- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée. Elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France, sont issues du monde agricole ou le découvrent jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, elles-mêmes salariées ou agricultrices, mères, ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion. J'ai plaisir à discuter avec ces femmes et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie personnels et professionnels, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Pour cet épisode, j'ai la chance de discuter avec Anaïs. On se connaît un petit peu toutes les deux. Peux-tu brièvement te présenter ?
- Speaker #1
Moi, c'est Anaïs, je dis mon propre nom. Je suis mariée à Quentin. Nous avons trois enfants, un enfant qui a 4 ans, un petit-enfant qui a 2 ans et une petite-aimée qui a un mois aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous présenter l'exploitation de Quentin ?
- Speaker #1
On est sur la ferme depuis 2019. Quentin cultive avec son papa une ferme en polyculture céréale, blé, orge, colza, lin, betterave et maïs. Et puis en parallèle de ça, Quentin a créé lui tout seul sur la ferme un verger de fruits rouges de 2 hectares. Donc principalement constitué de framboises pour boîtier du verger et puis les autres petits fruits rouges à savoir caisse, cassis, groseilles, mûres, myrtilles et rubans.
- Speaker #0
Ok, donc maintenant que le contexte est posé, on va parler un peu plus de toi. D'où viens-tu initialement et as-tu grandi dans un milieu agricole ?
- Speaker #1
J'ai grandi en Normandie, à 20 km d'où on vit aujourd'hui. dans un petit village rural. Je ne suis pas du tout ici du milieu agricole. Dans ma famille, j'avais juste mon papy qui avait quelques animaux, tout ça, mais je ne suis pas ici du milieu agricole. Par contre, c'est un milieu que je connais bien. J'ai des amis d'enfance qui sont dans le milieu agricole où j'ai plus ou moins grandi dans le milieu. Je le connaissais très bien. Ce n'était pas du tout inconnu pour moi. Ce n'est pas un milieu qui me faisait peur du tout.
- Speaker #0
Ok. Quelles études as-tu fait et dans quel objectif ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je suis infirmière libérale. quatre ans. Ça va faire dix ans que je suis infirmière bientôt. J'ai tout de suite su, c'était un peu une vocation pour moi d'être infirmière. Donc je suis très tôt que j'allais en tout cas tenter de faire ce métier. Et puis j'ai fait direct après le lycée le concours infirmier. J'ai été diplômée. Du coup, j'avais 22 ans. Donc ça va faire maintenant dix ans que je suis infirmière. J'ai fait un parcours un peu hospitalier dans différentes régions de France. Là, depuis quatre ans, je suis installée dans mon cabinet dans mon village natal à 20 km de la ferme.
- Speaker #0
Ce choix d'être en libéral, est-ce que c'est pour une proximité avec des patients et c'est par rapport à l'exercice libéral en tant que tel ? Ou est-ce que c'est pour passer certaines barrières géographiques pour être proche aussi de l'exploitation de Quentin ?
- Speaker #1
Ça a toujours été un projet d'être infirmière libérale. C'est vraiment comme ça que j'ai découvert ce métier. En plus, j'ai toujours beaucoup aimé cette version du métier. Après, quand l'opportunité s'est présentée, ce n'était pas du tout dans le projet initial de m'installer tout de suite. Mon fils Edwin avec... trois mois. Là, l'opportunité de présenter, je ne me voyais pas refuser. C'était vraiment pour moi une chance. Et en plus que ce soit dans mon village natal, ça m'a confrontée aussi. C'était plus sécurisant. On ne l'envisageait pas tout de suite parce qu'on était, Quentin aussi, débuté le verger de fruits rouges. On était dans deux projets en même temps, mais je n'ai pas voulu passer à côté cette opportunité. Et je savais que oui, en reprenant le cabinet, on a aussi posé quelques conditions et tout ça, et on a pu adapter avec nos associés. Un planning qui fait que j'ai quand même une liberté pour accorder du temps à mes enfants et tout ça. J'ai un roulement fixe, donc quand je travaille, je ne suis pas du tout disponible, enfin très peu. Mais je sais me projeter sur les jours et j'ai des jours de repos. J'ai une longue série de repos chaque mois, donc c'est plutôt un avantage. Et du coup, on arrive à se projeter aussi pour la gestion des enfants, la gestion de l'exploitation et tout ça. Et donc oui, ça a aidé à vraiment contribuer. la vie de la ferme, oui, je me suis dit que ça allait être un avantage par rapport à l'hospital. où on décide beaucoup moins.
- Speaker #0
C'est un bon compromis entre un désir professionnel et d'épanouissement pro pour toi et en même temps une famille et une proximité avec l'exploitation aussi de ton conjoint. Oui,
- Speaker #1
c'est deux professions qui matchent bien dans le sens où on n'a pas de planning, on n'a pas d'horaire tous les deux. C'est vrai que c'est un peu compliqué les horaires et tout pour un agriculteur. Pour une infirmière numérale, c'est un peu pareil. Quand je travaille, on ne sait jamais si je vais rentrer de bonheur en poids. Ça dépend si tu peux avoir un imprévu. Donc c'est deux professions qui se corrèlent bien, puisque notre travail, on le fait de la même, plus ou moins, pas de la même façon, mais en tout cas, on voit les avantages et les inconvénients du métier qui sont un peu similaires, on va dire, dans le sens où quand on travaille, on travaille, mais pas dispo, et on n'a pas le choix d'être là. Que ce soit moi pour mes patients ou Quentin, c'est pour les cultures, c'est un peu moins contraignant que l'élevage. Mais des fois, les cultures, les fruits rouges, ça peut ne pas attendre aussi non plus. C'est compliqué. Il ne faut pas attendre non plus des heures et des jours. Quand ça doit être fait, ça doit être fait.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'arrive d'aider Quentin sur l'exploitation, sur la partie fruits rouges ? Est-ce que tu le fais par nécessité et vous l'aviez un peu calculé au moment où il a décidé de se lancer là-dedans ? Ou est-ce que tu le fais aussi un peu par plaisir, d'aller faire un tour à la ferme ?
- Speaker #1
Alors déjà, on vit sur l'exploitation, donc ça rend les choses un peu plus faciles déjà de ce côté-là. Ce projet de Fruits Rouges, c'est vrai qu'on l'a vraiment réfléchi à deux, entre guillemets, puisque moi, je n'y connais absolument rien et tout ça. Donc disons que c'est quand même quelque chose qu'on a créé ensemble, où j'étais là depuis le début. Donc c'est différent des Cérales, où c'est un milieu que je connais moins, il y a du machinisme et tout ça. Là, c'est plus quelque chose de vraiment plus concret, terre à terre, manuel, tout ça. Donc j'étais là depuis le début. à l'élaboration quand on est revenu, si on l'avait déjà réfléchi même un petit peu avant de revenir sur la ferme. C'est vrai que c'est quelque chose que je prends plaisir à contribuer et je l'aide, oui. Quand je ne travaille pas, j'y vais. Je vais cueillir et tout ça, si je peux, si les enfants, c'est possible, j'y vais. L'été, quand on est en pleine saison de fourrage, c'est une cueillette à la ferme qui est ouverte tous les samedis. Et cette cueillette, quand je ne travaille pas, donc un samedi sur trois, c'est moi qui l'aide. Quentin n'est pas disponible puisque lui, il fait tous les marchés du secteur.
- Speaker #0
Ok. Je parlais de cette... cueillette et de production de fruits rouges, vous faites un peu de transformation aussi, non ?
- Speaker #1
Oui, on fait de la transformation. On produit toutes nos confitures. On fait aussi du sirop, du vinaigre, du pétillant sans alcool et du coulis. Donc ça, c'est une partie qu'on fait l'hiver essentiellement. Et puis on vend les marchés. Donc on fait les marchés l'été, que l'été pour l'instant. Donc on vend la production et les fruits frais et les produits transports en mai. Et puis on fait aussi les marchés de Noël.
- Speaker #0
Ok, et toi ça t'arrive aussi d'aller un peu sur les marchés faire de la vente ou aller un peu sur le labo de production ou pas spécialement ?
- Speaker #1
Les marchés non, quand j'y vais c'est par plaisir avec mes enfants qu'ils voient Quentin et puis qu'on fasse une petite balade. Sinon les marchés de Noël ça m'arrive de l'aider mais l'été non, clairement j'ai pas trop le temps de pouvoir y aller aussi. Ou alors vraiment uniquement par loisir. Pour le laboratoire oui, c'est encore l'ébauche du laboratoire mais à partir de cet hiver vraiment on va attaquer dans le dur. pour la transformation et tout maîtriser de A à Z nous-mêmes. Je pense que je serai amenée à aller l'aider. Et puis, j'irai aussi un peu plus fort que moi. De toute façon, pour aller aider, ça ne me dérange pas du tout sur la partie frais rouge, puisque je peux le faire. L'agriculture céréalière, ce n'est pas quelque chose que je maîtrise. Il n'est pas forcément qu'il m'intéresse non plus. Il n'a pas forcément besoin d'aide aussi, puisqu'il y a encore mon beau-père. L'activité frais rouge, oui, par contre, je l'ai vue avec plaisir et envie.
- Speaker #0
Est-ce que par la suite, tu pourrais envisager de te libérer du temps sur ton activité d'infirmière libérale pour développer d'autres projets de l'exploitation ? Est-ce que tu y penses ou pas spécialement ? Tu verras peut-être plus tard.
- Speaker #1
Honnêtement, non, parce qu'avec Quentin, je pense qu'on ne pourrait pas travailler ensemble la journée 4. On a besoin aussi de partager et on ne voit pas les choses tout à fait de la même façon. Je m'investirais toujours, comme je le fais actuellement, à l'aider dès qu'il y a besoin. Il sait qu'il peut compter sur moi, faire des livraisons de produits transformés à droite à gauche. Il n'y a pas de problème. Je pense que je garderai mon activité. Déjà, je suis passionnée par mon métier et j'aime ce que je fais et j'en ai besoin. J'ai besoin d'être épanouie professionnellement. C'est hyper important comme lui l'est. Mais moi, c'est tout aussi important que je sois épanouie professionnellement pour mon équilibre, tout simplement. Pour l'instant, j'ai vraiment un avantage au cabinet d'avoir deux associés qui sont super et qui, en tout cas, voient les choses de la même façon sur la gestion de notre cabinet. Et du coup, on a un planning qui est vraiment avantageux et confortable pour associer toutes ces idées, que ce soit la vie familiale et la vie... des chevaux rouges et tout ça, avec mon travail. Pour l'instant, si tout va bien comme ça, je pense qu'on est partis pour quelques années, en tout cas, j'espère, comme ça.
- Speaker #0
Ok, je comprends bien et c'est tout à ton honneur aussi de souhaiter ton épanouissement pro à côté aussi, bien sûr. Alors maintenant que nous te connaissons un peu mieux, nous allons discuter ensemble de ta vie de couple et de famille. Comment et quand as-tu connu Quentin ?
- Speaker #1
Alors avec Quentin, ça fait maintenant quelques années, ça fait 14 ans qu'on est ensemble. On s'est connus au lycée, on se connaît. Très, très bien maintenant. Donc, on a été séparés durant nos études, mais on savait que Monsieur Quentin est ingénieur en agriculture et il était sur Bové et moi, j'étais sur Evreux. Mais voilà, ça n'a jamais été un frein pour poursuivre notre histoire. Et du coup, ça fait 14 ans qu'on est ensemble. OK.
- Speaker #0
Quand tu l'as rencontré, même si vous n'étiez encore que lycéen, quels ont été tes premiers ressentis sur le fait qu'il était fils d'agriculteur et qu'il souhaitait être agriculteur ? plus tard ?
- Speaker #1
Pas du tout d'a priori. Le milieu agricole me plaisait beaucoup. M'intéresser n'est pas du tout un frein en tout cas. La famille de Quentin est agriculteur depuis quatre générations. Quentin est quelqu'un qui attache vraiment d'importance à tout ça, à cette histoire de l'agriculture dans la famille. C'était sûr et certain qu'il serait agriculteur plus tard. Ça n'a jamais été vraiment du tout une contrainte. Moi, ça m'allait très bien. En plus, on est originaire de la même région. Je n'ai pas eu ce frein. du secteur. Je suis restée dans mon milieu géographique, donc j'ai pas eu ce changement-là. Donc c'était pas du tout un frein pour moi d'être avec un agriculteur.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Vous habitez sur l'exploitation, c'est un choix. Qu'est-ce que ça vous apporte ? Est-ce que ça facilite aussi votre vie de couple, de famille ? Et aussi, ça facilite l'organisation de Quentin sur la ferme ? Oui,
- Speaker #1
c'est un choix complet, puisqu'en fait, il y a une maison sur l'exploitation, mais que mes beaux-parents n'ont jamais habité. par choix plutôt pour ma belle-mère qui ne souhaitait pas vivre sur la ferme. Cette maison-là était en locatif, donc quand nous on a décidé de revenir en Normandie, puisqu'avant on a vécu deux ans à Bourges, où Quentin a un métier de courtier en agriculture en matière première pour la fin de son stage, et puis il a poursuivi quelques années. Quand on est revenu, c'était une évidence pour nous de reprendre cette maison, avec l'accord de mes beaux-parents, mais du coup on a reçu tous les travaux dedans, on est vraiment en plein milieu de la ferme. On est super heureux d'être là, moi j'étais vraiment contente d'habiter sur l'exploitation. Et c'est un vrai avantage quand même, puisque c'est vrai que si mes enfants veulent voir leur père, c'est facile. On a juste qu'à sortir dehors et en général on le cherche autour de la ferme, il n'est jamais très très loin. Pour moi c'est un réel avantage dans ce sens-là, disons qu'on peut le voir plus souvent malgré le travail, on peut vraiment se voir plus souvent. quand on vit sur la ferme, donc j'étais complètement d'accord avec ça.
- Speaker #0
Donc il ne travaille pas seul sur l'exploitation, ou alors sur la partie fruits rouges, mais sur la partie céréalière, il travaille avec son papa, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, sur la partie céréalière, il est avec son papa. Encore une moisson, donc la fin de l'année prochaine, à la fin de la moisson, ça sera terminé, mon beau-père partira en retraite. Donc là, on est dans vraiment la reprise complète, progressive de la ferme céréalière. Et puis le verger, par contre, mon beau-père, il ne s'en est jamais occupé. C'était un choix, c'était vraiment notre projet. Donc ça, c'est un petit peu à part.
- Speaker #0
Ok, donc géographiquement, ta belle-famille est proche. Quels sont tes rapports avec elle ?
- Speaker #1
Alors ma belle-famille, oui, elle est quand même assez proche. Elle habite à 30 km de l'exploitation. Mon beau-père, je le croise assez régulièrement dans la ferme, même s'il n'est pas du tout intrusif. Si je le croise dans la ferme, on va discuter ensemble, mais il ne va jamais venir à la maison, sauf si vraiment il y a un besoin. Mais sinon, je vois assez régulièrement ma belle-famille.
- Speaker #0
Ok. Vous avez trois enfants. Comment est-ce que tu as vécu l'arrivée du premier puis des suivants par rapport à une activité agricole à côté ? Est-ce que Quentin a pu se rendre dispo ? Comment est-ce que toi, tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Très bien. Forcément, c'est que du bonheur. Quentin était quand même très, très présent. Alors, surtout, les deux premiers sont nés en hiver. Donc déjà, c'est un avantage puisqu'il y a un peu moins d'activité l'hiver que ce soit pour le verger ou pour les céréales. C'est un petit peu plus calme. Donc forcément, il était présent. là pour Aimée, elle est née en plein été c'était plutôt un désir de notre part donc c'est super mais c'est vrai que du coup là c'était un peu la course au milieu de tout ça il a des frères rouges surtout, il est présent du mieux qu'il peut, après nous la gestion des enfants c'est plutôt une équipe pour moi je le vois un peu comme ça on est vraiment complémentaires quand je travaille je ne peux pas m'en occuper donc Quentin le sait et du coup c'est lui qui gère de A à Z moi je rentre juste pour le coucher en général quand je peux donc ça il gère et quand moi je travaille pas par contre il sait que du coup Du coup, c'est moi qui gère tout. C'est vraiment chacun selon son planning de travail.
- Speaker #0
Ok. Donc, j'allais justement parler un peu de l'organisation familiale, mais c'est un peu du coup au jour le jour en fonction de vos activités à l'un et à l'autre, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Oui, c'est plus moi qui suis un peu au centre. Mais c'est-à-dire que, comme je te disais, si vraiment je travaille, Quentin sait qu'il doit gérer le matin, puisque je pars beaucoup trop tôt pour ne pouvoir les mettre en garde. Et le soir, c'est pareil, je suis trop tard. pouvoir les laisser en garde de manière prolongée. En plus, mes horaires ne sont jamais les mêmes. Donc, Quentin gère l'école et la nourrice le matin et le soir. Et puis, tous les à côté aussi, que ce soit les repas et tout ça. Et moi, quand je ne travaille pas, par contre, c'est ici. Du coup, il organise ses journées en fonction. Que l'été où c'est plus intense et là, des fois, la gestion est un peu plus… Ça peut prendre l'un, c'est compliqué puisqu'il y a les marchés, et tout ça, mais on se fait aider au maximum par notre entourage. quand il faut des paniques pour les enfants. Ok.
- Speaker #0
Et justement, tu parlais de ton entourage. Comment ça se passe autour de vous ? Est-ce que vous avez de la famille, des amis ? Est-ce que tu te sens plutôt bien entourée, parfois un peu isolée ? Comment est-ce que tu qualifierais un peu votre vie sociale ?
- Speaker #1
Plutôt bien entourée. J'ai la chance d'avoir ma maman qui n'est pas très loin et qui nous aide énormément pour les enfants. Donc, ma belle-famille aussi et mon frère. De l'autre côté, qui m'aide aussi pas mal pour les enfants ou pour gérer aussi des fois l'été, la cueillette avec moi. Donc de ce côté-là, on est plutôt bien entourés. Côté social et amis, on a des amis très proches qu'on voit régulièrement, qui sont des amis d'enfance et d'école aussi d'ingé de Quentin. On partage beaucoup de moments ensemble avec nos enfants aussi, qui grandissent, qui ont le même âge. Ça, c'est plutôt plaisant. Après, on a beaucoup d'amis, mais malheureusement, qui sont très loin. Donc ça, c'est un peu plus compliqué à voir et à essayer de s'organiser pour les voir. Mais de ce côté-là, on ne se plaint pas. On est très bien entourés.
- Speaker #0
Ok. Et tous les deux ? Comment est-ce que vous trouvez vos moments de couple à côté du travail à la ferme, du travail d'infirmière et de l'organisation familiale ? Est-ce que vous accordez des soirées, des restaurants, des week-ends ? Je parle peut-être plus un peu avant l'arrivée de l'année dernière.
- Speaker #1
Oui, on essaye. Alors, c'est pas simple. Très honnêtement, après, il y a aussi peut-être notre côté aussi qui fait qu'on ne lâche pas aussi souvent les enfants. Mais quand on met les enfants à garder, souvent, c'est vraiment par besoin, vraiment, pour libérer, pour le travail, surtout l'été, en tout cas. C'est rare quand on arrive à s'accorder, en tout cas, à faire garder les enfants pour s'accorder à un moment vraiment à deux. On y arrive de temps en temps, mais ça reste quand même très exceptionnel. Mais après, on communique beaucoup, on partage beaucoup, même avec nos enfants. et ce n'est pas non plus un gros manque. Des fois, oui, quand même, ça ferait du bien de qu'on entend. C'est vrai qu'on a du mal à s'accorder encore pour l'instant. Mais on se dit aussi que nos enfants sont encore petits. Et on sait que c'est quand même quelque chose de très temporaire. Je pense qu'il y a deux ans, on fera vraiment avoir plus de liberté pour s'accorder plus de temps en couple. Pour l'instant, ça nous va.
- Speaker #0
Est-ce que vous partez un peu en vacances ? Du coup, peut-être avant tous les quatre. Et puis, est-ce que vous projetez de partir tous les cinq ?
- Speaker #1
parce que parfois tu pars sans lui j'ai la chance d'être avec un homme agriculteur mais qui aime beaucoup les vacances il aime partir il a aussi été élevé un petit peu il est toujours parti au moins deux fois dans l'année avec ses parents donc je pense que ça joue aussi un petit peu nous n'avons pas d'élevage c'est une contrainte aussi un petit peu en moins mais non j'ai la chance de partir en vacances c'est pas un problème en tout cas pour Quentin de dire on part en vacances il va chercher à dire ok avec moi il n'y a pas de soucis Merci. On se coordonne juste les dates. Bien sûr, il n'y a pas de vacances d'été, mais c'est complètement impossible avec la moisson. Et en plus, maintenant, avec l'actif rouge, ça rend les choses encore plus impossibles. Mais moi, ça me convient très bien. Ce n'est pas un problème pour moi de partir en préliminité. On part toujours au minimum deux fois par an. On aime bien partir avant les fruits rouges, juste avant. Et après les fruits, il faut souffler un petit peu de cette période. C'est assez court sur l'année, mais c'est hyper intensif. Donc, j'avoue que là, on commence à fatiguer un petit peu. Donc, c'est vraiment nécessaire pour nous de partir après les fruits rouges, essayer de se reposer un petit peu et profiter aussi des enfants de manière complètement rien qu'à eux et rien pour eux.
- Speaker #0
Ok, récupérer un peu après une période un peu dense, ça marche.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Pour finir cet échange entre nous, est-ce que tu aurais un... conseils à partager avec une autre femme d'agriculteur qui nous écoute ?
- Speaker #1
Moi, la clé, c'est pour que ça se passe bien avec cette activité, même si on ne la partage pas, comme c'est mon cas, puisque moi, je ne suis pas du tout agricultrice. La clé, c'est au moins de s'intéresser à l'autre et de s'intéresser à la passion, à ce qui est passion. Ça me paraît un peu inné, mais des fois, c'est pas toujours simple pour certaines femmes de s'intéresser à l'activité. Des fois, il y en a aussi qui n'en parlent pas. Les agriculteurs ont un peu de mal à en parler, mais d'essayer de faire parler, de s'intéresser à ce milieu-là qui est passionnant. C'est très intéressant. C'est la clé, je pense, pour poursuivre et comprendre les difficultés de ce métier qui n'est pas simple, qui est très météo-dépendant aussi, qui a des aspects financiers compliqués aussi parfois. Mais je pense que déjà d'avoir un intérêt et de comprendre les bases, pour moi, c'est essentiel à une vie de couple plutôt épanouie avec un agriculteur.
- Speaker #0
À côté des contraintes et des difficultés à porter une vie de femme d'agriculteur, qu'est-ce qui, selon toi, t'épanouit aussi chaque jour ? dans ta vie de femme d'agriculteur ?
- Speaker #1
Alors, j'ai toujours aimé vivre à la campagne, vivre où je suis et tout ça. Mais d'avoir des enfants qui évoluent dans ce milieu, je trouve que là, on se rend vraiment compte de la chance qu'on a et de ce qu'on peut apporter à nos enfants en termes de culture, d'éveil au sens, à la nature et tout ça. À mon sens, je trouve que c'est vraiment génial au quotidien quand je vois mes enfants qui sont hyper... On peut aller cueillir des framboises qui comprennent comment ça pousse, le cheminement, le butinement d'une abeille, l'intérêt qu'il y a derrière au butinement avec les fleurs, le miel et tout ça. Malgré du haut de leurs deux ans et de leurs quatre ans, ils comprennent énormément de choses, je trouve. Je trouve qu'ils sont vraiment éveillés à un monde qui est hyper beau, hyper simple, mais qui est magnifique. En tout cas, pour moi, c'est vraiment ça qui... de voir mes enfants très heureux d'aller dans le verger et courir et manger plein de fruits et être super content de tout ce qui se passe dans le verger. Je trouve ça vraiment génial.
- Speaker #0
C'est une super conclusion à notre échange. Merci beaucoup pour le temps que tu m'as accordé pour cet épisode du podcast.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci de nous offrir l'opportunité de parler de notre quotidien et d'espérer éveiller quelques confiances ou faire comprendre à certaines qui ne connaissent pas ce milieu. comment on peut vivre au quotidien avec la nouvelle culture, et que ce n'est pas impossible.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie, ou au contraire sont bien différents de vos choix personnels et professionnels, n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode. A bientôt !