- Speaker #0
En faisant la formation, j'ai fait pas mal de stages, travaillé dans des exploitations, et j'ai beaucoup douté, j'ai beaucoup souffert aussi. Parce qu'on dit souvent qu'une femme ne peut pas exercer certains métiers, comme l'agriculture, parce que c'est un métier d'homme, et je voulais briser ces limites. Alors je travaille actuellement sur un projet pour permettre à tout le monde d'investir dans l'agriculture.
- Speaker #1
C'est un conseil que je donne aux étudiantes. N'attendez rien d'un an. Parce que vous avez déjà vos familles qui ont investi en vous depuis le bas âge. Il faut oser, il faut y aller, il faut entreprendre.
- Speaker #2
Parcours, trajectoire d'entrepreneur inspirante. Bienvenue dans Parcours, le podcast qui met en lumière les femmes qui osent, qui créent et qui innovent. Ici. On parle d'entrepreneuriat au féminin sans détour, de parcours inspirants, de défis relevés, de succès célébrés et de leçons précieuses à partager. Parce que réussir, c'est avant tout oser, apprendre, évoluer et inspirer les autres. Chaque femme que vous entendez ici a une histoire singulière. Et dans chaque expérience, il y a des apprentissages qui résonnent bien au-delà du parcours individuel. Les challenges rencontrés, les stratégies adoptées Les victoires remportées offrent des clés précieuses pour toutes celles et ceux qui souhaitent avancer. Pour retracer ces histoires, nous allons alors rencontrer partout au Sénégal, là où elles vivent et entreprennent. Chaque épisode est une immersion dans leur quotidien et dans un lieu qui les inspire. Un podcast pour s'inspirer, apprendre et surtout passer à l'action. C'est parti, bienvenue dans Parcours. L'université ni de l'entrepreneuriat. L'Université Alun Diop de Bombay en a fait un credo. Et dans ce premier épisode à Bombay, Sornabadem Djahate, responsable de l'incubateur Cellule Université Entreprise, et Indusa, rôle modèle alumni, nous parlent de leur cheminement ensemble. Aujourd'hui, Parcours se retrouve dans la région de Djourbel, dans un temple du savoir et de l'innovation. C'est parti Aujourd'hui on va à Bombay.
- Speaker #3
On va faire quoi à Bombay aujourd'hui ?
- Speaker #2
On est invité par un incubateur d'université, l'université de Bombay, à une institution qui fait partie du programme IBACID pour les structures d'accompagnement. Et on fait un beau partenariat aujourd'hui et ils nous accueillent chez eux pour une belle conversation avec leurs étudiantes.
- Speaker #3
L'université de Bombay, c'est une immense université.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
Je ne sais pas combien il y a d'élèves là-bas.
- Speaker #2
Des milliers, on va dire ça comme ça.
- Speaker #3
On demandera tout à l'heure. Oui. Des milliers d'élèves.
- Speaker #2
Dans le centre du Sénégal.
- Speaker #3
C'est une université assez récente, je pense qu'elle a peut-être une dizaine d'années ou plus.
- Speaker #2
Non, un peu plus, mais oui, elle est plus récente. On a de la médecine, de l'économie, beaucoup d'agriculture, du marketing. C'est bien d'avoir des... c'est important cette décentralisation, c'est même vital. Sur ce sujet-là, parce que Dakar étant ce que c'est, vivre en tant qu'étudiant dans la capitale, c'est compliqué. Bonjour Marina. Bonjour, bonjour Saint-Nabou. Bonjour à tous. Bonjour à tous. Aujourd'hui, on est sur un enregistrement particulier pour les gens qui nous écoutent et qui ne nous voient pas. Nous sommes à l'université Alun Diop de Bombay, donc un enregistrement spécial en public en compagnie des étudiants de cette université. Merci de nous rejoindre aujourd'hui. Bonjour Indoussar, notre premier invité. Bonjour Saint-Nabou.
- Speaker #1
Bonjour Sorna. Bonjour Saint-Nabou.
- Speaker #2
Avant que Marina te pose la question rituelle hindoue, je vais d'abord te présenter rapidement. Alors, hindoue vient d'un environnement simple, marqué par les valeurs de travail, de respect et de persévérance. Après un bac en sciences expérimentales, elle s'est orientée vers l'agriculture, jusqu'à obtenir un diplôme d'ingénieur des travaux et un master en développement agricole et rural. Aujourd'hui, elle est ingénieure agricole, entrepreneur et CEO de NAM. NAS Agro, où elle développe des projets de production, de transformation, de commercialisation, mais aussi d'accompagnement et de consultance. Son ambition, rendre l'agriculture accessible, rentable et innovante, même pour celles et ceux qui n'ont pas de terre. Incroyable, merci beaucoup Indu, quelle belle ambition. Est-ce que ça te représente bien ? C'est toi. C'est moi. On voit déjà,
- Speaker #3
à ton jeune âge encore, un superbe parcours. Et alors nous, on aime bien aller creuser pour comprendre quel est le chemin qui t'a fait arriver jusqu'à où tu es aujourd'hui. Et on aime bien commencer par la petite fille en toi. La petite fille que tu étais, qu'est-ce qu'elle rêvait de devenir plus grande ?
- Speaker #0
J'ai voulu être chirurgienne, mais j'ai eu des grands-parents qui ont eu des surfaces, des exploitations qu'ils faisaient dans l'agriculture. Et je me suis dit, puisque je suis jeune, pourquoi ne pas étudier l'agriculture ?
- Speaker #3
Tu rêvais d'être chirurgienne. Est-ce que tu sais pourquoi tu voulais être chirurgienne ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y avait beaucoup de malades autour de moi. Et je voulais impacter parce que j'ai toujours eu l'idée d'impacter. Et c'est ce qui me suit jusqu'à maintenant.
- Speaker #3
On retrouve beaucoup ça dans toutes les femmes qu'on interview, cette envie d'impacter. Beaucoup avaient aussi une idée de devenir médecin pour soigner les personnes autour d'elles. Donc tu arrives en terminale, tu passes ton bac et là tu changes d'avis. Pourquoi tu changes d'avis ?
- Speaker #0
Parce que je me suis dit... Puisque dans la famille, il n'y a pas de personnes qui peuvent exploiter nos terres, je me suis dit pourquoi ne pas m'investir dans ça, d'acquérir des compétences et de faire des études pour accompagner les anciens et les jeunes qui sont devant moi.
- Speaker #3
Donc là, tu étais où quand tu as eu ton bac ?
- Speaker #0
J'étais à l'ISFAR. Je suis sortie de l'ISFAR. Moi, je suis à Bombay, de la classe maternelle au master. J'ai fait tout mon cursus à Bombay et je travaille ici.
- Speaker #3
Et alors, est-ce que tu as commencé à travailler en même temps que tes études ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Ou est-ce que tu as d'abord appris avant d'appliquer ? Comment tu as fait le switch là ?
- Speaker #0
En faisant la formation, j'ai fait pas mal de stages. J'ai aussi travaillé dans des exploitations, en dehors des stages, où j'ai eu beaucoup d'expérience. Et j'ai beaucoup douté, j'ai beaucoup souffert aussi. Parce qu'on dit souvent qu'une femme ne peut pas exercer certains métiers, comme l'agriculture, parce que c'est un métier d'homme.
- Speaker #2
en quelque sorte et je voulais briser ces limites et donc toi ça ne te bloque pas ça ne te bloque pas et tu te dis quoi à ce moment là ok on me dit que c'est un métier d'homme mais moi j'ai
- Speaker #0
envie de continuer oui parce que j'ai choisi le métier avec la passion je travaille tout le temps je suis tout le temps sur le terrain et Malgré que c'est difficile, je ne le sens pas. Je ne sens pas la difficulté, je ne sens pas les obstacles, parce que je suis à l'aise dans ce métier.
- Speaker #3
Est-ce que tu as été accompagnée par ta famille ? Qu'est-ce qu'ils en ont pensé de ton entourage proche ?
- Speaker #0
Ils m'encouragent. Ils m'encouragent tout le temps parce que c'est un peu difficile. D'être l'unique fille qui est dans un métier spécial. Il me motive, il m'encourage, il me donne des conseils et me supporte.
- Speaker #2
À quel moment tu te dis, voilà, c'est une passion, donc je peux en faire une entreprise ?
- Speaker #0
Avant de me concentrer dans la production, j'ai pas mal fait des incubations. Et c'est ce qui m'a permis à... A m'orienter et à me réorganiser dans l'entrepreneuriat parce que je vendais des jus à l'école, des jus, des manques tranches et c'est ce qui m'a permis d'évoluer. Je me suis dit, je ne vais pas me concentrer sur la production, je vais faire de la transformation, je vais partager mes expériences ou bien je vais partager mes compétences aux jeunes et aux femmes qui sont dans les zones rurales.
- Speaker #3
De cette première expérience de vente de jus et de mangues tranches, qu'est-ce que tu as retenu, qu'est-ce que tu as appris dans cette première expérience-là ?
- Speaker #0
C'était dans l'école, au niveau de l'école. Quand je terminais la fabrication du produit, je le mettais au niveau du groupe. Et après l'achat, j'envoyais des formulaires pour voir s'il n'y a pas de problème au niveau de la santé, si le sucre est bien dosé. Ils ont une satisfaction au niveau de mon produit et c'est au fur et à mesure que je me suis dit pourquoi ne pas sortir de l'école et de continuer.
- Speaker #3
C'est hyper intéressant ce que tu dis, c'est-à-dire dès ta première expérience de vente, tu as cherché les feedbacks des consommateurs. Ça c'est très rare, il y a des marques qui sont là depuis très longtemps qui ne le font pas. Et est-ce que ça t'a appris ? à des choses pour améliorer ton produit ou ta façon de vendre ?
- Speaker #0
Oui, parce que pour les incubations, on demande est-ce qu'il y a les retours clients. Et je faisais des captures de messages de mes camarades qui me répondaient après l'achat du produit. Et c'est ce qui m'a permis de structurer mon projet, de savoir les clients, les stratégies de vente. La relation qui se trouve entre moi et mes clients et les autres parties.
- Speaker #3
Donc tu as commencé dans l'école et ensuite tu es sortie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Toujours avec les jus.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Et qu'est-ce que tu as pu développer par la suite ?
- Speaker #0
J'ai aussi fait de la production. J'ai été dans une zone où je suivais des femmes. qui se regroupaient en GIE, c'était en 2024. Et je vois le plus souvent qu'elles ont de l'expérience dans le milieu, mais elles n'ont pas beaucoup de compétences sur les aspects techniques. Et je me suis dit pourquoi ne pas continuer dans les autres zones. de faire des formations, d'accompagner les producteurs qui ont déjà commencé à faire la production et de continuer mon projet, d'innover.
- Speaker #2
Justement, puisque tu commences à parler de ça, on a dit au début que tu as créé Nass Agro. Déjà, est-ce que tu peux nous dire... Qu'est-ce que ça veut dire et qu'est-ce que ça fait concrètement aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, Nassaglo est une entreprise spécialisée dans l'agro-business. Nous faisons de la production, de la transformation, des séances de coaching, de l'accompagnement et de la consultance.
- Speaker #2
Et donc dans la production aujourd'hui, tu produis quoi en général ? C'est quoi le type de production que tu fais ?
- Speaker #0
Tout ce qui est produit maraîchage.
- Speaker #2
Maraîchage, ok.
- Speaker #3
Et on voit donc que tu as cette triple casquette. Malgré ton jeune âge, tu as la production, tu vends aussi ta production, tu fais de la formation et tu fais aussi de la consultance. Donc c'est déjà un super parcours. Tout à l'heure, tu as parlé de difficultés, qu'il y a des moments... où ça n'a vraiment pas été facile. Est-ce que tu veux bien partager avec nous quelques difficultés que tu as rencontrées,
- Speaker #2
mais qui t'ont fait grandir ?
- Speaker #0
J'ai eu à accompagner des détenus. Ils avaient un espace. Ils voulaient faire de la production, mais ils n'avaient pas les compétences.
- Speaker #2
Je sais que quand on en a parlé, tu m'as dit que c'était quelque chose qui était très important pour toi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et on comprend pourquoi ça te rend émotive. Aujourd'hui, c'est aussi quelque chose où l'entrepreneuriat joue un rôle qui est vital, la réinsertion. Et dans nos prisons au Sénégal, on a beaucoup, beaucoup de personnes qui travaillent dans cette réinsertion à travers l'entrepreneuriat. Parce que la meilleure façon aussi de se réinsérer, c'est déjà d'être dans la vie active, de gagner dignement sa vie et de pouvoir justement prétendre, en tout cas, récupérer la place qu'on avait dans la société. Donc tu fais des projets pour les détenus et c'est quoi concrètement en fait ? Tu les accompagnes à apprendre le métier ou c'est des gens qui travaillent dans les exploitations ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Je les accompagne au niveau de leur espace. Ils font de la production jusqu'à la commercialisation. Je les forme sur les techniques de base en maraîchage et les techniques de transformation. Mais ça a été une aventure. Et étant femme et être entre les détenus, ça me met mal à l'aise.
- Speaker #3
Détenue homme ?
- Speaker #0
Oui, détenue homme. Parce que je n'ai pas encore travaillé avec des détenues femmes. Et la relation que j'ai créée entre moi et eux... Ça n'a pas été facile, parce que je me suis dit qu'ils peuvent me voir comme une jeune qui est audacieuse, parce qu'au Sénégal, on voit comme on délaisse les détenus.
- Speaker #3
Donc toi c'était important, pour toi c'est l'impact, c'est pour ça que tu as voulu le faire. C'est pas juste on t'a proposé un travail, tu es partie. C'est parce que tu as voulu t'occuper de ces gens qui sont délaissés. Donc c'est ton cœur qui t'a amené là-bas. Mais par contre c'était pas tous les jours facile.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #3
J'imagine.
- Speaker #0
C'était pas facile. Parce que même ici à Bombay on disait pourquoi tu travailles avec ces gens ? Est-ce que tu es en sécurité là-bas ? Alors, ce sont des personnes comme nous. Qui ont accepté de m'intégrer et qui ont su faire beaucoup de choses parce qu'il y a des détenus qui sont sortis, qui ont continué à faire de la production et c'est impactant.
- Speaker #3
Donc, c'est intéressant parce que je te posais la question des difficultés que tu as rencontrées et ça a l'air d'être en même temps une difficulté et en même temps une fierté. Oui,
- Speaker #0
c'est une fierté.
- Speaker #2
Tu peux en être fière. Comme je disais, cette réinsertion, elle est vitale parce que ces gens-là, de toute façon, vont retourner dans la société. Et ce sont nos frères, ce sont nos sœurs, ce sont nos parents. comme on dit, John Wolken. Donc voilà, c'est important de s'en préoccuper.
- Speaker #3
Est-ce que sur ton parcours, tu as connu d'autres difficultés ? Est-ce qu'il y a des choses où tu as eu de mal à avancer ou alors tu as fait des erreurs qu'aujourd'hui tu ne referais plus ?
- Speaker #0
Alors j'ai été dans une zone où je travaillais avec des hommes, encore des producteurs, et la manière dont je travaillais avec eux. Le chef de village m'a convoquée. Il m'a dit pourquoi tu influences les jeunes femmes.
- Speaker #3
T'influences comment ?
- Speaker #0
Parce qu'il y a eu des jeunes qui sont venus pour demander des informations sur comment faire la formation en agriculture. Et il m'a montré... Que les jeunes qui sont dans le monde rural ne doivent pas avoir accès à la formation en agriculture.
- Speaker #3
Les jeunes femmes ?
- Speaker #0
Oui, les jeunes femmes. Parce que l'agriculture, c'est un métier de pauvre.
- Speaker #3
De pauvre. Donc c'était par rapport à la statut de femme ou c'était parce qu'ils avaient l'impression qu'il fallait les amener vers d'autres directions qui étaient plus « nobles » ?
- Speaker #0
Les deux à la fois. Parce que non seulement la femme ne doit pas être tout le temps sur le terrain, elle doit être à la maison et aussi elle ne doit pas apprendre l'agriculture.
- Speaker #3
Ok. Donc qu'est-ce que tu as répondu à ce chef de village ?
- Speaker #0
Je ne lui ai pas répondu, j'ai organisé une session de formation.
- Speaker #3
C'était ça la réponse.
- Speaker #0
J'ai formé les femmes et leurs enfants, les hommes aussi.
- Speaker #3
Donc tu as organisé en réponse à ces interrogations, tu as organisé une session de formation gratuite dans le village. Et tu as invité tout le monde.
- Speaker #0
J'ai invité tout le monde. Et maintenant ? Ces jeunes exploitent leurs terres.
- Speaker #3
Est-ce que tu as reparlé à ce chef de village depuis ? Oui,
- Speaker #0
je lui ai demandé, est-ce que tu as de l'argent maintenant ? Il m'a dit, maïsantéal.
- Speaker #3
Bravo ! Donc encore une difficulté qui se transforme en fierté.
- Speaker #2
Donc il y a beaucoup de préjudice, de stéréotypes à déconstruire et on comprend qu'en fait tu te bats tout le temps contre ça.
- Speaker #3
Et surtout dans cette époque où l'IA prend beaucoup de place, manger, l'IA ne sait pas encore faire à manger. Et on a tous besoin de manger.
- Speaker #2
Bon, on a des innovateurs dans la salle, peut-être qu'un étudiant va nous sortir. En tout cas, on a encore besoin d'agriculteurs.
- Speaker #3
Donc par exemple, qu'est-ce que tu pourrais nous citer que tu as fait toi dans ton parcours dans l'agriculture et qui a changé les choses ? Oui,
- Speaker #0
ici à Bambay, on a des terres, mais qui ne sont pas exploitées. Bien, on fait de l'agriculture hivernale. Et moi, je fais des vidéos à l'intérieur du champ. Je chante, je danse, mais je montre les techniques qui permettent de faire du maraîchage. Et depuis que j'ai commencé à faire ces vidéos... J'ai vu pas mal de personnes à vouloir investir dans l'agriculture, que ce soit au niveau de leur terrasse, s'ils ont un petit espace, à les exploiter.
- Speaker #3
Donc ton innovation, c'est en utilisant les réseaux sociaux ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Et en montrant des techniques simples que les gens peuvent reproduire facilement chez eux ? Oui. Et en chantant et en dansant, en chantant et en dansant.
- Speaker #2
Sur TikTok, j'imagine.
- Speaker #3
Sur TikTok.
- Speaker #2
C'est quoi le nom de la chaîne ?
- Speaker #3
Indoussar.
- Speaker #2
Indoussar. Donc, il faut aller chercher Indoussar, qui vous apprend à cultiver les patates, les oignons, les sobelets, les pommes de terre, tout, en chantant et en dansant, dans la bonne humeur, et vous devenez riche, n'est-ce pas ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #2
Que demande le peuple ? Alors, dans tous ces parcours, on voit qu'en fait, il y a des difficultés, que tout le temps, qui ne t'arrêtent pas, en fait, que tu surmontes. Qu'est-ce que tu retiens que tu aurais aimé savoir avant, qui peut-être t'aurait fait gagner du temps ou t'aurait fait prendre d'autres décisions, etc. ?
- Speaker #0
Alors, agir et m'en perdre.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Parce qu'au début, je n'acceptais pas de me prendre en vidéo et de le poster au niveau des réseaux. J'étais dans mon coin en train de travailler. de faire de l'entrepreneuriat, mais je me suis dit, s'il y a des personnes qui ont la capacité d'entreprendre et de les montrer aux gens, alors moi, je peux le faire. Et ça a pris du temps, parce que... Je n'avais pas confiance en moi en quelque sorte. Je me disais j'ai le potentiel dans mon métier, je peux faire beaucoup de choses, mais est-ce que le public ou bien ma communauté vont me voir comme une personne qui essaie de partager ses compétences ?
- Speaker #3
Mais c'est pas évident, moi je serais pas à l'aise d'aller danser et chanter sur une chaîne TikTok. Moi si. Non, non, en fait,
- Speaker #2
je pense que tu te rends pas compte de la puissance de ce que tu fais. Parce qu'aujourd'hui, les réseaux sociaux... Pour reprendre le pouvoir, il faut être dans là où les gens sont. Les gens sont sur les réseaux sociaux, nos grands-mères sont là en train de regarder TikTok. Donc je trouve que c'est hyper innovant d'avoir pris cette Ausha, parce que le chant, la danse va capter l'attention, et une fois que l'attention est captée, puisque tu délivres des choses qui ont du sens, les gens restent. Donc c'est très puissant. Et ce que je comprends, c'est que tu te dis que tu aurais dû faire ça plus tôt.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Moi, j'ai envie de savoir comment tu as été accompagnée. Qui est-ce qui t'a accompagnée dans tout ce parcours ? Tu as fait des études, mais est-ce qu'il y a eu d'autres types d'accompagnement pour développer ton... Ton business ?
- Speaker #0
Oui, tout à l'heure j'ai dit que j'ai fait des incubations, j'ai fait des concours de projet aussi, pour acquérir de l'expérience et augmenter mon réseau. Parce que je me suis dit, si je reste à Bombay, Je fais de l'entrepreneuriat alors que je ne sors pas, je ne fais pas de formation, je ne suis pas...
- Speaker #2
Connectée ?
- Speaker #0
Oui, ça n'a pas de sens parce qu'il faut acquérir des compétences, même en dehors de la zone.
- Speaker #2
Donc tu as fait comment ?
- Speaker #3
Tu t'es dit, bon alors, où est-ce que tu as cherché pour trouver de l'aide ?
- Speaker #0
J'ai fait des concours de projet.
- Speaker #3
Ok. Tu les as trouvés où ?
- Speaker #2
Tu as entendu parler où de ces concours de projet ?
- Speaker #0
Au niveau de l'université et au niveau de LinkedIn aussi.
- Speaker #2
Donc tu as postulé à tous ces programmes-là. Est-ce que tu peux nous en citer quelques-uns ?
- Speaker #0
Oui, j'ai fait Orange Connors et le WIC,
- Speaker #2
je crois. Oui,
- Speaker #0
j'ai fait WIC aussi.
- Speaker #2
C'est ça, c'est ça. Et qu'est-ce que, par exemple, parce que c'est deux programmes différents, Orange Connors et le programme WIC Academy, qu'est-ce que tu as tiré de particulier que tu retiendrais sur chacun de ces programmes ?
- Speaker #0
Alors, WIC, c'est pour les femmes.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Oui, on met en valeur les femmes, les femmes entrepreneurs et j'ai beaucoup d'expérience plus que dans Orange Connors que oui. Parce qu'avec Orange Connors, on a débuté sur le stade d'idéation. Ils m'ont accompagnée. Ils m'ont formée et ils m'ont permis de me structurer sur mon projet. J'ai fait en premier lieu Orange Corner, après j'ai intégré la communauté avec les femmes.
- Speaker #2
Et aussi le fait de se faire accompagner nous permet de nous connecter, d'être dans un réseau d'autres entrepreneurs qui est important. Ça nous fait une petite transition pour parler à Sorna. Parce qu'aujourd'hui, le sujet aussi c'est ça, on est invité par une structure d'accompagnement. Et Sorna, est-ce que peut-être tu peux nous dire, aujourd'hui, qu'est-ce que vous faites au sein de l'incubateur de l'université ? Comment vous accompagnez les entrepreneurs ?
- Speaker #1
Je suis Madame Sorna Badem-Yagate, responsable de la cellule universitaire, entreprise de l'université Alindio. Au niveau de la cellule, ce qu'on fait, c'est des formations. On fait des formations en pré-incubation et en incubation. On fait des formations avec nos partenaires, beaucoup de nos partenaires. On a également des concours, des projets, des hackathons. Voilà. Mais la majeure partie, ce qu'on fait d'abord, c'est la sensibilisation à l'entrepreneuriat. Donc il va falloir faire intéresser les étudiants à l'entrepreneuriat d'abord, avant de les former carrément.
- Speaker #3
Est-ce qu'il y a beaucoup d'étudiants qui s'intéressent à l'entrepreneuriat dans l'école ?
- Speaker #1
Oui. Ce qu'on fait pour les sensibiliser, c'est qu'on invite les porteurs de projets. qui sont passés par la cellule ou bien qui sont étudiants au niveau de l'université à l'Indiop ou bien même les jeunes de la communauté qui ont été accompagnés par la cellule, que ce soit des femmes ou des jeunes. On fait appel à eux pour des success stories et lors des sessions, De sensibilisation, on leur fait savoir que c'est une opportunité. On peut bien être emploi salarié, mais puisque l'État dans sa politique... On n'embauche plus beaucoup de jeunes. La meilleure issue, c'est également l'autre emploi. Et nous, au niveau de la cellule universitaire-entreprise, on essaie tant bien que mal de faire comprendre ça aux jeunes, étudiants comme étudiantes, et puis de les former. On organise également des visites-entreprises pour les propulser et puis pour leur dire que c'est ça la vie. Donc, il faut entreprendre, il faut oser.
- Speaker #2
Il faut oser. Et tu as évoqué deux termes pour vraiment être très, très à terre et faire comprendre ces termes-là. Le terme d'incubation, de pré-incubation, qu'est-ce que ça veut dire en fait ? Aujourd'hui, un jeune qui vient toquer à ta porte, que tu lui dis que je vais t'intégrer dans un programme d'incubation ou de pré-incubation, qu'est-ce que ça veut dire ces termes-là concrètement ?
- Speaker #1
Donc concrètement, la préincubation passe... de la sensibilisation, donc faire aimer, faire comprendre la nécessité d'entreprendre. Ça, ça fait partie de la préoccupation. Ensuite, on fait du design thinking et du brainstorming pour voir là où le porteur ou bien même les porteurs de projets veulent y aller, veulent investir. Donc, on fait ça. Non. Avec cette formation en design thinking ou bien en brainstorming de projets, on fait des links pour qu'il y ait cette pluridisciplinarité. Parce qu'un projet, par exemple, quelqu'un qui est en santé communautaire peut avoir un projet. On en a eu. Et puis, par exemple, pour le projet... Duocare, c'était Duocare à la base, c'était deux filles qui étaient en santé communautaire. Le projet s'apportait sur la mise en place de plateformes en santé mentale. Donc quand on dit plateforme, nécessairement il faut quelqu'un qui s'y connaisse en informatique. Donc il y a eu du coup cette mise en relation avec un autre étudiant qui fait développement web. puisque nous, notre université est pluridisciplinaire. On le fait pour chaque type de projet. C'est ça qu'on fait à la base pour la préincubation. Donc, on va jusqu'au BMC, jusqu'au business model. Et on essaie également de demander aux porteurs de projet de tester, de voir l'empathie. Tout ça fait partie de la préincubation. D'aller vers les cibles, De tester, d'aller vers les cibles, de revenir pour voir si le produit est réel, réaliste et réalisable. Et rentable également. On parle toujours de 3R, mais moi j'ajoute la quatrième, l'RR, rentable. Donc cela c'est dans la pré-incubation. Maintenant dans l'incubation complète, nous on fait appel, en tant qu'incubateur, ont fait appel. À nos collègues incubateurs, parce qu'on est dans un réseau, l'incubateur des établissements de l'enseignement supérieur, où tous les incubateurs des universités travaillent, donc on fait cette mise en relation. Et dans l'incubation, on y va jusqu'au lever de fonds.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #3
Et alors tout ça se fait en parallèle de tous les programmes d'études qui sont disponibles dans l'université, où il faut être dans une filière spécifique pour avoir accès à l'incubateur.
- Speaker #1
L'incubateur est ouvert à tout étudiant inscrit.
- Speaker #3
Quelle que soit la filière ?
- Speaker #1
Quelle que soit la filière, mais quand on vient par exemple à Bradston, on te dit, on regarde si le sujet ou bien la thématique est vraiment réelle ou rentable. Mais l'incubateur est plutôt dans trois pôles, agri-agro, santé ou tech. Parce qu'il y a quand même d'autres étudiants qui sont, par exemple, au niveau de l'UFR, économie, management, ingénierie juridique. Le projet, nous, on le met en relation avec d'autres pour qu'ils puissent le réaliser.
- Speaker #2
On a compris que pour vous, la mission, vraiment, c'était de sensibiliser et de faire comprendre qu'il y a... Une nécessité, quelque part, pour leur avenir, une nécessité économique de ce sens. Sensibiliser à l'entrepreneuriat parce que ça peut être une option. Et qu'est-ce que tu vois d'autre en fait par rapport à l'importance de faire cette sensibilisation dès l'université autour de l'entrepreneuriat ? Pourquoi c'est important au-delà de ces choses que tu as déjà citées ?
- Speaker #1
C'est important parce qu'il y en a beaucoup qui, comme il nous l'a dit, qui n'osent pas,
- Speaker #2
qui ont peur d'entreprendre,
- Speaker #1
qui ont cette... La notion d'entrepreneuriat de bas âge, parce que la majeure partie, quand on les voit, soit ils ont eu à vendre quelque chose de leur vie, mais non. Cette peur, c'est surtout social, des fois, parce que la famille te dit, non, toi tu as fait des études jusqu'au master, licence ou doctorat, donc il te faut un salaire. Donc cette peur-là d'entreprendre, c'est un défi pour l'université. Je ne dirais même pas pour l'université, mais pour l'État du Sénégal. C'est une solution, bien c'est la solution pour que les jeunes puissent trouver du travail.
- Speaker #2
Et justement, quand on a échangé pour préparer cet épisode, je crois que Indou, son nom est sorti en premier.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
On a dit on cherchait des entrepreneurs à interviewer. Pourquoi en fait justement Indou, pourquoi tu nous as proposé d'échanger avec elle ?
- Speaker #1
Une lourde parce que déjà, elle a fait son cursus scolaire de la maternelle à l'université à Bombay. Donc c'est un Bambayoise.
- Speaker #2
C'est un produit 100% du terroir.
- Speaker #1
Du terroir.
- Speaker #2
On ne peut pas faire mieux.
- Speaker #1
Du terroir. Et puis... Par rapport à sa famille, par rapport à peut-être son papa qui a été le directeur de la scolarité de l'université, elle aurait pu choisir un autre métier que d'entreprendre. Elle aurait pu se dire non, moi je m'arrête, je cherche un travail, je cherche un salaire, mais non, elle s'est dit non. Moi, je vais être un leader, un modèle pour... Les habitants de Bambelle, je ne dirais même pas Bambelle parce qu'elle est originaire de Simal. Donc elle fait beaucoup d'activités là-bas. C'est une belle femme qui est ambitieuse et qui sait là où elle veut aller. Elle prend ses responsabilités à deux mains. Elle est consciente de ce qu'elle fait et elle veut, elle donne. Elle fait du service à la communauté. On sent l'ambition,
- Speaker #3
on sent vraiment la volonté d'un pacte que tu as depuis petite. Et donc moi ça m'intéresse de voir ta vision, parce qu'on a vu, on est parti de la jeune fille qui voulait être chirurgienne et qui finalement s'est dit mais il y a toutes ces terres de mes grands-parents à exploiter, j'ai qu'à me former dans ce domaine. On a vu où tu en es aujourd'hui, où tu fais à la fois de la production, de la formation et de la consultance. Et maintenant, c'est quoi ta vision à 5 ans, 10 ans ? Où est-ce que tu te vois ? Où est-ce que tu vois ton entreprise ? Ou peut-être tes entreprises ?
- Speaker #0
Alors, je travaille actuellement sur un projet pour permettre à tout le monde d'investir dans l'agriculture. Que ce soit que tu es salarié. Tu es en retraite, tu es une femme qui ne possède pas d'espace, mais qui a la capacité de faire de l'agriculture. Alors dans 5 ans, 10 ans, je veux permettre à tout le monde, tout un chacun, de travailler dans ce domaine et d'avoir une source de revenus qui vient de la terre.
- Speaker #3
Donc ça donne quoi concrètement ? Si moi je suis là, je te dis je suis une retraitée et j'ai un peu de temps, qu'est-ce que tu me proposes concrètement ?
- Speaker #0
Je suis en train d'acquérir un espace, une très grande superficie, où je vais permettre à chacun d'obtenir un petit espace pour travailler. pour nourrir la terre. Et après... La récolte, il va pouvoir satisfaire ses besoins.
- Speaker #2
Et c'est combien d'hectares que tu essaies d'acquérir ?
- Speaker #0
10 hectares.
- Speaker #2
10 hectares, ok. Et donc, d'aller sur une exploitation collective de plusieurs personnes qui vont justement venir exploiter ensemble ?
- Speaker #0
L'espace va regrouper les ASC, les femmes, les salariés, les retraités.
- Speaker #3
Et les retraités. Et toi tu vas offrir la formation. Et les étudiants. C'est génial. Tu vas les former, leur fournir les terres. Et ils vont pouvoir produire. Et toi tu seras là aussi pour accompagner.
- Speaker #0
Oui, pour faire le coaching.
- Speaker #2
En tout cas, moi je me vois dedans. Je me vois dedans. Et Sorna aussi, j'imagine. Et quand tu entends Indou parler de ça, de son ambition, c'est quoi ton regard ? Par rapport à l'entrepreneuriat des femmes à Bombay ou de manière générale dans notre pays ?
- Speaker #1
Alors là je dirais bravo aux femmes d'abord. Ce n'est pas facile d'être femme et puis d'être entrepreneur parce qu'on a la famille à côté, on a les préjugés, on a beaucoup de problèmes. Ce que je dis, c'est qu'en tant que femme, il faut oser. Il ne faut pas se dire que moi, j'aurai un mari qui va m'entendre. C'est un conseil que je donne aux étudiantes. N'attendez rien d'un homme. Parce que vous avez déjà vos familles. qui ont investi en vous depuis le bas âge, il faut oser, il faut y aller, il faut entreprendre en attendant d'avoir un emploi salarié. Maintenant, moi, ce que je dirais en plus de cela, c'est que la dernière fois, j'étais à Socon pour former des femmes sur la formalisation de leur entreprise. Il y a beaucoup de compétences qu'elles n'ont pas. Nous, en tant qu'incubateurs, on doit y aller, on doit aller les former. Et comme Indou l'a dit, il faut faire du coaching. On va faire du coaching et Indou également va. Appuyer l'incubateur dans ce coaching-là, pour au moins nous appuyer dans la formation des étudiants.
- Speaker #2
Je l'entends, d'autant plus qu'on a tourné un épisode avec une actrice très connue que vous verrez, je ne vais pas le dire maintenant, dans les prochains épisodes qui vont sortir, qui nous partager que sa grand-mère lui a toujours dit « Jigendei » « Amalbopamdara » C'est important parce que elle disait que justement son grand-père est décédé très jeune et du coup, il fallait nourrir la famille. Le dernier épisode qu'on a sorti, c'est ce qu'il nous a partagé Nogay qui est une grande entrepreneur dans le milieu de la beauté au Sénégal. Donc, on voit en tout cas ton point de vue et il faut qu'elles osent. Et effectivement, ce sont des compétences, tu parlais de peur tout à l'heure, ce sont des compétences qui sont primordiales quand on entreprend.
- Speaker #3
Il faut oser et les exemples que tu as donnés de difficultés aussi étaient hyper intéressants parce que chaque difficulté s'est transformée en fierté et c'est dans les difficultés qu'on grandit. Si on reste dans notre zone de confort, on ne grandit pas beaucoup. Plus on fait des choses difficiles, Plus on grandit, si chacun on regarde en arrière et qu'on regarde notre parcours, on se dit ah oui, j'ai avancé. Toi aujourd'hui, si tu devais donner un conseil à ces jeunes qui sont là en face de nous, qui sont étudiants, qui ont des projets d'entreprise, quel conseil tu leur donnerais ?
- Speaker #0
Il faut commencer.
- Speaker #3
Commencer.
- Speaker #0
Commencer,
- Speaker #3
par un bout.
- Speaker #0
Commencer.
- Speaker #2
Juste commencer.
- Speaker #3
Et quand on te dit oui, mais j'ai pas de financement, j'ai pas le temps, qu'est-ce que tu réponds ?
- Speaker #0
On commence petit.
- Speaker #3
On commence avec les moyens du bord.
- Speaker #0
Les moyens du bord. Parce que chaque personne a quelque chose qui lui est propre. Il faut savoir exploiter son potentiel et être poli.
- Speaker #2
Poli ?
- Speaker #0
Oui. Alors j'adore. Non,
- Speaker #2
j'adore, j'adore. J'attends la suite, mais j'adore déjà.
- Speaker #0
Parce que nous sommes jeunes, et pour acquérir de la connaissance et pour avoir certaines compétences, il faut être humble, savoir demander, poser des questions. Et la femme, elle est un peu... Modeste. Elle se pose beaucoup de questions. Est-ce que si je demande à quelqu'un, est-ce qu'il va pouvoir me répondre ? Est-ce que si j'explique mon projet, est-ce qu'il va valoriser ça ? Il faut commencer petit et savoir poser des questions. d'être polie et d'être mollesse.
- Speaker #3
On voit dans ton parcours, tu t'es formée beaucoup, tu continues à te faire accompagner quand tu as l'occasion par des programmes ou des incubateurs. Et donc c'est ça aussi, c'est avoir cette patience d'apprendre, avoir cette patience de commencer petit, de demander quand on ne sait pas. Et de rester poli pour entretenir des bonnes relations autour de soi. Parce qu'on ne fait rien seul.
- Speaker #2
On a besoin des autres. Donc oui, effectivement, c'est important. Alors, je pense qu'il y a quelque chose d'important dans ce que tu dis. Je disais, j'adore la politesse. Ça devient une denrée rare. Je suis désolée. Mais ça fait partie de nos valeurs, en fait. C'est-à-dire qu'au Sénégal, on était connus pour ça, pour ces valeurs. Et je pense que c'est des valeurs qui peuvent te porter très loin dans beaucoup de choses. Et avant de passer à la dernière question, j'aimerais, en fait, si tu regardes dans la salle des personnes peut-être que tu connais, Si tu avais une injonction à leur donner de quelque chose qu'ils peuvent faire ou qu'ils, en sortant de cette salle, ce serait quoi ? Donne-leur des devoirs. On est dans le contexte, tout va bien, ça passe crème. Donc, donne-leur des devoirs.
- Speaker #0
Alors, il faut avoir la confiance en soi, parce que vous avez beaucoup d'idées, de projets, et ne vous sous-estimez pas. Commencer.
- Speaker #3
Commencer. Donc chacun et chacune ici, dites-vous mon projet qui est dans ma tête. Quelle est la plus petite chose que je puisse faire pour commencer aujourd'hui ? J'espère que chacun vous notez dans votre carrière.
- Speaker #2
C'est ça. C'est quelque chose, tout à l'heure, Sorn a parlé d'incubation et de pré-incubation. Vous allez l'entendre si vous êtes dans un parcours entrepreneurial ou vous vous faites accompagner. Ce qu'ils appellent le minimum viable product, c'est vraiment la forme la plus petite de votre produit. Aujourd'hui, si on veut être KFC, on n'a pas les moyens de KFC. on peut juste vendre du poulet pané au coin de la rue. Donc c'est vraiment la forme la plus petite de ce qu'on peut faire, tout en gardant la vision extraordinaire qu'on veut que cette idée, en tout cas, devienne. Donc vraiment, voilà, vous avez noté vos devoirs. Alors Marina, cette question rituelle aussi.
- Speaker #3
Voilà, on a une question, parce qu'elle l'a dit, il faut aussi rêver. C'est-à-dire, on commence avec ce qu'on a sous la main aujourd'hui, mais pour aller loin, il faut aussi qu'on rêve grand. C'est hyper important de rêver. Donc toi, aujourd'hui, si on te donnait une baguette magique, qu'est-ce que tu ferais avec cette baguette magique ? C'est une baguette magique, tout est possible. Tout est possible. On te donne cette baguette, tu as un vœu, tu peux réaliser une chose. Qu'est-ce que tu fais avec ?
- Speaker #0
Autonomiser les femmes.
- Speaker #3
La baguette magique, mais elle autonomise les femmes comment ?
- Speaker #0
Sur l'agriculture.
- Speaker #3
Donc un coup de baguette magique et toutes les femmes sont autonomes en agriculture. Oui,
- Speaker #0
en agriculture.
- Speaker #3
Elles font à manger.
- Speaker #0
Ils font leur nourriture,
- Speaker #3
elles vendent.
- Speaker #0
Oui, elles vendent et elles satisfaitent le besoin.
- Speaker #3
Est-ce qu'on accepte son coup de baguette magique ?
- Speaker #2
On va poser la même question à Sorna du coup. Si tu avais une baguette magique pour faire tout ce que tu veux, tout est possible, mais pas quelque chose que tu peux faire quand même en faisant quelques efforts. C'est que là, vraiment, il te faut le divin qui t'aide un peu.
- Speaker #1
Pour la baguette magique, moi je dirais faire prendre conscience aux autorités, que ce soit universitaires ou étatiques, la nécessité d'accompagner les incubateurs. Parce qu'avec les incubateurs... Surtout universitaire, il y a beaucoup de procédures, il y a beaucoup de protocoles. Et puis, les espaces qu'on a ne sont pas tellement exploités. Donc pour cette baguette magique-là, moi je dirais renforcer les incubateurs pour un meilleur haut emploi. de nos étudiants et de nos jeunes. Parce que nous sommes, au niveau de l'université, il y a la mission de service à la communauté. Donc, on est obligé d'appuyer les jeunes et les femmes de la communauté en Réveillon Nord. Baguette magique égale renforcement des incubateurs.
- Speaker #2
Merci beaucoup, Asorna, pour cet accueil chaleureux chez toi en compagnie de tout ce public d'étudiants. Merci à toi, Indou, pour ton partage et pour ton engagement auprès de ta communauté. Et nous, on se retrouve bientôt pour un autre épisode de Parcours avec des étudiantes tout aussi inspirantes. Merci de nous avoir écoutés. Parcours vous est proposé par Smart Ecosystem for Women, agent spécialisé dans l'accompagnement du plan potentiel des femmes en Afrique. Ce podcast est rendu possible grâce au programme YBA Seed. Pour en savoir plus sur SIOU, cliquez sur les liens en description. À bientôt pour une nouvelle trajectoire de femmes inspirantes.