Speaker #0Bonjour et bienvenue dans votre podcast Entre savoir et être, le rendez-vous des coachs, formateurs et professionnels de la transmission qui veulent passer à un niveau supérieur. Je suis Lauriane Karadzinov, formatrice, coach et fondatrice de OneChange Coaching et Éducation. Chaque semaine, nous explorons ensemble des stratégies concrètes pour mieux transmettre, mieux accompagner et surtout mieux impacter. Aujourd'hui, nous parlons d'un sujet fondamental, comprendre son public. Pourquoi ? Parce qu'avant de parler, il faut écouter et avant de transmettre, il faut capter. On a tous connu cette sensation de parler dans le vide. Vous avez bossé votre contenu, préparé vos slides, tout est prêt mais il ne se passe rien. Et pourquoi ? Parce que vous ne parliez pas à la bonne personne. Ou plutôt, vous n'avez pas cherché à connaître votre auditoire. Lors d'une formation à laquelle je participais en tant qu'apprenante, un formateur a démarré sa session en se présentant rapidement puis a directement enchaîné avec le déroulé strict de sa journée. Aucun espace n'a été ouvert pour échanger, ni pour comprendre qui nous étions, ni pourquoi nous étions là. Résultat, les participants n'ont pas pu exprimer leurs besoins spécifiques, ni leurs attentes, ni les problématiques qu'ils espéraient aborder ce jour-là. Le cadre à poser était figé, sans aucune co-construction. Même lorsque certains sujets comme hors programme aurait pu émerger, le formateur s'est enfermé dans l'idée qu'il devait tout maîtriser, tout contrôler, sans aucun ajustement possible. Pourtant, même si un thème semble sortir du cadre, il est toujours possible pour un formateur de le traiter intelligemment. Il peut proposer une réponse rapide pendant une pause ou en orientant l'apprenant vers une ressource ou une méthode ou une personne compétente. En refusant cette ouverture, le formateur a manqué d'une opportunité essentielle, c'était de créer un lien humain et d'établir une relation de confiance. Et sans cette connexion, même un contenu riche reste abstrait. Ce jour-là, nous avons appris, oui, mais sans saveur, sans engagement émotionnel, sans souvenir marquant, à part celui de ne pas avoir eu toute réponse à nos questions. Et c'est bien là que l'impact pédagogique s'est perdu. Et sans cette connexion relationnelle, même la meilleure des transmissions reste incomplète. Autrement dit, avec un contenu utile, mais sans impact durable. Alors aujourd'hui, je vous propose d'aller au cœur du sujet. Pourquoi c'est vital de connaître son public, comment le faire concrètement, et surtout, comment adapter sa posture et sa pédagogie ? Deuxième point, pourquoi comprendre son public est essentiel ? Il faut bien comprendre une chose, transmettre, ce n'est pas réciter. C'est faire passer une énergie, une idée, une transformation. Pour ça, il faut créer une connexion. Et cette connexion ne se crée pas en parlant, mais en s'intéressant. Prenons un exemple concret. Imaginez, vous débutez une formation avec 12 participants. Parmi eux, certains sont des experts chevronnés, d'autres découvrent à peine le sujet. Et certains sont enthousiastes, d'autres ont été inscrits à la dernière minute sans réelle motivation. Quelques-uns ont parcouru de longues distances pour être présents, tandis que d'autres viennent du quartier voisin. Bref, une mosaïque de profils, d'attentes et d'énergies toutes totalement différentes. Vous entamez la journée sans prendre le temps de connaître ces personnes. Vous risquez de passer à côté de l'essentiel, car au-delà du contenu, c'est la connexion humaine. qui fait la différence. Bien sûr, votre programme reste le même, mais la manière dont vous allez l'animer peut, et je dirais même doit, s'adapter. En identifiant les attentes spécifiques, vous pourrez approfondir certains points pour les débutants, proposer des défis aux plus avancés, et créer des ponts entre les expériences de chacun. Ainsi, chaque session devient unique, enrichie par les interactions et les ajustements que vous allez y apporter, parce que c'est vous, quelque part, je dirais le chef d'orchestre de votre journée. Et c'est cette capacité d'adaptation qui transforme une formation standard en une expérience mémorable. Comprendre son public, c'est éviter ce genre de décalage pédagogique. Alors, trois erreurs très fréquentes quand on ne connaît pas son public. Déjà, c'est de ne pas être en phase avec les besoins, donc ça va créer de la frustration au sein de votre audience. C'est donner des exemples qui ne parlent pas du tout à l'audience. Donc là, vous êtes hors sujet et plus personne ne vous comprend, plus personne ne vous suit et on vous sent en totale incohérence. C'est mettre tout le monde sur la même marche sans prise en compte des niveaux. Les apprenants vont se détacher de la formation et au fur et à mesure de la journée, la motivation va rapidement se perdre. Et tout ça, c'est contre-productif. On se dit, ils ne s'impliquent pas, ils ne comprennent pas, ils ne m'ont pas suivi, ils ne sont pas avec moi. Sauf qu'en fait, la vraie réalité, c'est souvent qu'on n'a pas parlé la même langue. Troisième point, comment mieux connaître son public ? Avant même de commencer à transmettre, il est essentiel de créer une connexion avec votre public. Donc l'accueil que vous réservez à vos participants. peut grandement influencer la dynamique de votre formation. Déjà, c'est de préparer un environnement accueillant. Assurez-vous que votre salle est prête avant que tout le monde arrive, avec un écran allumé, musique de fond sympa, douce, tranquille pour le matin, chaise disposée de manière conviviale, même un peu ouverte, qui donne finalement l'envie de venir s'y asseoir, bonbons ou café disponible évidemment pour l'ensemble de la journée. Affichez votre programme de journée et les règles de fonctionnement de la salle. Donc cela va permettre d'offrir un repère rassurant, notamment pour les personnes qui sont visuels et qui ont aussi besoin de cadres et de structures. Également, vous allez établir un premier contact humain, c'est-à-dire que vous accueillez chaque personne avec un regard bienveillant, un sourire sincère et surtout, un point très important, dites-leur bonjour en les regardant dans les yeux parce que ça, ça va démontrer finalement une connexion claire avec la personne. Si vous dites bonjour sans regarder les gens dans les yeux, c'est comme s'ils n'avaient pas existé ou vous ne vous étiez pas rencontrés. Donc ça, c'est un point très important. Engagez une conversation informelle. Demandez-leur comment s'est passé leur trajet, ce qui les a motivés à venir s'inscrire en formation. Essayez d'avoir de la discussion pour déjà commencer un petit peu à désamorcer la connaissance de votre audience. Également, c'est s'adapter aux différents profils d'apprenants. Pour les participants qui sont plutôt kinesthésiques, donc qui apprennent par le mouvement, proposez des moments où ils peuvent se lever, bouger ou même marcher pendant les discussions. Et surtout pendant les présentations qui peuvent parfois leur paraître pour eux, en tous les cas, beaucoup plus longues. que pour des visuels ou des auditifs. Soyez attentifs aux signaux non-verbaux et ajustez évidemment votre approche en conséquence. Donc en tant que formateur, votre capacité à vous adapter à votre public est cruciale. Un accueil chaleureux et personnalisé va créer un climat de confiance propice à l'apprentissage. Ensuite, vous avez aussi ce qu'on appelle le questionnaire préparatoire. Avant la session, quelques questions vont suffire. Quel est votre objectif avec cette formation de coaching ? Quelles sont vos principales difficultés ou vos craintes ? Avez-vous déjà suivi une formation sur ce sujet ? Quelles compétences maîtrisez-vous ? Vous pouvez faire via Google Forms, Typeforms, Survio ou même par mail. Ça vous permet de vous adapter tout de suite à la conception du contenu. Également, il y a les entretiens ou échanges informels en amont ou au début de la formation. Si vous pouvez, échangez quelques minutes avec vos participants, posez-leur des questions simples. D'autres, vous savez, qu'attendez-vous de cette session ? Avec quelles nouvelles compétences souhaitez-vous quitter cette formation ? Sur quoi avez-vous déjà travaillé ? qu'est-ce que vous aimeriez qu'on ne fasse pas ? Parce que ça aussi, c'est très révélateur. Vous avez des gens qui sont allés en formation et qui ont vécu des journées catastrophiques, qui ont fait des dégâts collatéraux, qui leur ont peut-être même supprimé l'envie d'apprendre et de revenir en formation. Donc évidemment, le but, c'est de ne pas réitérer des choses qu'ils ont mal vécues avant. Un autre point également, c'est l'observation des signaux pendant la session. Être attentive aux visages, aux postures, au silence, par exemple, les visages fermés qui vont communiquer du stress ou de l'incompréhension. de la résistance, de la fuite, un inconfort relationnel. Donc là, il y a quand même des choses à aller chercher. Également, des écrans qui sont regardés ou pas. Est-ce qu'on est sur des gens qui s'ennuient ou qui se mettent à décrocher ? Est-ce qu'on a plutôt des sourires, des hochements de tête et des corps penchés vers l'avant qui, à l'inverse, nous montrent une connexion bien établie et des gens qui vont nous suivre ? Donc, soyez attentifs. Quand vous voyez que vous avez un public qui commence à perdre l'attention, c'est le moment de faire un exercice, c'est le moment de se mettre debout, c'est le moment de poser des questions, c'est le moment peut-être de faire des quiz ou une pause, mais ne les laissez pas décrocher sans agir. Cinquième point également, c'est créer des personas pédagogiques. Par exemple, en marketing, on va créer des types de profils de participants. Exemple, Marc, 47 ans, manager expérimenté, sa profession, c'est un responsable d'équipe en entreprise de logistique. Son profil, c'est quelqu'un qui n'aime pas les formations théoriques, il recherche les solutions concrètes et applicables immédiatement. Ses attentes des outils pratiques, forcément, puisque c'est quelqu'un qui n'aime pas trop la théorie. Des études de cas réels et des échanges d'expériences entre pairs. Et ses préférences pédagogiques vont être les ateliers interactifs, les simulations et retours d'expériences. Vous voyez ça, par exemple, c'est un premier profil d'apprenant. Il en existe des centaines, des profils d'apprenant. Mais ça vous dit, voilà, dans tel cas, il faut avoir tel ou tel type d'outil pour pouvoir faire en sorte que cet apprenant-là, il reparte avec un maximum d'informations et surtout qu'il ait envie de les prendre. Je peux vous en donner un deuxième. Laura, 28 ans, consultante junior, profession en stratégie digitale, profil dynamique et curieuse. Elle adore apprendre, mais a besoin d'encouragement pour gagner en confiance. Donc, ses attentes, ça va être un environnement bienveillant, des feedbacks réguliers, des opportunités de mise en pratique. Et dans ses préférences pédagogiques, ce sera des exercices en petits groupes, coaching et mentorat. Vous voyez, des idées de profils, il y en a plein. Vous pouvez faire des recherches sur le net, évidemment, puisqu'on vous en donnera plein. mais ça vous donne quand même différents types de directions pour travailler. Si vous avez affaire à quelqu'un qui est plutôt dans le financier, vous allez avoir face à vous des personnes qui ont besoin d'infos détaillées, ils vont avoir besoin de schémas, ils vont avoir besoin de données chiffrées, ils vont avoir besoin de structures. Si vous êtes sur des artistes, vous serez plus sur des personnes créatives. Ce sont des gens qui apprennent en expérimentant, en visualisant, en mettant en pratique. Ce sont des gens qui ont besoin de s'exprimer aussi, mais par divers types de biais, que ce soit par la musique, par la peinture, par le dessin, par l'écriture. Et eux, vous les aurez beaucoup plus facilement en travaillant sur des véritables ateliers créatifs, des mind mapping, des storytelling. Donc ça, ce sont des outils qu'on développera sur d'autres podcasts. En tous les cas, ça vous donne une vraie idée. de ce qu'on peut mettre en place en fonction des différents profils qu'on peut avoir face à soi. On ne peut pas utiliser une seule méthode pour tous les profils, ça ne fonctionne pas. C'est pour ça que dans une formation, il faut des techniques complètes, il faut de tout. Il faut être assis, il faut être debout, il faut être en quiz, il faut être en exercice, en atelier, en groupe de travail, en battle, ce que vous voulez. Mais vous verrez, on le verra également avec le disque, il y a plusieurs manières d'approcher la formation et d'avoir des outils en fonction de vos publics. Sixième point, les feedbacks réguliers. À la fin de chaque session de formation, on va demander trois choses. La première, ce qui a été utile et ce qui va pouvoir être réutilisé dès le lendemain dans l'activité de l'apprenant. Le but, c'est quand quelqu'un sort de vos formations, c'est que ce soit faisable tout de suite. Ce qui aurait pu être amélioré au cours de la journée, parce que ça vous permet aussi de vous créer du feedback et de vous améliorer sur vos prochaines formations. Ce qu'ils aimeraient approfondir dans une prochaine formation. Ainsi, vous créez une boucle d'amélioration continue, que ce soit pour eux, que ce soit pour vous. Un feedback de fin de formation, ce n'est pas uniquement leur demander s'ils ont passé une bonne journée. Parce que ça, la plupart vous diront oui, ça peut arriver qu'on vous dise non. Dans ce cas-là, c'est très compliqué de rebondir dans une audience complète. En revanche, le fait de poser des questions ouvertes sur ce qu'ils vont pouvoir réutiliser dès demain, ça c'est beaucoup plus concret et beaucoup plus constructif. Un autre point également, c'est adapter sa pédagogie. Une fois qu'on a compris à qui on s'adresse, il faut ajuster le comment on transmet. C'est adapter son langage. On utilise des mots simples ou des techniques selon le niveau. On reformule souvent avec d'autres exemples qui sortent du cadre pour mieux illustrer son sujet. On va multiplier les formats également. Comme je vous le disais, vous avez des personnes qui sont plutôt auditives, donc qui préfèrent écouter. Vous avez des personnes qui sont plutôt visuelles, donc ils ont besoin d'écrans, de schémas, de tableaux. Et vous avez des kinesthésiques qui, eux, ont besoin de manipuler, tester, être en mouvement. Donc lors d'une formation, nous devons utiliser les trois formats tout au long de la journée pour que le message passe aux trois profils d'apprenants. sur leur mécanisme d'apprentissage. Par exemple, pour les visuels, ce sera présentation écran, livret pédagogique, prise de notes, schéma papier, paperboard. Pour les auditifs, c'est plutôt le ton et le rythme de la voix qui sera important, des musiques, des histoires à raconter, du storytelling, des interactions orales avec les autres personnes de la salle. Pour les kinesthésiques, ce sera des exercices ludiques, pratiques, des ateliers de groupe, de la création, des moodboards, des cartes mentales, du photolangage. Tout ça, on le verra sur d'autres podcasts. Également, il faut contextualiser les exemples. Rien de pire, par exemple, qu'un exemple générique. Si vous prenez des commerciaux, prenez des cas de vente. Si vous accompagnez des profs, parlez de classe, d'élèves, de pédagogie ou de travail groupé. Si vous accompagnez des managers, parlez d'équipe, d'organisation et de leadership. Et quand vous donnez un exemple, il faut que ça fasse sens et que les personnes qui sont face à vous se disent « Ah oui, mais c'est exactement ça que je vis en fait. Ah oui, c'est ça. Ça, je l'ai vécu. Ah oui. » « Ah oui, ça je l'ai vécu il n'y a pas longtemps, là je n'ai pas eu la solution, je n'ai pas su comment faire. » C'est vraiment de partir sur des exemples concrets de la vie de tous les jours. Le cerveau connecte mieux quand il reconnaît son propre environnement. On le sait, le cerveau est câblé pour la répétition. Donc à partir du moment où vous arrivez avec des sujets qui parlent, tout de suite vous allez avoir une audience qui va être captée. Également, pour captiver son audience, il faut gérer le rythme et l'énergie. Alterner entre temps calme et moments dynamiques. donner des temps de pause ou d'intégration des informations par des vidéos ou des jeux, faites respirer les contenus, pas trop de textes, faites de l'échange, du partage. Le formateur ne fait pas un monologue, il n'y a rien de pire. Un monologue, d'ailleurs aujourd'hui dans notre génération, on est face à un public très à peur. Si vous faites un monologue, dans les 20 minutes vous les avez déjà perdus. Donc il faut alterner les méthodes pour rythmer la journée et ainsi les informations seront beaucoup mieux intégrées et plus intelligemment. Donc on adapte sa pédagogie. Ce n'est pas se travestir, évidemment, mais c'est servir à l'impact au maximum que l'on souhaite apporter à notre audience. Pour conclure, il y a ce qu'on appelle l'appel à l'action. C'est-à-dire qu'en gros, vous avez désormais une boussole pour ne plus jamais être à côté de votre public. Parce qu'en tant que coach ou formateur, notre mission, c'est de faire passer un maximum d'informations et de faire passer des messages. Pour faire passer, il faut d'abord comprendre. Je vous propose un petit défi. Prochaine session de formation, posez au moins une question de découverte avant de démarrer et vous verrez la différence. essayez de capter votre public d'abord par des questions et ensuite transmettez votre savoir et vous verrez à chaque chapitre. Quand vous commencez par une question, vous amenez votre public à vous écouter parce que là, ils se rendent compte qu'il ne savent pas. Et c'est bien pour ça qu'ils sont là. Je vous remercie d'avoir écouté cet épisode. Lors de notre prochain podcast, nous parlerons d'un sujet ô combien fort en formation et en coaching, c'est le poids des croyances. Car il y a celle qui nous limite et il y a celle qui nous aide. Nous explorerons ensemble. la manière de les aborder pour mieux les identifier et surtout qu'elles deviennent nos alliés et non nos freins si lourds et pesants qui dictent nos choix et nos actions au quotidien. À très bientôt entre savoir et être avec OneChange Coaching et Éducation et surtout prenez soin de vous parce que la clé, c'est vous.