Speaker #0Bonjour à tous, alors vous écoutez l'épisode numéro 76 de Parlons Divorce avec Karine. Déjà 76, effectivement, je regardais un petit peu tout le chemin qu'on a parcouru sur ces différents épisodes et je suis ravie d'avoir pu déjà aborder tous ces sujets et je me rends compte qu'il y a toujours des thèmes et toujours des nouvelles idées pour aborder les sujets. Ce que j'ai trouvé très intéressant, je reviens un petit peu sur les derniers podcasts. Vous savez qu'ils sont diffusés sur toutes les plateformes d'écoute. La vidéo maintenant est sur Youtube et également sur Instagram. Sur Instagram, j'extrais des morceaux du podcast et je vous commentais ce que vous ressentez. C'est important que vous le fassiez. Le dernier sujet sur l'adultère a beaucoup bousculé. avec des réactions douloureuses par moments. Et je pense que ça méritera qu'on retravaille ce sujet parce que je sens qu'il y a quelque chose où il y a de la douleur et de l'incompréhension parfois. Mais on en reparlera. C'est important. Mais en tout cas, n'hésitez pas à mettre vos commentaires, à exprimer votre ressenti. Il n'y a pas de jugement. Tous les ressentis doivent être accueillis et ça permet à chacun d'avoir une ouverture d'esprit, de mieux se comprendre. Et donc n'hésitez pas à faire part de vos commentaires. Je vous remercie également pour ceux qui vont mettre 5 étoiles sur Apple Podcast ou sur Spotify, ça permet à d'autres personnes de connaître ce podcast. Alors aujourd'hui, on va parler des enfants, et les enfants dans une situation un petit peu plus particulière, les enfants qui ne veulent pas se rendre chez l'un ou l'autre des parents. C'est un sujet que j'ai jamais abordé de façon concrètement comme ceci, c'est-à-dire cet enfant qui dit ben non je veux pas aller chez papa ce week-end, je veux pas aller chez maman, je veux parfois même plus du tout lui parler. C'est un sujet qui me semble important d'être abordé tout d'abord parce qu'il est malheureusement assez fréquent. Quand on le vit de l'intérieur on a l'impression d'être seul au monde à le vivre et pas du tout malheureusement, Malheureusement, j'ai beaucoup de parents. qui se retrouvent dans cette situation. Donc c'est une situation qui est assez fréquente et qui est extrêmement douloureuse. Qui est extrêmement douloureuse pour deux raisons. Alors son enfant, c'est souvent la personne qu'on aime le plus, pour qui on a le plus de liens et d'attachements, et que cet enfant vous rejette parce que c'est le sentiment qu'on va avoir, ce sera un sentiment de rejet, c'est extrêmement douloureux pour un parent. Ça c'est la première chose. Mais la deuxième chose, c'est que cette situation, elle intervient très souvent dans des situations de séparation. Donc, on vit la douleur d'une séparation, qui est déjà, on en a largement parlé, suffisamment difficile. Et en plus, on a un des enfants, parfois tous les enfants, qui vous rejettent. Et c'est la double, triple peine, parce qu'on est déjà dans la difficulté de la séparation. Et en plus, un des enfants... où les deux enfants rejettent l'autre parent. Et comme on est dans le cadre d'une séparation, il y a nécessairement une situation de tension, voire de conflit, voire pire, avec l'autre parent. Et cet enfant est là au milieu, et on a ce sentiment que cet enfant est instrumentalisé dans le cadre de la séparation. Donc il y a la douleur de ne plus être avec l'enfant, et puis en plus le conflit qui s'accentue avec l'autre parent, pensant qu'il est sûrement responsable de la situation. Donc c'est pour ça que c'est extrêmement douloureux, très complexe et multifactoriel. Les causes de ces situations, elles sont très importantes, nombreuses surtout. Donc moi ce que je voudrais pour cet épisode, c'est qu'on essaie ensemble de comprendre ce qui peut se passer. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, on se retrouve dans cette situation-là ? J'ai envie ensuite d'essayer de vous donner des outils pour... éviter d'accentuer la situation, c'est-à-dire d'éviter ce qu'on appelle des réactions destructrices, parce qu'en fait, on peut par notre comportement, malheureusement, accentuer la situation. Et enfin, on va essayer de réfléchir ensemble à une approche qui soit plus constructive et qui pourrait, cette fois-ci, rétablir le lien entre le parent et l'enfant. Alors, tout d'abord, les... Des hypothèses que moi j'ai pu constater, moi je vais vous parler de ce que je vois depuis ces 24 ans où je fais ce métier d'avocate en droit de la famille, ce que j'ai pu voir lorsque l'on avait des enfants qui ne voulaient plus aller chez un des parents. La première hypothèse en tout cas qui m'est apparue, ce sont les cas où on a un enfant qui a une peur et qui a vécu ce qu'on appelle une expérience négative chez un des parents. Ça peut être une violence, ça peut être une parole blessante et ça peut être également une situation qui l'aurait profondément marquée. C'est-à-dire que l'enfant vit un événement chez le parent qui le met en insécurité, qui le déstabilise, et à partir de là, il refuse de se rendre chez l'autre parent. Généralement, ce genre de situation, et je le vois assez fréquemment, on a complètement un décalage entre ce que l'enfant a ressenti et ce que le parent a perçu de la situation. Et comme on a ce décalage, Mais on ne se comprend pas. Donc l'enfant, et je vais vous parler d'un cas, donc j'ai très clairement en tête un exemple, un papa avait mis une gifle à sa fille. À partir de là, l'enfant rentre chez sa maman, explique la situation et dit je ne veux plus aller chez papa. Et à partir de là, l'enfant ne va plus se rendre chez son père, ce qui va entraîner, on imagine bien, toutes les difficultés. Et là, la première réaction... Du père, c'est de dire, pas du tout, c'est rien du tout, même sa mère a dû déjà lui mettre des gifles, mais c'était anodin, et puis même peut-être à minimiser la situation. Et donc, à partir de là, le parent est dans la négation de ce que l'enfant lui ressent. Donc on n'est pas du tout sur le même canal. Et donc effectivement, c'est compliqué par la suite pour reconstruire. Et on peut même par moment, dans ces cas de figure-là, se dire, mais... C'est la faute de l'autre parent, il instrumentalise la situation. Si évidemment on va dans cette direction, ça ne marche pas pour la suite. Dans ce dossier, j'ai dû faire tout un travail difficile pour pouvoir faire entendre que l'enfant a son propre ressenti, qui est différent de notre perception. Et si on veut pouvoir se remettre en communication, en connexion avec l'enfant, il s'agit de ne pas nier ce qu'il a ressenti. Si on est dans la négation de son ressenti, ça ne marchera pas sur renouer une connexion. Je termine de raconter cette histoire sur ce papa parce que pour réussir à le faire bouger sur sa position, à un moment donné je lui ai dit « mais votre fille elle a bien fait de s'opposer, elle a bien fait de dire « mais moi je ne veux pas aller » . Alors c'était très déstabilisant pour lui à ce moment-là, mais je lui ai dit « il va falloir même que lui… » Lui disent que sa fille avait bien fait. Parce que je l'ai mise dans la situation où sa petite fille va grandir, elle aura des histoires amoureuses, et je lui souhaitais que sa fille puisse réagir de la même façon si un jour son partenaire pouvait réagir de cette façon-là et avoir un geste inadapté de violence, ou de violence aussi verbale, parce que la violence n'est pas que physique, elle peut aussi être verbale. Et je voulais que ce papa puisse se dire à sa fille, mais tu as bien fait de t'opposer. Je n'aurais jamais dû moi-même agir de cette façon-là. Parce qu'une violence est interdite et personne jamais ne doit lever la main sur toi. Ni moi, ni quelqu'un qui se présente comme étant ton amoureux, ni personne d'autre. Et ça, en déplaçant, j'ai envie de dire, la situation, en imaginant que c'est un compagnon, quelqu'un d'autre, là pour le coup... Le papa a pu prendre conscience du geste qui était inadapté. Et là, on a pu travailler ensuite. Donc ça, c'était ma première hypothèse, quelque part, le cas d'une situation qui a été insécurisante pour l'enfant et qui fait qu'il se met en mode de protection. Et que ce n'est peut-être pas toujours une mauvaise chose que l'enfant se mette en mode de protection pour dire « Non, il a quelque chose qui ne me va pas » . Deuxième hypothèse, celle qui vient le plus souvent dans l'esprit d'un des parents, c'est... une forme d'instrumentalisation par l'autre. Là, on se touche à un sujet qui est compliqué. Au moment d'une séparation, peut s'instaurer, et s'instaure souvent, il faut être transparent avec ça, une situation de conflit de loyauté. C'est-à-dire un enfant qui se sent tiraillé entre les deux parents et par moment dans l'obligation d'être plus soutenant avec un des parents. de devoir presque même s'en occuper parce qu'il serait plus malheureux, parce qu'il irait moins bien. Et ça même, souvent le parent... qui va se comporter comme ça, il ne se rend pas forcément compte que c'est son attitude qui va faire que cet enfant se sente dans ce conflit de loyauté et qui va peut-être par moment devoir être... Alors, je sais que le mot est fort, mais je l'emploie souvent avec mes clients en disant « Mais votre enfant, il est devenu votre antidépresseur en fait. » Parce que vous vous êtes raccroché à lui comme quelque chose, c'était votre bouée de sauvetage, et donc l'enfant se sent cette mission de devoir toujours vous faire plaisir. Et que vous faire plaisir, ça passe parfois. par rejeter l'autre parent. Même parfois même à devoir dire du mal de lui parce qu'il s'est bien rendu compte que lorsqu'il disait du mal de vous, ça vous réconfortait. C'est très insidieux comme situation et c'est très complexe. Alors, on ne peut pas dire qu'uniquement avec ça, un enfant refuse complètement d'aller chez l'autre parent. Mais il peut être plus dur avec un des parents parce qu'il est dans cette situation de conflit de loyauté. C'est le plus difficile parce que pour le parent qui le subit quelque part, il est souvent dans une incompréhension et tout de suite, une forme aussi de paranoïa qui peut vite venir en se disant « mais c'est forcément l'autre parent » . Et c'est là où il faut une prise de hauteur exceptionnelle et difficile. Mais c'est comme ça que moi je travaille dans les dossiers pour essayer de vraiment déceler où est la difficulté et pouvoir la surmonter. Parce que si on s'arrête au fait de dire « c'est la faute de l'autre parent » , c'est pour ça que mon enfant ne veut pas venir, ça ne marche pas. Si on s'enferme dans cette certitude-là, c'est que de la faute de l'autre, c'est pour ça que mon enfant ne vient pas, ça ne marchera pas. Il faut aller creuser, aller creuser le conflit de loyauté pour pouvoir permettre à l'enfant de l'exprimer, de le comprendre et de ne pas lui en vouloir de cette situation. Parce que c'est extrêmement douloureux pour l'enfant de vivre dans ce système de... de conflit de loyauté et quelque part d'une obligation de devoir peut-être s'occuper un peu plus d'un des parents. Les autres cas où un enfant parfois ne veut pas aller chez l'autre parent, donc on a vu, on a sur parfois un élément, un moment qui a créé un sentiment d'insécurité qui va faire que l'enfant, il se met à distance. Et on a également parfois ce que j'appelle des relations parents-enfants qui sont fragilisées, qui se fragilisent au cours du temps. parce qu'il y a une forme d'incompréhension entre eux. Il y a aussi de la rigidité éducative. Par moment, au moment de l'adolescence, un parent qui veut garder le contrôle sur l'enfant va mettre en place une sorte de rigidité dans laquelle l'enfant ne se sentira pas bien. Et comme il y a deux parents quand on est séparés, on va vouloir rester chez l'un et plus tellement aller chez l'autre. Ça peut être aussi un manque d'écoute. Un enfant qui ne se sent pas écouté, qui ne se sent pas entendu. et pour qui la relation avec l'autre parent va se mettre à distance. Et évidemment, quand on est dans un couple où tout le monde vit sous le même toit, papa et maman vivent sous le même toit, on a une moins bonne relation avec l'un, c'est pas grave, c'est compensé avec l'autre qui est sous le même toit. Mais quand on a des toits séparés, à un moment donné, c'est difficile pour un des enfants d'aller chez l'autre parent avec qui cette relation est la plus compliquée. Et c'est là où il y a un travail très intéressant à mener sur cette relation. Et pareil, à chaque fois, et je bataille, mais vous savez que je lâche rien pendant les rendez-vous par rapport à ça, c'est qu'on a toujours, souvent envie de se dire que le problème est à l'extérieur, que le problème vient de l'autre part. Et ce qui fait que par moments, on se dédouane de sa responsabilité. Je vais vous parler d'un cas que j'ai eu, qui m'a beaucoup touchée. Et je sais que sur le coup, j'ai vraiment bousculé ma cliente. Et j'en ai fait un poste il n'y a pas longtemps. sur ce que j'appelle le parent préféré. C'était une maman qui me disait « mais j'ai l'impression que les enfants, ils préfèrent leur papa. » Et on sentait que c'était déjà important qu'elle ait pu le lâcher comme ça, mais c'était une source d'angoisse pour elle, terrible, de se dire que les enfants pouvaient préférer un autre parent, l'autre parent que elle. Et là, je lui ai fait une réponse qui n'était peut-être pas du tout celle qu'elle attendait. Enfin non, mais ce n'était pas du tout celle qu'elle attendait. J'espérais qu'on lui dise « Mais non, ne vous inquiétez pas, les enfants, ils aiment leurs deux parents, etc. » Alors c'est vrai que les enfants, ils aiment leurs deux parents. Ça y est, j'en suis convaincue, il n'y a pas de débat là-dessus. Par contre, un enfant peut avoir effectivement une préférence. Et là, je lui ai dit « Mais bien sûr que vos enfants ont un parent préféré. » Bien sûr, acceptez-le ! Acceptons-le parce que de ne pas vouloir l'accepter, on se met dans un monde qui est irréel. Oui, mais justement, je n'ai pas envie que ce ne soit pas moi le parent préféré. Peut-être, mais en tout cas, autant s'y confronter pour pouvoir à un moment donné changer les choses s'il y a des choses à changer. Et je l'ai ramené à sa propre enfance. Et j'aurais envie de dire qu'on fasse tous cet exercice. Est-ce qu'on n'a pas eu, à certains moments donnés de notre vie, parce qu'en plus ça évolue ça, mais un parent avec qui on était peut-être... plus à l'aise, avec qui on pouvait peut-être plus se sentir soit en sécurité ou être nous-mêmes. Et je pense que si on est honnête, on a tous ce souvenir d'un moment donné de notre vie, d'avoir une relation plus facile peut-être avec l'un des parents. Mais ça ne voulait pas dire qu'on n'avait pas de l'amour pour l'autre. Et cette difficulté-là, elle rejaillit dans les séparations en fait. Parce que l'enfant qui a naturellement... Un parent avec qui il est peut-être plus à l'aise, ou à ce moment-là, en fonction de sa croissance, parce que ça peut changer, c'est-à-dire qu'un enfant peut être bien avec un des parents sur sa petite enfance, puis à l'adolescence, être plus à l'aise avec l'autre, en plus ça évolue. Mais au moment des séparations, c'est comme si c'est inacceptable pour les parents que l'enfant puisse en préférer l'un ou l'autre. On a une exigence dans les séparations d'une égalité parfaite. Ce fameux 50-50, qui à mon sens, peut être dangereux à certains moments, quand il nie le besoin profond de l'enfant. Et c'est souvent l'ego des parents qui disent, il faut du 50-50, il faut que ce soit tout pareil. Mais est-ce qu'à ce moment-là, c'est bon pour l'enfant le tout pareil ? Est-ce qu'à un autre moment, il n'aura peut-être pas besoin d'un autre fonctionnement qui ne soit peut-être pas 50-50, mais 60-40 ? Ça ne changera pas grand-chose, mais pour lui, ça peut être peut-être plus confortable. Mais dans les moments de séparation, c'est comme si, si on n'est pas à 50-50, ou si on n'est pas le parent préféré, on perd notre valeur. Alors que ça n'a rien à voir avec ça. C'est peut-être que simplement, à un moment donné, l'enfant a besoin de certaines qualités dans des parents, et à d'autres moments, de l'autre qualité du parent. Et de simplement l'accepter. De le reconnaître sans s'effondrer, sans dire que ça va faire effondrer notre ego, c'est un cadeau extraordinaire qu'on fait à nos enfants. Parce que ces pouvoirs reconnaissent qu'il a certains besoins différents des nôtres. Et ne pas douter pour ça de son amour. C'est simplement, il y a un environnement dans lequel peut-être que là, c'est plus confort pour lui. Et je le dis pour les parents parce que je suis sûre que chacun va se dire « Ah ben là c'est moi le préféré, non ça c'est... » ce n'est pas moi le préféré. Ce n'est pas un avantage d'être le parent préféré, parce que souvent on se dit, c'est cool, il préfère être vers moi. Pourquoi je dis que ce n'est pas un avantage ? Je le dis avec un peu d'humour, mais je le vois maintenant avec toutes ces séparations que j'ai menées, et avec ce temps, c'est que le parent qui de prime abord n'est pas le parent préféré, c'est celui pour lequel vos enfants vont essayer d'obtenir le plus de reconnaissance. C'est celui pour lequel ils vont sûrement faire des efforts par moments incroyables ou même faire des choix de vie pour espérer faire plaisir à cet autre parent. Donc c'est pour ça, ne vous dites pas qu'il y a la bonne et la mauvaise situation du parent préféré, pas préféré. Simplement que c'est un fait qui est normal, qui est humain et qui n'enlève rien à l'amour que vos enfants ressentent pour vous. Par contre, d'en être conscient, de l'accepter sans se sentir rejeté, sans se sentir mis à l'écart, va pour le coup renforcer votre lien avec l'enfant. Et ça, c'est extraordinaire quand on le comprend, parce qu'on crée des liens très solides avec l'enfant quand on accepte ça, quand on le comprend, sans jugement, sans peur en fait. Parce que derrière tout ça, c'est la peur de l'adulte, c'est la peur de ne pas être aimé. Et je le répète, les parents qui m'écoutent, Vos enfants, ils vous aiment, ils vous aiment profondément. Donc arrêtons de douter de leur amour et essayons simplement de nourrir une relation qui soit riche, profonde, honnête, en intégrité. Qu'on puisse se dire les choses, que vos enfants puissent vous dire « Écoute maman, là j'ai pas envie d'être vers toi à ce moment-là, j'ai besoin d'être vers papa. Et c'est pas contre toi, c'est pour moi. » Et si on est capable en tant que parent d'entendre ça, mais... On fait un cadeau inestimable à nos enfants. Donc voilà, j'ai déjà répondu un petit peu et je n'arrive pas à m'arrêter. Je suis déjà partie sur ce que je voulais un peu sur la suite du podcast. Mais en tout cas, j'ai essayé de reprendre les cas des enfants lorsqu'ils ne veulent pas venir rencontrer l'un des parents, expliquer certaines raisons. Je ne les ai pas toutes. Et maintenant, ce qui va être important, c'est de se dire qu'est-ce qu'on évite de faire quand ces situations arrivent ? Alors vous l'avez compris déjà au travers de ce que je vous expliquais juste avant, pour moi le principal risque, c'est de nier le ressenti de l'enfant. De partir du principe que s'il ne veut pas venir, ça ne vient pas de lui, soit ça devient d'un parent, mais ça ne vient pas de lui. Ça c'est extrêmement dangereux parce que c'est nier l'expression même de l'enfant. Donc, même si c'est difficile, Même si c'est compliqué parce qu'on se dit mais j'ai pas fait grand chose, pourquoi il se met dans cet état là ? C'est d'accepter la peur qu'exprime l'enfant. Et accepter que l'enfant dise non je veux pas aller chez papa, je veux pas aller chez maman pour telle et telle raison. Et que cette raison est suffisamment valable. Ne pas essayer de porter de jugement sur le motif que donne l'enfant. Ne pas rabaisser ça, dire oh c'est pas si important. S'il l'exprime, si un enfant met le refus d'aller chez un des parents, c'est que c'est important pour lui. Donc il faut pouvoir se mettre à la hauteur de l'importance de ce qui est ressenti par l'enfant. Ça ne veut pas dire que vous êtes fautif, ça ne veut pas dire que vous êtes responsable de tout, ça veut dire que là l'enfant y vit quelque chose, et que vous, vous êtes l'adulte, et que vous devez vous mettre à la hauteur de l'enfant pour entendre son ressenti. Donc première chose, on ne nie pas le ressenti de l'enfant. Ensuite il y a la question est-ce qu'il faut forcer ou pas l'enfant ? Il y a certains qui diront, oui, il faut insister par rapport à l'enfant. Moi, je pense que ça dépend un petit peu de l'âge de l'enfant. Ce qu'il faut comprendre, c'est que souvent, un enfant, il a du mal à changer de lieu, en fait. Et que ce soit chez l'un ou chez l'autre, des fois, il n'a pas envie de changer de lieu. Donc, c'est pour ça qu'il va peut-être exprimer un non. Si c'est juste parce qu'il n'a pas envie de changer de lieu, oui, il faut un petit peu insister en disant, écoute, c'est le week-end avec maman, c'est le moment que tu y ailles. On fait des affaires, je vais t'aider, on va faire ça de façon un petit peu sympathique et rigolote, on va essayer de passer un bon moment à préparer les affaires pour en faire un moment de transition joyeuse. Soit c'est un refus qui est beaucoup plus profond, c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas du simple un peu caprice, j'ai pas envie d'arrêter ce que je suis en train de faire pour changer de lieu. Là, je ne suis pas sûre que forcer soit véritablement une bonne option. C'est de pouvoir en parler avec l'autre parent. Là, il y a une difficulté. Aujourd'hui, dans le refus, je ne sais pas exactement de quoi c'est dû. Ce qu'il faut faire, mais en tout cas, c'est d'en parler avec l'autre parent. Ce qu'il faut faire, évidemment, c'est éviter de culpabiliser, de dire « ton papa ou ta maman, elle va être triste si jamais tu ne veux pas aller là-bas » parce que ce n'est pas sain de culpabiliser un enfant, c'est son ressenti. éviter ce qu'on appelle le rapport de force, de rentrer dans quelque chose de cet ordre-là, je ne crois pas que ça aide à la relation. Et pareil, attaquer l'autre parent en disant que c'est l'autre qui est responsable de la situation, ça ne viendra pas non plus aider. Donc vous allez me dire, avec tout ça c'est bien gentil, mais c'est quand même dur quand ton enfant ne veut pas venir, et qu'est-ce qu'on fait en fait ? Il va falloir faire quelque chose qui n'est pas simple. Mais il va falloir prendre sa responsabilité, peine et entière. Il va falloir réussir à se dire, ok, j'ai ma part de responsabilité dans la situation. Comme je ne peux pas agir sur l'autre parent, je vais essayer de comprendre quelle est ma responsabilité. À quel moment, moi aussi dans mon comportement, j'ai pu mettre une situation inconfortable pour mon enfant. Et donc pour faire ça... Il faut faire confiance à son enfant. Pas se dire qu'il est en train de faire un caprice, qu'il veut nous faire du mal ou quoi que ce soit. C'est se dire, ok, je lui fais confiance. Si là, pour l'instant, il se positionne de cette façon-là, c'est que c'est juste pour lui. Et je dois être dans son écoute d'enfant. Et moi, je suis l'adulte, donc quelque part, c'est à moi de prendre sur moi. Donc, c'est faire confiance à la parole de l'enfant. Essayer de comprendre ce qu'il ressent, sans jugement. C'est là que moi je conseille beaucoup l'outil de ce qu'on appelle l'écoute active. Avec les enfants c'est pour moi essentiel, c'est-à-dire de les laisser parler sans... Les interrompre sans juger ou critiquer ce qu'ils sont en train de dire, mais simplement les reformuler. S'ils disent « mais non, mais moi j'ai pas envie d'aller chez maman parce que j'ai peur la nuit dans sa nouvelle maison et autres » , plutôt que de dire « écoute, cette maison, quand même, tu la connais, puis je suis à côté » , là tout de suite on met un jugement et on casse quelque part l'expression de l'enfant, c'est plutôt de lui dire « donc tu as peur ? » La nuit dans la maison de maman, est-ce que tu peux m'expliquer ce qui te fait peur ? En procédant de cette façon-là, vous accueillez la parole de l'enfant, son jugement, et vous cherchez à comprendre. Et rien que là, on est dans une création de lien. On sort quelque part, en fait c'est ça que j'ai envie vraiment que vous puissiez comprendre, il faut sortir. On n'est pas comme avec un adulte en face de nous, c'est l'enfant, d'accord, qui n'est pas dans le même fonctionnement. C'est de pouvoir entendre le ressenti de l'enfant sans dire que c'est contre vous en fait, sans partir nécessairement que c'est instrumentalisé contre vous. Ça peut être juste son ressenti et que notre rôle c'est d'aller l'entendre et de voir comment est-ce qu'on peut y répondre pour recréer de la sécurité. Donc vraiment, ne pas minimiser, même si ça paraît quelque chose qui n'est pas très important, à nos yeux d'adultes, ça peut l'être pour un enfant. D'où l'importance de l'accueillir, mais pleinement, sans le minimiser et sans essayer de dire que ce n'était pas important. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose qui surprend souvent un petit peu plus, et puis souvent quand je donne ce conseil, on me dit « oui, moi je ne peux pas parce que je n'ai pas l'enfant avec moi » . Je pense que même quand on n'a pas l'enfant avec nous, quand il ne veut pas venir nous voir, il faut quand même qu'on lui envoie de l'amour. Je sais que ça peut paraître surprenant, mais pour moi l'essentiel du lien, c'est un sentiment d'amour. Et donc, même quand l'enfant n'est pas près de vous, vous pouvez envoyer un sentiment d'amour pour cet enfant. On peut déjà apprendre à le ressentir, même s'il ne veut pas venir me voir, j'ai quand même beaucoup d'amour pour lui. Et ce qu'on doit renvoyer, c'est uniquement ça. Ce n'est aucun reproche, ce n'est pas de culpabilité ni rien, c'est de lui dire que vous l'aimez. Chaque jour, toujours plus, que vous le trouvez beau, que vous le trouvez intelligent, que vous le trouvez gentil, que vous l'aimez en fait. Quand on est capable d'envoyer ça, je sais qu'à un moment donné, on arrive à retisser une relation. Mais il faut le faire sincèrement, en disant simplement, ok, j'accepte que pour le moment, c'est trop inconfortable pour toi, il y a quelque chose qui est difficile avec moi, je l'entends, je l'accepte. Et ça ne change rien à mon lien d'amour. Et on s'intéresse à l'enfant, on lui demande comment il va. comment ça se passe l'école, et on le félicite, on lui ramène des choses positives en fait, on lui envoie de l'amour, et c'est pour ça que souvent je suis sur ces deux, pour moi il y a deux piliers, c'est faire confiance à l'enfant et lui envoyer de l'amour. Et quand on est capable de ça, et de mettre de côté son égo, de mettre de côté ses peurs d'adulte, on peut recréer du lien. Je vais être transparente, notre réaction de peur quand un enfant ne veut pas venir, elle est aussi normale. Elle est normale pourquoi ? Parce que je crois qu'à chaque fois que des parents se séparent, ça fait partie de leur plus grande peur, que les enfants ne veulent plus nous voir. Et donc comme cette peur elle est là, quand ça survient, c'est quelque chose qui va créer beaucoup d'angoisse en fait. Mais si on travaille avec ma méthode, Avec mon approche, comme ce que je fais à chaque fois lors des rendez-vous, je sais qu'on arrive à des améliorations. Alors parfois, il faut de la patience, parce que j'ai coutume de dire que plus les enfants sont grands et lorsqu'il y a cette situation de rupture, plus c'est difficile. Quand ils sont petits, c'est plus facile à gérer que lorsqu'ils sont plus grands. Là, j'ai d'un... Un papa à la retraite, qui a donc forcément des grands enfants, et des enfants qui se sont mis dans une loyauté de soutien complet à leur mère, et qui à partir de là, pour ne pas trahir leur mère, doivent être à distance de leur père. C'est extrêmement douloureux, parce qu'on se dit, mais on est âgés, ils ne sont plus à domicile, ils ont chacun leur travail, pourquoi on rentre à nouveau dans cette situation-là ? C'est là où il faut mettre encore plus de confiance, encore plus d'amour, même si c'est difficile, de pouvoir reconnaître à des enfants, même très grands. que la situation de divorce de leurs parents à la retraite Ça a été douloureux qu'ils comprennent. Et souvent, ce qui se produit à ce moment-là, c'est que les enfants se transforment en parents de leurs parents et se sentent quelque part à la charge de devoir s'occuper de celui qui ne va pas bien. Ce qui n'est pas une bonne chose, on le sait. Mais si on l'aborde de façon frontale et avec de la colère, ça ne marche pas. Donc, il faut pouvoir reconnaître à ces enfants que c'est difficile. Leur rappeler tout de même qu'ils doivent... si possible rester à leur place d'enfants parce qu'ils ne pourront pas tout pour leurs autres parents et que souvent ils pensent les aider mais ça n'aide pas forcément et de leur témoigner encore de l'amour régulièrement tout le temps il ya des moments où on y arrive et des moments c'est plus difficile je vois ce papa il ya des moments où il se décourage en disant mais c'est trop difficile pour moi la dernière fois je dis mais si c'est trop difficile dites le aussi à vos enfants que là ça vous fait souffrir cette situation là que Vous pouvez comprendre et tout, mais par moments c'est difficile. Mais en tout cas, c'est en étant dans notre intégrité, en mettant notre égo quand même de côté, où on peut, à mon avis, réparer le lien et accepter aussi que ça puisse prendre du temps. Je le dis souvent, plus les enfants sont grands, quand il y a une rupture de lien, plus il faut du temps pour réparer. De la confiance. de la patience, beaucoup d'amour et on réussit à réparer ce qui est réparable. Par moment, c'est aussi important, et alors là, c'est un peu plus loin, mais c'est à creuser, c'est aussi de s'interroger dans notre posture qui, par moment aussi, on va se mettre en victime. Il y a des parents qui vont se mettre en victime de cette situation. Quel est l'intérêt que j'ai de rester dans cette situation de victimisation ? Est-ce que ce n'est pas le moment d'en sortir, de prendre la décision de sortir de ce schéma dans lequel on est rentré ? C'est de cette façon-là que je travaille en rendez-vous. Alors je sais que ça bouscule, je sais que c'est parfois inconfortable, mais je sais que ça marche aussi. Parce que si on s'enferme dans « c'est la faute de l'autre, c'est la faute des enfants, c'est la faute de mon ex, c'est pour ça qu'on est dans cette situation » , on n'évoluera pas et rien ne pourra émerger de cette situation. Alors que si on prend notre responsabilité, on regarde à l'intérieur ce qui se passe pour nous, ce qui se passe aussi sur notre façon d'être, ce qui a peut-être conduit à certaines situations, ça permettra, à mon sens, de faire évoluer la situation. Mais il n'y a que en allant regarder à l'intérieur, de soi, qu'on peut faire évoluer les choses. Et ça fonctionne. C'est déstabilisant, ça demande beaucoup d'énergie, je sais, mais je sais que ça fonctionne et que ça vaut le coup. qu'il y a un avocat qui vous dise en intégrité écoutez, là, de ce côté-là, non, vous avez merdé. Et mais on va reprendre. Ce n'est pas parce qu'on a merdé une fois que ça fait de nous une mauvaise personne. Nous sommes des êtres humains, nous avons le droit de nous tromper, nous avons le droit de mal agir par moments. Mais ce qui est important, c'est de pouvoir le reconnaître et ensuite de travailler dessus. Le danger, c'est de ne pas vouloir voir, de se refermer dans une croyance qui va faire que les choses n'évolueront pas. Voilà, j'en termine avec... cet épisode qui me semblait important d'aborder, parce que c'est des situations que je vois régulièrement. N'hésitez pas à vous mettre des liens dans le commentaire, on le diffusera après sur Instagram.