- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Barranco et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elles, voici leurs histoires, place à Parole de Femme, saison 3. Peut-on tomber sous emprise sans même s'en rendre compte ? Une relation toxique commence rarement par la peur, elle commence souvent par l'attention, les promesses, et une histoire qui semble exceptionnelle, puis les repères se brouillent, on doute de soi, on s'éloigne des autres. Et on finit par ne plus savoir vraiment qui on est. Aujourd'hui, Hélène, bienvenue. Vous allez nous raconter cette histoire qui est la vôtre et qui ne parlera que de vous. Cette histoire d'emprise qui s'est installée progressivement. On va aller doucement là où vous souhaitez aller. C'est un sujet qui n'est pas forcément très facile.
- Speaker #1
Oui, effectivement.
- Speaker #0
Avant de commencer, parce qu'on est quand même dans Parole de Femme, j'ai trois questions pour mieux vous cerner. Si vous étiez un livre, si vous étiez une couleur, et si vous étiez le moment de la journée que vous préférez, ce serait quoi pour vous définir ?
- Speaker #1
Oh là là ! Un livre... Je n'aurais pas de nom particulier, mais je serais un livre très épais, avec beaucoup de pages. D'accord. Et une histoire avec beaucoup de... de rebondissement et de chemin détourné en fait.
- Speaker #0
Un livre dense.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que la vie elle est dense.
- Speaker #1
Ça dépend des moments. Il y a des moments où la vie s'étire un petit peu en longueur et il y a des moments où elle est très très dense.
- Speaker #0
Alors un livre dense. Une couleur ?
- Speaker #1
Une couleur ? Ce serait ma couleur préférée, le orange, parce que c'est une couleur pleine de lumière, très vivante, donc une couleur chaude.
- Speaker #0
Vous en avez manqué, parfois ? Oh oui,
- Speaker #1
oui, de vie !
- Speaker #0
De vie, c'est la couleur de la vie. Je vois parce que je suis à la chance d'être reçue chez vous et effectivement, maintenant que je lève les yeux, effectivement vous êtes entourée de oranges.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Faut se rappeler à la vie. C'est une manière de se rappeler à la vie quand parfois elle est un peu trop dense, cette vie-là. couleur orange ça vous ramène à quelque chose de joyeux ?
- Speaker #1
Oui, oui. En fait cette couleur je la lis beaucoup au soleil. j'ai une connexion particulière avec le soleil c'est un astre qui est très important pour moi au niveau de la chaleur au niveau de la lumière et ce orange c'est ça cette chaleur ici ça a toujours été mon cocon en fait Là où je peux me ressourcer et redevenir moi.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais vous dire. Vous, comme pas mal de femmes qui ont vécu ce que vous avez vécu, c'est important d'avoir un lieu ressource et de vous retrouver vous en tant que vous-même.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est ce qu'on va comprendre au cours de ce podcast qui sera en deux parties. C'est ce qui vous a le plus manqué finalement, c'est qu'on vous sépare de vous.
- Speaker #1
Oui. Et que ce qui m'a le plus manqué, et ce que je peux maintenant faire, c'est faire ce que je veux, quand je veux.
- Speaker #0
La liberté ? Oui.
- Speaker #1
Ça, c'était ce qui me manquait le plus.
- Speaker #0
On va y revenir après. Un moment de la journée, vous seriez quel moment de la journée ?
- Speaker #1
J'aime le matin.
- Speaker #0
Et le matin ?
- Speaker #1
Le matin.
- Speaker #0
Très tôt ?
- Speaker #1
Alors... Oui, j'aime le matin tôt, alors je ne me lève pas forcément très tôt, ça dépendait, mais j'aime comme j'aime le printemps, quand tout renaît, et le matin c'est le déjeuner. début d'une promesse, d'un nouveau jour, de quelque chose qui redémarre.
- Speaker #0
D'accord, c'est très spirituel. Oui. Ça aussi, ça fait partie des chemins de guérison, la spiritualité, de se reconnecter à des choses qui peuvent nous paraître peut-être un peu banales quand on ne prend pas le temps de les observer. C'est un peu salvateur ?
- Speaker #1
Oui. Finalement, ce qui est salvateur, c'est de... De comprendre. Pour moi, ça a vraiment été, c'est ce que j'ai tout de suite fait, c'est essayer de comprendre ce qui s'était passé, pourquoi ça s'était passé, et que ça ne se reproduise jamais. Et du coup, ça a été un... C'est un long chemin pour arriver à comprendre tous ces mécanismes, arriver à comprendre aussi qui on est, parce qu'on n'est plus... On ne sait plus qui on est.
- Speaker #0
Et puis vous n'êtes certainement plus celle qui était au début ?
- Speaker #1
Non, du tout.
- Speaker #0
Ça doit changer quand même beaucoup de choses. Oui. On va y venir justement à cette histoire et à ce pourquoi vous êtes avec nous aujourd'hui. Qui était Hélène avant la rencontre ?
- Speaker #1
C'était une personne perdue.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai eu une enfance qui n'était pas forcément à faire pleurer, mais j'ai eu de l'amour, mais il m'a manqué des repères et du coup j'étais quelqu'un qui n'avait absolument pas confiance en soi. Ça, c'est très important dans le mécanisme. Je cherchais à rentrer dans un moule. Je ne suis jamais rentrée dans une case. Je cherchais à rentrer dans une case.
- Speaker #0
Dans la case de la bonne amoureuse ? Dans la case de la femme qui a un homme ? Oui.
- Speaker #1
Dans la case de la femme qui a un homme. Et la bonne amoureuse, je ne sais pas, non, c'était surtout avoir quelqu'un comme tout le monde.
- Speaker #0
D'accord, oui. Pour pouvoir faire une famille, enfin, ce schéma-là... Oui. D'accord.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et vous aviez déjà eu d'autres aventures avant de rencontrer celui qui deviendra le père de vos enfants ? Oui,
- Speaker #1
mon mari. Votre mari, le père de vos enfants.
- Speaker #0
Il y a un peu finalement le bourreau dans l'histoire.
- Speaker #1
Oui, j'avais déjà eu d'autres relations. Et justement, il y avait ce regard de la société. que je m'imaginais certainement, en fait, d'une femme qui doit rester, qui ne doit pas multiplier les aventures, qui doit être bien sous tout rapport.
- Speaker #0
D'accord. Pas faire de vagues.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais c'était une croyance ou c'est par exemple... Ça, ça vient de votre éducation ou est-ce que c'est vous toute seule finalement qui vous étiez mise là-dedans ?
- Speaker #1
Je pense que je m'étais quand même pas mal mise là-dedans. Mais je pense qu'il y a quand même le poids de la société. Comme je disais, je ne suis jamais rentrée dans les cases. J'ai subi du harcèlement scolaire pendant de longues années. J'étais quelqu'un d'à part en fait, et je ne me comprenais pas, je ne comprenais pas pourquoi j'étais à part, je ne comprenais pas pourquoi certains me rejetaient.
- Speaker #0
Du coup il y a un besoin d'amour encore plus grand, ou peut-être même de reconnaissance. C'est un terrain finalement propice à ce qui va se passer à l'emprise. Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Vous rencontrez ce monsieur, comment ça se passe à ce moment-là ? Quand vous le rencontrez, est-ce qu'on peut dire qu'avant la rencontre, il y a comme une forme de mal-être ? de malaise à l'intérieur de vous.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous en aviez conscience déjà à ce moment-là. Ce n'est pas avec le recul des années que vous pouvez le dire. Non, non, non.
- Speaker #1
Il y avait déjà un malaise. Voilà. Oui, oui. Qui était assez profond.
- Speaker #0
Donc, vous étiez déjà pas bien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et lui, il arrive sur ce terrain d'une jeune femme qui a envie d'être aimée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Envie d'être acceptée pour ce qu'elle est. Et peut-être d'arrêter justement de vouloir rentrer dans des cas qu'elle ne comprend pas.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et lui, il arrive. Comment ça se passe ? Vous avez quel âge ? Il a quel âge ?
- Speaker #1
J'ai 21 ans.
- Speaker #0
Vous êtes toute jeune.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai 21 ans et j'en ai vécu 21 avec lui.
- Speaker #0
Donc, il a moitié.
- Speaker #1
Voilà. Oui. Lui, il en a 24.
- Speaker #0
Oui, donc presque le même âge.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ce qui est étonnant, quand après j'ai refait le fil de toute cette histoire...
- Speaker #0
Cent fois et mille fois, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Un certain nombre.
- Speaker #1
Un certain nombre. Après, pas trop, parce que je ne suis pas du genre à regretter, en fait. Ce que je fais... J'estime que c'est ce que je peux faire de mieux sur le moment.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, les choix que je fais sont ceux que, sur le moment, je pensais être les bons. Et du coup, je ne me dis jamais... Ah,
- Speaker #0
si j'avais su, j'aurais dû...
- Speaker #1
Voilà. Sur le moment, c'était comme ça. C'est ce qui m'aide à avancer.
- Speaker #0
C'est presque salvateur, finalement. Oui. C'est un mode de protection terrible. Enfin, le meilleur... pour l'âme finalement. Donc vous rencontrez cet homme. Ça se passe comment les premiers mois ?
- Speaker #1
Donc justement, je me rends compte que tout de suite ça a été problématique. Tout de suite.
- Speaker #0
D'accord. Alors pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que on me l'a présenté C'était des amis, un ami commun. Et il ne m'a pas adressé la parole. Alors il posait des questions à l'ami en commun, et je répondais, mais il ne m'adressait pas la parole. C'était assez particulier. Je l'ai recroisé deux jours plus tard, et je l'ai reconnu, je lui ai fait signe, je lui ai dit bonjour. Il ne m'a pas répondu. Donc je me suis dit, j'étais avec une amie, j'ai dit alors celui-là franchement...
- Speaker #0
Quel con. Oui c'est ça,
- Speaker #1
c'est exactement ça. Et finalement, bon voilà, je ne vais pas insister beaucoup, donc je l'ai recroisé plus tard, je ne lui ai pas adressé la parole, et c'est lui qui est venu à ce moment-là. Et ça a été tout de suite... Tout de suite très fusionnel en fait alors que ce départ était quand même c'était quand même assez mal parti et ça tout de suite tout de suite était très fusionnel Et Je je m'attendais pas non plus à ce que va on est sorti ensemble Là, il m'a dit qu'il était avec quelqu'un, en fait, déjà, depuis longtemps.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et je lui ai dit, OK, on a deux jours ensemble. Après, il repartait. Je lui ai dit, bon... On a ces deux jours, on va vivre ces deux jours ensemble. Par contre, après, on ne se reverra que si tu es tout seul. C'était parce que je n'étais pas du tout... Oui,
- Speaker #0
ce n'était pas la vocation d'être une maîtresse pour 10 ans. Non, non,
- Speaker #1
pas du tout. Et donc, je pensais que je ne le reverrais pas. Et trois jours plus tard, il m'appelle et il me dit « Est-ce qu'on peut se voir ce week-end ? » Je dis « Oui, tu connais les conditions. » Il me dit, oui, oui, mais c'est bon, je suis tout seul.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Quelqu'un avec qui il était depuis quatre ans et demi.
- Speaker #0
Donc là, ça donne le sentiment, enfin je le perçois comme ça, d'être extrêmement précieuse à ses yeux. Oui,
- Speaker #1
ben oui.
- Speaker #0
Et là, le piège s'est refermé tout de suite.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Il lui aura fallu quatre jours.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc vous dites ok on y va, et là la relation commence vraiment ?
- Speaker #1
La relation commence vraiment et en fait l'emprise commence tout de suite.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Tout de suite.
- Speaker #0
Comment ça se manifeste ? C'est ça qu'on va essayer de comprendre aujourd'hui, de comprendre ce que ça fait à la femme qui est en vous aussi, c'est important.
- Speaker #1
En fait ça se manifeste, alors c'est très insidieux. on ne s'en rend pas compte sur le moment. J'ai plusieurs exemples. Je faisais beaucoup de plongées. Mes week-ends, c'était la plongée. Je plongeais beaucoup. Je faisais aussi des plongées de nuit, donc ça me prenait beaucoup de temps. C'est quelqu'un qui n'aime pas l'eau. Il m'a fait comprendre qu'en fait, c'était dommage que je passe tout ce temps à faire de la plongée, parce que du coup, c'était du temps qu'on ne pouvait pas passer ensemble. Et donc, du jour au lendemain, j'ai tout arrêté. J'étais en train de passer un examen de plongée, je devais faire de la pratique, je devais faire la théorie, qui était un gros morceau. Je devais faire du secourisme. et je devais faire un examen pratique. J'avais fait la théorie, j'avais eu le secourisme, j'avais eu la pratique, j'avais tout fait, il me restait à passer l'examen en lui-même. Il devait me rester une plongée et ensuite je passais l'examen. J'ai tout arrêté.
- Speaker #0
On va revenir là-dessus parce que vous voyez, c'est la caractéristique même des femmes que je rencontre qui ont vécu ce traumatisme de l'emprise. Quand on vous écoute, C'est, il ne voulait pas que je fasse de la plongée, j'ai tout arrêté. Mais ce n'est pas ça le mécanisme.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas ça.
- Speaker #0
C'était tout le temps, sans arrêt, le moindre mot, il vous rappelait que ce serait bien d'arrêter. Oui, en fait, on a l'impression. En fait, c'est très lent, c'est du martèlement. Ce n'est pas juste une remarque. Pendant que vous regardez un film ou que vous préparez votre examen, oh, j'aimerais bien que tu arrêtes et vous arrêtez. Ce que je veux montrer, c'est que ce n'est pas une faiblesse, c'est que c'est du harcèlement continu, continu, sans cesse, sans cesse, sans cesse, jusqu'à ce que l'autre cède. C'est ça ?
- Speaker #1
Oui, alors, c'est ça. Alors déjà, il y a deux choses, c'est que la première, cette manière de... Moi, je... Quand j'explique ce qui s'est passé, je dis que je n'avais pas le droit de sortir. Ce n'est pas vrai, il ne m'a jamais interdit.
- Speaker #0
Vous n'aviez pas des menottes au poignet attachées au radiateur ? Non,
- Speaker #1
mais en fait, ces personnes-là ont une manière particulière de parler, où ils ne vont pas interdire, mais ils vont nous faire comprendre qu'eux, et au final on finit par se dire que cette idée elle vient de nous que c'est vrai en fait je ferais mieux d'arrêter la plongée parce qu'on ne se voit plus, on ne se voit pas assez et c'est ça qui est, et ça je l'ai revu aussi avec mon fils où on s'était mis d'accord pour lui sur certaines choses et puis il revient à la maison, donc c'est après quand on a été séparés il revient après et il me dit alors j'en ai parlé avec papa Et on a pensé que... Et moi qui maintenant connais les mécanismes, je me suis dit non, on n'a pas pensé que. Il a pensé, il t'a dit et tu t'es dit bon, ok, je vais faire comme ça.
- Speaker #0
Il rentre dans le cerveau ce genre ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Et du coup, comme on a la sensation que la décision vient de nous, on ne se bat pas contre ?
- Speaker #1
Mais non.
- Speaker #0
Mais comment il y arrive ? C'est parce qu'il le répète en permanence ? C'est encore différent de ça.
- Speaker #1
C'est... Alors, dans mon cas...
- Speaker #0
Oui, on ne parle que de vous.
- Speaker #1
Oui. C'était... une manière d'être, en fait. C'est très difficile à comprendre quand on n'a pas... quand on ne connaît pas ce fonctionnement ou quand on ne l'a jamais vécu. Parce que je vivais dans la peur, en fait.
- Speaker #0
D'accord. La peur de quoi ?
- Speaker #1
Oui, justement. La peur de quoi ?
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
La peur de quoi ? Juste, quand j'y repense, je me dis, mais pourquoi j'avais peur, en fait ? Qu'est-ce qui se serait passé ? J'ai une amie qui voulait des fois qu'on sorte, parce que j'aime beaucoup sortir. Et elle me disait, je lui disais, non, ça ne va pas être possible de sortir, ça ne va pas être possible. Et des fois, elle me disait, mais au moins tu as demandé, parce qu'elle savait, qu'il fallait que je demande. Et je disais, non, en fait, je n'ai pas demandé, parce que ça va être pire. Je vais subir la colère froide pendant peut-être un bon moment. Et cette punition. Elle est pire que de sortir et de me faire plaisir.
- Speaker #0
Le jeu n'emballait pas la jandelle.
- Speaker #1
Non. Et en fait, c'est ça qui se passe. C'est que j'aurais continué à faire de la plongée. J'aurais eu la tête à chaque fois que j'y allais. J'aurais eu des réflexions à chaque fois. Et c'est ça, en fait, qui fait que petit à petit, on renonce.
- Speaker #0
Du coup, on renonce. pas vraiment pour l'autre, mais on renonce plus pour sa paix à soi.
- Speaker #1
Ah oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est comme pour se sauver soi-même, en fait.
- Speaker #1
Oui. L'autre exemple que j'ai, c'est que j'aimais beaucoup sortir. Pas lui. Donc, on a dû essayer une fois de sortir. Et ça ne lui plaisait pas. Donc, en fait, il faisait la tête. Il gâchait la soirée, en fait.
- Speaker #0
Volontairement ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Comme ça, ça s'abrège. Et puis après, bon bah c'est fini, voilà. On sort plus, ça sert à rien, puisque de toute façon, il va faire la tête. Et puis moi, bah sortir toute seule, ah bah non, bah non. Parce que bon...
- Speaker #0
Et pourquoi bah non ?
- Speaker #1
Bah non, parce qu'il faut qu'on passe du temps ensemble, et puis tu vas pas sortir toute seule alors que moi je suis là... Alors, il me le dit pas forcément comme ça, de manière aussi directe. C'est toujours ça. C'est une parole complètement indirecte.
- Speaker #0
C'est jamais frontal. Jamais. C'est pour ça que peut-être votre esprit ne se rebelle pas.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce qu'on ne vous attaque pas.
- Speaker #1
Oui. Et puis voilà, on ne peut pas se dire, je ne peux pas vraiment dire, il m'a interdit.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je me suis interdit de faire des choses.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est là où rentre la perversion du système finalement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Il ne vous a jamais dit, je t'interdis d'y aller ?
- Speaker #1
Non, une fois il l'a fait, mais c'était tout à la fin, parce qu'il perdait pied.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il ne vous maîtrisait plus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'était le dernier recours. Oui,
- Speaker #1
c'était le dernier recours.
- Speaker #0
Mais sinon, sur les 20 premières années...
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
On revient à cette histoire de plongée. Il dit quoi quand vous lui dites que vous ne passerez pas l'examen ? Est-ce qu'il est bronche ? Est-ce qu'il dit merci ? Est-ce qu'il dit « oh ben, t'es sûr ? » ?
- Speaker #1
Merci, non.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que je ne le fais pas pour lui, je le fais pour moi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc...
- Speaker #0
Oui, il n'a pas besoin de dire merci.
- Speaker #1
Il n'a pas besoin de dire merci. Non, il n'a pas...
- Speaker #0
Rien.
- Speaker #1
Rien.
- Speaker #0
Donc ça passe comme un événement anodin.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Dans ce début de relation.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et pourtant ça va cristalliser. Les 20 prochaines années de votre vie.
- Speaker #1
Ah bah oui, c'est le tout début ça. Le tout, tout, tout début.
- Speaker #0
Oui, c'est 3-4 mois, 3 mois.
- Speaker #1
Oh bah, la plongée, j'y ai renoncé presque tout de suite. Au bout d'un mois.
- Speaker #0
Oui, voilà. Vos amis disent quoi à ce moment-là ? On n'en est pas à plus tard, mais est-ce qu'à ce moment-là, vous avez des amis qui vous alertent ?
- Speaker #1
Non. Non, parce que... À ce moment-là, je n'ai pas d'amis proches. Je suis en transition dans ma vie. Je viens de faire deux ans et demi à Paris. Je reviens à Montpellier chez mes parents. Et donc, je n'ai plus mes amis proches. Je n'en ai plus vraiment.
- Speaker #0
D'accord. personne qui va pouvoir vraiment s'alerter du fait que, tiens, elle abandonne ce qui lui tient le plus à cœur. Il a un terrain facile. Oui. C'est vrai, ça aurait pu être avec un cercle d'amis très intime. On avance un peu. Donc, il va y avoir ce premier gros changement dans votre vie. Les années qui vont suivre vont être comment ? Ça va s'accentuer, ça va... Est-ce que vous... Comment les mois et les années s'enchaînent ensuite ?
- Speaker #1
Ça s'accentue, ça s'accentue, c'est-à-dire qu'au final, je ne fais plus vraiment les activités que je choisis. Ce sont des activités qu'on fait ensemble.
- Speaker #0
Tout le temps ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Oui. Et oui, cette emprise va s'accentuer. Au départ, je ne vivais pas dans la peur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais ça s'est installé.
- Speaker #0
Et alors, est-ce que vous arriveriez à définir cette peur qui s'installe, la peur de lui déplaire ou qui vous laisse ? C'est quoi au début cette peur ?
- Speaker #1
La peur de ses colères.
- Speaker #0
D'accord, parce que là, il a des colères après.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
D'accord. Des colères froides, toujours sourdes ?
- Speaker #1
Non, il y a des fois, c'est des colères, des vraies colères, ou sacrées. Je suis quelqu'un qui déteste ça. D'ailleurs, une fois, il a fait croire dans la rue qu'il y avait des personnes qui se disputaient. Sur mon trajet du retour, il a fait croire... Il y avait des personnes, il y a eu des éclats de voix, du coup j'ai fait tout un détour, et en fait c'était lui qui avait simulé une dispute pour s'amuser, pour me faire croire. Et donc je suis quelqu'un qui déteste les éclats, les éclats de voix, les disputes, et on en a eu beaucoup,
- Speaker #0
Trop.
- Speaker #1
Oui, et très vite, très très vite.
- Speaker #0
Pourquoi vous partez pas à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ah ça c'est la question.
- Speaker #0
C'est la question.
- Speaker #1
Et c'est ce que je me suis dit. On s'est installés ensemble au bout de... Au bout de trois mois.
- Speaker #0
Ce qui est extrêmement peu.
- Speaker #1
Oui, mais on n'avait pas le choix.
- Speaker #0
Ah bon.
- Speaker #1
On ne pouvait pas prendre un appart chacun. Je ne pouvais pas rester chez mes parents. Lui, il s'était fait mettre dehors. Il ne pouvait pas prendre un appart non plus. Donc, notre seule solution financièrement, c'était de prendre un appart ensemble. Donc, on s'installe ensemble au bout de trois mois. Et le premier soir, grosse dispute. Au point que je suis partie marcher pendant deux heures.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et là je me dis, pourquoi je suis retournée en fait ? Là déjà, c'était parce que j'ai besoin de cet amour, j'ai besoin de l'amour qui finalement n'en est pas vraiment, on s'en rend compte à la fin, mais j'ai besoin de cette attention, j'ai besoin de cette personne, j'ai besoin d'une personne avec moi.
- Speaker #0
Oui, mais vous auriez pu la trouver après, ailleurs ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Mais dans votre tête à ce moment-là, non ? C'est plus possible. Non, non, parce que je me dis que c'est... Ce soir-là, pourquoi je suis retournée, je ne sais pas. Je sais que plus tard...
- Speaker #1
Vous ne savez pas.
- Speaker #0
Non, non. Je sais que plus tard... Bien des années plus tard, c'est le jour de mon anniversaire, il part toute la journée bricoler ses voitures, et moi je suis là toute seule, le jour de mon anniversaire. Et je réfléchis à tout ça et je me dis mais... Quand il va rentrer, je vais quand même lui dire quelque chose. Mince, c'est un peu le jour où il faudrait qu'il reste avec moi. Et je me dis, mais qu'est-ce que je vais pouvoir lui dire pour qu'il ne parte pas tout de suite dans une colère et que tout de suite, on en arrive à se dire, bon, on va se séparer. Et je me suis dit, qu'est-ce que tu veux ? Est-ce que tu veux lui dire ce que tu lui reproches, au risque que ça éclate et qu'on se sépare ? Ou est-ce que quand il va rentrer, tu vas plus ou moins te taire parce que tu veux continuer à vivre avec lui ? Et j'ai choisi la deuxième option, en me disant, je choisis de vivre avec lui.
- Speaker #1
Et donc du coup, de se taire. Oui. Là, ça faisait combien d'années de relation ?
- Speaker #0
Huit.
- Speaker #1
Oui, c'était déjà bien installé.
- Speaker #0
C'était déjà bien installé, mais ce jour-là, je me suis verrouillée à double tour. J'ai décidé que je restais là, dans cette relation.
- Speaker #1
Et là, est-ce que vous avez la sensation, du coup, d'avoir... D'avoir mis une injonction à votre cœur et à votre âme, de dire maintenant j'ai plus le droit de me plaindre, il faudra que j'accepte, parce que c'est moi qui décide de rester.
- Speaker #0
Je ne sais pas si j'ai fait ça consciemment, cette injonction, mais... Oui, effectivement, je décide de rester, donc il faut que j'accepte tout ce qui va avec. Je décide d'accepter tout.
- Speaker #1
C'est vous qui, en tout cas, vous comprenez que c'est vous qui décidez.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment il vous positionnait en tant que femme ? Femme dans votre féminité, dans votre couple, est-ce qu'il avait droit au chapitre, par exemple, sur votre façon de vous habiller, sur les autres femmes que vous pouviez rencontrer, les interactions sociales avec d'autres hommes ? Est-ce que vous travailliez ? Est-ce que vous aviez un métier ?
- Speaker #0
Oui. Oui, j'ai un métier. À ce moment-là, j'avais un autre métier.
- Speaker #1
À ce moment-là, est-ce que vous étiez au travail ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. J'ai toujours travaillé. Après, je me suis arrêtée un moment pour les enfants. Et puis, je me suis arrêtée plus tard parce que j'ai fait un burn-out.
- Speaker #1
Au bout d'un moment. Mais en attendant, quand il était là, vous travaillez.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça, il l'acceptait ?
- Speaker #0
Oui. D'accord.
- Speaker #1
Et les interactions avec les autres hommes, avec votre façon de vous vestir, vous en tant que femme dans le couple, comment ça se passait ?
- Speaker #0
Je n'aime pas faire les magasins. Donc, c'était lui qui me trouvait mes vêtements la plupart du temps.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On s'est dit tiens, essaye ça, et du coup j'ai acheté si ça lui plaisait. Donc voilà, ma manière de me vêtir c'était ça, c'était par rapport à lui, même si je devais quand même faire un minimum attention à ce que je mettais. Et puis, il y a eu des fois où... ou ça c'est pareil, c'est plus sur la fin où il me dénigrait de toute façon c'était par rapport à mon physique j'ai dû travailler beaucoup beaucoup parce que il me dénigrait il fallait que je sois dans un certain standard et il ne fallait pas que ce soit autrement Je vais prendre un exemple tout bête. Il y avait un moment où j'ai toujours eu les cheveux longs, il y avait un moment où j'ai voulu changer, me couper les cheveux.
- Speaker #1
On y passe toutes.
- Speaker #0
Je n'y suis pas passée.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Ce qu'il m'a dit, c'est que si je me coupais les cheveux et divorçais, il me quittait. Mais il ne me l'a pas dit pour plaisanter. C'était une vraie menace. Donc je ne me suis pas coupé les cheveux.
- Speaker #1
D'accord. Donc il avait quand même un droit d'ingérence sur votre corps, sur votre physique.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Il triait vos amis ou vos collègues de travail ? Enfin, il triait votre environnement social ?
- Speaker #0
Alors, pas de manière visible, mais je me suis... Je me suis éloignée de certains amis parce qu'en fait, ils faisaient toujours la tête quand on allait les voir. Ou alors, j'avais un groupe d'amis où on prévoyait des fois d'aller manger au resto. Après, elles sont parties sur des idées de week-end, et il n'en était absolument pas question pour moi. Et donc, c'est difficile de dire toujours non. Pourquoi ? Parce que non, ce ne sera pas possible. Donc au final, plutôt que de tout le temps dire non, on s'éloigne des personnes pour éviter de toujours dire non, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Oui, parce que finalement, ces mêmes personnes-là portaient un jugement et auraient pu vous alerter sur ce qui est en train de se passer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Vous auriez pu les entendre ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est une question qu'on s'est beaucoup posée avec Olivia. Au début, non. On m'a alertée.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On m'a alertée. Mais une personne qui était complètement extérieure, qui m'a dit... Mais ce que tu vis, c'est pas normal. Et je lui ai dit, mais en fait, tu me dis ça parce que tu n'as que ma version de l'histoire. Je te raconte ce qui se passe avec ma version. Tu ne connais pas, tu es une personne qui ne connaissait pas mon ex-mari. Donc, ben non, si lui te racontait, tu verrais qu'en fait, c'est pas ça. Et cette personne-là m'a dit non, non, non, je pourrais très bien entendre sa version, ce que tu vis n'est pas normal. Et donc j'ai refusé de l'entendre, vraiment, j'ai dit non, je ne suis pas d'accord. Mais l'idée a fait son chemin en fait.
- Speaker #1
Elle avait quand même planté la graine.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça. Et en fait on peut planter des graines. Et sur le moment, c'est trop dur de... De se dire, de réaliser tout de suite qu'on s'est fourvoyé à ce point-là, qu'on n'est pas avec... Et c'est ça. Oui, et qu'on a tout construit sur...
- Speaker #1
Sur de la maltraitance.
- Speaker #0
Sur de la maltraitance et puis sur quelque chose qui n'est pas ce qu'il semble être. Mais par contre, on peut planter des graines. Et cette graine-là... Elle a germé, germé, germé, jusqu'au moment où je suis retournée voir cette personne. Et je lui ai dit, dans la conversation, elle me dit, oui, mais avec ces personnes-là, je dis, mais qu'est-ce que tu veux dire par ces personnes-là ? Elle m'a dit, ben... D'habitude quand j'en parle tu veux pas entendre donc je dis mais là j'ai besoin d'entendre. Vas-y explique-moi ces personnes-là, c'est quoi, c'est qui ? Et là j'étais prête parce que la graine avait germé.
- Speaker #1
Alors avant que, c'est très important ce moment-là à mon avis, dans votre histoire, ce tournant intervient à quel moment ? Vous pouvez le dater, c'est-à-dire... À partir de la rencontre, on est à 8 ans et commencent les premières vraiment. Et après, ça faisait quoi ? 10 ans, 12 ans de relation ? 15 ans de relation ?
- Speaker #0
20 ans.
- Speaker #1
D'accord, c'était à la toute fin ? Oui. D'accord. Il vous aura fallu 20 ans ?
- Speaker #0
Pour ouvrir les yeux.
- Speaker #1
Pour entendre ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et vous entendez quoi à 20 ans alors ? Elle dit quoi cette dame ? C'est quoi que vous vivez ?
- Speaker #0
Que je vis avec un pervers narcissique. que je n'ai pas ma liberté de penser, ma liberté de faire. Et en fait, ce moment, je peux parfaitement le dater. C'est suite à mon burn-out. où j'ai été arrêtée pendant un an et demi et je reprends le travail la boule au ventre et je me dis quand même c'est pas normal après un an et demi d'arrêt de ne pas pouvoir reprendre le travail normalement il y a quelque chose qui va pas donc je vais voir une thérapeute qui me fait faire de l'EMDR Sans que je le sache vraiment, elle ne m'explique pas exactement toute la technique, mais voilà, je me laisse, j'ai confiance en cette personne, je me laisse soigner.
- Speaker #1
Guider.
- Speaker #0
Voilà. Et là, de semaine en semaine, en fait les séances sont très rapprochées au début, il n'y a eu que quatre séances en tout, mais les trois premières séances sont très rapprochées. Et en fait, là, c'est le conflit à la maison, parce qu'il ne me reconnaît plus. De semaine en semaine, je change. Je ne comprends pas pourquoi je change. Mais en fait, j'ai compris après que je m'émancipe. Je commence à prendre des décisions, je commence à me rebeller. Et ça, ça n'existait pas avant. C'est ça qui change, il perd pied.
- Speaker #1
C'est ce que vous disiez, c'est à ce moment-là en fait qu'il va perdre pied.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ça va se passer. Alors, et c'est quoi perdre pied quand un pervers narcissique, enfin votre pervers narcissique perd pied, qu'est-ce qui va se passer ?
- Speaker #0
Alors ce qui se passe, c'est que, en fait, c'est la partie douloureuse. Comme il ne peut plus me diriger, me maîtriser comme il le veut, il reporte tout ça sur une autre cible.
- Speaker #1
Vos enfants ?
- Speaker #0
Mon fils. Pas mes enfants, mon fils.
- Speaker #1
Vous avez combien d'enfants ?
- Speaker #0
J'en ai deux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mon fils c'est l'aîné.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
L'aîné comme lui, lui était l'aîné aussi. Il a toujours eu beaucoup d'attentes sur... Il a eu toujours beaucoup d'attentes par rapport à mon fils. Et il a un peu le même caractère que moi, on se ressemble beaucoup. Et donc il reporte tout ça. Et c'est mon fils qui devient la victime. Et là, autant j'ai pu pendant 20 ans vivre tout ça, autant on ne touche pas à mes enfants. Et là, ça a été vraiment le déclencheur.
- Speaker #1
Parce que le sujet de l'emprise est un sujet complexe à aborder, parce que la parole... prend une liberté longuement. J'ai choisi de diviser l'histoire d'Hélène, son témoignage, ce podcast, en trois parties. Vous venez d'écouter la première partie. Le jeudi, je mettrai en ligne la seconde. Et la semaine prochaine, la troisième partie, qui consistera à comprendre comment on se relève et comment on construit sa vie. La vie est possible après qu'elle est belle. Merci à vous de votre écoute.