de soigner des problématiques que la personne rencontre dans sa vie, avant de l'accompagner vers un quelconque projet. Ça, c'est un code de déontologie totalement obligatoire. Ensuite, la différence de posture entre enseigner et accompagner. Un formateur va avoir une posture d'expert, c'est-à-dire qu'un formateur est souvent vu comme celui qui détient le savoir. Il intervient dans un cadre défini, une salle de formation, une classe virtuelle si on est à distance, ou dans une entreprise en direct. Son objectif est mesurable, l'apprenant doit repartir avec un bagage de compétences. Il peut s'appuyer sur des supports de cours, des cas techniques, des ateliers pratiques individuels en duo ou en groupe, avec des exercices qui seront préparés en fonction du nombre d'apprenants. des quiz ou des évaluations pour venir ancrer les savoirs et des outils de feedback. Il répond aux questions, corrige les erreurs, surtout va s'assurer que tout le monde avance. C'est quelqu'un qui va représenter, je dirais, un guide plutôt structurant. Un coach, lui, il a plutôt une posture de miroir. C'est-à-dire que le coach, lui, va adopter une posture basse, mais très puissante. Comme je l'ai bien appris au sein de mon école de coaching, le coach n'est pas devant ni derrière son coaché, il est à côté de lui. On va dire qu'il marche à côté de lui. Il ne sait pas à votre place, il va vous aider à trouver vos propres réponses. Il crée un cadre où vous pouvez penser, réfléchir, ressentir. Il utilise des techniques comme les questions ouvertes, le silence, l'analyse des émotions et des comportements, la détection des freins et des blocages, les visualisations ou les métaphores, que nous avons aussi un public en France extrêmement orienté sur le visuel, donc il faut quand même pouvoir fonctionner avec toutes les différentes formes de communication, qu'elles soient visuelles, qu'elles soient auditives ou qu'elles soient kinesthésiques quand vous êtes face à des gens qui sont tout le temps en mouvement. Et des schémas retraçant les différents événements de la vie et projets en cours de vie. Et également, sa posture est plutôt humble mais exigeante. Il ne donne rien, mais il fait tout émerger. Si on pouvait donner une métaphore, je dirais, à ces deux rôles et à ces deux missions, on dirait que le formateur, c'est un architecte qui vous donne les plans et les outils. Le coach, c'est plutôt le miroir qui vous montre votre posture, vos choix, vos incohérences ou vos ressources inexplorées. Et croyez-moi, elles sont nombreuses. Troisième point, la complémentarité des rôles. Quand les deux rôles se rencontrent, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce qu'on est plutôt en opposition ou est-ce qu'on est plutôt complémentaire ? Eh bien, en réalité, les deux rôles se complètent parfaitement. Pourquoi ? Parce que dans un parcours d'apprentissage ou de transformation, il y a besoin à la fois de contenu pour apprendre, mais aussi de conscience pour changer. Un exemple concret, par exemple, que je peux vous donner, vous faites une formation sur la gestion de conflits, ça peut vous apprendre des techniques de communication non violente, mais si vous avez une peur viscérale du conflit, vous n'oserez jamais les appliquer. Là, le coach va intervenir. Ce qui fonctionne le mieux aujourd'hui, c'est le blended learning, c'est-à-dire l'accompagnement mixte. En gros, vous avez un temps de formation pour acquérir des compétences, des connaissances, et un temps de coaching pour intégrer des nouvelles méthodes pour dépasser vos freins. De plus en plus de professionnels vont hybrider leurs postures. Ils vont se former au coaching pour enrichir leur formation ou inversement. Mais attention, cela demande de maîtriser les deux postures. Être coach ne s'improvise pas. Et former ne serait dû pas à parler devant une salle. Chaque rôle a ses codes, ses outils et ses éthiques. Je prends l'exemple de personnes qui détestent vendre, qui rencontrent deux problématiques. La première déjà, ils manquent de connaissances sur leur sujet. Le problème de connaissance, c'est plutôt quelque chose qu'on va travailler en formation, parce que là, c'est une compétence. Et à côté, ils n'ont pas appris non plus à communiquer et à connaître leurs codes comportementaux. Donc là, ce n'est pas forcément un problème de connaissance, ça va être surtout une problématique, je dirais, de posture à aller chercher. Et ils ont peur de parler, par exemple, à leur client, de recevoir une réponse négative sans savoir la gérer ou l'accueillir. Là, c'est une voie comportementale qui demande du coaching pour lever les blocages de communication. Quatrième point, une mission commune, c'est faire grandir l'humain. Finalement, malgré leurs différences, coach et formateur partagent un socle commun, la volonté de faire grandir. Ils croient tous les deux en l'évolutivité de l'humain. Ils mettent en place des conditions favorables à l'apprentissage, au changement et à l'épanouissement. Ils ne s'opposent pas, ils sont deux leviers d'un même processus, la transformation. Que vous soyez coach, formateur ou les deux, votre rôle est d'aider l'autre à se révéler. Pour conclure... cet épisode, je vous pose une simple question. Alors coach ou formateur, peut-être un peu des deux, peut-être ni l'un ni l'autre, mais simplement un accompagnement conscient de votre posture. Avant chaque intervention, posez-vous la question. Est-ce que je dois transmettre ou est-ce que je dois faire émerger ? Les deux ne sont pas incompatibles, même si plutôt indispensables ensemble. Je dirais qu'aujourd'hui, si on arrive à combiner les deux méthodes, on a vraiment un système de formation et d'éducation et d'apprentissage. qui va se révéler beaucoup plus efficace. Si vous souhaitez transmettre, commencez par faire émerger des idées par des techniques d'appel, mais nous les verrons dans un prochain podcast. Sur notre prochain épisode, nous apprendrons à connaître notre auditoire afin de mieux transmettre les contenus que nous avons à leur communiquer. Ceci est la base de tout, de tous les démarrages d'ailleurs, pour une journée de formation riche en échanges. N'oubliez pas que la qualité d'une formation dépend surtout de la qualité de son formateur. Je vous remercie évidemment d'avoir écouté cet épisode. Prenez soin de votre posture, elle parle pour vous et à très bientôt entre savoir et être avec OneChange Coaching et Éducation.