- Eva
Imaginez un quai de gare, un train qui démarre, et une nouvelle vie au bout du voyage. Paris, je te quitte le podcast, c'est l'histoire de celles et ceux qui ont osé franchir le pas. Des récits sans filtre, parfois plein de doutes, souvent plein de surprises, et toujours porteurs d'inspiration. Et si c'était à votre tour d'embarquer ? Installez-vous, l'épisode commence ! Elle a choisi de poser son stéthoscope dans la région du centre-val de Loire, et plus précisément, dans l'Inde. Ici, le docteur Camus a trouvé... bien plus qu'un lieu de travail. Un territoire qui l'a aidé à s'installer et qui continue de l'accompagner. Bientôt, elle rejoindra le dispositif Nouveaux Médecins de la région. Une façon de dire qu'exercer, ce n'est pas seulement soigner, c'est aussi s'ancrer et construire l'avenir avec tout un territoire. Bonjour Marie-Cécile et bienvenue sur notre podcast.
- Marie-Cécile
Bonjour.
- Eva
Aujourd'hui, vous souhaitez partager avec nos auditeurs votre parcours et aussi votre nouvelle vie dans le Berry. Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter un petit peu ?
- Marie-Cécile
Je m'appelle Marie-Cécile Camus-Bouedjoro. Je suis née dans le Berry, à Argenton-sur-Creuse. J'ai fait toute ma scolarité dans un village qui s'appelle Aiguzon, école primaire, école collège. Le lycée, à Argenton, je suis née. Et puis, après ma médecine à Limoges, j'ai toujours voulu être médecin, depuis que j'étais toute petite. Même si on me disait, non, tu es une femme, tu veux être infirmière, tu te trompes. Non, non, je voulais être médecin. J'ai fait ma médecine à Limoges et puis après, à mon époque, c'est-à-dire 92, on pouvait passer le concours de l'internat pour être spécialiste et on était nommé là où on était reçu. Et du coup, ça m'a emmenée à Reims. Donc là, je suis partie là-bas, puis j'ai fait mon internat là-bas. Ma spécialité s'appelle santé publique et puis je ne m'éclatais pas trop dans cette spécialité. Je n'avais pas trop quoi faire. J'ai eu une petite expérience dans une clinique privée à Reims. Et puis après, assez rapidement, j'ai eu l'opportunité de rentrer dans un laboratoire pharmaceutique. Le seul qui existe à Reims, qui s'appelle Böhringer Ingeleim. Et je suis rentrée dans ce labo. J'ai eu mes trois enfants au fur et à mesure de ma carrière. Et puis, je ne les voyais quand même pas trop grandir. Et puis, dans l'industrie, comme dans... plein de boulot. Si on n'avance pas, si on ne monte pas les marges d'escalier ou la montagne, on recule. On ne stagne pas. Et là, moi, j'étais plutôt en train de stagner, voire prendre la sortie par la fenêtre. Du coup, j'ai choisi de partir avant qu'on m'éjecte. J'ai d'abord déménagé à Paris avec toute ma famille. Mes enfants étaient ados, jeunes enfants. Et puis, j'ai cherché du travail, j'en ai trouvé. Et je suis restée toujours dans l'industrie pharmaceutique. Donc ça, ça m'a appris la région parisienne. Alors là, au début, c'est tout beau. On se dit, on est à côté de Paris, on va profiter des sorties parisiennes, on va faire des musées, on va faire plein de choses.
- Eva
C'est souvent ce qu'on se dit, effectivement.
- Marie-Cécile
Et puis, quand on passe sa journée, Dans les transports, moi j'habitais loin de mon travail, c'est-à-dire à peu près une heure et demie de transport le matin, avec deux changements, RERB, Gare Saint-Lazare, enfin que des endroits qui font rêver. Et le soir, rebelote, qu'il faut emmener les enfants au sport, enfin on finit à des heures pas possibles. Autant vous dire que le samedi on fait les courses, le dimanche on n'a pas. pas trop envie d'aller faire un musée ou d'aller voir une pièce de théâtre. Dimanche, on reste chez soi, on végète, on ne fait rien et on récupère. Voilà, donc ça, ça a été ma vie pendant 5-6 ans, je ne sais plus combien de temps. Et puis, alors je gardais toujours un lien avec le Berry. puisque mes parents habitaient là, à côté des Gusons, et on venait les voir régulièrement. Donc quand on habitait Rhin, c'était à chaque vacances scolaire, pour que les enfants aient un lien avec leurs grands-parents. Et comme il y avait cinq heures de route, c'était difficile sur un week-end. Et après, quand je suis arrivée à Paris, je n'ai pas choisi mon logement au hasard, j'ai pris banlieue sud pour être... plus près de l'autoroute qui nous amène ici, qui nous amène à Argenton. Voilà, donc là, on pouvait venir un petit peu plus souvent. Et puis, il y a une bonne dizaine d'années, en 2014 exactement, mon père a fait un AVC. Donc AVC, ça veut dire du jour au lendemain, on est paralysé. Et là, ma vie bascule un petit peu en me disant, tu es médecin, là tu te retrouves de l'autre côté de la barrière, ton père est hospitalisé, tu n'y peux rien. Je pèse contre tout le monde. Et puis, en même temps, il s'est retrouvé à Lachâtre, un petit hôpital très bienveillant, où là, les infirmières me disaient « Mais vous êtes médecin, mais il faut revenir travailler ici. » Et ça m'a fait réfléchir. Et du coup, je me suis dit « Oui, toi qui voulais être médecin pour soigner les gens depuis toute petite, qu'est-ce que tu fais dans l'industrie pharmaceutique ? » Et donc, j'ai cherché à changer. Sauf que changer, ce n'est pas si facile que ça. Après 15 ans où on n'a pas ausculté un patient, je suis retournée à la fac, la fac de médecine à Paris, pour faire un DU et une capacité pour devenir gériatre. Et donc voilà, j'ai travaillé en EHPAD. J'étais toujours en région parisienne, mais j'étais... plus dans l'industrie, donc déjà un peu plus dans le soin par rapport à ce qui me correspondait, c'était un peu mieux. Je retournais régulièrement dans le Berry pour s'occuper de mes parents et je trouvais ça de plus en plus difficile. Et avec mon mari, il y a un ou deux ans, il y a trois ans quand mon oncle est décédé, on a vendu la ferme qui est dans la Creuse mais juste à côté. Et on n'avait pas envie de vendre cette ferme. Et on l'a trouvée belle. Et on y allait avec bonheur. Et quand on repartait le dimanche soir, on y allait à reculons. Puis on se disait, oui, mais ce n'est pas raisonnable. Oui, mais on ne va pas garder ça. Oui, mais qu'est-ce qu'on va en faire ? Enfin, voilà. Et on se disait, c'est comme ça, c'est la vie. Le travail, il est à Paris. Et puis, voilà. On a vendu la ferme. Puis un jour, il y a... Un an et demi, à peu près, je vais dans un magasin à Aiguzon pour acheter un tuyau de gaz, pour changer la cuisinière de ma mère. Vous voyez, le truc est vrai. Et là, comme tout le monde se connaît, c'est très convivial à la campagne, surtout quand on y est né et qu'on a ses attaches. Là, le type qui tient le magasin, on était à l'école ensemble. Donc, on se reconnaît, on se dit bonjour. Et il me dit, mais qu'est-ce que tu deviens ? Et donc, je lui dis, je suis médecin. Et il me dit, ah, mais on manque de médecins ici. Le docteur Brûlé n'a pas été remplacé. Donc, le docteur Brûlé, c'était le médecin qui était là depuis, je ne sais pas, 30 ou 40 ans. Oui,
- Eva
qui était là localement depuis vraiment longtemps.
- Marie-Cécile
Voilà, c'est ça. Et il dit, ça ne t'intéresserait pas, tout ça. Et je ne sais pas, ce jour-là, j'avais mon... encore moins envie de retourner à Paris. Et puis je lui dis, écoute, pourquoi pas ? Et il me dit, c'est le maire de la commune qui s'occupe du dossier. Il dit, si tu veux, je lui donne ton numéro de téléphone. Il dit, tu sais, le maire, c'était notre prof d'histoire géo.
- Eva
Je lui dis,
- Marie-Cécile
oui, oui, je sais, je sais. Et c'est juste pour vous dire que, voilà, dans ces campagnes, les liens, ils existent toujours. Et du coup... Mon ancien prof d'histoire géo, qui est maintenant le maire de la commune, qui a pris quelques dizaines d'années, comme moi quoi, puisque c'était au collège quand même, me contacte dans la foulée et puis m'explique qu'effectivement, il cherche un médecin pour la maison de santé. Moi, je lui explique mon profil et voilà, et tout est parti de là. Après, le chemin n'est pas terminé parce que j'ai été obligée de refaire un DU pour avoir une qualification en médecine générale. Donc là, je suis encore dans la démarche. Mais j'ai soi-disant fait cette formation à distance avec la fac de la Sorbonne. Et depuis le mois de janvier, je suis dans un EHPAD, toujours médecin dans un EHPAD, mais à Saint-Séver.
- Eva
Dans l'Indre, du coup ?
- Marie-Cécile
Dans l'Indre, voilà. Dans un endroit que je ne connais pas. Donc là, je suis un peu plus anonyme là-bas. Mais ce qui m'a marquée quand je suis arrivée pour l'entretien, la première fois que je suis venue dans l'EHPAD, c'est déjà la dimension du bâtiment, qui était un peu moins étriqué que les bâtiments parisiens où je travaillais. Et puis la vue. Et là, je me dis quand même, les personnes âgées qui sont là, sont dans leur chambre, elles ont une vue sur les collines de la campagne, sur les arbres. Le ciel, les oiseaux, c'est quand même vachement plus agréable que de voir l'immeuble d'en face quand j'étais à Maison-Alfort ou à Cachan, l'immeuble d'en face aussi. Donc voilà un peu mon parcours qui me fait arriver ici. Donc là, je suis dans les démarches. Alors ça n'a pas été simple quand même pour moi parce que beaucoup de démarches à faire. Mes démarches ne sont pas terminées. Mais je suis quand même contente d'être revenue. Mon moral est au beau fixe. Je ne m'imaginais pas à quel point, finalement, se retrouver dans la nature, c'est un meilleur antidépresseur.
- Eva
Ça fait beaucoup de bien.
- Marie-Cécile
Oui, voilà, c'est ça. Ça fait beaucoup de bien. Et moi, ça me fait du bien. C'est comme quand on n'est pas bien, qu'on ne s'en rend pas compte et qu'on arrête ce qui ne nous rend pas bien. Et là, on se dit « Ah ouais, je suis mieux ! »
- Eva
C'était ça en fait.
- Marie-Cécile
C'était ça en fait, oui. Quand j'étais dans l'industrie et que je faisais deux heures et demie de transport par jour, j'avais un collègue qui travaillait au même endroit que moi et qui habitait un petit peu plus loin que moi sur le RER. Et je me disais « Mais comment il fait depuis des années pour supporter ça ? » Et à ma connaissance, il le fait encore. Enfin, moins parce qu'il y a le télétravail, mais la force de l'habitude, c'est impressionnant quand même.
- Eva
C'est vrai, c'est totalement vrai. Et vous, du coup, vous êtes revenue sur un territoire que vous connaissiez parce que vous êtes originaire du Berry.
- Marie-Cécile
Oui.
- Eva
Est-ce que vous vous seriez vue partir quelque part d'autre en France ?
- Marie-Cécile
Je ne sais pas. Déjà, moi, j'ai pas mal bougé quand même. Mais c'était toujours dans les... Disons que quand j'étais jeune, je voulais aller en ville. C'était vraiment des villes de plus en plus grosses. Je disais toujours, je finirais ma carrière à Paris. Mais la campagne, c'est quand même bien. En tout cas, les changements, il ne faut pas avoir peur des changements. Et puis... Et puis ce qu'on se dit par rapport à la campagne ou la province, c'est qu'on va s'ennuyer. Mais pas du tout. On ne s'ennuie pas du tout. Déjà, on travaille, donc on ne s'ennuie pas. Et ensuite, dans la campagne, il y a plein de choses à faire pour les loisirs. Déjà, tout le monde a un jardin. Donc quasiment tout le monde fait un potager. Donc déjà, ça s'occupe. Puis après, c'est gratifiant. On mange ses courgettes, ses tomates, ses fraises. C'est quand même drôlement bien. Et puis, il y a plein d'activités culturelles. Alors, il faut prendre sa voiture. Mais prendre sa voiture à la campagne, c'est la même chose que prendre les transports en région parisienne. C'est la même durée. Hier, je suis allée faire un tour à Paris. Je mets trois quarts d'heure pour arriver. Ici, quand on prend sa voiture... et qu'on fait trois quarts d'heure de route, on a fait facilement 50 kilomètres. Donc, il y a plein de choses à faire. Non, je ne vais pas du tout m'ennuyer. Mais alors, pas du tout, j'en suis sûre.
- Eva
Je vous le souhaite en tout cas, parce que c'est sûr que ce n'est pas du tout le même type d'activité. Il y a beaucoup plus en extérieur.
- Marie-Cécile
Oui.
- Eva
Et je ne sais pas si c'est un sentiment que vous avez pu tester encore ou pas trop, mais le milieu associatif est quand même beaucoup plus développé. en région qu'à Paris ?
- Marie-Cécile
Ah oui, il y en a plein. Oui, bien sûr qu'il y en a plein. Oui, oui, c'est sûr. Il y en a plein. Et d'ailleurs, à mon avis, c'est plus facile de faire du sport parce que c'est peut-être moins rempli et peut-être qu'on y a plus accès. Oui, oui, j'ai vu ça. Parce que quand j'ai voulu revenir l'année dernière, j'ai commencé à regarder. À Antony, je faisais du yoga. J'ai trouvé un cours de yoga ici. il y a un cours de salsa il y a des cours de gym Il suffit juste de prendre une paire de baskets et d'aller se promener sur les chemins, les routes. Enfin, c'est bien sûr qu'il y a plein de trucs comme ça. Puis oui, les activités culturelles, les petits concerts, les expositions, il y en a plein.
- Eva
Du coup, je voulais vous poser quelques questions par rapport à vos démarches, en fait. Qu'est-ce que vous avez dû faire concrètement pour commencer à partir de Paris et venir dans le Berry ? Est-ce que vous avez eu un enc... Donc, un accompagnement ? Est-ce qu'il y a un accueil spécifique ?
- Marie-Cécile
Pour le logement à Saint-Sever, oui, parce que j'y travaille trois jours de suite. Donc, j'ai dit que je ne faisais pas les trajets. Et donc là, c'est la mairie et le directeur de l'EHPAD qui m'ont aidé à trouver un logement chez l'habitant. Ça s'est fait facilement. Et c'est très, très bien. Je suis très, très contente. Je pense que je vais garder des liens d'amitié avec cette dame.
- Eva
Ah, super !
- Marie-Cécile
Et ouais, on s'entend vraiment très bien. Et elle, c'est pareil, c'est quelqu'un qui est parti de la région parisienne pour venir dans le Berry. Elle était prof de musique. Elle a fini sa carrière de prof ici. Et elle y est restée. Et elle est très heureuse. Après, moi, la démarche qui me coûte le plus, c'est par rapport à mon métier. Donc ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait que j'ai quitté Paris. Parce que si j'avais voulu faire cette démarche en restant en région parisienne, ça aurait été pareil. Je pense quand même qu'ici, je suis très attendue. Et vous voyez, la formation que j'ai faite, l'EDU, on est 12 à avoir fait un format complet ou avec des stages à faire. Tous les autres qui sont en région parisienne ou on va dire... très grande couronne, 100 kilomètres jusqu'à Auxerre, Évreux, ont eu du mal à trouver un maître de stage. Alors que moi, j'ai appelé à un coup de fil. J'ai appelé la maison de santé d'Argenton. J'ai dit bonjour, est-ce que vous avez des maîtres de stage ? Oui. Est-ce que vous accueillez des étudiants ? Oui. Est-ce que je peux venir ? Oui. Voilà, c'était fait.
- Eva
Ça a été très facile.
- Marie-Cécile
Oui, ça a été très facile. En fait... Moi, ça soit Saint-Severt-Lépade, la Maison de Santé Argenton ou mon futur boulot à Aiguzon, je suis très bien accueillie, très très bien accueillie. Après, voilà, les médecins, on en manque, donc c'est logique, mais ça aurait pu être aussi...
- Eva
Oui, un peu moins chaleureux, quoi.
- Marie-Cécile
Oui, voilà, c'est ça. Et franchement, je suis très très contente de tout ça. Je n'ai pas eu de soucis. Et puis oui, je suis bien accompagnée. Comme le département et les petits, l'Indre, quand j'appelle le conseil de l'Ordre, je n'ai pas besoin de me présenter à chaque fois. Je me suis présentée une fois. Après, quand je dis que je suis le docteur Camus, ils savent qui je suis.
- Eva
C'est sûr qu'on vous situe un peu plus vite. Et votre quotidien en tant que médecin aujourd'hui, il ressemble à quoi ?
- Marie-Cécile
Je ne suis pas encore installée, donc je ne peux pas vous dire. Tout le monde me dit que j'aurai beaucoup, beaucoup de travail. Mais si la question, c'est par rapport à la région parisienne, c'est les trajets quand même, parce que j'ai choisi d'aller travailler à Sainte-Sévère. Sainte-Sévère, c'est à 50 kilomètres de là où j'habite. Je pars le lundi, je reviens le mercredi et je dors sur place. À part le lundi matin et le mercredi soir, je n'ai pas de trajet. Une des premières choses qui m'a frappée quand je suis arrivée ici, c'est les trajets. Les trajets courts, on va facilement d'un point à un autre. C'est appréciable.
- Eva
Et puis c'est sûr que là, vous risquez un peu moins de subir une grève de RER.
- Marie-Cécile
Voilà, exactement. L'autre jour, pour le 18, où c'était la grève. J'aurais été en région parisienne, je me serais dit, pour aller travailler à Cachan, c'était pas loin, ça m'aurait pas gênée, mais pour Maison-Alfort, je sais que ça m'aurait impactée parce que ça aurait impacté les voitures, ça aurait impacté le RER, du coup les gens auraient pris leur voiture, il y aurait eu plus de trafic sur la route, donc plus de voitures, donc moi j'aurais été plus gênée en vélo. Enfin voilà, c'est tout ça.
- Eva
Si j'ai bien compris, vous allez... Vous êtes en tout cas en cours de démarche pour rejoindre le dispositif Les Nouveaux Médecins. Est-ce que vous pouvez m'en parler un petit peu ?
- Marie-Cécile
Quand le maire, il y a un an et demi, m'a proposé et m'a dit qu'il y avait ce poste, tout de suite il m'a parlé du fait que je pourrais être salariée du GIP Pro Santé ou m'installer en libérale. Comme moi, je n'ai jamais été libérale de ma vie, je me suis dit que la version salariée, ça m'irait bien. Donc je suis en contact avec le GIP depuis le début. C'est eux qui m'ont dit qu'il fallait que je fasse la démarche de requalification. qu'il fallait que je m'inscrive en tant que médecin généraliste à l'Ordre des médecins. Ce que je ne suis pas, je ne suis pas médecin généraliste. Ils ont suivi ma démarche et puis là, ils sont dans la démarche de... Moi, je suis en train de finaliser ma formation. J'attends le diplôme, j'attends l'inscription à l'Ordre. Et donc, eux, en parallèle, ils sont dans la démarche d'ouvrir la maison de santé, de l'ouvrir administrativement.
- Eva
Pour vous, c'était du coup plus rassurant de commencer sur un statut de salarié ?
- Marie-Cécile
Oui, c'est sûr que c'est plus rassurant. Moi, je ne veux pas du tout m'installer, donc je finirai salarié. J'espère que ça sera avec le JIP pour une dizaine d'années. Oui, ça me rassure. Comme ça, je n'ai pas toutes les démarches d'installation à faire. Ça aurait été beaucoup, effectivement. Faire les démarches d'installation, plus le déménagement.
- Eva
Ça fait beaucoup de choses à gérer côté perso et pro.
- Marie-Cécile
Voilà, ça aurait fait un peu beaucoup. Donc voilà, oui, ça me rassure. Ça me rassure d'être avec eux.
- Eva
Est-ce que vous auriez un conseil à donner à un médecin qui aimerait s'installer en région ?
- Marie-Cécile
Pour un jeune médecin, déjà en région, à la campagne, vous voulez dire ?
- Eva
Oui, hors de l'île de France.
- Marie-Cécile
Hors de l'île de France. Déjà, c'est très diversifié. La médecine générale, loin des villes, est très diverse. Et c'est intéressant de faire plein de choses différentes. Ensuite, la qualité de vie quand on veut avoir des enfants, constituer sa famille. C'est une belle qualité de vie par rapport à la région parisienne. où on court moins. La vie est toujours bien en rempli quand on est parent de jeunes enfants. Mais il n'y a pas le stress de la vie francilienne. Et ça, c'est quand même très, très bien. Et puis ensuite, pour le même prix, on a une maison, un appartement, enfin un logement quatre fois plus grand qu'en région parisienne. Donc on peut avoir une qualité... Une qualité de vie globale bien meilleure. Et il ne faut pas avoir peur de s'ennuyer. Parce que je pense que c'est ça ce qu'ils ont peur les jeunes, de ne pas avoir d'activité culturelle et de s'ennuyer. Et puis la qualité de vie, je pense à un couple Ergo et Kiné qui vivent à Sainte-Sévère, ils ont rénové... Ils ont un loft immense. Ils ont trois enfants. Ils ont une qualité de vie phénoménale. Ils travaillent quatre jours par semaine. Ils sont avec leurs enfants. Ils font plein d'activités. Ils sont très heureux. Vraiment très heureux.
- Eva
Donc, c'est surtout cet aspect-là de qualité de vie que vous voulez qu'on retienne.
- Marie-Cécile
Oui, je pense. Oui, parce que le travail en lui... Et puis aussi, c'est ce que discutait une jeune médecin qui passait l'oral avec moi. Elle disait qu'en région parisienne, il y avait de l'agressivité dans les patients. Personnellement, là, en six mois de stage, je ne l'ai jamais vue. Il y a des gens qui râlent plus ou moins, mais il n'y a pas de patients agressifs qui viennent en disant « moi, je veux un arrêt de travail » ou « faites-moi ci, faites-moi ça » , comme s'ils étaient au supermarché et qu'ils passaient leur commande. Non. J'ai pas vu ça. Alors qu'elle, en six mois de stage, elle l'a vu plusieurs fois.
- Eva
Vous avez le sentiment que c'est un petit peu plus doux, peut-être, comme relation ?
- Marie-Cécile
Peut-être, ou plus humain.
- Eva
Et si je ne me trompe pas, votre compagnon vous a suivi dans cette aventure ?
- Marie-Cécile
Oui.
- Eva
Donc lui, il a réussi à trouver facilement un nouveau travail ? Ou est-ce qu'il a fait quelque chose en télétravail ?
- Marie-Cécile
Il n'a rien fait en télétravail parce qu'il travaille... En usine, donc il ne peut pas télétravailler.
- Eva
Ça va être compliqué.
- Marie-Cécile
Non, on a été accompagnés par l'agence d'attractivité. qu'il a orienté vers une entreprise, enfin un certain boulot, enfin vers des annonces quoi, et du coup il a trouvé, il a trouvé assez rapidement, parce qu'il a commencé à chercher en avril-mai, et il a commencé le 1er septembre, donc le temps de démissionner, de laisser passer les vacances, c'était assez rapide. Il y a du travail aussi pour les conjoints, donc dans l'Indre, il y a l'agence d'attractivité qui nous aide. qui est très active, je trouve. Enfin, on ne s'en rend pas compte, mais il y a quand même des entreprises. Elles sont un petit peu dispersées à droite à gauche. Elles ne sont peut-être pas énormes. Il n'y a pas mille ouvriers, mais il y a du travail. Et c'est ce que m'ont dit tous les gens que je côtoie dans mon environnement personnel, c'est que si on veut travailler, il y a du travail. Toutes les entreprises recherchent. Il y a vraiment du travail. Là, l'agence d'attractivité, elle est vraiment très bien pour accompagner le conjoint.
- Eva
Pour vous, c'était quand même un plus important de savoir que toute la famille ne serait pas non plus impactée par votre nouveau départ.
- Marie-Cécile
Oui, c'est ça. De toute façon, on se l'était dit. Nous, on est ensemble. Enfin, on est mariés, ça fait plus de 30 ans. Il m'a toujours suivie, il a toujours trouvé du travail. Au début, le démarrage de trouver du travail a été un peu compliqué. Mais après, il a toujours trouvé du travail. Et ce n'est pas un souci. Quand on a un peu d'expérience, là, on trouve du travail. Et puis, oui, ce qu'on s'est dit, c'est que je pars, je regarde comment ça se passe. On se voit les week-ends et puis après, on décide. Mais on s'est décidé, il s'est décidé un petit peu plus rapidement que prévu.
- Eva
D'accord, donc vous avez quand même fait, on va dire, une petite période de test pour voir si vous vous sentiez bien sur place.
- Marie-Cécile
Oui, c'est six mois.
- Eva
C'est important, comme ça, vous êtes sûre que ça vous plaît et que ça correspond aussi à vos envies à la famille.
- Marie-Cécile
Oui, c'était vraiment comme... Je vous disais, il y a deux ans, quand on a voulu vendre la ferme de mon oncle et qu'on n'avait pas trop envie de retourner à Paris, là, c'était encore pire. C'est-à-dire que le dimanche après-midi, quand il fallait qu'il remonte à Paris tout seul, il n'avait plus du tout envie d'y aller.
- Eva
Oui, il avait déjà commencé à se dire que finalement, peut-être que c'était pas mal en campagne.
- Marie-Cécile
Oui, c'est ça. Et puis d'être ensemble aussi.
- Eva
Bien sûr.
- Marie-Cécile
Voilà. C'était bien. Et oui, oui. Et puis bon, il s'est beaucoup investi dans le jardinage. Et donc là, il y a tellement de choses à faire.
- Eva
Vous avez développé du coup sur place ?
- Marie-Cécile
Oui, on a du terrain et du coup, on fait du jardin. Du jardin potager, de l'entretien d'un jardin, des arbres, du bricolage autour, sur ce terrain. Il y a toujours quelque chose à faire, à toutes les saisons. Donc là, évidemment, au printemps, il y avait plein de choses à faire. L'été, il y en avait pas mal aussi. À l'automne, il y a d'autres choses à faire. Et ça prend du temps, ça occupe, ça déstresse. Toujours le même principe, être dehors, les mains dans la terre, concentrer sur ce qu'on fait. Pour la première fois de notre vie, on a planté des légumes et on en a mangé quelques-uns, donc on est contents.
- Eva
Alors, ils n'ont pas le même goût quand ils cultivent soi-même.
- Marie-Cécile
Et puis, on a un chat aussi qu'on a eu il y a deux ans maintenant. Oui. Et le chat, il est très heureux aussi.
- Eva
Quand il est en extérieur, forcément. Voilà.
- Marie-Cécile
Avant, il avait un extérieur à Anthony. Donc, il allait dans les immeubles. Les gens le connaissaient dans le quartier. Il allait traîner dans les poubelles du supermarché. puis bah maintenant Maintenant, il est dans les champs, dans la grange.
- Eva
Il chasse.
- Marie-Cécile
Il chasse, oui. Je ne sais pas trop où il va d'ailleurs, mais il passe ses nuits dehors à chasser.
- Eva
Bon, il a l'air bien lui aussi alors.
- Marie-Cécile
Oui, il est très bien lui aussi.
- Eva
C'est un nouveau départ réussi pour tout le monde.
- Marie-Cécile
Oui, c'est sûr que lui, il est très bien. Et puis, on va prendre un chien qui sera bien aussi.
- Eva
C'est sûr.
- Marie-Cécile
Oui.
- Eva
Et je voulais vous demander, du coup, pour finir sur une note un petit peu plus légère, si vous avez des lieux à nous recommander dans l'Indre ou aux alentours d'ailleurs, que ce soit des petites adresses ou tout simplement des endroits assez jolis à visiter.
- Marie-Cécile
À visiter ? Ah ben il y a Gargiles. Un petit village d'artistes avec la résidence secondaire de Georges Sand. Le lac d'Aiguson s'est connu, mais la plage de Montcocu, qui est sur la Creuse, mais après le barrage, donc du coup, ce n'est pas le lac, qui est très bien aménagé.
- Eva
Saint-Sévert c'est très joli c'est un beau village bien préservé à visiter, Nohan à côté donc la maison de Georges Sand avec une visite guidée très intéressante et puis ben voilà c'est déjà pas mal moi j'aime bien ces coins là ok merci du coup merci pour cet épisode c'était super intéressant merci
- Marie-Cécile
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