- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs. En agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée, elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France. Elles sont issues du monde agricole, où le découvre jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, elles sont elles-mêmes salariées ou agricultrices. Ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion. J'ai plaisir à discuter avec elles et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie, personnels et professionnels, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime Clémentine a 32 ans. Elle est jeune maman de deux petits garçons et elle est mariée à un viticulteur dans le Grand Est. Après un tour du monde tous les deux autour de la viticulture, d'une durée d'un an et demi. Elle est passée d'ingénieure en alimentation et santé à responsable de contenu pour un site e-commerce dans le Champagne. Elle va nous présenter sa vie familiale avec ses trois hommes autour d'une exploitation viticole de plus de quatre générations. Salut Clémentine, on se connaît un petit peu toutes les deux, mais est-ce que tu pourrais brièvement te représenter
- Speaker #1
Bien sûr, donc Clémentine, j'ai fait une école d'ingénieur en alimentation et santé. C'est d'ailleurs comme ça que nous nous sommes rencontrés. Et avant ça, en fait, j'ai fait une faculté d'essence, science de la vie pour l'ingénieur à Lille, à la catho de Lille. Et c'est comme ça que j'ai rencontré mon mari Pierre-Guillaume, il y a maintenant 14 ans, 13 ans et demi, 14 ans. Nous ne sommes pas quittés depuis.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous présenter brièvement son exploitation PG est revenu sur...
- Speaker #1
l'exploitation familiale qui est une exploitation de champagne, à Cuy, donc à une dizaine de minutes d'Épernay, dans la Côte des Blancs. L'exploitation qui est dans la famille depuis la PG, c'est la quatrième génération à revenir sur le domaine. Et il travaille avec son père et son oncle, et son cousin qui est revenu aussi depuis deux ans. Et c'est donc une exploitation d'une trentaine d'hectares, dans la Côte des Blancs uniquement, en Grand Cru et Premier Cru, où le cépage maître est le chardonnay. Donc ils font des champagnes blanc de blanc, uniquement à base de chardonnay.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que toi, tu vis sur le domaine
- Speaker #1
Non, non, non, on ne vit pas sur le domaine. Il y a une maison d'exploitation où son arrière-grand-père a vécu là, son grand-père a vécu là, et après, comme son père et son oncle se sont mis ensemble sur l'exploitation, je pense que ça aurait été peut-être un peu compliqué ou un peu bancal que l'un des deux vive dessus, etc. Donc en fait, depuis, la maison a été transformée en bureau. Donc chacun des deux dirigeants, pour l'instant, il n'y a que l'oncle et le père de PG qui sont... actionnaire dans la société. PGLA, il est salarié pour le moment, comme son cousin, mais bon, voilà, à terme, ils sont censés reprendre la direction tous les deux de l'entreprise aussi. Et comme c'est plus juste une histoire d'une personne et d'une famille, maintenant, la maison est transformée en bureau et aussi en lieu de réception, puisqu'il y a de plus en plus de personnes de nos tourismes, et donc de personnes qui veulent rencontrer le vigneron, qui veulent faire des dégustations. C'est un lieu, oui, plus de rencontres que de vie familiale.
- Speaker #0
Tu nous as présenté un peu tes études, qu'est-ce que tu fais maintenant dans la vie
- Speaker #1
Donc là, je suis en cours de maternité, mais sinon j'ai découvert, après les études avec PG, je savais qu'on allait vivre, qu'on allait passer du coup toute notre vie en Champagne, puisque les vignes ne peuvent pas se déplacer, donc c'était le deal dès le début, on va vivre en Champagne, pas de problème, mais avant ça, je voulais voir autre chose, donc on a travaillé à l'étranger et fait un tour du monde en même temps pendant un an et demi. juste après la fin de nos études, quand on a travaillé dans des pays viticoles, dans des exploitations viticoles, parce que moi, je n'avais pas forcément de formation à ce niveau-là. Et voilà, j'ai appris un peu sur le tas, tout ce qui est vinification, cépage, dégustation. Et c'est comme ça qu'est né vraiment mon... et que PG m'a transmis en fait ce goût pour le vin. Et le champagne qui est venu un peu plus tard, évidemment, mais vraiment, oui, le vin. Et grâce à, on va dire, ce bagage que j'ai acquis pendant un an et demi, en rentrant en France... j'ai décroché un travail pour un cabiste en ligne qui vend uniquement du champagne. Et donc ça, ça a été super parce que j'ai vraiment découvert, on va dire, plus profondément tout l'univers du champagne dans lequel PG baigne depuis toujours et qui me transmet un peu. Mais j'étais loin de me douter du nombre de variétés, de facettes que la champagne pouvait avoir. Et c'était parfait parce que j'encontre un vigneron par semaine où on déguste et on parle de sa gamme, de sa philosophie. Et chaque maison a... un cépage particulier ou un terroir particulier ou une philosophie et une façon de vinification particulière. Je découvre tout ça depuis trois ans.
- Speaker #0
C'est chouette. Et est-ce que tu penses que tu pourrais appliquer ça après sur l'exploitation de ton mari Est-ce que c'est un souhait après ou pas spécialement Je ne pense pas.
- Speaker #1
Les conjointes n'ont jamais fait partie de l'exploitation. C'est vraiment une histoire de père en fils, on va dire. Alors si c'est père en fille un jour, pourquoi pas Mais ça n'a pas été le souhait de son père et de son oncle d'investir leur épouse. Et j'ai l'impression que PG est un peu dans la même optique, c'est-à-dire de vraiment séparer. sa vie professionnelle et qui va se faire avec son cousin. Là, il est avec son père et son oncle, mais à plus long terme, ça sera avec son cousin qui va travailler toute sa vie. Je pense que les conjointes ne font pas vraiment partie du tableau. Ce n'est pas du tout un souhait qu'ils ont, ils ne veulent pas tout mélanger. Mais après, je le comprends. Et finalement, ce n'est pas plus mal parce que si demain, je devais travailler avec lui, je travaillerais pour lui. En fait, ce ne serait pas un projet. Demain, on montrerait une exploitation tous les deux où ce serait un projet commun. Pourquoi pas Parce qu'on serait un peu d'égal à égal. Sauf qu'en fait, là, ce ne serait pas le cas. Là, j'arriverais dans une... une exploitation familiale où ça fait 100 ans que c'est dans la même famille, où j'aurais une place qui n'est peut-être pas la mienne, et où je travaillerais pour mon mari, et pas avec mon mari. Et c'est ce qui fait, je pense, beaucoup la différence. Et c'est pas un truc qui me plairait, je pense, non plus.
- Speaker #0
Je comprends parfaitement. Et est-ce que ça t'arrive quand même, du coup, de temps en temps, dans ce cas-là, de plus par plaisir, de les filer un coup de main, que ce soit, je sais pas, peut-être au vendange, que ça t'arrive, voilà, d'aller filer un coup de main ou passer un peu de temps avec lui sur l'exploitation dans des moments plus calmes pour toi
- Speaker #1
Ouais alors pour le coup c'est vrai que les vendanges je les ai faites pas mal de fois. Les vendanges c'est quelque chose auquel je participe régulièrement. Puisque en fait c'est une période incroyable. C'est vraiment l'euphorie mais comme la moisson. C'est une année en fait qui se joue à ce moment-là de la récolte pour le raisin. Ouais il y a une ambiance, il y a une atmosphère très particulière et j'adore ça. Alors c'est hyper physique. Effectivement quand tu fais des vendanges à la fin de la semaine tu n'en peux plus. Enfin ou des dix jours ça dépend combien de temps ça dure. Mais en général les vendanges c'est ça, ça peut être de dix à quinze jours. En fonction de la taille des exploitations. Et voilà, on mange, t'arrives le matin, et puis t'as la collation à 8h, et puis tu manges tous ensemble. C'est vraiment... C'est bon enfant, quoi. Et donc, ils aiment beaucoup participer à ça. Sinon, ça m'est arrivé d'aller sur des salons avec PG un petit peu, mais c'est très rare. C'est vraiment anecdotique, quoi.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Et est-ce que toi, autour de l'exploitation, donc tu nous parlais de sa situation géographique, est-ce que c'est facile pour toi de trouver du travail dans ton secteur d'activité Peut-être... plus maintenant que tu es revenue un peu sur le côté
- Speaker #1
Champagne ou est-ce que tu rencontres des barrières géographiques liées à ton à votre installation près de l'exploitation ça a été hyper dur au début en plus évidemment on est rentré vraiment mauvais timing ça a été le Covid etc mais ça a été dur de trouver un travail parce que en plus la Champagne c'est vraiment un milieu très fermé j'ai fait une des études d'agroalimentaire donc dans le secteur il y a quelques entreprises quelques grosses entreprises mais évidemment l'activité claisser le Champagne. C'est un milieu un peu fermé quand même. En plus, on vit en Champagne, mais c'est hyper localisé. On habitait là, on a acheté une maison à Épernay, parce que c'est comme ça, c'est à moins de 10 minutes pour PG de l'exploitation, puisque forcément, on a fait un choix, tous Ausha tournent un peu autour de la société. Et donc, en fait, PG, il va passer sa vie sur cette exploitation. Le but, c'est qu'il ne fasse pas une heure de trajet le matin, une heure de trajet le soir. Et donc, on a trouvé une ville, à la taille correcte, où il met moins de 10 minutes pour aller travailler le matin. Parce qu'en fait, il part, il est 7h, il revient, il peut être 19h, 20h, en période normale. Pas quand c'est des gros travaux en verre ou que c'est des vendanges ou qu'ils sont en tirage. Enfin voilà, les gros trucs. Donc, ça limitait géographiquement énormément. Et derrière, de trouver un travail... Ouais, j'ai mis du temps. Mais bon, là, j'ai trouvé un travail sur Reims. Donc, moi, j'ai, on va dire, porte à porte, une petite heure de trajet. Mais bon, maintenant, le télétravail, c'est quand même pas mal démocratisé. Donc, ça, c'est très, très pratique.
- Speaker #0
OK. En effet, quand on est un peu excentré, ça reste des choses... Qui nous permettent de voir un peu plus loin dans nos horizons professionnels, c'est clair.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
On parlait un peu tout à l'heure, tu nous as présenté comment est-ce que tu avais rencontré ton mari. Est-ce que tu te souviens de tes premiers ressentis quand il t'a parlé du fait qu'il était viticulteur Est-ce que tu avais des excitations, des craintes Qu'est-ce que tu as ressenti par rapport à une projection avec cet homme-là
- Speaker #1
C'est vrai qu'on s'est rencontrés, on était jeunes, on avait 18 et 17 ans. Donc si tu veux, ça peut faire peur. Parce que du coup, on s'est quand même très vite dit que ça a matché direct. Et effectivement, ça faisait un peu partie, on va dire, du package. que ça n'allait pas aller sans les vignes. Et je pense que ça a été un peu dur de te dire que tu passeras... C'est pas que tu passes après la terre, mais moi qui ne viens pas du tout d'un milieu agricole ou viticole, c'est parfois un peu compliqué de comprendre que... Bah oui, que le patrimoine, que la terre passera toujours avant le reste. Et ça, j'ai eu du mal à l'accepter les premières années, où je me dis, mais en fait... Ok, tu veux être vigneron, je comprends, mais en France, il y a plein de régions viticoles. Pourquoi la Champagne, etc. Parce que quand on s'est rencontrés, c'était plus ou moins clair qu'il voulait revenir sur la société, mais ce n'était pas à 100%. Justement, il a fait une école d'ingénieur, il a fait l'ISA, pour ouvrir ses horizons, pour voir ce qui se faisait d'autre. Je pense qu'il avait une petite idée quand même en tête de revenir un jour sur la société, mais ce n'était pas à 100%. Et derrière, il a fait... une école d'onologie à Dijon, donc il a découvert encore une autre région viticole. Mais c'est pour ça que je lui ai dit, mais attends, t'es vigneron, tu peux vinifier partout en France. Pourquoi tu veux choisir absolument la champagne Et en fait, ça s'est, au fur et à mesure de nos années ensemble, j'ai vu que le choix se restreignait de plus en plus. Et en fait, c'était pas que le vin, c'était le champagne. Et en fait, si je veux faire du champagne, pourquoi je le ferais pas pour moi Et je comprends, c'est une opportunité incroyable. La société Pierre-Gimaud-Néphis, c'est vraiment une grosse maison de champagne. C'est la plus grosse de la Côte des Blancs, d'ailleurs. Ils font entre 250 et 300 000 bouteilles par an. C'est vraiment un gros truc. Et je peux comprendre l'excitation d'avoir ton nom sur la bouteille à la fin. C'est ton travail, c'est le travail de ton père, de ton grand-père, de ton arrière-grand-père. Et en fait, tu prolonges ça. Mais ça a été hyper dur à accepter pour moi de me dire, en fait, je passerai toujours après. Et c'est pas ça. Lui me disait, mais non, je... Je veux être avec toi et en Champagne. Je dis, oui, mais là, demain, tu devais choisir l'exploitation. Moi, ça serait l'exploitation. Et oui, ça a été ce truc-là où j'ai mis du temps à l'accepter.
- Speaker #0
Oui, oui. Et toi, tu vivais à la campagne avant En fait, est-ce que tu avais des craintes C'était des craintes par rapport à une vie dans un milieu rural ou c'était la région Champagne Quels étaient tes freins
- Speaker #1
Ce qui m'a fait peur Ce qui m'a fait peur, c'est de te dire, quand tu rencontres quelqu'un, quand tu as une vingtaine d'années, et en fait, tu as l'impression que ta vie va être tracée tout de suite. Il n'y aura pas de surprise. Si on se marie et qu'on fait une autre vie ensemble, je vais vivre en Champagne, donc là, à Épernay, je vais vivre à Épernay toute ma vie. Et ça peut être un peu effrayant quand même, surtout que PG, c'est la première personne avec qui j'étais. Quand c'est ton premier copain, tu te dis Waouh, est-ce que je me vois faire 60 ans déjà avec la même personne Ce qui peut être une vraie question. Et au même endroit. On ne va pas déménager parce qu'on a une opportunité professionnelle ailleurs. Et effectivement, comme tu le disais tout à l'heure, au niveau de mes projets professionnels, ils sont quand même un peu plus réduits. C'est peut-être ça mes freins. Mais par contre, ce n'était pas la campagne en elle-même. Je n'ai jamais vécu, mais on ne vivait pas vraiment en pleine campagne avec mes parents. Mais on ne vivait pas non plus en ville. dans une résidence privée un peu excentrée de la ville. Donc, c'était vraiment pas ça qui me posait problème. C'était plus le fait de me dire Oh Je pourrais limite prédire ma vie dans 60 ans. Alors que c'est pas le cas. Aujourd'hui, je me rends compte que c'est pas du tout le cas parce que évidemment, tu évolues, mais c'était peut-être plus ça.
- Speaker #0
Je vois. Et des surprises, ça peut être aussi au niveau familial Du coup, vous avez commencé à créer votre famille. Est-ce que tu peux nous présenter brièvement ton foyer, si vous avez des enfants Et quel âge ils ont
- Speaker #1
Oui, du coup, on est parents d'un premier garçon, Hubert, qui va avoir deux ans au mois de mai, et d'un petit Georges qui a eu trois mois récemment, deux enfants, et peut-être d'autres, si la vie le veut bien.
- Speaker #0
Voilà des surprises qui peuvent...
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Comment se passe votre organisation familiale vis-à-vis des enfants
- Speaker #1
Comme PG, on va dire qu'il y a les plus gros horaires et que moi, je suis un peu plus flexible au niveau de l'emploi du temps. Clairement, je gère, on va dire, les enfants la plupart du temps, je les prépare le matin. Le soir, je vais rechercher Hubert à la crèche. tout en gérant Georges. Là, en ce moment, je suis en congé maternité, donc c'est un peu différent. Mais même après, quand il ira à la crèche, j'irai les chercher tous les deux à la crèche. Je gère les repas, les bains, les couchers. Parce que... C'est un choix de couple, c'est un choix de vie, où on a privilégié la carrière de PG par rapport à la mienne, pour le moment, après, quand les enfants grandiront, et qu'ils seront un peu plus autonomes, et que les horaires seront différents. Parce que, par contre, PG n'a jamais voulu que je sacrifie ma carrière. Pour lui, c'est important que je travaille, etc. Mais en attendant... la marmite, elle chauffe pas toute seule, quoi. Donc, c'est quand même moi qui dois m'occuper de toute l'intendance, on va dire.
- Speaker #0
Et pour toi, ça, c'est OK Tu t'épanouis là-dedans ou tu te dis que c'est peut-être quelques années et que ça te dérange pas Enfin, comment est-ce que tu vois cette situation C'est dur.
- Speaker #1
En fait, ça peut être dur quand même un peu au quotidien où t'as l'impression de pas sortir du tunnel, où vraiment, ça repose beaucoup sur toi. Et parfois, en plus, en grandissant, les enfants sont de plus en plus... Enfin, ça peut être un peu difficile à gérer, mais... La maternité, ça m'a apporté vraiment un truc que je ne soupçonnais pas. Et ça a complètement révélé quelque chose en moi. Et du coup, c'est pour ça que même moi, qui fais passer un peu ma carrière, je pense, de côté en ce moment, pour les prochaines années, puisque de m'occuper de mes enfants, même si je travaille, ça m'apporte énormément de bonheur. Vraiment, énormément.
- Speaker #0
Et quelle relation PG a avec ses enfants Du coup, il arrive à trouver du... du temps et à créer une complicité avec eux malgré son travail. Comment ça se passe
- Speaker #1
C'est vrai que les horaires, on va dire la semaine, sont méga définies puisqu'ils commencent tôt, etc. et finissent tard. Mais on a tous nos week-ends, il a tous ses week-ends. C'est peut-être un peu différent que quand tu es tout seul sur une ferme où tu dois gérer, peu importe effectivement les intempéries, etc. Lui, c'est assez cadré. Ils sont une dizaine de salariés sur l'entreprise et donc en fait, ils travaillent du lundi au vendredi. il a tous ses week-ends, ils ont 5 semaines de congés par an et donc en fait c'est des moments privilégiés justement avec les enfants à ce moment là c'est trop mignon de le voir avec les garçons ils passent vraiment beaucoup de temps en
- Speaker #0
dehors on redécouvre un peu son mari dans ces moments là exactement c'est beau Autour de vous, est-ce que vous avez des amis, de la famille Est-ce que vous vous définirez comme plutôt bien entourée, isolée Quelle est la part de votre vie sociale dans votre vie et dans votre organisation autour de l'exploitation
- Speaker #1
Hyper bien entourée. Alors c'est sûr que quand on est arrivé sur Épernay, on n'avait pas encore grand monde. Tous nos potes étaient sur Reims, etc. D'ailleurs, ils ne comprenaient pas. Ils disaient mais pourquoi vous allez vous enterrer à Épernay parce qu'en fait, pour situer, c'est une petite ville de 20 000 habitants. Mais il y a quand même pas mal de commerce. C'est quand même pas mal. Mais nos potes ne comprenaient pas du tout. Sauf que clairement, on en a parlé tout à l'heure. Pour le PG, ce n'était pas envisageable de faire une heure de route le matin et le soir. Donc, on a choisi ça. Et avec grande surprise, on a de plus en plus d'amis qui quittent Reims pour venir sur Épernay. Parce qu'effectivement, dans nos amis, on a beaucoup de vignerons, etc. Donc, en fait, c'est plus proche pour eux d'habiter sur Épernay. Et là, on commence vraiment à se faire un cercle d'amis énorme. Donc, c'est trop bien. Et il y a les parents de PG qui sont à 10 minutes. Mes parents, enfin mes beaux-parents, sont adorables. Ma belle-mère, je m'entends super bien avec. On ne se sent vraiment pas seul. Au contraire, elle nous rend service tout le temps, justement pour les enfants aussi. J'ai besoin d'être soulagée, qu'elle doit me les garder. Une soirée pour faire autre chose, elle est toujours disponible. Et puis, il a tous ses cousins. Tous ces cousins, cousines, pareil, qui sont dans la région ou assez proches de nous. Donc, en fait, on a une vie familiale et sociale hyper riche. On sort, ouais, deux fois par semaine minimum. Donc, non, on n'est pas du tout isolés.
- Speaker #0
Ça, c'est important aussi, dans ton installation, toi,
- Speaker #1
dans ce coin. Ça joue pas mal, parce qu'effectivement, j'ai pas choisi la ville, mais je m'adapte bien. Et là, j'ai fait ma vie ici. Sa famille, c'est comme la mienne. Tous nos amis, on est hyper proches d'eux. Et mes parents, finalement... C'était peut-être ça aussi qui me dérangeait, c'était de quitter, parce que je viens de Lille à la base, c'était de quitter, je pense, cette ville et ma famille, etc. Et en fait, bon, aujourd'hui, t'as tous les réseaux pour communiquer facilement et en deux heures et demie de voiture, mes parents viennent ou on va chez eux. Donc en fait, ça se fait très bien.
- Speaker #0
Dans votre vie de couple à tous les deux, par rapport donc aux horaires et à la charge de travail Que vous avez l'un et l'autre, et puis de toi aussi, ton temps est passé avec les enfants. Quels sont vos instants à deux Comment est-ce que vous organisez votre vie de couple au milieu de cette vie familiale et viticole Je t'avoue qu'en ce moment,
- Speaker #1
c'est... Après, je pense qu'à chaque naissance, les cartes sont un peu rabattues. Donc, il faut que tu retrouves un équilibre. Donc là, bon, Georges, il a trois mois. Donc, clairement, l'équilibre, il n'est pas encore là. Il faut qu'on s'instaure, tu vois, une soirée que tous les deux de son entente, justement. Mes beaux-parents sont à côté, donc il faudrait qu'on fasse garder les enfants pour se dire, allez, on se fait une soirée tous les deux ou on se fait un week-end ensemble. Mais pour le moment, entre la naissance qui était assez rapprochée des deux enfants, plus on a acheté une maison là où on est en plein travaux, ça fait beaucoup. Et donc justement, c'est important de se retrouver, mais bon, on a le temps.
- Speaker #0
C'est peut-être le temps aussi de construire tout ça et d'avoir tes petits-bots qui grandissent pour avoir le temps de profiter un peu après aussi.
- Speaker #1
C'est ça. exactement, parce que t'as l'impression d'être tu te poses jamais quoi, t'es tout le temps entre le boulot, les enfants les travaux énormes de la maison etc on n'en voit pas le bout, mais je sais que voilà, que c'est une question de mois d'années, et que ça va se tasser, mais on en profite quand même, et même si on part en week-end avec nos amis, on n'est pas que tous les deux mais on passe un moment quand même ensemble et ça nous permet quand même aussi de se retrouver à ce moment-là, de se poser un peu plus mais oui, il va falloir qu'on s'octroie peut-être un peu plus de temps que tous les deux, je pense. Mais bon, là, pour l'instant, c'est pas évident.
- Speaker #0
Pour finir sur cet échange entre nous, est-ce que tu aurais un conseil à partager à une autre femme d'agriculteur ou de viticulteur qui nous écouterait De bien discerner.
- Speaker #1
Moi, c'est ce qui m'a permis vraiment d'être sûre, en fait, de ce choix, du choix que tu fais de t'installer, voilà, pour ne pas le ressentir comme un sacrifice et ne pas le faire... payer, entre guillemets, ou le reprocher à ton mari. On s'est installé là pour toi, on a fait ci pour toi. Tout tourne autour de toi. Non, en fait, c'est un choix commun. Une fois que tu as pris la décision, c'est de s'y tenir et de trouver son bonheur et son plaisir dans un quotidien familial épanoui.
- Speaker #0
Depuis quelques interviews, j'ai mis en place un petit échange entre vous. L'idée, c'est que je te demanderai après de poser une question à la prochaine personne que je vais interviewer. Et donc de répondre à la question que t'as posée Juliane dans l'épisode précédent.
- Speaker #1
Souvent la ferme ça rime avec belle famille. Comment elle voit les choses sur le fait de vivre à proximité de sa belle famille et puis essayer de trouver un accord et un équilibre, enfin une osmose dans toute cette vie familiale qui n'est pas forcément la signe de base. Je pense que ça s'est fait au fur et à mesure des années puisque déjà avec PG comme on est ensemble depuis de nombreuses années. Je voyais déjà ses parents, donc ma belle-famille, bien avant qu'on revienne dans la région. Et ça a été plus une joie pour ses parents de voir que PG revenait et s'installait et avait le projet de reprendre l'exploitation, avec une femme qui a trouvé, qui a accepté en fait de venir avec lui. Mais là où c'est différent, c'est qu'on ne vit pas sur l'exploitation. Donc je ne peux peut-être pas comparer avec justement une personne qui vivrait avec. sa belle famille vraiment à proximité. Moi, mes beaux-parents sont à 10 minutes, donc je ne suis pas chez eux, ils ne sont pas chez moi. Je pense que c'est peut-être plus facile à ce niveau-là de se faire une place, justement, et que chacun reste à sa place. Mais bon, à force de dialogue, mais c'était vraiment, je pense, le dialogue. Moi, je parle beaucoup, je n'ai pas trop de tabous, et en fait, voilà, avec mes beaux-parents, c'est un peu le même style, et donc on parle énormément, on se dit, quand on se fait du mal involontairement, qu'on a dit quelque chose de... peut-être de trop. C'est vraiment la communication. C'est de communiquer. Ce n'est pas le fort de PG. Je pense que j'apporte ça, plus de transparence et de communication et de dire les choses que parfois personne ne dit pour mettre bien à plat et qu'on soit tous OK. Le but, c'est de vivre vraiment de façon épanouie. Il n'y a pas de raison de s'écharper.
- Speaker #0
Je vis un peu la même chose de ce côté-là. Ça ne t'étonnera pas. C'est hyper important et ça permet de... D'avoir des relations.
- Speaker #1
Apaisées.
- Speaker #0
C'est ça. Saines. Et puis de dire les choses, de dire ce qu'on pense, ce qu'on ressent, de les exprimer plutôt que de les garder pour soi et d'avoir des non-dits.
- Speaker #1
De les enfouir. Oui, complètement. Du coup,
- Speaker #0
à ton tour, est-ce que tu aurais une question à poser à la prochaine femme que je vais interviewer
- Speaker #1
Moi, la question, ça serait de savoir si cette personne souhaiterait aujourd'hui, avec le recul qu'elle a sur sa vie, changer de parcours, peut-être au niveau des études. ou envisager une reconversion en lien avec son mari.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Bon courage pour les autres enregistrements. Salut Marion.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie ou au contraire sont bien différents de Ausha professionnels et personnels, alors n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode.