- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée. Elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France, sont issues du monde agricole ou le découvrent jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, Elles-mêmes salariées ou agricultrices, Mères, ces femmes sont les piliers de leurs conjoints agriculteurs. Je m'appelle Marion, j'ai plaisir à discuter avec ces femmes et partager, témoigner, diffuser leurs choix de vie personnels et professionnels ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ?
- Speaker #1
Alors bonjour Laurence,
- Speaker #0
peux-tu brièvement te présenter ?
- Speaker #1
Moi, je m'appelle Laurence Cormier. J'étais agricultrice jusqu'au 31 décembre 2024 et maintenant, je suis à la retraite. Et je suis installée depuis 1986 sur une exploitation dans le sud-est de la Mayenne. Et j'étais en production laitière. J'étais installée avec mon mari. Je suis Nima, c'est le nom issu du milieu agricole. Je suis parisienne. Ce n'est pas une tare, je vous assure. Je suis donc arrivée sur l'exploitation en 1986. C'est une exploitation en production laitière, où on produit du lait pour une laiterie qui fait des fromages. J'ai 97 hectares et je suis dans le sud-est de la Mayenne.
- Speaker #0
Maintenant que le contexte est posé, on va parler un peu plus de toi. Où est-ce que tu viens initialement ?
- Speaker #1
J'ai grandi à Paris et en région parisienne.
- Speaker #0
Quelles études as-tu fait et dans quel but ?
- Speaker #1
Comme je n'aimais pas être comme tout le monde, j'ai fait des études agricoles. Parce que j'ai toujours eu ce sentiment de vouloir être en dehors des bureaux. Et pour moi, c'est vrai que c'était des études agricoles qui pouvaient me permettre d'aller dans ce lieu-là. Je me suis spécialisée pour ouvrir des chambres d'hôtes, des gîtes, l'accueil à la ferme, que je n'ai absolument pas fait.
- Speaker #0
Ça marche, mais c'était en fait ton objectif initial.
- Speaker #1
Tout à fait, oui. C'était de faire découvrir la campagne et le milieu agricole. à des gens qui venaient de l'extérieur comme moi, en fin de compte.
- Speaker #0
D'accord, ok, super. Et est-ce que tu as exercé des premiers métiers dans d'autres exploitations avant de t'installer et comment s'est passée ton installation ?
- Speaker #1
Alors, j'ai fait des stages. J'ai fait des stages en brebis, en Auvergne. J'ai fait des stages aussi dans l'Haute-et-Garonne. Donc là, c'était en chèvre. Mais en vache, je n'avais jamais fait. J'ai fait, oui, mouton, chèvre. J'ai travaillé aussi en porcherie. Ça, c'était en Bretagne. Et après, je suis venue sur l'exploitation de mon cher étendre qui est en production laitière. Je connaissais un peu la production laitière, mais c'était en mouton et en chèvre, un petit peu plus petit au niveau gabarit. Mais je dirais que le principe était le même.
- Speaker #0
Lors de tes stages, de ton installation, est-ce que tu as déjà ressenti de la discrimination à être une femme investie dans le milieu agricole ?
- Speaker #1
Oui, mais c'est essentiellement parce que j'étais parisienne. Oui, quelqu'un qui arrive, quelle que soit la ville, mais quelqu'un qui arrive de la ville, qui ne s'y connaît pas, mais qui ne demande qu'à apprendre, il y a toujours un petit peu de recul. Si on te regarde un petit peu en chien de faïence, en te disant « comment va-t-elle s'y prendre ? Est-ce que ça va être bien ? » Il faut prouver. Il faut prouver que tu en es capable. Il faut quand même prouver plus qu'un homme. Ça, c'est indéniable et c'est quelque chose qui restera toujours.
- Speaker #0
Et peut-être aussi plus qu'une femme issue du milieu agricole, alors aussi.
- Speaker #1
Oui, aussi. Oui, oui, oui. Ça y joue aussi, quand même.
- Speaker #0
Tu accumulais les défauts, en fait.
- Speaker #1
J'avais toutes les tarres qu'il fallait.
- Speaker #0
Et alors, quand tu étais installée avec ton conjoint, quelles étaient tes missions principales sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Tout ce qui était la traite, l'alimentation des génisses. Je travaillais aussi dans les champs. J'ai fait du tracteur. C'est quelque chose qui ne m'a pas rebutée. J'adore ça. Sinon après je pense que comme beaucoup d'entre nous L'administratif, ouais, c'est lourd Et puis les enfants, le quotidien du privé Le quotidien de l'exploitation Tous les à côté,
- Speaker #0
on va dire les coulisses un peu de l'exploitation
- Speaker #1
Voilà exactement, tout ce qui est invisible
- Speaker #0
Mais qu'il est important de montrer quand même je pense
- Speaker #1
Ah oui, tout à fait, parce que c'est invisible Mais c'est pas parce que c'est invisible que ça n'existe pas C'est hyper important pour que le reste tienne Exactement Tout s'imbrique l'un dans l'autre et le privé va sur l'exploitation, l'exploitation va dans le privé. Donc vraiment, il faut un équilibre entre les deux. Mais tu ne peux pas dissocier les deux, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Alors maintenant que nous te connaissons un peu mieux, nous allons discuter ensemble de ta vie de couple et de famille. Comment est-ce que tu as connu ton mari ?
- Speaker #1
J'avais 15 ans. J'avais 15 ans, c'était la petite parisienne qui venait en vacances à la campagne. On s'est fréquenté un petit moment. Pour moi, le fait de venir tout de suite à la campagne, ce n'était pas dans mes objectifs. J'avais envie, entre guillemets, de vivre d'autres choses avant. Et donc, je suis revenue en 86, donc j'avais 24 ans. Donc, tu vois, entre 15 ans et 24 ans, j'ai vécu pas mal de choses et j'ai vécu plusieurs vies.
- Speaker #0
Quels ont été tes premiers ressentis sur le fait que celui-ci souhaitait être agriculteur et était peut-être fils et petit-fils d'agriculteur ? Est-ce que tu avais des excitations, des craintes par rapport à ça ?
- Speaker #1
Non, parce qu'il est né sur la ferme, donc là, il ne pouvait pas aller ailleurs. Ça, c'était sûr et certain. C'est trois générations déjà qui étaient sur l'exploitation. Non, je n'avais pas de crainte. Si j'avais une seule crainte, c'était l'isolement. Parce que moi, j'arrivais de Paris aux régions parisiennes, c'est à le tumulte de la ville, des activités, des vacances, de tout ça, du bruit, et d'un seul coup, de se retrouver sur une exploitation, dans une ferme. complètement isolée. C'était ça qui était vraiment ma plus grande crainte. Et encore pas complètement, parce que quand je suis venue en Mayenne, je suis venue quand j'avais 15 ans, parce que j'avais une amie d'enfance, ses parents sont venus s'installer en Mayenne. Donc je connaissais déjà un petit peu les alentours et je connaissais un peu le monde. Je m'intégrais à la bande de copains de mon mari, mais je les connaissais déjà, donc je n'étais pas complètement isolée. Et c'était surtout le contact avec les gens, j'avais peur d'enquêter de ça. J'aime avoir le contact avec les gens, j'aime discuter, j'aime partager. Donc, c'est surtout ça qui était ma crainte.
- Speaker #0
Ok. Et du coup, maintenant ?
- Speaker #1
Absolument pas.
- Speaker #0
Avec un peu de recul, comment est-ce qu'au fur et à mesure des années, tu as fait face à ça et comment vous avez développé votre vie sociale autour de la ferme ?
- Speaker #1
Bon déjà, c'est vrai que les enfants aident énormément par rapport à l'école, par rapport aux activités extrascolaires. Et puis moi, toute ma famille vient de Paris. Quand tout le monde vient, tu ne viens pas sur juste une journée, tu viens sur plusieurs jours. Il y a énormément d'échanges et j'ai plein d'amis qui étaient à Paris qui viennent aussi à la maison. Nous, c'est la maison de la porte ouverte, c'est-à-dire qu'il y a toujours du monde. Tu fais entrer un monde qui est différent du tien et ça crée des échanges et c'est hyper enrichissant.
- Speaker #0
Est-ce que vous habitez sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Est-ce que c'était un choix ? Est-ce que c'est une contrainte pour toi ? Est-ce que tu avais peur aussi, tu parlais tout à l'heure d'isolement, du fait déjà de s'installer avec son conjoint et en plus d'habiter sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Non, pour moi, ça me paraissait logique. Mon mari habitait déjà sur l'exploitation. Il y a un côté pratique. Après, je conçois et je comprends ceux qui ne souhaitent pas habiter sur l'exploitation. C'est vrai que ça te permet vraiment de couper, d'avoir ton lieu de travail et ton lieu privé. Nous, non, c'est venu naturellement. Je ne me suis pas du tout posé cette question-là.
- Speaker #0
Alors lui, il habitait déjà. Comment est-ce que tu t'es fait ta place au sein de cette maison sur cette exploitation ?
- Speaker #1
C'est une maison où on n'était que locataire. C'était notre maison sans être notre maison. Et puis au fur et à mesure, j'y ai mis des petits trucs à moi. Je l'ai prise telle qu'elle était. Non, je ne me suis pas posé la question.
- Speaker #0
Ça marche. Est-ce que vous étiez seule à travailler sur l'exploitation ? ou est-ce que vous aviez de l'aide ou des salariés ?
- Speaker #1
Non, non, on n'était que deux.
- Speaker #0
Vous êtes retraitée, qui a repris l'exploitation ?
- Speaker #1
C'est notre jeune, c'est le chéri d'une de nos filles.
- Speaker #0
Ok, donc c'est rester en famille, c'est quelque chose auquel vous souhaitiez ?
- Speaker #1
C'est vrai que ça nous fait énormément plaisir, on est très contents, très heureux, mais si ça ne s'était pas fait, ma foi, c'est que ça ne devait pas se faire. On est plus ce côté-là de se dire, si ça se fait, c'est génial, quelles que soient les choses qui vont se faire. Si ça ne se fait pas, c'est qu'il doit y avoir une raison. Et ma foi, ça s'est fait. Donc, on est super contents. Parce qu'on a quand même bâti quelque chose, ne serait-ce qu'au niveau du cheptel. On a bâti quelque chose dans le temps, qui nous a pris du temps pour avoir un troupeau qui soit chouette, qui soit bien. Donc, c'est vrai que de pouvoir le transmettre, c'est quelque chose de génial. Tu as travaillé toute ta vie pour avoir quelque chose, un outil de travail qui soit bien. Forcément, tu as envie de le transmettre.
- Speaker #0
Ok, oui, je comprends bien. Vous ne vouliez pas mettre de contraintes à vos enfants sur une quelconque question de « il faut reprendre l'exhautation » ?
- Speaker #1
Ah non, absolument pas. Ça, ça a toujours été quelque chose où on n'a jamais forcé. On en a toujours discuté ou quoi que ce soit. Puis bon, ils vivaient nos peines et nos joies. Ils avaient vraiment la réalité du terrain. Mais on n'a jamais forcé. Ils ont toujours fait ce qu'ils avaient envie de faire et ce qu'ils pouvaient faire.
- Speaker #0
Et est-ce que ton mari Lui a ressenti ça de ses parents, donc il a repris l'exploitation familiale. C'était un souhait de sa part ou est-ce qu'il ne s'est jamais trop posé la question ? C'était une évidence ?
- Speaker #1
C'est un souhait de sa part. Non, non, c'est un éleveur. Il est né éleveur et il restera jusqu'à la fin, il est éleveur. Pour te dire, même à 4 ans, il s'est fait bouler par une vache, ça ne l'a jamais empêché de continuer. C'est vraiment dans lui, il transpire ça. Jamais il n'ira se coucher, enfin plus maintenant, mais jamais il n'aurait été se coucher sans aller voir ses animaux, voir si tout allait bien ou quoi que ce soit. Il a l'œil de l'éleveur et il transpire vraiment ça.
- Speaker #0
Trop chouette. Comment s'est fait la passation ? Est-ce qu'il y a eu une phase de transition ? Comment est-ce qu'on cède sa place petit à petit à son gendre ?
- Speaker #1
J'ai eu ce qu'on appelle la maladie du trieur. Je me suis fait opérer des deux épaules, dont une qui n'a pas tenu. Donc c'est vrai qu'en 2021, quand je me suis fait opérer déjà de la première, il s'est avéré que mon gendre finissait ses études. il nous a proposé de venir sur l'exploitation. déjà pour m'alléger le travail et en même temps aider mon chéri. Donc on a dit OK. Et donc il a été sur l'exploitation pendant trois ans. La passation s'est faite gentiment et naturellement.
- Speaker #0
Et est-ce qu'eux habitent sur l'exploitation aussi ?
- Speaker #1
Non, pas pour l'instant. C'est convenu comme ça. C'est eux qui ont voulu ça. Pour l'instant, eux, ils sont... dans leur maison à un quart d'heure de la maison de l'exploitation. Et nous, pour l'instant, on reste sur l'exploitation. Quelque part, ça nous arrange parce que ça nous laisse le temps de trouver quelque chose qui puisse nous convenir pour partir. Et eux aussi, ça les arrange parce que ça leur permet de continuer les travaux qu'ils ont dans leur maison et aussi de distinguer les deux, le travail et leur vie privée.
- Speaker #0
OK. Et d'ailleurs, au moment où tu t'es installée avec ton conjoint sur la ferme, est-ce que ses parents étaient là ? Est-ce que ta belle famille était dans le coin ? Est-ce que c'est quelque chose qui te faisait peur ou pas du tout ?
- Speaker #1
Le papa de mon mari est décédé malheureusement pour lui assez tôt. Il n'y avait plus que ma belle-mère. Mais non, c'était quelque chose où mon mari a dit non. Le jour où tu viendras sur exploitation, sa maman aura déjà quelque chose ailleurs. Tu as deux générations et deux visions complètement différentes de la vie. Donc allier le tout, ce n'est pas évident. Puis j'arrivais en tant que parisienne, donc ce n'est pas... toujours vécu bien d'un côté comme de l'autre.
- Speaker #0
Donc, vous avez cinq enfants. Comment est-ce que s'est fait l'arrivée des enfants dans un quotidien d'éleveuse ? Déjà pour toi, comment est-ce que tu l'as vécu ? Et est-ce que ton mari a pu être présent avec toi dans ces moments-là ?
- Speaker #1
Je vais te dire, ça s'est fait naturellement. On ne s'est pas posé de questions. On s'est adapté, voilà. Le maître mot, c'est l'adaptation. On s'est adapté à la venue d'un enfant. C'est adapté. adapté aux horaires. On a essayé de faire du mieux qu'on pouvait. L'adaptation, je pense que c'est le maître mot en agriculture.
- Speaker #0
Oui, c'est un mot qui revient souvent dans les témoignages, en effet.
- Speaker #1
Le seul bémol que je mettrais, c'était peut-être le fait... Alors, à cette époque, j'ai l'impression d'être un vieux truc, mais à cette époque, tu n'avais pas forcément l'idée de dire « Tiens, je mettrais bien mon enfant en crèche, en nourrice ou quoi que ce soit. » Et c'est vrai que ça... pénalisé par rapport au travail. Mais écoute, ça s'est fait et puis ma foi, je ne regrette pas du tout. Mais c'est vrai que j'ai plus profité de mes enfants que mon mari en a profité. Ça, c'est sûr et certain.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu pourrais nous dire sur le fait d'élever ses enfants sur une exploitation ? Quel recul tu as là-dessus ? Vivre une enfance au sein d'une exploitation ? Peut-être comparer à toi qui as grandi en région parisienne, par exemple ?
- Speaker #1
Tu apprends la vie, tu apprends les peines, les joies, tu apprends la vie, la mort. Tu apprends tout ça. Ça t'enrichit énormément pour ton chemin d'adulte. C'est vrai que là, j'ai un de mes fils qui est en appartement. Dès qu'il peut, il m'a dit, j'ai vraiment besoin de venir me ressourcer à la campagne. J'ai un autre fils qui a poursuivi ses études à Nantes. Il m'a dit, je rentre parce que moi, la ville, ce n'est pas possible. Après, j'ai une autre fille qui habite en ville. Elle s'en débrouille très bien, mais il y a toujours quand même ce côté où... N'empêche que c'est bien aussi la campagne. Tu dis, tu vis avec la nature. Alors, ça paraît très cliché, et je le comprends tout à fait, mais c'est réel. C'est réel parce que tu apprends énormément de choses. Tu apprends en regardant, tu apprends en vivant, en plein dedans. Ça t'apprend plein de choses. Moi, c'est vrai que la vie et la mort, ne serait-ce que quand tu travailles avec du vivant, c'est quelque chose qui peut être impactant, mais en même temps qui t'enrichit énormément parce que tu apprends plein de choses.
- Speaker #0
Oui, c'est très clair. Comment ça se passe de travailler en couple alors ?
- Speaker #1
Il y a des fois, tu le scotcherais bien contre un mur. Ben écoute, là ça fait 38 ans qu'on est mariés, ça fait 40 ans qu'on est ensemble. C'est plein de joie, de bonheur et c'est plein d'engueulades, de cribages de chignons. Mais c'est la vie qui est comme ça aussi. On a tous les deux nos tempéraments. Mon mari est un taiseux, moi je suis plus une expansive. Mais en même temps, on se complète énormément. Il m'apporte la stabilité, le côté les pieds dans la terre. Moi je vais lui apporter mon grain de folie. On se complète. Mais c'est vrai que je ne vais pas te dire que c'est rose tous les jours, loin de là, mais on sait que dans les difficultés, on peut compter l'un sur l'autre. Quand il y en a un qui ne va pas très bien, l'autre, il est là pour porter, pour servir de canne.
- Speaker #0
Vous étiez vraiment une équipe, surtout avec cinq enfants, peut-être sur l'exploitation en plus ?
- Speaker #1
Cinq enfants, ce que j'ai omis de te dire, c'est qu'on en a quatre réellement à nous, et on a un enfant de cœur, Lilou, qui est venu sur l'exploitation, qui nous a demandé à secouer. qu'on devienne sa famille. Donc là, c'est encore une approche qui est encore différente. Mais ça nous fait quand même cinq enfants.
- Speaker #0
D'accord, ok. À côté de ces moments de travail à deux, vous avez sans doute mis en place une organisation propre à vous. Comment est-ce que vous trouviez vos moments de couple en dehors du travail à la ferme ?
- Speaker #1
On n'en avait pas. On n'en avait pas. On n'avait pas une grosse structure. et puis au niveau financier, on n'avait pas les finances pour pouvoir avoir des services de remplacement. Donc, on se débrouillait, mais on arrivait quand même à trouver des petits moments à nous, mais c'était toujours par rapport au travail. Maintenant, je vais te mentir si ça ne nous a pas manqué. Je vais te mentir parce que ce serait... Non, ce n'est pas vrai. Ça nous a manqué. Pas de là à en venir à se dire, j'en ai ras-le-bol, je me tire.
- Speaker #0
Vous étiez plus ou moins OK, mais vous faisiez avec quoi ?
- Speaker #1
Voilà. Même si, alors je ne vais pas te mentir non plus, ça m'est arrivé d'y penser. Dans les moments où on a été vraiment dans une merde phénoménale, je me suis dit, ce n'est pas possible. Mais ce n'était pas par rapport à ma relation avec mon chéri, c'était vraiment par rapport à tout ce qui gravitait autour du métier.
- Speaker #0
D'accord. Vraiment plus lié à des difficultés sur l'exploitation, plus que des difficultés dans un couple. Même si c'est lié si on travaille ensemble quand même, je pense.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Oui, si c'est lié, on ne va pas se mentir. Tu emmènes, comme je te disais tout à l'heure, le privé dans le boulot et le boulot dans le privé. Mais je pense que le fait d'avoir les pieds bien sur terre, ça te permet quand même de relativiser pas mal de choses et de prendre sur toi.
- Speaker #0
Et alors, par rapport à tout ça, est-ce que tu aurais un conseil à partager à une autre femme agriculteure qu'elle soit installée avec son conjoint ?
- Speaker #1
Et confiance en toi. Quelle que soit la décision que tu prends, et confiance en toi, avance. Fais-toi confiance, c'est surtout ça.
- Speaker #0
écoute tes petites voix et réalise ce que toi tu as envie de réaliser tu vas sûrement tomber tu vas sûrement trébucher mais tu vas y arriver et enfin qu'est-ce qui selon toi t'épanouit ou t'épanouissait mais comme tu le dis on est agricultrice toute sa vie qu'est-ce qui t'épanouit chaque jour dans ta vie de femme d'agriculteur et d'agricultrice c'est
- Speaker #1
de me réveiller avec la banane et le sourire il y aura toujours des choses graves mais essaye de voir toujours le positif dans ce qu'ils arrivent Merci. et surtout ne pas se dire que c'est un échec il n'y a pas d'échec, c'est des expériences de la vie qui te permettent d'avancer de continuer et de pouvoir aussi partager tes expériences avec d'autres et bien trop chouette on finit sur une touche très positive c'est super enthousiasmant je trouve merci beaucoup merci pour cet échange il n'y a pas de quoi, Marion, ça a été un plaisir de faire ta connaissance par le biais de l'écoute c'est ainsi que s'achève notre échange si cet épisode vous a plu
- Speaker #0
plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie, ou au contraire sont bien différents de vos choix personnels et professionnels, n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode. A bientôt !