Speaker #0Bienvenue dans Parole de Manager, le podcast pour celles et ceux qui savent que manager ce n'est pas appliquer des recettes mais faire des choix chez le groupe. Ici je vous partage des repères concrets pour mieux communiquer et ajuster votre posture face aux situations du quotidien. Pas de recette miracle, juste des clés utiles pour progresser. Alors prêt à manager en conscience ? C'est parti ! La qualité de vie au travail, stop au mythe et place au réel. Soyons directs ! Quand vous entendez qualité de vie au travail, qu'est-ce que vous voyez ? Des fruits dans la cuisine ? Une enquête interne de plus ? Un atelier bien-être coincé entre deux urgences business ? Et allons plus loin. Si la QVT ne fonctionne pas chez vous, est-ce vraiment un problème de budget ou un problème de posture managériale ? Parce que la vérité, c'est que la QVT est souvent traitée comme de la déco, alors qu'elle devrait être regardée comme la salle des machines de l'organisation. Invisible, parfois bruyante, mais absolument vitale. Et là, souvent on se rassure avec une idée très simple, presque trop simple. Une idée qu'on entend encore beaucoup. Un salarié heureux, c'est un salarié moins exigeant. Sous-entendu, trop de confort tue la performance. Eh bien, c'est faux. Ce qui tue la performance, c'est l'usure silencieuse. Un collaborateur engagé, ce n'est pas quelqu'un à qui on a fait plaisir. C'est quelqu'un qui sait pourquoi il travaille, qui se sent utile, reconnu, responsable. Imaginez un orchestre. Si le chef ne regarde jamais ses musiciens, s'il ne donne ni tempo ni reconnaissance, vous pouvez multiplier les répétitions, la musique restera médiocre. A l'inverse, quand chacun se sent à sa place, l'énergie circule et la performance suit. La QVT, ce n'est pas de la gentillesse, c'est de la lucidité managériale. Bon, dit comme ça, ça reste un peu théorique, je suis d'accord. Alors prenons quelque chose de très concret, quelque chose du quotidien. Quelque chose que vous avez déjà forcément vécu. Par exemple, le retard qui agace. Un collaborateur arrive encore en retard, réflexe classique, rappel à l'ordre, règles plus strictes, mails bien secs. Mais posons-nous une vraie question. Est-ce que je traite la cause ou seulement le symptôme ? Car dans bien des cas, ce retard parle de charge mentale, de perte de sens ou encore de reconnaissance absente. Le retard c'est la fumée. La cuvée T, c'est aller voir où ça brûle vraiment. Car repeindre les murs sans réparer la fissure, ça rassure, mais ça ne tient pas longtemps. Et ce petit exemple nous amène à un sujet qui crispe encore pas mal de managers, même quand ils ne l'avouent pas toujours. C'est le présentéisme. Être là tôt, partir tard, montrer qu'on est débordé. Et soyons clairs, contrôler n'a jamais créé de l'engagement. Ça crée de la conformité et souvent du désengagement discret. La QVT, c'est accepter de lâcher une partie du contrôle pour gagner en responsabilité. Un collaborateur à qui on fait confiance devient acteur. Un collaborateur surveillé devient exécutant. Alors, changer de GPS managériale, moins « où es-tu ? » plus « comment tu t'organises ? » . Sachez que quand cette logique de contrôle s'installe, elle ne reste jamais isolée. Elle finit toujours par déborder ailleurs. Par exemple, les tensions inter-services et la fatigue collective. Dans une organisation que j'ai accompagnée, il y avait deux services qui étaient en conflit permanent. Officiellement, c'était des problèmes de process. En réalité, c'était une météo émotionnelle qui était saturée. Des objectifs contradictoires, des arbitrages flous et puis une reconnaissance inexistante. Chacun tirait sur la corde jusqu'à l'épuisement. Ici, la QVT n'a pas commencé par un atelier bien-être, vous vous en doutez. Elle a commencé par des décisions managériales claires, clarifier les rôles, redonner du sens aux priorités et puis ouvrir un espace de parole réel. Quand la pression émotionnelle est retombée, la coopération est revenue. Pas par magie, par responsabilité managériale. Et à ce stade, il y a souvent quelque chose qui s'installe dans les organisations. Quelque chose qui sonne bien, mais qui sonne faux. Nos collaborateurs sont notre plus grande richesse. Très bien, mais quand les décisions tombent sans explication, quand les incohérences s'accumulent, cette phrase devient toxique. Alors stop à la communication bullshit. La QVT repose sur une communication alignée. Dire ce qui va... dire ce qui ne va pas, expliquer les contraintes. Car un collectif c'est un puzzle, chaque pièce compte et quand il en manque ce n'est pas l'affiche corporate qui répare l'image. Pensez que quand ce décalage entre les mots et la réalité dure trop longtemps, le corps et l'esprit finissent toujours par parler. Burnout, stress chronique, épuisement discret. Ce ne sont pas des mots à la mode, ce sont des alertes. Un manager m'a dit un jour « j'ai rien vu venir » . Et oui, en réalité les signaux étaient là mais... personne ne prenait le temps de regarder. Parfois, la QVT commence par une question très simple. Qu'est-ce qui te coûte le plus d'énergie en ce moment ? Et surtout, écouter sans corriger, sans minimiser. Et c'est souvent là que surgit la dernière résistance. Oui mais tout ça, est-ce que ça ne nous éloigne pas de la performance ? Eh bien la réponse elle est simple et c'est non. La QVT c'est de la performance durable. Des équipes équilibrées sont plus lucides, plus créatives et plus solides face aux crises. Allez, avant de conclure, j'ai une petite question pour vous. Quelle décision concrète pouvez-vous prendre dès cette semaine ? La balle est dans votre camp. Soit vous continuez à cocher des cases, soit vous passez à l'action pour transformer votre culture d'entreprise en profondeur. Parce qu'au fond, la QVT ne se décrète pas, elle se manifeste dans chaque choix managérial. Merci d'avoir écouté Parole de Manager. Si cet épisode vous a permis de prendre du recul ou de questionner votre posture, alors il a rempli sa mission. Et souvenez-vous, ce que vous tolérez devient la norme, ce que vous évitez... Prends de l'ampleur et ce que vous incarnez influence bien plus que vous ne le pensez. C'était Laurent Gajac pour Parole de Manager.