- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée. Elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France. Elles sont issues du monde agricole,
- Speaker #1
où le découvre jour après jour.
- Speaker #0
Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, elles sont elles-mêmes salariées ou agricultrices. Ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion. J'ai plaisir à discuter avec elles et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie, personnels et professionnels, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ?
- Speaker #2
Aujourd'hui,
- Speaker #0
j'ai grand plaisir de retrouver Pauline, une amie de collège dont le podcast a permis de nous retrouver et de reprendre des nouvelles, étant toutes les deux désormais femmes d'agriculteurs. Elle a 30 ans, vit en Ile-de-France, elle est consultante en stratégie. Elle ne travaille pas sur l'exploitation, mais en vie. Elle va vous présenter sa vie à la ferme, l'exploitation de son conjoint et leur équilibre de vie de couple au milieu de ce maraîchage et de la production de céréales de son conjoint.
- Speaker #1
Pauline, est-ce que tu peux brièvement te présenter ?
- Speaker #2
Je m'appelle Pauline, j'ai 30 ans depuis quelques jours et je vis en région parisienne dans le Val d'Oise pour être plus précise.
- Speaker #1
Quelles études as-tu fait et dans quel but ?
- Speaker #2
J'ai fait des longues études puisqu'elles ont duré à peu près 8 ans et j'ai terminé avec une spécialisation en finances d'entreprise, l'école de commerce. Pourquoi est-ce que j'ai fait ça ? Parce que j'aimais bien les études en soi. et que je voulais un bon job, et passer à l'ESWIX.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu fais du coup maintenant dans la vie ?
- Speaker #2
Alors maintenant je travaille dans le conseil. Je suis consultante depuis à peu près 3-4 ans je dirais. Dans une entreprise qui est spécialisée en stratégie, mais je m'occupe de l'implémentation et des opérations de tout ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu travailles un petit peu sur l'exploitation de ton conjoint ?
- Speaker #2
Alors aujourd'hui non, parce que j'ai un volume horaire qui est quand même assez conséquent. Mais il fut un temps, quand j'étais encore étudiante, quand j'étais en stage et quand j'étais en alternance, donc pendant à peu près 4 ans, je lui donnais des coups de main. Et c'était principalement tenir la boutique, donner un coup de main le week-end. Et je l'étais la nuit, une fois par semaine, à livrer sur Paris sa marchandise.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous présenter l'exploitation de Philippe ?
- Speaker #2
L'exploitation de Philippe, c'est une exploitation familiale qui est dans la famille depuis... des générations et c'est à peu près 270 hectares et sur ces 270 hectares il y a 80-90% c'est du céréale et le reste c'est du maraîchage et le maraîchage c'est une activité assez nouvelle puisque ça fait que 7 ans qu'il a commencé mais ça marche bien.
- Speaker #1
Toi tu vis sur l'exploitation ?
- Speaker #2
Oui je vis sur l'exploitation et pour être plus précise je vis dans la ferme familiale, le corps de ferme familiale. Et pour la petite anecdote, on dort dans la chambre dans laquelle est né le père de Philippe.
- Speaker #1
Très familial et très multigénérationnel. Est-ce que ça, toi, c'est avec plaisir ? Est-ce que c'était un frein au début ? Est-ce que Philippe, il t'a toujours dit « moi, j'habiterai sur la ferme » ? Ou comment ça s'est fait ?
- Speaker #2
Alors non, la personnalité de Philippe veut qu'il est très pragmatique et qu'il ne fait pas de longs projets, de projets au long cours. Il voit, il peut. prend les choses comme elles viennent. Moi, c'était un peu dur au début, surtout la première année, parce qu'en fait, je quittais Paris. C'est-à-dire que dans mes études, j'ai fait un cycle où j'habitais trois ans et demi, quatre ans à Paris, après un an en Irlande, après quatre mois à New York. Et en fait, toutes ces grandes villes-là, je suis arrivée un peu dans la ferme. Alors oui, c'était grand, c'était bien, c'était proche de la nature, mais c'était vraiment très, très différent. de la vive parisienne dont j'avais l'habitude. Donc, un petit temps d'adaptation. Mais là, c'est ma huitième année de vie à la ferme et jamais je ne pourrai retourner vivre à Paris. Je travaille à Paris, ça me suffit amplement.
- Speaker #1
Est-ce que le choix de ton métier de consultante à l'heure actuelle, il est aussi fait pour te faciliter la vie en étant à la ferme ? Est-ce que tu travailles pas mal à distance ? Comment ça se passe dans ton organisation professionnelle ?
- Speaker #2
Non, alors ça c'est vraiment quelque chose qui nous a toujours tenu à cœur avec Philippe. Ausha professionnels ne doivent pas dépendre de l'activité de l'autre. Dès le début, il était absolument hors de question que l'un ou l'autre se sacrifie. C'est-à-dire que soit ça marche, mais ça marche pour tous les deux et ça marche ensemble aussi. Nos personnalités font qu'on n'aurait pas pu sacrifier nous, nos carrières, nos ambitions, nos vies personnelles pour un couple. J'en serais venue, ça aurait été un peu catastrophique. Donc non, en fait, j'ai simplement suivi ma route. Mais dès le début de mes études jusqu'à encore aujourd'hui, je suis ma route. Je fais les choix que j'estime être bons pour ma carrière parce que j'ai quand même un côté un peu carriériste. Et en fait, ça marche. Ça marche jusqu'à présent. Je suis dans une entreprise aussi qui est plutôt facilitante. Enfin, plutôt facile.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous repréciser où est située l'exploitation ? Et est-ce que dans ton secteur d'activité, c'est assez facile de trouver du travail autour de la ferme ?
- Speaker #2
Alors dans mon secteur d'activité, déjà c'est impossible de trouver du travail autour de la ferme. C'est soit Paris, soit une grande ville, soit rien. Après, il y a possibilité de travailler en remote, mais comme on doit quand même avoir une petite présence chez le client, ce n'est pas forcément l'idéal. La ferme est située dans le Val d'Oise, dans une petite ville qui s'appelle Maflier. Si tu veux, sur une carte, tu tires un trait entre Roissy et Cergy, c'est pile au milieu. Je suis à 25 minutes de Gare du Nord. Donc, par exemple, si j'ai un client qui travaille dans le nord de Paris, ça m'arrange parce que je suis vraiment juste à côté. Mais dès que ça descend en sud, c'est le périphérique. C'est pas facile.
- Speaker #1
Est-ce que tu souhaites un jour travailler sur la ferme ? Est-ce que c'est dans un coin de ta tête ? Pas du tout ? Ou est-ce que tu te laisseras porter et puis tu verras plus tard ?
- Speaker #2
Alors, c'est dans un coin de ma tête, mais déjà, c'est... à long terme, vraiment, vraiment long terme. J'envisagerais plutôt ça pour ma retraite, tu vois, ou autre. Et si je devais le faire, ce serait plus un projet à moi que je développerais. Par exemple, j'adore vraiment les fleurs et faire une petite activité de pépiniériste, pas un gros truc, tu vois, mais vraiment une petite serre à moi, voilà, ça me plairait, oui.
- Speaker #0
Chouette.
- Speaker #1
On va passer un peu plus en vue votre couple. Comment est-ce que tu as connu ton conjoint ?
- Speaker #2
Alors, je l'ai connue, ça fait à peu près une douzaine d'années, puisqu'on fête nos 11 ans cette année. Je l'ai connue, j'ai passé mon bac en Picardie, dans un internat de jeune fille qui s'appelle la Maison Française, et qui n'était pas très facile. J'en ai eu très vite marre de l'internat, des codes, de toutes ces règles, ce n'était pas trop mon truc. Et donc mes parents m'ont gentiment offert de payer un appartement, parce que ce n'était pas du tout cher, donc ils m'ont pris un appartement. Et il s'est trouvé que mon voisin du dessous, c'était un grand brin de mètre par vue qui était en train de faire un BTS agronomie, production végétale dans un lycée juste à côté. Et en fait, on a commencé un peu à se voir de vue. Moi, j'avoue, tout de suite, c'était un peu une évidence. Puis très vite, on ne se quittait plus en fait.
- Speaker #1
Alors à l'époque, tu étais étudiante. Est-ce que tu as un souvenir de tes premiers ressentis quand il t'a parlé de... de sa passion pour l'agriculture, du fait qu'il était fils, petit-fils d'agriculteur. Quels étaient tes sentiments à ce moment-là sur ta projection peut-être avec lui ?
- Speaker #2
Déjà, quelqu'un qui est animé par une passion, c'est quand même assez impressionnant. Parce que la seule personne que j'avais rencontrée qui était vraiment ultra passionnée par son métier, c'était mon père puisqu'il était ébéniste. Pareil, c'est des métiers de passion, tout ça. Déjà, plutôt impressionné. Et en fait, il n'était pas... Au début, tu vois, son discours n'était absolument pas assertif. quant au fait de reprendre l'exploitation de son père. Ce n'est pas quelqu'un qui se projette sur le long terme, vraiment il prend les choses comme elles arrivent et puis il prend les opportunités, il les développe au fur et à mesure. C'est venu avec le temps, il a commencé, il a voulu essayer d'abord de travailler avec son père sur l'exploitation céréalière. Ce n'était pas le feu en lui, il n'était pas vraiment animé par ça. Et en fait, il a commencé à penser au maraîchage et puis là, il s'est un peu lancé. Et là, en fait, moi j'ai vu une évolution dans son discours où il en parlait vraiment tout le temps. Quelqu'un qui aime beaucoup lire, donc il a lu énormément de bouquins, il a fait énormément de recherches, il écoute beaucoup de podcasts, il fait des stages, il rencontre beaucoup. Son cousin est président des jeunes agriculteurs du 95. Donc il a commencé à se développer un réseau comme ça. Et puis maintenant, c'est sa passion, il vit pour ça. C'est vraiment son caractère principal. Et je trouve ça incroyable. Je sais que moi, ça ne sera jamais ma passion, le maraîchage. Et puis voilà, parce que je n'ai pas grandi tant. Mais je trouve que ça force le respect d'entendre quelqu'un parler comme ça avec autant d'amour de son métier.
- Speaker #1
Et puis vivre au quotidien avec quelqu'un qui se lève pour sa passion, qui ne parle que de ça. Oui, voilà, un passionné, en fait, ça reste magique. Après, moi, je suis aussi concernée à la maison. Donc, c'est facile de témoigner là-dessus. Et puis,
- Speaker #2
il y a aussi... Une chose de très intéressant, très important pour moi, c'est que ces gens-là ont eu une éthique, un leitmotiv qui est tout autre, puisque c'est de nourrir la population. C'est une autre dimension par laquelle tu abordes ton métier, parce que déjà, tu es obligé d'être en cohésion avec la nature, sinon ça ne peut pas marcher. Tu ne peux pas faire des tomates en décembre, par exemple. Enfin, tu peux, mais il faut tout un setup. Puis moi, je me souviens, c'est notamment pendant le Covid, c'était vraiment une mission, ils faisaient des livraisons à des gens qui ne pouvaient pas trop se déplacer, des vieilles personnes ou autres. C'était assez impressionnant comme mindset.
- Speaker #1
Et si on va un peu plus sur le fait de vivre à la campagne, est-ce que toi, tu as toujours vécu à la campagne ? Et est-ce que c'était un souhait par la suite ? Comment est-ce que tu te situes par rapport à ça ? Et est-ce que tu as des anecdotes de joie ou plutôt de difficulté à nous partager autour de cette vie à la campagne ?
- Speaker #2
Les premières années, moi, je suis née à Neuilly-sur-Seine et j'ai vécu dans un tout petit appartement avec mes parents pour les premières années, mais j'étais jeune, donc je ne m'en souviens pas tant. Et en fait, très vite, on est allé effectivement dans la campagne. dans le 77, dans l'Est, vers Meaux. Et là, on a vécu quand même pas mal d'années. Et après, en fait, moi, j'ai toujours aimé Paris parce que mes parents m'emmenaient beaucoup à Paris. On avait beaucoup d'amis à Paris, etc. Pour moi, c'était un peu une évidence que je vivrais à Paris. Mais bon, après, j'ai rencontré Philippe et Philippe était beaucoup plus une évidence que le fait de vivre à Paris. J'ai quitté avec un peu de peine dans le cœur Paris, mais comme je disais... Là, je ne regrette absolument pas. On vit dans une ferme familiale. Dans la ferme, il y a tous les portraits, des enfaites. C'est quand même assez impressionnant. C'est quand même assez génial comme vie. Je m'entends très bien aussi avec ma belle famille, de qui je suis très proche. Du coup, ma famille et moi, on est partis vivre dans le sud.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez des amis ou de la famille autour de vous ?
- Speaker #2
Alors oui, les parents de Philippe vivent à 10 minutes en voiture à peu près. Et puis sa sœur et son beau-frère vivent peut-être 15 minutes. Puis moi, après, j'ai de la famille qui vit à peu près 25 minutes aussi. On avait des amis, parce que Philippe, ayant grandi dans le 95, il a tout un groupe d'amis qui étaient proches ici, mais ils sont quasiment tous partis sur Paris. Mais on continue à les voir. De toute façon, comme je te disais, c'est un peu facile pour moi dans le sens où je travaille sur Paris. Donc, tu vois, j'ai quand même une vie parisienne 50% du temps. Et puis le reste, c'est à la ferme.
- Speaker #1
Donc tu ne te sens pas spécialement isolée du fait de vivre sur l'exploitation ? Non,
- Speaker #2
pas du tout. Et puis vraiment, c'est à 25 minutes de Gare du Nord, donc ce n'est pas le bout du monde.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez des enfants ? Est-ce que vous avez projet d'en avoir ? Comment tu projetterais une organisation familiale avec ton métier et celui de Philippe et votre vie sur l'exploitation ? Alors,
- Speaker #2
nous n'avons pas encore d'enfants. Par contre, on a trois Ausha et un lapin. C'est important. Est-ce que c'est comme nos bébés ? Bien évidemment, on veut des enfants. On aimerait, dans l'idéal, ne pas en avoir qu'un. Pourquoi est-ce qu'on n'en a pas pour le moment, alors que ça fait longtemps qu'on est ensemble ? C'est qu'en fait, nos carrières, pour l'instant, ne permettent pas l'organisation d'un enfant. Philippe travaille 7 jours par semaine, moi je travaille 5 jours par semaine, et mon volume horaire, en général, c'est 15 heures par jour. Donc, pour l'instant, c'est un petit peu compliqué d'envisager ça. Dans une entreprise... prise qui fait qu'arriver à un certain stade de développement dans ma carrière, je vais pouvoir me calmer, déléguer un peu plus. Donc là, j'aurai un peu plus de temps pour les enfants. Je pourrais choisir un peu plus de remote ou autre. Puis Philippe, il a des employés, donc tu vois, il embauchera plus. Enfin, on trouvera des solutions. On est très partisans quand on veut, on peut. Si on va avoir des enfants, même avec nos métiers, que ça marche, on fera ce qu'il faut.
- Speaker #1
Sur votre vie de couple à tous les deux ? Quelle place à la ferme ? Est-ce que vous arrivez à vous trouver des moments à deux, à trouver votre équilibre dans cette organisation familiale ? Comment toi, tu nous la décrirais ?
- Speaker #2
En fait, la ferme, c'est à la fois quelque chose de très facile, parce que c'est un grand endroit, c'est vraiment ultra sympa, tu respires quand tu es à la ferme, mais en même temps, c'est un peu challengeant, parce que du coup, comme on vit sur son exploitation, ça prend une grande, grande part dans notre quotidien. Et c'est vrai que parfois, je me dis que j'aimerais bien que ça prenne une part un peu moins grande. Mais aussi, j'aime cet homme pour sa passion. Et donc, tu vois, c'est-à-dire que parfois, ça me saoule un peu. Mais la majorité du temps qu'on passe ensemble, ça me fait plaisir de voir qu'il s'épanouit professionnellement. Sa chance en homme épanoui versus en homme pas épanoui. Vraiment, je trouve que ça fait une différence fondamentale.
- Speaker #1
Est-ce que vous arrivez à trouver des moments à deux ? Parlez-toi d'un gros taux horaire sur ton travail. Lui, évidemment. Comment est-ce que vous arrivez à trouver vos instants, à vous organiser pour penser aussi un peu à vous deux en dehors des tomates et des céréales ?
- Speaker #2
Alors, ça dépend. Ça dépend beaucoup. Tu vois, par exemple, là, ça fait trois semaines que je suis sur une nouvelle mission et c'est un petit peu compliqué. Enfin, je fais vraiment de gros horaires. On s'est vus, par exemple, la semaine dernière, entre lundi et vendredi, on s'est vus 23 minutes, pour être très précise. Ce qui n'est pas énorme non plus, parce qu'en plus j'étais en déplacement. Mais on essaye de se prévoir quand même des week-ends de temps en temps. Et puis on passe, souvent on se réserve un samedi soir tous les deux. Le dimanche après-midi, c'est sacré, c'est le moment où on est vraiment tous les deux. On essaie de trouver nos équilibres comme ça. Après, là, on est 2023, 2024 et sûrement 2025. C'est vraiment des années très charnières pour nous, pour nos carrières, pour le développement de la ferme, pour moi aussi, mon développement professionnel. On sait que c'est deux, trois années qu'on va sacrifier en faisant beaucoup de sacrifices et des choix qui ne sont pas forcément faciles. Mais ça tombe plutôt bien parce que ça tombe… Tous les deux, c'est en même temps. et après je pense qu'on aura plus de temps pour nous on aura plus de temps typiquement de commencer à penser aux enfants et est-ce que au delà des temps passés ensemble à la ferme,
- Speaker #1
est-ce que vous partez un peu en vacances en week-end ?
- Speaker #2
c'est compliqué, alors les vacances je pense que ce sera commun à toutes les personnes à qui tu vas parler les vacances c'est pas facile alors t'as Il y en a qui sont plutôt faciles, c'est les vacances au ski, les vacances d'hiver. Et ça, en général, il arrive à partir une ou deux semaines. Il préfère partir hors vacances scolaires. Et ce que je comprends, il n'a pas envie d'être en lien de personne. Donc moi, parfois, ça se goupille bien dans mon job. Parfois, ça ne se goupille pas bien et je ne peux pas partir avec lui. Après, moi, comme je suis salariée, forcément, mes vacances d'été, typiquement, elles sont réglementées. Je peux prendre trois semaines en août et… Et point final, je ne peux pas prendre, par exemple, trois semaines en mai. Enfin, ce n'est pas possible. Ça, ce n'est pas forcément évident. Mais après, c'est aussi un moment, j'y trouve quelque part mon compte parce qu'il essaye de venir en général, on va dire, trois à cinq jours l'été. Et moi, j'en profite pour aller chez mes parents et passer des moments privilégiés avec mes parents que je ne vois pas si souvent. Donc, ça fonctionne. Tu vois, ça fonctionne.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un conseil à partager à une autre femme d'agriculteur ? sur toi, des choix que tu as faits, ou sur un équilibre que vous avez trouvé avec Philippe, qu'est-ce que tu partagerais ?
- Speaker #2
Le premier conseil, c'est de continuer à faire des choix qui ne nous concernent que nous, tout en faisant des choix qui nous concernent nous deux. Parce que je pense que c'est très important pour son propre équilibre de ne pas se sacrifier entièrement. Il faut un peu de sacrifice, c'est normal, c'est un couple, il faut des concessions. Mais il ne faut pas complètement s'oublier dans cette relation. et ensuite prévoir des moments où personne ne parle de son métier, où vraiment on parle de complètement autre chose. Ça aussi, c'est important. Pas tout le temps, mais de temps en temps, on se dit, OK, là, c'est une heure où on parle de tous les sujets qu'on a envie d'aborder, sauf de nos métiers respectifs qui prennent déjà une place très importante dans nos vies.
- Speaker #1
On ne parle pas de météo, on ne parle pas de récolte, on ne parle pas de ce qui se passe dans les champs et on parle un peu d'autre chose.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
On m'a fait la proposition et j'ai trouvé ça très sympa. Est-ce que tu aurais une question à poser à la prochaine personne que je vais interviewer ?
- Speaker #2
Comment ça s'est passé tes premiers jours sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Pauline, merci beaucoup pour cet échange.
- Speaker #2
Merci à toi Marion. Et puis c'était un plaisir d'avoir de tes nouvelles après toutes ces années.
- Speaker #1
C'est clair. Je ne pensais pas que ce projet amènerait aussi ce genre de retrouvailles. C'est vraiment chouette.
- Speaker #2
Je suis d'accord.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie ou au contraire sont bien différents de Ausha professionnels et personnels, alors n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode.