- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée. Elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France, sont issues du monde agricole ou le découvrent jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, elles-mêmes salariées ou agricultrices, mères, ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion. J'ai plaisir à discuter avec ces femmes et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie personnels et professionnels, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Pour cet épisode, j'ai la chance de discuter avec Camille. Nous nous connaissons depuis quelques années, mais ça va être l'occasion de reprendre quelques nouvelles. Pour attaquer cet épisode, peux-tu brièvement te présenter ?
- Speaker #1
Je m'appelle Camille, j'ai 30 ans. Je connais Marion puisqu'on s'est connus grâce à nos études. On était toutes les deux en école d'ingénieur à la salle Beauvais. Je vis avec mon compagnon Simon qui a une ferme familiale et je vais m'installer avec lui au courant de l'année.
- Speaker #0
Où est située cette exploitation et qu'est-ce qu'il fait comme type de culture ou d'élevage ?
- Speaker #1
Alors on est situé dans le Berry, on est à Saint-Florent-sur-Cher, c'est une quinzaine de minutes en dessous de Bourges et c'est une ferme céréalière de base. Donc sur des céréales classiques, blé, blé dur, orge, colza. Et après, c'est une ferme où on a un peu peur de s'ennuyer. Et du coup, on développe pas mal de diversification à côté. Donc l'hiver, on va trouver de la trufficulture. On fait de la transformation aussi avec notre blé dur. On va avoir une marque de pâtes artisanales. Et le reste de l'année, on a une pension canine et féline.
- Speaker #0
Ok, donc toi, c'est sur cette partie-là que tu te projettes de t'installer avec lui, c'est ça ?
- Speaker #1
De mon côté, je serais à 100%. sur les pâtes artisanales et sur la pension canine et féline. Après, lui, il gère toute la partie céréalière. Et l'hiver, on travaille ensemble sur le côté triculture.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Maintenant que le contexte est un peu posé, on va parler un peu plus de toi. D'où viens-tu initialement et as-tu grandi dans un milieu agricole ?
- Speaker #1
Je suis Auvergnate. Je suis originaire de l'Allier. On n'est pas du tout du domaine agricole dans la famille.
- Speaker #0
Ok. Quelles études as-tu fait ?
- Speaker #1
Moi j'ai fait un IUT génie biologique, j'ai enchaîné avec une école d'ingénieurs en alimentation et santé et j'ai continué sur une thèse en neurosciences et j'ai travaillé quelques années dans le domaine.
- Speaker #0
Quel était le but de ces études ? Qu'est-ce que tu projetais initialement comme métier ou comme domaine professionnel après ?
- Speaker #1
Je voulais travailler en tant que chercheuse. J'ai une thèse en neurosciences, je m'intéressais aux effets de nos téléphones sur des cerveaux en développement et après j'ai eu un post-doc. on va dire un CDD de quelques années, pour travailler sur la mémoire à long terme et à court terme.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait que tu as arrêté de travailler dans le milieu de la recherche et que tu souhaites t'installer sur l'exploitation agricole ? Est-ce que c'est une appétence pour le milieu agricole ou bien c'est aussi un souhait d'un changement un peu radical ?
- Speaker #1
Alors je suis un peu une touche à tout. Tout peut m'intéresser très vite et je me... On projette très rapidement dans de nouvelles activités. Après, je pense qu'il y a deux raisons pour lesquelles on va quitter un métier dans lequel on travaille. Je pense que c'est soit une raison financière où on trouve plus d'argent ailleurs, ou alors pour améliorer son confort de vie. Toi qui es du domaine de la recherche, tu sais que les places pour avoir un CDI, c'est très compliqué. Ou alors il faut quelques années pour trouver quelqu'un qui a la possibilité de nous suivre, parce qu'en fait, on va enchaîner des CDD pour monter, on va dire, un dossier solide. de pouvoir postuler, on va dire, un peu face à la terre entière. Déjà, trouver un poste près de chez soi, c'est déjà compliqué. Au niveau financier, on va dire que la recherche, c'est un peu un métier passion. Que je quitte la recherche ou que je travaille sur la ferme, en fait, financièrement, c'est la même chose. Au niveau confort de vie, on a une petite fille. Et la recherche, du côté de Saint-Florent-sur-Cher, c'est soit trouver un laboratoire sur Orléans ou du côté de Bogie. Donc, ça fait au minimum une heure de route. Et en réfléchissant, moi, ma fille, je n'ai pas envie de la voir juste les soirs pour faire un bain, la faire manger et la faire dormir. Donc, l'activité sur la ferme, c'est beaucoup de boulot. Mais d'un côté, si j'ai envie de m'accorder une après-midi pour passer du temps avec Clémence ou avec mon compagnon, c'est l'avantage qu'on y trouve.
- Speaker #0
C'est même des métiers un peu de sacrifice de vie perso, en tout cas dans les premières années. Je pense que c'est plus clair pour comprendre ton virage à 180 dans ce domaine-là.
- Speaker #1
Après, il y a beaucoup de gens qui pensent que tu as fait... Beaucoup d'années, ça a perdu ton temps, alors que pas du tout. Tout ce qu'on a appris tout au long de l'école d'ingé, ou que ce soit plus tard dans la recherche, on le transpose dans les activités qu'on fait maintenant. Et ça nous permet de développer un peu, par exemple, la filière truffe. On les récolte, on les vend, mais avec mon background d'école d'ingé en alimentation et santé, j'essaye de développer un peu tout ce qui est transformation et de vente. Donc, ce n'est pas perdu non plus.
- Speaker #0
Pour moi, à mon sens, il faut un peu de culot pour se dire je lâche tout et je m'installe et je fais de la diversification, etc. Je pense qu'il y a énormément de capacités et compétences développées en thèse qui t'aident aussi à te lancer là-dedans et t'aider en tout cas dans un tas de projets, tout simplement.
- Speaker #1
C'est certain. Après, il faut tout remettre dans son contexte. Je peux faire ce virage aussi grâce à Simon, mon compagnon, tout ce que sa famille a créé autour de la ferme. Je ne pars pas de zéro non plus, tout est déjà là. Je m'inisse un peu dans la famille. Sans lui, rien n'était possible non plus. J'aurais dû continuer dans la recherche.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Maintenant, vous travaillez tous les deux, ou en tout cas, vous allez travailler tous les deux. Quelles vont être tes missions exactes sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Et bien sûr, le chenil, on travaille 7 jours sur 7. Tous les matins, c'est aller s'occuper des chiens, les sortir, nettoyer les boxes. La journée, gérer les va-et-vient, prendre les rendez-vous, les ressortir une ou deux fois dans la journée. Donc ça, je suis vraiment à 100% là-dessus. Simon, lui, sur le côté céréal, les moissons, il gère tout seul de son côté. Je n'interviens pas là-dessus du tout. Sur les pâtes, Simon a lancé le projet. Ça lui fait quand même une charge de travail très importante, surtout si on veut développer à côté. Donc c'est aussi moi qui vais reprendre le flambeau. On n'y travaille pas tous les jours au niveau de la fabrication de pâtes. On cherche à développer pour trouver des nouveaux clients, mais ça va peut-être nous prendre 10 heures dans une semaine pour le moment. Après, sur le niveau truffes, la saison commence de mi-novembre jusqu'à mi-février. À cette période de récolte, on y est tous les jours, tous les deux, plus son père aussi. Donc ça, ça nous prend vraiment juste d'aller chercher avec les chiens. C'est deux heures chacun, tous les jours. Après, il faut les nettoyer. On a des rendez-vous pour les vendre, soit avec un courtier, soit avec nos particuliers. C'est un travail qui est à plein temps. Le reste de l'année, une truffière, ça s'entretient. Et ça, c'est vraiment Simon et son père qui s'en occupent.
- Speaker #0
Je ne sais pas du tout comment ça se passe. Est-ce que vous avez un verger, une forêt ? Comment est-ce que ça marche une truffière ?
- Speaker #1
Alors une truffière, en fait, on achète des arbres qui vont être déjà mycorhisés. On les plante, donc il y a tout un savoir-faire à respecter pour que la symbiose se fasse entre l'arbre, nos terres, les racines. C'est beaucoup d'attente. Une truffière, ça produit que quand ça arrive à 5 ou 6 ans, voire même plus. Donc c'est de la patience et en attendant, c'est de l'entretien.
- Speaker #0
Et là, ça fait quelques années qu'elle est installée sur l'exploitation ?
- Speaker #1
La première truffière, c'est le papa de Simon qui l'a créée. Elle a 12 ans. Nous, Simon et moi, on a une jeune truffière qui va rentrer dans sa cinquième année.
- Speaker #0
D'accord, donc tu as commencé à porter un peu ces fruits aussi.
- Speaker #1
Eh bien, on va découvrir ça cet hiver, on ne sait pas trop encore.
- Speaker #0
Ça marche. Eh bien, maintenant que nous te connaissions mieux, nous allons discuter ensemble de ta vie de couple et de famille. Comment est-ce que tu as connu ton bonjour ?
- Speaker #1
La magie des applications de rencontre.
- Speaker #0
Tout simplement. Quels ont été tes premiers ressentis sur le fait que celui-ci souhaitait être agriculteur, était donc fils d'agriculteur ? Est-ce que tu as ressenti des excitations, des craintes par rapport à ça ?
- Speaker #1
Alors Simon, il s'est installé il y a trois ans. C'était tout juste le début de notre histoire. Il n'avait pas encore repris, il avait pour projet de reprendre. Simon, il n'a jamais été très passionné par l'agriculture. Quand il était petit, il n'a jamais trop aidé son père, il n'a jamais été trop sur la ferme. C'est vraiment un projet qui est venu sur le tard. Des peurs, moi je savais que je n'allais pas encore m'installer sur la ferme. J'étais très loin de tout ça. Dans ma tête, c'était bon, j'entame une relation avec ce garçon. mais moi, je vais avoir un contrat à Bordeaux au mois de décembre. Donc, comment ça va se passer ? C'était plutôt ça. Comment on pouvait espérer, si ça fonctionnait bien, pouvoir avoir une vie de famille ? Parce que, comme je l'expliquais, dans le monde de la recherche, il n'y a pas des postes à côté de là où on habite forcément. Donc, c'était plutôt ce côté-là de comment on allait pouvoir se rapprocher, comment on allait pouvoir concevoir une vie de famille autour de nos deux métiers.
- Speaker #0
Ok, oui, oui. Donc, tu étais plus sur... Un peu des peurs de barrières géographiques plus que du métier d'agriculteur en tant que tel.
- Speaker #1
Dans tous les cas, l'un de nous devait faire un peu une concession. L'exploitation familiale, les terres, on ne peut pas les bouger. Donc forcément, l'effort devait venir de mon côté, soit de trouver une place, être prête à faire peut-être une heure de route, une heure de train pour continuer dans ce domaine-là, ou alors faire un virage dans sa 80 degrés et trouver une autre activité à côté.
- Speaker #0
Ok, je comprends bien. Quels ont été, lui, ses premiers ressentis ? Quand tu lui as dit que tu voulais arrêter la recherche et t'installer sur l'exploitation avec lui ?
- Speaker #1
On n'a jamais trop discuté. Je pense que du moment que je suis heureuse de faire une activité, il est heureux pour moi. Lui, ce qu'il voit, c'est la vie de famille. On est heureux comme ça. Qu'on puisse profiter de notre fille, je pense que c'est tout ce qui l'importe.
- Speaker #0
Oui, ça s'est fait naturellement en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Quand je travaillais à Bordeaux, je revenais les week-ends. Forcément, je commençais un peu à travailler sur la ferme, à donner des coups de main à droite à gauche. C'est une continuité, ça s'est fait vraiment naturellement.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que vous habitez sur l'exploitation ? Si oui ou non, est-ce un choix ? Est-ce prévu pour plus tard ?
- Speaker #1
On n'habite pas sur l'exploitation. Les parents de Simon habitent sur l'exploitation avec des anciennes granges qui sont réhabilitées en maison de location. Nous, on habite à 3-4 minutes par les chemins. Ce qui nous convient, on a une maison et on n'a pas pour projet d'habiter sur la ferme. Ça nous convient très bien d'être là où on est.
- Speaker #0
Tu peux être un peu à distance. Toi, tu préfères pour couper un peu de l'exploitation. Tu dis que ça vous convient. Comment tu le justifies, entre guillemets ?
- Speaker #1
Je le justifie parce que je trouve qu'on a une belle maison, on est bien installé, on a du jardin. Je dis enfin sur la ferme, on ne trouvera jamais l'équivalent de ce qu'on a actuellement. Oui, ça nous coupe de la ferme. On sait tous qu'un agriculteur, ça pense H24 à ses cultures. Donc au final, on ne déconnecte jamais. Après moi, ça me faciliterait si les va-et-vient, quand il y a des chiens qui arrivent, c'est plus facile de faire 30 mètres à pied que de prendre la voiture pour deux minutes.
- Speaker #0
Oui, mais vous restez tout proche, donc ça reste assez simple quand même d'organisation.
- Speaker #1
Oui, on aurait 20 minutes à faire, je ne dis pas, mais non, là c'est vraiment dérisoire.
- Speaker #0
Sur l'exploitation, il y a Simon, il y a ses parents, est-ce qu'il y a d'autres personnes qui travaillent aussi dessus ?
- Speaker #1
Alors, les parents de Simon ont tous les deux pris leur retraite, ils donnent encore des coups de main. Un agriculteur ne partira jamais vraiment de sa ferme. Donc Simon est seul à gérer la ferme, moi je gère le chenil. Et à côté sur l'exploitation... Il y a la sœur de Simon, l'une de ses sœurs, Hélène, qui est productrice de volailles. Donc, elle a son exploitation qui, à part de Simon, on partage la même cour de ferme, on va dire. Elle a donc tous ses bâtiments et elle a aussi son magasin de producteurs.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Est-ce que c'est facile de travailler en couple au quotidien ?
- Speaker #1
Oui, ça se fait très facilement. On a des caractères assez faciles, on communique bien. Chacun a ses tâches à faire, on n'empiète pas l'un sur l'autre. Il n'y a pas de souci de ce côté-là.
- Speaker #0
Tu nous as dit que ta belle-famille était géographiquement proche. Quels sont tes rapports avec elle ?
- Speaker #1
C'est comme si c'était mes parents, je dirais. Ils m'ont vraiment accueillie comme si j'étais leur fille. Et inversement, tout se passe bien, on n'a pas de soucis.
- Speaker #0
Vous avez une petite fille qui va avoir ou qui a eu un an récemment, si c'est bien ça.
- Speaker #1
Qui va avoir un an, oui.
- Speaker #0
Tu as eu de l'aide au moment de l'arrivée de Clémence. Comment est-ce que tu as vécu ton postpartum en parallèle d'un travail à la ferme peut-être dense ? et d'un conjoint assez occupé, comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Quand on a eu Clémence, j'étais encore chercheuse. Je travaillais à domicile. C'était convenu comme ça, puisque c'était les derniers mois de mon contrat, où c'était plutôt de la rédaction d'articles scientifiques. On n'a pas eu de nounou. On commence la nounou d'ici 15 jours. Donc on l'a toujours eu avec nous. On est très famille, on est très entouré. Donc dès qu'on a besoin d'un coup de main, sans trop en abuser, on essaie de vraiment gérer nos plannings autour de Clémence pour ne pas avoir à déranger, même si ça ne les dérange pas. pour travailler. Ça s'est très bien passé. On est très famille, on aime bien recevoir. On n'a pas de difficulté à laisser Clémence pour quelques heures ou une nuit. On n'a pas été très, très traumatisés d'avoir un enfant.
- Speaker #0
Oui, oui. Non, mais c'était plus, oui, vivre un boulot de versement avec quelqu'un qui peut être occupé. On sait que les agriculteurs ne prennent pas toujours leur congé paternité. Ils ne sont peut-être pas là au premier instant. Mais tant mieux si tout s'est très bien passé et que vous arrivez à avoir du temps tous les trois. Quelle est la relation entre ton conjoint et ta fille ?
- Speaker #1
Alors, Simon s'occupe de Clémence tous les matins. C'est lui qui va faire le lever, qui s'occupe de la préparer, le premier biberon. On mange tous les trois, tous les midis ensemble. Dès qu'il en a la possibilité, il va lui donner à manger, partager du temps avec elle, la faire jouer. Le soir aussi, c'est souvent lui qui lui donne la douche. Il passe un maximum de temps avec sa fille, il s'en occupe très bien.
- Speaker #0
Il arrive vraiment à trouver ce temps-là pour voir du vie de famille aussi.
- Speaker #1
C'est ça. Si je lui demande une après-midi parce qu'on a besoin d'aller faire des achats, il va trouver le temps de se libérer et de venir avec nous. Il est à 100% dans la vie de famille.
- Speaker #0
Comment est-ce que vous trouvez vos moments de couple à côté du travail à la ferme et à côté de cette vie de famille ? Est-ce que vous vous accordez parfois à deux des soirées, des restos, des week-ends ?
- Speaker #1
Alors, on n'a vraiment pas de mal à faire garder Clémence. On demande souvent soit à mes parents, soit aux parents de Simon ou à sa sœur Hélène de garder Clémence pour aller se faire un petit resto. On a pu s'accorder aussi des vacances. À côté de ça, on va dire là où on a un peu plus perdu, c'est vraiment dans nos activités perso sportives, on va dire. Là, on recommence tout juste à trouver du temps pour pouvoir reprendre l'escalade, le foot, le rugby. Depuis la naissance de Clément, c'est la reprise d'activités parce que ça fait toujours peur aussi, quand on est à son compte, de se blesser et de ne plus pouvoir travailler sur la ferme. Maintenant que les activités sont lancées, qu'on voit qu'on peut arriver à gérer, On recommence à s'accorder du temps pour aller faire un peu de foot, un peu de rugby, faire des entraînements.
- Speaker #0
Vous retrouvez un peu un rythme aussi perso. Ça fait beaucoup quand on a un enfant déjà. Là, vous passez beaucoup de temps avec elle. Donc parfois, on est obligé de faire un peu des choix sur certaines périodes aussi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des amis dans le coin ? Est-ce que tu te sens plutôt parfois isolée, plutôt bien entourée ? Comment est-ce que tu définirais votre vie sociale ?
- Speaker #1
On a une vie sociale très chargée. On ne fait que de sortir tous les week-ends. C'est vrai qu'on enchaîne pas mal. Simon est originaire de Saint-Florence-sur-Cher, donc depuis petit il a toujours les mêmes amis. Il a vraiment sa base d'amis sur place. Ils m'ont très bien intégré au groupe. Moi, de par mes études, c'est plus disparate dans la France. J'ai vraiment des amis à droite, à gauche. Donc, on va plutôt s'accorder des week-ends pour aller les voir ou les recevoir. Après, on est très famille. Moi, juste de voir ses parents, ses sœurs, mes parents qui sont à une heure de route, ça me suffit amplement, en fait.
- Speaker #0
Tu es très bien entourée, en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Dès que j'ai besoin, il y a sa famille, il y a ma famille, ses amis. Voilà.
- Speaker #0
Pour finir cet échange entre nous, est-ce que tu aurais un conseil à partager à une autre femme d'agriculteur qui nous écoute ?
- Speaker #1
Je pense que si une femme d'agriculteur veut s'installer sur l'exploitation et qu'il y a de la diversification à faire, et que c'est vraiment dans ça qu'on veut se lancer parce qu'on n'est pas heureux dans son métier actuel, alors moi c'est facile de dire ça parce que tout était déjà là, mais que ce n'est pas impossible et qu'il faut se lancer. On y gagnera que du confort de vie. Après, niveau salaire, si on préfère passer du temps avec son enfant, c'est peut-être des réserves à côté.
- Speaker #0
Maintenant je vais finir mes épisodes par une touche positive liée au monde agricole. Qu'est-ce qui selon toi t'épanouit chaque jour dans ta vie de femme d'agriculteur ?
- Speaker #1
Je pense que c'est le fait de ne pas être enfermée devant un ordinateur ou dans une pièce toute la journée, d'être au grand air, profiter de nos terres. Si j'ai envie d'aller me promener dans la truffière parce que je trouve ça joli, je peux prendre 30 minutes et aller marcher avec mes chiens.
- Speaker #0
Et ce sera aussi le cadre de vie que t'offrira à ta fille quand elle pourra gambader, et ça, ça va peut-être pas te... de prix non plus.
- Speaker #1
Mais c'est ça. Même transmettre, quand je vois mon neveu ou ma nièce, mon beau-père qui les a emmenés caver, leur expliquer comment ça fonctionne une truffière, les voir chercher dans la terre, c'est tout ce que j'ai envie de faire avec ma fille.
- Speaker #0
C'est chouette. Merci beaucoup pour cet échange.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci à toi.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie, ou au contraire sont bien différents de vos choix personnels et professionnels, n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode. A bientôt !