- Speaker #0
Clément, bienvenue dans Parole en justice, le podcast qui parle justice pénale et donne le micro à celles et ceux qui la vivent. Aujourd'hui, c'est le deuxième épisode de notre série sur le narcotrafic. Dans le premier, on en parlait avec un avocat, maître Robin Binsart, du point de vue de la justice pénale. Et cette fois, on a voulu regarder le sujet autrement et partir du terrain. Parce que derrière le narcotrafic, il n'y a pas seulement des affaires, des chiffres ou des réponses sécuritaires. Il y a aussi et surtout des vies abîmées, des familles endeuillées, de la peur, du silence, parfois un sentiment d'abandon. Et c'est justement ce que raconte Amine Kessassi, fondateur de l'association Conscience, qu'il a créé après l'assassinat de ses deux frères, et qui parle, dans son livre « Marseille essuie tes larmes » , de « narcocratie » pour dire cette emprise du trafic de drogue sur les quartiers, et parfois jusque dans les familles. Face à ça, le rôle des associations est essentiel. Elles accompagnent les victimes, recueillent leurs paroles, essaient de répondre là où le sentiment d'abandon est parfois très fort. En 2025, l'association Conscience a d'ailleurs réalisé 389 aides juridiques. pour des personnes confrontées aux conséquences du narcotrafic, de la violence et de l'abandon institutionnel. Pour en parler, nous recevons aujourd'hui Clément Large, porte-parole de l'association Conscience.
- Speaker #1
Clément Large, merci beaucoup d'être avec nous.
- Speaker #2
Merci de me recevoir.
- Speaker #1
Comment penser le narcotrafic à la fois comme violence criminelle, échec public, drame humain et défi démocratique ? C'est la question qui va nous occuper pendant cet épisode. Tout d'abord, premier chapitre de l'association Conscience. En 2020, Amine Kessassi est devenue tristement célèbre en raison des assassinats de ses frères à Marseille et a fondé, comme nous l'avons dit, l'association Conscience dont vous êtes aujourd'hui porte-parole. Comment est née l'association ? Parlez-nous de son histoire et de sa raison d'être.
- Speaker #2
Alors Conscience, dans sa forme actuelle, elle est née en 2020, comme vous l'avez dit, après la mort d'Obrahime, le premier frère d'Amiké Sassi, qui avait été assassiné par... par des narcotrafiquants. L'idée, à ce moment-là, c'est d'avoir une volonté de pouvoir accompagner les familles de victimes, parce qu'aujourd'hui, il y a un flou. Aujourd'hui, les familles, elles sont un peu livrées à elles-mêmes, et aussi, on a un problème avec les termes utilisés. On parle beaucoup de règlement de compte. L'idée, c'était aussi de parler d'assassinat, parce qu'aujourd'hui, quand une famille perd un enfant, quelle qu'il soit, quelle que soit l'histoire de cet enfant, ça reste la même douleur pour tous. Et on a un traitement médiatique qui est très, très complexe et qui est très, très violent à l'égard de ces familles. L'idée, c'est d'avoir un milieu de parole, déjà. et aussi un milieu d'aide pour enfin venir dans ces zones où l'État est parti au fil des années, justement.
- Speaker #0
Justement, par rapport aux autres associations qui oeuvraient dans la même veine, quelle est la place des associations aujourd'hui en France dans la lutte contre le narcotrafic ? Comment se positionne conscience sur ce thème ? Est-ce que vous avez cité des liens, peut-être, avec d'autres associations sur ce sujet ?
- Speaker #2
Ça, c'est assez réel. Aujourd'hui, il y a un prix de vos milieux associatifs de lutte contre le narcotrafic. conscience. Aujourd'hui, on a une certaine renommée médiatique, on va dire, mais il y en a plein d'autres qui sont plus ou moins connues. Ce qui est intéressant, c'est que c'est toujours un milieu où, mine de rien, on a un vrai échange avec plein de structures, plein d'associations où on travaille à la fois avec des associations qui sont des associations dites plus liées à la lutte contre la mafia. Par exemple, il y a Crime Health, assez connue, et d'autres associations qui sont des associations qui agissent par contre sur le terrain, directement dans les quartiers. Et c'est une volonté assez forte qu'on a depuis quelques temps d'essayer de faire en sorte qu'on puisse travailler tous ensemble. Parce qu'aujourd'hui, on va venir travailler beaucoup chacun de nos côtés. Et c'est assez dommage parce qu'on perd un peu en force, forcément, quand chacun agit sans forcément concerter l'autre. C'est plus dur d'avoir une action coordonnée. Et c'est l'idée aujourd'hui de pouvoir travailler tous ensemble. Et c'est d'ailleurs une des choses qui nous guide quand on s'installe dans une ville, d'ailleurs, c'est de vérifier si le tissu sur place permet de s'installer et de ne pas prendre la place d'associations qui sont déjà depuis longtemps. L'idée qu'on met au cœur de toutes nos actions, c'est ce qu'on appelle un peu la... La dignité de la parole, c'est-à-dire que c'est les personnes concernées qui doivent agir et qui peuvent agir, et de ne pas venir prendre leur parole, ce qui est un peu la chose qui arrive souvent au niveau associatif, c'est qu'on a beaucoup des politiques qui prennent décision sans forcément venir concerter les personnes sur place.
- Speaker #1
Et justement, sur la question de la parole, l'association est aussi devenue fortement présente dans l'espace public en raison de son fondateur, Amine Kessassi. Mais comment on fait exister une parole collective d'association ? au-delà d'une figure devenue presque symbolique en France ?
- Speaker #2
Amine incarne symboliquement la lutte contre le trafic aujourd'hui en France. Mais une parole existe, parce que la preuve, c'est que je suis devant vous. Et qu'on a plein d'acteurs qui agissent, un président qui parfois fait des plateaux de télévision. On a d'autres personnes à Marseille très engagées et très actives. Et je pense qu'on peut exister de manière collective. Et surtout, la parole, c'est une chose qu'on met un peu de côté. On commence un peu un travail de plaidoyer, mais c'est un travail qui est lent. Et on y fait grande attention. Mais surtout, notre action, nous, c'est une action de terrain. Et c'est le plus important. Enfin, j'ai quelques chiffres. Donc, conscience, en 2025, c'était 18 500 kilos de col alimentaire qui ont été distribués. Et plus de 2 800 bénéficiaires directs de nos actions partout en France. Et je pense que le plus important, c'est vraiment... l'énergie qu'on met sur le terrain à agir plutôt que dans la parole, même si c'est de son complémentaire, heureusement.
- Speaker #0
Et par rapport à cette incarnation de la lutte associative, on se demande finalement, à la lumière des derniers événements d'actualité assez glaçants, si ce n'est pas devenu une pratique un peu dangereuse, accompagner des victimes, s'implanter dans certains quartiers. Est-ce que ça peut exposer des militants comme vous au narcotrafic ou à la violence du narcotrafic ? Est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui que le droit protège mal les représentants associatifs qui prendraient la parole pour lutter contre le narcotrafic ou les familles qui s'exprimeraient sur le sujet ?
- Speaker #2
Je pense qu'avant tout, il y a une question d'acte citoyen. Quand on installe une antenne de conscience, c'est un acte citoyen, un acte militant, je dirais. D'ailleurs, on met beaucoup de temps à s'installer parce qu'on a un vrai travail de terrain d'abord, parce que chaque ville a ses réalités liées au narcotrafic. Si vous êtes à Marseille, ce n'est pas la même logique qu'à Lyon, par exemple. sur la spatialisation urbaine, etc. Parce qu'il faut voir le trafic comme un problème structurel et pas juste un problème sécuritaire, ce qui est souvent le raccourci qui est très vite fait. Maintenant, au niveau de la mise en danger, je ne pense pas aujourd'hui, il y a une prise de conscience politique, surtout sur le sujet des lanceurs d'alerte sur le narcotrafic, via ce qui s'est passé avec Amine, mais on le voit avec la position de loi assez récente de Sandra Vogel, dont conscience avait pu être sollicitée, justement, qui protège un peu... à juste titre, enfin les lanceurs d'alerte du narcotrafic, et qui va changer certaines choses, notamment sur le fait que l'engagement citoyen soit enfin reconnu comme étant une valeur qui permette la protection, et surtout, avec cette nouvelle façon de faire, c'est l'individu protégé est enfin mis au courant et est inclus dans la procédure de protection, ce qui permet de mieux le protéger et surtout d'identifier tout ce qui pourrait en découdre.
- Speaker #1
Et quand vous arrivez dans une ville et que vous essayez de potentiellement prendre contact avec les pouvoirs publics, justement pour s'installer, collaborer, comme vous le dites, avec des associations déjà sur place, comment ça se passe concrètement ? Est-ce que vous vous êtes reçus favorablement ? Quelles sont les difficultés qui s'imposent à vous dans ces moments-là ?
- Speaker #2
Alors, la prise de contact politique, c'est pas la première priorité en général. D'abord, c'est de voir le tissu associatif sur place, de voir les problématiques des personnes sur place et de trouver des gens sur place. qui sont prêtes à prendre cette parole. Le politique, ça vient après, parce que ce n'est pas une priorité. Et maintenant, aujourd'hui, en France, il y a quand même un consensus plus sur le fait qu'il faut une action liée au narcotrafic. Donc, on a pour l'instant une assiste plutôt favorable partout où on a eu besoin de solliciter les pouvoirs publics et politiques.
- Speaker #0
Est-ce que vous n'avez pas des gens qui vous disent, au vu de l'acharnement que subit Amine Kessassi, moi, j'ai un peu peur d'ouvrir une antenne dans mon quartier. Est-ce que vous, l'association Conscience, vous recevez ? n'auriez pas peut-être des menaces, des baissages sur vos comptes associatifs ? Est-ce que vous vivez la pression qu'Amin Kessassi peut vivre en termes de risques sécuritaires ? Ou c'est vraiment lié à Amin Kessassi et vous pouvez mener votre action de façon assez libérée ?
- Speaker #2
Pour l'instant, on n'a pas eu de frein sur cette question. On n'a pas eu encore de problème lié à ça, même si la question sécuritaire reste importante, forcément.
- Speaker #0
OK. Donc ensuite, sur l'accompagnement des victimes, On a vu que c'était l'un des piliers fondamentaux de votre association, c'est l'accompagnement des victimes du narcotrafic. Et concrètement, on se demande quel est cet accompagnement, comment il se met en place, est-ce que c'est un soutien humain, administratif, psychologique, médiatique, juridique ?
- Speaker #2
Ce que j'abordais au tout début, c'est qu'aujourd'hui, c'est plus pris en compte, mais il n'y a pas beaucoup d'accompagnement des familles de victimes du narcotrafic. Donc il y a deux plans déjà, au niveau communication. nous l'objectif c'est vraiment qu'on utilise des termes médiatiques comme assassinat, qu'on sort de tous les termes qui sont déshumanisants ça c'est une vraie bataille humaniste de sortir des termes enfin il y avait les termes odieux à Marseille de barbecue quand on parlait des incendies de voiture les termes qui parfois étaient utilisés, règlement de compte qui donnent l'idée que c'est entre eux, et d'ailleurs pendant très longtemps il y avait une politique qui disait tant qu'ils se tuent entre eux ça ne nous regarde pas, et ça c'est horrible parce qu'en fait on déshumanise fortement les personnes parce que quelles qu'elles soient, elles sont aujourd'hui frappées par un système qui est beaucoup plus gros et qui les pousse à ce genre de retranchement. Et au niveau des familles, cette partie communication qui permet enfin de les soulager et leur offrir un espace de parole avec d'autres familles de victimes pour qu'elles se rendent compte qu'elles sont pas toutes seules, avoir l'accompagnement qu'il faut. Après, c'est toujours une démarche où on va inclure la famille, si elle veut pas, elle veut pas. Il n'y a vraiment pas d'objectif, mais le but, c'est vraiment d'ouvrir une safe place, un endroit où elles pourront correctement vivre ce deuil assez violent et de pouvoir s'exprimer. Derrière, il y a cet accompagnement aussi administratif, juridique, d'avocats qui parfois nous aident et qui permet d'aider ces familles qui veut. à vivre ces moments-là.
- Speaker #0
Elles viennent vers vous, ces familles, ou vous venez vers elles au moment où ces décès surviennent ?
- Speaker #2
C'est un peu les deux. En général, on peut venir vers elles. C'est ce qu'on faisait quand on a l'occasion d'aller les rencontrer, si elles le souhaitent. Et parfois, elles viennent en association, surtout les personnes, etc.
- Speaker #1
Et quels sont les moyens qui vous manquent concrètement pour aider ces familles ? Qu'est-ce que vous aimeriez avoir de plus aujourd'hui ?
- Speaker #2
Je dirais que le nerf de toute guerre créative, c'est les moyens financiers, évidemment. On vit dans une période économique où on a tendance à sacrifier le monde associatif qui aujourd'hui occupe une place qui est quand même primordiale sur ce genre de mission, mais que ce soit l'association et le milieu. Et c'est dommage qu'on vienne couper ces subventions parce que c'est quelque chose qui nous permet de survivre, qui permet de mettre en place des actions. Aujourd'hui, on bénéficie beaucoup de la solidarité des gens, des familles qui justement font partie de Conscience et qui à la fois aident et demain peuvent être aidées. C'est un système là qui marche très très bien et qui est très beau, mais... sans moyens financiers associatifs dédiés aux associations. C'est vrai que c'est très compliqué de pouvoir avoir des actions réconstruites.
- Speaker #1
Donc une partie de vos bénévoles, ce sont des anciennes familles qui vont avoir le sentiment qu'elles doivent aider à leur tour potentiellement ?
- Speaker #2
C'est ça, on a de tout en fait. On a des familles qui vont aider parce qu'elles ont connu ça, donc elles savent ce que ça fait. Et d'autres familles qui n'ont pas connu ça, mais forcément on arrive tous à peu près à sentir ce que ça fait. Et c'est ça qui est assez beau chez Conscience, c'est qu'il y a une vraie solidarité très très forte. et quelles que soient les villes où on est très implanté, je parle. Donc ça montre qu'il y a une solidarité, il y a des personnes qui ont des solutions, c'est dans ces quartiers et ces familles, elles ont envie de réécouter. Et notre mission, c'est de faire en sorte qu'enfin ce discours puisse émerger dans l'opinion publique.
- Speaker #0
À Marseille, j'imagine que la structure est assez particulière. Comment vous faites pour conserver cette efficacité tout en vous adaptant à chaque ville dans lesquelles vous vous installez ?
- Speaker #2
Le processus d'installation est très lent et très étudié. C'est pour ça que ce n'est pas très rapide, mais on y tient. On a un rôle de référent, donc des personnes qui vont un peu les référents de conscience, qui ont un lien direct avec le bureau de l'association pour toutes leurs demandes. On a choisi de garder la structure associative basée à Marseille et les antennes sont domiciliées à Marseille. Au lieu de créer des micro-assauts, c'est pour une meilleure coordination. Et c'est beaucoup plus simple et plus efficace. Et aujourd'hui, ça fonctionne plutôt bien dans certaines villes. Enfin, plus ou moins, ça dépend après l'engagement des personnes, le temps qu'elles ont à y allouer, forcément. Mais aujourd'hui, on a une installation qui est assez forte, donc à Marseille, évidemment, puisque c'est la naissance de l'association, à Bordeaux et à Lyon, à Nîmes et Toulon, qui sont aujourd'hui les villes principales dans lesquelles on a une action. Et après, d'autres qui sont en cours de construction, on va dire.
- Speaker #1
Et vous avez le sentiment de manquer de moyens humains ou globalement, il y a quand même beaucoup de personnes destinées à vous aider et qui vont répondre à l'appel ?
- Speaker #2
On a beaucoup de personnes qui se portent assez volontaires là-dessus et ça, c'est très intéressant. Mais forcément, il y a toujours le problème financier qui permettrait demain, par exemple, d'avoir les employés. Par exemple, c'est une chose qui permettrait d'aller beaucoup plus vite et d'une meilleure structure parce que tout le temps, c'est un temps bénévole et forcément, il ne peut pas être infini pour tous.
- Speaker #0
Amine Kessassi, dans Marseille, essuie tes larmes. On l'a dit au départ, emploie et conceptualise le terme de narcocratie. Et on se demande aujourd'hui à quoi ressemble l'emprise du narcotrafic sur un quartier au quotidien. Je pense notamment à cette anecdote où, sur un hall d'immeuble, on avait des dealers qui proposaient de mettre à disposition des jeunes pour des petits services, par exemple. Est-ce que c'est des choses qui tendent à se généraliser ? Est-ce qu'il y a une narcocratie qui prendrait le pas sur l'État ?
- Speaker #2
Alors ça, c'est des termes qui sont très forts, souvent de non-droit. C'est des dons très, très politiques. C'est comme les termes de mécanisation. C'est très complexe. Pour l'instant, on les met de côté, on les laisse aux politiques. Ils savent très bien servir. Par contre, ce qui est intéressant, c'est qu'il faut voir le narcographie comme un ultra-capitalisme. En fait, il reproduit tous les termes du capitalisme sans frontière. C'est qu'on a du marketing, de la communication. On le voit, on a eu des communiqués de presse, parfois de certains réseaux machieux. On a des techniques de concurrence qui sont réelles. Et en fait, il faut vraiment le voir. Et c'est un peu ce qu'on a tué comme un réseau capitaliste, une économie. Et d'ailleurs, c'est pour ça que toute proposition qui viserait à essayer d'éradiquer le narcotrafic doit prendre en compte cette vision structurelle de ces réseaux financiers et de cette grosse structure capitale qui, en fait, utilise les mêmes codes qu'utilisent les entreprises de manière non légale, mais utilisent les mêmes termes.
- Speaker #1
Finalement, une loi comme celle qui a été adoptée en 2025 contre le narcotrafic, les lits. les éléments qui sont apportés, qui sont essentiellement de procédures pénales, en fait, s'ils ne répondent pas forcément aux besoins locaux qui seraient nécessaires ?
- Speaker #2
Je pense que si, quand même, mine de rien, c'est un texte très intéressant et surtout qui a permis, d'une part, de sortir un peu du déni qu'on a, la commission d'enquête du Sénat était très intéressante là-dessus, de sortir un peu du déni qu'on a sur cette question, que les Français se rendent compte de ce réseau qui s'est installé, de cette emprise qui s'est installée. Maintenant, c'est très tôt pour savoir si elle a une efficacité réelle. Le PNACO a été lancé assez récemment, donc je pense que ça c'est des... plusieurs années, après un des angles morts finalement de cette loi, c'est les questions liées d'une part à la consommation de drogue. Pourquoi en France, on est un des pays qui consomme le plus de psychotropes ? Pourquoi les gens ne peuvent plus vivre, s'amuser, faire l'amour, sans forcément consommer des psychotropes ? Parce qu'on voit qu'on a une vraie question là-dessus. Et aussi, la question de si demain, on doit intégrer des débats pour la question des drogues, et notamment comment on met en place ces commissions pour justement non ? Demain, aborder la question de la consommation.
- Speaker #0
Celle-là, on allait l'aborder, cette question. Forcément. Évidemment, puisque Amine Kessassi a pris la parole dans sa dernière interview brute et s'est positionnée plutôt favorablement à la légalisation du cannabis, de façon encadrée, bien évidemment. Est-ce que c'est une position qui est partagée par l'association Conscience ? Est-ce que vous pouvez peut-être nous en toucher deux mots ?
- Speaker #2
Alors, il n'y a pas de consensus actuel chez Conscience sur la question de la consommation de drogue, mais On a entamé... Le cannabis. Le cannabis,
- Speaker #0
c'est vrai que...
- Speaker #2
Mais en tout cas, sur la question du cannabis, notamment, donc il n'y a pas de consensus, mais il y a un intérêt pour la question et ce serait intéressant de la développer. Moi-même, je n'ai même pas pris position sur ce débat, c'est très compliqué et ce serait intéressant, par contre, d'enfin peut-être sortir, parce qu'aujourd'hui, le débat est surtout très culturel et très peu appuyé et d'enfin ouvrir le débat en sortant un peu de tous les stéréotypes qu'on peut avoir et nous, on a commencé un peu à le travailler on va On a rencontré Normal, qui est une association qui promeut l'allégation du cannabis, pour discuter avec eux, et peut-être demain démarrer un chantier, mais c'est encore flou pour l'instant sur notre position sur le sujet.
- Speaker #0
Sur le constat, globalement, chez Conscience, on en veut aux consommateurs de cannabis ?
- Speaker #2
Non, en tout cas, personnellement non, et Conscience n'a jamais porté la pierre à qui que ce soit. En fait, on pourrait en vouloir aux consommateurs le jour où... Par exemple, il peut y avoir une économie légale et il irait sur l'illégal. En fait, mais comment on ne veut pas à grand monde finalement ? L'idée, c'est de dire qu'on est face à un problème structurel qui est né de problèmes sociaux, d'urbanisation, de problèmes de sécurité, de démantèlement de police de proximité, toute une suite d'événements politiques qui ont conduit à une installation pérenne de ces réseaux. Et aujourd'hui, il n'y a personne à qui jeter la pierre. L'idée, c'est de dire comment aujourd'hui, avec ce constat, On arrive à sortir de tout stéréotype, travailler tous ensemble. Et on le voit parce que, par exemple, la motion au Parlement européen a été votée de la France insoumise jusqu'au LR. Il y a un consensus politique aujourd'hui. Et l'idée, c'est de dire qu'on n'a pas tous les mêmes solutions, mais comment les mettre toutes ensemble pour essayer de sortir sur ces questions ?
- Speaker #1
Justement, qu'est-ce que voit une association sur le terrain et que l'État ne voit pas en réalité ?
- Speaker #2
J'avais abordé Amine en rencontrant une fois Emmanuel Macron, c'est de dire on ne veut pas un plan qui a été fait à Paris ou dans un avion je ne sais où à 300 km de Marseille pour l'appliquer. En fait, nous on voit tout quasiment. On est sur le terrain, on voit ce qui se passe et on a aussi des personnes qui vivent au quotidien et qui aimeraient juste être entendues. Et en vrai, si demain on veut démarrer un vrai travail sur la question, il faudra inclure les personnes qui sont sur place. Donc c'est une émission de conscience et c'est ce qu'on essaie de porter, c'est de porter la parole justement de toutes les personnes ces gens qui vivent dans ces quartiers et qui ont envie d'être écoutés et qui ont des choses à dire et surtout c'est compliqué de venir vers eux et de leur dire on a une super idée pour votre ville mais sans les inclure.
- Speaker #1
Dans la commission d'enquête qui avait été faite il y a eu justement cette ambition d'avoir des réponses locales, il y a des magistrats qui sont intervenus typiquement, il y a eu cette ambition mais qu'est-ce qui a manqué ? Quel est donc le mort en réalité du coup à cette approche pratique ?
- Speaker #2
Sur la commission et sur le projet de loi je pense que vraiment il est encore très tôt pour voir s'il y a des impacts. différents. Après, il y avait une volonté d'inclure, et ça, c'est tout de suite intéressant, et c'est ce qu'il faut continuer à faire. En plus, on est dans une période qui permet ce genre de questions. En période municipale, c'est un endroit superbe, dans lequel on a des politiques qui viennent, qui sont intéressées de ça, mais il ne faut pas que ça reste un élément électoral, ce qui est le risque, et que vraiment, derrière, il y a une discussion pérenne. Mais on voit que des associations sont de plus en plus invitées, que ce soit à des commissions assemblées, au Sénat, sur de plus en plus de sujets, elles sont appelées à voir ce qui est ça, très bonne avancée dans ce domaine.
- Speaker #0
Justement, à ce sujet, au sujet des élections municipales, Amine Kessassim était beaucoup en avant l'idée d'une association des maires de France qui lutterait contre le narcotrafic. On a aussi échangé avec notre précédent invité, Maître Robin Bensard, des liens que pouvait avoir la criminalité organisée avec les phénomènes d'atteinte à la probité, dont le phénomène Coruscif. Est-ce que vous avez un mot à dire sur le sujet ?
- Speaker #2
Oh. C'est une situation qui serait détachée de conscience. Donc, conscience en elle-même n'a pas vraiment d'idée là-dessus. Mais ça peut être une bonne chose que des villes s'unissent et trouvent des questions communes, même si, comme on l'explique, c'est un problème qui est très structurel. Donc, ça dépend vraiment du type de ville et de comment ça s'est construit. Mais c'est une très bonne idée, en tout cas. de pouvoir rallier plusieurs grandes villes sur ces questions.
- Speaker #1
Et est-ce qu'on ne confond pas parfois, d'ailleurs, dans la réponse des pouvoirs publics, présence policière et stratégie durable, qui semble être la seule mesure que l'on invoque pour lutter contre le narcotrafic sur place ?
- Speaker #2
C'est-à-dire que, du coup, on dit qu'en mettant des policiers, forcément, le trafic se déplace, ne disparaît pas, il se déplace. Là-dessus, on a un vrai problème, en fait. C'est que, par exemple, on va venir faire l'opération PlaceNet, qui est assez connue, qui, d'une part, vient, va arrêter, on va dire, 20-10 dealers dans une zone. C'est un modèle financier. Donc, lui, il va rouvrir ses points de vente assez vite, dans les 20-30 minutes, s'il faut. Et tout le temps, on attaque, on va dire, le bas de l'échelle, c'est-à-dire la vente qui est le bas de l'échelle. Et les personnes qui gagnent beaucoup, beaucoup d'argent grâce à ces réseaux vivent bien loin de notre juridiction aujourd'hui. Enfin, certains paradis, comme Dubaï, on l'aborde souvent, ou la Thaïlande, où c'est très compliqué d'avoir une extradition. Et c'est ce qui rend complexe plein de choses. Merci. La présence policière fonctionne pour déplacer, mais elle n'arrête pas le problème. Et aujourd'hui, en fait, on tombe dans deux débats. Vous avez le débat pro-social, qui dit qu'on met beaucoup d'investissements dans certaines zones, mais sans réponse sécuritaire, il ne se passe rien. Et la réponse ultra-sécuritaire, qui consiste à envoyer toute la police que vous avez, parfois l'armée pour certains, mais qui derrière n'a pas d'impact, puisque, comme toujours, c'est un problème structurel et régler qu'un bout ne change rien au problème en lui-même.
- Speaker #0
Par rapport à ce bas de l'échelle que vous évoquez, on se rend compte... Les événements récents nous montrent que de plus en plus de jeunes, d'enfants, de mineurs prennent part à cette violence et à la violence du narcotrafic, s'engagent, acceptent ce qu'on appelle des contrats qui leur sont proposés et passent à l'acte, donc au crime. On a cet exemple à Marseille avec ce chauffeur VTC tristement décédé dans des conditions horribles. Est-ce que vous, vous aidez les familles ? Oui, mais est-ce que vous aidez aussi les jeunes, ces jeunes-là ? ce que vous voulez. aider à sortir de ce cercle vicieux du narcotrafic et des réseaux dans lesquels ils sont enchaînés ?
- Speaker #2
On l'essaie à notre échelle. Le problème aujourd'hui, c'est qu'on a une certaine culture qui s'est installée, cinématographique. Il y a les journées de Netflix, vous avez Narcos, etc. On a une pop culture du trafic qui s'est installée, qui rend la chose on va dire amusante, alors qu'elle ne l'est pas du tout. Et avec, ils vont venir chercher des jeunes qui qui... sont des périodes où forcément, quand on est adolescent, on est plus soumis à une influence assez rapide. Et on le voit, c'est un jeune de 14 ans, il me semble, qui a assassiné ce joueur de VTC, et qui est armé à 14 ans. On atteint ce stade qui est assez dramatique, mais finalement qui est logique si on suit le découlement des choses. Et c'est pour ça qu'il faut aussi, ce qu'on essaye de faire, d'imposer aussi une contre-culture, on va dire. C'est un peu bizarre comme terme, mais d'essayer de montrer que... la réalité de ce que c'est. Il y a deux finalités, la prison ou la mort, ou parfois même les deux à la suite. Et une fois qu'on aura peut-être réussi ça, on pourra enrayer. Mais il y a d'autres problèmes aussi, c'est le fait que beaucoup de jeunes sur place baignent dans ce milieu depuis tout petit, parce qu'on a des cartes scolaires qui sont très mal dessinées. On n'a aucun jeune qui va dans la ville, on va dire du centre-ville, si on prend les grands termes, qui reste dans la ville du quartier populaire. On le voit à Marseille, par exemple, qui est une ville où les quartiers... les quartiers nord notamment sont très mal desservis, le métro s'arrête en bordure, il n'y a pas de connexion. Et ça, c'est une vraie problématique, c'est comment on les extrait de ce milieu, parce que c'est très facile de tomber dans un milieu que vous voyez tous les jours et qui devient normal dans votre façon de vivre, y compris l'ambiance qui devient normale. On entend des tirs, ça devient normal. Et en fait, on banalise cette violence. Et ce que vous disiez sur le discours, c'est qu'aujourd'hui, on a tellement banalisé ça que ça n'étonne personne et ça n'étonne plus le politique. de moins en moins, puisqu'on a quand même une sortie du déni sur ces questions.
- Speaker #1
Et donc, une des solutions serait potentiellement d'augmenter la mixité scolaire, de pouvoir aller à l'école plus loin que simplement dans son quartier.
- Speaker #2
Le diplôme, ça reste le premier rempart face à tout ça. Et donc, l'idée, c'est d'avoir des jeunes diplômés même en prison, si c'est possible, parce qu'on sait qu'une personne qui est diplômée sort beaucoup moins de récidive. Mais c'est très intéressant de pouvoir justement extraire qu'on est enfin quelque chose de redessiné. C'est un vrai débat, les cartes scolaires, et c'est un débat qui est très clivant. Mais de peut-être y réfléchir à nouveau, surtout dans des périodes comme la nôtre.
- Speaker #0
Vous avez eu un exemple d'un jeune qui est venu vous voir en vous disant « Moi, j'ai envie de m'en sortir, j'en ai marre, on veut me tuer, aidez-moi à partir ailleurs, aidez-moi à m'exfiltrer dans une autre ville. » Est-ce que vous avez eu cet exemple-là d'une maman peut-être qui vient vous voir en vous disant « Mon fils, il vend tous les jours, j'aimerais bien qu'il s'en sorte. »
- Speaker #2
On dit comme ça, c'est assez rare sous cette forme-là, mais on a forcément des personnes qui veulent nous voir, et les mamans surtout, qui font un grand combat contre que leurs enfants ne tombent pas dedans, et qui parfois vont les chercher. On a des mamans qui les dénoncent à la police parfois aussi, parce qu'ils viennent leur faire peur, on va dire. Et on revient sur la question de la police de proximité, c'est qu'elle a été démantelée il y a un petit moment aujourd'hui. Elle servait notamment, d'une part, à avoir un lien population-police, elle servait de base de renseignement. puisque ces policiers étaient tout le temps sur place, ils n'étaient pas de l'extérieur, faire trois arrestations et repartir, ce qui est le cas actuellement des opérations. Ils étaient sur place et surtout, ils pouvaient, dès le début, voir quand un jeune pouvait, on va dire, vriller et ramener à ses parents. C'est un peu l'expression qu'ont les gens qui nous racontent ce que la police de proximité avait sur place. Elle a été démontée parce qu'à l'époque, il ne fallait pas jouer au foot avec les enfants, ce qui était les termes politiques de l'époque. Mais aujourd'hui, on voit que cette police de proximité manquante, on a rompu un lien et ce trafic prend la main sur ces zones. les actions d'occupation du terrain, c'est-à-dire de reprendre possession de l'espace public, parce qu'il y a une confiscation qui est faite de l'espace public, qui est pourtant un droit, et de pouvoir le prendre, ça va être par les financements de quartiers, par exemple, parfois, de redonner un peu aussi de joie. Et en fait, c'est aussi ça, ce que fait Conscience, c'est redonner un peu de joie dans ces zones où on a l'impression que rien n'est possible.
- Speaker #1
Et est-ce que c'est les mêmes mécanismes ? Parce que vous êtes implantés dans plusieurs villes, comme vous l'avez dit. Est-ce qu'on constate les mêmes effets, les mêmes phénomènes qui se produisent ? Et est-ce que d'ailleurs, vous pouvez parfois prendre exemple sur des événements qui ont bien fonctionné à un endroit et vous en inspirer ? Est-ce qu'il y a une logique commune ou c'est propre à chaque territoire ?
- Speaker #2
On essaye, mais ça reste propre à chaque territoire. Comme je disais, il y a des réalités déjà de spatialisation urbaine. Par exemple, à Marseille, vous avez des quartiers isolés. Si on prend l'exemple de Lyon, que la ville de Lyon, parce qu'on a des quartiers autour, mais les zones populaires, elles se situent à la guillotière, qui est dans la ville. Donc en fait, chaque ville va avoir sa réalité géographique, ses problèmes structurels. Donc c'est pour ça que Conscience met beaucoup de temps à s'installer. C'est qu'on a un vrai travail de fond, d'analyse, pour essayer de comprendre ce qu'on peut faire, comment on peut aider, et comment les personnes sur place aussi sont intéressées. Donc après, on reprend forcément des choses qui fonctionnent. On a des maraudes, par exemple, ça marche très bien. Des aides alimentaires, ça marche très bien. Ça, on peut l'envoyer partout. Mais en tout cas, sur les solutions qu'on essaye d'aborder, quand on peut le faire, quand on a forcément la légitimité de le faire, Ça demande un vrai travail de fond et chaque ville est confrontée à son narcotrafic, même si les résultats sont souvent les mêmes.
- Speaker #1
Sur cette question de l'urbanisme, est-ce que vous pensez que les associations comme Consurance peuvent avoir un rôle à jouer avec l'urbanisme des villes, justement pour repenser cet espace public, pour que ça soit favorable et qu'on lutte quelque part par des moyens matériels contre le narcotrafic ?
- Speaker #2
Alors ça, c'est un peu déjà ce qui est mis en place dans la discussion toujours ouverte sur ces questions. En fait, la réalité, c'est qu'il y a eu pendant longtemps un slogan à Marseille, c'est-à-dire un métro pour les quartiers nord. L'idée, c'est qu'on ait une connexion rapide avec les centres-villes. Souvent, les quartiers populaires sont isolés centres-villes pour des raisons... Les centres-villes veulent rarement des quartiers et c'est horrible parce que du coup, on crée des barrières sans le dire jamais. On trouve une excuse pour ne pas que le métro aille plus loin, pour faire en sorte que le réseau de transport... de port soit compliqué.
- Speaker #0
Pour qu'à 22h, il n'y ait plus d'ERR.
- Speaker #2
C'est ça. Par exemple, c'est exactement ça. L'idée, c'est d'isoler ces zones. Et aujourd'hui, c'est de les connecter, puisque l'idée, c'est qu'on puisse facilement sortir. de ce milieu et pas passer son temps au même endroit. Et ça, c'est aussi une question d'égalité, d'accès aussi notamment aux services publics, puisque le transport est un service public dans la plupart des villes. Et ce qui permet de... Il faut une égalité dans l'accès à certaines zones, et souvent culturelles, puisqu'on remarque qu'en général, les services triculturels se situent dans les centres-villes des villes. Et donc, l'intérêt de connecter toutes ces zones.
- Speaker #1
Peut-être une dernière question pour conclure cette interview avec vous. Qu'est-ce que les associations peuvent encore faire que les pouvoirs publics ne parviennent plus à faire seuls ?
- Speaker #2
Ce qu'on fait, c'est assez compliqué, parce qu'en fait, on ne veut pas se substituer à l'action publique. L'action publique, c'est la chose la plus importante. Les politiques publiques peuvent changer beaucoup de choses. Aujourd'hui, notre but, c'est d'alerter pour que les politiques prennent les politiques publiques qui permettent justement, demain, de venir arrêter nos missions. Si demain, plus personne n'a besoin de nous, on n'existera plus. Et c'est une très bonne nouvelle. ça veut dire que que l'État a pris ces choses. On part de très loin, c'est que l'État a abandonné ses zones pendant très longtemps, en y reculant tout ce qu'il avait, que ce soit les écoles, ça reste, mais on a une perte de moyens sur ces écoles, on a une perte de moyens sur plein de choses, les transports. Si demain l'État revient dans ces zones, il y a de fortes chances qu'on puisse cohabiter. Et même, l'idéal, c'est que tout ce qu'on fait aujourd'hui pour aider les gens, ce soit l'État qui puisse le faire.
- Speaker #0
Et donc, conscience a-t-elle de beaux jours devant elle ?
- Speaker #2
Sur cette question, je dirais oui. Je pense qu'on va toujours combattre ça et surtout avoir de la solidarité envers les gens. Mais on espère que demain, les comédiatiques permettent enfin de vraiment avancer sur cette question.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup, Clément Large. On était ravis de vous recevoir dans cet épisode de Parle en justice.
- Speaker #1
Merci, vous avez bien complété notre premier épisode. Et je pense que les gens se reconnaîtront potentiellement et peut-être auront envie de s'engager dans votre association.
- Speaker #0
Et d'ouvrir une antenne, par exemple. Pourquoi pas. Le point de départ de notre podcast, c'est l'envie de parler de la justice pénale pour qu'elle soit comprise du plus grand nombre. En cette série, nous allons parler de la manière dont le droit réprime le narcotrafic. Alors que la violence du trafic de drogue choque la France entière, nous avons voulu donner le micro aux avocats, associations, magistrats pour nous livrer leurs récits et leurs expériences. Cet épisode a été préparé par Yasmine Mostefaille et Marie Lafarge, deux étudiantes en droit à Sciences Po. Merci.