- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs. En agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée, elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France. Elles sont issues du monde agricole, où le découvrent jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, elles sont elles-mêmes salariées ou agricultrices. Ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion. J'ai plaisir à discuter avec elles et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie, personnels et professionnels, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime Aujourd'hui, j'ai le plaisir de discuter avec Edith, qui a 29 ans. Et pour une fois, nous avons une conjointe d'agriculteurs qui est elle-même agricultrice, installée avec son conjoint sur l'exploitation. Ils n'ont pas d'enfants et travaillent ensemble sur cette exploitation familiale où ils élèvent ensemble des bovins à viande, des volailles, de louets et produisent également des céréales. Ils sont situés dans le pays de la Loire, non loin du Mans. Salut Edith, nous venons de nous rencontrer toutes les deux, peux-tu brièvement te présenter Salut,
- Speaker #1
moi c'est Edith, j'ai 29 ans, je suis installée en société avec mon conjoint depuis janvier 2020. Donc ça fait 4 ans, j'entame ma 5ème année. On est producteur de vaches à viande et on a aussi des poulets de louer, enfin des volailles de louer parce qu'on ne fait pas que du poulet, et un petit peu de culture de vente et principalement pour nourrir les animaux.
- Speaker #0
Où se situe l'exploitation
- Speaker #1
Alors on est dans un petit village en Sarthe, donc on est à 30 minutes du Mans et on est à 5 minutes de la ville de Loué justement, des fameux poulets. A Brelon, un petit village de 1500 habitants.
- Speaker #0
Quelles études as-tu fait Et dans quel but
- Speaker #1
Moi, j'ai fait un bac pro CGEA, donc conduite et gestion d'entreprise agricole, en continu avec des stages. À l'époque, j'étais dans les cochons, production de cochons. Et après, j'ai fait un BTS AXE, qui était plus basé sur la gestion d'une exploitation agricole, toujours en continu, où je faisais toujours des stages dans la production de cochons, dans un lycée agricole à Sablé-sur-Sarthe. J'ai toujours été dans l'agricole, pour but de m'installer évidemment plus tard.
- Speaker #0
Est-ce que tu es fille ou petite fille d'agriculteur Est-ce que tu viens du milieu agricole ou pas du tout Alors,
- Speaker #1
pas du tout. Alors, ni mes parents, ni mes oncles, ni mes tantes, ni mes grands-parents étaient dans le milieu. Je suis tombée dedans, je ne sais comment. C'était une très bonne question. J'ai toujours été passionnée d'animaux, d'élevage, de basse-cour. Enfin, voilà, j'ai toujours vécu à la campagne. Depuis que j'étais toute petite, mes parents m'achetaient des fermes Playmobil et j'ai toujours été passionnée. Et je suis restée passionnée. Je ne sais pas pourquoi. mais je ne suis pas issue du milieu et c'est ce que ça surprend beaucoup de monde d'ailleurs que j'en sois arrivée là en partant de rien finalement.
- Speaker #0
Mais justement c'est surprenant et hyper positif en fait de se dire que des personnes qui ne connaissent pas grand chose au monde agricole initialement peuvent se prendre de passion et tout découvrir et s'installer.
- Speaker #1
Ouais c'est ça surtout les stages en fait des études qui ont fait que ça m'a confortée dans mon idée. Après j'ai été salariée agricole et c'est pareil j'ai jamais regretté mon choix. Donc au départ, c'était plus, quand j'étais au collège, j'étais plus basée sur l'élevage équin. Et après, j'ai vite changé de milieu, finalement. Ça ne me correspondait pas. Et après, j'étais tout le temps dans le cochon,
- Speaker #0
finalement. Et alors, lors de tes premiers stages ou lors de tes études, qu'a pensé ton entourage du fait que tu voulais devenir agricultrice Et est-ce que tu as rencontré des difficultés dans tes stages, etc. en tant que femme qui veut s'installer au milieu agricole Alors,
- Speaker #1
mon entourage, non, ils sont mes parents. Ils ont toujours cru en moi. Ils m'ont toujours dit que si de toute façon, si je voulais faire ça, si j'avais la motivation, j'y arriverais. Ils m'ont toujours soutenue, mes proches aussi, ma sœur, etc. Après de la m'installer, ils ne pensaient pas, puisque prendre une exploitation et sortir de nulle part pour en trouver une, c'est assez compliqué. Après, pour mes stages, au tout départ, j'ai été chez Desconnaissances pour me prendre en stage. Puis après, j'ai voulu changer et c'est là que c'est compliqué. J'ai eu beaucoup de je prends pas de filles Donc ça, ça me surprenait un peu parce que ça ne veut pas dire grand-chose. Et puis après, j'en ai pris et j'ai été déçue, donc je n'en prends plus. Ou alors, quand on voyait ma taille, je fermais de 59 et 45 kilos. Ça m'a fermé des portes, je pense, par rapport au physique. Que je ne serais pas capable de faire quelque chose de physique, des trucs comme ça. Je suis comme je suis après, voilà. Après les stages que j'ai trouvés, quand j'étais salariée trois ans chez un même agriculteur, il n'a jamais regretté d'avoir pris une femme d'un mètre 59. Ça ne veut pas dire grand-chose.
- Speaker #0
Je m'y attendais un petit peu, entre guillemets. C'est hyper positif de se dire que tu as réussi, puis rapidement, entre guillemets. Entre la fin de tes études et maintenant, il n'y a pas eu finalement beaucoup de stages et de premières expériences.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer comment s'est faite ton installation Comment est-ce que tu as connu ton conjoint Est-ce que vous vous êtes installés tout de suite tous les deux Et comment est-ce que vous avez trouvé l'exploitation sur laquelle vous vous êtes installée Donc,
- Speaker #1
mon conjoint, ça fait 8 ans et demi qu'on est ensemble. Au début, quand on était ensemble, lui, il s'est installé au 1er janvier 2016. Donc, juste après ses études sur l'exploitation de ses grands-parents. Moi, je l'ai toujours connu installé, finalement, et en vache à l'étante. Donc, du coup, on a été 4 ans ensemble où il était installé et moi, j'étais salariée. Lui, sur son exploitation, finalement, il n'avait que le site d'exploitation avec les bâtiments et les prairies. mais il n'avait pas de maison sur le site finalement. Donc on habitait en location dans le village à côté. Donc ça, ça pesait un peu puisque niveau surveillance des villages et compagnie, c'était un peu compliqué de ne pas être sur place. Donc on avait dans l'idée de faire construire près de son site d'exploitation à lui. Mais bon, compliqué, c'est toujours un peu compliqué de faire construire sur des terres agricoles. Dans les mêmes moments, il y a une exploitation à 1 km de son site à lui, qu'il avait à l'époque, qui était en vente. Donc elle était depuis plusieurs mois déjà. En fait, c'était une exploitation avec des vaches laitières et les fameux poulaillers qu'on a aujourd'hui. Je ne sais plus comment ça s'est fait, mais il a été voir d'abord tout seul les personnes qui vendaient. Et puis les personnes, elles ont dit bah non, on ne trouve pas Et puis voilà, ça ne convenait pas, il y avait eu des visites, etc. Et puis il a dit bah vous n'avez qu'à la prendre, vous Il dit, ça vous permettrait de vous agrandir, etc. Alors c'est là que mon conjoint m'a dit, ben ouais, c'est pas une décision à prendre à la légère. Et puis il m'en a parlé. Moi, j'avais pour projet de m'installer, mais bon, ça faisait quatre ans qu'on était ensemble. Et puis moi, j'adorais mon travail où j'étais. Donc on a beaucoup réfléchi. Et puis finalement, on s'est dit, l'opportunité d'avoir une maison sur le site, et puis la distance avec le site que lui, il avait. Un kilomètre, on n'aurait pas trouvé aussi près. Pour des bovins, je veux dire, c'est pas négligeable. Quand c'est plus éprès, mieux c'est. Et donc c'est comme ça que ça s'est fait. Donc ça, c'était en printemps 2019. On s'en est suivi une étude économique et compagnie pour être sûr qu'on puisse reprendre finalement. Et ça s'est avéré que, bah oui, on pouvait reprendre en modifiant. Donc on a arrêté les vaches laitières et on a mis des bovins à l'étang sous les stabules en récupérant les deux poulaillers, en augmentant que de 15 hectares la surface totale. Donc ça le faisait et je m'installais du coup à 50% avec lui et on était tous les deux.
- Speaker #0
Donc une belle opportunité en fait.
- Speaker #1
Ouais, une super opportunité. Aujourd'hui, on se dit que c'était notre destin. Enfin, je veux dire, c'est improbable d'avoir une exploitation comme ça aussi près de la sienne. Avec une maison, des poulaillers, donc ça permet de diversifier un petit peu. C'est pas mal que d'avoir que des bovins. Ça permet aussi de pouvoir vivre à deux sur une exploitation. Donc on a augmenté un petit peu en nombre de vaches du coup. On est passé de 100 à 130. Ça a permis qu'on soit tous les deux.
- Speaker #0
Et justement, d'être tous les deux sur l'exploitation, est-ce que c'est quelque chose auquel tu pensais dès le début Tu souhaitais faire ta vie avec un agriculteur ou c'est une rencontre qui a fait que ça s'est fait comme ça Comment toi, tu l'envisageais
- Speaker #1
Moi, j'avais toujours dit, si je rencontre un agriculteur, ce sera encore mieux. C'est la rencontre qui a fait, je ne cherchais pas un agriculteur. C'est moi. C'était la rencontre qui a fait aussi que je suis installée aujourd'hui. Je dis toujours que c'est grâce à lui. Il n'aurait pas eu son exploitation, lui, à côté. Je ne pense pas que je serais installée. Peut-être pas, je ne sais pas, mais peut-être que si avec quelqu'un d'autre, finalement. Mais lui, il avait, dans sa tête, il avait toujours dit que c'est vrai que c'est compliqué d'être installée à deux, mais c'est quand même aussi beau que c'est autant compliqué que c'est beau. Parce que... Lui, il ne se voyait pas travailler toute seule toute sa vie. Donc, moi non plus.
- Speaker #0
Et alors pour toi, du coup, le fait de travailler avec son conjoint, qu'est-ce que tu en penses Qu'est-ce que tu peux nous raconter là-dessus
- Speaker #1
Alors c'était très compliqué au départ. Donc quand j'ai fait mes stages à la chambre d'agriculture pour m'installer et tout ça, ils nous avaient bien dit que c'est pas parce qu'on vit ensemble qu'on peut forcément s'entendre au travail. Et moi je l'ai aidé un petit peu le week-end sur son exploitation à lui. Je lui ai dit ouais on est habitués à travailler ensemble et tout ça va le faire. Ils nous avaient dit faites gaffe parce qu'ils nous avaient mis bien en garde là-dessus. Et je trouve que c'est bien parce que c'est important de le dire. Et en 2020 quand je me suis installée, en effet, ça n'a rien à voir. C'était un peu compliqué au départ parce qu'il a été habitué à travailler tout seul. Donc ça, c'était compliqué parce qu'il avait ses repères. Malgré qu'on ait repris une autre exploitation, son travail, sa façon de faire et tout ça, il avait ses trucs à lui. Moi, je suis arrivée, j'avais fait un peu de salariat, donc j'avais d'autres idées que lui. Puis je ne voyais pas les choses pareilles. Au début, ça a été compliqué à trouver nos marques, chacun de nos côtés, travailler ensemble. Et puis il y a aussi, il ne faut pas se mentir, le côté finance qui rentre en jeu. Donc ce n'est plus pareil. Quand moi j'ai mon salaire et lui il avait son truc, là on est tous les deux dans le même bateau. Ça a créé des conflits au départ. Ça a demandé six mois, le temps qu'on se climate. Et aujourd'hui, je ne regrette pas du tout, du tout, du tout. Aujourd'hui, on s'entend super bien au travail. On a chacun mis de l'eau dans notre vin et on a chacun nos façons de faire, mais on fait chacun notre travail. On n'empiète pas sur celui de l'autre et ça se passe super bien. Et je ne reviendrai pas en arrière si c'était à refaire. Mais c'est compliqué. C'est compliqué.
- Speaker #0
Et est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu l'organisation sur la ferme Comment est-ce que vous vous dispatchez les tâches et les missions au quotidien Oui,
- Speaker #1
alors ça peut varier. Par exemple, l'hiver, quand j'ai des volailles, moi je commence ma journée, je fais mes volailles. Donc je fais mon tour. Ou quand ils sont petits, je mets de l'eau, je mets à manger. Pendant ce temps-là, mon conjoint commence déjà à soigner les vaches de son côté. Je le rejoins quand j'ai fini. On finit le travail aux bovins tous les deux. L'hiver, quand il y a les vélages, soigner, mettre le foin, l'ensilage, etc., les seaux. Et l'après-midi, en fonction de ce qu'il y a à faire, soit on fait ensemble quand ça concerne les clôtures ou du travail dans les champs quand c'est la belle période. Ou alors quand c'est les volailles, par exemple, quand il y a du sable à mettre aux volailles, pailler les volailles, c'est moi qui gère les volailles. Du travail quotidien, ils m'aident aux enlèvements et à l'arrivée des poussins. Et après, les bovins, on gère à deux principalement. Et les cultures, c'est plus lui qui gère. Je donne un coup de main quand il y a besoin. Mais je ne gère pas tout ce qui est traitement, engrais et compagnie. Donc voilà. Et le soir, on retourne. Donc moi, je refais mon travail au beau volaille. Et après, on met du foin et on paille les vaches tous les deux. Voilà, c'est à peu près la journée.
- Speaker #0
D'accord, c'est bien rythmé. Oui. Et dans cette organisation professionnelle. Comment est-ce que vous gérez votre temps aussi de couple, à deux Est-ce que ça vous arrive de temps en temps de parler d'autre chose que de vache et de poule Quels sont vos moments à deux et votre organisation de couple sur cette exploitation familiale
- Speaker #1
L'hiver, on ne va pas se mentir, on est beaucoup, beaucoup, beaucoup au travail. Avec les vélages, c'est une période très chargée pour nous. L'hiver, on va dire qu'on n'a que le dimanche après-midi. Soit on est hors pas de famille, soit on est tous les deux comme dimanche qui vient de passer où on n'a rien fait. On a dit stop, on fait une pause. L'été c'est plus simple, on arrive à... On se fait des restos, on se fait... Voilà, on arrive à partir en week-end. On est partis au mois de février où on part quelques jours en août tous les deux pour se retrouver. C'est compliqué de ne pas parler d'autre chose le soir. Le soir on a du mal à couper. sachant que l'hiver on rentre vers 20h30 donc la soirée elle est vite passée et le matin on se lève on parle déjà de ce qu'on va faire dans la journée donc on coupe pas vraiment par contre quand on part en week-end complètement on ne parle pas du tout d'exploitation on arrive à vraiment couper et ça c'est bien je trouve on a du mal l'été oui on arrive à se retrouver l'hiver c'est compliqué l'hiver c'est... oui C'est vraiment la période des naissances, en fait, qui est... Mais on se force à se couper quand même. En février, on a eu un moment de... On avait un ras-le-bol. Pour qui, pourquoi, on ne sait pas. On est partis deux jours, ça nous a fait le plus grand des biens. Il ne faut pas s'oublier. Très important.
- Speaker #0
Je comprends bien. Est-ce que vous avez des enfants Est-ce que vous avez projet d'en avoir bientôt ou pas Comment est-ce que vous vous situez par rapport à ça Et en lien, justement... avec le fait que vous soyez tous les deux installés sur la ferme depuis quelques années.
- Speaker #1
On ne parle pas d'avoir des enfants pour l'instant. En fait, quand on nous demande, on nous dit qu'on n'a déjà pas le temps pour nous. Non, c'est compliqué.
- Speaker #0
C'est un peu pour ça que je te pose la question, je me doutais.
- Speaker #1
Oui, moi pour l'instant, je ne vois pas comment je pourrais faire pour avoir un enfant et m'en occuper avec tout ce qu'il y a à faire à côté. Je me dis, je ne vais pas faire un enfant pour que ce soit mes grands-parents, enfin les grands-parents ou la nourrice qui l'élève. Moi, mon but, si j'ai des enfants, c'est de pouvoir m'en occuper le plus possible. Donc, on a des projets en tête comme mécaniser l'alimentation des bovins, des choses comme ça, pour qu'on passe beaucoup moins de temps. faire des tâches qu'on n'a pas le choix de faire, pour passer plus de temps en famille et rentrer plutôt le soir. Ça, on y pense, ça va se faire, mais les enfants, pour moi, ce ne sera que dans 5 ans ou plus. Si ça arrive avant, ça arrive avant, mais aujourd'hui, je ne vois pas comment on pourrait rajouter une personne. On a des enfants, des sœurs avec des enfants, et tout ça, je me dis, c'est un être humain, il faut du temps. Donc, pour l'instant, les enfants, on en parle, mais dans longtemps. Oui,
- Speaker #0
c'est sûr, ça bouleverse une vie, je peux te le témoigner.
- Speaker #1
J'imagine bien.
- Speaker #0
Est-ce que, du coup, tu parlais de vos frères et sœurs ou de futurs potentiels grands-parents, comment est-ce que vous vous entourez autour de vous Est-ce que vous avez une vie sociale importante Est-ce que vous avez des amis, de la famille dans le coin
- Speaker #1
Alors oui, mes parents habitent en face de chez nous. Enfin, c'est nous qui habitons en face de chez eux, finalement. Donc du coup, c'est pas pour ça qu'on se voit tous les jours, mais si on a besoin, ils sont là. Donc ça, c'est le côté pratique. Ils nous aident des fois pour faire des tâches, passer des vaches de l'autre côté de la route, des trucs complètement... Mais on a besoin d'eux. Et mon papa, il est bricoleur, donc voilà. Les parents de mon conjoint, ils nous aident quand on part en week-end. C'est eux qui nous font le travail aux vaches. Donc là-dessus, on dit toujours qu'on ne partirait pas si ce n'était pas eux qui nous remplaceraient. Parce que c'est compliqué aujourd'hui de trouver du monde et d'avoir confiance et de partir l'esprit léger. Quand on revient de week-end et qu'il y a des vélages et que tout le monde va bien, ça n'a pas de prix. Donc là-dessus, on est super bien entourés. Nos sœurs ne sont pas du milieu, elles ne sont pas du tout dans le truc. On arrive à 21h à un repas de famille, personne ne nous dit rien. Tout le monde nous comprend et je trouve que c'est très important d'être compris et de ne pas être jugé. Et les amis, on est très entourés et on a beaucoup d'amis dans le milieu. On a aussi qui ne sont pas dans le milieu, c'est bien aussi parce qu'on parle d'autre chose. Et c'est important aussi d'avoir... On a des très bons amis.
- Speaker #0
On a fait le tour de pas mal de sujets que tu souhaitais aborder. Je finis souvent cet échange par un conseil que tu aurais à partager à une autre. Femme d'agriculteur, est-ce que tu penses à quelque chose
- Speaker #1
Oui, moi, c'est ce que je fais et c'est ce que je donnerais comme conseil, c'est de se prendre du temps pour soi, pour soi en tant que femme, parce que moi, il y a des aprèmes, je vais faire faire mes ongles, je vais me faire masser, pas tous les mois bien évidemment, mais en fait, c'est très important de se prendre du temps pour soi, seule. Moi, j'aime bien des fois être seule. Je fais partie de... de bureau des GA et de bureau de Groupama. Des fois, j'ai des réunions, je parle le soir. Et voilà, je coupe de mon quotidien. Et je trouve que c'est très important de ne pas s'oublier et qu'il n'y a pas que le boulot et qu'on reste des femmes. Il faut prendre soin de soi. Et ne pas toujours aussi être collée à son conjoint, c'est bien. Parfois, ça permet de couper. Donc, c'est ça que je donnerais comme conseil.
- Speaker #0
Tu es assez active sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Pourquoi Et qu'est-ce que ça t'apporte
- Speaker #1
Quand je me suis installée, j'ai commencé Instagram. Je voulais montrer mon travail. Et puis, ça a pris une ampleur qui est encore gérable, on va dire. Mais je veux montrer ce qu'on fait, notre quotidien. Et puis, je veux aussi, parce que j'ai beaucoup sur Instagram, sur mon compte, j'ai beaucoup, beaucoup de gens qui ne sont pas du milieu. Et qui, des fois, il y a des trucs qui me paraissent... Je sais pas, moi ça me paraît logique et les gens, ils apprennent des choses et des fois ils changent de regard sur certaines choses qu'ils trouvaient parfois peut-être cruelles ou des gens qui sont un peu protecteurs des animaux ou quoi. Et c'est ça que j'aime bien, c'est que des fois j'ai des gens qui me disent Oh j'adore, moi je caresse mes vaches dehors, c'est des vaches, oui c'est des vaches allaitantes. Et les gens me disent Ah mais c'est fou Comme elles sont mignonnes et proches de vous, on n'en a qu'en 15 ans et ça, ça les choque. C'est possible d'avoir une vache de 15 ans Bah oui En fait, c'est ça que j'ai montré, qu'il n'y a pas que des fermes qui n'aiment pas leurs animaux et qu'on peut très bien élever des animaux pour les manger et les aimer. Plus que tout, quoi. Enfin, moi, mes vaches, c'est tout. Et c'est ça, aujourd'hui, que je veux montrer. Et puis, il y a aussi les mauvais côtés, qu'on perd parfois des veaux, que des fois, c'est compliqué, le climat, tout ça, et que c'est pas toujours tout beau, tout rose. Et c'est ce que je veux faire sur Instagram, et c'est ce que j'arrive à faire, je pense.
- Speaker #0
OK, ouais, ouais, super. Moi, j'y voyais très clairement tous les aspects positifs de montrer un peu les coulisses d'une exploitation, mais je voulais avoir ton... ton point de vue là-dessus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour finir, je pose une question à la fin aux personnes que j'interview. Je leur laisse poser une question à la prochaine personne que je vais interviewer. Et donc, la personne avant toi, t'as laissé une question.
- Speaker #1
D'accord. Moi, ça serait de savoir comment elle gère le quotidien. Moi, j'essaye de me fixer, en fait, par semaine. Soit une heure le matin ou une heure l'après-midi. En fait, je ne fais rien d'autre. Évidemment, si Hervé est là, j'y vais. Mais je suis à la maison et soit je fais des papiers, soit je fais de la lessive, soit je fais du ménage. Je ne le faisais pas au départ. J'essayais de le faire un petit peu tous les jours. Et en fait, c'est compliqué de se dire, allez, dans une heure, je rentre plus tôt, machin. Du coup, je me dis le lundi de 14h à 15h, c'est maison. Donc, j'essaye de faire ça.
- Speaker #0
Tu te bloques un petit créneau quotidien pour les tâches quotidiennes.
- Speaker #1
Après, étant sur place, c'est plus simple quand même. Moi, je vois pour faire à manger. Quand je regarde l'heure, quand il est vers 11h, entre deux dessileuses, je vais faire cuire quelque chose. Je trouve ça plus simple. que si on était salarié. Moi, j'ai été salariée et c'était moins facile parce qu'on avait des horaires. Après, quand il fait très beau, on a forcément autre chose à faire l'été. Mais moi, je me fixe des jours. Je fais ça aujourd'hui et je ne le fais pas demain.
- Speaker #0
C'est chouette. Parfait. Je vois bien. Est-ce que, du coup, toi, tu aurais une question à poser à la prochaine personne que je lui ai interviewé.
- Speaker #1
Comment est fait pour en cas de différents, en cas de dispute dans le quotidien, comment est fait pour apaiser les choses Parce que je vois des fois quand ça peut des fois partir un peu, on a un peu les nerfs à vif. Quand il faut travailler ensemble tout de suite après, je veux dire, ça peut paraître compliqué. Et moi, j'ai du mal un peu avec ça des fois. de redescendre de mes grands chevaux pour que ça se passe bien après, finalement.
- Speaker #0
C'est une question hyper intéressante et qui fait aussi un beau résumé de ce qu'on a échangé toutes les deux, de travailler ensemble et puis en même temps, de travailler avec son conjoint.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Super. Merci beaucoup, Edith, pour ton temps et pour cet échange.
- Speaker #1
De rien. Merci à toi. Merci à toi. C'est gentil de nous donner la parole.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie ou au contraire sont bien différents de Ausha professionnels et personnels, alors n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode.