Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Entre savoir et être, le podcast où l'on explore les idées reçues, les concepts du développement personnel. les rendez-vous des coachs, managers, formateurs et de toutes celles et ceux qui veulent évoluer, transmettre et s'épanouir. Aujourd'hui, un thème aussi universel qu'intime, le syndrome de l'imposteur. Et oui, cette petite voix qui vous murmure que vous n'êtes pas à la hauteur, que vous avez eu de la chance, que les autres finiront bien par s'en rendre compte. Un sujet bien connu des jeunes formateurs, coachs ou managers ou de toutes les personnes qui démarrent dans une nouvelle activité. Je suis Lauriane Karadjinov. formatrice, coach et fondatrice de One Change Coaching et Éducation. Alors qu'est-ce que le syndrome de l'imposteur ? Alors le terme a été inventé dans les années 1978 par deux psychologues, Pauline Clance et Suzanne Imès. Ils touchent particulièrement les personnes performantes mais qui ont du mal à intégrer leur réussite. Le sentiment est souvent « j'ai réussi mais bon c'est un coup de chance » puis un jour les gens vont bien découvrir que je ne suis pas si compétent. Pour les formateurs, ce serait par exemple, je n'en sais pas assez pour enseigner aux autres, pourquoi moi et pas un expert avec 30 ans d'expérience ? Pour les managers, je n'ai pas la légitimité pour diriger cette équipe, je suis un imposteur au milieu des vrais leaders. En coaching, ça peut être, oui j'ai atteint mes objectifs mais je ne les mérite pas vraiment. Et puis bon, c'était un coup de chance ou alors c'était facile et puis ce n'était pas une vraie victoire et puis cette personne-là, elle n'avait pas finalement tant de choses à travailler sur elle. Et en développement personnel, ça va être je doute de mes capacités alors que j'ai des résultats et je n'arrive pas à savourer mes réussites, etc. Le syndrome de l'imposteur, dans différents cas, je dirais concrets et reconnaissables. Ici, je peux vous donner par exemple trois cas intéressants. Vous avez Claire, formatrice, indépendante. Donc Claire anime des ateliers depuis cinq ans. Son public est satisfait. Pourtant, avant chaque session, elle se dit un jour, ils vont voir que j'arrive au bout de mes compétences. et puis... Ils auront fait le tour de mes ateliers, ils vont se dire que je n'ai plus grand-chose à leur apporter. Donc, elle évite de postuler à de gros contrats parce que finalement, elle se fait de l'auto-sabotage. Vous avez Stéphane, un manager d'équipe, récemment promu. Il va dire, je ne suis pas un bon manager ou je ne suis pas un vrai manager pour l'instant. Je n'ai pas la légitimité, je n'ai pas d'autorité, je ne suis pas crédible. Donc, il va éviter les décisions fortes, il va se cacher derrière des procédures et il va perdre en autorité. Troisième possibilité, Julie, coach en reconversion, qui va avoir suivi plusieurs formations. Elle va avoir des retours positifs et pourtant, elle va se dire je n'ai pas assez vécu, je n'ai pas assez d'expérience, je ne suis pas légitime. Donc vous voyez, ces différents cas sont tout à fait reconnaissables parce que finalement, ça se transforme aussi en croyances limitantes avec des affirmations que nous pensons vraies, mais qui malheureusement ne le sont pas forcément. Mais ça pour le coup, il va falloir un peu d'expérience pour en sortir. Ce sentiment d'imposture, il vient souvent d'une éducation très exigeante, souvent basée sur la performance et puis la punition si ce n'est pas à 400% au top. Donc on va avoir le sentiment que si on n'est pas à fond et si on n'est pas le meilleur, malheureusement on t'assoie parce qu'on est mauvais. Donc ça, c'est souvent le cas dans le syndrome de l'imposteur. Des comparaisons sociales permanentes. L'autre jour, j'ai vu une story passer sur Instagram que j'ai adorée. qui disait « Ne compare pas ton chapitre 1 au chapitre 20 d'une personne » . On a souvent l'impression qu'on est très très en retard par rapport à certains qui réussissent beaucoup dans un domaine dans lequel nous avons envie de réussir. Et du coup, on se compare à ces gens-là qui ont évidemment énormément d'années d'expérience face à nous, de relations, de monde, de compétences. Et on a l'impression d'être tout petit, mais effectivement, le chemin se fera. Également, c'est un sentiment qui vient souvent d'un... perfectionnisme intérieur, en se disant que si ce n'est pas parfait, c'est nul et que c'est absolument pas livrable. Et puis d'une peur du jugement. Si on me voyait telle que je suis vraiment, les gens finalement ne penseraient pas que je suis quelqu'un d'aussi performant, d'aussi fort, etc. Donc le cerveau est un grand illusionniste dans tout ça, parce que oui, le syndrome de l'imposteur, ce n'est pas juste une émotion, c'est un biais cognitif. Alors que fait le cerveau à ce moment-là ? Il a tendance à faire deux choses très automatiques, mais très piégeuses. Déjà un, Il va minimiser ce qu'on sait, parce que nos compétences nous paraissent évidentes, donc plus assez reconnues. Et ce qu'on maîtrise bien, on va finir par le banaliser et on va se dire, finalement, tout le monde sait faire ça, alors que non, ce n'est pas forcément le cas. Deuxième point, il va exagérer ce que les autres savent. On les voit parler avec aisance, on les voit avoir super confiance en eux, ils vont utiliser des mots qu'on n'utilise pas, un vocabulaire qu'on connaît moins. Et puis on imagine souvent qu'ils sont plus légitimes, plus compétents, qu'ils sont plus à leur place que nous. Et finalement, le résultat, c'est qu'on va sous-estimer notre valeur réelle et on va surestimer la valeur supposée, parce qu'elle est supposée, parce que c'est une perception qui nous est totalement personnelle. et cette valeur supposée des autres. Donc, le cerveau adore comparer, sauf qu'il compare notre intérieur, donc nos doutes, à l'extérieur des autres, qui est une totale façade et qui n'est pas la réalité, mais une perception personnelle qui n'appartient qu'à nous et qui génère de fausses croyances. Par exemple, imaginez un coach débutant qui doute avant une séance. Il va se dire, je suis stressé, j'ai peur d'oublier quelque chose, et si je ne posais pas les bonnes questions ? Et si je n'écoute pas comme il faut ? Et si je n'entends pas exactement les choses qu'il me dit ? Est-ce que je vais être dans la bonne direction ? Puis il voit un autre coach sur LinkedIn poster « super séance ce matin, client transformé, merci la vie » . Alors là, catastrophe, le cerveau lit ça, il va se dire « lui, il est parfait, puis moi je suis un imposteur » . Donc ce qu'il ne voit pas, et ça c'est important, c'est peut-être les doutes que ce coach n'a jamais postés. tous ces ratés et ces hésitations parce que tout ce qu'on voit au travers des écrans, des réseaux, des carrières de partout, c'est tout ce qu'on a échoué tout ce qu'on a raté pour montrer une chose merveilleuse, donc tout ce qu'on montre c'est le merveilleux mais on ne montre jamais là où on s'est trompé donc tout ça c'est totalement abstrait, subjectif et c'est pour ça qu'on peut facilement sortir du syndrome de la poster quand on a cette vision qui est quand même beaucoup plus réaliste Évidemment, le syndrome de l'imposteur face à l'ère des réseaux sociaux, si on doit parler d'un accélérateur ultra puissant de ce syndrome de l'imposteur, c'est bien les réseaux sociaux. On y voit des coachs, des managers, des formateurs, ils publient du contenu, ils enchaînent les likes, les partages, les témoignages clients, etc. Et très vite, la comparaison va s'installer. Donc tu te dis, moi je suis coach, mais j'ai 348 abonnés, alors que cette fille, elle en a 15 000. je propose de l'aide mais personne ne commente mes posts et puis peut-être que je suis pas si bon que ça. En vérité il y a des comptes Instagram où on va trouver des coachs, des formateurs ou autres, n'importe quel type de profession où ils ont énormément d'abonnés et puis il y en a ils en ont moins, ça ne fait pas d'eux des moins bons professionnels, ça c'est quelque chose qu'il faut absolument se mettre en tête. C'est pas parce qu'on a un super compte Instagram d'influenceurs j'ai envie de dire, parce que ça aussi c'est un métier. qu'on est le meilleur dans son domaine. C'est-à-dire, en règle générale, vous avez des coachs qui vont avoir 400 abonnés sur Instagram, mais à côté de ça, ils ont un carnet de rendez-vous totalement rempli parce que, justement, ils sont très occupés et ils n'ont pas tout le temps d'aller gérer un réseau social pour aller se faire connaître parce qu'eux, ils se font connaître par tout le réseau de bouche à oreille qu'ils ont créé par le terrain. Donc, ce n'est pas forcément tout à fait démonstrateur. C'est pour ça qu'il faut vraiment prendre du recul par rapport à ça. Je vais vous donner un exemple concret. Julien, coach de carrière, publie régulièrement sur LinkedIn. Il reçoit peu d'engagement malgré un contenu pertinent. Et un jour, il tombe sur le poste d'un autre coach qui écrit « 5 nouveaux clients cette semaine grâce à ma dernière vidéo » . Julien va se mettre à douter. « Moi, je ne convertis rien. Je ne suis pas un vrai coach. Et finalement, je pense que je n'intéresse personne. » Ce qu'il oublie, c'est peut-être que le coach ne montre évidemment que ce qui marche. que Julien a des résultats de clients réels mais invisibles en ligne, comme je vous le disais il y a quelques instants, et peut-être que sa croissance est plus organique mais plus durable. Pourquoi ça active le syndrome de l'imposteur, les réseaux sociaux ? Parce que les réseaux ne montrent qu'un fragment de la réalité, souvent les succès le paraissent, les chiffres, et le cerveau adore comparer, en oubliant que ce n'est pas la même scène. On compare finalement nos coulisses invisibles aux succès visibles des autres. Donc s'il y a une petite astuce anti-comparaison que je peux vous donner, c'est si tu te sens parfois nul sur les réseaux, essaye cette phrase. Ce que je vois ici est un extrait monté, pas un documentaire ni la réalité au complet. Et surtout, rappelez-vous que la valeur d'une personne ne se mesure pas au nombre de followers, mais à la qualité de leur transformation vécue, à la qualité finalement de toute la prestation qu'ils proposent au quotidien et finalement s'ils travaillent. tout est déjà gagné, j'ai envie de dire. Et certains des meilleurs accompagnants travaillent beaucoup dans l'ombre, avec très peu de présence en ligne, et ils ont un impact immense. Donc un point important sur ce chapitre, c'est que le travail, c'est de rééquilibrer notre regard, pas pour se gonfler artificiellement, mais pour retrouver une image juste de soi et pérenne. Comment dépasser finalement notre syndrome de l'imposteur ? La bonne nouvelle, c'est qu'on peut apprivoiser ce syndrome. Il ne disparaît pas toujours, mais on apprend à ne plus le laisser nous freiner. Parce que malheureusement, ça peut vite nous décourager. En premier outil, je peux vous donner par exemple un outil qui s'appelle le journal de preuves. C'est-à-dire noter chaque réussite, chaque feedback positif, et revoyer-le, notamment avant un moment de doute. Un exemple concret, par exemple, une personne qui va relire ses mails de remerciement de ses stagiaires avant ses sessions. Ça fait du bien, ça redonne un coup de boost, ça nourrit un peu notre égo aussi, qui en a un petit peu besoin de temps en temps. Et effectivement, ça nous permet de nous réencourager, de nous remotiver. Également, deuxième outil, c'est changer de... de posture intérieure, c'est-à-dire de passer de « je dois tout savoir » à « je transmets ce que je sais aujourd'hui » . Par exemple, un formateur n'a pas la science infuse, il transmet une connaissance demandée à un instant T, simplement, et il peut s'autoriser à se dire « je ne sais pas » , qui est quelque chose d'extrêmement puissant, puisqu'on montre aussi quelque part qu'on n'est pas une encyclopédie sur pattes, et que au contraire, si on n'a pas la réponse, on ira grandir ensemble en ayant cherché la réponse ensemble. Un troisième outil, c'est l'ancrage de légitimité. Qu'est-ce que j'ai apporté cette semaine ? Qu'est-ce que j'ai apporté à qui ? Et ça, je peux vous dire que c'est hyper puissant parce que quelque part, ça nous ramène aussi à pourquoi on a commencé à faire les choses. Donc, ce n'est pas de la prétention, c'est de la conscience professionnelle. Et un quatrième outil qui est le partage entre pairs, c'est-à-dire en coaching, en management, en formation ou dans n'importe quel milieu dans lequel vous vous trouvez, c'est de créer un cercle de confiance. Partagez vos doutes et vous verrez, vous n'êtes pas le seul. galérer, j'ai envie de dire. Et c'est toujours réconfortant. Une petite anecdote que je peux vous raconter. Quand j'ai commencé mon métier de formatrice, j'avais 23 ans et pourtant, je peux vous dire que pendant presque 3 à 4 ans, je me suis retrouvée face à des groupes composés de professionnels qui avaient pour la plupart près de 20 à 30 ans d'expérience. Alors autant dire que la question de la crédibilité se posait immédiatement. Au début, je me mettais beaucoup de pression. Je voulais prouver que j'étais à la hauteur, que je devais savoir répondre à tout. Et puis finalement, c'était ma plus grande peur, c'était de ne pas savoir répondre. Et puis j'ai compris quelque chose d'essentiel, c'est que j'étais pas là pour leur apprendre leur métier, mais j'étais là pour leur transmettre une compétence précise à un moment donné, dans un cadre bien défini. Alors je me suis dit, Lauriane, ok, tu sais pourquoi t'es là, soit dans l'échange, pas dans la grande démonstration. Et finalement, tout ce qui a changé, c'est que je suis restée à ma place. Je ne me suis pas mise en retrait, mais j'ai ancré... ma légitimité. Je leur donnais ce que je savais et en retour, ils m'apportaient aussi leur vécu, leurs expériences, leurs connaissances et à la fin, je repartais de chaque session encore plus riche qu'en arrivant. Pour tous les managers, formateurs, coachs ou j'ai envie de dire n'importe quelle personne, comment accompagner quelqu'un qui souffre du syndrome de l'imposteur ? Déjà en développement personnel, c'est accepter sa légitimité, ce que je vous disais aussi. C'est que le travail personnel consiste souvent à réconcilier la perception qu'on a de soi avec la réalité de nos compétences. Donc posez-vous, par exemple, qu'est-ce que je nie en moi que les autres voient clairement ? Le but, c'est d'accepter que la légitimité ne vient pas d'un diplôme, par exemple, mais d'un engagement sincère, répété, visible et surtout expérimental. Quand on a eu une certification ou un diplôme, c'est très bien parce que c'est un sésame. pour montrer qu'on a appris, qu'on a reçu des enseignements et qu'on a mis les choses en pratique. Mais ensuite, c'est toute l'expérience qu'on va mettre après ça qui va nous permettre d'asseoir les enseignements et de se dire, OK, qu'est-ce que j'en fais ? Comment je peux m'en servir ? Comment je peux faire pour faire mieux à chaque session ? Mais finalement, j'ai envie de dire, ne restez pas dans l'idée que parce que face à vous, vous avez des gens qui ont des très, très grosses carrières ou qui ont énormément de gens qui les suivent, qu'ils n'ont rien raté. Ils ont raté beaucoup de choses avant d'en arriver là. Très souvent, il y a eu aussi énormément de sacrifices personnels pour en arriver où ils en sont. Et puis quelque part, j'ai envie de dire que la forme d'admiration qu'on a pour ces gens-là, elle est importante plutôt que de se comparer à eux. Le but pour nous va vraiment être de continuer de les admirer, parce que tant qu'on admire, on a de l'inspiration. Et c'est cette inspiration qui nous permet d'apporter un vrai moteur pour avancer dans tout ce qu'on a envie d'entreprendre. Si ce sujet vous a parlé, partagez cet épisode et dites-moi si vous aimeriez un épisode en particulier. Écrivez-moi en privé sur mon Instagram OneChangeCoachingEtEducation, je serai ravie d'échanger avec vous ou pourquoi pas de créer un podcast en lien avec vos souhaits et vos besoins. Si cet épisode vous a parlé, évidemment, n'hésitez pas à en parler à des collègues, à des amis ou à des managers qui en auraient besoin. Dans le prochain épisode, on parlera de la gestion d'un groupe passif. Vous savez, ces formations où tout le monde vous regarde sans réaction. sans question et qui crée un malaise total, celui qui vous ferait tout abandonner, tout lâcher, ce moment où l'on a envie d'aller se cacher dans un trou de souris. Alors comment relancer une dynamique ? Comment ne pas prendre ce silence personnellement ? Et surtout comment préparer vos interventions pour éviter ces situations ? A bientôt dans vos écouteurs et n'oubliez pas, le syndrome de l'imposteur est souvent signe que vous êtes sorti de votre zone de confort, donc en train de grandir. Et n'oubliez pas, la compétence ne se crie pas, elle agit.