- Speaker #0
Bonjour et bienvenue au sein du podcast que s'amène quand on s'aime, celui qui donne la parole aux conjoints d'agriculteurs. Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en bio, en conventionnel, en raisonnée. Elles viennent de toute la France. Certaines sont tombées dans l'agriculture toute petite. D'autres la découvrent jour après jour. Elles jonglent entre la ferme, la famille, leur métier. Elles portent une force incroyable. Moi c'est Marion, et avec ce podcast, j'espère que certaines d'entre vous se reconnaîtront dans leurs propos, pour vous rendre des conseils, des échos à leur vie, prendront peut-être un peu de recul, pour vous rendre du soutien, ou simplement verront une mise en lumière de ce qui se vit, souvent dans l'ombre, au cœur des fermes. Ici c'est de la good vibes, de la sororité, du partage, et un vrai souffle de girl power en agriculture. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Aujourd'hui, je rencontre Laura. On vient tout juste de faire connaissance toutes les deux et je suis très contente de pouvoir partager ce petit moment avec toi. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Je suis Laura, j'ai 32 ans bientôt. Je suis conjointe d'agriculteur, horticulteur, passionnée de photos.
- Speaker #0
C'est déjà pas mal. Avant de parler un peu plus de toi en détail, est-ce que tu peux nous décrire un petit peu où tu vis, avec qui tu vis et comment se présente la ferme de ton conjoint ?
- Speaker #1
Alors on vit en Bretagne en Côte d'Armor à 5 minutes de Dinan. Mon conjoint c'est Valentin, il a participé à la saison 16 de L'amour est dans le pré. Il est maraîcher horticulteur. Il cultive les fleurs comestibles, les aromates, les épices, un peu de légumes aussi.
- Speaker #0
Ça fait combien d'années qu'il fait ça ? Est-ce que c'est lui qui a mis en place cette ferme-là ? Est-ce qu'il l'a reprise ? Est-ce que c'est lui qui a fait le choix de ces différentes cultures et pourquoi ?
- Speaker #1
Alors il l'a créée de A à Z il y a 9 ans. C'était en 2016.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il a fait ça sur les parcelles de ses parents, en fait, derrière leur maison familiale. Il y avait, ouais, l'exploitation n'existait pas avant.
- Speaker #0
Il est fils d'agriculteur ?
- Speaker #1
Non, du tout. Donc, c'est vraiment dans le jardin. Il est petit-fils d'agriculteur, c'est grand-père de l'été, mais ses parents n'avaient pas de lien avec l'agriculture à proprement parler.
- Speaker #0
Ok, donc c'est lui qui a souhaité faire ça. Ok, trop bien. Alors, maintenant qu'on voit un peu mieux le décor, on va parler un peu plus de toi. D'où viens-tu initialement et est-ce que tu as grandi dans un milieu agricole ?
- Speaker #1
C'est un petit peu similaire à Valentin. En fait, moi, je suis d'origine de Chartres, dans le 28, on aurait Loire. Mes parents n'étaient pas du tout dans l'agricole, mais mon grand-père paternel, lui, si.
- Speaker #0
Ok, donc deux petits-fils d'agriculteurs.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et quel a été ton parcours professionnel ?
- Speaker #1
Oula ! J'ai tenté pas mal de choses.
- Speaker #0
D'où ?
- Speaker #1
J'étais partie sur des études littéraires à la base pour faire du dessin.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai arrêté, j'ai tenté le droit que j'ai arrêté. Je suis partie après plusieurs petits jobs à droite et à gauche sur des études dans le transport sanitaire pour être ambulancière. Donc ça, je l'ai fait pendant quelques années. Et après, je me suis installée à mon compte en tant que chauffeur VTC.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
L'activité que j'ai stoppée après le Covid et au moment de la rencontre avec Valentin. parce que ça ne me convenait plus du tout. Et en parallèle, j'avais mon activité de photographe. Je vendais des tirages d'art que je faisais par passion et que j'ai lancés au moment du Covid, quand ma première activité était complètement à l'arrêt. Et donc, ça me passionnait beaucoup plus que le VTC. Donc, j'ai décidé d'arrêter la première activité, de me consacrer à la deuxième un peu plus. Ensuite, en changeant de région, forcément, j'ai dû m'adapter un petit peu aussi. donc j'ai fait un... Je travaille un petit peu saisonnier dans une jardinerie, pas loin d'ici. Comme ça, ça m'a permis aussi d'apprendre un peu plus sur le végétal et de continuer mon activité à côté. Et donc là, j'en suis là aujourd'hui.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Donc retour sur l'artistique initiale.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Trop chouette. Et tu fais des photos de tout, de l'événementiel. Sur quoi tu te spécialises ?
- Speaker #1
À la base, c'était de la photo des tirages d'art. Je faisais de l'urbex. J'allais visiter des lieux abandonnés, des manoirs, des châteaux, du patrimoine laissé à l'abandon. J'en faisais des photos, en fait. C'est celle-là que je vendais. Et puis après, forcément, c'est une niche, donc ça ne plaît pas forcément à tout le monde. Donc, j'ai élargi en faisant des shootings, temps, famille, grossesse et maintenant mariage.
- Speaker #0
Ok, donc un petit peu d'événementiel aussi. Ça marche ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que du coup, ce métier est compatible avec la vie avec un agriculteur ? Est-ce que le fait d'être indépendante te facilite aussi un peu la vie ?
- Speaker #1
C'est mieux. Moi, je trouve que c'est mieux. Je n'ai pas de contraintes horaires. En soi, si je sais qu'il y a un week-end où on est en foire, où on n'est pas présent, je ne prends pas de réservation sur ces week-ends-là. Quand Valentin a une saison un peu plus compliquée, je m'adapte aussi. C'est plus simple, je trouve, d'avoir des horaires fixes et un employeur.
- Speaker #0
Est-ce que tu aides un petit peu Valentin, que ce soit sur la ferme ? Tu parlais un peu de... de foire, peut-être de la vente aussi de ces produits ?
- Speaker #1
Toujours, je pense que pour beaucoup c'est ça. Même si officiellement on n'est pas dans la ferme, il y a toujours un coup de main. Quand je suis arrivée, je lui ai fait son site internet, je me suis occupée de tout ce qui était communication, marketing, les packagings, tout ce que lui n'avait pas le temps de faire et qu'il ne savait pas forcément le faire non plus.
- Speaker #0
Ok, c'est déjà un gros taf.
- Speaker #1
Un peu, oui.
- Speaker #0
Trop bien. C'est non négligeable. Et puis, c'est hyper important de valoriser tout ce qu'il fait. Et qu'est-ce que tu fais d'autre comme coup de main ? Est-ce que ça t'arrive un peu d'aller aussi sur le côté plantation, entretien ?
- Speaker #1
Plantation, récolte, oui.
- Speaker #0
Oui, ok.
- Speaker #1
C'est toujours le problème du manque de temps. Il y a beaucoup de choses à faire en très peu de temps, en fonction des saisons, de ce qu'il plante. Donc, il faut aller assez vite. Et tout seul, c'est un peu compliqué. Donc oui, je l'aide de temps en temps. Pareil pour les tracteurs, quand il faut plusieurs engins, etc. Tout seul, c'est compliqué.
- Speaker #0
Ok, je comprends. C'est la première fois que j'ai une femme dont l'agriculteur a fait des fleurs, des fleurs comestibles, des épices. J'ai bien suivi. Est-ce que tu peux nous présenter un peu plus en détail les différents types de cultures qu'il fait et l'originalité de sa ferme ?
- Speaker #1
Du coup, il fait tout ce qui est fleurs comestibles. Il y en a vraiment beaucoup. il y en a Il y en a qu'on connaît et qu'on ne connaît pas sous cette forme-là. La tulipe, le dahlia, les œillets, tout ça, c'est des fleurs comestibles. Après, il y en a moins connues, on va dire. L'hertensia qui a un goût d'huître, il y en a une autre qui a un goût de camembert. C'est vraiment faire découvrir des plantes qu'on ne connaît pas, que la plupart des personnes ne connaissent pas, qui ont des goûts pourtant qui se rapprochent de ce qu'on mange assez souvent. Après, il fait des épices qu'on connaît un peu plus, le gingembre, le curcuma. différentes sortes de poivre, un peu de wasabi, des cultures qu'on n'a pas l'habitude de voir ici non plus, mais pourtant qu'on utilise tous les jours.
- Speaker #0
Ouais, mais au moins ça permet de produire local des choses que peut-être qu'on apporterait par plaisir de manger.
- Speaker #1
C'est ça. Très souvent, ça vient d'ailleurs.
- Speaker #0
Trop bien. Et ça, c'est des choses qu'il produit, qu'il vend frais, ou il y a aussi des choses qu'il fait sécher ou qu'il transforme ?
- Speaker #1
Alors ça dépend. Les fleurs, il en vend fraîches, mais du coup, il y a... Cette complexité du fait que dès qu'elles sont ramassées, il faut absolument qu'elles soient vendues et employées dans les heures, les jours qui suivent. Donc ça, on en vend fraîche, on en vend séchée aussi. Tout ce qui va être épices, ça va être vendu séché, moulu. Le gingembre, par exemple, il ne le vend pas en frais parce que c'est une génétique qu'il a dû adapter à la région et qui lui est propre. Et il ne veut pas perdre la génétique, il ne veut pas que ce soit reproduit ailleurs.
- Speaker #0
Ouais, ok.
- Speaker #1
Donc ça, il ne le vend que transformé. Après, le reste, c'est principalement séché et moulu.
- Speaker #0
Du coup, il a pas mal de matériel. Il a dû investir aussi. Est-ce que tu peux nous présenter le laboratoire, je ne sais pas trop comment on appelle ça, sur la ferme ? Quelle machine il a pour pouvoir transformer, sécher, faire le packaging de tous ses produits ?
- Speaker #1
Ça va être principalement des déshydrateurs. Beaucoup de déshydrateurs. Là, on est en train de voir justement pour investir dans un moulin à épices pour vraiment que ce soit broyé plus finement. Ça va être après tout ce qui est bidon alimentaire, parce qu'une fois que c'est sec, il faut les stocker. Ça n'aime pas l'humidité, donc il faut que ce soit vraiment à l'abri. Après, oui, ça ne demande pas énormément de matériel, mais c'est sûr qu'il y a des séchoirs aussi, mais ça, on les utilise un peu moins, parce qu'ici, c'est quand même très humide. Donc, il ne faut pas que les choses s'abîment quand elles sèchent.
- Speaker #0
La Bretagne, c'est humide, ah bon ? ok ouais bah c'est franchement c'est super intéressant on se projette beaucoup plus sur tous ces produits là est-ce que il a dû faire un peu donc tu parlais tout à l'heure de com d'expliquer aux gens c'est des produits peut-être où les gens n'ont pas l'habitude tout ce qui va être fleurs comestibles comment
- Speaker #1
est-ce qu'il arrive à valoriser et communiquer autour de ces produits bah ça ça reste toujours très compliqué en fait les côtés professionnels donc les restaurateurs etc. ils connaissent déjà ouais ils en recherchent après est-ce qu'il Merci. du particulier lui connaît pas du tout et donc il va falloir systématiquement expliquer etc et c'est pour ça qu'il ya quelques années il a fait sorti un livre justement qui répertoriez les fleurs comestibles les usages etc comment on pouvait les cultiver chez soi les utiliser au quotidien après ça reste toujours de l'éducatif permanent parce que les gens qu'on croise sur une fois on les croise pas ailleurs et il faut toujours expliquer apprendre parce que c'est toujours pas quelque chose de commun en fait pour la plupart des personnes de manger des fleurs
- Speaker #0
Bah oui c'est clair mais peut-être un peu de plus en plus je pense que les gens reviennent un peu à ça, c'est des choses qui étaient assez courantes il y a un certain nombre d'années et surtout avec les vertus médicinales et qui je pense revient de plus en plus
- Speaker #1
Bah il y a surtout beaucoup plus de personnes maintenant qui font leur propre tisane qui font sécher certaines plantes justement pour pouvoir les utiliser ne serait-ce qu'en cuisine, le laurier, ce genre de choses-là. Beaucoup achètent toujours en grande surface, parce que quand on est en appartement, c'est compliqué aussi d'avoir des plantes aromatiques et avoir l'espace pour le faire aussi. Mais il y en a de plus en plus qui le font. Après, la culture de fleurs, les gens ne s'imaginent pas que dans leur jardin, il y a beaucoup de plantes, que ce soit les fleurs ou les feuilles, qui se mangent.
- Speaker #0
Oui, clairement.
- Speaker #1
Et ce n'est pas quelque chose qu'on apprend aux plus petits à l'école, par exemple. Ce n'est pas ce qui se fait le plus.
- Speaker #0
Je comprends. À quand les ateliers découvertes et les stages de cueillette avec Valentin en Bretagne ?
- Speaker #1
Ça lui est demandé de plus en plus, oui, de faire découvrir ça.
- Speaker #0
Ce serait trop bien. Je trouve qu'il y a quand même une part de pédagogie dans sa mission et dans ce qu'il fait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'où lui est venu ce goût-là pour, j'allais dire, cette agriculture un peu plus atypique ? D'où lui est venue l'idée de faire ça ?
- Speaker #1
Alors là, je sais que son grand-père maternel l'a beaucoup orienté dans ses choix de vie. Après, à la base, il me semble qu'il partait plutôt sur le paysagisme, ce qu'il fait aussi en complément. Mais c'est un secteur où il y a beaucoup de monde. Il s'était dit qu'il fallait faire quelque chose qui changeait un peu de l'ordinaire. donc il s'est... concentré sur des cultures qu'il n'y avait pas dans la région. Puis il a tenté des innovations pour lesquelles il a eu des prix, etc. Mais c'est parti de, je pense, de ça à la base, oui.
- Speaker #0
Ok, trop trop bien. Oui, donc tu nous parlais du fait qu'il a fait l'émission « L'amour est dans le pied » de la saison 16. Est-ce que cette notoriété, parce que je pense qu'on peut parler de notoriété quand même quand on a été télévisé, est-ce que ça l'aide ? sur la ferme, sur les ventes. Est-ce que ça l'a aidé à ce moment-là ? Est-ce que c'est toujours le cas ? Est-ce que c'est quand même un coup de boost là-dessus ?
- Speaker #1
Si on l'écoute lui, non. Enfin, oui et non. Pour les particuliers, oui. Pour le professionnel, non. Ça l'a un petit peu desservi dans le sens où certains restaurateurs pros se sont servis justement de cette image-là qu'ils pouvaient avoir pour avoir plus de clients dans leur propre restaurant. Et au final, se sont retrouvés à faire une commande, à noter son nom sur la carte et à plus jamais lui recommander ses produits derrière, mais toujours se servir de son image.
- Speaker #0
Ouais, c'est trop chouette. Ça,
- Speaker #1
c'est ce qui l'a un peu dégoûté après l'émission. Par contre, au niveau du particulier, oui, pour moi, c'est un gros coup de boost. Lui, ça ne rend peut-être pas trop compte. Il a l'esprit paysan, c'est son travail, c'est comme ça. Il faut le faire découvrir aux gens. Et cette émission-là lui a quand même apporté l'ouverture. justement de pouvoir en parler avec des gens qui ne se seraient pas intéressés à ça en temps normal.
- Speaker #0
Oui, et puis dans mon souvenir, c'est un profil quand même assez réservé, humble. Ça ne va pas être celui qui veut devenir l'influenceur le lendemain de l'amour et l'enfer. Je comprends très bien, je pense, son regard, comme tu dis, qui ne s'en rend peut-être pas trop compte lui-même.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. La priorité, c'est son produit, c'est son travail, c'est sa passion. Et le reste, c'est autre chose.
- Speaker #0
Ok. J'aimerais maintenant qu'on parle un peu plus de votre vie à deux et de ce que représente le quotidien quand on vit avec son âge de poule cœur. Comment est-ce que vous vous êtes rencontrée avec Valentin ?
- Speaker #1
Pas directement par l'émission, mais c'est quand même lié à ça puisque je l'ai revu dans le Que sont-ils devenus de 2023 où justement il annonçait que ça n'avait finalement pas fonctionné avec la personne avec qui il était. Moi, à cette époque-là, j'étais un peu plus ouverte à me remettre avec quelqu'un. Donc, je me suis dit, moi j'envoie un message, je tente. Et au final, j'ai bien fait de tenter. Donc, on a échangé grâce aux réseaux sociaux. Et après, on s'est rencontrés. Et puis, au final, je ne suis jamais vraiment trop repartie d'ici.
- Speaker #0
Trop bien. OK, donc c'est quand même en lien avec l'émission. Même si, en effet, toi, tu n'as pas participé à cette émission. Est-ce que tu avais vu son portrait ?
- Speaker #1
Ah oui, moi, je suivais ça avec ma maman. J'avais vu toute sa saison à l'époque où il est passé. Sauf que, déjà, le contexte est particulier. Je ne me voyais pas du tout écrire une émission comme ça. Enfin, le fait d'être en compétition avec d'autres filles, ça me... Ça ne me plaisait pas trop. De passer à la télé aussi, c'est un peu compliqué. Au final, je n'étais pas prête non plus. C'est venu après, mais au moment où ça devait venir.
- Speaker #0
Ok, je peux comprendre tout à fait ce côté-là aussi. C'est vrai que ce n'est pas du tout évident. Quand tu l'as contacté, tu savais qu'il était agriculteur. Est-ce que ça te faisait peur ? Est-ce que ça te faisait plaisir ? Qu'est-ce que tu pensais vis-à-vis de son métier ?
- Speaker #1
Je savais déjà que dans tous les cas, si ça fonctionnait, c'était à moi de bouger dans sa région. Ça, ce n'était même pas une question qui allait se poser. Le métier en lui-même, non, ne me faisait pas peur. Je suis quelqu'un qui s'adapte quand même très facilement à des cadres très différents, aux métiers, etc. Tant qu'il y a quelque chose qui ne me passionne pas, mais qui va me motiver, ou tant qu'il y a une sorte de challenge, moi, je m'adapte. Donc, je n'ai pas eu de souci par rapport à ça. J'aime apprendre, j'aime découvrir. Donc là, c'était totalement le cas.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Et à l'heure actuelle, vous vivez sur l'exploitation ?
- Speaker #1
La situation est un peu compliquée parce que du coup, ça reste des terres qui appartenaient à ses parents pour la partie initiale. Après, lui, il a eu d'autres terres qu'il a acquéries après. Et ses parents sont en... pour de divorce. Donc, la situation est un peu compliquée en ce moment. On vit sur l'exploitation. On essaye justement d'avoir notre chez-nous. C'est le projet actuel d'avoir notre chez-nous. Mais oui, c'est quelque chose qui est en cours pour l'instant.
- Speaker #0
Ok, je comprends, ça marche. Le fait de vivre là où il travaille, est-ce que pour toi, c'est un bon compromis pour justement avec ton métier d'indépendante pour le voir davantage ? Est-ce que ça te fait peur parce que tu te dis qu'il y sera un peu tout le temps ? Comment est-ce que tu le vis, toi, de vous installer et d'avoir votre chez-vous sur l'exploitation de Valentin ?
- Speaker #1
De toute façon, au travail, il y est tout le temps. Donc, il vaut mieux qu'on soit sur l'exploitation qu'ailleurs. Justement, ça me permettrait de passer plus de temps avec lui. Puis même, c'est plus facile si je dois aller l'aider, je ne sais pas, une ou deux heures. Et puis après que moi, je dois faire mon travail, je n'ai pas loin à faire. C'est plus pratique. Je ne me vois pas avoir mon chez-moi à plusieurs kilomètres d'ici. ça serait moins pratique.
- Speaker #0
Et justement, comment est-ce que vous organisez pour garder un équilibre de couple dans ce rythme-là ?
- Speaker #1
Étonnamment, le fait de travailler ensemble assez régulièrement quand même. C'est des moments qu'on passe ensemble. Il y en a beaucoup qui disent « Oui, mais quand on travaille ensemble, le soir, on n'a plus rien à se dire. » Non, je ne trouve pas que ce soit le cas.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Parce que la journée, on parle travail et le soir, on parle d'autres choses. On parle toujours un peu travail. Il y a toujours des projets et des idées qui fusent tout le temps, mais que ce soit lui ou moi, ça c'est... Ça casse pas la routine du couple, je trouve, de travailler ensemble.
- Speaker #0
Ouais, je comprends. Une fois que ça roule et si les caractères fonctionnent, il n'y a pas de raison que ça ne rapproche pas. Au contraire, en fait, de passer tout ce temps-là à deux.
- Speaker #1
Je dis pas que c'est simple toujours, mais de toute façon, qu'on travaille ou qu'on travaille pas ensemble, il y aurait quand même des moments où ça se frite un peu plus que d'autres. Je pense que c'est normal.
- Speaker #0
C'est la vie.
- Speaker #1
Après, c'est ça, c'est comme ça, c'est nos caractères. Pour l'instant, non, ça roule bien comme ça.
- Speaker #0
Et est-ce que vous prenez du temps pour vous en dehors de la ferme ? Est-ce que vous arrivez à avoir des moments à deux, des week-ends, des vacances ?
- Speaker #1
Vacances, non. Après, oui, prendre des moments tous les deux, oui, ça en y arrive. Avec des amis aussi. Valentin est quelqu'un qui, sur son exploitation, toute la semaine est très solitaire. Hormis moi qui suis là, il ne voit pas grand monde. Donc, il aime bien sortir, voir des amis. Quand il a l'opportunité de voir des personnes extérieures, justement, il prend cette opportunité-là.
- Speaker #0
Et est-ce que toi, du coup, ça t'arrive de partir seule en vacances ou avec des amis de ton côté parce que lui ne le peut peut-être pas ?
- Speaker #1
Ça m'arrive de partir dans ma famille, oui, parce que du coup, moi, j'ai laissé toute ma famille dans le 28. C'était pour moi quelque chose qui était inimaginable il y a quelques années encore de partir loin de ma famille. On est 4-3 heures de route, ce n'est pas si loin que ça. Mais de ne pas les voir régulièrement dans la semaine, etc., ce n'était pas imaginable pour moi. et au final je le vis assez bien parce que j'ai pas cette contrainte de me dire je peux pas aller les voir parce que Valentin du Travail en fait il me laisse, il me le dit tu vas les voir, tu prends un week-end tu vas voir ta famille, moi je peux pas c'est comme ça mais toi y'a pas de raison que tu puisses pas en fait
- Speaker #0
Ok et toi ça tu le vis comment ?
- Speaker #1
Bah très bien
- Speaker #0
Donc le fait de devoir parfois partir solo et qu'il puisse pas te suivre partout c'est ok ?
- Speaker #1
C'est sûr que c'est pas l'idéal en soi, je préférerais qu'il soit avec moi mais j'ai Merci. toujours eu un côté solitaire aussi. Au final, avoir du temps chacun de notre côté, de temps en temps, c'est pas plus mal non plus. Donc non, c'est pas quelque chose qui me dérange et lui non plus, je pense pas.
- Speaker #0
Je comprends, mais ça c'est hyper important et je pense qu'un point commun qu'on a beaucoup entre femmes d'agriculteurs, c'est aussi l'indépendance. Je pense qu'avoir même des moments solos, ça fait même du bien en fait. Je pense tout simplement. Je pense que c'est aussi important de le dire. C'est vrai que de temps en temps, on dit est-ce que t'es pas seule ? Est-ce que ça te gonfle pas de ne pas avoir de vacances et tout ? il faut accepter de dire, mais en fait, ça me va aussi. Ok, ouais, ouais, je comprends bien. Donc, ta belle famille est à côté, géographiquement très proche. Quels sont tes liens avec eux ? Est-ce que toi, ça te faisait peur, justement, de quitter ta famille et d'être très proche d'une autre famille ?
- Speaker #1
Non, mais en fait, ça s'est fait très rapidement. Et du coup, ce n'est pas une question que je me suis vraiment posée à ce moment-là. Ça a été assez simple. C'est là, plutôt sur la longueur, du coup, le fait que la situation soit... peu compliqué. Au bout de deux ans, ça devient un petit peu long. On aimerait avoir notre chez nous à nous et les voir de temps en temps. Il n'y a pas de problème. Mais c'est vrai que vivre au quotidien avec eux, ce n'est pas quelque chose de forcément très simple et quelque chose qu'on imaginait au début non plus. Donc, ce n'était pas tout à fait prévu.
- Speaker #0
Je comprends. Avec Valentin, vous n'avez pas d'enfant. Non. Est-ce que vous en voulez ? Est-ce que toi, tu aimerais ? voir des enfants s'épanouir autour de la ferme, avec un papa dans les plantes, etc. Est-ce que c'est quelque chose qui te fait envie d'avoir des enfants et de les faire grandir dans un milieu rural, épanouissant comme ça ?
- Speaker #1
Alors je suis pas contre, pour l'instant je suis pas pour non plus parce que la situation fait que ça serait trop compliqué d'accueillir un enfant maintenant. C'est une question que je me suis jamais trop posée parce que je pars du principe qu'il faut avoir une stabilité, un environnement qui permette d'accueillir un enfant. Et pour l'instant c'est pas le cas, même si ça roule entre nous deux, il y a plein de choses autour qui pour l'instant ne sont pas idéales. Après je sais que Valentin c'est quelque chose... C'est une question que lui se pose régulièrement. Pour l'instant, c'est plus moi qui le freine parce que justement, c'est encore un peu trop compliqué, je pense, pour le moment.
- Speaker #0
Oui, mais tu attends d'avoir un cadre un peu plus propice à l'accueil d'un enfant, ça se comprend aussi. Est-ce qu'il y a des choses qui t'épanouissent chaque jour dans cette nouvelle vie, dans le fait d'avoir un peu tout quitté pour le rejoindre ? Est-ce que toi, tu as des petits plaisirs du quotidien que tu n'avais pas avant et des choses qui te rendent heureuse ? dans cette vie à la ferme ?
- Speaker #1
Oui, les fleurs, déjà, rien que ça. Je trouvais ça très beau avant, mais avant, j'allais chez le fleuriste. Maintenant, en fait, je les ai à la maison. Donc, si j'ai envie de me faire un bouquet, je me fais un bouquet. Si juste j'ai envie d'aller faire des photos des fleurs, je vais faire des photos des fleurs. Enfin, ce truc-là, je ne l'avais pas avant.
- Speaker #0
Oui, tu m'étonnes trop bien.
- Speaker #1
Même si j'ai grandi en campagne et j'ai vécu après en ville, mais avec un jardin, etc., je n'avais pas ce rapport-là. avec les plantes, avec les fleurs, et ne serait-ce que découvrir en fait tout le temps des nouvelles fleurs, des nouvelles plantes. Ça, je ne l'avais pas avant.
- Speaker #0
Oui, j'allais dire ça, tu l'as un peu appris en le découvrant. Je veux dire, c'est sans fin.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Il y a quand même quelque chose que ça m'a apporté que je n'avais pas avant, c'était la vision sur l'agriculture en général et sur le besoin que les agriculteurs ont par rapport à tout ce qui est justement communication, comme je disais que j'avais fait pour Valentin, son site internet, etc. Et que moi, ma passion, c'est quand même la photo, tout ce qui est graphisme, le dessin. J'ai un projet qui est toujours en cours, ça prend un peu de temps, mais c'est toujours en cours. C'est justement d'aider les agriculteurs qui font de la vente directe, qui ont besoin d'avoir une image pour leur production, de les aider au niveau de leur communication, de leur marketing, faire des photos de leur élevage, de leur travail. Oh bien ! Illustrer en fait ce qu'ils font.
- Speaker #0
Canon !
- Speaker #1
et Ça, c'est un côté que je n'avais pas avant. Je voyais l'artisanat, je voyais tout ça, mais pas le monde agricole en lui-même.
- Speaker #0
Trop bien. Oui, ça ouvre aussi sur d'autres projets. Puis comment valoriser toi ? Je vais dire ton côté un peu artistique et puis des compétences, clairement. Trop bien. Trop chouette. Écoute, merci beaucoup pour ta sincérité et pour ton temps. C'est la fin de notre échange. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à découvrir tous les autres. Vous pouvez également noter le podcast sur votre plateforme d'écoute préférée. Et pour suivre l'aventure au quotidien, retrouvez-moi sur les réseaux sociaux, et surtout sur Instagram où je suis très active. N'hésitez pas à vous abonner, liker, partager. C'est grâce à vous que ce projet prend forme et qu'il peut continuer à grandir. Et mesdames, si vous avez envie de raconter votre histoire, rejoignez-moi pour un prochain épisode. A bientôt !