- Speaker #0
Bonjour et bienvenue au sein du podcast « Tout s'amène quand on s'amuse » , celui qui donne la parole aux conjoints d'agriculteurs. Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en bio, en conventionnel, en raisonnée. Elles viennent de toute la France. Certaines sont tombées dans l'agriculture toute petite. Toutes la découvrent jour après jour. Elles jonglent entre la ferme, la famille, leur métier, et portent une force incroyable. Moi c'est Marion, et avec ce podcast, j'espère que certaines d'entre vous se reconnaîtront dans leurs propos, ouvront des conseils, des échos à leur vie, prendront peut-être un peu de recul, ouvront du soutien, ou simplement verront une mise en lumière de ce qui se vit, souvent dans l'ombre, au cœur des fermes. Ici, c'est de la good vibes, de la sororité, du partage, et un vrai souffle de girl power en agriculture. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Aujourd'hui, je reçois Marylis, on vient tout juste de faire connaissance. Je connais déjà ta fille Léa, puisqu'elle a joué le jeu aussi de cette interview dans un des épisodes précédents. Et je trouve ça super chouette de t'avoir maintenant à ton tour. Je suis ravie de partager ce moment avec toi aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Je m'appelle Maryse, j'ai 61 ans et je suis femme d'agriculteur depuis tout le temps. Depuis que je suis mariée, c'est-à-dire 37 ans. Je suis à la retraite depuis… J'étais employée salariée d'une grande société d'assurance.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous présenter un petit peu l'exploitation de ton mari ?
- Speaker #1
Mon mari, sa carrière, donc il arrive en fin de carrière, elle est composée de deux parties, on va dire. Une première partie où il était en vache à l'étang et poulet fermier de louer, puisqu'on habite la Sarthe et donc on a un label poulet de louer. Et donc il a été en GAEC avec deux associés pendant 12-13 ans. Et puis ça n'allait pas au niveau relationnel, donc on a cassé le GAEC. Et il s'est réassocié de nouveau depuis 20 ans. Et là, il est revenu à sa passion première, c'est-à-dire les vaches laitières, l'exploitation laitière, donc un petit peu de céréales, mais sinon vraiment concentré sur le lait.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des enfants ? Donc je sais déjà que oui. Et à quel âge ont-ils ?
- Speaker #1
Alors on a eu deux enfants, donc l'aîné c'est Adrien, 34 ans, et donc la petite deuxième, Léa, qui a 30 ans, bientôt 31.
- Speaker #0
Ça marche. Alors maintenant qu'on voit un petit peu mieux le décor, on va commencer par parler un petit peu plus de toi. D'où viens-tu initialement et est-ce que tu as grandi dans un milieu agricole ?
- Speaker #1
Alors non, à proprement dit je n'ai pas... pas grandi en milieu agricole parce que mes parents n'étaient pas agriculteurs, mais ils étaient chacun fils et filles d'agriculteurs. Donc mes grands-parents, de chaque côté, avaient une ferme, mais mon papa n'avait pas souhaité rester à la ferme, donc il était parti ouvrier, et ma mère, ils ont eu quatre enfants, donc elle nous a élevés. J'étais dans un... petit village mais très agricole en fait et nos voisins étaient agriculteurs. Donc j'allais avec la voisine, à l'époque ça se faisait d'emmener les vaches, on disait qu'on allait au champ et on emmenait les vaches et j'allais avec ma voisine et on se posait sous une grande ombrelle et voilà j'emmenais de la lecture ou des dessins. Elle, elle tricotait, c'était vraiment à l'ancienne, chose qui ne se fait plus du tout aujourd'hui. Mais voilà, dès mon plus jeune âge, j'allais chercher le lait avec le pot à lait un peu tous les soirs ou un soir sur deux. Donc, je n'étais pas du tout étrangère à ce milieu.
- Speaker #0
Oui, tu baignais déjà un petit peu dedans et tu aimais déjà bien ça.
- Speaker #1
Oui. Oui, disons que je ne me posais pas de questions, c'était comme ça.
- Speaker #0
Oui, ok. Et quel a été ton parcours professionnel alors ?
- Speaker #1
Eh bien, je suis... titulaire du bac G2 à l'époque, c'est-à-dire comptable.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'ai eu mon bac en juin et j'ai travaillé les six mois qui ont suivi jusqu'à la fin de l'année dans les bureaux d'une laiterie qui était dans le village d'à côté. Il était fabriqué le beurre et du fromage pour la marque Président.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, je travaillais dans les bureaux des tâches comptables. Et puis après, le mois de février qui a suivi, Je suis partie au Mans. Alors, je suis d'origine des Deux-Sèvres.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et j'ai trouvé donc un job dans la société d'assurance. Et donc, je suis partie au Mans et j'avais donc tout juste 18 ans et demi. Je n'étais jamais trop sortie de ma campagne. Donc, c'était un petit peu le choc. Mes parents ont tout fait pour que je sois bien. Ils m'y ont emmenée pour faire les examens d'entrée nécessaires. Et du coup, j'ai été embauchée d'emblée. En fait, ils cherchaient beaucoup de... personnel à l'époque, c'était dans les années 80-83. Voilà, donc j'ai fait toute ma carrière. Au Mans, du coup, je suis devenue sortoise d'adoption. Et mon mari est venu me rejoindre après son armée, en 85.
- Speaker #0
Ok, ça marche.
- Speaker #1
On s'est rencontrées très jeunes, à 18 ans, on se connaissait. Bon bah lui travaillait à l'époque en Deux-Sèvres, il avait un job de salarié. Et lui par contre, ses parents étaient agriculteurs, donc il était déjà beaucoup sur la ferme de ses parents, mais il n'y avait pas trop sa place parce qu'il avait un frère aîné qui prenait toute sa place. Et puis donc ses parents étaient en activité. Donc il avait trouvé un job à quelques kilomètres dans un autre village, où il se plaisait bien. Et après, il a dû partir à l'armée puisqu'à l'époque c'était obligatoire. Et quand il est revenu, il n'avait plus de travail parce qu'à un an d'absence, la ferme qui l'employait, elle avait trouvé d'autres personnels. Et puis comme moi j'étais partie, son souhait était aussi de me rejoindre. Voilà, il s'est expatrié lui aussi. Et bon, voilà, c'était un petit peu difficile parce que... S'intégrer dans un monde agricole ailleurs que dans sa région, c'est pas facile, c'est un monde fermé. Ouais. Il a fallu qu'il fasse son trou, si je puis dire. Il était titulaire du BEP agricole, mais à l'époque, c'était pas suffisant pour s'installer, et comme il trouvait pas trop de job dans les premiers mois, il s'inscrit à une formation pour compléter sa formation.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc il a... obtenu ce diplôme, ça a passé quelques mois. Et puis, par connaissance de Sèvres, via les parents de mon mari qui connaissait quelqu'un, et dont la famille était pas mal agriculteur en Sarthe, on a connu des personnes. Et de fil en aiguille, ça s'est fait comme ça. Il a été embauché comme salarié dans une ferme, chez un des frères, on va dire. Et après... chez une autre sœur où là il y avait un potentiel d'embauche et d'association. Donc il a d'abord été embauché en tant que salarié et après donc il s'est associé à ce couple de personnes.
- Speaker #0
Ok, et là c'est la ferme sur laquelle il est toujours ?
- Speaker #1
Non, c'est la ferme sur laquelle ça a duré 12-13 ans et qu'après au fil des années… Ça ne le faisait plus entre eux. Donc, voilà, ils se sont séparés, si on peut dire. Il a eu quelques mois de… Il voulait aller voir ailleurs, du coup, parce qu'il était un petit peu dégoûté.
- Speaker #0
Voir ailleurs sur carrément changer de métier, c'est-à-dire ne même plus être agriculteur ?
- Speaker #1
Oui, voilà. Donc, il a travaillé dans une entreprise Foussy et Quincaillerie, par exemple, où sur le Mans, on a une grosse usine Renault. Renault voiture et Renault tracteur. Donc, il a aussi passé quelques mois là, mais il s'est vite rendu compte que ce n'était pas fait pour lui. Et donc, il est retourné dans l'agriculture. Il a trouvé quelques jobs en salarié, mais c'est pareil, il ne supportait pas de finir sa journée à 17h ou 18h, il avait l'impression. de ne pas avoir achevé son travail, comme il avait toujours été habitué à être à son compte. Il est assez indépendant, donc il était un peu frustré d'être salarié agricole.
- Speaker #0
Oui, je comprends.
- Speaker #1
On avait gardé de toute façon des contacts et des relations de son premier gaec. On s'est bien intégrés dans le milieu agricole. Et donc, par ces connaissances-là, on a trouvé quelqu'un qui partait à la retraite et dont le fils était associé avec lui. Et du coup, on s'est associés avec le fils en 2006. Et donc là, c'est la ferme sur laquelle il est.
- Speaker #0
Et ton fils reprend cette ferme ?
- Speaker #1
Pas du tout. Non, notre fils ne s'est jamais trop intéressé. Donc évidemment, quand il était petit, il allait avec son père sur les tracteurs et tout. Mais il ne s'est jamais… Non, ça ne l'a jamais branché. Il a son BTS de dessinateur industriel.
- Speaker #0
Qui va reprendre cette firme alors après ?
- Speaker #1
Eh bien là, on a un jeune couple de repreneurs.
- Speaker #0
Ok, trop bien.
- Speaker #1
Complètement étrangers à notre famille et à celle de l'associé actuel. Des jeunes qui sont en reconversion tous les deux, ils ont 30 et 34 ans. Lui, il voulait, étant jeune, faire des études agricoles et devenir agriculteur déjà, mais ses parents ont toujours refusé. Donc du coup, il a un CAP de pâtissier, je crois. Comme il était en désaccord assez profond avec ses parents, il est parti à l'armée. Donc, il a fait une dizaine d'années entre l'armée et les pompiers. Et là, ça l'a repris. Et là, il s'est dit, je n'ai plus besoin de l'accord de mes parents. Je vais faire ce que j'ai envie de faire et je veux faire agriculteur.
- Speaker #0
Waouh ! Oui, c'était super intéressant.
- Speaker #1
C'est un grand virage.
- Speaker #0
Comment le vit ton mari du fait de ne pas céder sa ferme à quelqu'un de sa famille ? Est-ce que le fait que ce soit des jeunes en reconversion, ça lui va aussi, je veux dire, d'avoir des gens passionnés ? Est-ce qu'il aurait aimé le céder dans la famille ou pas spécialement ?
- Speaker #1
Il y a eu quelques années, quand Léa a terminé ses études, Léa voulait s'installer avec son père, mais ce n'était pas la bonne époque, c'était l'époque où le prix du lait était au plus bas. Dans les années 2009-2010-2011, mon mari aurait bien aimé, bien sûr. Ils s'entendaient bien, ils sont sur la même longueur d'onde, tous les deux, quand ils ont des conversations, ils adorent les vaches. la génétique qui va avec, il se souvient de la mère, de la grand-mère et du taureau. Et donc, moi, je suis complètement larguée quand ils sont tous les deux. Donc, c'est sûr qu'ils auraient bien aimé travailler ensemble tous les deux. Mais mon mari, dans ces années-là, il ne voulait pas l'installer dans ces conditions qui n'étaient pas du tout propices. Donc, elle a travaillé un petit peu dans les fermes aux alentours de par ses stages. On voulait qu'elle aille voir ailleurs pour avoir d'autres méthodes, d'autres techniques. Donc ce qu'elle a fait, puisque de toute façon au quotidien elle était souvent avec son père, elle comprenait bien que ce n'était pas non plus le bon moment de s'installer. Donc il y a eu un moment où elle ne trouvait plus trop grand-chose et elle s'ennuyait peut-être un petit peu. Elle a décidé, elle avait complété sa formation avec une licence fromagère, elle a dû t'en parler. et du coup Du coup, elle avait pris un peu le virus de transformer le lait. Un jour, elle nous a dit « j'aimerais bien retourner en Auvergne, faire une année pour me perfectionner dans la fabrication du fromage » . J'ai vu, il y avait plein de petites annonces. Donc, je veux partir là-bas. Bon, ça nous a fait un petit peu un choc, que ça fait loin de la Sarthe à l'Auvergne. Mais bon, on a respecté. son choix. Donc du coup, elle a trouvé une exploitation dans le Puy de Dôme, près de Clermont-Ferrand, le Mont d'Or. Et donc elle s'est perfectionnée en fabrication du Saint-Nectaire, en l'occurrence. Et bien sûr, arriva ce qui devait arriver, elle a rencontré quelqu'un et du coup, elle est restée en Auvergne. Petit à petit, elle s'est associée avec son compagnon à plein temps. Maintenant, aujourd'hui, ils ont un enfant et tout va bien. Voilà. Ça fait 8 ans, 9 ans, ça passe tellement vite.
- Speaker #0
Et alors, qu'est-ce qu'on ressent en tant que maman du fait que sa fille soit agricultrice ?
- Speaker #1
Le fait qu'elle soit agricultrice, ça ne m'a jamais choquée parce que depuis toute petite, elle, contrairement à son frère, elle était toujours dans les pattes de son père. Et puis, c'est la relation avec les animaux qui était très forte. Dès toute petite, elle aimait bien le contact. aux vaches dès qu'elle a pu aller avec mon mari elle y allait elle avait pas peur contrairement à moi ça me faisait plaisir moi le principal c'est qu'elle soit heureuse et qu'elle s'épanouisse professionnellement et on a bien compris quand elle a voulu partir que c'était ça que c'était important pour elle pour la suite de son avenir donc même si dans son idée c'était de revenir en Sarthe et de créer un atelier fromage peut-être. sur la ferme de son père. Donc on avait dit, pourquoi pas, d'ici un an, peut-être que les choses s'arrangeront avec l'élève. On était ouverts. Le principal, c'était qu'elle trouve son bonheur. En tant que maman, ce qui m'a le plus gênée, c'est qu'elle trouve son bonheur loin. De moi.
- Speaker #0
Oui, ça je comprends bien. Et alors là, c'est ton point de vue de maman. Et en tant que femme, qui a quand même grandi pas loin du milieu agricole, qui le connaît bien, tu connais sans doute la place de la femme, on va dire, dans ce milieu et qui évolue. Est-ce qu'il y a une certaine fierté à se dire que sa fille est agricultrice ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Parce que quand je vois ce qu'elle fait, ce qu'elle réalise, tout ce qu'elle arrive à gérer. Je lui dis des fois, mais ton cerveau, il est démultiplié en combats. Je lui dis, mais comment tu fais pour arriver à tout suivre ? Ils ont des salariés, donc ce n'est pas toujours facile. Là, dans la vente de son fromage, elle essaie de se diversifier, donc elle a différents contacts, différentes choses à gérer. Son magasin, les marchés, ils ont depuis peu un commercial. Je dis, mais comment tu fais pour penser à tout ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je suis très fière. Elle s'est affirmée dans ce milieu. Elle a été confrontée elle-même quand elle travaillait en Sarthe, qu'elle a trouvé des petits jobs sur les fermes. Elle a été confrontée notamment une fois à un monsieur qui l'avait pris et qui, au bout d'une semaine, finalement, ne l'a pas gardée alors qu'elle avait fait tout bien son travail. Mais elle avait bien ressenti que parce que c'était une fille…
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Je me souviens bien. Aujourd'hui, elle a fait son trou et oui, je suis très fière d'elle.
- Speaker #0
Est-ce que toi, ça t'a déjà effleuré l'esprit de devenir agricultrice, de t'installer avec ton conjoint ? Est-ce que tu files des coups de main sur la ferme de temps en temps ou pas du tout ?
- Speaker #1
Pas du tout, non. Non, je pense que mon mari ne l'a jamais souhaité. On avait chacun notre indépendance au niveau de notre travail, on faisait notre journée, on était content de se retrouver le soir, mais passer H24 l'un sur l'autre, je pense que ça ne nous aurait pas convenu. Parce que ce n'est pas évident de travailler en couple sur une exploitation à l'école. Je l'ai connu chez mes beaux-parents. Et je vois bien, Léa, elle a trouvé son compagnon. Ils sont sur la même longueur d'onde. C'est beau à voir, je dirais. Mais non, moi, je n'étais pas assez impliquée dans ce monde, pas assez motivée pour faire ça.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Oui, c'est ça. C'est que le fait de travailler à deux, mais aussi le fait de se dire d'aller travailler avec des bébés,
- Speaker #1
de faire un petit boulot.
- Speaker #0
D'aimer ça, voilà.
- Speaker #1
Exactement. Moi, j'ai toujours été là pour mon mari. En soutien moral, quand ça n'allait pas dans sa première association, j'ai toujours été là pour le soutenir, prendre les décisions qu'il fallait prendre. Notre carrière s'est passée et on était très bien comme ça.
- Speaker #0
Ok, je comprends.
- Speaker #1
Là où les 20 dernières années, où ça allait mieux, le dimanche quand c'est lui qui travaille, moi souvent je vais le voir. L'histoire de... de l'encourager parce que s'il mange, parce que c'est lui qui est de corvée. Ça m'est arrivé d'aller donner un peu de lait au petit veau, mais c'était vraiment pour l'anecdote.
- Speaker #0
Oui, anecdotique et sur les petites tèches qui te plaisent bien. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Ça marche.
- Speaker #1
Ce n'est pas trop compliqué. Non, comme l'emprête, par exemple, non, je n'ai jamais accroché. J'ai peur, en fait. J'ai peur de la grosse bête.
- Speaker #0
Eh ben oui, je comprends aussi, ça n'aide pas.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Alors j'aimerais maintenant qu'on parle un petit peu de votre vie à deux et de ce que représente le quotidien quand on vit avec un agriculteur. Tu nous as dit que vous vous êtes rencontré assez jeune quand tu as su qu'il était fils d'agriculteur et qu'il voulait devenir agriculteur. Qu'as-tu ressenti ?
- Speaker #1
Rien de spécial, je dirais. À l'époque, quand on est jeune et amoureux, je dirais, ça ne me dérangeait pas. Je ne voyais peut-être pas toutes les conséquences que ça impliquait, toutes les difficultés certainement. Je ne me suis pas posée de questions.
- Speaker #0
Oui, une part de naïveté, de jeunesse on va dire.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est ça. Et là encore, je ne me voyais pas, je sentais bien déjà à l'époque. Très tôt, j'ai bien vu qu'il était passionné. Je ne me sentais pas de contrarier cette passion.
- Speaker #0
Ah non, non, bien sûr. Non, non, mais quand je vois ça, c'est qu'à tu ressens. Ça peut être aussi… extrêmement positif de se dire je veux faire ma vie avec un agriculteur, ça va être chouette, je vais vivre à la ferme, etc.
- Speaker #1
J'en étais pas là parce qu'en fait je me rendais pas bien compte non plus. Mes parents je les ai pas vus sur une ferme, mais après quand je l'ai connue j'ai bien vu mes beaux-parents, ma belle-mère. Comme c'est une autre génération, elle a pas été reconnue tout de suite, elle a travaillé pendant des années sans être reconnue ni cotisée. pour quoi que ce soit, pour elle-même. Mais ça, je ne l'ai su qu'après aussi. Et quand je vous ai dit tout à l'heure les difficultés pour s'intégrer au monde agricole par le fait qu'on avait changé de région, ça, je ne l'avais pas envisagé non plus, que ce soit aussi difficile. En fait, il faut se faire accepter, il faut se faire reconnaître. Et en fait, les Sartois, c'est déjà des gens, on a trouvé, qui étaient très fermés. plus fermé que par chez nous en Deux-Sèvres. C'était le ressenti qu'on avait. Mais une fois qu'ils vous ont accordé la confiance, après, ça a été tout seul. Mais voilà, il fallait faire son trou. Oui, sur le coup, ça ne m'avait pas posé de problème d'épouser un agriculteur. C'est après qu'on découvre les inconvénients. Je dirais que c'est un peu valable pour tous les métiers.
- Speaker #0
Exactement. Mais justement, Avec un petit peu de recul maintenant, quelles sont les choses qui t'ont surprise ? Est-ce qu'il y a des choses dont tu disais, on a un peu la naïveté quand on est jeune et qu'on se met ensemble et qu'on va faire sa vie avec un agriculteur ? Tout comme avec un autre corps de métier très prenant, bien sûr. Quelles ont été tes surprises, les choses que tu as bien appréciées ? ou les choses qui ont été plus difficiles à vivre et qui sont toujours un peu compliquées au quotidien d'être une femme d'un éleveur ?
- Speaker #1
Ce qui est toujours compliqué, c'est que c'est un métier difficile et qu'ils ne sont pas toujours disponibles. Même quand ils croient qu'il y est, il y a souvent des imprévus. Donc ça, c'est valable, même sur le week-end où il est censé être disponible. C'est un peu un manque de disponibilité, mais c'est lié à cette activité-là. Cependant, je l'ai toujours accepté et voilà, c'est comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que vous vivez sur la ferme ou à côté ?
- Speaker #1
Alors, à côté. On n'a jamais vécu, dans les deux expériences qu'on a eues, on n'a jamais vécu sur la ferme parce que ça s'est trouvé comme ça, c'était toujours l'associé qui y était. Et donc actuellement, c'est toujours ça. On a fait construire une maison à un kilomètre et demi de la ferme. Ça se fait à pied très rapidement. Donc ça, c'est bien pour la coupure privée.
- Speaker #0
Exactement. Est-ce que toi, ça aurait été un sujet ou pas d'habiter sur la ferme si ton mari te l'avait demandé ? Est-ce que ça te convient bien comme ça ? Qu'est-ce que tu penses de ça ?
- Speaker #1
Ça m'a bien convenu comme ça. C'est vrai que c'était... C'était mieux. S'il me l'avait demandé, je ne sais pas, peut-être que ça aurait été un sujet. Mais comme la situation ne s'est pas présentée, je ne me suis pas posé la question. En tout cas, d'être à un kilomètre, c'était bien. Mais même pour lui, je pense, au moins, ça fait bien la coupure.
- Speaker #0
De garder cet équilibre-là de vie pro-perso. Ouais, ok. Comment est-ce que justement vous vous organisez pour garder un équilibre de couple dans ce rythme-là ?
- Speaker #1
Ben, j'essaie d'anticiper. C'est souvent moi qui gère les activités de loisirs, on va dire, et de vacances. Les associés, ils ont un planning en général prévu à l'année. On se voit deux fois par an avec l'associé et sa femme pour se caler donc sur les week-ends et puis sur les vacances. Comme on sait quel week-end on est disponible ou pas, je cale les rencontres avec nos amis, la famille, les fêtes de famille, les petits week-ends à la mer, on essaie. Et puis on part en vacances suisse. Avec la deuxième expérience, ça a été plus facile de prendre des vacances parce qu'on était plus dans le même état d'esprit tous, tous les quatre. Là, on prend des vacances à Noël, en février, et puis l'été. Donc, pour des agriculteurs, c'est vraiment bien.
- Speaker #0
Oui, c'est déjà pas mal, en effet.
- Speaker #1
Dans la deuxième partie de sa vie professionnelle agricole, on a quand même bien progressé, réussi à s'accorder des vacances et des temps de loisirs, ce qui a permis de garder notre équilibre de couple.
- Speaker #0
Est-ce que ça faisait partie des sujets de désaccord dans l'ancien gag, justement cette notion d'équilibre vie pro, vie perso, vacances ?
- Speaker #1
Oui, entre autres.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Je comprends. Est-ce que vous arrivez du coup aussi à trouver des moments à deux en semaine, manger ensemble ? Est-ce que par rapport à ton ancien métier, vous arriviez à avoir des moments à deux ? Est-ce que c'était plutôt dans certaines périodes plus faciles ? Comment est-ce que vous arriviez à nourrir votre relation de couple à côté de la ferme ?
- Speaker #1
Assez facilement, je dirais. Pour manger ensemble, tous les matins, les petits déjeuners, on était ensemble et tous les dîners la plupart du temps, sauf en période de grosse activité, genre les moissons ou l'ensilage. Quand j'étais en activité, moi je ne rentrais pas déjeuner. pendant toute ma carrière. Comme je te disais au début, ça nous a jamais trop gêné, on était assez indépendants, on avait notre vie entre guillemets, la journée, ça se passait bien comme ça, on avait notre équilibre comme ça et on était contents de se retrouver le soir. Alors bon, il y a des fois le soir c'était tard, ça dépend comment on rentrait, mais j'essayais de l'attendre pour justement… préserver ce moment de dîner ensemble et de se poser ensemble.
- Speaker #0
Donc vous arriviez quand même à avoir des moments à deux et ne pas être débordée par la ferme non plus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des souvenirs de périodes plus difficiles ou pas spécialement, où vous avez toujours réussi à garder ce rythme-là et à vous accorder du temps ?
- Speaker #1
Oui, il y a eu des périodes... Dans la première partie, je dirais, c'était plus difficile. Il faisait quand même pas mal d'heures. C'était aussi des soucis financiers. Donc bon, quand il rentrait, l'humeur n'était pas toujours là. Le tracas, il n'en parlait pas toujours, donc c'est pas facile. Mais bon, là, ces 20 dernières années, c'était quand même nettement mieux par rapport à ça. moins 2 période difficile.
- Speaker #0
Et toi, tu arrivais dans ces moments-là à le soutenir ? Est-ce que vous aviez aussi des amis ? La famille à côté pour le soutenir aussi.
- Speaker #1
J'étais toujours là en soutien. Par contre, non, parce que dû à notre exil, entre éloignement géographique de toute notre famille, aussi bien de mon côté que du sien, on n'avait pas la famille en soutien. Ça, ça nous a parfois manqué, c'est vrai. Mais bon, on s'est serré les coudes tous les deux et on a surmonté les obstacles. Oui, dans la famille, ce n'est pas toujours évident. Ceux qui sont un peu extérieurs aux problèmes agricoles, pour se faire comprendre, ce n'était pas évident aussi.
- Speaker #0
Oui, d'en parler et de leur dire aux traversiers de se faire comprendre sur ce sujet-là.
- Speaker #1
Oui, et qu'ils comprennent nos soucis.
- Speaker #0
Ok, je comprends. Et lors de votre « exil » , vous avez réussi à vous faire des amis dans le coin. Qu'est-ce que vous avez mis en place comme ça pour rencontrer du monde, pour vous faire un peu votre nouvel environnement ?
- Speaker #1
Oui, on a réussi maintenant, 40 ans plus tard, on a quand même un cercle d'amis assez important, je dirais. Moi, par mes collègues, j'ai quelques-unes qui sont devenues de bonnes amies, dans le milieu agricole, forcément. Eric, il connaît pas mal de monde. Et puis après, on a déménagé trois fois dans notre vie dans la Sarthe. Donc, on a gardé des bons amis aussi avec nos voisins. Et actuellement, nos voisins, c'est aussi des amis. C'est pour ça que là, on arrive à la retraite tous les deux et on n'envisage pas de redéménager ailleurs. Parce qu'on se dit aussi qu'on a aussi notre vie sociale ici maintenant.
- Speaker #0
Oui, vous êtes bien là.
- Speaker #1
On est bien là, oui. Et puis, on a fait construire, on veut aussi profiter de notre maison. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Et du coup, est-ce qu'il y a eu des moments où tu t'es sentie un petit peu isolée ? peut-être dans ces périodes-là un peu plus compliquées, pendant la crise de lait, etc. Ou plutôt bien entourée ? Est-ce que tu arrivais à, toi aussi, parler de ces soucis-là avec des amis, des collègues, pour te soutenir aussi dans ces périodes-là, ou pas spécialement ?
- Speaker #1
Parfois, quand c'était difficile, je me sentais un peu seule.
- Speaker #0
Parce que je n'avais pas le lien familial. En plus, j'ai perdu mes parents de bonheur. Donc, si j'avais eu à en parler un peu, je me serais confiée à ma mère. Bon, je n'ai pas pu, donc ça m'a manqué un peu. Par contre, on a trouvé du réconfort auprès d'amis en Sarthe qui connaissent bien le milieu agricole.
- Speaker #1
Qui arrivaient à vous comprendre, oui.
- Speaker #0
Voilà, qui arrivaient à nous comprendre, qui connaissaient aussi la personne avec qui on était associés. On a eu un peu de soutien quand même pour nous aider. Oui,
- Speaker #1
parce que c'est vrai que voilà, évidemment que ces soucis-là impactent la lutteur, mais ce n'est pas évident non plus de vivre avec quelqu'un qui est dans la bonne côté, etc.
- Speaker #0
C'est sûr, c'est sûr. Ce n'est pas évident. Je ne dis pas que ça a été toujours facile, le meilleur. Je pense qu'il y a eu pire que moi et je n'ai pas... Non, mais il n'y a pas d'échelle, mais...
- Speaker #1
En fait, moi, c'est plus que je trouve qu'on parle beaucoup, en tout cas de plus en plus, des difficultés de certaines fermes, de certains agriculteurs ou agricultrices. Mais ça impacte toute la vie de famille, selon moi, et le conjoint.
- Speaker #0
Ah ben, c'est sûr.
- Speaker #1
Et ça, on en parle peut-être un petit peu moins, tu vois.
- Speaker #0
Ah ben, c'est sûr. Si le conjoint n'est pas là pour soutenir, pour comprendre, Pour aider de quelque façon que ce soit, ça peut être compliqué. Ça, c'est sûr. Dans notre entourage, on connaît des agriculteurs qui sont séparés un peu à cause de ça aussi. Quand le conjoint n'est pas sur l'exploitation et qu'il n'y a pas un minimum de compréhension, forcément, ça ne le fait pas.
- Speaker #1
Est-ce que toi, ça t'est déjà arrivé de te dire « qu'est-ce que je fais là ? Je vais tout lâcher, jamais ? »
- Speaker #0
Oui. Je reviens.
- Speaker #1
C'est vraiment chouette.
- Speaker #0
Je ne sais pas, mais c'est vrai que jamais... Non, j'ai toujours soutenu mon mari de façon inconditionnelle. Jamais je ne me suis dit, je vais faire ma valise et partir. Non, jamais.
- Speaker #1
Trop bien. Tu parlais tout à l'heure de tes enfants, d'Adrien et Léa. Quand ils sont arrivés, comment est-ce que ça s'est passé ? Est-ce que ton mari a été disponible ? Comment est-ce que tu as vécu ? Voilà, tu as ton début de maternité, tes postpartums, non loin de la ferme avec un mari sans doute. Vous en occupez aussi à la ferme avec ces animaux ?
- Speaker #0
Ben oui, alors la première, donc à l'arrivée d'Andréa, son arrivée qui... Donc je me souviens le mieux, parce que oui, ça a été un petit peu difficile. Il est arrivé en avril, donc en pleine période d'ensilage. Mon mari était venu me voir à la maternité, il n'y a pas de souci. Mais c'est pour rentrer, quand je suis rentrée, il est venu me chercher. Mais voilà, il était en plein ensilage. Et donc, on est rentré à la maison, il m'a déposé avec le bébé et il est reparti. Et là, c'était difficile de se retrouver toute seule, un peu de baby blues par là-dessus. J'étais en larmes sur mon canapé avec mon bébé dans les bras.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, ça a été un... peu difficile, mais c'était la période qui voulait ça. Après, pour Léa, elle est arrivée en novembre et c'était mieux. Ce n'était pas du tout la même période. C'était mieux.
- Speaker #1
Et est-ce que lui, il t'en a parlé aussi de ça ? Est-ce qu'il a déjà eu un peu de regret de se dire « J'étais à fond dans le boulot et je n'ai pas pu t'aider, je n'ai pas pu profiter comme je voulais des premiers jours de mes enfants ou pas spécialement ? »
- Speaker #0
Je pense qu'il l'a pensé, mais c'est quelqu'un qui ne dévoile pas facilement ses sentiments, qui est assez renfermé. Il ne m'a jamais fait de confidence là-dessus.
- Speaker #1
Mais tu penses qu'il l'a ressentie sans doute ?
- Speaker #0
Mais oui, de par son comportement ou maintenant comment il est avec nos petits-enfants. Je comprends qu'il doit se dire qu'il a raté quelques étapes. avec ses enfants.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Il en profite sans doute deux fois plus aussi de ses petits-enfants. Oui, il en profite et il pourra aussi en profiter.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est complètement différent. Quand on est jeune, on a nos enfants, mais on est à fond dans le travail. On ne se rend pas compte qu'on n'est pas toujours là pour les premiers mots ou les premiers pas. Et c'est qu'après, on en prend conscience.
- Speaker #1
Ok. Alors avec du recul, qu'est-ce qui chaque jour te fait du bien dans cette vie-là ? Vaste question.
- Speaker #0
Oui, vaste question.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une fierté, une satisfaction particulière à vivre aux côtés d'un agriculteur ?
- Speaker #0
Oui, c'est satisfaisant. On se dit que quand même, c'est quelqu'un qui a tout fait pour nourrir la France, même si c'est un grand mot ou une grande phrase, mais à sa petite échelle, à son petit... éléments. Donc, d'être conjoint, c'est quand même une fierté de se dire qu'à leur échelle, ils font de bonnes choses.
- Speaker #1
Oui, et puis comme tu le disais tout à l'heure, entre guillemets, sans toi dans ces périodes-là, ça aurait été aussi compliqué et on est aussi un peu indispensable dans tout le bon fonctionnement.
- Speaker #0
Par contre, il me l'a souvent dit que si je n'avais pas été là, je ne sais pas s'il aurait tenu le coup. moralement et financièrement. C'est sûr.
- Speaker #1
C'est important de le dire.
- Speaker #0
Il disait, si tu n'étais pas là, de quoi je vivrais ? Et les années où c'était vraiment maigre, même dans sa première association, les vaches à laitante et les vaches à viande, il y a eu des mauvaises années, la viande était très très mal payée, ça a été compliqué. Depuis ça, il le dit et il l'a redit à la crise du lait, un agriculteur tout seul, célibataire ou séparé, s'il n'y a pas d'autre soutien extérieur, c'est sûr. Ce qui explique le taux de suicide aussi assez important chez les agriculteurs. Ce n'est pas que des célibataires, mais il faut être costaud. Oui,
- Speaker #1
je comprends. mais c'est bien de mettre un peu le... Le rôle du conjoint est d'en parler. En tout cas, merci pour ça. Et puis du coup, c'est hyper intéressant d'avoir son regard aussi là-dessus. Pour conclure cet échange toutes les deux, est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais dire à une femme qui débute cette vie-là ? Par exemple, au jeune couple qui va s'installer sur la ferme de ton mari, quel conseil tu donnerais à la conjointe qui va être agricultrice elle-même, mais sur sa future vie au sein de la ferme ?
- Speaker #0
C'est un... C'est un peu différent quand on travaille en couple sur la ferme, mais c'est différent, mais en même temps, je dirais que c'est encore pire, parce que du coup, pour se sortir des problèmes de la ferme, ce n'est pas facile, parce que tous les deux, ils ont les pieds dedans, on va dire. Que nous, comme moi, je travaillais à l'extérieur, c'était plus facile de m'extraire et d'extraire mon conjoint pour lui changer les idées. l'emmener ailleurs. Donc là, quand on s'installe en couple sur une exploitation, mon conseil c'est de s'accrocher et de toujours discuter, bien communiquer entre eux. C'est très important, parce que si on ne parle pas des problèmes carte sur table, ça ne va pas. J'ai l'exemple de Lionel et Léa. Ils communiquent beaucoup, ils parlent beaucoup, ils se racontent tout et c'est ce qu'il faut faire. Sinon, je leur souhaite bonne chance et de s'accrocher. On en a parlé avec eux, nos repreneurs. Pour l'instant, ils sont motivés tous les deux. On sent qu'ils sont aussi sur la même longueur d'onde. Donc, tout ce que je leur souhaite, c'est d'y rester. Et de s'accrocher parce que le métier n'est quand même pas facile.
- Speaker #1
Écoute, merci beaucoup, Maryse, pour cet échange et pour ton temps.
- Speaker #0
C'était avec plaisir.
- Speaker #1
C'est la fin de notre échange. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à découvrir tous les autres. Vous pouvez également noter le podcast sur votre plateforme d'écoute préférée. Et pour suivre l'aventure au quotidien, retrouvez-moi sur les réseaux sociaux et surtout sur Instagram où je suis très active. N'hésitez pas à vous abonner, liker, partager. C'est grâce à vous que ce projet prend forme et qu'il peut continuer à grandir. Et mesdames, si vous avez envie de raconter votre histoire, rejoignez-moi dans un prochain épisode. A bientôt !