- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée. Elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France, sont issues du monde agricole ou le découvrent jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, elles-mêmes salariées ou agricultrices, mères, ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion. J'ai plaisir à discuter avec ces femmes et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie personnels et professionnels, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime Pour commencer cette nouvelle saison, j'ai le grand plaisir de discuter avec une amie, Alexia, qui est mariée avec un éleveur en Normandie. Elle est responsable qualité et production sur l'atelier de transformation sur l'exploitation. familiale. Ils ont deux enfants, attendent actuellement un troisième enfant pour compléter cette jolie petite famille et elle va nous présenter ses joies et difficultés à travailler et vivre en parallèle de l'exploitation familiale de son conjoint.
- Speaker #1
Donc moi c'est Alexia, je suis mariée à Donatien, on a 30 ans, enfin moi bientôt 30 ans et lui a eu 30 ans. Et nous nous sommes rencontrés lors de nos études à Unilassal-Bovey, pour devenir ingénieurs en agriculture. Nous avons deux enfants, Anatole qui a 3 ans et demi, et Aliénor 1 an et demi, et nous attendons notre troisième bébé qui est en route pour le mois de février. Nous vivons en Normandie, dans l'Eure. On est assez bien placés parce qu'on est à une trentaine de kilomètres de la côte de Deauville-Enfleur. Donc, c'est un coin assez sympathique. Mon mari est agriculteur. Il a une ferme de polyculture élevage. On fait de l'élevage de volailles, donc poulet, pintade. On a des canards gras, c'est-à-dire qu'on fait du gavage de canards pour le foie gras. C'est une activité qu'on fait toute l'année. Toute l'année, on gave matin et soir des canards, tout en élevant les volailles. Et on a également une activité d'élevage de bovins à l'étang. Je ne sais pas exactement combien on en a, mais on en a une. plus d'une centaine. Tous les animaux, ils sont nourris avec les céréales de la ferme, donc on a plus de 200 hectares, donc avec principalement blé, maïs et autres. Donc on a une assez grosse structure parce qu'on a également un abattoir et un atelier de transformation où, donc, entre l'élevage et l'abattage-transformation, on est une cinquantaine de salariés. Donc on a, avec tout ça, on fait beaucoup de ventes directes. On va dire que ça représente à peu près 60% de ce qu'on vend. Et après, on vend également à des restaurateurs ou des épiceries fines. On a un magasin dans le centre de notre village et on fait également trois marchés hebdomadaires.
- Speaker #0
Maintenant que le contexte est posé, parlons un peu de toi. D'où viens-tu initialement et as-tu grandi dans un lieu agricole
- Speaker #1
Alors moi, j'ai grandi dans les Yvelines et également en Bretagne. Mes parents ont déménagé quand j'avais 12 ans. Donc voilà, j'ai fait un peu de région parisienne, un peu de Bretagne. Mes parents ne sont pas du milieu agricole. Par contre, j'ai toujours été intéressée par ce milieu-là. J'ai des oncles et tantes qui sont agriculteurs en Bretagne et dont j'ai passé beaucoup, beaucoup de temps quand j'étais enfant. C'est un milieu qui m'a toujours attirée. Et ma maman travaillait dans l'agroalimentaire, donc c'est ce qui est quand même assez lié avec l'agriculture.
- Speaker #0
Quelle étude as-tu fait et dans quel but
- Speaker #1
Donc, étant intéressée par le milieu agricole et l'agroalimentaire, j'ai fait... l'école d'ingénieur Unilassal Bové. C'est là que j'ai rencontré Donatien. Je suis ingénieur en agriculture, option industrie agroalimentaire.
- Speaker #0
Quand tu es rentrée à l'école, quel était ton objectif professionnel Si jamais tu le savais. Si tu ne le savais pas, quelles étaient tes appétences professionnelles futures
- Speaker #1
Quand je suis rentrée à l'école d'ingénieur, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Est-ce que je voulais travailler plutôt dans l'agriculture, plutôt dans l'agroalimentaire Après mon... Mon projet s'est un peu plus dessiné et je savais que je voulais travailler au début dans des usines agroalimentaires. Puis j'avais quand même comme vision de travailler dans des plus petites entreprises qui sont plus proches de l'agricole. La vente directe, tout ça, ça m'a toujours intéressée. Mon projet s'est un peu plus dessiné au fur et à mesure des études.
- Speaker #0
À la sortie de l'école, qu'est-ce que tu as exercé comme métier Et quelles étaient tes missions et ton poste ou tes postes
- Speaker #1
À la sortie de l'école, déjà, Donatien et lui, ils avaient déjà repris la ferme avec ses parents. Donc, il était en Normandie. J'ai essayé de chercher un stage de fin d'études proche de l'exploitation. J'ai eu la chance de trouver un stage dans une usine on va dire à 40 minutes de l'exploitation, une usine qui faisait des petits fours surgelés. Et donc, j'y suis restée 5 ans, où j'étais responsable amélioration continue. Donc, je m'occupe beaucoup de la... Alors, un petit peu de la production, de la responsabilité de la production et aussi de tous les projets liés à la performance industrielle. Donc, comment améliorer le rendement des lignes, la productivité, comment améliorer la qualité. de la production. C'était assez varié et j'avais une place quand même assez élevée même en tout début de carrière dans cette entreprise. J'y suis restée 5 ans pour me faire quand même une bonne expérience dans une usine. Au bout de 5 ans, je suis tombée enceinte de mon premier enfant. Durant mon congé mat, je me suis dit comment... J'avais quand même 40 à 45 minutes de route pour aller à la maison. au travail. Et avec Donatien, qui passait beaucoup de temps sur l'exploitation, je me suis dit comment faire pour m'occuper de mon enfant tout en partant sur des journées très très longues. Donc c'est là que j'ai réfléchi à revenir plus près de l'exploitation.
- Speaker #0
Oui, l'arrivée d'un enfant, ça bouleverse souvent la vie et surtout ça remet en question pas mal de choix personnels et professionnels. Est-ce que c'est à ce moment-là que tu as voulu t'installer sur l'exploitation Comment tu l'as fait Qu'est-ce que maintenant tu fais au quotidien Est-ce que tu fais la même chose que Donatien Est-ce que tes missions sont différentes Et comment s'est fait petit à petit ton installation sur l'exploitation familiale de Donatien
- Speaker #1
À l'arrivée de mon premier enfant, Anatole, j'ai dit à mon chef, je reste le temps de finir mes missions. mais je souhaite revenir sur l'exploitation avec mon mari et mes beaux-parents. Il se trouve que nous, on a quand même une activité très diversifiée. On a la partie élevage, mais on a aussi la partie atelier de transformation, abattoir. Mon mari, lui, travaille beaucoup sur l'élevage et les cultures, et mes beaux-parents plutôt sur l'abattoir, atelier de transformation. Et donc moi, je savais que je ne voulais pas travailler. tous les jours, être toujours avec Donatien. Ils étaient en manque un petit peu de personnel sur l'abattoir, surtout sur la gestion de la production, l'organisation. Donc ça tombait très bien pour moi parce que c'est ce que j'ai appris à l'école, c'est ce que j'ai appris durant cinq ans pendant ma première expérience professionnelle. Donc j'ai saisi l'occasion et je suis revenue sur l'abattoir Atelier Transformation où là j'ai commencé petit à petit à essayer de comprendre comment tout... tout était organisé. Et donc maintenant, je gère une partie de la production, donc l'organisation. Pas tout, parce que c'est quand même assez conséquent. Donc mes beaux-parents en gèrent, on va dire, la moitié. Et moi, je suis plutôt sur la partie plat cuisiné, sur les conserves. Donc organiser la production, gérer la qualité des produits qui sortent, gestion des stocks. Donc on va dire ça à 50%. Et puis, je suis aussi beaucoup sur la partie administrative, que ce soit en ce qui concerne la ferme, et aussi sur tout ce que... tout l'abattoir, on va dire. Donc voilà, on va dire 50% administratif et 50% production, gestion de production.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'arrive d'aller faire un saut au niveau de l'élevage et des cultures Est-ce que tu aimes y aller par détente, par loisir, pour voir un peu Donatien Ou même avec tes enfants, par exemple Ou est-ce que parfois tu y vas aussi pour l'aider ou pour filer un coup de main Je n'y vais pas pour l'aider,
- Speaker #1
j'y vais plutôt pour passer du temps avec lui, parce qu'on se voit quand même assez... peu en semaine. En plus, c'est très rare qu'il fasse du tracteur où on peut se parler. Il est plutôt à courir à droite à Ausha gérer ses salariés parce qu'il a quand même une dizaine de personnes à gérer sur l'élevage. Mais dès que j'en ai l'occasion, je vais avec lui, j'emmène les enfants dès qu'on peut. En fait, tous les jours, je l'appelle, je lui dis Est-ce que tu as un créneau pour que je t'emmène les enfants Est-ce que là, je peux venir te voir Donc voilà, c'est comme ça qu'on gère au quotidien.
- Speaker #0
Du coup, maintenant qu'on te connaît un peu mieux, on commence à discuter un petit peu de... ta vie de couple et de famille. Quand tu as rencontré Donatien, je suppose qu'il t'a rapidement dit qu'il était dans le milieu agricole et qu'il allait reprendre la ferme et qu'il était passionné par ce domaine. Qu'est-ce que tu as ressenti à ce moment-là Est-ce que tu as ressenti, par exemple, des excitations, des craintes Comment tu te projetais dans cette future vie de femme d'agriculteur
- Speaker #1
Alors, quand je l'ai rencontré, c'est vrai qu'il m'a parlé tout de suite de son exploitation. Alors, pour moi, être agriculteur, c'est avoir son élevage, ses cultures. Et puis, voilà, en fait, c'est tout. Sauf que lui, il a quand même, avec ses parents, une entreprise très développée entre l'élevage, les cultures, l'abattoir, l'atelier de transformation. Je ne voyais pas l'ampleur au début de cette entreprise. Donc, j'avais quelques craintes par rapport à, forcément, cette vie agricole, d'être toujours, on va dire, bloquée au même endroit, qu'on ne peut pas déménager, qu'on ne peut pas bouger beaucoup. J'ai mon oncle et ma tante qui ont une exploitation et j'ai toujours adoré leur vie rurale. Voilà, c'est quelque chose qui m'a attirée quand même. Donc, j'ai mis de côté un peu mes craintes avant de voir... comment ils vivaient. Au fur et à mesure, j'ai compris que l'entreprise était quand même assez grosse, que le travail était conséquent, surtout qu'il est revenu sur la ferme un peu avant que j'aie fini mes études. Donc, j'ai vu comment il travaillait avant que j'arrive. Bon, c'est vrai que ça faisait un peu peur. Il part à 7h du mat', il revient à 20h. Avec les week-ends, donc en fait, quand on est là, il travaille 7 jours sur 7. Peu de temps tous les deux, on va dire. J'ai eu un peu de mal au début, mais j'ai vite accepté cette charge de travail. en voyant comment il était épanoui dans son métier.
- Speaker #0
Est-ce que tu habites sur l'exploitation Si oui, est-ce un choix ou est-ce prévu pour plus tard
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, nous habitons à 7 km de l'exploitation sur un site où il n'y a que des vaches, on n'a que des stabules, donc c'est un site où il n'y a pas beaucoup d'activités parce qu'il n'y a qu'une seule personne qui s'occupe des bovins, donc c'est à 7 km de la ferme. Pour Donatien, ça lui parlait très très loin, donc de faire 10 minutes de route matin et soir, il ne peut pas revenir quand il veut à la maison pour voir les enfants. Donc, nous nous sommes lancés il y a six mois dans la construction d'une maison juste à côté de la ferme. Donc, on est à 200 mètres de la ferme. Et c'est aussi pour faciliter la vie avec les enfants que nous construisons là-bas. La maison sera prête dans un an. On a hâte d'aller vivre là-bas. Ce sera beaucoup plus simple au quotidien. C'est-à-dire qu'on pourra se voir beaucoup plus dans la journée, rentrer manger le midi ensemble à la maison. Ce sera beaucoup plus simple. On a construit ça tous les deux, surtout depuis l'arrivée des enfants, parce que c'est vrai que quand ils partent le matin et que je suis à la maison avec les enfants, ils perdent tout de suite 20 minutes, une demi-heure à revenir à la maison. Quand il m'a parlé qu'on avait la possibilité d'habiter sur l'exploitation, tout de suite je lui ai dit oui, oui, on y va, si on peut on le fait, ce sera une facilité au quotidien
- Speaker #0
Au début, quand tu t'es présentée, tu nous parlais un peu d'où tu avais grandi. Est-ce que tu as toujours vécu à la campagne Qu'est-ce qui te plaît dans cette vie à la campagne
- Speaker #1
Oui, j'ai dit tout à l'heure que j'ai vécu dans les Yvelines, mais j'étais dans un tout petit village assez rural. Il y avait 500 habitants. C'est une vie quand même assez rurale, proche de la région parisienne, mais quand même très calme. Quand j'ai déménagé en Bretagne, pareil, j'étais dans une ville assez moyenne. Je n'ai jamais eu de vie citadine. J'ai baigné un peu là-dedans. J'ai toujours aimé ce côté proche de la nature, pas de bruit, parasites. Je suis ravie d'habiter à la campagne et c'est quelque chose qui m'a toujours plu.
- Speaker #0
Tu as beaucoup parlé pendant notre échange de tes beaux-parents, puisque Donatien travaille avec ses parents sur l'exploitation, enfin même toi également maintenant. Est-ce qu'ils sont proches géographiquement Quels sont tes rapports avec eux Comment ça se passe
- Speaker #1
Alors oui, en effet, je passe beaucoup de temps avec ma belle-famille. Ils habitent sur l'exploitation. Prochainement, on va habiter avec eux. quasiment sur l'exploitation. Je m'entends très, très bien avec eux. C'est des personnes pas du tout envahissantes. Alors au début, c'était une de mes craintes, d'avoir des beaux-parents trop présents, trop sur notre dos, surtout avec l'arrivée des enfants. Mais en fait, ils sont juste parfaits. Ils ne viennent jamais à l'improviste. Si on ne les invite pas, ils ne viennent pas. C'est des personnes un peu comme sont mes parents. C'est un peu la même vision des choses. Donc, ça a été très, très simple de m'intégrer dans leur quotidien et dans leur vie. Moi, je les vois encore plus que mon mari parce que je travaille avec eux sur l'abattoir. Quasiment tous les midis, on mange ensemble. Ils sont très présents dans ma vie et c'est quelque chose que je ne regrette pas du tout. Ça se passe très, très bien et j'espère que ça se passera bien encore pendant longtemps.
- Speaker #0
Oui, c'est atypique de travailler avec ses beaux-parents, même plus que son mari en tant que tel.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
On parlait aussi de tes enfants. Moi, j'ai un peu des questions sur l'arrivée de tes enfants. Est-ce que tu as eu de l'aide ou comment tu as géré l'arrivée de tes enfants dans des périodes agricoles denses ou compliquées Comment est-ce que tu as géré ton postpartum Est-ce que tu as eu des aides Comment est-ce que tout ça s'est mis en place Comment s'est fait ce bouleversement de vie à côté de l'exploitation
- Speaker #1
Alors oui, en effet, l'arrivée des enfants, surtout du premier, ça a un peu chamboulé notre quotidien. Parce que c'est vrai qu'avant les enfants, déjà, je savais que Donatel n'était pas beaucoup présent. On arrive à partir beaucoup en week-end, en vacances, mais au quotidien, en tout cas, il est peu présent. Ça a été très dur à l'arrivée d'Anatole parce qu'il a été présent au tout début, on va dire la première semaine, les 15 premiers jours. Une fois qu'il a dû retourner au boulot... C'est vrai que c'est des longues journées toutes seules à gérer quand tu ne connais pas, quand c'est ton premier enfant, c'est assez compliqué. Donc j'ai eu beaucoup de mal à l'accepter au début, ça a mis du temps, mais maintenant, malgré le fait que je m'occupe maintenant, donc maintenant ils sont deux, je m'en occupe on va dire à 80% du temps, c'est moi qui les prépare le matin, c'est moi qui vais les récupérer le soir. Le week-end, quand Donna s'y entraveille, je m'en occupe, c'est quand même assez prenant, donc on va dire que l'équilibre n'est pas beaucoup respecté. Je l'ai accepté. Donc maintenant, ça va beaucoup mieux. J'ai eu beaucoup de mal à l'arrivée du premier. L'arrivée d'Aliénor il y a un an et demi a été beaucoup plus simple parce que je savais à quoi m'attendre.
- Speaker #0
Comment se passe votre organisation familiale vis-à-vis des enfants au quotidien Alors notre organisation,
- Speaker #1
je travaille quatre jours par semaine. Là, Anatole vient de faire sa première rentrée, donc il va à l'école quatre jours. Aliénor va chez la nounou quatre jours par semaine. Je les emmène le matin, je les récupère le soir. Donc voilà pour l'organisation, on va dire, hebdomadaire. On arrive à trouver du temps quand même assez souvent parce que du fait que nous avons beaucoup de salariés, on arrive à se faire remplacer assez facilement. Donc il ne faut pas non plus que ce soit tous les week-ends, mais on arrive à partir, on va dire, en moyenne un week-end par mois. On peut le passer loin de la maison. Et on arrive assez facilement aussi à partir en vacances en se faisant remplacer par les salariés. Alors par contre, il ne faut jamais qu'on parte en même temps que mes beaux-parents. On doit partir au moins trois, voire quatre semaines par an, loin de la maison.
- Speaker #0
Quel moment Donatien arrive à trouver avec eux Donatien et les enfants,
- Speaker #1
si on est à la maison, ils travaillent. Donc un peu compliqué de trouver du temps avec les enfants. Le week-end, on va dire, ils travaillent le matin, ils retournent travailler le soir. Donc ils voient les enfants dans la journée.
- Speaker #0
Quelle est la relation entre Donatien et ses enfants,
- Speaker #1
du coup Alors, il est très proche d'eux. Ça peut paraître paradoxal parce qu'il ne passe pas beaucoup de temps. temps avec eux au quotidien, mais il est très très proche de ses enfants, il adore ses enfants, en fait, dès qu'il est à la maison, c'est comme si je passais le relais, on s'en occupe à deux, il fait tout, même s'il a passé une journée très compliquée, très longue, il est présent pour les enfants, donc ça c'est quelque chose que j'admire.
- Speaker #0
C'est clair. Comment est-ce que vous trouvez vos moments, du coup, de couple Est-ce que vous accordez des soirées, des restaurants, des week-ends Comment vous trouvez vos instants à vous deux, dans cette vie de famille et dans cette vie périmée par l'exploitation
- Speaker #1
On n'a pas vraiment de rituel, de se dire qu'on se libère une soirée par semaine pour se voir tous les deux. Par contre, on discute quand même beaucoup. Et dès qu'on voit qu'on ne s'est pas retrouvés tous les deux depuis un moment, on s'appuie sur mes beaux-parents qui peuvent nous les prendre sur une soirée ou un week-end. Ils sont quand même assez présents pour nous garder les enfants. On a aussi l'arrière-grand-mère de Donatien qui est encore assez en forme, on va dire, pour s'occuper des enfants. Donc, on y arrive assez.
- Speaker #0
Donc, vous avez pas mal de familles autour de vous. Vous avez des amis dans vos alentours. Comment tu qualifierais votre vie sociale Est-ce qu'elle est importante Est-ce que parfois, tu te sens isolée ou plutôt bien entourée Et comment est-ce que vous arrivez à gérer justement cette vie sociale avec la vie de couple, la vie de famille et l'exploitation agricole Donc,
- Speaker #1
c'est vrai que quand on a des enfants en bas âge comme ça, et puis l'exploitation en plus, ça peut paraître compliqué d'avoir une... une vie sociale épanouie. On a de la chance d'avoir des amis qui ont fait également la même école d'ingénieurs que nous, qui ne sont vraiment pas loin, et c'est des amis d'enfance de Donatien. Donc, ce n'est pas mes amis à moi de base, mais j'ai appris à les connaître. Ils ont également des enfants à peu près dans les âges des nôtres. Donc, on se voit assez régulièrement, même très régulièrement. C'est très facile, on s'appelle, on se dit que ce soir, on se voit, on mange ensemble. On a quand même une vie sociale assez épanouie.
- Speaker #0
Pour finir, est-ce que tu aurais un conseil à partager à une autre femme d'agriculteur qui nous écoute
- Speaker #1
Oui, quand on a une vie rythmée par tout ce qu'on vient d'évoquer, je pense que le principal conseil que je peux donner, c'est de toujours communiquer dans le couple, de ne jamais laisser des non-dits, c'est quelque chose de très important. importants. Au début, je ne l'avais pas forcément compris, je gardais ça pour moi, je me suis dit c'est normal qu'on ne se voit pas beaucoup parce qu'il est agriculteur, mais en fait c'est très important de communiquer, de donner ses émotions en couple, voilà ce serait mon conseil, la communication.
- Speaker #0
C'est super que tu dis ça, surtout que moi, quand je t'ai rencontrée, je te trouvais assez timide et introvertie et plus du tout maintenant. Donc, quand tu parles de communiquer, d'être à l'aise, de parler de ses sentiments et de ce qu'on ressent, je trouve que ça te définit bien et ça définit bien ton évolution avec Donatien.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est exactement ça. C'est une évolution. C'est comme tu dis, au fur et à mesure des années, on comprend beaucoup de choses et puis c'est comme ça qu'on évolue. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Pour conclure cet échange ensemble, qu'est-ce qui, selon toi, t'épanouit chaque jour dans ta vie de femme d'agriculteur
- Speaker #1
Ce qui m'épanouit dans ma vie, c'est quand je passe des moments difficiles le soir avec les enfants ou que j'ai passé une journée complète avec les enfants sans voir personne. Et je l'attends, il est en retard. Je me dis que quand même, quand je regarde par la fenêtre, je vois le calme, la nature et je me dis, est-ce que je suis quand même pas bien là C'est le fait d'être heureux. vraiment au calme.
- Speaker #0
De se sentir épanoui dans où on vit et puis de relativiser aussi un peu, c'est ça
- Speaker #1
C'est ça, tout à fait.
- Speaker #0
Eh bien, écoute, Alexia, merci beaucoup pour cet échange, c'était super intéressant.
- Speaker #1
Merci à toi, c'était vraiment très sympa de partager ces choses qu'on ne partage pas, on va dire, régulièrement.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie, ou au contraire sont bien différents de Ausha personnels et professionnels, n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode. A bientôt