- Speaker #0
Je suis Stéphanie Barranco. Ici, je donne la parole aux femmes. Des femmes connues ou anonymes. Des femmes fortes, fragiles, audacieuses, parfois cabossées. Des femmes qui ont aimé, douté, futé, recommencé et qui ont accepté de venir raconter leurs histoires sans tabou, sans jugement, sans filtre. Parce que derrière chaque parcours, il y a une femme. Ses choix, ses peurs, ses combats, ses désirs. Ces victoires et cette question qui traverse chaque épisode, au fond, c'est quoi être une femme aujourd'hui ? Je crois profondément que lorsque les femmes racontent leurs histoires, leurs mots peuvent résonner. Alors ici, on écoute, on partage, on transmet.
- Speaker #1
Bienvenue dans la saison 4 de Parole de Femme.
- Speaker #0
Aujourd'hui dans Parole de Femme, je reçois Marine Beauchamp. Marine est boxeuse professionnelle, championne d'Europe, tu me dis si je me trompe de boxe, boxe anglaise.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est une femme, une femme qui a choisi un sport de combat dans un monde qui est encore très masculin, en tout cas de mon point de vue à moi, tu me diras si je me trompe. Un sport dans lequel le corps est à la fois une force, un outil de travail et parfois peut-être une vulnérabilité. En tout cas, quand on est une femme dans un milieu masculin, est-ce que le corps peut être une vulnérabilité ? C'est une vraie question. Derrière les gants, derrière les entraînements, derrière les titres, aujourd'hui on va essayer de découvrir qui tu es Marine. Et qu'est-ce qui t'a finalement poussé à... à casser les codes de sport féminin dit plus traditionnels comme la danse ou la gym pour arriver dans un monde avec un sport plutôt d'engagement on va dire. Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci d'être là et merci de faire partie de Parole de Femme saison 4.
- Speaker #1
Un honneur.
- Speaker #0
Je pense que ton parcours, il est super intéressant. Et à mon sens, c'est important qu'il y ait des femmes comme toi qui prennent la parole pour ouvrir justement encore plus les mentalités et se dire qu'on peut être une femme en étant une boxeuse. Avant d'en arriver là, et parce que ce sont les questions un peu traditionnelles de Parole de Femme, si tu étais, Marine, une couleur, Un moment de la journée et une émotion, lesquels serais-tu ?
- Speaker #1
Tout de suite, quand tu m'as dit couleur, j'ai pensé au rouge. Alors, c'est parce que c'est une couleur qui m'a toujours attirée, mais c'est quand même une couleur vive, énergétique, qui peut être un trait de ma personnalité, mais à certains moments, avec le temps, le temps,
- Speaker #0
justement grâce à la boxe j'ai réussi à m'épanouir et à trouver ce calme aussi que je n'avais pas il y a quelques années c'est super intéressant ce que tu dis que la boxe au contraire on pourrait penser que c'est de l'ultra-violence En fait, pas du tout, ça calme.
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Pour moi, c'est carrément une thérapie. Ça permet de soigner beaucoup de gens dans plusieurs situations différentes. Et c'est pour ça aujourd'hui que j'ai monté mon business et que j'enseigne la boxe au niveau débutant jusqu'à confirmé. Parce que pour moi, c'est un vrai outil de thérapie.
- Speaker #0
On y reviendra. Ça veut dire que tu as aussi dû avoir des choses à soigner.
- Speaker #1
Ah bah carrément. Je pense qu'on a tous à soigner.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
À différents degrés, mais on a tous quelque chose en nous à aller explorer.
- Speaker #0
Un moment de la journée qui te ressemble, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Un moment qui me ressemble... Là tout de suite, j'irais...
- Speaker #0
C'est plutôt du matin, plutôt...
- Speaker #1
Alors...
- Speaker #0
Tu te sens plus alignée que toi-même.
- Speaker #1
Alignée, on va dire que le matin, je suis calme, je ne me réveille pas forcément super tôt, entre 7h30, 8h30. J'aime bien prendre mon temps, prendre mon petit déj, tout ça. Mais après, le moment où je suis plus... Plus productive, c'est le soir. Quand je dois travailler, étudier ou écrire des choses ou commencer à penser à des projets, je vais plutôt être productive le soir.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est là où c'est mon moment.
- Speaker #0
C'est ton pic d'énergie.
- Speaker #1
C'est ça. Je ne sais pas si c'est dû au combat, parce que moi, je combats souvent à 22 heures. Pourquoi le combat tard ? C'est les galas, c'est un événement, un show et que les gens viennent voir un samedi soir. Et souvent, maintenant que je suis main event, je combats souvent en fin de soirée.
- Speaker #0
22h et 23h. Quand tu dis que tu es une tête d'affiche.
- Speaker #1
Oui, voilà. Je ne l'ai pas toujours été, mais là, sur le moment de ma carrière, vu que je fais souvent des titres, je suis souvent en tête d'affiche.
- Speaker #0
Donc du coup, c'est toi le... C'est un peu le clou du spectacle.
- Speaker #1
Oui, voilà. Mais après, même quand je commençais ma carrière, je combattais vers 21h. Ah oui,
- Speaker #0
c'est tard quand même.
- Speaker #1
Donc, toujours été...
- Speaker #0
Oui, il faut arriver à garder ton énergie suffisante pour que le pic arrive au moment du combat. Après, tu as l'adrénaline.
- Speaker #1
c'est pour ça ça aussi ça s'entraîne et souvent j'ai commencé à faire mes entraînements et mes sparrings, c'est des simulations de combat au même horaire pour que mon corps s'habitue à être à son pic de performance concentré aussi tard c'est marrant ce que tu dis on ne s'imagine pas en réalité que quand on pense entraînement,
- Speaker #0
on pense entraînement du mouvement entraînement du corps, musculation tu vois Mais effectivement, on ne pense pas qu'en fait, l'entraînement, il est aussi dans le timing. Il est aussi à habituer son corps, à gérer son énergie. Et c'est presque la moitié du...
- Speaker #1
Il y a plein d'outils de performance qui sont à prendre en compte lors d'une préparation. Voilà, tu as la préparation mentale qui est super importante. Mais aussi, tu as l'alimentation qui est un vrai outil de performance parce que tout ce que tu mets dans ton corps, ça te donne de l'énergie.
- Speaker #0
pour pour performer donc il ya plein de d'aspects à ne pas négliger et finalement on se rend compte aussi quand la très peu en commençant mais on va s'en rendre compte plus tard c'est que C'est pas juste être sportif de haut niveau, ça demande finalement des compétences presque biologiques, de sciences naturelles, de comprendre comment fonctionne son corps, du métabolisme, en fait c'est pas juste... juste je prends des gants et je tape. C'est tout un long process, c'est vraiment une compréhension de tous les mécanismes de son corps.
- Speaker #1
C'est hyper complet.
- Speaker #0
Tu penses que c'est pour tous les sports comme ça ? de haut niveau ? Ah oui,
- Speaker #1
moi je pense vraiment que c'est dans tous les sports et aussi ça nous apprend à nous connaître parce que on pense souvent qu'il y a une façon de faire alors qu'en fait on réagit tous différemment aux façons de s'entraîner. Moi par exemple dans la boxe quand j'ai commencé, j'ai commencé aux Etats-Unis, c'était dans une ambiance super chill avec de la musique, j'ai tout de suite adoré et en fait quand j'ai eu la transition en France deux ans après que je suis rentrée en France. j'allais dans des salles de boxe où vraiment c'était très silencieux comme s'il y avait une sorte de pression interne et j'ai pas vraiment adhéré j'étais là mais j'ai besoin moi de ce côté pas festif mais où on s'amuse on s'amuse mais tout dans dans la performance Et je pense qu'on peut allier les deux, mais après, il y a des blocages qu'il y avait, je pense, où on n'est pas habitué à ça en France. Et c'est vrai qu'au début, ça m'avait fait bizarre.
- Speaker #0
Oui, tu me disais que tu vas partir au Mexique pour un entraînement, pour un gros combat. C'est aussi ce côté très festif que tu retrouves au Mexique ?
- Speaker #1
Alors oui, alors eux, ils peuvent avoir la musique, tout ça, mais après, c'est des bosseurs. Et là-bas, la boxe, c'est une religion. Et j'y vais pour ce côté un peu de voir. une autre culture dans la boxe parce que chaque pays à sa façon de s'entraîner à ses techniques de combat et le mexique moi j'étais déjà allé il ya deux ans faire un corps d'entraînement et savait ça m'avait plu donc là je me suis dit c'est le moment d'y retourner et aussi là où j'atterrisse et en altérance on est à 2300 m à Mexico Ciudad et après dans le camp où je vais souvent là on est presque à 4000 m donc c'est vrai que tu reviens en France tu as le taux de globules rouges qui explose c'est du dopage naturel.
- Speaker #0
Ça aussi, ça fait partie de la réflexion. Tout rendre vraiment compte dans l'ultra-performance.
- Speaker #1
Ah oui, c'est sûr.
- Speaker #0
On revient au début, d'accord ?
- Speaker #1
Il me manquait une question que je n'ai pas répondue. Je crois que c'était l'émotion.
- Speaker #0
Tiens, l'émotion qui te ressemble.
- Speaker #1
C'est quand même l'émotion qui me ressemble. J'aurais dit l'optimisme, la joie. On me dit souvent que j'ai ce côté un peu jovial, donc je pense que c'est ce qui me ressemble le plus.
- Speaker #0
Est-ce que c'est ce que tu ressens au fond de toi ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Bon, alors on part sur la joie.
- Speaker #1
Mais il faut souvent écouter ce que les autres disent de nous, parce que des fois on ne se perçoit pas forcément comme ce qu'on rejette. Donc c'est pour ça que je me base plus sur ce que les gens disent par rapport à ça.
- Speaker #0
Et ça c'est en adéquation donc ça va.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
On va revenir au début et à la petite Marine. Parce qu'avant d'être une championne, tu as été une petite fille.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis avant d'être à la boxe, tu as aussi performé dans un autre sport.
- Speaker #1
Oui, tu es bien enseignée dis donc.
- Speaker #0
J'essaie, sans trop non plus, mais en tout cas, j'ai vu qu'effectivement tu avais d'abord performé dans l'athlétisme.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est quoi l'environnement de cette petite marine qui va aller comme ça ? parce qu'on peut tous faire du sport et puis tu as ceux qui choisissent de devenir des champions tu es d'accord que il y a un état d'esprit quand même au départ carrément tu as raison que ça se voit dès l'enfance c'est vrai que j'avais ces capacités en sport à vraiment être
- Speaker #1
à l'aise et j'ai tous mes des profs de l'époque, quand j'avais 7 ans, qui disaient oui elle doit faire dans le sport, elle doit faire dans le sport, les crosses, tout ça, j'étais vraiment connue pour avoir ses capacités physiques et cet esprit de compétition dès toute petite. Et je pense aussi, c'est la famille, l'environnement qui fait que moi, ils m'ont toujours mis dans le sport mes parents. Ça a vraiment nourri ce côté.
- Speaker #0
Mais ils étaient sportifs eux-mêmes, tes parents ?
- Speaker #1
Oui, ils étaient sportifs dans leur jeunesse, mais après, ils n'ont jamais fait un sport en continuité. Ils bougent chez des chefs d'entreprise. Donc, bon, ils ont ce côté-là, mais ils n'ont jamais performé dans un sport.
- Speaker #0
OK. Donc, ça leur vient comme ça. Ils voient que... Et toi, tu aimes ?
- Speaker #1
Oui, après, avec mon frère, ils nous ont toujours mis dans le sport, mais c'est vrai que lui, il a été moins attiré par le côté compétition que moi. Et toi,
- Speaker #0
c'est ton... Ça vient à l'intérieur de toi, tu as envie d'aller à la compétition. Oui,
- Speaker #1
c'est ça, j'ai toujours aimé être sous pression et me confronter et vouloir faire mieux.
- Speaker #0
Et alors au départ, tu as choisi l'athlétisme. Et pourquoi ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas moi qui ai choisi. choisis, c'est ma mère, parce que moi, j'aurais voulu déjà faire un sport de contact, du rugby, j'étais un peu garçon manqué quand j'étais plus jeune, et ils se sont dit oula, non, on va la mettre à l'athlétisme, comme ça, ça va lui donner une base pour tout. Donc j'en ai fait jusqu'à 17 ans, et après, à 18 ans, bam, j'ai switché, et je leur ai dit, maintenant, je veux faire la bagarre. Et ils n'avaient plus le choix, donc je faisais ce que je voulais.
- Speaker #0
Mais en athlétisme, tu vas déjà chercher les titres ?
- Speaker #1
J'avais 16 ans, j'étais qualifiée en championnat d'Europe au saut à la perche. J'ai fait des performances, j'ai fait pas mal de records. Je faisais du déplatelon au début, donc c'est sûr que j'avais une bonne petite carrière. Mais sur la fin, je ne sais pas, j'allais aux compétitions et je me disais « bon, je m'entraîne autant de fois pour sauter par-dessus une barre » . Et c'est vrai qu'après, j'avais ce côté-là où même le public, le seul truc qu'ils pouvaient faire pour m'encourager, c'est taper dans les mains pour les fouler. Et je ne sais pas, un matin, je me suis réveillée et je me suis dit non, je ne peux plus. Après une blessure, je ne suis jamais revenue et pendant deux ans, j'ai carrément tout arrêté jusqu'au moment où, quand j'ai fini ma licence de management, j'ai dit je pars aux Etats-Unis pour devenir championne de sport de combat.
- Speaker #0
Mais ça, ça arrive quand même. Il y a bien un moment quand même où il y a quelque chose qui se passe.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est mon frère qui, lui, avait fait des sports de combat depuis plusieurs années, mais sans compétition, qui était très fort là-dedans, qui m'avait toujours dit « je te verrai bien là-dedans » . Sauf que moi, j'avais cette idée… main, je vais me casser le nez. Je ne me voyais pas trop là-dedans. Le combat ne m'avait jamais forcément attiré. Et au final, quand je suis partie aux Etats-Unis, je me suis lancée ce défi avec mon frère, je vais être championne de l'EMA. Et du coup, on a... On a gardé ce truc en tête et je lui écrivais. Je lui envoyais des vidéos. Lui connaissait beaucoup plus que moi. Donc, il essayait de me guider sur des techniques de combat. Et au final, je me suis lancée comme ça, on va dire, par rapport à mon frère.
- Speaker #0
Presque en défi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux rappeler ce qu'est l'UEMA ?
- Speaker #1
L'UEMA ? Alors, c'est tous les sports de combat qui sont mélangés. Donc, c'est dans une cage. Et il y a le grappling au sol, le jiu-jitsu, le kickboxing. En fait, c'est tous les sports qu'on va mélanger.
- Speaker #0
Et il n'y a quasiment aucune règle.
- Speaker #1
On a tous les coups. Oui, presque tous les coups sont permis, c'est ça. Et moi, la boxe anglaise que j'ai choisie plus tard, c'est vraiment que les points. Donc, c'est qu'une partie du MMA.
- Speaker #0
Mais on dit quand même que le MMA, et on va revenir là-dessus, parce que c'est ce qui est quand même finalement assez fou comme tu en parles. En fait, on a l'impression que c'est comme une continuité. Tu dirais, moi, je suis allée me faire faire les ongles. Moi, j'ai choisi d'être championne. C'est vrai que ça paraît fou,
- Speaker #1
mais j'ai toujours été comme ça. Je me suis lancée sur cet objectif et les dix dernières années, ma vie a été rythmée autour de ça. Je m'étais mis en tête ce but.
- Speaker #0
Pourquoi les Etats-Unis ?
- Speaker #1
Pourquoi les Etats-Unis ? Alors déjà, je voulais être bilingue, je voulais parler anglais. Et en fait, j'avais une opportunité de partir là-bas, avoir un visa et de filer au père. J'avais signé ça pendant un an. Et au final, je me suis super bien entendue avec la famille, j'ai eu au moins six combats la première année, donc on a décidé de prolonger et je suis restée en tout deux ans là-bas.
- Speaker #0
Quand tu arrives aux Etats-Unis, tu n'as jamais combattu ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Tu n'as jamais fait de sport de combat ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
D'accord. Et tu ne parles pas anglais ?
- Speaker #1
Non, c'est vrai. En tout cas, pas fait. Ça paraît fou.
- Speaker #0
Ça paraît incroyable. Quand je repense.
- Speaker #1
Mais pour moi, c'était normal. J'étais persuadée.
- Speaker #0
T'étais persuadée que t'allais y arriver. Ouais. Comment tu fais ? Tu vas voir qui en premier ? Je te parle pas de ta famille d'accueil, mais par exemple, pour te dire... Enfin, il faut bien décrocher son premier combat. Eh bien,
- Speaker #1
voilà. Qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, là-bas, j'étais dans une ville qui était assez excentrée de New York. C'était un peu au nord de New York. et Scarsdale ça s'appelait une petite ville mais assez huppée et il n'y avait qu'un seul club dans cette ville qui faisait en fait justement tous les sports de combat mais spécialement du Muay Thai et du kick et du coup je vais dans cette salle et je m'entraîne voilà au bout d'un mois et je dis déjà que je veux devenir championne du monde bon c'est vrai qu'au début on me regarde un peu en plus j'ai retrouvé là il n'y a pas longtemps des vidéos de moi en train de taper le sac mais c'était marrant je me disais mais J'étais persuadée. Je me disais que c'était horrible. Mon premier entraînement, je l'ai pris en vidéo. J'avais acheté une GoPro qui me suivait de partout. Là, j'ai tous les archives de toute ma carrière depuis 10 ans. C'est énorme. Je rigole. Je me suis dit que j'étais persuadée. J'étais là, je me filmais. J'étais persuadée que j'étais super forte. C'était horrible. Au bout de deux mois d'entraînement, j'ai fait du Jiu-Jitsu à la base. Et après, au bout de deux mois, je fais du kick. Et là, je fais un mois ou deux de kick. En gros, j'ai quatre mois d'expérience en tout dans les sports de combat. Et je dis au boss de la salle là-bas, je veux faire un combat. Il m'appelait Frenchie. Il m'a dit, Frenchie, il faut au moins que tu attendes un an parce qu'il faut que tu fasses de l'expert. Je lui ai dit, mais moi, tu ne comprends pas, je n'ai pas le temps. Mon visa, il s'arrête dans un an. Donc là, tu me dis, dans un an, ça fait déjà quatre mois que je suis là. Moi, il ne me reste plus beaucoup de mois et je ne peux pas attendre. Et je le saoulais tellement tous les jours, un combat, un combat, qu'au bout d'un mois, il m'a dit, c'est bon, je t'en ai trouvé un, mais tu ne viendras pas pleurer parce qu'elle fait 1m90, la fille. Elle a plein d'expérience, c'est la seule que j'ai pu trouver. Et bien voilà, tu te casseras les dents. Moi, j'étais là à fond et tout. Et le premier combat, figure-toi qu'il se fait dans une église, dans l'annexe d'une église là-bas aux États-Unis. Et du coup, c'était assez marrant. J'ai mon host dad, le père d'accueil qui vient avec tous ses... potes et tout. Ouais, ils m'avaient pris tous les tickets de devance. En plus, déjà, à l'époque, c'était cher les tickets. Ils avaient payé 50 dollars, je crois, pour venir. Bon, bref, ils mettent l'ambiance de ouf. Finalement, je monte sur le ring et en 30 secondes, je l'avais KO. Non. Ouais, j'ai les vidéos aussi. Ça pourrait être fou, mais... Mais ce que je fais, c'est que je lui mets peut-être dans les 30 secondes un kick, mais je finis au point. Donc, vraiment, mes points, c'était ma force. Et du coup, le combat s'arrête. Et le combat, en fait, tu sais pourquoi je l'ai en vidéo ? Parce que pareil, les combats, je prenais ma petite GoPro, je la mettais au coin du rig pour avoir tous les souvenirs. Excellent. Donc du coup, on voit la vidéo, je l'ai encore.
- Speaker #0
C'est quoi le sentiment qui arrive chez toi à ce moment-là ? D'abord avant de monter sur le ligne, et quand tu te rends compte qu'en fait là tu viens de gagner ton premier combat alors que personne n'y croyait. C'était plus une leçon qu'il allait te donner en fait.
- Speaker #1
Oui voilà, c'est ça. Bah écoute, quand j'étais en lévesseur et que je l'ai vu la fille grande comme ça, je me suis dit oh là là, dans quoi je me suis embarquée. Mais au fond de moi, j'avais tellement l'ego un peu, je me disais non, il a gagné. J'étais un peu sauvage au début de ma carrière où vraiment je me disais quand moi j'avais quelque chose de beaucoup plus fort même si j'avais pas l'expérience. Et c'est ça qui m'a fait gagner, parce que niveau expérience, niveau technique, j'étais pas super... Non, pas du tout même. J'étais pas bonne, mais j'avais ce feu en moi de combattante. Oui,
- Speaker #0
vraiment, on sent que c'est inné. Il y a un truc comme ça.
- Speaker #1
Tu n'avais pas peur ? Peur, on ressent tout le temps cette adrénaline de peur de mal faire, de se ridiculiser. Mais une fois qu'on est dedans, de toute façon, je me dis, tu as mis un pied dedans, c'est soit elle, soit toi. Il va falloir faire la différence. Donc je monte dans ce ring, je fais ça et après coup, quand même je suis soulagée et là je vois quand même le regard de tout le monde qui change. Ils se disent, ah ouais, quand même elle l'a fait. Là ils sont choqués un petit peu. Et je rentre à l'entraînement et là je lui resoule, retrouve-moi un combat. Et là c'est un peu plus facile. Donc un mois après, il m'en retrouve un contre une fille vraiment plus expérimentée. Là elle faisait ma taille et c'est vrai que ça se voyait qu'elle boxait mieux. Et là finalement je la mets KO, mais au troisième round. Et là, il commence à se dire, ah ouais, quand même. Donc, j'ai un ami qui était boxeur pro à l'époque, qui a son père qui est entraîneur et qui me dit, viens tenter un peu de boxe, je vois que tu utilises que tes poings, ça serait peut-être intéressant que tu te mettes à la boxe anglaise. Donc, je vais à la salle et là, il me dit, tu fais quel poids ? Je lui dis, je fais 70 kilos à l'époque. Il me dit, écoute, j'ai grossi un petit peu, je fais 73. Il me dit, il y a un combat dans deux semaines, par exemple. 2-3 semaines, il y a un tournoi il y en a plein qui arrivent, si tu veux on se prépare pour ça donc il faut que tu perdes le poids donc là sa première expérience à devoir perdre le poids et oh la la j'ai goûté à ça, c'était wow du coup en 2-3 semaines on se lance ce défi et là je fais le premier tournoi, je le gagne après, alors aucune technique vraiment au coeur quoi comme il disait,
- Speaker #0
j'avais le coeur c'est assez incroyable quand même et après pareil,
- Speaker #1
deuxième tournoi je le gagne aussi Merci. Et le troisième, là je fais les Golden Gloves et j'arrive en demi-finale. Donc c'est quand même un tournoi super connu là-bas aux États-Unis. Et malheureusement cette fois je ne gagne pas le tournoi. Et après je refais un dernier tournoi à Miami que je gagne encore. Et je me retrouve en moins d'un an et demi de boxe à avoir trois ceintures en amateur. Et là...
- Speaker #0
Et là, les choses sérieuses commencent.
- Speaker #1
Bah ouais, après, au bout de mes deux ans que je finis, je me dis, bon, je vais retourner en France. Mon visa, de toute façon, s'arrêtait et je voulais passer pro, moi. Mais après, je me suis dit, bon, pourquoi pas tenter un peu. une expérience en équipe de France. Donc je rentre en France et comme but de faire partie de l'équipe. Et là j'avoue qu'au bout de deux ans, je n'ai pas assez de technique encore pour perdre. permettre d'avoir une place parce qu'il cherchait quand même des filles affûtées. Donc quand même, je vais dans les stages. Mais je me rends compte aussi que ce n'est pas forcément pour moi l'ambiance. Être qu'avec des filles, j'avais ma liberté à New York. Là, on doit partager un peu sa chambre à chaque fois avec quelqu'un. Tu ne gagnes pas beaucoup d'argent et je me rends vite compte que ce n'est pas trop pour moi. Donc au bout de quelques mois, je décide de trouver un boulot. Et là, je travaille en tant que commerciale. comme...
- Speaker #0
quelques fois je vais en stage en équipe de France mais voilà voilà un peu le parcours quand tu dis à ta maman et à tes amis autour de toi bah écoute maman en fait tu vois la telle que tu me vois je vais être championne de MMA et puis j'ai commencé mes combats J'ai une fille,
- Speaker #1
je me dis « oh wow ! » Tu fais bien me poser cette question, parce qu'ils ont dit « mais c'est quoi encore cette idée folle qu'elle a ? »
- Speaker #0
Parce qu'en fait, elle a un peu ce côté de tête brûlée, parce que j'ai l'impression que rien ne l'est.
- Speaker #1
Oui, au début, ça les a étonnés, mais surtout ça les a énervés. Parce que déjà, quand je commence là-bas, après ils suivaient un peu le truc de loin, ça les fait rire, mais ils se disent peut-être que c'est une lubie passagère. Et en fait, je rentre en France. et là je continue sur ce truc là ils se sont dit bon et là ils me voient faire les régimes, m'entraîner faire que ça mes parents qui sont dans le business ils me disent non mais tu peux pas avoir une vraie vie pourquoi tu prends une vie bizarre ouais parce que pour eux c'est
- Speaker #0
Comme on entend les vies d'artistes en disant « mais ils ont raison, c'est un très vrai travail, toi c'est la même chose » .
- Speaker #1
C'est ça, mais ils ont raison à cette époque-là. Je me dis quand je retourne, j'ai une vision en arrière, je me dis mais c'était carrément incertain le truc. Il n'y avait que moi dans ma tête qui avait cette vision et mon frère qui m'a toujours soutenue. Mais c'est vrai, tu ne gagnes pas d'argent, c'est compliqué cette vie. Mais je ne sais pas, j'avais cette vision. Je peux te dire que c'est vrai que pendant 2-3 ans, j'ai galéré financièrement. Des fois, tu as des doutes. Après, tu dois même... moi aussi, t'es tributaire des combats des fois si t'as pas d'opportunité tu t'entraînes pour rien mais bon c'est vrai qu'avec du recul je me dis bon j'ai pas lâché et heureusement parce que maintenant j'en suis là mais c'est pas facile, plusieurs fois je voulais tout arrêter c'est bien que tu le dises aussi parce qu'on a un peu l'impression que tu racontes ton truc comme un film je te raconte que de façon positive parce que je suis vraiment comme ça mais si Tu t'aurais vécu vraiment en interne avec moi, oh non, mais j'ai voulu arrêter dix fois au moins.
- Speaker #0
Est-ce que tu étais prise au sérieux ?
- Speaker #1
Ben non, justement.
- Speaker #0
Et pourquoi, à ton avis ?
- Speaker #1
Ben, je pense aussi, quand tu ne prouves rien pour l'instant, mais c'est surtout aussi que j'avais ce côté où je voulais toujours un peu m'amuser, danser, tout ça, et les gens ne se disaient pas, non mais le rêve, elle n'est pas sérieuse. Alors qu'au final... Ouais c'était un peu ce côté de moi, un échappatoire où j'aime bien rigoler et j'ai besoin de kiffer le moment parce que si je suis tout le temps sous pression, bah non ça me plaît plus quoi. Et même en rentrant dans les combats, moi j'aime bien danser, faire un petit show et tout, on m'a dit non mais ça te déconcentre, mais non, ça me justement, moi ça me met bien, ça me fait relâcher la pression de faire ce petit côté comique et motiver le public quoi.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas ça le plus compliqué ? Comment tu as réussi finalement à rester toi-même ? Qui te disait non, mais il ne faut pas faire ça ? C'était quoi tes coachs ?
- Speaker #1
Tout le monde.
- Speaker #0
Et comment tu fais alors pour rester toi-même à ce moment-là ?
- Speaker #1
Écoute, c'est vrai que des fois, tu entends les critiques. Après, peut-être que c'est vrai qu'il y a des moments de ma carrière où je me fais... Je ne me connaissais pas encore, donc je ne me poussais pas assez. Donc il fallait avoir ce moment sérieux quelques fois. Mais après, c'est ça aussi qui a fait ma force et mon côté différent. C'est le fait, ce côté danse, ça a énervé beaucoup de mes coachs. Non, mais tu n'auras pas marre de danser, ou même tout le monde, tout le monde autour de moi. Et maintenant, je suis un peu, on va dire, connue dans le sport de combat pour ça, avoir ce côté danse et boxe.
- Speaker #0
C'est super chouette. c'est aussi mettre un peu de ta personnalité là-dedans.
- Speaker #1
Et surtout, ce qu'ils ne comprenaient pas, les gens, ce n'était pas juste un hobby, c'est que vraiment de boxer sur la musique, par exemple, et de comparer la danse et la boxe, c'est vraiment similaire, parce que tu as de la coordination. Après, la finalité n'est pas la même, mais les deux sports sont quand même très liés, sur la gestion du corps.
- Speaker #0
C'était un peu comme la capoeira, c'était un peu le même principe que cette danse un peu combative, ou pas du tout ? C'est un peu ça que tu dis, c'est que finalement il y a cette similitude-là, ou c'est quand même la capoeira, ça reste un peu du spectacle, c'est pas vraiment un combat ?
- Speaker #1
Figure-toi que justement, j'ai eu, là je vais lancer des cours de capoeira à partir de la rentrée dans ma salle, et j'ai eu un prof qui est venu et qui nous a vraiment fait une initiation et expliqué. Et c'est vrai que moi aussi je le prenais comme du spectacle, mais au final, il m'a expliqué que ça venait... Si tu remontes à l'histoire comment c'est né la capoeira, c'était à l'époque quand il y avait encore l'esclavagisme là-bas au Brésil, et bien tu avais les esclaves qui se cachaient pour pratiquer les sports de combat. Et au final, quand leur maître... Les maîtres qui arrivaient, ils faisaient semblant qu'ils dansaient, parce qu'ils n'avaient pas le droit de s'entraîner pour les sports de combat, parce qu'eux, c'était pour pouvoir se défendre. Donc en fait, dès qu'ils arrivaient, ils mettaient de la musique exprès pour broyer les pistes, et dès qu'ils arrivaient, ils transformaient leurs mouvements de combat en danse. Et en fait, c'est de ça qu'est né, mais apparemment, ils me disaient que c'était des vrais combats. Même quand ils jouent au milieu, ça s'appelle jouer dans le cercle, et bien là aussi, tu peux prendre des vrais coups. En fait, tu es là, tu dois expliquer. Et c'est là que ça m'a montré cette approche. Et même en boxe, de faire ça un petit peu, moi je m'entraîne souvent sur de la musique, quand tu as le côté vraiment boxe, performance, pour avoir de la boxe anglaise. dans le ring, tu peux utiliser la musique pour te donner de la rythmique. Des fois, tu accélères, des fois tu ralentis, tu te calmes sur le rythme. Après, ce que je fais aussi pour les débutants, la boxe sur de la musique, c'est là pour apprendre les mouvements. Tu sais, comme quand tu es en body combat, tu te mets devant un miroir et tu répètes ce que fait le prof. Là, c'est aussi bien pour pouvoir développer son côté. Coordination quoi.
- Speaker #0
On va revenir à toi. C'est dur de parler de toi. Tout à l'heure, tu disais qu'on a tous quelque chose à soigner. Tu viens à la boxe pas pour rien. Tu dis aussi qu'au début, plus jeune, tu étais assez fougueuse, si je comprends bien. Je voulais quoi ? Fallait que ça aille très très vite, tu faisais un peu qu'à ta tête.
- Speaker #1
C'est toujours le cas, je pense. Mais plus raisonnablement.
- Speaker #0
Tu as bien vu ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça t'apporte quoi la boxe à ce moment-là, pour de vrai ? C'est quoi que tu vas aller expier toi dans la boxe ?
- Speaker #1
Je pense aussi une... Une validation un petit peu, une reconnaissance des gens qui se disent, c'est vrai que souvent on ne m'a jamais pris au sérieux, et que là je vois le regard des gens depuis que j'ai fait cette carrière qui se disent, ah ouais j'ai souvent des gens qui m'écrivent, qui me disent, ah ouais tu l'as vraiment fait quoi, c'est pas qu'ils ne croyaient pas en moi. moi mais je disais ouais c'est marrant tout ça mais l'as de se dire souvent dit ah ouais tu as percé bon moi je pense pas que j'ai percé mais j'ai juste été au bout de de mon petit challenge ouais que je m'étais lancé et ça a choqué pas mal de gens parce qu'ils ne pensaient pas que j'allais arriver aussi loin.
- Speaker #0
C'était ça le moteur ? C'était de montrer qu'en fait, tu avais de la valeur ?
- Speaker #1
Je pense, oui. Tu sais, souvent, des injustices ou des gens qui se comportent mal, tout ça, et que tu n'oses pas dire, je pense que ça aussi, ça te donne un peu d'énergie ou de confiance en toi qui permet de te dire non. Tu sais que j'ai vu aussi les gens changer par rapport à mon égard. Je pense que physiquement, je me suis musclée un petit peu plus. Mais on ne traite pas du tout pareil depuis que je fais de la boxe. On me dit souvent que j'ai dégagé un truc de confiance en toi. Ou tu sais que, putain, il ne faut pas l'emmerder celle-là.
- Speaker #0
Ça aussi, c'était important.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Je pense, oui.
- Speaker #0
T'es embêtée, plus petite ?
- Speaker #1
Embêtée, c'est un grand mot. Mais tu vois, on ne se comportait pas. Pareil, dans n'importe quelle situation, on ne se rendait pas compte. Quand tu es enfant, tu as beaucoup de gens qui sont un peu méchants, mais tu as aussi le côté des injustices qui sont faites aux autres, que tu vois et que tu n'oses pas forcément réagir, plein de choses comme ça. Dans la rue, je me faisais souvent draguer par des hommes, et là, je vois, je marche, il n'y a plus personne qui m'embête. Non mais c'est vrai, après peut-être que c'était la naïveté, t'es plus jeune, je sais pas. Mais moi je pense vraiment que la boxe ça développe quelque chose qui te donne de la sécurité.
- Speaker #0
Ouais en fait ce que tu parles de sécurité intérieure, en fait c'est ce que tu dégages. C'est pas ton corps ou pas ton corps, c'est en fait tu te sens sûr à l'intérieur de toi. T'as l'impression que ça t'a donné cette légitimité ?
- Speaker #1
Ah oui, carrément. Justement, la dernière fois, j'avais un podcast juste après mon combat avec... Une fille qui fait toutes les combattantes dans tous les sports de combat, elle me disait « alors, ça fait quoi d'être championne d'Europe ? » Je lui dis « ah, je me sens enfin légitime ! » Elle me dit « comment ça ? » Elle me dit « ça fait déjà des années qu'on te suit dans la boxe, tout le monde sait que t'es une bonne boxeuse. » Je lui dis « oui, j'étais une bonne boxeuse, mais souvent j'allais quelque part « ah, t'es championne de quoi ? » « Je suis championne de rien ! » Et c'est vrai que ce titre... je sais pas c'est vrai que c'est juste un bout de caoutchouc mais tu te dis c'est quelque chose que t'es allé jusqu'au bout t'as fait les sacrifices t'as trouvé les solutions pour y arriver et pour t'en sortir vainqueur donc c'est vraiment un combat contre toi même aussi de trouver les bonnes choses à faire donc ouais je me suis sentie apaisée je te jure c'est pas pareil tu as ta place dans le milieu c'est ça en fait tu as gagné Tu as gagné le droit d'être parmi les meilleurs pour toi. Et en fait c'est vrai que cette ceinture, je me disais, quand je l'ai c'est bon, j'arrête ma carrière, je peux mourir tranquille, ça y est. Et elle m'a fait passer dans le top 10 mondial. Donc au final, je pensais... ne plus avoir forcément beaucoup d'opportunités. Et là, dès que je l'ai eu, quelques mois après, on m'a proposé plusieurs choses. Bon, malheureusement, le combat s'est annulé quelques semaines avant parce qu'il y avait eu une blessure dans l'une des filles qui combattait avec nous. Et du coup, je ne m'attendais pas à avoir autant de possibilités. Donc là, potentiellement, je vais avoir des combats. On ne sait pas encore, j'ai rien signé, mais...
- Speaker #0
Ça te fait tout le temps autant envie de combattre ?
- Speaker #1
Bah non. Pas spécialement, c'est vrai que j'ai envie d'autres choses, j'ai envie de développer mon business, mais c'est vrai que quand il y a le challenge qui revient à moi, et maintenant que c'est enfin ce que j'ai toujours rêvé, c'est des combats télévisés, on gagne des bonnes bourses, on a ce côté challenge, on combat pour une ceinture du monde, et à la base, je voulais être championne du monde, pas championne d'Europe. Donc c'est vrai que...
- Speaker #0
Tu ne peux pas ne pas y aller.
- Speaker #1
Voilà, et en plus, avec le temps, j'ai réussi à construire une équipe autour de moi, ça c'est super important, parce que... Bye ! Ça aussi, c'est un des facteurs de réussite, je pense, de tout athlète. C'est avoir la bonne team autour de soi qui te comprenne, qui t'épaule, mais qui soit aussi compétent. Et pour moi, la carrière d'un sportif, c'est une mini-entreprise. C'est-à-dire qu'on choisit nos associés avec qui on veut bosser. Moi, toute ma team, il n'y en a aucun qui se connaissait. J'en ai cinq avec moi. Et en fait, il y a le coach de boxe, le préparateur physique, le coach mental. le nutritionniste, tout ça. Et en fait, chacun joue son rôle dans la team et apporte quelque chose de bon. Ils communiquent aussi entre eux. Et au final, notre finalité, c'est de performer... Tous ensemble, au final. Oui, tous ensemble. Et ça, c'est un beau projet. Et c'est vrai que ça aussi, ça me pousse. Et des fois, d'avoir cette synergie entre nous et d'avoir cet esprit, c'est ça qui me donne encore plus envie de réussir.
- Speaker #0
Parce que tu te bats pour tout le monde. Tu ne te bats pas que pour toi. Tu te bats pour ta famille aussi.
- Speaker #1
Et le public aussi joue un rôle de ouf. Le dernier combat que j'ai eu, le public en Ardèche a été en folie. Et ça m'a donné une force, on ne se rend pas compte. Mais quand quelqu'un, t'as les boum, Et Marine, Marine. Ça donne trop envie de se surpasser.
- Speaker #0
On sent que tu vis vraiment pour l'adrénaline. Ah oui ? Oui. Ah, carrément. Oui. T'es en veste de moi. Tu pars demain pour le Mexique, et je vois une jeune femme ultra féminine.
- Speaker #1
Ah ouais ? C'est quoi pour toi la féminité ?
- Speaker #0
Eh bien, dans ce que je vois.
- Speaker #1
Je te dis ça parce que c'est vrai que c'est relatif, par exemple, dans ce que tu vois.
- Speaker #0
Dans ce que je vois, ce qui me frappe... C'est une femme qui boxe avec ses poings et qui a les ongles faits.
- Speaker #1
C'est fou ! Et ça,
- Speaker #0
c'est la première chose que j'ai remarquée. Sinon, le reste féminin, effectivement, je suis d'accord. C'est très très propre à chacun. Mais dans ma tête, une boxeuse, comme elle... combat avec ses points profonds, elle n'a pas des capsules sur les ongles.
- Speaker #1
Ah non, ce n'est pas des capsules. Les ongles,
- Speaker #0
tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
C'est vrai que souvent on me dit ça, alors que maintenant la plupart des boxeuses, on a ce côté, on aime prendre soin de... de nous. Et au final, dans les gants, ça me gêne. Alors quand j'ai un combat, c'est vrai qu'ils sont beaucoup plus courts, mais là, ça ne me gêne pas forcément dans les gants parce qu'en fait, je sais aussi boxer les mains légèrement ouvertes pour ne pas appuyer les coudes. Tu vois, tu as plein d'exercices à faire. faire et ça gêne pas forcément et c'est vrai que ça c'est souvent ça on dit à les ongles et boxe ça va pas ensemble alors que pas du tout mais en fait c'est plutôt chouette c'était ça c'était là où je voulais en venir c'est que finalement
- Speaker #0
Finalement, ça veut dire qu'aujourd'hui, tu peux avoir ta propre personnalité dans ta féminité et pour autant être prise au sérieux en tant que boxeuse. Peut-être qu'il y a de ça 20 ans ou 30 ans. Tu n'aurais pas pu venir, alors il n'y avait pas de faux ongles, mais en tout cas avec du vernis à ongles. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai.
- Speaker #0
Est-ce qu'il fallait ressembler à un garçon ? Est-ce qu'il fallait être comme un garçon, se mettre comme un garçon aujourd'hui ? Je te regarde, je me dis... Je trouve qu'on n'a plus besoin de gommer la part de féminité qui est en nous finalement.
- Speaker #1
En fait, je ne sais pas d'où c'est venu ça d'avoir... C'est vrai que depuis 10 ans que je fais de la boxe, on m'a toujours dit ça. Ah mais tu es vachement féminine pour quelqu'un qui fait de la boxe. Ah mais tu es trop belle pour boxer. Sur le coup, je me disais qu'en fait, ils ne se rendent pas compte que la boxe n'est pas qu'un sport violent. Il faut tellement d'autres... le côté mental est super. important l'agilité la coordination il ya ce côté physique c'est vrai qu'ils rentrent en compte et le risque c'est qu'en fait Nous, à chaque erreur qu'on fait, on est puni physiquement. Donc c'est ça la différence. Mais sinon, je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas pu être féminine et faire un sport de combat. C'était peut-être à l'époque le stéréotype de ce qu'on voyait. Les filles qui performaient avaient cette façon de se vestir ou ce comportement.
- Speaker #0
On le voit aussi quand même même dans d'autres sports, parce que je pense notamment, et si tu en parles, puisque tu en faisais partie avant, à l'athlétisme, si tu regardes aujourd'hui les filles, elles ont des superbes coupes de cheveux, elles sont maquillées, elles ont des ongles, elles ont même des boucles d'oreilles pour certaines. Et avant, c'était complètement proscrit. Donc, est-ce que ce n'est pas aussi plutôt une belle ouverture sur le sport féminin ?
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
On peut être.
- Speaker #1
sportive performante femme et montrer c'est ça et aussi je pense qu'avant on se focalisait que sur la performance physique alors maintenant il faut se rendre compte que chaque sportif c'est du marketing aussi donc si on a pas ce côté produit à côté, on ne prend pas soin de nous et on n'inspire pas les gens, ça ne marchera pas.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis aussi, c'est-à-dire qu'un sportif sans argent, il ne fait pas grand-chose. Et pour avoir de l'argent, il faut des marques. Voilà.
- Speaker #1
Il faut créer une hype. En fait, il faut créer une hype autour du sportif pour qu'il donne envie d'inspirer. Et si tu as quelqu'un qui ne prend pas soin de lui, qui est là, qui ne met rien en avant, c'est un support marketing, le sportif. Au final, maintenant, c'est ça qu'il faut comprendre.
- Speaker #0
T'as eu peur pour ton physique ? Est-ce que tu as eu peur ? Effectivement, moi, c'est la première chose à laquelle je pense. Peut-être que je suis un stéréotype ambulant. Je n'ai pas la sensation, mais en tout cas, je me fais la voix de ça. D'avoir le nez cassé, d'avoir des yeux au beurre noir, d'être pleine de... Enfin, de prendre un coup.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
D'avoir une blessure.
- Speaker #1
Non, non, je n'ai jamais eu ça. Surtout au début de ma carrière, ça ne me faisait pas du tout peur. J'étais vraiment un peu une dure au mal, en mode... Ah, bah tiens ! quelques fois j'ai eu des œillets au beurre noir et je me disais ça donne un côté un peu un peu thug un peu bad girl c'est ouf mais après t'as raison qu'avec les années là j'ai commencé des fois et surtout quand tu perds le poids quand tu t'entraînes beaucoup ton corps est fatigué je me suis dit waouh c'est vrai que les risques ça et à un moment dans ma carrière c'est vrai que je prends sur un championnat d'Europe je prends un coup qui me fait tomber Donc c'est la première fois de ma vie où j'ai black out. Et en plus pour un premier round sur mon premier championnat avec titre. Donc c'est vrai que je termine le combat. C'est ça, à partir de ce combat j'ai été respectée. Parce que tout le monde s'est dit, la fille en face elle était connue pour... Personne ne voulait l'affronter, elle ne mettait que des KO. Et moi je prends ce coup au premier round et je me relève et je termine les rounds. Mais c'est vrai qu'à partir de ce moment-là je me suis dit... C'est dangereux quand même, ça fout un petit coup et on se dit ouais c'est quand même un sport dangereux et sur la fin de ma carrière, bon c'est pas encore la fin de ma carrière mais je veux dire sur les dernières années là, et bien c'est vrai que je me suis posé la question souvent mais pourquoi je fais de la boxe, pourquoi je continue ? Je commençais à sentir que ça m'avait fait du bien mais j'avais besoin de m'accomplir et d'avoir ce titre quand même, mais je me disais putain tu te rends compte que pour briller il faut que tu fasses mal à l'autre quoi. Et là, j'avais des moments de doute où je me disais, mais en fait, ce n'est pas pour moi, je n'aime pas faire du mal aux gens. Mais après, j'ai réussi un peu à me transformer l'idée dans ma tête et me dire, mais en fait, ce n'est pas forcément un combat contre l'autre, c'est un combat contre toi-même, à être la meilleure version de toi, de ne pas prendre de coups. Et en fait, j'ai évolué ma carrière où maintenant, dans le ring, ce que j'enseigne à mes élèves, c'est ne pas prendre de coups. La défense qui est le plus important. avant de vouloir en remiser un coup.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, parce que c'est vrai qu'on a cette vision de la boxe comme quelque chose d'ultra-violent, d'avoir vraiment presque une rage.
- Speaker #1
C'est une rage maîtrisée. En fait, maintenant, je dirais que ce n'est pas forcément envie de faire mal. En fait, on apprend à gérer nos émotions dans le ring. Et là, c'est vraiment performer, parce qu'en fait, c'est un jeu d'échec aussi. Quelle stratégie tu vas mettre en place par rapport au style de boxe de l'autre adversaire ? Comment tu vas te préparer ? L'analyse aussi que tu vas faire avant, le travail que tu mets en place avec ta team. Non, il y a plein de choses super intéressantes.
- Speaker #0
Il y a une chose qui me vient, parce qu'on parle quand même de femmes, on parle de femmes dans le sport, dans le sport très haut niveau. Pour la boxe, il y a quand même un caractère encore. particulier mais ça t'es arrivé par exemple d'avoir tes règles d'avoir mal au ventre de monter sur le ring c'est là pour le coup ça se passe comment alors c'est d'égal à égal parce que oui comme une femme exactement il n'y a pas de débat là dessus mais comment tu gères ça ?
- Speaker #1
justement bon ça m'est arrivé je crois une fois dans mes règles le jour du combat mais ça m'a pas forcément Trop impactée à cette époque, ça va. Mais par contre, ce qui m'impactait le plus, c'est quand j'avais les règles, ou quand tu allais avoir tes règles, proches de la pesée. Et ça, ça te fait prendre un kilo. Ça te fait gonfler, on connaît toutes ces tentations. Tu prends au moins un kilo cinq, et là tu galères. Et à chaque fois, je me disais, je calculais à l'avance. Et non, psychologiquement, ça faisait exprès de se décaler pile pour la pesée. Je me disais, mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai. Et ça, je peux te dire que c'est quelque chose qui me... qui me stressait plus que le jour du combat, avoir mes règles. Parce que des fois, quand tu as le premier jour, ça va, tu as quand même un peu cette rage en toi, cette combativité, on va dire, mais elle a gonflé.
- Speaker #0
La poussée, c'est un gros moment. Et au-delà de ça, c'est là où je voulais t'amener aussi, c'est sur ce corps, est-ce que tu as la sensation ? finalement d'avoir fait de faire et d'avoir fait beaucoup de sacrifices est-ce que ton corps de te le contraindre parce que malgré tout c'est c'est à chaque instant il faut quand même se surveiller il faut faire attention tout le temps ouais tu
- Speaker #1
as la sensation est ce que parfois ça pèse est-ce que est ce que les gens valent à la chandelle comment tu viens avec ton corps tout ça bah écoute moi j'avoue que quand j'ai pas de combat c'est pas forcément quelque chose chose qu'il faut reproduire mais quand j'ai pas de combat je me prépare pas, enfin je m'entraîne pas comme je m'entraîne pour un combat. Donc c'est vrai que ça permet à mon corps de se reposer. C'est un choix que j'ai fait, il y en a qui peuvent pas et disent ah on perd trop. Moi personnellement j'ai vu qu'à chaque fois ça m'aidait justement à me sentir différente, de faire d'autres choses, de préserver justement parce que quand tu t'entraînes deux fois par jour et que tu mets justement ton corps à rude épreuve c'est fatigant, ça fatigue.
- Speaker #0
Tu ne fais plus que ça quasiment.
- Speaker #1
Ben ouais. Donc non, Finalement, non, je n'ai pas l'impression que ça fait...
- Speaker #0
Tu ne te triches pas tant que ça.
- Speaker #1
Non, franchement, je me fais plaisir. Et par contre, quand j'ai une mission, les six semaines avant, je m'y mets à fond dedans. Et là, il y a la mentalité qui change. Parce qu'en fait, je n'aurais jamais pu rester dans cette mentalité combat H24. J'ai besoin en fait de mon temps où je kiffe, je fais d'autres choses, je mange ce que je veux. Voilà. Et aussi cette pression mentale quand tu as un combat, mentalement tu changes quoi, parce que tu ne vas pas préparer un show de danse, tu prépares une mission, tu es affûtée et c'est vrai que ma personnalité change un peu aussi. Oui,
- Speaker #0
c'est exactement la sensation que j'ai en te parlant.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment ça, je pense qu'il y a vraiment deux marines.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Je suis une marine de tous les jours, hyper joyeuse et je pense que tu as vraiment une... une volonté et une puissance d'implication qui fait que tu es capable de tout suspendre pour ton objectif et après, de reprendre ta vie. C'est comme si ça te faisait des...
- Speaker #1
Et tu vois, ce qui m'a fait plaisir, c'est que le dernier coach avec qui je travaille, il m'a connu, on a eu l'annonce du combat je crois cinq ou six semaines avant la date prévue et je le contacte comme ça. C'était mon promoteur qui me l'a conseillé. Donc je vais vers lui et je lui dis, voilà, combat dans six semaines. Il me regarde, il me dit, mais tu es entraîné ? Je lui dis, non. Il me dit, mais tu te rends compte, là, tu m'envoies dans un terrain un peu. Il me dit, mais là, en fait, moi, je t'entraîne et si tu rates, c'est moi, on va me pointer du doigt. Je lui dis, non, mais c'est ma manière de fonctionner. Donc bon, il me dit, bon, on va voir. Je pense qu'inconsciemment, il me mettait un peu à l'épreuve. Il me fait faire la première séance et là, il voit. Il me disait, on faisait une séance de fraction épiste, il me dit, on va en faire 5, il faut au moins que tu en fasses 5. Et là, on fait le truc, c'est vrai que je sentais que je ne m'étais pas entraînée plus longtemps, mais 5, 1, et on en fait 6. Il me dit, ah ouais, je m'impressionne quand même. Bon, on ne dit rien, trop rien, on va se poser, on boit un thé, on discute après de la négociation en fonction de comment on va fonctionner et tout pour la suite. Et au final... Une semaine passe et tout, et il voit mes performances qui montent, Et au final, une semaine avant le combat, avant que ça s'annule, il me dit « mais je suis choquée en fait » . Et là, je tenais 10 rounds, il y avait personne qui tenait avec moi sur la piste. Et il me dit « mais t'es une déterre quoi » . Il me disait même « mais en fait, t'es un putain de tigre » . Et là, c'est vrai qu'il m'a dit « en fait, c'est toi qui as raison. Tu te files, tu fais ta vie et quand t'as un combat, tu rassembles ta team » . Parce que du coup, je l'ai inclus dans mon truc. Oui, on a une mission. Pourquoi rester tout le temps préparé ? Et en fait, je pense qu'après, on n'est plus autant au taquet. Si tout le temps, tu es là un petit peu, tu te prépares et tu ne fais pas les choses. Du coup, tu ne te mets jamais à fond. Moi, le truc, c'est quand je switch, je switch complètement. C'est-à-dire qu'il y a tout qui tourne autour de ça. Mais mes parents, ils le voient, quand ils me croisent et tout, ils ne me parlent pas trop parce qu'ils savent que je mange moins, je fais un, je suis un peu irritable. Donc tout le monde m'esquive. Ah ouais, avec la démission, je ne suis pas patiente. Un truc qui va mal être fait, vous savez, je dis, je ne vais pas avoir de patience. Je te le dis deux fois là.
- Speaker #0
Ah oui, parce que c'est tout ton corps qui bouge. En fait, c'est toutes les émotions, toutes les hormones. En fait,
- Speaker #1
tu te pousses à fond. Chaque entraînement, tu es là. Tu as une mission. Tu n'es pas là. Tu vas cuire les fraises.
- Speaker #0
Comme tu dis, tu ne vas pas faire un spectacle de danse. C'est un peu ta vie que tu joues. C'est vrai, si je te dis ça, tu en penses quoi à chaque fois que tu montes sur un ring ? C'est un peu ta vie que tu joues. Tu peux perdre la vie. Non.
- Speaker #1
Je ne me dis jamais ça. Maintenant, je ne sais pas. Je monte sur le ring et je me dis que c'est à moi de faire la différence. Je me connais maintenant et je me dis que si je le veux, je peux y arriver. Maintenant, c'est à moi de rester vraiment focus et faire ce que je sais faire pour pouvoir gagner. C'est l'hyperconcentration, tu dois garder vraiment le fil conducteur.
- Speaker #0
Le focus, Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et ne pas te relâcher et réussir à mettre toute ton énergie le jour du combat.
- Speaker #0
C'est ça en fait. Ça dure combien de temps ? Si tu vas jusqu'au bout,
- Speaker #1
c'est combien de temps un combat ? Maintenant, je ne fais presque que des titres. C'est 20 minutes. C'est 10 rounds de 2 minutes.
- Speaker #0
Donc, tu as 20 minutes pour aller au bout de ton rêve.
- Speaker #1
Et tu as la minute de repos. Donc, en gros, ça fait un effort. Tout compris, ça fait 30 minutes. Mais tu as 20 minutes d'effort.
- Speaker #0
C'est fou, 20 minutes. Tant d'entraînement pour 20 minutes.
- Speaker #1
Ouais mais ouais ouais ouais et l'amour dans tout ça ouf ouf là là bah écoute moi il y en a il y a des collègues à moi qui arrive carrément d'autres c'est un peu compliqué moi personnellement c'est vrai que aussi les dix dernières années ce que je t'ai pas dit c'est que j'ai dû changer au moins 15 fois de coach Donc 15 fois de ville, en fait, je suivais les opportunités. J'allais, je rencontrais. Et si ça ne m'allait pas, j'essayais. Et si ça ne m'allait pas, je changeais. Souvent, on m'a un peu pointé du doigt là-dessus aussi, que je changeais beaucoup. Mais je ne voulais pas rester dans un environnement qui ne me convenait pas. Si des fois, je voyais... Bon, des fois, peut-être que j'ai été un peu trop impatiente, donc j'aurais pu rester plus longtemps. Je ne dis pas que tous... Mais des fois, ça ne collait pas forcément à la vision, à une façon d'entraîner. Après, ils m'ont tous apporté quelque chose. Je ne peux pas le nier. Ils ont tous été... important dans mon parcours mais je me voyais pas performé avec eux sur le long terme donc à chaque fois qu'on décide de se séparer et j'allais voir ailleurs et ben figure toi que pourquoi je te j'esquive encore la question maintenant c'est que j'avais l'amour à chaque fois bas j'en trouvais un sur place mais quand je bougeais de ville et ben voilà c'était compliqué l'amour à distance donc on va dire que c'était l'amour dépendait de ma de mes De ma carrière, souvent on me disait « Non mais tu penses qu'à ta carrière, c'est toujours ta carrière en premier. » Je disais « Bah oui, je t'ai pas menti de début, c'est carrière en premier, amour numéro deux. » Ils l'ont pas mal pris, j'en ai plein qui m'écrivent encore et qui me disent « Ah ouais, bon, t'as bien fait. » Je comprends maintenant, il y en a qui me disaient « Ouais, t'as intérêt de performer, parce que là, tu passes peut-être à côté de l'amour de ta vie. »
- Speaker #0
Ça manque pas. Est-ce que de faire le sacrifice de l'amour par rapport à sa carrière, finalement, ça va ? C'est ok avec ça ?
- Speaker #1
Oui, après... Ouais, ouais, c'est OK, hein. C'est OK, après, c'était peut-être parce qu'il n'y avait pas aussi la flamme ou quelque chose de spécial, hein. Mais en tout cas, pareil, j'ai vécu de super moments. Et voilà, quoi.
- Speaker #0
Est-ce que tu as la sensation que justement ton sport, particulièrement, comme on disait, la boxe... Est-ce que tu as la sensation que ça change le regard d'un homme sur toi, d'un amoureux sur toi, quand tu donnes le sport que tu fais par exemple ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y en a eu plusieurs qui ne faisaient pas ce sport avec qui j'étais et des fois c'était un peu dur à comprendre pour eux. Parce qu'ils ne comprenaient pas déjà la vision, surtout ceux que j'ai connus à l'époque, c'était dans un moment où j'avais tout à prouver et je galérais, je n'avais pas forcément de reconnaissance et en plus c'était le moment où c'était le plus dur au niveau sacrifice. Du coup c'était dur et après les derniers temps j'ai daté que des boxeurs. Donc eux ils comprenaient et justement c'était bien parce que c'est le mieux. Au final, maintenant, des fois, je rigole, je dis, je ne peux pas être avec un non-boxeur, quoi.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a trop d'enjeux, il y a trop de choses qu'on ne peut pas comprendre. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et c'est vrai que c'est pas mal aussi avec des boxeurs. Enfin, voilà, ils te comprennent. Après, il y a d'autres choses, des fois, qui peuvent entraver, tu vois. Mais, ouais.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
finalement,
- Speaker #0
ça va. Il y a besoin d'être... C'est comme un sport qui est différent. Donc, effectivement, il y a peut-être besoin d'avoir une connexion différente, peut-être. Tu penses à la maternité ?
- Speaker #1
Oui, petit dur toi que je suis en train... On peut passer une annonce ? Alors, vas-y. Je rigole. En fait, oui, j'aimerais tellement avoir des enfants. Ça fait déjà un an ou deux que je me dis que je suis prête. Mais c'est vrai qu'après, il faut avoir... Le bon père, parce que je ne suis pas trop pour aller faire un enfant seul, tu vois, j'aimerais bien avoir un père sur qui je peux compter et que les enfants aient leur père. Après, c'est vrai que je cherche plus, je ne dirais pas que je cherche un père pour mes enfants, mais c'est ce qui est le plus important maintenant, de trouver quelqu'un avec qui je pourrais faire des enfants. Après, je pars du principe que l'amour peut disparaître, donc je préfère penser réellement et me dire...
- Speaker #0
que ce serait un bon père et s'il y a l'amour en plus pourquoi pas la question c'était plutôt dans l'idée tu vois tu me parles de ton prochain combat de championnat du monde et de se dire Est-ce qu'un peu, c'est un peu le dernier et après tu te dis à maman, où est-ce que t'es en ta tête ? Je suis maman, mais je vais aussi faire des combats. Par exemple, là,
- Speaker #1
je ne sais pas te le dire parce qu'en vrai, là, je te dis demain, imagine, je trouve un mec, je suis enceinte. Ce n'est pas grave, la boxe, ça sera plus important. Mais si je n'ai rien, on me propose la boxe, pourquoi pas ? Mais maintenant, j'aurais plus tendance, maintenant que j'ai acquis ça, je me dis, si tu me proposes les deux, bien sûr, je vais du côté maman. Mais pour l'instant, je n'ai rien. Donc voilà, on continue. Voilà.
- Speaker #0
Oui, parce que je vais faire un podcast d'une championne du monde de Jujitsu.
- Speaker #1
Ah, super !
- Speaker #0
Stéphanie. Et elle, elle est maman et elle disait que oui, pour revenir au haut niveau...
- Speaker #1
Elle a envie de revenir après ?
- Speaker #0
Elle y est là. Ah, elle a eu un enfant là. Elle fait partie de l'équipe de France.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je l'ai croisée dans l'avion de Bangkok.
- Speaker #1
Ah ouais, mais super ça !
- Speaker #0
On est allé à Bangkok et du coup on m'a parlé, je suis allée la voir et c'est pour ça que je te posais la question.
- Speaker #1
Ah du coup elle a repris après avoir un enfant, on a repris ça ?
- Speaker #0
Mais elle est plus jeune non ? A quel âge ? Je ne sais pas du tout, je ne veux pas dire une bêtise mais... Non non, je ne crois pas qu'elle soit plus âgée que toi mais comme quoi c'est possible.
- Speaker #1
Ouais ouais, je ne sais pas après oui, pourquoi pas ? Ouais, je ne sais pas de quoi l'avenir est fait, donc je me laisse porter.
- Speaker #0
C'est un peu ça ta vie finalement.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
En même temps, c'est un peu libre. En même temps, on a un peu l'impression que c'est je me laisse porter parce que...
- Speaker #1
Je me laisse porter sans oublier l'objectif final.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Je me laisse porter, mais par contre, je sais où je vais.
- Speaker #1
Voilà. En fait, j'ai appris ça aussi. C'est pour ça que je compare souvent à l'alchimiste. Il faut avoir la rêve, le livre, la destination finale. Et en fait... tu as cette destination, mais tu ne sais pas quel parcours tu vas avoir. Et souvent, on fait un plan tout tracé, on voudrait que ça se passe comme ça. Mais finalement, ça se passe autrement et ça t'ouvre plein de champs de vision, des personnes que tu rencontres, qui t'ouvrent des portes. Regarde, je ne pensais jamais être coach et ouvrir ma salle. Et au final, c'est les gens qui m'ont amenée vers ce cheminement aussi. Donc, il ne faut pas être fermé. Et des fois, il faut cesser de porter justement, parce que si on est trop fermé sur ses idées, Et du coup, ça nous empêche... de connaître des choses qu'on n'aurait jamais pensé connaître.
- Speaker #0
Cette salle que tu ouvres, c'est un business, mais ce n'est pas que un business. C'est quoi le but pour toi ? Finalement c'est de se dire, on m'a ouvert les portes d'une salle et ça m'a aidé, ça m'a permis de m'accomplir. Je veux faire pareil pour les gens.
- Speaker #1
En fait je me suis rendu compte vraiment que la boxe était comme je te disais un moyen de se soigner, de prendre confiance, ça a plein de bienfaits. Et la salle à la base quand je l'ai montée, là je me suis dit c'est ça, je veux retransmettre tout ce que la boxe m'a apporté.
- Speaker #0
Et je pensais au début faire que des débutants. Au final, il s'avère que j'ai 50% maintenant de confirmés, même on me demande pour faire de la compétition. Donc je vais sur tous les créneaux. Mais c'est vraiment n'importe quel niveau, ça permet à ceux qui font de la compétition d'être disciplinés, de leur trouver vraiment un chemin où ils doivent performer. Il y a le côté performance qui rentre, donc ça me plaît aussi. Mais il y a les débutants où eux, ils ne font pas d'impact. Je vois vraiment plein de filles, elles perdent du poids, elles ont arrêté de fumer. elles me disent Marine ça me fait trop du bien je ne pensais pas que j'allais aimer ce sport et celles qui ne voulaient pas faire d'impact j'ai deux filles il y a trois mois qu'elles se sont inscrites elles ont commencé à faire leur premier sparring un vendredi soir comme ça devant tout le monde alors qu'elles ne pensaient jamais un jour remonter dans le ring c'est important ce que tu dis on peut faire de la boxe sans faire d'impact quand
- Speaker #1
tu parles d'impact on parle de combat oui Donc, on peut faire de la boxe en se combattant, en se confrontant, par exemple, au sac de frappe.
- Speaker #0
Alors, tu as plein aussi, même à deux, tu as plein de drills, d'exercices à faire à deux en face à face. Donc, des fois, des touches épaules qui te mettent en situation de combat, mais qui n'ont pas la dureté où tu prends un coup à la tête, c'est que tu touches, mais tu as la même gestuelle au niveau de la mobilité. Après, tu as aussi tous les exercices de... en duo où tu t'entraînes, il y a un qui fait le coach avec ses mains, il fait les pâtes d'ours, l'autre il tape, il fait des combinaisons.
- Speaker #1
La boxe ne veut pas dire aujourd'hui, en tout cas aujourd'hui dans ta salle et avec toi, on ne parle pas de toutes les salles de sport, ça ne veut pas dire on va au combat, on se casse le nez ou on prend le...
- Speaker #0
Ça c'est la finalité et justement je pense que...
- Speaker #1
Mais ce n'est pas imposé.
- Speaker #0
Non. Justement, et je pense que c'est moi qui avais fait le choix à l'époque de tout de suite faire du sparring, mais il y a vraiment plein de choses à explorer sur la coordination, sur le physique, sur la réactivité, sur le sac de frappe avant d'avoir la finalité du ring.
- Speaker #1
Et est-ce que, là je me ferme, peut-être que je parle avec mon cœur de maman, je ne sais pas, mais est-ce que tu dirais que quand on fait de la boxe, On a peut-être moins peur dans la rue. Ou est-ce que pas tant ?
- Speaker #0
Je pense que ça développe quelque chose en soi.
- Speaker #1
Parce que tu disais que tu ne te sentais plus sûre de toi à l'intérieur, mais tu penses que réellement...
- Speaker #0
Après, à mon niveau, c'est vrai que je me dis... Je sais me défendre, tout ça, et des fois, je me dis que je n'ai pas du tout peur. Après, ce n'est pas mon but de me frapper dans la rue. Je sais que si... Je pense que si ça aide, on se sent beaucoup plus sûr. Tout le monde m'a toujours dit ça.
- Speaker #1
Je pense qu'effectivement, il y a de ça. Si on doit te souhaiter quelque chose là aujourd'hui, qu'est-ce que je te souhaite ? Tout de suite, la santé réfléchie.
- Speaker #0
On dit souvent la santé, la santé et l'épanouissement personnel pour soi-même et sa famille.
- Speaker #1
Ça c'est une réponse convenue. Qu'est-ce que je te souhaite à toi Marine ?
- Speaker #0
Non, c'est vrai, qu'est-ce que je me souhaite ? Ben non, moi j'ai rien besoin qu'on me souhaite, parce que je fais ce que je veux, ma liberté est toujours là, donc voilà. c'est un bon finish ?
- Speaker #1
non c'est pas un bon finish, j'aimerais juste que tu te replonges avant de terminer un peu en arrière et qu'est-ce que tu dirais à cette marine qui arrête l'athlétisme et qui part aux Etats-Unis le premier jour quand t'arrives à l'aéroport je lui
- Speaker #0
dirais très bon choix, continue à avoir cette folie, bien sûr c'est fou en plus, hier j'y pensais à ça mais je lui dirais mais oui continue enfin tu vas y arriver et c'est suit ton petit instinct ta petite voix intérieure c'est ce que j'ai toujours fait voilà un bon clin d'oeil c'est ça croire en soi et sa vision quoi pas se laisser c'est ce que tu dirais aux femmes qui nous écoutent c'est ça souvent que je dis aux jeunes boxeurs ou enfin n'importe qui dans la vie si on me demande un petit conseil c'est de croire en sa petite voix intérieur quoi d'écouter ce qu'on veut vraiment et parce que la société veut pour nous. Parce que souvent, on essaye de se mettre, et c'est souvent ça, les gens qui sont malheureux et qui finissent un peu en dépression, c'est qu'ils pensent bien faire en ayant une vie toute convenue. Bien sûr qu'on va sortir à la critique. Mes parents, ils me voyaient faire ma vie, un peu partir aux Etats-Unis, tout ça. Mais au final, des fois, en rigolant, je leur dis, « Putain, heureusement que je ne vous ai pas écouté. » Ils ne disent rien. Ils disent « Oui, mais bon, après, je comprends. » Les parents, ils pensent tout le temps, mais chaque parent sur Terre pense tout le temps savoir mieux ce qu'il faut pour leurs enfants. alors qu'au final il faut leur faire conscience un petit peu parce que c'est eux-mêmes après bien sûr que s'ils partent un peu en vrille on peut les recadrer mais je veux dire chacun doit faire sa vie et de comme il l'entend Et ça, c'est ce qu'il y a de plus important, je pense. Soutenir dans cette...
- Speaker #1
Oui, dans les expériences, tu veux dire. Tu t'es donné les moyens. En fait, ce que j'entends, c'est qu'au final, c'est ça la leçon aussi. C'est que tu t'es donné les moyens de croire en toi. C'est une force intérieure, vraiment, et tu t'es donné les moyens d'y aller. T'es partie au stage, tu ne savais pas, mais t'es partie.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Il faut un peu de folie dans la vie.
- Speaker #0
Carrément. Mais maîtriser, parce qu'il ne faut pas non plus que ça devienne dangereux, mais il faut de la folie. Sinon, ça devient ennuyeux, quoi.
- Speaker #1
C'est vrai. On termine avec cette dernière question. C'est quoi pour toi être une femme en 2026 ?
- Speaker #0
Être une femme, c'est être libre, c'est faire ce qu'on veut, je ne dirais pas plus que par rapport aux hommes, parce que... Être une femme... Bon, elle est un peu dure cette question. Toi, t'en penses quoi ?
- Speaker #1
Pour moi, être une femme, c'est... Aujourd'hui, c'est vivre avec... beaucoup de dualité. Je pense que c'est vraiment être en dualité. Voilà, on est dans une période de transition pour moi et donc, ce n'est pas forcément la partie la plus rigolote, mais c'est fait partie de l'évolution et pour aller vers du mieux. Je pense que ça dépend de là où on est. Je pense que être une femme en France, ce n'est pas être une femme ailleurs.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Je pense que c'est plutôt une chance quand même d'être en France et d'être une femme. si tu regardes dans des pays où elles n'ont pas de liberté c'est ça pour moi être une femme c'est devoir faire pas mal c'est quand même être multi multifacette
- Speaker #0
c'est vrai que moi je ne suis pas trop de la team féministe parce que je n'ai jamais eu ce problème on me demande souvent souvent on me demande par rapport au tu t'es fait fait, c'était dur de faire ta place, on m'a souvent posé ces questions en tant que femme, et moi, pas du tout, enfin, j'ai jamais senti, justement, dans les sports de combat, j'ai tout le temps été, ben, avec 90% d'hommes, maintenant, ça change, mais j'ai jamais senti du misogysme, enfin, qu'on me traitait moins bien, ou qu'on, non, non, vraiment, ils étaient plus admiratifs, et toujours, toute ma team autour de moi, ça a tout le temps été des hommes, maintenant je prends prend des femmes aussi dans ma team, parce qu'elles apportent un plus. Mais moi, je n'ai jamais senti ce côté...
- Speaker #1
Mais c'est bien, parce que c'est aussi ça, la parole à porter dans Parole de Femme. Tout le monde n'est pas... Heureusement.
- Speaker #0
En tout cas, nous, en France, comme tu disais. Après, dans d'autres pays, c'est vrai, quand je vois qu'elles n'ont pas de liberté, je me dis, mais comment c'est encore possible de vivre dans cette époque ?
- Speaker #1
On va se dire au revoir.
- Speaker #0
Oui, au revoir.
- Speaker #1
Sur une note positive, parce que toi, tu es tellement une fille positive. Allez, prochain combat, c'est quand on termine comme ça.
- Speaker #0
Mais pourquoi on parlerait de combat ? On pourrait plutôt parler de, justement, n'oubliez pas la petite phrase. toujours croire en ses rêves et sa petite voix intérieure c'est mieux parce qu'un combat ça ne définit pas peut-être que je vais être maman bientôt on sait pas bah oui avec plaisir merci à toi aussi à très bientôt