Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Entre savoir et être, le podcast où l'on explore les idées reçues, les concepts du développement personnel et ce qu'il signifie vraiment dans la vie des coachs, des formateurs et managers ou simplement en cheminement personnel. Et si le silence n'était pas un vide gênant mais un espace plein de réponses ? Aujourd'hui, on va parler de ce que le silence révèle, de ce qu'il permet et surtout de comment l'écouter peut transformer nos relations, notre posture et notre manière d'accompagner. Je suis Lauriane Karadjinov, formatrice, coach et fondatrice de One Change Coaching et Éducation. Et si le plus grand révélateur de nos pensées, c'était le silence ? Aujourd'hui, on va explorer ce moment si souvent évité, mal compris et pourtant si puissant. Le silence, celui qui crée du malaise, celui qui libère, celui qui parle. Que vous soyez coach, manager, formateur ou simplement curieux de vous-même, je vous invite à faire une chose pendant 20 minutes, écoutez nos silences. Pourquoi dit-on souvent que le silence est gênant ? On dit que le silence crée une gêne, surtout dans un contexte social ou professionnel parce qu'il interrompt les codes habituels de communication. Voici plusieurs raisons psychologiques, culturelles et sociales qui expliquent ce phénomène. Déjà dans un premier temps, le silence casse le rythme attendu d'un échange. Dans une conversation, on s'attend souvent à une alternance fluide, je parle, tu réponds, je parle, tu réponds. Quand le silence s'installe, ce rythme est rompu. L'esprit cherche une logique qu'il ne trouve pas immédiatement. Résultat, malaise, sensation de flottement, perte de repère, inconfortable. Donc ce silence nous confronte à nous-mêmes. Quand l'autre ne parle plus, on se retrouve seul avec nos pensées, nos doutes, nos émotions. Et au final, le silence agit comme un miroir et parfois, ce qu'on voit peut déranger. Notre cerveau déteste le vide. Ça, c'est un point très important qui explique le malaise que l'on peut avoir face au silence. Le cerveau humain cherche en permanence du sens et du contrôle. Le silence est un espace vide que l'on tente instinctivement de combler par des mots, des hypothèses ou des suppositions. Là, j'ai une petite référence aux quatre accords Toltec de Miguel Ruiz, ou des justifications. Donc on va projeter. Est-ce que j'ai dit quelque chose de mal ? qu'est-ce que j'ai fait ? Est-ce qu'il y a un problème ? Et pourquoi il ou elle ne parle pas ? Et là, bienvenue en enfer. Dans certaines cultures, le silence est perçu comme négatif. Et surtout dans les cultures occidentales notamment, le silence est souvent associé à un malaise, une tension, voire un échec relationnel. Et à l'inverse, parler, on va se dire que c'est maîtriser, occuper l'espace, prouver qu'on existe. Résultat, le silence devient presque suspect. Et vous savoir que le silence peut être... interprété aussi comme un jugement, c'est-à-dire qu'une personne se tait après qu'on ait parlé et on peut interpréter ce silence comme une désapprobation non dite, un manque de validation, un retrait émotionnel, etc. Au résultat, il y a un malaise qui se propage, il y a un doute sur la qualité de la relation. S'il y a un point à retenir par rapport à ça, c'est que le silence gêne quand il n'est pas explicité ou assumé. Mais une fois qu'il est apprivoisé, Il devient un outil puissant de présence, de respect et d'impact. Alors, finalement, qu'est-ce que le silence ? Le silence, ce n'est pas l'absence de son, c'est la présence à soi. D'ailleurs, dans une partition de musique, un silence est un vrai symbole, ce n'est pas juste une pause ou c'est clairement un moment volontaire intégré dans la structure. Il permet de respirer, de créer du contraste et souvent, c'est lui qui rend la suite encore plus percutante. Il y a plusieurs types de silence. Vous avez les silences de concentration, les silences qui sont plutôt inconfortables, les silences apaisants et vous avez des silences qui sont aussi révélateurs. Plus négativement, il y a aussi le silence subi, celui qu'on redoute dans les conversations, ce fameux blanc un peu gênant. Et il y a le silence choisi, celui qui crée une bulle de réflexion et qui invite à l'écoute profonde. Dans l'accompagnement, le silence est un outil et c'est souvent là que naît la prise de conscience. Alors pourquoi écouter nos silences ? Écouter nos silences, c'est prendre le temps de ressentir plutôt que de répondre, de laisser de l'espace à l'autre et aussi de ralentir pour mieux aligner l'action. Un manager qui intègre le silence dans une réunion peut créer un climat de réflexion collective. Un coach qui accueille le silence permet au coaché de se connecter à sa vérité. Et un formateur qui ose se taire va laisser l'intelligence du groupe émerger. Voici quelques exemples concrets de l'utilisation du silence, tout d'abord en coaching. En coaching, le silence comme déclencheur d'introspection, c'est-à-dire qu'un coach demande « et si vous osiez, qu'est-ce qui changerait ? » Et là, on va laisser un silence. Résultat, le coaché part en réflexion intérieure, sort du mental et accède à une réponse plus authentique. Le silence en coaching également pour accueillir l'émotion. Le coaché se met à pleurer après une grosse prise de conscience. Le coach reste présent, silencieux, sans interrompre. Il peut évidemment entendre une boîte de mouchoirs. le résultat c'est quoi ? C'est un espace de transformation, de libération et le silence devient soin. En management, le silence ça peut responsabiliser. En réunion, un manager pose une question stratégique puis se tait. Quelle direction on prend ? Et là, le silence va obliger l'équipe à sortir du rôle passif et à proposer et à s'impliquer dans la réunion. Le silence peut également être un signal d'écoute, c'est-à-dire qu'un collaborateur confie une difficulté, le manager écoute sans parler, reste silencieux quelques secondes avant de répondre. Résultat, l'autre se sent entendu, le silence devient un signe de considération. En formation, le silence est intéressant pour faire émerger les questions. Par exemple, après une explication importante, dense, où il y a beaucoup d'informations, le formateur demande « qu'est-ce que ça vous évoque ? » puis il se tait. résultats. Les apprenants prennent le temps d'intégrer et posent des questions plus profondes et moins superficielles. Et c'est dans ce vide que les premières vraies questions émergent. Ainsi, l'apprenant prend conscience de ce qu'il a intégré ou non. Dans formation, également, nous avons le silence comme ancrage. Avant de passer à un nouveau chapitre, le formateur marque 15 secondes de silence pour laisser descendre ce qui vient d'être dit résultat. On a une meilleure mémorisation et un meilleur respect du rythme d'apprentissage. Alors, quelques petits exercices pratiques que vous pouvez faire régulièrement. Déjà, la minute de silence consciente. Prenez une minute dans votre journée, posez-vous, respirez, ne cherchez pas à faire le vide, mais je dirais, observez ce silence autour de vous et en vous. Deuxième exercice, le silence actif en conversation. Lors de votre prochaine conversation, posez une question ouverte, ne dites rien pendant 10 secondes et observez ce qui se passe. On peut être très surpris des résultats que l'on a en laissant des silences. Troisième petit exercice également, le silence de clôture. En fin de réunion ou de session, proposez un temps de silence de 15 à 30 secondes avant de conclure selon le contexte évidemment. Cela permet une intégration plus profonde des informations. Le silence finalement est un outil puissant mais s'il est mal utilisé, il peut devenir contre-productif. Voici des cas concrets où il vaut mieux ne pas utiliser ou mal doser le silence, surtout en formation, coaching, management ou communication interpersonnelle. Quand est-ce qu'on va éviter le silence ou limiter le silence ? Quand la personne est en détresse émotionnelle intense par exemple, quelqu'un fond en larmes et semble totalement perdu, c'est pas juste un pleur de quelques instants, c'est vraiment une grosse crise de larmes, et bien pourquoi est-ce qu'il faut éviter les silences prolongés ? Parce qu'il peut être perçu comme de l'abandon ou du désengagement total. C'est-à-dire que si vous avez une grosse crise de pleurs parce que vous avez une grosse détresse et que face à vous la personne ne dit rien mais sur un temps trop long, malheureusement vous allez avoir le sentiment que la personne est totalement désengagée de ce qui vous arrive. Donc ce qu'il faut, c'est une présence verbale rassurante, contenante, même si elle est très brève, mais au moins on montre qu'on est présent. Un « je suis là » ou un « prends ton temps » , voilà. On n'est pas obligé de rester totalement silencieux, on n'est pas non plus obligé de trouver des solutions à la place de la personne en parlant beaucoup, mais juste montrer qu'on est là est largement suffisant. Également quand il y a un besoin de clarté immédiate, c'est-à-dire que Une personne qui est en grosse situation de crise ou lors d'une réunion stratégique importante, si on laisse un silence trop long, ça peut générer de la confusion ou ralentir une décision nécessaire. Donc quand il faut de la clarté, il faut parler, même brièvement, mais on ne laisse pas des silences trop longs. Quand les gens ont besoin de clarté, ils n'aiment pas avoir face à eux des gens trop hésitants. Donc il leur faut des prises de position rapides et un temps de recul après. Mais sur l'instant, il faut quand même dire les choses. également quand une personne qui est très introvertie est face à vous et que vous avez un temps de silence très long, ça peut la mettre mal à l'aise, c'est-à-dire que comme elle est plutôt timide, elle a du mal à s'exprimer, si on laisse un silence trop long, ça peut accentuer son stress et inhiber totalement sa parole. Donc ce qu'il faut, c'est un accompagnement verbal plutôt doux, des questions progressives et créer de la sécurité. Donc pour créer de la sécurité, on va se mettre quand même au niveau de la personne qui est face à nous. Également, quand le silence devient une forme de manipulation, c'est pas bon non plus. C'est-à-dire qu'utiliser le silence pour faire pression ou dominer un échange, c'est pas très bienveillant. Donc ça peut être vécu comme une forme de pouvoir un peu caché ou de violence passive. Donc ce qu'il faut, c'est plutôt une intention très claire. Le silence doit être au service de l'autre et pas à soi. Un dernier point également dans les silences à limiter, c'est quand on n'a pas préparé l'autre à cet espace. Par exemple, proposer un silence de 30 secondes à un groupe qui n'est pas du tout habitué, eh bien, s'il n'y a pas un cadre clair, le silence peut être vécu comme une panne ou une sorte de bug, ou comme si on ne savait plus ce qu'on avait à dire. Donc là, ça ne rassure pas beaucoup. Ce qu'il faut, c'est annoncer l'intention. Je vous propose un court temps de silence pour intégrer telle ou telle information, pour réfléchir à telle ou telle solution. Mais voilà, annoncer la couleur dès le départ. Finalement, le silence, c'est une sorte d'instrument. S'il est mal accordé, il peut sonner faux. Il ne s'agit pas de se taire pour se taire, mais de savoir quand ce vide devient soutien et quand il risque de devenir rupture. En conclusion, le silence est un allié puissant à condition de l'écouter. Il révèle, soutient, il éclaire. Et que vous soyez coach, manager ou formateur, je vous invite à oser le silence avec agilité, pas pour fuir, mais pour mieux écouter. Cette semaine, testez un de ces exercices. Et si vous en avez envie, venez me dire tout ce que vous avez observé. Si ce sujet vous a parlé, évidemment, n'hésitez pas à partager cet épisode et dites-moi si vous aimeriez. un épisode en particulier, écrivez-moi. Sur mon compte Instagram, OneChangeCoaching et Éducation, je me ferai un plaisir, et bien pourquoi pas, de créer un podcast en fonction de vos souhaits et de vos besoins. Et parfois, derrière nos silences, il y a cette petite voix qui doute et qui se demande si elle est vraiment à la hauteur. Donc dans le prochain épisode, on parlera du syndrome de l'imposteur et de ces moments où, même en posture de guide, c'est nous qui redevenons l'élève. Alors à très bientôt pour un nouvel épisode, et je terminerai par une citation de Jean Gienot. un grand écrivain français qui disait « Le silence est le seul espace où la vérité peut encore respirer » .