- Speaker #0
Bonjour et bienvenue au sein du podcast Où ça mène quand on s'aime, celui qui donne la parole aux conjoints d'agriculteurs. Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en bio, en conventionnel, en raisonnée. Elles viennent de toute la France. Certaines sont tombées dans l'agriculture toute petite. D'autres la découvrent jour après jour. Elles jonglent entre la ferme, la famille, leur métier, et portent une force incroyable. Moi c'est Marion, et avec ce podcast, j'espère que certaines d'entre vous se reconnaîtront dans leurs propos, trouveront des conseils, des échos à leur vie. prendront peut-être un peu de recul, trouveront du soutien, ou simplement verront une mise en lumière de ce qui se vit, souvent dans l'ombre, au cœur des fermes. Ici, c'est de la good vibes, de la sororité, du partage, et un vrai souffle de girl power en agriculture. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Aujourd'hui, je reçois Ney. On vient tout juste de faire connaissance et je suis ravie de partager ce moment avec toi. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors oui, moi je m'appelle Ney. Sûrement au fur et à mesure du podcast, on va entendre qu'il y a un accent qui me trahit parce que je suis italienne.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, j'arrive en France à la base pour mon Erasmus à la fac. Depuis, voilà, il y a eu plusieurs événements qui ont fait que je suis restée jusqu'à aujourd'hui et pour la suite, c'est sûr.
- Speaker #0
Avant de parler de toi plus en détail, est-ce que tu peux nous décrire un peu... avec qui tu vis, où tu vis et comment se présente la ferme de ton conjoint ?
- Speaker #1
Oui, alors nous, on habite dans le Loire-et-Cher, donc à Blois précisément, on habite en ville. Mais mon conjoint, il est installé dans une ferme en polyculture élevage, en bio, très important. C'est à 16-17 kilomètres de chez nous.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Avec quatre autres associés. Donc, ils sont en Galèque. un gaec pardon, ils sont cinq associés et donc voilà il y a de la polyculture élevage. Ils ont un troupeau de vaches laitières, elles produisent forcément du lait. De la transformation pour du fromage, du yaourt. À côté de ça du coup il y a tout ce qui est prairies et céréales. Avec les céréales il y a production de transformation de farine, pâtes fraîches et sèches. Il y a ensuite des poules pendeuses pour les œufs. Et ensuite... Les cochons, justement, pour, comme d'habitude, valoriser le petit lait. Et du coup, avec la vente de viande. Et c'est tout récent. Si je ne dis pas de bêtises, l'année dernière, ils ont planté un berger. Du coup, qui donnera ses fruits pour tout ce qui est petits fruits rapidement. Mais le berger, pour toutes les autres cultures, ça sera dans quelques années. Et... À côté de ça, il y a l'accueil pédagogique dans la ferme. Ils accueillent des familles pour la visite de la ferme, ils accueillent des collectivités, les écoles, ou des centres qui font de l'animation pour personnes avec des disabilités. Ils font la visite de la ferme avec quelqu'un de l'équipe, avec une transformation sur place. Par exemple, faire un petit fromage ou un petit bout de beurre.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Alors maintenant qu'on voit un peu mieux le décor, on va parler un peu plus de toi. D'où viens-tu initialement et as-tu grandi dans un milieu agricole ?
- Speaker #1
Alors moi, justement, je viens d'Italie. Pas vraiment grandi dans un milieu agricole. En tout cas, mes parents, ils ne sont pas du domaine. Mes grands-parents, ils avaient forcément un petit bout de terrain. quelques animaux, du coup ils ont touché à l'agriculture, mais moi personnellement je ne peux pas dire d'avoir grandi en famille avec le monde agricole.
- Speaker #0
Ok, je comprends. Et alors quel a été ton parcours professionnel ? Quelles études ou formations as-tu faites et quel était ton projet professionnel ?
- Speaker #1
Parcours éducatif, on va dire, c'était très varié. J'ai commencé avec un lycée qui n'avait rien à voir avec... ni l'agricole, ni les sciences. Je pense que ce serait l'équivalent en France d'un bac littéraire. Et après, je suis partie à la fac, voilà, en fac agricole.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai fait du coup les cinq ans, donc trois ans en Italie. J'ai commencé mon master toujours dans le monde agricole en Italie. Et la dernière année, par contre, je l'ai fait complètement en Erasmus en France, à Montpellier.
- Speaker #0
Ok, ça marche.
- Speaker #1
Alors, pour mettre un peu le contexte, je suis partie en septembre. septembre 2020 pour Montpellier. J'ai fait toute mon allée là-bas. Du coup, c'était le plan Covid. Donc, c'était une expérience très positive, très agréable. Et en même temps, comme tout le monde, on a vécu des confinements, on a vécu tout ça. Et du coup, j'avais aussi l'impression de ne pas avoir profité, on va dire, de la France en général, des expériences que je pouvais faire ici. Et aussi, j'avais une peur folle de perdre... la langue en fait, tout. J'avais tellement, comment dire, lutté pour apprendre cette langue, pour m'intégrer parmi mes collègues, mes camarades de classe et le français, que je ne supportais pas l'idée de perdre tout ça après autant de travail. Et du coup, j'ai voulu chercher un emploi en France. Je cherchais dans le monde agricole mais sans préférence particulière. Voilà, j'ai cherché un peu partout en plus en France, pas dans une région spécifique et Après, voilà, plusieurs envois de CV, etc. Je suis embauchée comme conseillère technique en fruits et légumes dans la région centre, dans les Loiretches. Et c'est comme ça que j'arrive dans ce département.
- Speaker #0
Ok, oui, ça marche. Est-ce que quand on est étrangère, quand on est italienne, c'est facile de s'intégrer en ruralité, dans le milieu agricole, de trouver un emploi, de faire ses marques ?
- Speaker #1
Ben... Voilà, enfin je peux... Parler par mon expérience, moi j'ai adoré ça. Alors dans la situation où j'étais, j'étais conseillère technique pour un coopératif. Donc en fait, j'accompagnais un groupe d'agriculteurs et j'ai adoré l'échange avec eux. Et c'était quand même marrant parce que forcément, j'avais encore beaucoup de... Toute la terminologie en fait, je ne la connaissais pas, tout le vocabulaire. Alors moi, je suis arrivée, on faisait... Il y avait forcément de la culture des fraises, par exemple. Il y avait plein de termes, rien que ça, que quelqu'un d'autre, sûrement, il aurait connu. Alors que moi, je venais d'un autre pays. Et oui, j'avais fait un an d'études dans le monde agricole. Mais forcément, je ne pouvais pas tout retenir. Donc, moi, j'ai trouvé ça super. En fait, eux, ils étaient super... Enfin, ils m'aidaient beaucoup. Et en même temps, on se... On s'amusait bien. Moi, sur moi, j'acceptais pas mal de blagues. Je ne les prenais pas personnellement, je veux dire. Pour moi, c'était tout le temps d'apprendre, donc de m'améliorer, de m'améliorer pour eux, surtout. Et ouais, je pense que généralement, je l'ai trop, trop bien vécu, même si on pourrait aussi imaginer, forcément, ces groupements de producteurs, ils avaient, on va dire, une tranche d'âge qui était beaucoup plus élevée par rapport à la mienne, concrètement. Et voilà, je pense qu'une croyance qu'on aurait pu avoir, enfin que j'aurais pu avoir, c'était est-ce qu'ils vont m'accepter bien ? Est-ce qu'ils vont être à l'écoute ? Ou est-ce que je vais déjà les décevoir dès le départ ? Parce que, je ne sais pas, toutes les choses qu'on peut croire quand on a une croyance, alors que ce n'était pas du tout ça. Ils étaient super à l'écoute, et moi aussi, après bon, c'était aussi mon caractère peut-être qui était tout le temps... assez solaire, assez souriant. Et du coup, ça mettait un peu tout le monde d'accord.
- Speaker #0
Ok, c'est trop chouette. Et alors maintenant, je sais que tu es coach en communication numérique et notamment pour les entrepreneuses rurales. Comment est venu ce projet ? Quelle a été la transition entre cette première expérience agricole et le fait de te lancer à ton compte ?
- Speaker #1
Je le fais très court. Concrètement, j'ai vécu un burn-out. En fait, ce qu'il y avait dans mon travail en tant que conseillère technique, c'est que je l'adorais. Et j'adorais, comme je disais précédemment, vraiment l'échange avec les producteurs. J'étais trop bien. J'organisais, par exemple, des ateliers entre eux pour qu'ils échangent entre eux. Par exemple, pour que les plus expérimentés aient les plus jeunes, etc., qui voulaient s'installer. Du coup, ils étaient forcément moins expérimentés. J'adorais faire en sorte qu'ils se parlent entre eux. Bref, j'adorais les gens. Mais pour ceux qui concernaient la partie technique en soi, ce n'était pas pour moi. Et je me suis rendue compte, même pour ceux qui étaient à la fac, etc. Ce qui m'intéressait, c'était d'être aux côtés des producteurs, les aider, mais pas l'aspect technique. Et au fait, c'était ça. Cette contradiction-là m'a beaucoup trop impactée et qui a généré cet épuisement au travail. Et du coup, je suis partie à ce moment-là. Alors, j'ai fait un an où je voulais déjà être à mon compte, mais je faisais plus mon activité artisanale. Je fais dans le détail de la broderie sur photo, je brode sur les photos des autres. C'est à ce moment-là, sur cette expérience entrepreneuriale, où j'ai pu tester plein de façons différentes de communiquer et de vendre, dès les marchés, dès les boutiques, jusqu'à les réseaux sociaux. J'ai commencé à les utiliser justement pour mon activité artisanale. Et donc, j'ai commencé à comprendre toute une série de choses. de règles, des fonctionnements, etc. Voilà, je l'ai apprécié. Et du coup, fin d'année... Oui, c'était la fin d'année 2025, je me suis dit, OK, j'ai quand même besoin et envie de développer une autre activité pour me... Voilà, pour moi, pour vivre. Pourquoi pas, du coup, ne pas me former plus en profondeur sur les réseaux sociaux. Et du coup, devenir soit community manager, soit coach réseau social, etc. Du coup, j'ai commencé en formation. Enfin, j'ai commencé, oui, j'ai investi en formation là-dessus. Et après, c'était le moment de définir un peu sa cible, à la fois pour ma communication et pour les types de clients qui voulaient servir. J'avoue que c'était... Alors, c'est jamais... Dans mon cas, c'est jamais vraiment une évidence parce que j'aimais tout le temps... pas en discussion, mes idées, etc., mais c'est venu assez vite la conscience que je voulais le faire pour le monde agricole et plus en général, moi, je m'adresse aussi dans ma communication aux entreprises rurales, producteurs et productrices du monde rural. Donc, que ce soit, oui, la production agricole, mais aussi, par exemple, ce qui est des gîtes à la ferme. tous les petits commerçants, je ne sais pas, des restaurants, etc., qui travaillent avec des produits locaux. Et après, c'était le gros débat avec mon conjoint. Enfin, avec mon conjoint, il n'avait pas... Forcément, la décision est mienne, mais les débats étaient... OK, ça, c'est très bien, mais en fait, moi, j'aimerais bien m'adresser aux entrepreneurs rurales, donc aux femmes. C'est un sujet qui nous a animés. quelques journées parce que justement on disait ok c'est très bien mais le monde rural, on va dire le monde agricole pour les femmes c'est qu'il y a un petit pourcentage du monde agricole en général et donc ça veut dire théoriquement moins de clients mais ça c'est ma notion
- Speaker #0
Oui voilà ce que j'allais dire, c'est un choix stratégique assumé de ta niche on va dire, de ta vocation aussi peut-être je pense C'est ce qu'on ressent en tout cas dans ta démarche, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça, en fait. Il y a un côté où forcément, pour ce qui est de servir mon client, moi, je veux juste que les entreprises rurales se sentent représentées, soient capables de parler d'elles-mêmes, en fait, de leur histoire et qu'elles prennent une place efficace dans la commercialisation de leurs produits via les réseaux sociaux. Ça, c'est la base. Après, par contre, je me dis, et bien... Moi, je suis quand même entourée par pas mal de filles qui sont vesties dans le monde agricole, qui ont une entreprise, elles-mêmes, une activité. Et moi-même, je suis conjointe d'agriculteurs. Il y a certaines choses, certains débats qui, en fait, me tiennent à cœur. Et j'ai quand même envie de les mettre en valeur, de les mettre en lumière et d'aider ces nanas, en fait, à apprendre encore plus. leur voix. Quand je vais par exemple aider mon conjoint un petit peu à la ferme, je me rends compte qu'il y a des frustrations que moi je supporte parce que je ne suis pas moi-même investie dans une ferme. Moi je vais là pour donner des coups de main, donc le fait de ne pas par exemple arriver à soulever des bidons de lait ou des petits laits de 25 kilos, bon c'est pas grave, je demande à mon conjoint de le faire et moi je fais autre chose. Mais je me dis et euh... les autres filles qui le font quand même. Pour moi, c'est énorme. Il y a plein de sujets où le fait d'être là tous les samedis matins au marché, de s'élever à 6h, et s'élever à 6h pour tous les jours, je n'en sais rien pour d'autres qui font la traite ou d'autres tâches comme ça, moi je les trouve héroïques. Qu'on soit un gars ou une femme, bien sûr. Mais le côté d'être femme, je suis désolée, mais je le perçois comme on cherche de plus. On cherche de plus qui mérite d'être valorisé, d'être récompensé, rien que pour l'effort.
- Speaker #0
Et alors, quand tu nous parles d'aller aider sur la ferme, qu'est-ce que tu aimes bien faire et en quoi tu vas donner un petit coup de main ?
- Speaker #1
Alors, ce que j'aime bien faire, en général, c'est d'y aller. En fait, j'aime beaucoup accompagner mon conjoint à la ferme. Après, comme je disais tout à l'heure, lui, il est installé avec quatre autres personnes. Ils sont cinq. Du coup, je t'avoue que je ne me sens pas. d'aller par exemple en semaine quand tout le monde a ses activités à faire, ils sont comme toujours très speed, il y a beaucoup de choses, etc. Moi-même, je me dis que je ne veux pas les ralentir, être dans leurs pattes, etc. Du coup, j'y vais surtout les week-ends où il est d'instinct, mon conjoint. Donc, pour faire un minimum de contexte, sur la partie élevage, ils sont... à quatre et chacun, en fait, il a un week-end d'astreinte par mois. Chose qui fait que tout le monde dans le mois, il a trois week-ends où il n'est pas sollicité par la ferme, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Chose qui est un privilège par rapport à d'autres, moi, je trouve, surtout en écoutant, par exemple, ton podcast et échangeant avec d'autres filles. de mon entourage, c'est un gros privilège d'avoir quasiment tous les week-ends du mois pour la famille, pour des activités perso.
- Speaker #0
Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Donc, bien évidemment, quand il y a des gros chantiers, par exemple les foins, les semis, etc., alors c'est moins le cas. Ils peuvent être sollicités pendant d'autres week-ends, ça c'est normal. Mais la situation de base générale, c'est celle-là. Et du coup, pendant son week-end d'astreinte à lui, J'aime bien l'accompagner au moins une demi-journée ou la journée entière. Donc après, je fais, on va dire, l'appétitement. Enfin, je donne le foin aux vaches pendant qu'ils commencent à traire. Je l'accompagne juste à faire la clôture ou ramener le troupeau, amener le troupeau au champ, etc. Donc je suis plus, on va dire, de compagnie et de soutien moral. J'ai l'impression qu'un vrai aide.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Ok, ça marche. Alors maintenant qu'on voit un peu plus le contexte, j'aimerais qu'on parle un peu plus de votre vie à deux et de ce que représente le quotidien quand on vit avec un agriculteur. Tu te souviens de comment vous vous êtes rencontrés ?
- Speaker #1
Oui, alors on s'est rencontrés au marché.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc eux, ils sont présents sur le marché 11 fois par semaine, donc le samedi matin. Donc à l'époque, mon conjoint, il faisait aussi le marché, maintenant ce n'est plus le cas, mais voilà. Alors, ce jour-là, il faisait le marché. Et moi, j'ai échangé avec un ami à lui qui avait un autre stand plus loin. Et on discutait tout simplement de mes vacances. Et c'est là que, dans la discussion, j'ai dit à cette personne que j'ai fait... que je pratique de l'escalade comme activité sportive. Et que... Voilà, tout simplement, j'avais fait ça pendant mes vacances. Là, il répondit en me disant, moi, j'ai un copain qui en fait aussi sur le coin. Est-ce que ça t'intéresse de le rencontrer ? Parce qu'à l'époque, je venais d'arriver dans la ville et je n'avais pas de compagnie pour aller pratiquer ce sport. Et c'est à ce moment-là, du coup, qu'il s'est... C'était trop mignon. En fait, il a abandonné un peu son stand pour m'accompagner jusqu'au stand de la ferme. Oui, ben voilà, mon conjoint, il était là. Et voilà, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés. À la base, la discussion était juste, ben voilà, moi, je cherche du monde avec qui pratiquer ce sport. Lui, ben, c'était le cas. Et du coup, on s'est rencontrés pour... Comme ça. au marché, mais pour pratiquer cette activité sportive dans notre temps perso. Et depuis, la chose s'est développée et à ces jours, on est ensemble.
- Speaker #0
Ok. Et alors, quand tu as su qu'il était agriculteur, qu'est-ce que tu as ressenti ? Est-ce que tu avais des appréhensions, des craintes ou des excitations à partager la vie d'un agriculteur ?
- Speaker #1
Au début, je pense qu'il y avait beaucoup d'excitation en général parce que j'aimais forcément bien le monde agricole parce que je travaillais déjà dedans, etc. Et ça me plaisait beaucoup l'idée de pouvoir venir à la ferme et être un peu libre en fait de toucher les animaux, de leur donner à manger, des choses. que je ne pouvais pas me permettre trop de faire dans les fermes, forcément des producteurs de la coopérative. C'est deux rôles différents. Et du coup, non, en général, pas du tout d'appréhension, parce que je connaissais un peu ce monde, je l'admirais surtout. Donc non, c'était à la limite, c'était beaucoup d'excitation au début. Et je pense qu'après, ça a évolué aussi très vite, avec une certaine fierté, quoi, que j'ai toujours. Je suis très, très fière de ce qu'ils font, en général, à la ferme. Et de mon côté, j'essaie de soutenir beaucoup en parlant autour de moi et en y allant aussi. Alors, je répète, j'y vais, c'est plus... Ça me fait peut-être plus plaisir à moi et j'ai fait plus de soutien moral pour mon conjoint qui est un vrai aide. Mais en tout cas, il y a un soutien au 100% pour ce qu'ils font.
- Speaker #0
Oui, ok, ça marche. Et puis, c'est aussi de la curiosité, de vouloir comprendre vraiment ce qu'il fait, etc. Je comprends. Vous vivez donc en ville, à quelques kilomètres de la ferme. C'est un choix ?
- Speaker #1
Alors oui. Alors, c'est un choix parce que pour tout ce qui est activité personnelle, J'ai cité tout à l'heure l'escalade, c'est une vraie passion qu'on a en commun. Je pense que dans les passions qu'on a en commun, peut-être à la première place c'est l'escalade, à la deuxième place c'est les vaches. Mais du coup, c'est vrai que c'est assez pratique. On participe dans un club de notre ville et c'est assez pratique de pouvoir y accéder rapidement, surtout avec les horaires qu'il peut y avoir. Je pense que ça serait peut-être coûteux pour lui de, une fois qu'il sort de travail et qu'il part de la ferme, soit il ne rentre pas du tout à la maison et il passe juste à me chercher et on va direct à l'escalade, donc à 10 kilomètres par exemple, imaginons. Et après on retourne, soit le fait de rentrer à la maison pour après repartir faire de la route, je ne sais pas, peut-être ça mettrait un frein aussi à le fait de ressortir après. du coup euh un obstacle au fait de pratiquer aussi une activité sportive, en tout cas une activité personnelle qui nous fait plaisir. Même si récemment, justement, on a cherché à changer de logement. En plus, jusqu'à là, on était en appartement, donc là, on cherchait une maison et on a mis quand même sur la table l'idée de s'approcher de la ferme. Et moi, personnellement, je n'aurais pas été contre. alors Moi, je trouve que ça ne m'aurait pas dérangé de m'éloigner de la ville pour s'approcher à la ferme. Après, ça ne s'est pas passé comme ça. On a trouvé quelque chose qui nous convient parfaitement en ville sur Blois. Donc, ça nous convient comme ça pour le moment.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Comment est-ce que vous vous organisez pour garder un équilibre de couple dans ce rythme-là ? Est-ce que le fait de pratiquer une activité sportive à deux, ça vous aide aussi, je pense ?
- Speaker #1
Oui. C'est sûr. Après, nous, on est très passionnés par ça, dans le sens que même quand on part en vacances, c'est pour aller dans des endroits où on peut pratiquer de l'escalade. Après, c'est normal, c'est à la limite comme ça qu'est né notre couple. Les deux ont cherché un binôme d'escalade, qui après est devenu un binôme de vie. Et du coup, je pense que ça nous cadre un peu. On a des séances par exemple au club, ça veut dire qu'à une certaine heure, tous les deux, on se retrouve à cet endroit-là pour faire cette activité-là. Après, je trouve que c'est sain aussi parce qu'on y va, mais en même temps, peut-être qu'on ne va pas grimper ensemble. Peut-être que moi, je grimpe avec d'autres personnes et lui avec d'autres copains. Et ça aussi, je trouve que c'est très simple parce que... Ça met un cadre aussi à la sociabilisation avec d'autres personnes, d'autres personnes qui sont soit nos amies, soit quand même des personnes en dehors du cadre de la ferme. Et je trouve que ce n'est pas négligeable, parce que je pense que pour le rythme de vie et le rythme des charges mentales qu'il a, lui pour la ferme et moi pour mon activité, je pense qu'on serait moins amené à organiser des occasions de voir du monde. Alors que ce cadre-là, ça nous permet à la fois d'épanouir nous en faisant une activité qui nous plaît à tous les deux, mais aussi d'échanger avec d'autres personnes et sortir un peu de notre routine.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que vous arrivez à partir un petit peu en week-end, en vacances, tous les deux ?
- Speaker #1
Oui, ça c'est un autre grand privilège que le fait d'être à plusieurs sur la ferme permet. Comme je disais, on a trois week-ends par mois complètement à nous. Sauf, voilà, je répète, des chantiers importants. Et entre quatre et cinq semaines de vacances par an. Donc, ça nous permet de partir si on le souhaite. En tout cas, de partir aussi sereinement quand même. Parce que le deal entre les collègues, c'est aussi, quand cette personne-là est partie en vacances, les autres, ils se répartagent ces tâches. Alors c'est... Pour les autres, forcément, ça devient un peu plus dur, quoi, parce qu'il faut assurer les travails habituels plus les tâches de la personne qui est partie en vacances. Mais ça permet à la personne qui part en vacances d'être découpée complètement de l'affaire, quoi, de ne pas avoir la charge mentale de demander, passer le coup de fil au remplaçant pour savoir si tout va bien, etc. Enfin, les collègues, ils assurent pour la personne qui part en vacances. les uns après les autres, ils prennent ce moment pour souffler.
- Speaker #0
Autour de vous, est-ce que parfois tu te sens un petit peu seule, isolée, plutôt bien entourée ? On se doute du coup que ta famille n'est pas toute proche. Comment est-ce que tu le vis ? Comment se passe tout ça ?
- Speaker #1
Alors moi, de base, je suis une personne très solitaire. J'ai grandi comme ça, j'étais fille unique et j'ai grandi dans un bled des montagnes où où j'étais la seule gamine, donc de base j'ai grandi assez solitaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Par contre, je dirais plus sur le... Quand on part par exemple avec nos proches d'ici, sur par exemple la charge de travail qu'il a, les heures qu'il fait, donc les 5 ans, 60 heures par semaine par exemple, qui est, on peut dire, assez normale dans le monde agricole, pour notre entourage qui n'est pas du monde agricole, c'est peut-être pas si normal que ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup Ney pour ta sincérité et pour ton temps. Et merci pour ton témoignage. Il rejoint celui de nombreuses femmes qu'on entend peu. Il est donc précieux. A bientôt ! C'est la fin de notre échange. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à découvrir tous les autres. Vous pouvez également noter le podcast sur votre plateforme d'écoute préférée. Et pour suivre l'aventure au quotidien, retrouvez-moi sur les réseaux sociaux. et surtout sur Instagram où je suis très active. N'hésitez pas à vous abonner, liker, partager. C'est grâce à vous que ce projet prend forme et qu'il peut continuer à grandir. Et mesdames, si vous avez envie de raconter votre histoire, rejoignez-moi dans un prochain épisode. A bientôt !