- Speaker #0
Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en agriculture conventionnelle, biologique, raisonnée. Elles viennent de petites, moyennes ou grandes fermes implantées sur toute la France, sont issues du monde agricole ou le découvrent jour après jour. Entre les coups de main à la ferme, la vie amoureuse et familiale, conditionnée au rythme des cultures, de la météo et des animaux, Elles-mêmes salariées ou agricultrices, Mères, ces femmes sont les piliers de leur conjoint agriculteur. Je m'appelle Marion, j'ai plaisir à discuter avec ces femmes et partager, témoigner, diffuser, leur choix de vie personnel et professionnel, ainsi que leurs joies et difficultés liées au monde agricole. Alors, à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Pour cet épisode, il y a la chance de discuter avec Sarah. Nous venons de nous découvrir toutes les deux. Peux-tu brièvement te présenter ?
- Speaker #1
Bonjour, moi c'est Sarah. Je vis en Bourgogne avec mon conjoint depuis 7 ans. On a une petite fille de 3 ans qui se prénomme Olivia. On est dans le berceau de la Roche Charolaise, donc on est du côté de Charolles. Mon conjoint exploite un agricole depuis 8 ans maintenant, en hors cadre familial. Donc il a repris une exploitation d'une centaine d'hectares avec une cinquantaine de vaches charolaises. Je ne travaille pas officiellement sur l'exploitation, j'aide beaucoup parce que j'adore ça. Moi je travaille à l'extérieur, je bosse pour un organisme de contrôle de performance en élevage à l'étang. Je suis technicienne bovin-viande, spécialisée en races charolaises et limousines. Donc du coup en fait je suis toute la journée sur les exploitations, je fais de la pesée, du pointage d'animaux. Je fais du suivi génétique, pas mal de conseils en alimentation, tout ce qui tourne autour de l'élevage à l'étang.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Alors maintenant que le contexte est posé, on va parler un peu plus de toi et comprendre un peu comment est-ce que tu es arrivée dans cette passion autour de l'élevage et notamment du bovin. D'où viens-tu initialement et as-tu grandi dans un milieu agricole ?
- Speaker #1
Je suis native de la région d'Occitanie, dans le Tarn exactement. Je ne suis pas du tout fille d'agriculteur. Pas du tout, petite fille d'agriculteur. Moi, ma passion, elle est née par les voisins qu'on avait autour de la maison. On avait des agriculteurs qui avaient des vaches et je passais mon temps à aller voir ces vaches, ça m'intriguait, tous ces animaux. Depuis l'âge de 4-5 ans, mon rêve, c'était d'épouser un paysan. Donc, on peut dire que le rêve est réalisé. Mes études, en fait, je les ai orientées dans l'élevage, en fait, dès le départ. Et j'ai fait un bac STAV, donc scientifique agricole et du vivant. Ensuite, j'ai fait un BTS production animale parce que je voulais vraiment me spécialiser dans la partie animale. Et j'ai terminé par une licence génétique et développement de l'élevage.
- Speaker #0
Ok. Et alors, qu'est-ce que tes parents ont pensé de cette passion naissante et du fait que tu fasses tes études dans le milieu agricole ?
- Speaker #1
Ils étaient au départ étonnés. Et puis, comme ils ont vu que j'étais assez déterminée dans ce que je voulais faire, en fait, ils m'ont toujours accompagnée dans cette idée que j'avais. Et ça, c'est plus que super de savoir qu'on a ses parents derrière qui te soutiennent dans ton projet.
- Speaker #0
Ok. Après tes études, est-ce que tu as eu des premières expériences professionnelles ? Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?
- Speaker #1
Oui, en fait, quand j'ai fait ma licence génétique, mon stage de fin d'études s'est déroulé à la Station Nationale de Qualification des Vaux-Limousins, donc à la station de l'Anneau. J'ai commencé ouvrière agricole en remplacement chez eux. Et en fait, c'est ce qui m'a projetée dans le monde du travail en bovin laitant parce que j'ai rencontré les bonnes personnes au bon moment qui m'ont proposé un poste de travail en tant que technicien bovin viande. Donc, j'ai commencé après dans la Creuse où j'ai fait ce travail-là pendant deux ans. Et après, de fil en aiguille, je suis partie sur la Saône-et-Loire où je suis actuellement en tant que conseillère bovin viande en chambre d'agriculture. Et puis, je suis revenue depuis quatre ans maintenant à l'organisme de contrôle de performance. Ok,
- Speaker #0
ça marche. Est-ce que tu peux facilement trouver du travail dans ton secteur d'activité près de la ferme de ton conjoint ?
- Speaker #1
La chance qu'on a, en fait, c'est par rapport à la zone où c'est qu'on est installé, c'est qu'on est en plein cœur de l'élevage à l'étang. Donc, il y a beaucoup de filières para-agricoles autour. Et du coup, quand tu es déterminé à vouloir travailler là-dedans, il y a du travail.
- Speaker #0
Tu trouves facilement. Oui, je comprends, ça marche. Est-ce que tu envisages un jour de t'installer avec ton conjoint sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est un projet. C'est un projet qu'on fait mûrir, qui est, on va dire, en gestation encore. Aujourd'hui, en fait, l'exploitation, elle ne permettrait pas du travail. Il y en aurait pour deux, voire même plus. Mais financièrement, on va dire qu'elle ne pourrait pas m'accueillir. Donc voilà, c'est quelque chose qu'on a à cœur de faire. Après, il faut prendre son temps parce que c'est le projet d'une vie. On ne veut pas brûler les étapes et on veut s'assurer de pouvoir vivre de notre travail et puis faire vivre notre fille actuellement et puis s'il y a d'autres enfants plus tard.
- Speaker #0
Ok, je comprends. Donc, c'est en cours de maturation et on verra quand ce sera le moment opportun.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ça marche. Alors maintenant que nous te connaissons un peu mieux, nous allons discuter ensemble de ta vie de couple et de famille. Comment et quand as-tu connu ton conjoint ?
- Speaker #1
Alors on s'est rencontrés il y a un peu plus de 7 ans maintenant. Alors c'est rigolo parce que moi je venais d'arriver en fait sur la région de Saône-et-Loire. C'était mon premier mois de travail au sein de la chambre d'agriculture et en fait lui il était en cours d'installation. C'était on va dire mon premier dossier d'installation en fait. C'est rigolo, ça n'a pas été le coup de foudre. Du départ. Ce qui est rigolo, c'est qu'on a appris à se connaître. Et puis voilà, de fil en aiguille, on s'est trouvé énormément de points communs. Et puis depuis, on est ensemble. Et ça va faire 8 ans en fin d'année. On a eu une petite fille de 3 ans. C'est une rencontre atypique, moi, je trouve. Ouais,
- Speaker #0
ouais, je comprends bien. Non, c'est marrant. Du coup, tu parlais du rêve d'une vie, de se mettre avec un agriculteur. Est-ce que tu avais quand même plus d'excitation ? Est-ce que tu avais quelques craintes ? lié à ce métier et à faire ta vie avec un éleveur ?
- Speaker #1
Pas du tout, en fait. Je n'ai jamais, à aucun moment, de la vie que je mène. Pour moi, il n'y a aucune contrainte à être avec un paysan. J'ai l'impression d'avoir toujours, que c'était écrit, d'avoir toujours été là-dedans. Enfin, je vois, j'ai l'impression d'avoir, comme si j'avais vécu toute une vie là-dedans avant de le rencontrer. C'était tout naturel et je n'ai aucune contrainte à vivre avec un éleveur. Même 7 ans après, dans le concret, on va dire non, j'ai pas de crainte ou pas de contrainte parce qu'on partage énormément ce qu'on fait. Et le fait de partager nos passions communes, ça aide à pallier des fois des moments durs parce que du coup, quand il y a des fois, ça va pas sous l'exploitation, il peut communiquer, il peut échanger avec moi. Il sait que derrière, moi, je comprends en fait son état d'âme et du coup, ça permet de mieux passer les capes. Et ça, je trouve que c'est énorme en tant que conjointe, même si ce serait une conjointe qui ne travaillerait pas dans le milieu agricole ou le fait de communiquer, de partager les soucis qu'on peut avoir, déjà, ça aide à passer le cap.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, et puis vous comprenez plus facilement.
- Speaker #1
Exactement, oui.
- Speaker #0
Ça marche. Est-ce que vous habitez sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que c'était un choix ? Est-ce que c'était une obligation ?
- Speaker #1
Oui, ça a été un choix parce que quand il a acheté l'exploitation, en fait, il y avait déjà la maison qui était dessus. Et je pense que même s'il n'y aurait pas eu la maison existante sur la ferme, on aurait construit sur la ferme.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que ça facilite votre vie de famille, votre vie de couple ? Est-ce que toi, tu te voyais de toute façon habiter sur une exploitation en te mettant en couple avec un éleveur ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement oui. Et puis oui, ça facilite énormément le travail à la maison ou le travail à la ferme. Je le vois encore plus quand on a un enfant en bas âge. Ça permet de, voilà, quand elle fait la sieste ou quand elle dort, on a la caméra dans sa chambre et des fois qu'on a besoin d'aller dehors parce qu'il y a un vélage ou quoi, on est à 50 mètres de la maison, on sait que ça va bien parce qu'on est à côté et qu'il y a la caméra qui permet de faire la surveillance.
- Speaker #0
Toi, donc, tu venais d'Occitanie. Est-ce que tu vivais déjà à la campagne ? Est-ce que tu souhaitais de toute façon vivre à la campagne ? Et pour quelles raisons ?
- Speaker #1
Alors oui, par contre, je ne suis pas une fille ou petite fille de paysan. Ma maison natale, elle est en... plein milieu des champs, pour le coup, avec en premier voisin, c'était un éleveur de vaches allaitantes. Donc oui, je ne me voyais pas vivre ailleurs qu'à la campagne. Et encore moins, du coup, encore moins loin des animaux.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu aimes dans cette vie-là à la campagne ? Qu'est-ce qui te plaît ?
- Speaker #1
L'espace, la liberté, la tranquillité. On va dire que c'est les trois choses qui font que ça me plaît d'être à la campagne.
- Speaker #0
Et ça se comprend bien.
- Speaker #1
Et ça se comprend plus quand on a vécu un Covid. Enfermé à la maison, c'est là où on se rend compte que ça n'a pas de prix de vivre dans un endroit où on a de l'espace, où on peut travailler, s'amuser, se détendre dans un endroit où on n'est pas fermé. On se rend compte des choses quand on est contraint de rester enfermé dans une maison. On se dit, OK, quand j'ouvre la porte, j'ai les champs autour de moi.
- Speaker #0
Je comprends bien. Alors, tu nous disais que l'exploitation était hors cadre familial. Est-ce que malgré ça, ta belle famille est géographiquement proche ?
- Speaker #1
Oui, la maman de mon conjoint est native de là où on est. donc elle est pas loin. Le papa de mon conjoint également est natif de Charolles. On est installé hors cadre, on va dire sur la partie administrative, parce que la ferme appartenait pas à la famille de mon conjoint. Le papa de mon conjoint était paysan jusqu'à la naissance de mon conjoint, et puis ses grands-parents étaient déjà des agriculteurs.
- Speaker #0
Ok. Quels sont tes rapports avec elles ?
- Speaker #1
Heureusement qu'on les a. Heureusement qu'on les a, et heureusement qu'ils comprennent en fait le métier qu'on a, que ce soit pour mon conjoint ou même pour moi. Parce que du coup, ça nous aide quand il y a besoin en urgence de garder la petite ou de nous faire des courses. Enfin voilà, c'est des petites choses qu'on ne se rend pas compte. Et une fois que c'est fait, on se dit, si on ne les aurait pas eues, je ne sais pas comment j'aurais fait.
- Speaker #0
Je comprends bien. Et donc, tu parlais de ta fille. Quel âge elle a ? Au moment où elle est arrivée, comment est-ce que ça s'est passé au niveau de la ferme ? Est-ce que ton conjoint a pu se rendre disponible, a pu t'aider, l'accueillir ?
- Speaker #1
Notre fille a 3 ans, elle est née le 24 décembre 2021, donc pour les périodes de fête. Et du coup, chez nous, quand c'est les périodes de fête, c'est les périodes de vélage. C'est peut-être plus moi qui avais de l'appréhension que mon conjoint, qui pour le coup, c'est quand même lui l'éleveur. Parce que j'ai dit, oh là là, elle va arriver en pleine période de fête, en pleine année vélage, je ne sais pas comment on va faire. Et puis en fait, ça s'est fait naturellement quand elle est née. On s'est organisé avec la nounou, avec la famille. Et puis finalement, on s'est vite rendu compte que... elle vit à notre rythme. Comme elle est à notre rythme depuis qu'elle est née, ça n'a jamais perturbé notre vie. Elle avait 15 jours. Je l'amenais déjà dans la stabulation avec moi dans les vaches. Elle est baignée là-dedans depuis qu'elle est petite.
- Speaker #0
Ok, donc tu l'as plutôt bien vécue et tu as été bien entourée dans ce moment-là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça a marché. Comment se passe maintenant votre organisation de famille vis-à-vis d'elle ?
- Speaker #1
L'avantage, c'est que maintenant, plus elle grandit, on va dire, plus elle prend un petit peu de l'autonomie. à son niveau, elle, d'enfant de 3 ans, mais quand on a besoin d'être deux pour travailler, soit elle vient avec nous, soit après on s'organise à faire les gros coups de bourre de travail pendant qu'elle a la sieste, ou le matin pendant qu'elle dort encore un petit peu. Ok,
- Speaker #0
ça marche. Et du coup, quelle relation a ton conjoint et ta fille ? Est-ce qu'il arrive à lui accorder du temps ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup, je trouve. Enfin, je compare toujours avec les copains ou avec les... Les éleveurs que j'ai en suivi par rapport à mon travail, en fait, le gros avantage qu'il a, c'est qu'il peut se rendre disponible et il est assez flexible dans les horaires. Et du coup, ça, c'est vraiment précieux. Moi, je trouve que c'est un avantage dans le milieu de l'agriculture en général, c'est pouvoir être flexible. Donc, il faut être flexible dans le bon sens pour les enfants, sachant que nous aussi, les mamans, les conjointes, il faut des fois se rendre aussi flexible par rapport à la vie de la ferme. Et du coup, c'est donnant-donnant. Et moi, je trouve que c'est vraiment précieux.
- Speaker #0
Je sais qu'il y a des contraintes qui font que parfois, on n'a pas trop le temps. Donc, c'est chouette s'il prend ce temps-là et qu'il voit grandir sa fille et qu'il en profite.
- Speaker #1
Oui. Aujourd'hui, je ne peux pas me plaindre ou dire qu'il ne la voit pas parce que ce n'est pas vrai. Elle adore être à la ferme avec lui. Elle adore monter dans le tracteur avec lui. Si on lui demande, est-ce que tu es dans le jardin avec maman ou avec papa sur le tracteur ? La question ne se pose même pas. Elle est partie dans le tracteur avec son père. Ils savent tous les deux partager des moments. à la ferme, mais pour autant, ils savent aussi partager du temps hors ferme. Et ça, je trouve que c'est super chouette parce qu'au moins, elle n'a pas cette image de nous qui sommes toujours en train de travailler.
- Speaker #0
Ouais, vous arrivez à jouer un peu à côté. Alors oui, donc pour le moment, tu n'as qu'une fille et elle est encore petite. Est-ce que dans un coin de votre tête, vous espérez confier cette ferme après à vos enfants ?
- Speaker #1
Alors, dans l'idéal, je ne sais même pas si c'est un idéal, si un jour, notre fille ou si on a d'autres enfants veulent reprendre, la ferme, on sera fiers et on les aidera à accomplir leurs souhaits comme moi je vois et puis comme moi mes parents ont fait et comme les parents de mon conjoint ont fait. Mais si après ils nous disent qu'ils n'en veulent pas, on les accompagnera aussi dans leurs autres projets pour qu'ils soient épanouis.
- Speaker #0
Ça marche. Tu parlais du fait que tu allais un peu aider à la ferme et que tu as ton métier à côté qui te demande aussi du temps auprès de tous les éleveurs avec lesquels tu travailles. Comment est-ce que vous trouvez vos moments de couple à côté du travail à la ferme ? Est-ce que vous vous accordez des soirées, des restaurants, des week-ends ?
- Speaker #1
Oui, on s'en accorde même plus, on va dire, depuis qu'on a une autre fille. C'est-à-dire que des fois, on la laisse chez ses grands-parents et puis on s'accorde un restaurant ou une sortie au cinéma ou même des fois un dimanche tranquille. Ça nous permet vraiment de nous poser et puis de nous retrouver en tant que couple. On est souvent ensemble, mais pour autant, on se voit souvent dans le cadre du travail. De temps en temps, ça fait du bien un petit peu de couper et de se retrouver dans un cadre hors travail. Donc oui, on fait des sorties, on part en vacances, on part en week-end. Voilà, ça permet de se retrouver.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce que ça t'arrive parfois de partir sans lui ou uniquement avec ta fille parce qu'on est dans une période agricole compliquée ou pas spécialement ?
- Speaker #1
Oui, ça m'est déjà arrivé l'année dernière. À la même période, on va dire que la campagne de naissance d'Evo se passait pas super bien et du coup, il n'avait pas la tête à vouloir partir parce qu'il savait que... Dans tous les cas, même s'il partait, il n'aurait pas la tête aux vacances, on va dire. Donc, je suis partie avec ma fille en week-end à la neige. D'un côté, sur le moment, je ne suis pas vexée, mais je me dis que c'est dommage, on pourrait passer du temps ensemble. Et puis après, avec du recul, je me dis tout le temps que ce n'est pas contre nous. Et peut-être même lui, il aurait préféré être avec nous. Mais ça nous est déjà arrivé de partir. Et puis moi, par contre, j'aime bien... Prendre du temps aussi pour moi toute seule. J'ai besoin aussi de me retrouver moi vraiment toute seule parce que je fais pas mal d'activités physiques à côté. Et voilà, ça permet de se retrouver, de prendre du temps pour soi et puis de revenir toujours plus en forme.
- Speaker #0
Oui, puis c'est aussi important de ne pas s'oublier aussi dans tout ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu parlais donc de te comparer à des amis éleveurs. Est-ce que vous avez des amis ou de la famille autour de vous ? Est-ce que tu te sens parfois isolée ou plutôt bien entourée ? Comment est-ce que tu nous décrirais votre vie sociale à côté de la ferme ?
- Speaker #1
On va dire vie sociale très active. On a une bonne bande de copains qui sont tous du milieu agricole, avec qui on s'entend super bien et avec lesquels mon conjoint travaille beaucoup, en aide, en entraide quand il y a des grosses tâches qui sont à la ferme, pour les foins, pour les ensilages. Et ça permet de faire, enfin voilà, on fait du lien et ça permet d'avoir aussi du temps à passer avec les amis.
- Speaker #0
Ok. Et le fait que ce soit donc tous des éleveurs, est-ce que toi ça te plaît parce qu'on te sent passionné de vaches notamment ? Est-ce que tu aimes bien ça, partager avec eux, discuter ? Ou est-ce que de temps en temps, tu aimerais aussi parler d'autres choses ? Ou est-ce que vous arrivez d'ailleurs notamment à le faire, de parler un peu d'autres choses que de la ferme ? On sait que voilà, parfois il y a des dîners où les sujets sont un peu redondants. Comment est-ce que toi tu vis ça ?
- Speaker #1
Il y a un peu des deux. Il y a autant de moments où c'est que j'adore échanger sur notre vie autour de la ferme. Et pour autant, on a aussi des amis qui ne sont pas du tout du milieu. Du coup, ça nous permet de nous repositionner un petit peu et de dire qu'il n'y a pas que la ferme dans la vie, il n'y a pas que les vaches dans la vie. Ça nous permet aussi de parler d'autres choses, notamment de nos passions d'à côté, des enfants. Et c'est bien aussi d'avoir un petit peu des deux, parce que sinon, trop, ça tue.
- Speaker #0
Après, c'est important aussi parce que... ils nous comprennent aussi, ils comprennent des animations de dernière minute, dès on sera en retard ou voilà, nous, on a des amis éleveurs, ils ont un village, ils s'en vont, finalement, ils devaient venir, ils ne sont pas là. On comprend aussi plus facilement, je pense, les contraintes du métier. Mais c'est vrai que oui, de temps en temps, moi, ça m'arrive à des repas de râler et dire bon, allez, on parle d'autre chose.
- Speaker #1
Je fais un peu la même chose parce que du coup, pour le coup, dans la bande de copains, on va dire tous les hommes, c'est des paysans et les conjoints, tous les femmes, elles ne sont pas forcément dans la ferme ou encore dans le métier de l'agriculture. Donc, des fois, on dit allez, on parle d'autre chose. Sinon, moi, autant personnellement, ça ne me dérange pas, mais je me mets à la place de mes amis. Des fois, elles doivent dire mais vous nous saoulez un petit peu.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Est-ce que tu aurais un conseil à partager à une autre femme d'agriculteur qui nous écoute ?
- Speaker #1
Alors si j'ai un ou des conseils, je ne sais pas. À partir du moment où on vit en fait avec un agriculteur, un éleveur, un céréalier, peu importe, on dit souvent on prend la personne avec ses atouts et ses contraintes. Là, on prend la personne avec ses atouts et ses contraintes et puis le milieu dans lequel il travaille. Le métier d'agriculteur, pour moi, c'est plus qu'un métier, c'est une passion, c'est un mode de vie. Le conseil que je peux donner, c'est faire beaucoup de communication quand ça va et puis même quand ça ne va pas. comprendre en fait les choses. Et ça va dans les deux sens, comprendre le métier de son conjoint ou de sa conjointe et vice versa. Et par contre, il faut absolument garder du temps pour soi pour se ressourcer, se retrouver et ne pas s'oublier dans cette vie qui est des fois un peu débordante.
- Speaker #0
Oui, et ça, tout à l'heure, tu nous parlais d'avoir des passions. Toi, quel est le temps que tu t'accordes et quelles sont tes passions ?
- Speaker #1
Le temps que je m'accorde, alors ça dépend des moments de l'année, mais j'essaye de me libérer. Deux fois par semaine, je fais du sport, de la gym, de la natation, j'aime. beaucoup. Et puis après, avec deux autres copines, on aime beaucoup les randonnées. Après, on essaye de se faire une randonnée par mois, où c'est qu'on part une bonne demi-journée, on fait de la randonnée, ça permet de souffler, de prendre du temps pour soi, de discuter, de blablater justement d'autres choses que de la ferme. Mon conjoint, il vous dirait que je prends trop de temps pour moi, mais au final, presque quand j'en prends pas, il me dit, tiens, tu pars pas, tu sors pas, tu sors un peu.
- Speaker #0
Il sort un peu. Ouais, je vois. Et pour conclure, qu'est-ce qui, selon toi, t'épanouit chaque jour dans ta vie de femme d'agriculteur ?
- Speaker #1
La passion commune, je dirais. C'est la passion commune, pouvoir partager des choses qui nous tiennent à cœur, qui nous motivent à se lever le matin. Je trouve que c'est hyper entraînant. On est sur les mêmes longueurs d'onde, on pense les mêmes choses. C'est ce qui est motivant.
- Speaker #0
Ça se sent à ton discours. Ce que je trouve frais aussi, c'est que vous partagez cette passion-là et vos goûts pour l'élevage. Tout en ayant chacun votre vie professionnelle, j'allais dire, séparée. Et ça, je trouve ça hyper chouette aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, oui. Et des fois, je me dis, c'est aussi le point d'équilibre qu'on a. J'ai mon travail extérieur, qui reste quand même dans le milieu de l'élevage. Lui, là, ça ferme. Dès que je peux poser les bottes du travail et mettre les bottes de la maison, je le fais, je vais l'aider. Ce n'est jamais à contre-cœur, c'est toujours pour être avec lui, l'aider dans les tâches un peu difficiles.
- Speaker #0
Du coup, tu le fais peut-être aussi un peu plus par choix que par contrainte finalement.
- Speaker #1
Exactement, oui, c'est ça. Il ne m'a jamais forcé à venir. Il sait que dans tous les cas, si je ne viens pas, c'est parce que j'ai une bonne raison. Il sait que si je viens, c'est parce que je l'ai voulu et que ça me fait vraiment plaisir. Et du coup, ça le motive, lui, à vouloir faire des choses avec moi sur la ferme. Je trouve que c'est bien. Ouais,
- Speaker #0
trop chouette. Merci beaucoup pour cet échange.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci pour le travail que tu fais.
- Speaker #0
C'est ainsi que s'achève notre échange. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Mesdames, si certains propos font écho à votre vie, ou au contraire sont bien différents de vos choix personnels et professionnels, n'hésitez pas à venir discuter avec moi dans un prochain épisode. A bientôt !