Speaker #0Aujourd'hui, je souhaite réfléchir avec vous Ausha quoi bon » . Il suffit de nos jours d'ouvrir un journal télévisé ou les réseaux sociaux pour être complètement englouti émotionnellement par l'état du monde. Et parfois, nous avons cette sensation de l'impossibilité de mener une vie qui a du sens face à tout cela. Alors, en cette rentrée, J'ai envie que nous regardions les choses différemment, ou au moins avec un petit peu plus de nuances. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » Ici, une flamme s'allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Mouran, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous, et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Si vous m'écoutez, vous savez que, comme beaucoup de podcasters, mes épisodes sont forcément enregistrés bien avant la mise en ligne. Et au moment où j'enregistre celui-ci, nous sommes en plein cœur des incendies qui ont lieu en France. Nous sommes donc au milieu de beaucoup de souffrances, bien évidemment, mais aussi de grands espoirs. notamment quand on voit la solidarité qui s'est mise en œuvre. Mais ces images, qui génèrent forcément beaucoup d'angoisse pour beaucoup, peuvent amener cette fameuse question « à quoi bon ? » . Notre époque, soyons honnêtes, elle semble avoir perdu son sens. Les guerres, les crises climatiques, la violence, etc. Nous pouvons donc avoir l'impression que tout va mal. Et oui, ça peut être légitime d'avoir cette sensation-là. Sauf que cette sensation-là, elle peut clairement nous faire vaciller. Nous avons l'impression alors, ou nous pouvons avoir plutôt l'impression alors que nos actions ne sont que des gouttes d'eau. Si on prend l'exemple du changement climatique, ce qui pouvait nous donner du sens, comme devenir végétarien par exemple, ou arrêter de prendre l'avion, eh bien ça peut nous sembler tout d'un coup inutile face à l'immensité du chantier. Et cette sensation, oui, elle est parfaitement légitime. Sur un autre thème, je l'ai traversé de nombreuses fois, par exemple avec mon métier, qui je le rappelle, mon premier métier c'est la médiation, et puis aussi la formation sur toutes les thématiques de la relation, de la gestion des conflits. Et je me souviens d'une fois, avec ma douce Cécile, celle qui était et restera d'ailleurs pour toujours mon associée lorsque nous travaillions à l'époque avec les enfants, et bien nous étions en classe, donc avec des enfants, pour travailler la communication relationnelle et la gestion des conflits avec des jeux ludopédagogiques. Sauf qu'une fois, nous étions donc en classe, mais c'était un lendemain d'un attentat majeur. Et il y a des enfants qui nous disent à ce moment-là, oui mais nos disputes à nous, c'est bien moins grave que ça. Nous avons alors traversé toutes les deux un à quoi bon, avant de se dire finalement qu'au moins on aura essayé. Au moins. On aura tenté de faire notre part. Est-ce que ce que nous faisions était dérisoire ? Oui, bien évidemment, sans aucun doute. Est-ce que cela a quand même donné du sens à nos vies ? Pour ma part, oui, clairement. Et Cécile n'est pas aujourd'hui avec moi pour en parler, mais pourquoi pas, un jour ça serait très chouette qu'elle vienne parler aussi du sens. de sa vie ou de son métier en tout cas, qui est le même que le mien, un médiateur, mais qu'elle vit forcément différemment de moi. Mais je pense, sans trop m'avancer, que oui, clairement, pour elle aussi, le fait de participer à notre petite échelle, au changement que nous souhaitions voir quelque part arriver dans ce monde, eh bien oui, donner du sens à notre vie. Et c'est ce qu'explique Viktor Frankl, qui était, je le rappelle, le créateur de la logothérapie. Alors, pour ceux qui n'ont pas encore écouté ce qu'est la logothérapie, je vous mettrai un lien qui explique cette pratique thérapeutique en description. Frankel, c'était le créateur de cette pratique thérapeutique et il était neurologue et psychiatre. Et il a vécu l'enfer des camps de concentration. Et c'est au cœur de cette horreur qu'il a compris que les prisonniers qui survivaient, eh bien, ce n'étaient pas forcément les plus forts. C'était ceux qui conservaient un sens à leur vie. Ce qu'il nous explique, c'est que le sens ne supprime certainement pas la souffrance, mais il transforme la façon de le traverser. Nous pensons souvent, de manière tout à fait légitime, que nous serons heureux et capables de donner du sens à nos vies quand tout ira bien. Mais cette attente, elle nous enferme et surtout elle nous rend passifs et passives. Le sens, il ne se crée pas artificiellement, il se découvre. Dit différemment, oui, pour trouver du sens, il faut quand même être dans l'action, avoir une dynamique. si on l'a temps, malheureusement, souvent il va nous échapper. Donc le sens se découvre. Et comme je vous le disais, pour cela, nous devons être dans la tension entre ce que nous sommes et ce qu'il nous reste à réaliser. Cette tension, c'est celle qui nous permet d'être à l'écoute de ce qui peut naître en nous dans le chaos. Car oui, le monde, il peut nous sembler absurde et sans aucun sens. Mais chaque petit acte créateur de sens pour nous. peut être une forme de résistance à l'absurde. Et l'espoir alors dans tout cela ? Eh bien l'espoir, ce n'est pas une condition du sens. Ça peut surprendre, mais on peut tout à fait manquer d'espoir et pourtant continuer à agir. Et le sens peut alors parfois précéder l'espoir. Alors, comment on trouve du sens justement dans ce monde qui peut nous sembler complètement incertain, voire absurde ? Eh bien les trois voies du sens selon toujours pareil Viktor Frankl. Tout d'abord c'est la création et c'est peut-être justement la voie la plus puissante pour faire face notamment à l'angoisse que peut provoquer pour beaucoup l'état du monde. Je pense notamment à l'éco-anxiété, donc cette peur liée au changement climatique notamment. Créer c'est agir, construire et ou transmettre. Si je reprends le cadre de l'éco-anxiété, Créer, c'est passer de spectateur à acteur. On ne va alors pas résoudre le problème, mais on arrête de seulement le subir. On retrouve, en créant, aussi un pouvoir d'agir, ce qui donne un sentiment d'efficacité personnelle, qui est un important facteur de diminution de la détresse. Ça, vraiment, les sciences de la psychologie l'ont réellement prouvé. Avoir un sentiment d'agir fait vraiment... diminuer la tension intérieure, voire la détresse. Parce qu'on ne contrôle pas la situation du monde, mais on contrôle au moins certains de nos choix et de nos actes. Et ça, oui, ça fait baisser notre tension et amène, pourquoi pas, un véritable sens à nos vies. La seconde voie pour le sens, c'est choisir son attitude face à la souffrance. Et c'est un peu dans la même logique, quelque part. C'est comment ? je souhaite me positionner face à la situation que nous traversons. Et d'ailleurs, une question phare de la logothérapie permet de mieux comprendre ça. Cette question, c'est qu'est-ce que la vie attend de moi dans cette situation ? Je la repose parce qu'elle est importante. Qu'est-ce que la vie attend de moi dans cette situation ? Oui, on peut se poser cette question-là lorsqu'on voit des événements majeurs surgir. Et en se posant cette question, eh bien oui, ça peut nous amener, encore une fois, dans l'action et trouver du sens. Et la troisième voie vers le sens, c'est l'expérience. L'expérience dans le lien aux autres, à la nature, à la beauté qui peut permettre de découvrir le sens. Et je crois d'ailleurs que les feux de cet été illustrent parfaitement cela. Encore une fois, nous sommes en plein dedans quand j'enregistre. Donc vraiment, mes propos sont clairement teintés de la réalité du moment. Ce que nous voyons aujourd'hui... c'est une chaîne de solidarité extraordinaire se mettre en place. Des dons afflux pour les hommes, les femmes et aussi pour leurs animaux. Des civils viennent en renfort, des pompiers professionnels. Et il semble évident que chacun a pu mesurer à quel point s'engager, aider comme ça peut donner du sens à nos vies, quand on arrive comme ça à tendre la main. Et si, avec tout cela, Nous avions là une façon de faire face à l'absurdité du monde. Et si, demain, nos dons ne s'arrêtaient pas aux frontières de notre département, de notre pays ? Et si notre compassion englobait aussi les animaux d'élevage, par exemple ? Le sens, il s'est, j'en suis persuadée, dévoilé pour beaucoup dans cette expérience collective. Le monde, il n'a pas besoin d'être parfait pour que notre vie ait du sens et une direction. Car non, on ne choisit pas toujours les événements, mais on peut toujours choisir la façon d'y répondre. Le sens, il n'a certainement pas besoin que tout aille bien. Il est souvent ce qui nous permet au contraire de continuer, même quand c'est difficile. Comme on est à la fin de cet épisode, j'avais pas envie de conclure sur cette phrase-là, donc j'espère plutôt sincèrement que votre été a été ressourçant et vous a amené justement à trouver du sens. Du sens qui donne envie de se lancer dans les projets de la rentrée. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J'espère vraiment qu'il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d'écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.