- Speaker #0
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiebaud, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ?
- Speaker #1
Osez l'efficacité fait son podcaston. Cette semaine, nous mettons à l'honneur l'association Bureaux du cœur qui propose de mettre en relation des entreprises avec des personnes en situation d'urgence. Aujourd'hui, pour rentrer dans le cœur de l'accompagnement, nous recevons Isabelle et Catherine de Léman Habitat qui vont nous raconter leur aventure en tant que société d'accueil. Bonjour Isabelle, bonjour Catherine, bienvenue dans Osez l'efficacité. Est-ce que vous pouvez vous présenter et présenter votre entreprise ?
- Speaker #2
Bonjour, alors déjà merci de nous donner la parole sur cette belle association des bureaux du cœur. Donc nous, nous travaillons toutes les deux chez Léman Habitat, qui est un bailleur social basé sur la commune de Thonon-les-Bains. Nous gérons 3600 logements sur tout le Chablais et nous sommes une entreprise de 65 salariés. Donc moi, Isabelle Gautron, j'en suis la directrice depuis 13 ans aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci beaucoup Isabelle.
- Speaker #3
Bonjour, donc moi c'est Catherine, je suis responsable du pôle médiation et je suis à Léman Habitat depuis janvier 2020.
- Speaker #1
Super, merci pour votre présentation. Qu'est-ce qui vous a décidé à franchir le pas de l'accueil avec les bureaux du cœur ?
- Speaker #2
Alors ça a été très vite en fait. Il y a un an, je ne connaissais pas du tout l'association. Et puis au mois de juin 2024, j'ai lu un article dans la presse. Et cet article m'a vraiment touchée et ça a paru une évidence qu'il fallait se lancer. Donc j'ai envoyé tout de suite à la fin de la lecture un mail à l'association. On a fait une première visio en juillet avec Hélène Tonetti, la représentante de Lyon. Et ensuite tout s'est enchaîné très vite. J'ai présenté l'association au comité de direction, au président, tout le monde a suivi. On a contacté plusieurs associations partenaires, elles ont toutes dit oui également très rapidement. Et puis en la présentant au personnel, Catherine a tout de suite eu envie aussi de me rejoindre dans l'animation de ce dispositif.
- Speaker #1
Et donc à l'issue de cette décision, comment s'est passé l'arrivée du premier bénéficiaire et son intégration ?
- Speaker #3
Alors le premier bénéficiaire, notre invité, nous a été présenté par les bureaux des cœurs. L'arrivée de notre invité s'est très bien déroulée, tout comme son intégration. Alors c'est une personne qui est très discrète et respectueuse. autant du personnel que des lieux. Il s'adapte plutôt bien à son nouvel environnement et reste disponible en cas de nécessité. Alors, je dirais qu'en tant que personne relais entre l'invité et les salariés, j'accompagne aussi son intégration et veille à ce que tout se passe bien. Bien entendu, son arrivée a suscité quelques craintes parmi nos collaborateurs, dont il était très conscient et en fait qu'il accepte avec beaucoup de compréhension. Je lui fais régulièrement part des ajustements parce qu'effectivement, il y a des salariés qui viennent nous voir. Il est toujours ouvert aux échanges et sans jamais s'en offusquer.
- Speaker #1
Et c'est des choses qui vont mieux aujourd'hui ?
- Speaker #3
Oui, ça va beaucoup mieux. Je laisse peut-être l'oreille à Isabelle qui voudrait peut-être compléter par rapport à l'intégration de Patrice.
- Speaker #2
Oui, Catherine a parlé de l'intégration effectivement de notre côté, mais du sien, ça a été un petit peu difficile au départ. Il est arrivé en octobre 2024, donc en plein hiver. Il était ravi d'avoir... un endroit chaud, un lit, une douche. Donc, ça a été les points hyper positifs. Mais à la fois, c'était dormir dans des bureaux, sentir du monde le matin autour de lui. Voilà, ça a été une période d'adaptation à avoir de son côté. Et puis, de notre côté, c'est vrai qu'il est dans la salle de réunion. Donc, il a fallu faire deux, trois ajustements. On a des lumières automatiques. Donc, dès qu'il bougeait, forcément, ça se déclenchait. Il y a eu aussi l'alarme à régler. Enfin, voilà, il y a eu des petites… Mais rien d'insurmontable. Et effectivement, tout s'est très bien passé.
- Speaker #1
Des ajustements un peu à faire au fur et à mesure, mais ça s'intègre bien dans votre entreprise du coup.
- Speaker #2
Oui, voilà. Puis comme le disait Catherine, c'est vrai qu'il est très discret. On ne le voit pas beaucoup. Enfin, on l'invite facilement à venir boire un café, mais il n'a pas envie de déranger. Il a du mal à... Bon, avec Catherine, ça se passe très bien parce qu'ils se parlent très souvent, avec moi aussi parce qu'on se connaît, mais c'est vrai qu'il a du mal à aller vers.
- Speaker #1
Je me posais la question, quand on accueille quelqu'un dans une salle de réunion, Est-ce que vous avez des adaptations du côté organisation, du type on n'utilise pas la salle de réunion avant une certaine heure ? Est-ce que ça a changé votre mode d'utilisation de vos locaux ou pas ?
- Speaker #2
Oui, alors effectivement, c'est une organisation qu'il y a à prendre puisqu'en fait, on avait un espèce de coin qui servait un petit peu à rien dans la salle de réunion. Donc, on a mis un paravent et puis derrière son espace. Mais c'est vrai que dans les règles, lui, il doit être parti à 8 heures et il peut revenir à partir de 18 heures. Donc, si on fait des réunions le soir, plutôt privilégier l'autre salle de réunion. Et puis le matin, de la même façon pour lui, par exemple, il ne travaille pas le lundi. S'il n'y a pas de réunion, il peut rester un peu plus longtemps. Voilà, ça, c'est des arrangements. Mais effectivement, quand on arrive dans la salle de réunion, il faut qu'il libère les lieux aussi le matin. Mais oui, il faut organiser l'utilisation de la salle en fonction de sa présence. Effectivement, mais ça se passe. Ça, ça a été plutôt facile quand même.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a eu un impact sur l'entreprise et sur les salariés suite à l'accueil ?
- Speaker #3
Alors moi, je dirais que son impact reste encore limité parce qu'en fait, il n'est pas censé être présent aux heures où les salariés sont là. Mais ça peut arriver parce qu'il peut avoir des jours de congé pendant la semaine. D'ailleurs, je l'ai croisé aujourd'hui à 13h30, il allait prendre l'ascenseur, donc ça permet d'échanger et de croiser d'autres personnes. Donc, il peut croiser certains collaborateurs et les réactions vont varier en fonction des personnalités. Mais de manière générale, ça reste quand même positif. Et je dirais que chaque perception reste subjective en fonction de la personnalité du salarié. Et donc là, du coup, notre rôle, ça va être d'écouter, de réguler, de rassurer. Voilà, c'est en fonction de chaque personne. Mais l'impact reste limité.
- Speaker #2
Oui, en amont, on avait organisé une réunion entre Hélène, l'association des bureaux du cœur, et puis... Les représentants des salariés, c'est-à-dire le CSE de l'entreprise, pour répondre à certaines angoisses, on donne les clés à quelqu'un qu'on ne connaît pas, ou d'autres choses, comment on va partager les espaces, sur les horaires, etc. Donc on a essayé de beaucoup communiquer, d'avoir un dialogue en amont. Et il y a aussi un effet positif, qui est que la plupart des salariés sont fiers que leur entreprise participe à ce dispositif, qui a du sens. Alors des fois, on entend, oui, c'est une goutte d'eau dans l'océan, mais c'est notre goutte d'eau, c'est notre geste et voilà, il faut en faire.
- Speaker #1
Je crois que dans cette mesure-là, il n'y a pas vraiment de petit geste en fait. Ça fait toujours une personne de moins dans la rue et qui est accompagnée vers le retour au logement.
- Speaker #2
Oui, exactement.
- Speaker #1
Et est-ce que vous aviez un petit mot pour encourager d'autres dirigeants qui hésiteraient à suivre vos traces ?
- Speaker #2
Alors, on dirait que c'est une très belle aventure humaine, voilà. Comme je le disais, elle a du sens, elle permet de redonner confiance en soi à des personnes en situation de précarité. Pour assurer aussi ceux qui hésiteraient, je dirais que c'est un dispositif qui est encadré. L'association est toujours présente, on fait un point tous les mois pour évoquer les difficultés, les petits ajustements. Chacun est écouté sur les points positifs, les points négatifs, ce qui s'est passé dans le mois. Sur l'avancée aussi, parce que c'est une aide, c'est un tremplin pour la personne, pour la remettre dans un parcours d'insertion sur le travail, sur le logement. Mais voilà, même en dehors de ces points mensuels, l'association, soit le bénévole, soit Hélène Allion sont toujours disponibles pour répondre aux questions. Je dirais aussi que ça nécessite quand même peu d'aménagement. La plupart des entreprises, on a un coin repas, un coin nuit, des sanitaires et chaque geste compte. Donc voilà, ça sortira quand même pas mal de personnes de la rue.
- Speaker #3
Moi, je dirais que tu as tout dit, je n'ai rien à rajouter. C'est vrai que c'est une belle expérience, une belle aventure du cœur et elle est riche pour toutes les parties.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cette inspiration. Je suis sûre qu'on en a convaincu plus d'un pour concrétiser l'accompagnement. Et il y a quand même quelques étapes à suivre pour pouvoir lancer ce genre d'accompagnement. Et dans l'épisode suivant, c'est Marine Chapin qui reviendra pour nous expliquer tout ce qui se passe du côté administratif et comment on se lance concrètement dans l'accompagnement.