Bienvenue dans Paroles en justice, le podcast qui explore la justice pénale et donne la parole à celles et ceux qui la vivent, qu’ils soient professionnels du droit ou directement confrontés à ses réalités.
Aujourd’hui, nous vous proposons le deuxième épisode de notre série consacrée au narcotrafic. Dans le premier épisode, nous avions abordé cette question avec Maître Robin Binsard, avocat pénaliste, en analysant le phénomène à travers le prisme de la justice pénale, de ses mécanismes et de ses limites.
Mais cette fois, nous avons choisi de changer de perspective. Nous avons voulu quitter les textes, les qualifications juridiques et les logiques institutionnelles pour revenir au terrain, au réel, à ce qui se joue concrètement dans les quartiers.
Parce que le narcotrafic ne se résume pas à des dossiers, des statistiques ou des politiques sécuritaires. Derrière ces mots, il y a des trajectoires brisées, des familles endeuillées, des habitants qui vivent dans la peur, le silence, et parfois dans un profond sentiment d’abandon. Un abandon qui n’est pas seulement matériel, mais aussi symbolique, lorsque les institutions semblent lointaines ou impuissantes.
C’est précisément cette réalité qu’exprime Amine Kessaci, fondateur de l’association Conscience, qu’il a créée après l’assassinat de ses deux frères. Dans son livre Marseille essuie tes larmes, il évoque la notion de “narcocratie” pour décrire l’emprise progressive du trafic sur certains territoires, une emprise qui dépasse l’espace public et s’infiltre parfois jusque dans les sphères les plus intimes, y compris au sein des familles.
Face à cette situation, le rôle des associations apparaît plus que jamais essentiel. Elles sont souvent les premières à recueillir la parole des victimes, à les accompagner dans leurs démarches, et à tenter de répondre, concrètement, à ce sentiment d’abandon. En 2025, l’association Conscience a ainsi réalisé 389 aides juridiques au bénéfice de personnes confrontées aux conséquences du narcotrafic, de la violence et du défaut de prise en charge institutionnelle.
Pour évoquer ce travail de terrain, ses enjeux et ses limites, nous recevons aujourd’hui Clément Large, porte-parole de l’association Conscience.
Clément Large, merci beaucoup d’être avec nous.
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