- Speaker #0
Je suis Stéphanie Barranco. Ici, je donne la parole aux femmes. Des femmes connues ou anonymes, des femmes fortes, fragiles, audacieuses, parfois cabossées. Des femmes qui ont aimé, douté, chuté, recommencé et qui ont accepté de venir raconter leurs histoires, sans tabou. Sans jugement, sans filtre. Parce que derrière chaque parcours, il y a une femme. Ses choix, ses peurs, ses combats, ses désirs, ses victoires. Et cette question qui traverse chaque épisode. Au fond, c'est quoi être une femme aujourd'hui ? Je crois profondément que lorsque les femmes racontent leurs histoires, leurs mots peuvent résonner. Alors ici, on écoute, on partage, on transmet. Bienvenue ! dans la saison 4 de Parole de Femme. Aujourd'hui, tout le monde connaît Mercotte, la jurée emblématique du meilleur pâtissier, la passionnée de pâtisserie au regard affûté et à l'exigence légendaire. Mais derrière ce personnage que des millions de Français retrouvent chaque semaine, il se cache certainement une femme. Cette femme a un prénom, c'est Jacqueline. Cette femme qui est née... en Savoie, qui a vécu mille vies avec toujours la même candeur et le même plaisir. Et aujourd'hui, je suis ravie de te recevoir, Mercotte. Bienvenue dans Parole de Femme.
- Speaker #1
Merci Stéphanie, bonjour.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Tu ne m'appelles jamais Jacqueline, surtout pas.
- Speaker #0
J'allais te le demander.
- Speaker #1
T'as fait exprès ?
- Speaker #0
Oui. J'ai fait exprès parce que ça m'interpelle. En réalité, ça m'interpelle. Pourquoi on ne t'appelle jamais Jacqueline ? Pourquoi ? Parce que pour moi, Mercotte, c'était venu avec la notoriété. Pourquoi ne pas avoir gardé Jacqueline ?
- Speaker #1
Parce que ça fait plus de 50 ans, attends, plus de 60 ans, presque 60 ans qu'on m'appelle Mercotte. Donc, ce n'est pas la télé. Ça n'a rien à voir avec la télé. Avec mon mari, au début de notre mariage, pendant une petite dizaine d'années, on a fait des rallies automobiles. Et comme j'étais copilote, et que mon mari, tout le monde l'appelle Merco, c'était Merco Mercote. Donc, ça fait belle lurette.
- Speaker #0
C'est trop chouette. Pour autant, on va quand même revenir sur cette petite Jacqueline dans quelques minutes. Mais pour le moment, tu sais, il y a une tradition dans Parole de Femme, ces trois petites questions un peu décalées pour mieux te connaître, sans que tu aies trop à dévoiler de toi. Alors, si tu devais associer ton enfance à une odeur ou à un parfum, lequel serait-il ? Si ta vie était une couleur, laquelle serait-elle ? Et quel est ton moment préféré dans une journée ? Quel est ton moment préféré si tu en as un ?
- Speaker #1
Alors, l'odeur, c'est la vanille, les gâteaux à la vanille, tout ce qui est à la vanille.
- Speaker #0
D'accord. Pourquoi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, j'adore cette odeur de vanille depuis toujours. Je ne sais pas pourquoi, c'est comme ça.
- Speaker #0
Comme une madeleine de Proust.
- Speaker #1
Absolument, c'est exactement ça. Ma couleur, c'est le blanc. J'adore le blanc. J'aime coller fleurs blanches. J'aime tout ce qui est blanc.
- Speaker #0
C'est quoi ? C'est pareil ? Pourquoi ? C'est parce que ça te rappelle que c'est une douceur ? Un peu quelque chose que tu cherches ? Non, c'est que j'aime ça.
- Speaker #1
C'est juste visuel,
- Speaker #0
ça te plaît ?
- Speaker #1
Ça me plaît, c'est clair, net. Je suis vierge, un peu psychorigide, vierge ascendant vierge, donc j'aime les choses bien cadrées. Le blanc, c'est parfait. Tu peux mettre tout ce que tu veux dessus. Et le moment préféré de la journée, c'est mon petit déjeuner tôt le matin, plutôt vers 4h, 4h30 maximum. Tranquille, pas dérangé, je prends mon temps, tout bien.
- Speaker #0
C'est très très tôt, 4h du matin à Mercotte, tu le sais.
- Speaker #1
Mais je me couche très très tôt aussi, donc ça n'a pas beaucoup de... En fait, il n'y a pas beaucoup de différence avec les autres.
- Speaker #0
Dis-moi, ce petit déjeuner, ce moment de la journée dont tu parles là, est-ce que c'est un moment que tu as toujours aimé, même lorsque tu étais... plus active et que tu avais tes enfants en bas âge, est-ce que c'est juste un moment pour toi ? Tu sais quand on dit que des fois on a besoin de se recentrer, de se prendre un temps pour soi le matin pour se retrouver. C'est ça, c'est ce moment où la journée n'a pas encore complètement démarré ?
- Speaker #1
Je ne vais pas chercher ça si loin. J'adore le petit déjeuner, j'adore être tranquille le matin de bonne heure, j'adore le lever du jour quand c'est l'été parce qu'autrement il fait quand même vraiment nuit. Non, c'est... voilà oui je profite pleinement du moment je prends mon temps voilà j'aime beaucoup ça tu l'as toujours fait de prendre ton temps ? de prendre mon petit déjeuner de bonheur oui tranquille toute seule oui
- Speaker #0
Alors, cette petite Jacqueline, cette petite Jacqueline,
- Speaker #1
tu insistes avec Jacqueline,
- Speaker #0
dont on a gommé le nom, dont on a gommé le prénom, qui étais-tu, Mercotte, enfant ? C'était quoi l'enfance de Mercotte ? Elle ressemble à quoi ? Pour façonner une Mercotte, la Mercotte qu'on connaît maintenant, on sait que ça se façonne aussi dans l'enfance, c'était qui, Mercotte, bébé, enfant ?
- Speaker #1
Alors bébé, je n'ai aucun souvenir. Enfant, j'ai perdu ma mère, j'avais 3 ans et demi, donc j'ai été élevée par deux tantes qui étaient les soeurs de mon père, qui avaient l'âge d'être nos grands-mères. J'étais avec mon frère, qui avait 18 mois de moins que moi, et elles avaient l'âge d'être nos grands-mères. Donc on a été élevées d'une façon assez stricte, à une époque pendant la guerre où on parlait peu, où on n'était pas du tout tactiles. Et où on était très heureux. Loin de moi l'idée de dire qu'on n'était pas heureux. Au contraire, on a été très aimés, mais pas du tout d'une façon démonstrative.
- Speaker #0
Et c'est ce qui façonnera quand même plus tard aussi une partie de ta vie. Oui, oui,
- Speaker #1
oui. C'est vrai que tu ne peux pas reproduire ce que tu n'as pas connu. Donc, j'ai eu beaucoup d'enfants pour eux parce que je trouvais que c'était génial. Je m'entendais bien avec mon frère, donc c'était génial. et en fait... Moi, je ne sais pas reproduire. Être maternelle, être tactile, pareil. Un câlin. On ne disait pas ces mots-là. Il y avait une pudeur. Mais il n'y a pas que moi. C'est l'époque qui voulait ça. C'est vraiment l'époque. Parce que mes amis de mon âge, c'est exactement pareil. C'était une question de pudeur ou d'éducation, je ne sais pas. Mais en tout cas, c'était comme ça. Mais je n'en ai pas du tout souffert.
- Speaker #0
Non, puisque tu ne connaissais pas autre chose. Absolument. Mais dans cette famille qui a quand même vécu quelque chose de dur, de perdre une maman, ça marque, le deuil marque. Alors, dans cette famille aimante, à sa manière, est-ce que la cuisine occupait déjà une place importante ? Est-ce que ce groupe que tu as maintenant de la cuisine, de... de l'amour des choses, des produits bien faits, ça vient de ton enfance et de tes tantes ?
- Speaker #1
Absolument. Alors, une des tantes était plus consacrée à l'éducation, c'est-à-dire je faisais du piano, elle m'accompagnait et tout, voilà. Et l'autre tante était plus dédiée à la gastronomie et à la gourmandise. Donc, elle faisait très, très bien la cuisine. C'est réputé, tous les gens de la famille venaient. On mangeait très, très bien. Voilà, la nourriture avait une place très importante. Donc, on mangeait très, très bien.
- Speaker #0
Et toi, est-ce que parce que tu étais une jeune fille, tu vois, on grandit un peu, on passe vite, parce que sinon, on va y passer cinq jours. Je ne sais pas.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Voilà, on va faire un camp. Toi, tu es une jeune fille. Est-ce que cette deuxième tente avait pour mission de t'éduquer ? Tu vois, comme on éduquait avant les jeunes filles, il fallait être une jeune fille qui… Pour tenir une maison, il fallait faire le ménage, il fallait savoir coudre, il fallait savoir faire à manger. Est-ce que ça, tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Pas du tout. C'était plus le côté artistique. Moi, je faisais du piano, 4 heures par jour, 3-4 heures par jour minimum. D'accord. Mais non, alors le ménage, aucune idée. Non, non, non. Tenir une maison non plus. En revanche, bien se tenir à table, connaître les règles du savoir-vivre, oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
la fourchette qu'on met quand on met les couverts, quand on a terminé de manger enfin vraiment toutes les règles du savoir-vivre bourgeois on va dire ça oui, mais pas du tout les choses terre à terre et pas du tout non plus apprendre à faire la cuisine parce que moi je me mettais les pieds sous la table donc je ne savais rien faire mais qu'est-ce que j'appréciais quand même c'est qu'on mange bien toi tu savais
- Speaker #0
Tu aimais manger, mais on ne t'avait pas dégusté. Ce que je veux dire, c'est qu'à l'époque, tu sais, parfois, il y avait quand même des femmes, enfin, les jeunes filles, on leur disait, voilà, il faut apprendre à faire à manger pour ton mari, pour tes enfants. Toi, tu n'étais pas là-dedans.
- Speaker #1
Pas du tout. Pas du tout.
- Speaker #0
Mais du coup, me vient quand même une question, c'est-à-dire comment cette jeune Jacqueline devient, alors Mercotte, on a compris par rapport au prénom, enfin, au surnom, mais enfin, cette Mercotte du rallye automobile, on va dire. Merci. Comment, ça va être quoi ton cheminement pour arriver à devenir une référence, une référence en matière de pâtisserie et par extension de cuisine ? Parce que si tu n'as jamais appris vraiment à faire, c'est fou.
- Speaker #1
Je n'ai pas appris à faire, j'ai donc le goût des bonnes choses. Donc, on allait avec mon frère, quand on était étudiants, nous, on n'allait pas manger des pizzas, ça nous goûtait. le même prix, on n'avait pas plus de sous que les autres, on allait dans des restaurants étoilés, on prenait le premier menu. Ça nous coûtait moins cher que de prendre une entrée, une pizza, un dessert, un jute, voilà. Déjà ça. Ensuite, mon frère, il avait, il était directeur d'une banque de développement, donc il a beaucoup voyagé à l'étranger, donc il était très aidé, mais il recevait beaucoup, même s'il avait du personnel, il aimait bien mettre la main à la pâte, parce que lui aussi, il était gourmand. Donc, il a commencé à... très bien faire à manger et quelque part, on a fait une sorte de... C'était pas nommé, mais c'était une sorte de compétition. Ils faisaient très bien, pourquoi pas moi ? Voilà.
- Speaker #0
Et ça part comme ça ?
- Speaker #1
Comme ça. Moi, j'ai la cuisine gourmande de Michel Guérard, ma Bible. Lui, c'était Paul Bocuse, sa Bible. Et chacun, on faisait le truc et c'était super sympa. Donc ça, c'est comme ça que j'ai commencé à me passionner. Une fois que... À 30 ans, j'avais 4 enfants, donc c'était plutôt une fois que j'avais mes 4 enfants, parce que là, quand tu as des enfants petits, tu fais à manger normal, tu n'as pas vraiment le temps de recevoir, sauf les trucs entre copains comme ça. Mais après, j'ai commencé vraiment à m'intéresser à la gastronomie, et donc, avec le livre de Guérard, à faire de la cuisine raffinée, oui, de la cuisine copiée sur un chef. Pas encore de la pâtisserie, mais de la cuisine.
- Speaker #0
Donc, tu commences par le salé.
- Speaker #1
Absolument. Finalement.
- Speaker #0
Tu vas commencer par le salé. Ce n'était pas forcément une envie comme ça d'être directement dans la pâtisserie.
- Speaker #1
Pas du tout. Au début, après, à une époque, j'ai organisé des stages de cuisine chez moi. Donc, les gens, ils faisaient un menu complet. Ce n'est que plus tard. Puis, je ne connaissais rien en pâtisserie. Parce que la pâtisserie, c'est vraiment une école de la rigueur. Il faut connaître les gestes, les produits, dans quel sens on mélange. Enfin, il y a plein, plein de choses. Ça, je ne savais pas du tout faire. Mais j'ai eu la chance, enfin j'ai choisi, j'ai fait des stages à l'école Valrhona.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, c'est important ce que tu dis. Tu t'en rends compte ? J'ai eu la chance, enfin j'ai choisi. C'est ça aussi que je voulais entendre de ta bouche. Tout n'est pas qu'une question de chance, mais la chance il faut tendre la main.
- Speaker #1
J'ai eu la chance d'aller à l'école, de découvrir l'école Valrhona pour Madame Tout-le-Monde, pas du tout pour les professionnels, qui venait d'ouvrir. et là j'ai fait mes groupes et on y est allé mais 30-40 fois on y est allé pendant des années on avait des groupes constitués mes groupes, des gens qui venaient faire des stages à la maison et j'ai appris tous les fondamentaux de la pâtisserie et là voilà et là, pardon après j'ai fait un blog avant le blog 2005 avant le blog
- Speaker #0
Je te donne les clichés que moi j'ai dans la tête aussi parce que c'est l'éducation. Tu vois, moi, ma maman, par exemple, elle me faisait tous les dimanches, elle nous faisait un gâteau et on partageait un gâteau avec un bon thé devant une série à la télévision le dimanche après-midi quand le ménage était terminé. Tu vois, c'était un peu un moment où on se retrouvait... Voilà. Toi, tu n'as pas eu de maman. Donc, je voulais savoir comment est-ce que la pâtisserie, mais plus basique, tu vois, un gâteau au yaourt, un biscuit de Savoie, quelque chose de simple, une tarte aux fraises, est-ce que ça, tu le partageais avec tes enfants ? Alors déjà, moi,
- Speaker #1
quand j'étais petite, tous les dimanches, on allait au Fidel Berger, qui est toujours la pâtisserie historique de Chambéry, qui a relé des cernes, et tous les dimanches, on avait des super gâteaux. déjà on aimait bien après À la maison, ma tante, celle qui était plus orientée cuisine, elle nous faisait des tartes aux pommes, des bugnes, elle faisait des choses simples, bonnes. Voilà, après, qu'est-ce que tu me demandais ? En fait,
- Speaker #0
c'est ce que tu fais en tant que maman, oui. Non,
- Speaker #1
pas tellement, non, pas tellement. Pendant qu'ils étaient petits, pas tellement. Et plus tard, quand je me suis mise et que je me suis vraiment intéressée à la cuisine, puis à la pâtisserie, que mes enfants ont... pu apprendre à faire des macarons ou des trucs comme ça, mais ils étaient déjà très grands, quoi. Ils étaient ados.
- Speaker #0
Oui, c'est pas quelque chose qui finalement... Tu te construis. En réalité, de ce que j'en comprends, tu vas évoluer dans ta pratique, dans tes envies. Et tu vas suivre comme ça finalement... En fait, c'est un peu une artiste dans ta manière d'appréhender la vie.
- Speaker #1
Je ne suis pas sûre que je sois une artiste, mais en tout cas...
- Speaker #0
Dans l'opportunité de te laisser le chemin venir, tu vois, et prendre les voies qui te plaisent.
- Speaker #1
En fait, j'ai plusieurs étapes dans ma vie et chaque fois, je fais les choses à fond. Quand j'en ai marre, je passe à autre chose. Mais tout le temps, je fais les choses à fond, je passe à autre chose, voilà. Et ça, c'est vraiment caractéristique. Donc, c'est pour ça que j'ai plusieurs vies.
- Speaker #0
Oui, c'est ce qu'on disait. J'ai la vie rallye,
- Speaker #1
j'ai la vie bridge et j'ai la vie gastronomie. Tout en étant, pendant ce temps, continuant à aller plutôt une seule fois par an dans un restaurant étoilé, plutôt que d'aller manger des choses que je sais faire. Et qui ne me procure aucune émotion. Donc ça, j'ai toujours... La base a toujours été manger bon, voire très bon.
- Speaker #0
Oui. Ça, ça vient vraiment pour le coup de ton éducation. L'émotion du plat, quoi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, tu parles de Rallye, tu parles... Et puis, tu parles de ce blog.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et en réalité, c'est ce blog qui va tout changer. En tout cas, sur la... Mais là, on est sur la troisième partie de ta vie, finalement. Parce que le blog, tu l'ouvres quand tu as plus de 65 ans.
- Speaker #1
Oui, mais avant, j'ai fait beaucoup de choses. Parce qu'on est toujours venu me chercher, en fait, moi. On est venu me chercher pour faire des livres dans les années 80, quand même. C'était bien avant le blog.
- Speaker #0
C'était bien avant. Vas-y, parle-moi un petit peu de cette partie-là des livres. C'était quoi ? Ça s'est passé comment ?
- Speaker #1
J'avais une dame qui est un peu comme je suis maintenant, qui était très amie avec Monique Lansart. Elle s'appelait, c'était une historienne de la gastronomie, très connue en Savoie, très amie des chefs. Vraiment, moi, je me retrouve maintenant dans sa démarche. Elle est venue manger une fois à la maison parce que j'avais la réputation de bien faire à manger. Donc, on avait des amis communs où on jouait au bridge ensemble, je ne me souviens plus. Elle a trouvé que c'était sympa. Donc, elle a dit, elle faisait déjà des livres, on va faire des livres ensemble. parce que moi j'étais plus entre guillemets nouvelle cuisine, elle était plus cuisine traditionnelle, mais elle était du Sud, donc elle faisait la cuisine provençale, elle était très perfectionniste, c'était magique. Donc moi, je lui apportais ce petit côté moderne. Donc, on a fait des livres pendant quelques années, ensemble. Voilà.
- Speaker #0
J'ai l'impression que à chaque fois que tu prends quelque chose dans tes mains, tu as un petit jusque boutiste. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Ça, c'est vrai.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que ça vient aussi de là ? Je sais que tu n'aimes pas quand on dit ce mot-là, mais le succès, en tout cas, cette reconnaissance aujourd'hui du milieu, est-ce que tu penses quand même que ça vient de là ? Ça vient du fait d'aimer profondément ce qu'on fait et de le faire à fond et de finalement respecter tout ce que ça engage autour. C'est aussi ça le personnage de Mercotte, non ?
- Speaker #1
Non, alors, pourquoi le milieu des professionnels de la pâtisserie m'apprécie ? Parce qu'au début, en 2005, les pâtissiers, ce n'étaient pas encore les stars qui sont maintenant. C'était vraiment… Alors, quand tu es dans un milieu où tu baignes là-dedans, bien sûr, mais pour Madame Tout-le-Monde, ils ne connaissaient pas forcément. Et moi, qui ne suis pas très créative… comme j'avais appris les fondamentaux chez Valrhona, je prenais les recettes, je ne suis pas du tout créative non plus, donc je prenais les recettes des chefs, Pierre Hermé, Michel Lac, Felder, et je les décortiquais pour les rendre accessibles à tous. Et ça, et bien sûr que je nommais mes sources, j'ai une éthique, et ça, je pense que ça a contribué. Ils s'en sont rendus compte, bien sûr, et ils me le disent tout le temps. Parce que quand tu fais, de toute façon, quand on fait de la pâtisserie ou de la cuisine, c'est pour faire plaisir aux autres. En fait, l'idée, c'est transmission-partage. Ce sont vraiment les deux mots que Pierre Hermé dit toujours. Transmission-partage, c'est vraiment ce qu'il y a de plus important. Donc, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça. Et donc, tout doucement, va quand même arriver l'idée de ce blog. Parce qu'après avoir donné des cours de cuisine, après donc d'être formée dans cette école qui est une des meilleures, on peut dire, l'école Balbouna. Ah oui, oui, c'est magique.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
oui. Tu ne t'arrêtes pas là. Et c'est ce que je t'ai dit et ce que je pense profondément. C'est là où tu deviens, à mon sens, un exemple. Et d'où l'intérêt de te recevoir sur Parole de Femme. Ce n'est pas juste parce que tu es mercote. C'est comment… Ben oui, parce que voilà. des personnes connues, il y en a plein, des personnes connues qui sont vectrices de quelque chose de plus grand, je trouve ça beau, c'est comment, à l'âge que tu as, à l'époque, en 2005, tu prends idée, tu pourrais te dire, je vais faire de la cuisine pour mes amis. pour 10 personnes autour, tu vois. Mais non, toi, tu es avant-gardiste et tu vas ouvrir un blog. Donc, tu es quand même dans l'idée d'un plus grand partage. Comment ça te vient ? Tu n'as pas le frein de lâche. On a l'impression que rien ne te freine.
- Speaker #1
Mais en fait, j'étais sur un forum de cuisine. Et tu sais, alors, on partage des recettes et tout. Sincèrement, c'était assez médiocre. Donc, il y en a une, une fois, qui m'a dit, Tu devrais faire un blog. Donc, j'ai tapé sur Google. Moi, je suis un peu geek aussi. J'aime bien l'informatique. J'ai toujours aimé ça, etc. Donc, j'ai tapé blog gratuit. Et du jour au lendemain, j'ai fait un blog. Mais sans du tout... Bon, j'avais de la matière première. Mais sans du tout savoir ce que j'allais mettre dedans, etc. Un peu n'importe comment, tu vois. Tous les jours, je mettais un petit article. C'était nul. Les photos, c'était nul. Et puis après... De toute façon, c'était une époque où il n'y avait pas de blog. Donc, ce n'était pas difficile. Il y avait peut-être 4 ou 5 blogs de cuisine. Donc, voilà. Pour les gens qui étaient intéressés, c'était facile. Il faut remettre dans le contexte. Oui, il faut remettre dans le contexte. Donc, ça a marché. Et puis, j'ai choisi ma ligne éditoriale. Parce que je suis un peu littéraire, on va dire, entre guillemets. Donc, j'ai choisi d'être pédagogue. Et c'est là où là, c'est devenu intéressant pour ceux qui me lisaient, parce que les recettes, je les expliquais très, très, très en détail, avec tous les petits, je mettais des petits astérix pour dire, pour rappeler, voilà, j'employais les bons mots, le bon matériel et tout, et je l'expliquais. Et je mettais les liens pour savoir où on pouvait l'acheter. Voilà, c'est ça la pédagogie. C'est décortiquer tout pour aider les autres. Transmettre.
- Speaker #0
Et finalement, au départ, ça va être ça l'ADN. Et après, va s'en suivre toute la carrière, on va en parler. Mais au départ, quand même, voilà, ça c'est ta transmission. Je me demande, j'allais te dire c'est ta troisième vie, mais non, parce que je ne sais plus combien tu en as eu.
- Speaker #1
Je ne sais plus la combien.
- Speaker #0
Mais en tout cas, voilà. Et là, on va partir. C'est à partir de là que part l'histoire de Mercos qu'on connaît, nous. Bien après les rallies, après le blog.
- Speaker #1
À partir des livres, j'ai passé dix ans avec une petite éditrice toute jeune, et on a fait solution macaron, solution organisation, solution dessert pas à pas. À la suite de ça, comme j'ai été interviewée à la radio, ils ont trouvé que j'étais à l'aise, donc après j'ai travaillé pendant 13 ans à France Bleue, qui s'appelle maintenant Voici. Voilà, en fait, on est toujours venu me chercher, et un beau jour, on est venu me chercher pour la télé, même si ça ne m'intéressait pas du tout au départ.
- Speaker #0
Alors, et du coup, juste avant de parler de la télé, il y a une chose aussi qui transpire énormément de toi. C'est la joie. Tu vois, j'aurais pu te demander quelle était l'émotion. Mais en fait, on a l'impression, quand on t'écoute, en tout cas, quand je t'écoute, que c'est à la fois sérieux, tu fais les choses de manière très sérieuse, et en même temps, avec une légèreté et un plaisir. C'est pour ça tout à l'heure que je te disais que tu avais une âme d'artiste dans le sens où j'ai l'impression, Mercode, que tu as un esprit libre. Et en fait, on ne t'impose pas les choses.
- Speaker #1
Ah ben non, j'ai toujours fait ce que je voulais dans ma vie. Oh là là ! Bien sûr, j'ai toujours décidé de ce que j'allais faire, mais j'ai cette chambre d'esprit optimiste. Donc, je vais au bout, mais toujours... Je ne me pose pas trop de questions. Je fais ce que j'aime faire jusqu'au bout. Je n'ai pas d'état d'âme. Je n'ai pas d'état d'âme. C'est très important, ça.
- Speaker #0
Oui, exactement. Ça, ça pourrait être une belle phrase pour toi. Effectivement. Alors, pas d'état d'âme, attention, on l'explique, histoire qu'il n'y ait pas de méprise. Tu n'as pas d'état d'âme, c'est-à-dire que tu ne te poses pas 50 000 questions. Tu ne fais pas ça pour réussir.
- Speaker #1
Non mais je ne fais pas ça pour réussir, je fais ça pour me faire plaisir et faire plaisir aux autres. Mais il n'y a aucune notion matérielle là-dedans. Tu vois, c'est vraiment le pur plaisir du partage.
- Speaker #0
Oui, c'est vivre aussi, voilà. Et tu ne vas pas là où tu ne te sens pas bien. C'est aussi très important à dire. Tout ce que tu fais, tu l'as fait parce que ça te fait plaisir. Oui, tu disais plaisir et partage. Partage, effectivement, on est vraiment là-dedans.
- Speaker #1
Transmission, oui.
- Speaker #0
Transmission, plaisir et partage. Est-ce qu'on peut mettre transmission, plaisir et partage ?
- Speaker #1
Ben oui, super.
- Speaker #0
Allez, je le note. Ça fera un beau titre. Et puis, arrive le salon Maison et Objets.
- Speaker #1
Oui, les off du salon Maison et Objets, oui.
- Speaker #0
Et là, ça prend encore une nouvelle tournure parce que tu vas commencer à être... Donc, tu étais sur les blogs, tu étais sur les livres. Et là, la radio...
- Speaker #1
Et sur les démos. Et sur les démos. C'est lors d'une démo qu'on est venu me chercher, oui.
- Speaker #0
Et là, on vient de chercher et commencera ta carrière, j'allais dire cinématographique, mais pas du tout. Télévisuelle. Va commencer ta carrière télévisuelle, c'est ça.
- Speaker #1
Oui, on est venu me chercher. Alors, oui, Cécile est venue me chercher en me disant, voilà, il y a une émission qui va, on ne sait pas encore quelle chaîne, elle va l'acheter. Oui, elle va l'acheter. Est-ce que ça vous intéresse ? Ben non. Moi, la télé, je ne la regarde pas. C'était l'époque de Masterchef, je trouve que c'est agressif, donc je n'ai pas du tout envie d'être agressif, ce n'est pas du tout dans mon tempérament. Bon, mais regarde quand même, c'est une émission de la BBC, c'est bienveillant. Putain, pardon, il ne fallait pas dire le mot bienveillant, parce que ça, le mot bienveillant, c'est un mot que j'aime beaucoup. Donc, j'ai regardé, j'ai trouvé que c'était sympa, j'ai dit oui.
- Speaker #0
Je n'ai pas dit oui tout de suite. Mais bienveillant, c'est vraiment le mot qui m'a fait basculer du côté obscur de la force.
- Speaker #1
Obscur de la force. Et voilà, c'est parti. Et donc, c'est drôle parce que même encore là, tu vois, quand on dit qu'on parle de Mercotte qui est une femme libre, il y a plein de gens qui auraient dit une émission de télé, c'est fabuleux. Mais toi, quand même, tu te préserves le droit de finalement être... Honnête avec toi-même et de ne pas y aller si tu n'as pas envie.
- Speaker #0
La télé ne m'attire pas. Je m'en fiche vraiment. Je la regarde vraiment épisodiquement. Et donc voilà. Et en fait, pourquoi ils sont venus me chercher moi ? Il y a quand même une raison. raison. Le pitch, c'était un chef reconnu, une dame d'un âge certain, amateur éclairé. Je remplissais les cases. C'est exactement ça. Donc c'est parti. Même le premier jour de la première heure, je ne vois pas les caméras. Ils m'ont voulu, ils m'ont eu. J'ai zéro traque, zéro appréhension. Ça roule. Et c'est parti pour 14 ans. 14 ans. 14 ans,
- Speaker #1
c'est là que ta notoriété va vraiment grandir ?
- Speaker #0
Ah ben bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Comment tu as vu cette notoriété ? Alors moi,
- Speaker #0
ma vie n'a pas changé du tout, vraiment. Et au fil des années, c'est vrai que les gens commencent à te reconnaître dans la rue, donc ça va, ils sont sympas et tout, mais parfois, c'est limite du harcèlement. Parce que les gens... ils croient que tu leur appartiens donc il n'y a pas très longtemps il y en a une elle me dit bonjour Merté, je dis bonjour bonjour, est-ce que je peux avoir une photo ? non, je suis désolée, je n'étais pas coiffée, j'avais un rendez-vous, j'étais à la bourre je ne connais pas, après tu te fais... tu te fais insulter sur les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Cette frontière-là,
- Speaker #0
c'est très difficile. Les gens ne peuvent pas comprendre pourquoi Cyril va de moins en moins dans les choses, parce que lui, il est très très gentil, il dit tout le temps oui et tout, mais il n'en peut plus. Donc, il y va le moins possible, comme ça, il est tranquille. Pour se préserver. Et c'est ça, les gens, même si on leur explique, ils ne comprennent pas. Il y a une fois, il y en a un, il m'a dit, vous vous devez à votre public. J'ai dit, mais moi, j'allais demander.
- Speaker #1
C'est le seul point un peu négatif de cette belle aventure.
- Speaker #0
C'est le seul point négatif parce que là, sincèrement, pendant 14 ans, je suis partie tous les printemps en colonie de vacances, dans un château, pour goûter des gâteaux. Il y a pire.
- Speaker #1
Il y a pire. Oui.
- Speaker #0
C'est exactement ça. C'est une grande famille. Ce n'est pas le monde de la télé, dans les studios. Nous, on est dans un château, on est à la campagne. C'est une grande famille. La prod, les caméramans, les techniciens. C'est toujours les mêmes. On s'aime. On est bien.
- Speaker #1
Vous vous retrouviez tout le temps. Toutes les années. Ça ne changeait pas. En 14 ans,
- Speaker #0
je suis la seule à avoir toujours été à l'heure.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Ah oui, moi j'ai bien élevé, donc je suis à l'heure.
- Speaker #1
Pourquoi ne suis-je pas étonnée, Mercotte ?
- Speaker #0
Tout le temps. Donc là, pour moi, ils peuvent compter sur moi. Ils me prêtaient à toutes les... Parce que là, ils m'ont montré la semaine dernière, ils m'ont déguisée tout au long des années. Tu avais oublié. Pas la peur des ridicules, mais c'est très bien.
- Speaker #1
Et c'est marrant parce que, tu vois, tout ça, ça contraste aussi avec ton image très dure, très... Oui,
- Speaker #0
très psychorigide, mais en fait, je peux être marrante.
- Speaker #1
On s'en rend compte, oui. Est-ce que tu as la sensation que justement la télé, ça a donné de toi une image qui parfois n'était pas toujours tellement juste ?
- Speaker #0
Parfois, c'est tout le temps. Les gens, ils se font un film. Donc, ils te voient, ils te détestent ou ils t'aiment bien, mais c'est jamais toi, en fait. c'est pas ton vrai toi même si moi je suis hyper naturelle sans filtre avec Cyril on rigole on a fait des super super fous rires avec tout le monde on s'est vraiment bien amusé on est très proche et très fusionnel aussi très complice en tout cas mais c'est pas mon vrai moi la télé alors aussi il est qui il est où ce vrai moi Vraiment, c'est comme tu me vois là.
- Speaker #1
Normal. Sans filtre, qui dit ce qu'elle pense, qui parfois utilise des gros mots, mais on s'en fiche. Joyeuse. Joyeuse. Joyeuse, optimiste, bonheur. Est-ce que tu... Est-ce que... Aujourd'hui, bon, t'as la télé. Pour autant, il n'y a pas que la télé. C'est-à-dire qu'on a un peu la sensation que tu es devenue la référence Merci. pâtisserie pâtissière comme tu veux enfin je française je sais pas mais en tout cas une des références cette ce galop est ce que ça a été compliqué pour toi de de le récupérer alors que tu n'as pas fait d'école véritablement de pâtisserie ? Ou est-ce que finalement les autres personnes, les autres personnalités publiques de ton milieu, de ce milieu de la pâtisserie et de la cuisine, si on veut aller un peu plus loin, t'ont accueilli facilement ? Ou est-ce que ça a été un peu compliqué au début que tu venais de la télé ? Alors, moi je n'ai rien fait pour.
- Speaker #0
J'étais bien avant la télé l'amie des chefs. D'ailleurs pour la finale, il y en a 17 qui sont venues pour me remercier. En fait, moi, sur le blog... À une époque où ce n'était pas du tout la mode, j'ai décortiqué, toujours en citant mes sources, donc je disais ça c'est Christophe Fender, ça c'est Michel Hague, ça c'est Hermé, ça c'est un tel, je faisais leurs recettes et je les rendais accessibles à madame tout le monde. C'est ça mon but, la pédagogie, c'est ça, c'est décortiquer les recettes, parce qu'on dit faites une crème pâtissière, maintenant il y a des gens, ils ne savent pas qu'il faut utiliser un lait entier, un lait micro-filtré, si on veut optimiser le sourcing c'est important, etc. Donc moi j'étais là pour ça. Et donc les pâtissiers... Ils m'aiment tous bien, beaucoup mieux que les gens du public, parce que les gens du public, moi je ne suis pas pâtissière, je ne me revendique pas pâtissière, mais j'ai appris des fondamentaux chez Valrhona, donc je sais de quoi je parle, j'ai appris l'émulsion à Cyril, voilà. Non, mais c'est vrai. Je vais expliquer. Parce que lui, à son époque, on n'apprenait pas ça au CAP. Mais en toute modestie. Moi, je ne suis pas du tout pâtissière. J'admire les pâtissiers. Je les aime, mais ils me le rendent bien. Le milieu est très, vraiment très bienveillant avec moi. Et moi, je n'ai rien eu à prouver. Je ne voulais rien prouver. Je n'ai rien eu à prouver. On m'a mis là. et moi j'avais que mon frère en parler c'était bien simple, Gérard Lémergie au début il me disait, Mercotte, c'est bien simple pour juger, j'aime, j'aime pas c'est beau, c'est moche, c'est bon, c'est pas bon voilà, tu te fondes sur ces critères et tu y vas c'est un bon conseil parce que Gérard il est hyper gentil alors moi je commence toujours par le positif mais c'est une émission qui est montée donc je suis plus sèche, je veux dire je dis plus ce que je pense Gérard quand il a faim, il arrive, tout est bon on Quand il reste le chef de la sieste, donc tout est bon. Donc,
- Speaker #1
je suis en gagne. Il y a une vraie complicité.
- Speaker #0
Ah ben oui, bien sûr.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que Mercotte, elle aurait pu exister 20 ans avant ?
- Speaker #0
C'est-à-dire 20 ans avant ?
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que ce n'est pas l'évolution de toi, de ton être, qui fait que tu es devenu populaire comme ça ? Est-ce que ce n'est pas toutes ces expériences ? Est-ce que tu penses que si tu avais été Mercode de 20 ans de moins et que tu avais créé ce blog, tu aurais... était aussi reconnu et...
- Speaker #0
Mais ça, on ne peut jamais le dire. On ne peut pas le dire. La télé, est-ce que ce style d'émission existait ? Non. Mais moi, j'ai fait beaucoup de radio, tu sais. Moi, je me suis éclatée à la radio. J'ai travaillé 13 ans avec Serge Carbonelle, qui est un mec extraordinaire. Et quand on l'a mise sur une autre case, on m'a dit, tu vas travailler avec un tel. Je dis non, moi, Serge ou personne, autrement je démissionne.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, toute ta vie... Je fais ce que je veux, comme je veux.
- Speaker #0
Comme je veux, si on ne veut pas de moi, ce n'est pas grave, je m'en vais. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est-à-dire que les choix, tu les fais... Et c'est important là que tu le redises par rapport à toi.
- Speaker #0
Oui, oui, oui, bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Tes enfants, ils en ont pensé quoi quand tu t'es lancée comme ça, quand tu as commencé à être connue ? Est-ce que tu en as parlé avec tes enfants ou pas du tout ?
- Speaker #0
Non. Oui, ils savent, mais ils ne regardent pas la télé, ils s'en moquent complètement. Pour la finale, tous les chefs qui sont venus m'ont fait deux surprises. Et après, mes dix petits-enfants et mes enfants, sauf celui qui est à l'étranger, étaient là.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
et certains de mes petits-enfants ils sont pas à la télé, ils font l'école à la maison ils savaient pas que j'étais connue bien sûr mais moi j'ai pas chanté sur les toits ici ma vie est normale j'ai une vie comme avant, ça n'a rien changé c'est ça que les gens peuvent pas comprendre qu'ils m'engueulent parce que je leur dis pas mais moi je suis normale, je suis comme avant c'est pas parce que j'ai fait 14 ans de télé que je suis partie pendant 2 mois et demi m'amuser que j'ai changé, c'est ça qu'ils comprennent pas Oui,
- Speaker #1
parce qu'en fait,
- Speaker #0
toi tu relativise tout finalement c'est que de la télé même si c'est une télé super que je me suis éclatée que c'est très bien mais c'est un pan c'est deux mois et demi dans une année et le reste du temps il y en a des choses à faire
- Speaker #1
T'es une génération qui a grandi,
- Speaker #0
qui a vu beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.
- Speaker #1
Beaucoup d'évolutions. Ah oui,
- Speaker #0
du Minitel aux ordinateurs, les lettres, oui, oui, oui, tout quoi. J'adore, je crois qu'on a connu la plus grande... Grande évolution maintenant avec l'intelligence artificielle, on a vraiment, ma génération a connu, je pense, bien sûr qu'il y a tout le temps des évolutions et des révolutions, mais je pense que de mon époque, moi quand j'étais petite on n'avait pas de réfrigérateur, on avait une glacière et il y avait des glaçons, des barres de glace qu'on prenait. A mon époque on avait... Quand il y avait des fêtes ou du monde à la maison, on avait une cuisinière qui venait aider mes tantes à faire la cuisine. Une fois par semaine, il y avait une lingère qui venait faire le linge ou les raccommodages, je ne sais quoi. C'était une autre époque.
- Speaker #1
Est-ce que tu as la sensation justement, là je voudrais qu'on s'axe plus sur les femmes. Oui. Parce que c'est ça aussi le podcast Parole de femme.
- Speaker #0
Moi j'ai été élevée par des femmes.
- Speaker #1
Toi tu as été élevée par des femmes mais dans un esprit de telle liberté. T'as l'impression qu'aujourd'hui les femmes sont plus libres qu'avant ?
- Speaker #0
J'espère pour elles !
- Speaker #1
Et dans ton milieu à toi de la pâtisserie, est-ce que le fait d'avoir été une femme mais une vieille ?
- Speaker #0
Je ne suis pas dans le milieu de la pâtisserie. Oui, non mais il ne faut pas... Alors, moi, en tout cas, dans le monde de la pâtisserie, parce que moi, je travaille au Salon du chocolat, j'anime les passerechaux, tous les chefs, il y a de plus en plus de femmes dans les labos, il y a de plus en plus de femmes dans les formations et les écoles Ferrandi, ils ont fait des classes supplémentaires de pâtisserie, et il y a beaucoup de femmes, et je pense que les femmes, maintenant, elles se prennent en main, et elles sont super dans les labos. J'ai rien contre les mecs, bien entendu. Mais il y a de plus en plus de femmes, et c'est des femmes qui ont vraiment envie. Moi, je vois Colline Doucin, qui est la chef du Prince de Galles. C'est une gameline qui a 25 ans, qui est chef pâtissière, qui était hyper brillante à l'école. Elle ne savait pas qu'on pouvait en faire un métier, de la pâtisserie. Elle a fait son stage de troisième, elle voulait faire un chutec, et puis elle n'en avait pas. Donc elle a fait un stage dans une pâtisserie. Elle a adoré, et son père lui a dit, mais tu sais que tu peux en faire un métier. Donc, Anne Corrub, qui est la chef de je ne sais plus quel palace parisien. Elle mentionne très bien au bac, elle a choisi la pâtisserie. Il y en a beaucoup qui passent par Ferrandi, mais il y a beaucoup de femmes très brillantes. Regarde Nina Métayer, je l'ai connue, elle avait 16 ans cette gamine. Ah oui ? Oui, je la connais depuis toujours. Ce sont des femmes qui vont de l'avant.
- Speaker #1
oh mon dieu il est pas à moi j'en ai pas ce sont des femmes qui vont de l'avant, qui ont de la personnalité qui savent ce qu'elles veulent je trouve que beaucoup de femmes maintenant, bah bien sûr t'as pas la sensation quand même que Mercotte qu'elles ont fait ces femmes là évoluer le métier pour justement se faire une vraie place sans faire le choix de leur famille. Elles ont toutes des enfants.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Et elles arrivent à concilier les deux. Elles ont créé finalement... Une nouvelle identité de la profession ?
- Speaker #0
Oui, mais ce n'est pas que dans la pâtisserie. Là, on parle de la pâtisserie. Oui, mais bon, les femmes en général, quand même, dans l'ensemble, par rapport à mon époque, on était plutôt les petites bourgeoises à la maison. Quand même, il faut bien reconnaître. Même si j'ai une vie très active, il faut relativiser. J'étais la petite bourgeoise à la maison. Active, certes, qui faisait plein de choses, certes, mais ce n'est normalement pas très épanouissant, normalement. Moi, je me suis épanouie là-dedans parce que j'ai fait plein de choses. bien sûr mais euh Alors que maintenant, je vois mes filles. Elles bossent, elles ont des enfants, elles mènent tout de fond. Bravo ! Et puis elles savent ce qu'elles veulent. Après, c'est comme partout. Il y en a qui se laissent aller, il y en a qui foncent. Il y en a qui râlent toujours.
- Speaker #1
Il faut ouvrir les portes.
- Speaker #0
Il y en a qui sont pessimistes aussi. Il y en a qui n'ont pas confiance en elles. Je ne sais pas comment il faut faire. C'est leur nature aussi. Donc ça, c'est un monde.
- Speaker #1
C'est ça le monde. Oui, c'est la diversité des caractères. Toi, quand tu as élevé tes filles, tu leur as dit quoi, tes filles, justement ? Par rapport à la vie, par rapport à la position.
- Speaker #0
Démarrez-vous.
- Speaker #1
C'est vrai. Est-ce que tu es fière alors de ce qu'elles sont devenues, tes filles ?
- Speaker #0
Oui, je suis fière de tous mes enfants. Oui. Oui, elles ont bien...
- Speaker #1
À chacun, tu leur as dit... Pourquoi tu n'as pas ressenti le besoin ? Parce que moi,
- Speaker #0
je n'avais pas eu ça.
- Speaker #1
On en revient à ce que tu disais au départ. Tout à fait, tout à fait.
- Speaker #0
Je force le trait là, mais bon. Mais bon, c'est elles qui ont décidé, je veux faire ci. La dernière,
- Speaker #1
elle est partie au Mexique en plein milieu de ses études. Après, elle est revenue, elle a continué. Mais voilà, elles ont toutes décidé, je veux aller dans cette école, elle y va. Voilà, voilà. Ils ont... Tu leur as laissé aussi la possibilité de s'exprimer. Comme toi, tu n'as pas eu vraiment... Tu avais une adolescence où finalement, tu as fait tes propres choix et on t'a laissé l'opportunité de tromper aussi.
- Speaker #0
Pareil pour elle.
- Speaker #1
Aujourd'hui, elles en disent quoi de la mère code que les gens connaissent ?
- Speaker #0
comme on ne parle pas beaucoup, toujours pareil, la pudeur et tout ça. Mais ma fille, la dernière, elle a fait un discours. Tu devrais regarder la finale.
- Speaker #1
Je vais regarder la finale. Je ne voulais pas parce que j'aime découvrir les gens.
- Speaker #0
La finale, moi c'était dur parce que j'avais un zona, j'avais perdu 6 kilos, j'étais malade. Et depuis deux jours, il me disait, tu vas être émue. Mais je disais, non, je ne serai pas émue puisque c'est moi qui ai décidé de partir. Et puis, oui, je suis émue. Moi, j'ai pris cette décision il y a un an et demi. demi, c'est très bien. J'ai été très émue parce qu'ils m'ont fait, tu vas voir les surprises qu'ils m'ont faites. Et donc, oui, ma fille, elle a fait un très joli discours, ma dernière fille. Très bien. Que finalement, elle m'amérait alors que je ne savais pas et qu'elle ne m'avait jamais dit.
- Speaker #1
C'est marrant. J'ai la sensation, quand je te parle, Merci. Alors, peut-être que je me trompe, mais j'ai la sensation que tu es comme quand même ton cœur est très barricadé, comme si c'était très difficile de t'atteindre. Oui, mais ça, ça vient de mon éducation.
- Speaker #0
Oui, non mais c'est vrai, mais ça, c'est quand je t'ai dit que j'avais pris du recul à 14 ans, ça fait partie de ce genre de choses.
- Speaker #1
D'accord, ça aussi.
- Speaker #0
Oui, moi, je suis d'une époque où on a beaucoup de pudeur et on ne parle pas de soi. C'était mal élevé de parler de soi à mon époque. Vraiment.
- Speaker #1
Vraiment ?
- Speaker #0
Oui, on ne parle pas de soi. On ne parle pas de soi, on ne parle pas de son physique. Ce n'est pas comme maintenant. Tu vois, maintenant, tu as les réseaux, tout le monde se photographie. Moi, ce n'est pas ça, mon éducation. Mon éducation, c'est strict, mais très bien. Je ne critique pas. Mais ça, tu le gardes à vie.
- Speaker #1
Ok. Tu le gardes à vie.
- Speaker #0
C'est la pudeur. J'ai été éduquée comme ça. À 84 ans, je n'ai plus le temps. C'est fini.
- Speaker #1
Est-ce que si je te dis que justement à 84 ans, tu peux être un modèle de réussite et... Alors, de réussite, la réussite, elle est ce qu'elle est. Elle est propre pour chacun. On est bien d'accord. Pour autant, de se dire qu'à 84 ans, on aurait quand même envie d'être comme toi et surtout... Est-ce que tu arrives à avoir la capacité d'entendre que tu as été une pionnière pour les femmes de ton âge ? Aujourd'hui, on a mesdames médias, moi aussi quand j'ai fait le podcast d'Alexandra Krurk, c'est des femmes qui sont exceptionnelles. Et toi ?
- Speaker #0
Je suis bien plus vieille qu'elle, j'ai 40 ans d'écart.
- Speaker #1
Et sauf que toi tu mets en avant, on vient te chercher avec ton âge même de l'époque et c'était totalement révolutionnaire parce qu'il n'y avait quand même pas beaucoup de femmes à la télé. qui avait ton âge.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est vrai. Écoute, je remplissais les cases, je t'ai expliqué.
- Speaker #1
Mais d'être pionnière là-dedans, est-ce que ça te met une pression à toi en disant, tu vois, par exemple, alors je veux quand même garder une certaine... Voilà. Soit les photos, il faut être maquillée, il faut être ci, il faut être ça, ou est-ce que finalement, le physique et l'âge coulent sur toi aussi ?
- Speaker #0
Alors, moi, bien sûr que les photos, je ne veux pas être prise en dessous de la taille, je veux qu'on se mette en bande portrait. Je suis chiante pour les photos parce qu'après, les gens, ils les mettent sur les réseaux sociaux. Si c'est mon mauvais profil, je suis très moche. Donc non, ça, je fais très attention à ça parce qu'à partir d'un certain âge, il faut soigner son image. Mais c'est juste ça. Mais le reste, je m'en fiche. Vraiment.
- Speaker #1
C'est aussi ça, s'assumer.
- Speaker #0
Ben oui, complètement. Mais moi, je ne suis pas du genre à faire du botox et jamais rien faire. Et puis, je ne vais jamais rien faire. Ce n'est pas mon truc. Je me souviens, il y a 50 ans, j'ai une amie qui me disait « Mais pourquoi tu ne te fais pas faire des trucs et t'acheter des moules de cuisine et des trucs comme ça ? » C'était drôle. drôle.
- Speaker #1
C'était drôle ?
- Speaker #0
C'était drôle. Ben non, parce que c'est pas mon truc. On est comme on est. De toute façon, c'est des rites d'expression. Et puis, voilà, j'ai 84 ans. Je suis vieille, donc c'est bon.
- Speaker #1
Mais justement, c'est si bon de nous créer.
- Speaker #0
Je suis contente d'être un exemple et de donner envie à des gens d'avoir la pêche et d'avoir... En fait, j'ai une vie saine. Et de se dire qu'à 60 ans,
- Speaker #1
c'est pas fini.
- Speaker #0
Ah ben non !
- Speaker #1
À 70 ans, c'est pas fini. Non,
- Speaker #0
Si on a la chance d'avoir la santé, il faut vraiment reconnaître que... Moi, on m'a toujours dit à mon époque, chaque âge a ses plaisirs. Mais c'est tellement vrai ! C'est tellement vrai !
- Speaker #1
Tu reviendras pas en arrière ?
- Speaker #0
Ah mais moi je regrette rien de ce que j'ai fait, j'en ai fait des choses. Je regrette rien de ce que j'ai fait, ça s'est passé comme ça, c'est plutôt bien passé, voilà. Ça a pu être un peu plus calide avec mes enfants mais je savais pas faire donc voilà, tant pis.
- Speaker #1
Ça pourrait être un petit bout de regret ça ?
- Speaker #0
Oui peut-être, oui mais ça avec le recul.
- Speaker #1
Avec le recul ?
- Speaker #0
Voilà, mais bon.
- Speaker #1
Est-ce que t'as appris avec tes petits-enfants par exemple ?
- Speaker #0
Je suis jamais là.
- Speaker #1
Tu n'es jamais là. Je suis là. Tu vas les avoir là quand même.
- Speaker #0
Oui mais toi ils ont 30 ans, ils sont grands mes petits-enfants.
- Speaker #1
Ah oui ? Ben oui, excuse-moi.
- Speaker #0
Non mais tu fais tellement de... Non, il y en a 10 et ils ont de 30 ans à 10 ans. La dernière a 10 ans mais les autres ils ont 30 ans, 28 ans, 25 ans, 24 ans. Ils sont dans la vie active, ils ont fait des belles études, ils ont des belles situations, tout va bien.
- Speaker #1
Oui. Alors, je vais te poser une question bête. Tu leur cuisines des vieilles... Non, mais les pâtisseries d'avant.
- Speaker #0
Non, non. Alors, il y a un temps pour chaque chose. Quand j'étais petite, là, ceux qui ont 24, 25 ans, ceux de ma fille, oui, c'était à la grande époque, macarons, les stages, donc eux, ils ont vécu un peu ça. Mais plus le temps passe, déjà, moins je suis là à la maison. Et ensuite, moi, j'ai envie de le faire. Parce qu'il y a un temps pour chaque chose. Moi, j'ai tellement donné, je me suis éclatée, j'ai tellement donné, mais maintenant, je n'ai plus envie. Maintenant, j'ai toujours envie de faire des très bons repas et tout. J'invite, on m'invite, on s'invite. Mais moi, je ne mange jamais le soir. Je refuse toutes les invitations le soir. Je ne vais jamais le soir. Je ne sors pas le soir. Voilà. C'est aussi un mode de vie.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et oui, tu entretiens aussi. Oui, oui,
- Speaker #0
oui. Non, mais c'est à ma nature. C'est quoi alors les projets de Mercotte aujourd'hui ?
- Speaker #1
Eh bien, alors là j'ai un petit livre chez La Martinière qui sort. Une nouvelle collection, là c'est un faux livre qu'on a fait pour l'émission. Il y a déjà les marcons qu'on fait, Christophe Felder. C'est un livre, une nouvelle collection de La Martinière qui est très très bien. J'ai dit oui tout de suite parce que c'est mignon, il n'y a rien, c'est un entretien un peu comme on a eu. C'est un entretien avec Mercotte en fait. Un entretien avec Mercotte, itinéraire du Namal. Voilà, d'une amateur éclairée d'un âge certain, des conseils pour apprendre à apprendre. Et ça c'est fin septembre, le mois d'octobre j'ai un livre qui sort chez Larousse. Larousse ça faisait des années qu'il me demandait et j'avais pas le temps. Et là comme j'ai arrêté l'émission j'avais un peu plus de temps. Donc en fait on reprend, parce que le blog il y a 20 ans de recettes. C'est énorme, même moi quand je veux chercher une recette, je dis Biscuit de Savoie rapide Mercotte, je dis Génoise Mercotte, je vais pas aller sur le blog regarder la table des matières, il y en a trop, donc je tape mon nom Ah bah oui, c'est un peu schizophanie tout ça Non mais c'est super, je trouve, ça va bien plus vite Donc on reprend, en fait l'idée c'est de les gens qui veulent commencer la pâtisserie, leur donner des bons tips c'est-à-dire... Le sourcing, la qualité des produits, les bons gestes dans le bon ordre et bien expliquer dans le détail. Donc, ce sont 35 ou 40 recettes longues, très bien expliquées avec tous les petits trucs et astuces pour que si elles lisent bien la recette…
- Speaker #0
Lisez bien. Effectivement, c'est écrit.
- Speaker #1
Si elles lisent bien la recette, ça marche.
- Speaker #0
C'est toi qui les as sélectionnées les recettes ? Non,
- Speaker #1
c'est Larousse. Non, non, moi j'ai pas fait grand chose. C'est Larousse parce que moi je n'ai pas... C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail de faire des livres. Quand je faisais les livres avec Sarah Molina, là, les solutions, moi j'avais tout préparé, j'ai plein de congés, tout était prêt. La photographe venait et on chutait une semaine ici. Ici.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Une semaine ? Une semaine, oui. Les choses étaient congelées. Enfin, tu vois, c'est comme on fait dans les... Oui, c'est un très bon... C'est beaucoup d'organisation. Moi, c'est trop de travail. Moi, j'ai passé l'âge. Donc, en fait, j'ai trouvé quelqu'un qui faisait les pâtisseries, mais... selon mes recettes. Et par chance, ils avaient un studio aussi en-dessus. Donc, on a fait le shooting avec une super photographe, une super styliste et une super photographe. C'était très sympa. Donc là, je suis allée que deux jours à Paris. Alors que normalement, ça te prend un temps fou. Les recettes, je les ai récupérées sur le blog, bien sûr. C'est eux qui ont fait la liste. Donc, il y a les tartes, les cakes, les bases, les crèmes, les cils et quelques recettes. Mais plutôt des recettes simples. euh... Et après, j'ai demandé à chaque GPT de me les ranger par ordre. Parce que moi, je les écris comme ça. Et chaque GPT, j'ai dit parce qu'ils veulent le temps de préparation, les ustensiles, tout, tout. Donc, chez le GPT, j'ai fait copier-coller ma recette et il m'a tout rangé dans l'ordre. D'accord. J'ai revenu, bien sûr, parce que j'avais rien pris. Mais voilà. Ben oui. Ben oui. hop là
- Speaker #0
La rigueur, la confiance n'explique pas le contrôle.
- Speaker #1
Donc ça c'est de l'actualité. Après il y a un festival qui s'appelle Little Italy, au mois de septembre je suis la marraine, avec Luana qui doit être le côté italien. J'anime le salon du chocolat de Paris encore une fois, même si c'est payé le pinot, mais ça ne fait rien, j'adore parce que c'est tous mes copains pâtissiers.
- Speaker #0
Mercode ça ne s'arrête jamais ?
- Speaker #1
Ah ben là jusqu'en avril 2027, j'ai plus de créneau. C'est fou ! Ben oui, je repars à Maurice, bien sûr, et cette année on est parti à Madagascar, après là je pars en Afrique du Sud, voilà, je vis ma vie.
- Speaker #0
Une belle vie ?
- Speaker #1
Très belle.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous diriez aux femmes qui ont peur de changer de vie ou qui se disent que c'est trop tard pour changer de vie ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il n'est jamais trop tard pour se reconvertir à condition d'être passionnée et d'avoir la niaque. Parce que moi j'ai l'exemple et tous mes amis pâtissiers ont l'exemple des femmes ou hommes d'ailleurs qui veulent se reconvertir dans la pâtisserie, qui ont 30, 40, 50 ans. Donc voilà, ils arrivent tout feu tout flamme, au bout d'une semaine ils n'en peuvent plus, je suis fatiguée. Ils croient qu'ils vont faire un gâteau, ben non, pendant trois mois tu vas faire le tour, pendant trois mois tu vas faire des crèmes, pendant trois mois tu vas faire ça. Et en plus ils disent, alors bien sûr qu'ils arrivent, ils n'ont pas le SMIC, donc déjà on ne les paye pas. Ensuite, je me souviens, il me disait, ils se font engueuler par des gamins de 17 ans. Mais pourquoi il y a des gamins de 17 ans qui m'engueulent ? Oui, mais lui, il est là depuis qu'il a 14 ans, il sait ce qu'il faut faire et toi, tu fais de la merde. Non,
- Speaker #0
mais c'est vrai.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Donc, soit t'es très, très, très motivée et tu vas passer par-dessus tout ça et en bavé, vraiment en bavé, tu y arriveras. Soit tu vas abandonner...
- Speaker #0
Ça veut dire qu'il faut... En fait, tu vois, le contraste, il est là, c'est que quand on t'écoute, tout semble tellement facile. Quand on creuse un peu, il y a eu des moments peut-être quand même où il a fallu, ça a été parfois peut-être un peu plus compliqué.
- Speaker #1
Pourquoi faire ?
- Speaker #0
Dans ton parcours, où est-ce que tu dis finalement, si c'est dur, il faut s'accrocher.
- Speaker #1
Mais moi, non, parce qu'on est, alors, chose très importante, on est toujours venu me chercher. j'ai jamais rien demandé on est venu me chercher pour les livres au début même les petits mignons là on est venu me chercher pour la radio on est venu me chercher pour la télé j'ai jamais rien demandé moi c'est ça l'important donc comment veux-tu que j'ai des doutes on est venu me chercher, ils m'ont voulu, c'est bien ce qu'ils ont dit ils m'ont voulu, ils m'ont eu tel que j'étais c'est à dire que je n'allais pas changer parce que je passais à la télé j'ai le verbe Enfin, je dis ce que je pense. Je suis sans filtre. Eh bien, ils m'ont pris parce que j'étais comme ça.
- Speaker #0
Et c'est ça aussi qui a fait un peu merco.
- Speaker #1
Pourquoi veux-tu que j'ai des remords ou que j'ai des doutes ? Moi, j'ai mené ma vie comme j'ai voulu.
- Speaker #0
Non, pas des remords. Je disais que parfois, il y a eu des difficultés à surmonter, qu'il faut s'accrocher parfois dans la vie.
- Speaker #1
Ben non. Moi, j'ai quand même eu une vie. C'est ce que je dis. La petite bourgeoise tranquille qui a la tête de vie, elle est vachement sympa. Et puis, qui est allé en crescendo sans le vouloir.
- Speaker #0
Oui, alors après, il y a quand même, je pense, malgré tout, je suis d'accord sur la petite bourgeoise qui a une belle vie. Je pense malgré tout qu'il y a quand même des moments où il y a des choix que tu fais qui engagent le fait que ce soit une belle vie. Ou l'optimisme dont on parlait tout à l'heure, le rayonnement. les choses s'enchaînent parce que si tu tu sais en plus souvent la chance est là et il faut tendre la main pour l'attraper,
- Speaker #1
si tu l'attends pas elle vient pas si tu ne l'ouvres pas ton blog tendre la main j'étais passionnée par les recettes par la cuisine, par la gastronomie et tout donc faire un blog je trouvais que c'était super intéressant voilà, c'est ça j'ai saisi l'opportunité tu vois tu aurais pu rester plan plan Ah bah non, attends, mais c'est pas ton capérament. J'étais tranquille, mais je faisais plein de choses. Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça, c'est ce que tu dis. En fait, la vie n'est faite que d'opportunités qu'il faut saisir. C'est passer au-delà de potentiellement le frein ou la peur de ne pas saisir les opportunités, parce que c'est par rapport à ton éducation, ou par rapport à ton caractère, ou par rapport à tout ça. C'est ça qu'il faut que tu comprennes, c'est que je ne me pose pas de questions. Je saisis, oui, on me demande pourquoi pas. Pas tout de suite, mais pour la télé,
- Speaker #1
mais pour d'autres choses, pour la radio. J'adore la radio, j'ai adoré la radio. On est venu me chercher, mais j'étais trop contente. Voilà, tu vois, mais en fait, on est venu me chercher. c'est ça moi j'ai pas eu d'état d'âme est-ce que j'y vais, est-ce que j'y vais pas non oui la télé,
- Speaker #0
parce que là j'ai pas dit oui tout de suite parce que quand même c'était bizarre bizarre tu retourneras à la radio si on te le demande ah oui j'adore, bien sûr si on vient retaper à ta porte tu retournes ah oui,
- Speaker #1
ça dépend avec qui potentiellement potentiellement oui bien sûr c'est un média génial Oui, mais maintenant c'est plus que c'est. maintenant tu vois il s'est devenu ici enfin c'est entre nous c'est devenu ici c'est plus que c'était les audiences baisse mais les audiences baisse partout enfin bon après quand tu vois la télé là moi je regarde temps en temps quand je suis noté je regarde télé matin c'est mignon c'est tout ils enlèvent le petit qui était là pourquoi ils veulent tous changés tout le temps c'est de de pire en pire. Alors arrêtez !
- Speaker #0
Alors qu'avant ? on avait des référents et on était content de retrouver les gens.
- Speaker #1
Il y a moins de gens qui regardent. Oui, mais parce que ça, c'est dans l'air du temps. Les gens, ils sont saturés. Il y a des milliers de chaînes. Donc, bien sûr que vous ne pouvez pas avoir la même part de marché. Mais arrêtez de vouloir tout changer. Je vois, moi, j'écoute Philippe Cabrivière le matin. Et le petit... Ça me fait trop rire. Et le petit Thomas Soto, il l'a enlevé. Mais il était génial. Pourquoi ? Ils vont mettre cette fille, elle est sûrement très bien, je vous le jure, mais elle est triste tout net. Moi je regarde en vidéo. Ah d'accord. Bah oui, je regarde en vidéo, moi, tout le temps. Bah, pourquoi ? C'est quoi ça ? Tu vois, ils ont la tête, ou d'ailleurs, ils se sont bien fait remonter les bretelles, France 2, pour télé-matin.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Ah ouais,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Il y a eu des messages pour le petit, je crois, Damien Thévenot, je crois que c'est son nom.
- Speaker #0
Je ne sais pas, aujourd'hui c'est très changeant. En fait, il faut tout le temps renouveler. C'est un peu du Kleenex. C'est une génération. Quand on dit génération Kleenex, elle est vraie. C'est exactement ça. Toi, les gens se lassent tout de suite. t'aimes un truc et puis il n'y a plus la constance d'avant avant on avait des gens référents mais il n'y a plus ça Mercotte on va terminer la question avec laquelle je termine parole de femme même si tu ne le fais pas habituellement on va essayer de le faire si je mets ta peau en vie on ne le fera pas tu diras non
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui. J'aimerais que tu reviennes un peu en arrière et que tu parles à cette petite fille à 3 ans et demi qui perd sa maman. Tu lui dirais quoi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, il y a une chose que je ne t'ai pas dite, que j'ai dite dans l'émission. En fait, je ne savais pas que j'avais perdu ma maman.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce qu'on ne nous l'a pas dit.
- Speaker #0
Et un jour,
- Speaker #1
j'étais avec mon frère, mais je repars dans la cuisine et j'entends mes tantes qui parlent entre elles. Et il y en a une qui dit « Tiens, ça fait déjà 4 ans qu'Ida est morte. » Donc, tu vois, mais ça ne nous a pas...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On n'a pas eu le manque, on n'a pas eu la tristesse, on n'a pas eu...
- Speaker #0
parce qu'on ne savait pas tu ne demandais pas après ta maman ?
- Speaker #1
bah non
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Dur. Dur. Dur dans la tête. Pas dur à vivre. Non. Dur. Voilà, dur, c'est comme ça.
- Speaker #0
Tu t'es créée... Enfin, je veux dire, voilà. Tu as été... On voit. Oui,
- Speaker #1
oui, tu vois bien. C'est droit.
- Speaker #0
C'est dur, c'est...
- Speaker #1
Attends que je ne peux pas dire cette petite fille. Qu'est-ce que tu veux qu'elle dise ? Ah ben non, tu ne peux pas lui dire.
- Speaker #0
Non. Non.
- Speaker #1
Tu ne peux pas dire.
- Speaker #0
Alors, non.
- Speaker #1
Non, c'est vrai,
- Speaker #0
je comprends vraiment. Je comprends de mieux en mieux.
- Speaker #1
qui j'ai en face de moi c'est incroyable et ils ont bien aimé dans l'émission ils ont bien aimé dans l'émission Je me suis dit, mais pourquoi vous me demandez ? Je n'ai rien d'extraordinaire. Et eux, ils trouvaient aussi ça intéressant.
- Speaker #0
Oui, c'est très intéressant d'avoir été coupé. Il y a plein de choses qui viennent.
- Speaker #1
Oui, il faut aller voir un psychanalyste. Mais des tas de choses. Analyser cette dame-là, elle est bizarre.
- Speaker #0
C'est la prochaine télé, on va analyser Mercotte. Du coup, Mercotte, on termine sur la dernière question. Pour toi ? C'est quoi être une femme en 2026 ? Si tu devais donner ta définition de la femme de 2026, ça serait quoi ? Alors c'est quelqu'un qui s'assume, qui impose ses idées, qui dit vive la liberté. Voilà, c'est une belle façon de conclure. Vive la liberté pour moi, si je dois donner une définition de toi. Ce sera une femme libre, profondément libre.
- Speaker #1
Absolument. Mais il y en a plein d'autres, tu sais, et bien avant ma génération aussi. Et j'espère bien les rencontrer. Non, mais les hommes sont... C'est bien avant ma génération, je t'ai dit.
- Speaker #0
Peut-être que j'irai voir un médium pour les rencontrer. Ah bon,
- Speaker #1
alors là, c'est possible.
- Speaker #0
Non, mais il y a plein de femmes libres. Mais leur parole, en tout cas, est intéressante. Parce que vous avez toute votre propre liberté.
- Speaker #1
Ça, c'est vrai aussi.
- Speaker #0
Et la définition de la liberté est bien complexe. C'était le sujet de philo de ma fille. La définition de la liberté est propre à chacun.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Et tu as ta vision de la liberté. Et comme d'autres l'ont, donc c'est pour ça que je suis heureuse d'avoir entendu sur ce sujet-là, qui me paraît très important. Après, on adhère, on n'adhère pas, tu es tel que tu es. Absolument, bien sûr. Et j'assume tout. Et dans Parole de Femme, on n'est pas là pour donner une...
- Speaker #1
Parole universelle.
- Speaker #0
On parle de toi et toi tel que tu es. Merci, Mercotte, de cet entretien. A très bientôt. On va se retrouver très vite sur les salons au CIRA. Forcément. Merci, Mercotte.
- Speaker #1
Super.