- Speaker #0
Bienvenue dans Oser recommencer, le podcast qui accompagne les femmes prêtes à réinventer leur carrière avec audace et alignement. Je suis Lorraine, psychologue du travail et fondatrice des Audacieuses Académies. Mon but ? Vous aider à construire une vie pro et perso qui vous ressemble vraiment sans concession. Chaque semaine, seule ou avec des invités, je vous partage des parcours audacieux, des conseils concrets, des outils pratiques. pour vous aider à transformer vos doutes en déclics, une dose d'inspiration, un brin d'audace, et si c'était le moment pour oser vous lancer. Parfois, tout semble parfait sur le papier. Un master en gestion commerciale et marketing, un CDI, une carrière qui avance dans le grand gros. La sécurité, finalement, des perspectives d'évolution, un parcours qui rassure. Et pourtant, à l'intérieur, quelque chose ne vibre plus. Les journées s'enchaînent, les réunions s'accumulent, le sens disparaît peu à peu, elles se sentent déconnectées de ce qu'elle fait et, fois même, des personnes qui l'entourent. Plus de papillons dans le ventre, plus cette petite épincelle qui donne envie de se lever le matin. Jusqu'au jour où un simple podcast change tout. Une écoute, presque anodine, est soudain une évidence. Un mot résonne en elle, Patia. Nous sommes en novembre 2021 et une petite graine vient d'être plantée dans son esprit. Une graine. qui va doucement grandir, remettre en question toute une trajectoire et l'emmener là où elle n'aurait jamais imaginé aller. Aujourd'hui, Amandine est facialiste et pratique aussi le yoga du visage. Elle a commencé à recevoir chez elle, puis peu à peu, son projet a pris de l'ampleur. Et ce qui rend cet épisode encore plus spécial pour moi, c'est que j'ai eu la chance de suivre Amandine depuis le début. Elle m'a confié ses peurs, ses doutes, ses questionnements au moment de s'installer. Alors aujourd'hui, je vous laisse découvrir la suite de son histoire. Amandine, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, j'aimerais revenir au tout début, à cette vie d'avant. À quoi ressemblait ton quotidien quand tu étais encore salariée dans l'automobile et à quel moment tu as commencé à sentir que quelque chose ne tournait plus rond pour toi ? Merci pour l'intro, déjà. Mon quotidien, c'était un rythme assez soutenu à ce moment-là.
- Speaker #1
Moi, j'ai... j'évoluais progressivement vers des postes de plus en plus intéressant, plus important aussi. Et du coup, c'était réunion sur réunion, des allers-retours forcément à Paris puisque les deux dernières années, j'avais... Et donc je faisais les allers-retours entre Nancy, Paris, le train, le rush tout le temps, courir et sortir des stats, des chiffres dans tous les sens pour répondre à toutes les demandes. Donc oui, on était plutôt sur un rythme intense et qui m'allait très bien. Il y a un moment donné, on se dit « est-ce que ça va vraiment très bien ? » Et là, tu commences à te poser des questions. question, elle est bien fatiguée, elle attend vraiment les vacances. Elle a été vite embarquée dans un rythme hyper un peu pire quoi. Tu es planifiée, tu as un plan hyper rempli et ça devient un peu trop intense.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, quand tu repères quelques petits signes... Qu'est-ce que tu te dis ? Je continue comme un mystère dans sa roue ou je commence un petit peu à m'ouvrir au champ des possibles et j'envisage une sorte de sortie ?
- Speaker #1
Alors pour moi, la chance entre guillemets que j'ai eue, c'est que je suis restée quand même un peu à l'écoute de mon corps, de mes ressentis, Chose qu'on ne fait pas forcément. Et je sentais que je tirais sur la corde. que, comme tu l'as dit, en anthrose, ça vibrait moins. Et moi, je fonctionne vraiment comme ça. C'est que mes choix, toutes mes décisions, c'était vraiment... Il fallait qu'il y ait la petite adrénaline, le petit truc. Et quand ça fonctionne plus comme ça, c'est que ça coince et qu'il faut se faire trop pédaler, prendre un peu de recul et se dire « Ok, bon, qu'est-ce qu'on change ? » Donc au départ, je me suis dit « C'est peut-être le milieu, le secteur. » Parce qu'au départ... Moi j'ai commencé dans l'automobile, mes tout débuts. Après j'ai fait du financement, en regroupement de crédit, c'était toujours mon domaine de privilégiation, le marketing, mais sur des secteurs différents. Après les deux se sont, j'ai eu une proposition où c'était les deux qui se greffaient, financement et automobile, donc je me suis dit, bon, c'est logique, allons-y. Et puis en fait, ça m'allait bien parce que je commençais à être bien rodée avec l'expérience, mais en vrai... Les voitures, oui, j'aimais ça, mais ce n'était pas non plus ma passion première. Et j'ai aussi dit, ce qui coince, c'est peut-être ça, c'est peut-être l'environnement, c'est peut-être chercher un poste équivalent, mais une autre boîte, un autre secteur d'actifs. Des sujets. Voilà. Moi, bien manger, je ne me suis pas dit peut-être sur le truc alimentaire, des choses un peu plus féminines, cosmétiques, beauté, bien-être. Je me suis dit, c'est peut-être une question d'environnement, c'est peut-être ça qui ne correspond plus. Mais je n'étais pas non plus en mode, je cherche, je me poste. Tu vois, je n'étais pas active sur le truc. Donc, j'avais conscience de ça, mais je me questionnais, mais sans forcer les choses.
- Speaker #0
Oui. Et donc, la suite de tes questionnements, est-ce que tu t'es fait aider ? Est-ce que c'est toi-même, par une auto-analyse, qui a fini par mettre un petit peu de lumière là où il faisait un peu sombre ?
- Speaker #1
Oui. Alors, ce qui s'est passé, c'est que, forcément, tu en parles au départ avec les personnes qui sont autour de toi. Donc, mon compagnon premier, je crois que c'est lui qui, pour chaque fois que je rentrais de Paris, je disais, ça a été, oui, bon, voilà quoi. oui, ça va, mais en fait, pas tant que ça. Après, tu as les copines, etc. Donc, j'en parlais, mais je ne me voyais... Je n'étais pas non plus en mode, il n'y a rien qui va, il faut que je change ou même prendre contact avec un professionnel. Peu importe quel type de professionnel. Je n'étais pas non plus au stade de faire un bilan de compétences ou ce genre de choses. Ça me paraissait loin. Pour moi, c'était vraiment plus fait pour des personnes qui avaient vraiment soit un gros ras-le-bol ou besoin de faire un point, etc. Moi, je me disais, une petite joueuse, c'était trop gros pour moi, tu vois. Donc, j'étais plus dans les questionnements auprès de mes proches, auprès de moi-même. Et la chance que j'ai eue, c'est que c'est en écoutant un podcast. où il y a ce petit truc qui vient dans ma tête en me disant « ça a l'air quand même bien sympa ce métier-là de facialisme, moi qui ai toujours adoré les massages, les papouilles, j'ai toujours été très… j'adorais me faire masser et masser aussi, mais pas plus que ça quoi. » Et du coup… C'est vraiment, j'écoute ce podcast et je me dis, ça me plaît bien. Et je me vois encore rentrer. En plus, forcément, je faisais mes allers-retours en train. Donc, je fais mes allers-retours en train. Donc, forcément, j'écoute des podcasts parce que j'ai besoin de couper de ma journée. Dès que je peux arrêter mon or, je le fais. Et c'est le moment, en fait, où je fais d'autres choses. Et c'est là où je découvre. et du coup euh je suis je me dis « et pourquoi pas moi ? » Et donc, je me vois rentrer et dire à Arthur « j'ai écouté le podcast, du coup, ton métier est là quand même, je trouve ça hyper chouette, puis tu peux faire ci, tu peux faire ça, et se former, ça se passe comme ça. » Donc, tout était évoqué pendant le podcast. Et je me dis « pourquoi pas moi ? » Et il me regarde un peu en mode « ouais, mais on… » C'est une idée parmi tant d'autres.
- Speaker #0
Les fachos sont pas parmi eux.
- Speaker #1
Il sait pas. Ouais, ouais. Et puis c'est tout, quoi. La vie continue. Et en fait, ça a été un peu le jour 1 du petit déclic de en fait, j'ai quand même envie de voir autrement. Et réellement, oui, pourquoi pas moi ? Alors que j'étais à mon lieu par rapport à ma vie que je menais à ce moment-là. de changer, de me projeter sur un métier comme celui-là, qui était quand même éloigné de ce que je faisais jusque-là. Et c'est pourquoi je me suis formée, c'est pourquoi on a été un peu formaté dès le départ. Tu vois, tu fais tes études, il faut faire tel chemin de carrière. Donc, tu es un peu dans le truc moulé, entre guillemets.
- Speaker #0
Donc, il n'y avait rien qui laissait présager ce virage. Et pour autant, j'ai commencé à...
- Speaker #1
On va quand même y penser.
- Speaker #0
Donc du coup, pas si petite joueuse que ça, puisque là tu fais une grande enjambée quand tu passes de l'automobile à potentiellement prendre soin des autres par le massage. Quelles sont les étapes après, une fois que l'idée est là, et que la graine commence à germer ? Comment tu... C'est quoi le déroulé de la suite ?
- Speaker #1
Ouais, alors... Pour ma part, parce que pour avoir après rencontré des personnes qui ont eu aussi ce déclic ou cette envie de se former au métier de facialiste, pour moi, ça a été... Je prends contact en fait directement avec l'école de facialisme, donc d'autres mondes dont j'avais entendu parler dans ce podcast. Et je commence à fouiner un petit peu, à prendre les infos, à voir comment ça se passe. sur combien de temps, sur le budget. Et en plus, je vais sur Paris toutes les semaines à ce moment-là, et l'école est là-bas. Donc, je me dis, en soi, ça, ce n'est pas un frein. Je suis déjà sur place, entre guillemets. Donc, je coche, en fait, les petites étapes, petit à petit. Et du coup, là, pour le coup, je commence à en parler un peu plus. et puis après Après, j'en parle aussi avec, à ce moment-là, j'avais une chef qui était très à l'écoute, qui, à côté de son métier, était pro-joie aussi. Donc, je vous ai même à m'aider. Il y avait une ouverture d'esprit à ce niveau-là. Et là-dessus, j'ai eu de la chance. Parce qu'elle m'a vraiment aidée éventuellement et aussi soutenue sur le côté pro. Parce qu'en fait, apprendre à ramasser, ce n'est pas... de la théorie. Et autant, jusque-là, tout ce que j'avais appris, finalement, j'avais mangé de la connaissance, etc. Et tu le faisais très facilement, peu importe l'endroit. Mais le massage, non. Donc, il fallait me libérer du temps. Et donc, heureusement, je travaillais dans un grand groupe, donc j'avais quand même des congés à poser. Ça a grignoté sur les vacances, mais il faut savoir ce qu'on veut à un moment donné. Et donc, on a réussi, elle m'a aidée à combiner le tout pour que je puisse avoir mes congés au moment des formations et à comprendre aussi mon projet et à me libérer, enfin, à alléger ma charge de travail aussi, alors que c'est pas importante, mais voilà, à prendre en compte ça. au sein de l'équipe mon rôle au sein de l'équipe a aussi un petit peu évolué pour que en fin de journée je puisse travailler il y avait quand même de la théorie et puis avoir mes jours de congés quand il fallait pour les formations donc
- Speaker #0
ça ça a été vraiment une grande aide oui mais alors du coup si je comprends bien tu as entrepris ta formation en parallèle de ton job Et donc, tu grappillais sur tes journées, notamment de congé.
- Speaker #1
Oui. Je vous montre, c'était le format. Alors, c'était un cursus spécial reconversion professionnelle. Donc, tu n'as pas… C'est une année, mais en soi, tu arrives… Tu as plusieurs formations dans l'année. Donc, je pouvais étaler un petit peu dans le temps et programmer à l'avance. Mais effectivement, c'est une organisation. J'avais des semaines de travail, les soirées à réviser parce que j'ai fait l'école de facialisme et à côté un CAP esthétique. Je voulais aussi me rassurer. Alors en bonne, il y avait des petits restes quand même. Je voulais un vrai diplôme,
- Speaker #0
un rôle de la bonne élève.
- Speaker #1
Besoin de se rassurer. Et donc, CAP esthétique parce que je voulais faire du soin en plus. Et ça, tu ne peux pas le faire... Tu fais que du massage, tu n'as pas le droit à compléter avec des soins, utiliser des produits avec principe actif. Donc, une famille, le CAP esthétique. Et bon, en bon bélier que je suis, je veux un peu tout tout de suite, en tout cas, il faut que ça se passe comme j'ai décidé, tu vois. Je me disais, bon, je fais tout sur la même année. Ah oui ?
- Speaker #0
Je ne fais pas du tout quotidien. Donc,
- Speaker #1
j'ai travaillé. J'ai fait le CAP de physique à distance et l'école de facialisme et de massage sur une année. J'étais en mode « non, non, mais je veux y aller en fait » . Je crois que j'avais tellement besoin d'avoir quelque chose qui m'anime à nouveau et me débarrasser entre guillemets de ma vie qui ne me convenait plus, ma vie pro qui ne me convenait plus. Il fallait que j'aille tout de suite dans l'action. Après, c'est aussi mon tempérament. Oui, bien sûr. Mais encore une fois, un peu le temps de s'écouter. Oui. Et donc, oui, j'y suis allée à fond. Bon, alors, on était fatiguées, mais en fait, ça vibrait à nouveau. Donc, en fait, ça me plaisait, quoi. Oui. Première fois que je touche un visage, je me dis « c'est trop bien » . La première formation, je suis revenue, j'étais aux anges, c'était le bonheur, le fait de chouchouter d'autres femmes et de rencontrer aussi d'autres femmes de tout âge, de tout horizon, qui vivent un peu la même chose, mais chacune avec son parcours. C'est hyper enrichissant et ça, j'ai adoré.
- Speaker #0
Et quand tu as entrepris la formation ? Est-ce que tu t'es dit à un moment donné, ok, la théorie j'adore, mais peut-être qu'à un moment donné, ça va me déplaire vraiment de le toucher, de pratiquer le massage ? À quel moment tu as pu te, comment dire, verrouiller ça, valider le fait que vraiment le massage s'était fait pour toi ? Alors, dès le départ, j'étais consciente que c'était un test.
- Speaker #1
C'est un peu un pari avec moi-même,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
C'est ok, on change tout. Je me forme, mais je gardais quand même la sécurité de « je suis encore en poste » parce qu'on ne sait jamais. Je n'allais pas tout plaquer non plus. Je n'ai pas tout renvoyé, baladé en disant « on change tout, on fait ça n'importe comment » . J'avais quand même réfléchi les choses. J'avais quand même mon petit besoin de sécurité. Je venais d'acheter une maison et tout. Donc, il n'était pas question de prendre trop de risques non plus. Et donc, je me suis dit « bon, on teste » . Et donc, il y avait les formations, petit à petit. vu que ça se passe en plusieurs sessions, tu te rassures. Alors oui, tu te rassures, mais non, parce que mine de rien, ce n'est pas inné. Il y a des formations où je pleurais, je me suis dit « je n'y arriverai pas » . Tu as quand même des moments de gros doute. Ça te pousse un peu dans tes retranchements, mais tu le découvres à nouveau. Il y a un côté avec du recul hyper chouette, mais il y a eu des moments quand même durs. C'est quand même un budget, la formation, je n'avais pas d'aide. Justement,
- Speaker #0
j'allais te poser la question, est-ce que tu as déclenché des financements parce qu'il en existe ou est-ce que tu as vraiment fait uniquement sur fonds propres ?
- Speaker #1
Alors, pour le démarrage, c'était sur fonds propres. Mon poste me permettait d'avoir un petit peu d'argent de côté pour pouvoir me permettre ça, mais quand même, ce n'est pas anodin cet aspect-là. Donc, c'était un investissement, c'était de ma part. poche et c'était quand même un certain investissement donc il y avait aussi ça de dire ok je m'offre ce cadeau mais derrière si j'en fais rien ben il faut quand même, ce serait bien que ça marche quoi tu vois, tu l'aimes mais en même temps c'est un peu comme un métier passion, enfin en fait tu le fais parce que ça vibre et t'aimes ça mais comme tu disais tout à l'heure c'est est-ce que j'aime assez, j'aime ça en faire un métier c'est encore autre chose tous les jours, est-ce que je vais toujours aimer ? Est-ce qu'au bout de la cinquantième cliente, ça va toujours être un bonheur de masser ? Je n'en sais rien. Je ne savais pas. Et du coup, je me suis dit qu'il faut se lancer. Je teste et on verra. Donc, je me suis dit, pour commencer, je ne vais pas prendre un grand espace de massage, pignon sur rue. Voilà, on va commencer plus vite. recevoir des premières clientes et puis on verra si ça vibre toujours, si ça me plaît toujours, si je suis vraiment faite pour ça. Parce qu'au fur et à mesure, dans l'entourage finalement, tes copines te disent oui mais ça te va tellement bien, ça m'étonne pas, alors que jamais personne ne m'avait dit ça auparavant. Ou tout le monde me dit mais tu as une telle douceur. Jamais dans l'automobile on m'a dit c'est tout douce ou des trucs comme ça. Tu te forges un peu un caractère par rapport à ce que tu vois, aux responsabilités que tu as et à tes missions. Donc, en fait, finalement, j'avais l'impression que les retours que j'avais, ça s'alignait. Donc, je me suis dit « bon, ça va » . Et puis, voilà, j'ai testé, j'ai reçu mes premières clientes. Et puis, de massage en massage, en fait, là, ça va faire plus de deux ans. que je suis à 100% sur l'activité, mais réellement, mes premiers massages, c'était en 2022, donc à peu près 4 ans, et aujourd'hui, je ne suis toujours pas lassée, donc j'ai envie de dire « trop bien » et voilà, mais il y a des choses qu'on ne peut pas savoir avant.
- Speaker #0
Non, bien sûr, mais il faut faire en fonction des envies, et écouter cette petite vibration à l'intérieur, et rien ne dit que dans 5 ou 10 ans, tu n'auras pas envie de changer, on ne sait pas.
- Speaker #1
Oui, et ça, je l'ai toujours gardé en tête parce que c'est vrai que des fois, je vais être à fond sur un truc et je me suis dit, bon, si ça ne marche pas, ce n'est pas grave. Si ça marche un temps donné et que tu rechanges, j'ai envie de te dire, mon CV, il est stylé, mon parcours, dans tous les cas, c'est une expérience dingue qui t'apprend sur toi, sur d'autres compétences. Donc en fait... allons-y, il n'y a pas de raison de se freiner et il a dit ça prendra peut-être une autre tournée peut-être que je reviendrai en arrière ça a toujours été ok dans ma tête de me dire on y va, on ne sait pas combien de temps ça dure on ne sait pas vers quoi ça ira il faut y aller parce que je ne voulais pas de regrets
- Speaker #0
Et du coup, ça se passe comment ton départ de l'entreprise et du salariat ? Tu le fais à quel moment et sous quelle forme ? Et puis, l'installation après ? Alors, il me semble que tu as commencé en recevant à domicile. Quelles ont été les étapes une fois que tu as eu la formation et que tu t'es dit « je veux en faire un métier à part entière » . Oui. Eh bien, donc, j'ai fait ma formation.
- Speaker #1
Je valide donc l'étude. Et là, je cherche une solution pour quitter mon poste, mais sans tout plaquer. Parce qu'au départ, il faut quand même développer sa clientèle. Donc, il y a une petite transition où je me dis « Oups, comment on va faire ? » Donc là, j'ai besoin d'aide. Donc, j'appelle à l'aide, je vais aux maisons de prise avec différentes associations. entreprise voir un peu comment ça se passe etc et il existe donc en fait c'est tout un process donc si jamais donc moi j'avais demandé une rupture conventionnelle ok sauf que dans le groupe où je travaillais à ce moment là n'avait pas droit du tout de rupture conventionnelle donc ça c'était à eau donc fallait trouver d'autres solutions et donc j'ai eu recours à un dispositif aide en cas de démission si tu es un projet de création ou de reconversion. J'ai pu avoir cette aide-là et bénéficier du chômage malgré la démission. Donc tu présentes tout ton projet, voilà, il faut prouver que tu as bien un vrai projet, une vraie formation en cours et derrière tu as ces aides-là. Donc ça m'a permis d'avoir un petit temps de transition, le temps de me lancer, de mettre en place mon espace de massage, donc j'ai aménagé un espace chez moi pour démarrer. Et puis ensuite, ça a pu prendre forme et du coup, tu démarres un petit peu plus en souplesse en disant, bon, ça laisse un peu de temps pour démarrer, pour développer. Ce que j'ai appris, c'est aussi que tout ne marche pas en un claquement de doigts entre le moment où tu dis je lance mon activité et la première cliente qui arrive, il y a quand même des petites choses à gérer. Et ça prend du temps. Ça, ça fait partie des grandes leçons. Moi, qui aime bien que ça aille, comme je le disais, on le vient vite et qu'on enchaîne. Entre le moment où j'ai quitté mon poste et le moment où j'ai reçu ma première cliente, il y a eu un petit temps. Il y a aussi eu un petit temps le lendemain, je crois. Tu as démissionné, tu ne vas plus au travail et il n'y a personne qui t'attend. Tu te retrouves toute seule chez toi. Alors, tu as le projet, mais... Et j'ai eu un petit contre-coup, tu vois, quand même, parce que plus de 10 ans en CDI, toujours active, etc. Là, il n'y a plus rien, plus personne ne m'attend. Il n'y a plus que toi, tes deux mains et ta tête. Et là, il y a eu un petit temps où il fallait que mon corps se redesse en impression, se dise « Ok, il y a ça, ça, on y va, mais il faut accepter que ce ne soit pas en un claquement de doigts. » C'est parti des petits apprentissages du parcours.
- Speaker #0
Petite parenthèse, je crois que d'après ce que tu décris, c'est le dispositif d'émission-reconversion qui t'a bénéficié ? Oui, c'est ça. Oui, alors c'est un dispositif qui est un des rares cas où vous pouvez démissionner et percevoir les indemnités de la part de France Travail. Mais il y a quelques conditions, effectivement, dans le cadre d'une reconversion. vers la reprise d'une formation et ou la création d'une entreprise, ça peut être une belle porte de sortie si toutefois une rupture conventionnelle était refusée. Donc, tu as bénéficié de ce dispositif. Derrière, tu as pu percevoir des indemnités chômage. Tu t'es installée chez toi, tu as reçu tes premières clientes. Et moi, je me souviens de ce jour où on a échangé, où tu me disais « j'ai bientôt plus mes indemnités et puis, en fait, il faut continuer et j'ai un petit peu peur » . Et du coup, ça s'est passé comment ? C'est quoi la suite jusqu'à aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
il y a eu cette phase de... Bon, alors ça a démarré,
- Speaker #1
c'est chouette, mais on n'est encore pas sur une activité, enfin voilà, le planning n'est pas encore rempli à fond. Donc tu te dis, bon, alors ok, là on arrive à peu près à ce chiffre d'affaires, il y a tant de budget par mois à prévoir quand même, et tu te dis,
- Speaker #0
comment on fait quoi ?
- Speaker #1
Donc là, je me dis, bon, est-ce que je reprends pas une activité ? Quand on s'est vus à ce moment-là, je me disais, toujours ce besoin de sécurité. Je me disais, il faut que je prenne du temps, même si c'est alimentaire, je m'en fiche. N'importe quoi. Je ne voulais pas non plus prendre quelque chose trop proche de mes fonctions, parce que j'étais cadre auparavant. Donc, en fait, j'aurais eu un temps qui aurait été finalement un temps complet. On en aurait demandé toujours plus. Donc, j'étais vraiment partie en mode... Je fais un job où je fais mes horaires, un mi-temps, un s'appliquer, bien sûr. Et je fais mon activité à côté. Et puis, c'est bien. Peut-être que j'aurai mon équilibre comme ça. Je suis rassurée d'un côté sur la partie financière. Et l'activité restera le plus et le plaisir. Et là, mon compagnon me dit « Moi, je trouve ça dommage. » Il me dit « C'est dommage, tu ne seras pas à fond pour faire ta com. » Parce que tout prend du temps.
- Speaker #0
Oui, puis tu fais des massages, mais tu as plein d'autres casquettes. Tu as la partie administrative de l'entreprise à gérer, tu as la com' effectivement. C'est pas que le massage.
- Speaker #1
Je peux naître, moi je fais pas mal d'événements bien-être, avec le yoga du visage, c'est comme ça que tu fais découvrir. Et puis, la particularité aussi, c'est que je suis sur un créneau où, quand tu parles de facialisme, alors ça se développe de plus en plus, mais généralement, tu dis, tu es quoi ? Tu es quoi ? Tu es tu ? Tu es moi ?
- Speaker #0
Ah ouais, t'as encore un peu de tout ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est pas encore... connue de tous. Et il y a 2-3 ans en arrière, c'était encore moins le cas. Il y avait ce travail de se faire connaître et de faire connaître l'activité. Donc, oui, quand même, pas mal de travail à ce niveau-là. Et si tu travailles à côté, tu auras moins la tête à ça aussi. Donc, il me dit, oui, c'est ça dommage, laisse-toi une chance. Regarde, moi, je travaille en porte. Il a son poste, ça va bien, donc attends un peu. Et je regarde quand même les annonces, je prospecte, etc. Et ce n'est pas si simple que ça à trouver ce genre de poste. En même temps, c'est sûr, les employeurs, pour eux, ce n'est pas forcément le format idéal. Donc, je ne trouve pas grand-chose. Et puis, ça vivote, je laisse un peu couler. Et puis, il y a un mois où tu fais un bon chiffre, alors tu te dis, si, ça peut quand même le faire. à côté, tu es là, il n'y a plus d'indemnité, là c'est sûr. Donc, tu te dis, bon, ok, qu'est-ce qu'on fait ? Et puis finalement, je me suis fait confiance. Et puis, je pense qu'à un moment donné, quand tu es confronté aux choses réellement, je ne sais pas si tes ailes se développent ou si tu décuples ton énergie. Alors que bon, je pense que je m'investissais quand même déjà avant ça. Mais quand tu sais que tu n'as pas le choix, en fait, je crois que tu as des super pouvoirs qui...
- Speaker #0
Tu ne peux pas tout lâcher là-dedans,
- Speaker #1
tu ne peux pas à fond. Et tu sais que là, tu n'as pas de choix. C'est pour vivre, pour rembourser ton prêt, payer tes courses et tout. Il n'y a pas le choix. Il faut développer l'activité. Et en fait, je n'ai pas lâché. Et donc, il n'y a pas eu de mi-temps, il n'y a pas eu de phase temporaire.
- Speaker #0
Je me suis démenée pour que ça marche. et pour... pouvoir, voilà, pleinement subvenir. Et vivre de mon activité, réellement. Oui, vivre de ton activité, mais pas que, parce que moi, quand on s'était aussi rencontrés, enfin, quand on avait échangé, je me souviens que tu me disais, ah ben, là je pratique chez moi, mais voilà, à moyen terme, j'aimerais beaucoup avoir mon propre cocon et recevoir ailleurs qu'à mon domicile. Et il semblerait que... C'est ça, je le souhaite. Oui. Alors ça, c'était aussi forcément un peu dans la progression. Je m'étais dit, bon, j'aménage un espace à mon domicile, puisque ça le permettait de créer un espace mignon, antico-con sympa, mais je me suis rendue compte aussi qu'au quotidien, ben, t'étais tout le temps chez toi. Oui. Alors, Alors oui, tu reçois tes clientes, mais quand même, il y a une petite solitude qui s'installe en tant qu'entrepreneur. Je pense que c'est quelque chose, tant que tu n'es pas confronté, tu ne réalises pas du tout. Elle n'est pas réalisée. Moi qui pensais être un peu solo, tu vois, je travaillais pas mal en équipe avant. Je pensais être assez solitaire par moments. Finalement, avoir des collègues, j'aime beaucoup. Donc, il y avait cet aspect-là. Et puis aussi, j'avais envie de grandir, de faire grandir mon entreprise en fait. Et ça faisait partie du truc. Je ne me voyais pas. Alors, il y en a à qui ça convient très bien de chez soi. Moi, je sentais qu'il manquait un truc. Et j'avais envie de séparer le pro et le perso et de créer vraiment un cocon qui soit bien et potentiellement de partager un espace bien-être parce que j'avais envie d'avoir des collègues à moi aussi. Mais bon, il fallait trouver les bons collègues, entre guillemets. Les affinités font qu'il faut trouver la bonne personne avec qui tu t'entraînes, avec qui tu as les mêmes idées. Je voulais trouver un espace qui soit l'image de ce que j'avais créé chez moi. J'avais créé des choses à mon goût, à la déco. C'est quand même hyper important. Ça fait partie de l'expérience, l'achat. Et moi qui aime beaucoup ça. Donc, c'était vraiment un truc qui me tenait à cœur. Du coup, l'été dernier, je sens que... C'est pas facile. Je me pose des questions, je me dis quel tournure ça va prendre, est-ce que c'est le moment, ça fait que deux ans, est-ce que c'est pas trop tôt, est-ce que je pourrais me permettre de financer un espace, moi toute seule, un local, combien ça coûte ? Et puis, je rentre de vacances, les vacances font du bien. Et je me dis, allez, j'annonce le truc sur Link Cuisine en disant que j'ai envie de trouver un espace mais je sais pas location je sais pas si un local partagé ou pas je lance un peu le truc et je me dis on verra et là je reçois un commentaire de messages dans tous les sens et je me dis oula mais attendez j'attends enfin je lançais l'idée en disant ce sera pour l'année prochaine on verra mais en fait tout était pour demain pour le mois suivant j'étais là j'étais pas prête ok bon ben finalement allons-y et surtout allons-y d'une certaine façon c'est que j'ai eu plusieurs propositions mais surtout une avec une de mes consoeurs qui elle est spécialisée en massage corps et elle était installée depuis longtemps au centre de Nancy qui voulait trouver un autre espace de massage, quelque chose mieux que ce qu'elle avait et du coup elle a vu ce petit message elle m'a dit bon ça fait 15 jours que j'ai vu ton message ça n'arrête pas de tourner dans ma tête est-ce que ça te dirait qu'on s'installe ensemble et du coup c'est vrai que là en plus elle avait déjà visité des choses, voyait déjà un peu comment ça se passait sur le marché de Nancy etc Oui. Et en fait, tout s'est fait très vite, rapidement. Il y a eu le local qui a été trouvé avec des espaces de massage. Et on a dit, voilà, là, j'ai visité quelque chose pour être deux. Ça a l'idée. Ça a l'idée. Il correspondait parfaitement à notre deuxième univers. On pouvait vraiment se rassembler. C'était fluide. C'était en très bon état. Enfin, voilà, c'était... L'emplacement est très bien aussi. coller tout paraissait tellement simple que on s'est dit bon bah allons-y donc ça s'est fait très très vite plus vite que ce que je m'imaginais au départ je m'étais dit bon on commence à lancer l'idée on voit un peu et c'est bien de lancer l'idée avant même d'avoir tout le plan derrière parce que la conscience vient dans l'action finalement tu t'es fait prendre au jeu et on t'a embarqué quoi c'est ça et du coup je m'étais dit bon on verra au bout de trois ans puis finalement ça s'est fait au bout de deux ans et deux mois Et donc aujourd'hui, depuis janvier, on est installé en plein cœur de Nancy, dans un super beau local. J'ai une collègue, on s'entend super bien, c'est fluide et on se complète bien. C'est hyper agréable en fait. C'est chouette de partager et de pouvoir avoir cette nouvelle dimension pour l'entreprise. et là je sens tu vois que m'a redonné un regain d'énergie. Je suis hyper contente. J'ai un rythme aussi différent. Ce n'est pas j'ai mon rendez-vous et puis en même temps, je m'occupe de la maison. Là, c'est vrai que j'ai mon travail à part. Et quand je suis à la maison, je suis à la maison. Puis, je pense que ça t'a aussi peut-être un peu obligée à ne pas te plier en quatre pour proposer des rendez-vous du matin au soir. Et du coup, Merci. planning peut-être où tu concentres davantage tes prestations pour avoir vraiment un temps dédié au travail et ton temps dédié à ta vie perso quoi. Oui, c'est ça. Ça c'est le gros enjeu. Je suis encore pas au top du top. Il y a encore du travail à faire. Mais oui, quand t'es à la maison, alors j'avais une amplitude de planning incroyable parce que tu te dis oui mais tu t'adaptes aux clientes au départ. Et puis, en fait, il y a un moment donné, je suis sous le vide, on s'oublie, on se plie en quatre, on fait tout parce qu'on a cette pression de recevoir les clientes, de répondre à la demande, à toute heure, à tout moment, etc. Et en fait, là, effectivement, je revois un petit peu les choses. Oui, tu concentres effectivement le planning. Oui, il y a des moments où... le platin d'ouvert. Je faisais avant, j'ouvrais au plus large et puis je prenais les petits morceaux qui me restaient pour faire ce que je devais faire à côté. C'est pas tenable dans le temps. C'est pas ok de faire ça. Et du coup, ça, j'ai changé. Il y a encore une petite évolution, je pense. C'est pas fait, surtout. Je n'ai plus rien. Les dates de progression, ce n'est pas drôle. Ben oui. C'est bien d'en avoir conscience. Oui, c'est ça. Et ça, ça change vraiment les choses. Et oui, cette nouvelle phase, je suis vraiment très contente de l'évolution que ça prend. C'est chouette. Super, bravo pour ça. Si là, tu te retournes, tu regardes en arrière et tu regardes tout le chemin parcouru, qu'est-ce que tu en retiens ? Quelles sont les leçons ? Oui, ce que j'en retiens, c'est... Ben, mine de rien, on ne se le dit pas assez, mais bon, c'est quand même un peu fier. Il faut se le dire, même si on a tendance à être timide sur le sujet. Oui, avec du recul, tu te dis, « Waouh, on a fait quand même un bon boulot, là, c'est chouette ! » Surtout quand ça fonctionne, c'est encore plus valorisant d'avoir le retour de mes clientes, surtout dans ce domaine-là, en fait, on a le retour directement, c'est quand même, voilà, à côté de son. c'est quand tu as des clientes qui te disent que tu leur as offert un moment de leur vie. Des fois, j'ai des mouches, on me dit « waouh, mais je mérite vraiment tout ça, ces compliments et tout, ça me paraît incroyable » . Donc ça, c'est des cadeaux incroyables. Vous n'avez pas avant, clairement. Donc ça, c'est les plus beaux cadeaux que tu puisses avoir. Et c'est là où tu te dis « bon, ça va aller le coup » . Et on a bien fait de se faire confiance, malgré que c'est une sacrée aventure, qu'il faut s'écouter, il faut sentir les choses, il ne faut pas se décourager parce qu'il y a des moments difficiles. Je pense que peu importe l'activité, quand on se lance dans ce genre de projet, oui, j'ai eu des matins où je me suis dit « C'est n'importe quoi ! » Qu'est-ce qu'on a fait là ? Mais il faut y croire. Pour laisser passer le creux de vague, ça revient. Ça revient et il faut s'autoriser cette chance, il faut se faire confiance. C'est pas toujours facile, mais oui, les leçons c'est ça, c'est y croire et puis s'autoriser, s'offrir des chances à être parfois un peu, se recentrer sur soi. Il y en a qui vous diront peut-être que c'est un peu égoïste, mais il faut savoir l'être. Par moments, c'est important, si on ne prend pas soin de soi, personne ne le fait forcément. Non, personne d'autre. La leçon, c'est ça, oui. Je pense que c'est important de s'écouter et de prendre du recul par moment sur ce qu'on vit, sur notre quotidien. Est-ce qu'on est vraiment pleinement alignés ? C'est important. Il faut bien se faire confiance, oser, savoir prendre du recul, s'écouter pour mieux s'aligner. Merci beaucoup, Amandine, pour ce partage très chouette. Merci à toi. Si vous voulez retrouver Amandine sur les réseaux, je vous mets toutes les infos en description. Si vous voulez passer entre ses mains, allez-y, les yeux fermés. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de J'ai Récorché.