- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Parlons Assurance, le podcast pour celles et ceux qui entreprennent. Je suis Elsa, animatrice de ce podcast, et je suis en compagnie de David Esteve, agent général Swiss Life, spécialisé en assurance et en gestion de patrimoine. Bonjour David !
- Speaker #1
Bonjour Elsa, ravi d'être ici et bonjour à nos auditeurices.
- Speaker #0
Alors, peut-être un petit mot pour introduire cette première saison ? Dans ce podcast, nous allons évoquer tous les sujets qui concernent l'assurance et le patrimoine des entrepreneurs. Avant tout, David, peut-être que vous pourriez vous commencer par vous présenter à nos auditorices.
- Speaker #1
Alors, je suis effectivement agent général Swiss Life. Et si je dois résumer mon activité, je dirais que ça consiste à permettre aux chefs d'entreprise de construire leur indépendance financière face aux nombreux risques qui les concernent, comme... La prévoyance, la santé, la retraite et la gestion de leur patrimoine financier.
- Speaker #0
Et ce podcast, il s'adresse à qui ?
- Speaker #1
Il s'adresse aux jeunes créateurs comme aux chefs d'entreprise correctement installés. Aux jeunes créateurs déjà parce que lorsqu'ils démarrent leur aventure entrepreneuriale, on sait qu'ils vont consacrer beaucoup d'énergie, beaucoup de temps et beaucoup de sacrifices. Il est donc essentiel de les accompagner solidement et durablement sur les sujets qui me concernent. Ensuite, au chef d'entreprise, déjà installé, car bien qu'il ne m'ait pas attendu pour mettre en place des solutions d'assurance, je constate qu'il se retrouve parfois devant une multitude de discours, où c'est toujours le dernier conseiller qui parle qui a raison. L'idée ici, c'est de démystifier tous ces sujets qui peuvent paraître complexes, de les expliquer en toute transparence et de les rendre compréhensibles par tous.
- Speaker #0
Et pourquoi avoir choisi d'en faire un podcast ?
- Speaker #1
En fait, ça fait quelques années que j'écoute moi-même des podcasts. Je trouve que le format est super pratique. On peut l'écouter partout, quand on veut, que ce soit en faisant son footing, dans la voiture, sur une pause déjeuner ou avant de s'endormir. L'avantage, c'est que c'est nous qui choisissons où et quand l'écouter. J'aime bien cette idée de liberté.
- Speaker #0
Oui, et puis j'ajouterais que comme l'auditeur est libre d'écouter quand il le souhaite, il est d'autant plus réceptif aux messages. Et puis, il faut noter que 43% des Français écoutent des podcasts pour s'informer. Alors aujourd'hui, ensemble, nous allons parler d'un sujet souvent sous-estimé mais essentiel, la prévoyance. David, pourquoi avoir choisi ce thème comme premier sujet de ce podcast ?
- Speaker #1
Alors j'ai choisi ce thème comme premier sujet. En fait, dans mon métier, la prévoyance, c'est la fondation de ce qui constitue la protection sociale du chef d'entreprise. Avant même de penser à sa retraite... Avant même de penser à sa trésorerie ou même avant même d'embaucher son premier salarié, le chef d'entreprise doit bâtir sa protection. N'oublions pas que le chef d'entreprise est une femme ou un homme comme les autres. Il n'est pas à l'abri d'un accident, d'une maladie, voire même d'un burn-out.
- Speaker #0
Ah bon, vous voulez dire que les chefs d'entreprise ne sont pas des super-héros ?
- Speaker #1
Eh bien non, on risque d'en décevoir certains. Ils sont eux aussi confrontés aux aléas de la vie qui réservent son lot de surprises. Et croyez-moi, depuis le nombre d'années que j'exerce ce métier, j'ai connu des situations très délicates. que je ne souhaite à personne. La prévoyance est une manière d'anticiper l'imprévu, de sécuriser ses revenus, son patrimoine et celui de son entreprise.
- Speaker #0
Et c'est quoi les risques concrets qu'un chef d'entreprise peut rencontrer s'il n'a pas de prévoyance adaptée ?
- Speaker #1
En fait, il y en a plusieurs. Déjà sur le plan personnel, si vous êtes aujourd'hui en incapacité de travailler, vous ne pouvez plus avoir des revenus réguliers, ce qui peut mettre en difficulté la famille. Ensuite, sur le plan professionnel, Je dirais que l'entreprise peut avoir besoin de ressources supplémentaires pour compenser votre absence. Il faut alors s'adapter, embaucher un remplaçant ou gérer une baisse d'activité. Et après, sur le long terme, je dirais que sans prévoyance, on peut être contraint de puiser dans ses économies. Il n'y a rien de pire que de mettre de l'argent de côté, d'économiser, de se priver de telle ou telle chose et au moindre pépin de voir tout ça partir en fumée.
- Speaker #0
Mais dites-moi, ce n'est pas compliqué à mettre en place ? Parce que pour moi, chef d'entreprise, ça rime souvent avec pas trop le temps.
- Speaker #1
Vous avez parfaitement raison. C'est même souvent la première chose qu'on me dit. Les entrepreneurs me disent souvent qu'ils n'ont pas le temps. Moi, je dirais que la prévoyance, c'est le seul sujet qui ne se budgétise pas. Alors c'est vrai que ça ne fait pas rêver de parler de prévoyance, de parler d'arrêt de travail, d'invalidité, de décès. Les enjeux sont importants. Il y a l'état de santé du dirigeant qui peut évoluer. Les risques que nous prenons tous tous les jours, que ce soit sur la route ou même dans les accidents domestiques, ça peut arriver à tout le monde, cette question doit être posée dès la création de l'entreprise.
- Speaker #0
Mais vous évoquez l'état de santé, ça veut dire quoi précisément ?
- Speaker #1
En fait, c'est une chose très importante. Selon le statut, notamment pour les travailleurs non salariés et les professions libérales, La prévoyance est soumise à questionnaire de santé. Donc il est très très très important de souscrire une prévoyance lorsque justement vous êtes en bonne santé. Dans ce cas-là, il n'y a ni exclusion ni majoration. Donc il est vrai qu'à 20 ans ou 25 ans, on se sent invincible, on se dit que je suis en pleine forme, il ne peut rien m'arriver. Croyez-moi, avec le temps, certaines pathologies peuvent apparaître. Et en fait, il n'y a rien de pire pour moi que d'aller expliquer une exclusion de garantie parce que le client a été négligent ou qu'il se dit qu'il n'a pas eu le temps. C'est frustrant pour tout le monde, pour le client. C'est frustrant pour moi aussi parce que quand on n'a pas de solution, ça devient compliqué. Et sincèrement, de vous à moi, s'il avait fait les choses dans les règles de l'art, en termes de coût, ça représente très peu significatif. Donc il faut voir ça comme un investissement, pas comme une dépense. En plus de ça, c'est une charge qu'on peut bien souvent déduire de son activité. Donc en fait, ça fait même économiser des impôts. Et la question que j'ai envie de poser, c'est dans quel cas ne pas souscrire de prévoyance ?
- Speaker #0
Mais si l'entrepreneur a une pathologie, ça veut dire qu'il ne pourra pas être protégé ?
- Speaker #1
Alors pas tout à fait. En fait, il existe une parade à ça, à l'heure où on se parle. En fait, ça va concerner le statut du dirigeant. On va dire que s'il a une pathologie... dans ce cas là, il vaudra mieux partir, s'interroger sur le statut et partir peut-être sur une SAS, être président de SAS par exemple. Dans ce cas là, il a un statut de quasi salarié ou de salarié, il peut rentrer dans ce qu'on appelle des contrats collectifs. Dans les contrats collectifs, notamment de prévoyance, il n'y a pas de questionnaire de santé. Donc c'est vrai que c'est pour ça que je travaille étroitement avec les cabines d'expertise comptable. Déjà je leur donne ma vision assurancielle, ils la partagent, rassurez-vous. En fait, dès la création de l'entreprise, c'est des questions que les experts comptables posent aux jeunes créateurs. Même s'il y a un secret médical, on n'est pas obligé de savoir exactement ce qu'il a, mais la question de l'état de santé revient sur la table. Et si on voit que c'est compliqué, autant partir sur un statut de SAS pour éviter d'avoir une exclusion de garantie.
- Speaker #0
Mais alors du coup, vous parlez des cabinets d'expertise comptable, très bien, mais Vous-même, vous abordez aussi le sujet de prévoyance ? Et si oui, vous l'abordez comment avec vos entrepreneurs ?
- Speaker #1
Alors déjà, avant même d'aborder le sujet de la prévoyance, ce que je fais, je leur explique leur couverture actuelle. Chaque entrepreneur dispose d'un régime obligatoire. Donc il y en a, le plus connu, c'est la Sécurité sociale des indépendants, c'est autrefois le RSI. Donc on va dire que la plupart des chefs d'entreprise dépendent de ce régime-là. Mais il y a aussi des régimes spécifiques comme les professions libérales. Je pense à la Carpico pour les infirmiers, les kinésithérapeutes. Je pense à la Carme pour les médecins, le CNBF pour les avocats, etc.
- Speaker #0
À vos souhaits.
- Speaker #1
Merci. Alors, c'est vrai qu'au risque de perdre nos auditoristes, en fait, c'est ma partie du boulot. Pour le coup, c'est moi qui connais et qui maîtrise les régimes obligatoires de mes clients. Il y a des réformes à tout va. Donc, à chaque fois, on est informé par la compagnie. Et l'idée, c'est régulièrement de leur expliquer déjà ce qui les couvre au quotidien. Et après, on peut éventuellement aborder de prévoyances.
- Speaker #0
Vous pourriez nous donner un exemple ?
- Speaker #1
Oui, imaginons que vous avez 25 ans, vous venez de créer votre entreprise, vous versez à peu près 2500 euros de revenus. Premier cas de figure, vous êtes en arrêt de travail, manque de chance, accident ou maladie, donc le régime obligatoire, on va dire la SSI, va vous donner à peu près 1200 euros par mois. Est-ce que ça vous suffit dans votre quotidien ? Est-ce qu'il y a des conséquences sur ma famille, sur mon entreprise ? On va pousser un petit peu l'exemple un peu plus loin et imaginons qu'on se retrouve en invalidité. Je parle d'un taux d'invalidité supérieur à 66%. Dans ce cas-là, la rente d'invalidité versée par la Sécurité sociale des indépendants frôle les 800 euros.
- Speaker #0
Oui, en effet, là on comprend à peu près l'utilité de prendre une prévoyance. S'il y a des dirigeants qui auraient déjà pris un contrat, est-ce qu'éventuellement vous avez des conseils à leur donner ?
- Speaker #1
Déjà, leur dire que c'est une excellente chose d'avoir une couverture. Même s'ils sont déjà couverts, il faut de temps en temps réétudier le contrat et vérifier que le contrat est toujours adapté à la situation. Je prends quelques exemples. Est-ce que le contrat comporte des frais généraux ? Souvent, ce que je remarque, c'est que les contrats comprennent des indemnités journalières. En gros, là, c'est plus la partie personnelle. et bien souvent les frais généraux ne sont pas compris dans le contrat. Les frais généraux, c'est ni plus ni moins que vos cotisations obligatoires, que ce soit l'URSSAF, que ce soit vos cotisations, votre crédit, votre leasing si vous avez une voiture, vos salariés, c'est les frais fixes, il faut les payer tous les mois. L'autre conseil que je peux donner, c'est vérifier votre niveau de garantie par rapport à votre situation personnelle. J'imagine qu'en 10 ans, les revenus ont peut-être aussi changé à la hausse, à la baisse. Des fois je constate aussi, je parle de clause bénéficiaire, je remarque que la clause bénéficiaire en cas de décès, elle peut être nominative. J'ai déjà vu des anciennes clauses, des clauses bénéficiaires au nom de l'ancien conjoint. Ce qui fait que si l'entrepreneur décède, c'est l'ancien conjoint qui récupère le capital décès. Donc là aussi c'est important des fois de s'intéresser au sujet. Et c'est très simple de changer de clause bénéficiaire, il suffit de remplir un simple formulaire et on s'occupe de tout.
- Speaker #0
Donc pour résumer, 1. Vous créez votre entreprise, ou alors vous venez d'écouter ce podcast, vous êtes en bonne santé, alors vous pouvez opter pour le statut de TNS, travaillant non salarié. Ou bien vous avez une pathologie, aujourd'hui vous pouvez opter pour le statut SAS et bénéficier d'une prévoyance collective puisque le questionnaire de santé n'est pas encore obligatoire. En deuxième temps, vous vous informez des couvertures de votre régime obligatoire, le SSI, c'est-à-dire la Sécurité sociale des indépendants, ou tous les régimes obligatoires des professions libérales. Vous mettez ensuite en place des garanties de maintien de salaire pour couvrir les cas d'arrêt de travail, d'invalidité, de décès. Et puis, il ne faut pas oublier tous les frais généraux qui permettent de payer les charges fixes, les impôts, l'URSSAF, le leasing, les loyers... Et on n'oublie pas, à chaque changement de situation personnelle ou professionnelle, on informe son assureur qui nous garantira d'avoir un contrat toujours bien adapté. Vous vous contentez ensuite, vous, chef d'entreprise, d'aller sur l'essentiel, c'est-à-dire votre entreprise. Et là, c'est là que vous êtes un super héros. Un grand merci David pour toutes ces explications claires et précieuses.
- Speaker #1
Merci à vous et à tous les chefs d'entreprise qui prennent le temps de réfléchir à ces sujets.
- Speaker #0
Merci à tous d'avoir écouté Parlons Assurance, le podcast pour celles et ceux qui entreprennent. Ce podcast est proposé par David Esteve, agent général Swiss Life spécialisé en assurance et gestion du patrimoine. Il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute, Spotify, Apple Podcasts, Deezer, Amazon Music. Si vous avez apprécié cet épisode et que les sujets de gestion du patrimoine et de l'assurance vous intéressent, abonnez-vous à ce podcast depuis votre plateforme d'écoute, il est gratuit et vous ne manquerez aucun épisode. Et d'ici là, prenez soin de vous et de votre entreprise.