Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Entre savoir et être, le podcast où l'on explore les idées reçues, les concepts du développement personnel, le rendez-vous des formateurs, coachs et managers. qui veulent faire la différence sur le terrain. Aujourd'hui, on s'attaque à une situation que vous avez sûrement déjà rencontrée, un groupe passif. Ces participants qui restent silencieux, qui ne prennent pas d'initiative, qui répondent par des monosyllabes ou ce que l'on appelle des mots-valises, ces mots qui englobent tout dans un sac et avec qui parfois, on a l'impression de ramer seul. Pourquoi ce phénomène apparaît-il ? Et surtout, comment y remédier de façon concrète et efficace ? C'est ce que nous allons explorer ensemble dans cet épisode. Restez avec moi, des cas pratiques et des exercices concrets vous attendent. Je suis Lauriane Karadjinov, formatrice coach et fondatrice de OneChange Coaching et Éducation. Alors pourquoi est-ce qu'un groupe devient passif ? Déjà, c'est plutôt un manque de sécurité psychologique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on est dans un lieu avec des gens et qu'on a peur du jugement et qu'on a peur de mal faire. On a aussi peut-être une fatigue cognitive ou une surcharge d'informations descendantes qui fait qu'à un moment donné, on décroche. Il peut être aussi possible que ce soit une absence de sens ou de lien avec les enjeux du groupe ou avec les objectifs de l'apprenant qui sont totalement hors sujet de ce qu'il est venu chercher aujourd'hui. Ça peut être aussi un style d'animation peu engageant, trop descendant, avec peu d'interactions. Ça peut être un climat toxique aussi, avec des précédents mal vécus, des mauvaises expériences en formation dans le passé. qui engendre aussi un manque d'investissement de la part de l'apprenant. Et ça peut être aussi un forcing à la participation de la session. Moi, ça m'est arrivé souvent d'avoir des clients qui arrivent en formation un matin parce que leur chef d'entreprise les a forcés à venir. Et les a forcés à venir peut-être cinq jours avant la date de formation et que ce n'était pas forcément prévu pour eux d'être là ce jour-là et qu'ils ne voyaient pas spécialement pourquoi ils étaient là. Donc demandez-vous si le groupe est vraiment passif ou si des fois, il n'a jamais eu l'espace d'être actif. Et ça, c'est le véritable rôle du formateur, c'est vraiment d'apporter de l'action et de l'interaction le plus possible dans sa journée de formation pour ne pas faire décrocher ses apprenants. Il y a plusieurs stratégies pour mobiliser un groupe passif. Déjà, dans un premier temps, c'est de savoir nommer le phénomène avec bienveillance et de se dire, bon bah ok, là je vois que le groupe est passif, qu'est-ce qui se passe ? Je sens qu'il y a une énergie qui est un petit peu basse, est-ce que c'est moi ? Est-ce que c'est le sujet ? Ou est-ce qu'il y a autre chose de sous-jacent ou de latent ? que je n'aurais pas détecté en faisant le tour de table du matin et ce tour de table qui est totalement indispensable avant de commencer une journée. C'est aussi de créer une interaction rapide avec des brainstormings, des sondages, des jeux brise-glace, des quiz. Vous pouvez poser une question toute simple le matin avant de commencer votre journée. Quel est votre emoji du jour ? Ou quels mots décriraient votre humeur actuelle ? Il existe aussi les jeux de photolangage qui nous permettent de savoir rapidement où en sont les personnes dans la thématique du jour et comment ils se sentent avant de commencer leur journée. On peut réutiliser une autre image pour le soir pour voir comment les choses ont évolué. Par exemple, trois brises glaces pour démarrer une formation, mon objet du jour. Par exemple, qu'est-ce que vous avez sur vous que vous ne pouvez absolument pas ne pas emmener avec vous chaque jour de votre journée. Donc par exemple, chaque participant va montrer un objet qu'il a à portée de main et qui symbolise son état d'esprit ou ses attentes dans sa journée. Par exemple, je montre ma tasse à café parce que j'ai toujours besoin de carburant le matin. Ça peut être ma montre parce que j'aime bien toujours savoir l'heure. Ça peut être mon portable parce que je ne m'en sépare jamais. Par exemple, on a également l'idée du portrait chinois version professionnelle. Par exemple, si tu étais une qualité, qu'est-ce que ça serait ? Si tu étais une compétence, qu'est-ce que ça serait ? Si tu étais un outil, qu'est-ce que ça serait ? Tu serais quoi ? Ça donne une variante plutôt fun et thématique qui fait réfléchir tout en brisant la glace avant de commencer. Puis l'emoji météo, avec un emoji en un mot. Quelle est votre météo intérieure ce matin ? C'est quelque chose qui peut se faire à l'oral ou sur un paperboard ou avec un outil interactif. Voici par exemple trois brises glaces pour relancer l'énergie aussi en cours de journée. Parce que le matin, on démarre aussi avec des brises glaces, mais en journée, on peut réutiliser un autre brise glace pour remettre en route la machine quand l'énergie commence un petit peu à descendre. Par exemple, ça peut être un mot. sur ce qu'on ressent là tout de suite maintenant. Quel est, si je dois donner un sondage, quel est votre niveau de batterie ? Si j'ai une majorité de gens qui ont une batterie faible, eh bien, on fait une pause, on prend l'air, on souffle, on met un peu de musique, on tape dans les mains. Voilà, ça peut être quelque chose qui nous fait bouger. également le switch de chaise, ça c'est intéressant, par exemple tout le monde s'est installé un peu comme il voulait le matin en arrivant, et puis tout d'un coup on va faire un exercice, et puis à la sortie de l'exercice on va dire vous allez changer de place, et vous allez vous installer ailleurs dans la salle, chacun récupère ses affaires, change de place, voit son angle de vue changer, et en fait ça permet de remettre un petit peu de dynamique, c'est très bien par exemple aussi de faire ça après le déjeuner ou après une pause, Après, on a le défi minute. Par exemple, vous divisez le groupe en mini équipes. vous donner un défi rapide. Donc, par exemple, trouver cinq façons absurdes de décrire le sujet de la formation du jour, créer une battle de questions ou de quiz rapide, déjà préparé en amont sur votre support parce que ça vous fera gagner du temps et puis ce sera plus efficient parce que ça sera préparé, ou par un système digital. Vous avez aujourd'hui des applications sur Internet qui sont très intéressantes pour faire des quiz. Vous avez Kout, vous avez Learning Apps, vous avez Q-Ruiz, qui sont tous des outils de quiz ou de battle de questions. que vous pouvez faire gratuitement. Vous réutilisez un QR code que vous mettez dans votre présentation et rapidement, hop, vous allez mettre en place ce petit exercice qui va réveiller un peu tout le monde. L'idée, c'est de rire, c'est de créer du lien, c'est de rebooster l'attention, puis c'est de valider des acquis. En tous les cas, c'est intéressant d'alterner les différents formats, des micro-groupes, des duos minutes, des post-it au mur, réels ou virtuels, avec différents outils digitaux. Et puis aussi, c'est intégrer des pauses dynamiques avec des quiz. On va utiliser différents types de rôles et de responsabilités qui vont tourner. Par exemple aussi, on peut attribuer des rôles spécifiques et temporaires aux participants. C'est un très puissant levier pour impliquer activement chacun, stimuler la coopération et briser la passivité. Donc ça va donner du sens, une fonction claire, et ça va favoriser la responsabilité partagée de chaque personne. Alors, pourquoi ça marche ? Parce que justement, ça responsabilise, chacun se sent utile, et puis attendu, puisqu'il va y avoir quelque chose à délivrer. Ça permet également d'égaliser les prises de parole, parce que le formateur, quand il fait sa formation, ou le manager, quand il est en train de faire une réunion d'équipe, effectivement, s'il est tout le temps, tout le temps, tout le temps en train de monopoliser la parole, malheureusement, à un moment donné, tout le monde va se sentir un petit peu mis de côté, et puis il ne va pas être actif dans ce qui se passe en termes de session. Donc ça va équilibrer les profils extravertis et introvertis. Et puis, ça va réduire la dépendance de l'animateur. Alors, comment est-ce qu'on va mettre en place ces différentes responsabilités, ces différents rôles ? On va créer des rôles simples qui sont liés à une dynamique de groupe. L'idée, c'est vraiment que chacun reste en alerte régulièrement pendant la journée. Déjà, c'est de ne pas faire que du monologue. Le but, c'est de faire aussi des ateliers. Et en fonction de tous ces différents moments de session, dans toutes ces séquences de formation, eh bien, on va avoir... plusieurs rôles que l'on peut mettre en place au sein de nos apprenants. Par exemple, le chronomètre humain, ce qu'on appelle le timekeeper, c'est celui qui va gérer le temps des discussions, qui va nous alerter quand on a dépassé. Alors évidemment, on va lui donner un timing, on va lui dire « Voilà, là on rentre dans une session qui doit durer 45 minutes, je te laisse me faire signe quand c'est le moment ou quand je suis à 10 minutes de la fin » , ce qui nous permettra effectivement de ne pas dépasser le temps. On va avoir ce qu'on appelle le scribe. Le scribe, c'est celui qui va noter des idées. s'il y a des idées clés qui sont sorties et qui peuvent servir à tout le monde, d'un atelier à un autre, s'il y a des mini-groupes, chaque scribe va venir noter ses idées, comme ça il va les restituer à la fin et apporter une information à l'ensemble du groupe. Également, on peut proposer un éclaireur, c'est-à-dire celui qui va chercher des idées nouvelles, pas juste les noter, et qui va proposer des angles de vue différents en posant des si. Par exemple, là on a débattu sur telle ou telle... possibilité, tel ou tel type d'action, telle ou telle nouvelle idée, mais si on voyait les choses autrement, comment on ferait ? Et essayer effectivement de se faire un peu l'avocat du diable. L'éclaireur, son rôle, ça va être d'apporter des nouvelles idées et effectivement aussi de les débattre. On aura aussi ce qu'on appelle le gardien du lien, c'est celui qui va veiller à ce que tout le monde s'inclue dans les exercices, qu'il n'y ait pas des personnes qui parlent plus et d'autres qui parlent moins, il va reformuler les propos les plus discrets et alerter si quelqu'un se met vraiment trop de côté. Deuxième étape, L'idée, ça va être également de tourner les rôles à chaque nouvelle activité ou en demi-journée. Par exemple, les rôles que l'on va donner, on peut les donner sur une matinée et puis l'après-midi, on va les changer. On annonce clairement, les rôles vont tourner, vous changerez à la prochaine activité et vous affichez, vous distribuez une petite fiche rappelant les fonctions si des fois vous voulez que ce soit clair pour tout le monde. En tous les cas, ça va faire tourner l'exercice pour tout le monde et tout le monde restera en alerte régulièrement dans la journée. Je vais vous donner quelques cas pratiques intéressants. Par exemple, si je prends un contexte, une formation en présentiel de 12 personnes sur la communication interpersonnelle, par exemple. On a une durée d'atelier qui est de 45 minutes avec 4 sous-groupes. Avant de lancer l'exercice, l'animateur va expliquer et attribuer des rôles. Paul, c'est le chronomètre humain. Nadia, c'est la gardienne du lien. Enzo, c'est l'éclaireur. Et Cécile, c'est le scribe. Chaque rôle se manifeste concrètement de telle manière. Par exemple, Paul annonce « Tiens, il nous reste 10 minutes » . Nadia propose « Est-ce que tout le monde a pu s'exprimer ? » Enzo va lancer Si on imaginait cette situation dans un contexte virtuel ou à distance, c'est s'ils synthétisent, je note les points importants pour notre restitution d'infos. Résultat, le groupe est actif, les profils discrets vont trouver leur place et aussi la dynamique va s'autoréguler. Un petit conseil bonus, c'est toujours important de faire quand même un petit débrief rapide des rôles de chacun à la fin d'une session. Comment vous vous êtes sentis dans votre rôle ? Qu'est-ce que ça a changé dans votre participation ou dans votre expérience de cette journée de formation ? Ça va permettre aux participants de prendre conscience de l'impact de leur posture et favoriser l'autoréflexion. Et aussi, tous les apprenants vont se rendre acteurs de leur journée. En formation, si par exemple, personne ne participe à une question posée, ce qui est un réflexe quand même assez régulier en formation. Moi, ça m'est arrivé en pleine conférence, on est 150 dans la salle, je pose une question et personne ne me répond. Alors, il y a plusieurs raisons. Soit parce qu'ils ne m'ont pas écouté, ça peut arriver, ils étaient occupés. à autre chose. Ou alors, ils étaient en train de parler avec quelqu'un. Ou alors, ils ont décroché parce qu'ils sont fatigués et que la journée commence à être un peu longue. Ou alors, par exemple, ils n'ont pas répondu parce qu'ils ont peur de donner une réponse ou ils se sentiraient jugés si elle est fausse. Ou simplement, ils ne répondent pas parce qu'ils ne connaissent pas la réponse et du coup, ils préfèrent rien dire que de dire des bêtises. Donc pour le coup, c'est un réflexe qui est assez courant. Au final, qu'est-ce qu'on peut faire nous en tant que formateur ? C'est répéter la question. On peut aussi demander à toute l'assistance de trouver une réponse. On n'est pas obligé de poser la question qu'il y a une seule personne. On peut aussi demander à tout le monde de trouver une solution. Des fois, c'est aussi de tendre une perche avec des questions ouvertes pour les emmener à la réponse. Puis si on voit que personne ne répond, eh bien, on répond à la question. Il y a une bonne pratique aussi, c'est de créer un espace de silence totalement assumé. C'est-à-dire de dire, je vous laisse 30 secondes pour réfléchir, et ensuite, on reformule notre question. Et quand on laisse un silence de 30 secondes, croyez-moi, 30 secondes, ça peut être très long. là ça va obliger quelque part les personnes à un moment donné à faire émerger différentes réponses. En coaching collectif, si un participant monopolise un petit peu trop la discussion, il y a beaucoup de gens qui vont arrêter de parler ou qui vont plus oser parler. Donc la solution c'est de reconnaître qu'on a un participant qui contribue super bien à la participation, mais c'est quand même de savoir redistribuer la parole à tout le monde. Alors on peut lui dire merci beaucoup pour ton point, J'aimerais aussi entendre quelqu'un qui n'a pas de problème. pas encore parlé et on va ouvrir la porte. Ce qui est important aussi, c'est d'ancrer la dynamique dans la durée. C'est-à-dire qu'on peut instaurer des rituels d'ouverture régulièrement à chaque formation. Donc l'humeur, la météo, un objectif personnel, les craintes qu'on peut avoir aussi face au sujet qu'on va aborder aujourd'hui. Et puis, ce qu'on sait faire. Parce que c'est pas toujours une bonne chose que de n'appuyer que sur ce que les gens ne savent pas faire. C'est important de savoir appuyer aussi sur ce que les gens sont déjà capables de faire, connaître leur niveau. là où ils ont des craintes, là où ils ont des fois des croyances limitantes, évidemment, sur leurs propres compétences. Mais en tous les cas, c'est toujours important d'instaurer ce petit rituel d'ouverture pour savoir qui on a en face de soi. Et utiliser un tour de clôture également à chaque session, c'est ce qui s'appelle ouvrir un groupe et fermer un groupe. Quel est votre mode ressenti sur cette session ? Un point fort et un point à améliorer ? Ou trois actions qui sont réalisables dès demain suite à la formation d'aujourd'hui ? On ne peut pas dire à des gens, en fin de journée de formation, comment s'est passée votre journée ? Parce que malheureusement, on va avoir ce qu'on appelle des mots-valises qui veulent tout et rien dire. Oh bah c'était bien, ah bah oui c'était chouette, ah bah oui j'ai passé une bonne journée, et entre guillemets je vais un peu loin, mais le café était chaud et on était en bonne compagnie. Ça aujourd'hui, c'est pas possible, quand on termine une formation, de ne s'arrêter qu'à cette question-là. C'est important d'avoir des actions concrètes, dès le lendemain, qui sont faisables, réalisables, duplicables, rapidement. C'est le but d'une formation. Il faut être vigilant quand même sur les signaux faibles, c'est-à-dire des gens qui sont un petit peu absents, des regards fuyants, ou quand on est en visio, les caméras éteintes en distanciel. Ça, ça m'arrive régulièrement, d'avoir affaire à des personnes qui sont en distanciel et qui n'ouvrent pas leur caméra. Alors il y a plusieurs raisons, soit ils n'y arrivent pas, soit ils ont un système qui ne fonctionne pas bien, ou des fois ils ne veulent pas. Mais c'est toujours important quand même, quand on fait du distanciel, d'avoir des caméras qui sont ouvertes et de voir les gens à qui on s'adresse, parce qu'eux aussi... Ils apprécient de nous voir, nous, quand on s'adresse à eux. Alors l'objectif n'est pas que tout le monde parle tout le temps, évidemment. mais c'est que chacun se sente autorisé et aussi attendu. Aujourd'hui, on a vu que derrière un groupe passif se cache souvent un environnement qui bride un petit peu l'expression. En tant que leader, formateur, coach, notre job, c'est de créer l'espace où chacun va oser. Nous sommes responsables de la réussite de notre journée de formation et donc nous avons toujours des leviers d'action possibles en fonction des contextes dans lesquels nous nous trouvons. Essayez une de ces techniques partagées aujourd'hui dans votre prochaine session. et observer les faits. Si ce sujet vous a parlé, partagez cet épisode et dites-moi si vous aimeriez un épisode en particulier. Écrivez-moi en privé sur mon Instagram OneChangeCoachingEtEducation. Il arrive aussi parfois que la passivité soit maquillée par une forme d'impuissance apprise. Dans notre prochain épisode, on parlera de ces situations où les groupes ou les individus ont intériorisé l'idée que ça ne sert à rien de participer, de proposer ou même d'essayer et qui pensent qu'ils ne réussiront pas. Nous verrons comment détecter cette dynamique et surtout comment la déconstruire. Merci de m'avoir accompagnée pour cet épisode. A très bientôt dans vos écouteurs et surtout n'oubliez pas, on ne force pas une fleur à éclore, on crée les conditions pour qu'elle s'ouvre.