Speaker #0Il faut savoir que le maréchal Lyoté a été un visionnaire avec une stature d'homme d'état, mais que son parcours a été inhabituel. C'est vrai qu'au cours de la Troisième République, il y a eu 16 maréchaux, mais Lyotet est un des moins connus. C'est normal parce qu'il a passé sa vie outre-mer. Un jour, Pétain lui dit « moi je suis devenu maréchal en obéissant » . Donc Lubert a dit « moi je suis devenu maréchal en désobéissant » . Il mettait son point d'honneur à considérer que c'est pas parce qu'on était maréchal qu'on n'avait pas son libre arbitre. Mon nom est Claude Zamatis et je suis depuis 2020 le président de la Fondation Eliottet. C'est une fondation qui a été créée en 1936. Elle a été créée par les amis du maraîcher Eliottet. Cette fondation a été reconnue d'utilité publique en 1937. Le maréchal Lyoté est né à Nancy en novembre 1854. Pourquoi ? Parce que son père était affecté en tant qu'ingénieur des ponts et chaussées à Nancy pour la construction d'un canal. Par la suite, il a eu deux frères et sœurs, un frère qui a été également militaire et une sœur qui a 13 ans de moins que lui et à laquelle il a beaucoup écrit. Lorsqu'il est né, il habitait avec ses grands-parents, ce qui est maintenant l'hôtel de la Reine, à côté de la place Stanislas à Nancy. Il y a eu un défilé, je crois que c'était l'empereur qui passait, et sa nounou n'a pas fait attention, il est tombé. Sa chute a été amortie par le casque d'un cavalier. Sur le moment, il n'y avait pas de problème, mais petit à petit, on s'est rendu compte que ça n'allait pas du tout. Ils ont fait appel à un toubib qui était un grand spécialiste, un grand chirurgien qui est très connu pour sa bande. C'est M. Velpeau. La bande Velpeau, tout le monde connaît. Et bien, c'est lui qui a sauvé Lyoté. Et du coup, Lyoté n'a pas pu aller à l'école. Jusqu'à 10 ans, il était chez lui. Il lisait beaucoup, il faisait travailler son imagination, il était avec des femmes, beaucoup de femmes. C'est là que s'est forgé son caractère. Et André Monroy, qui a écrit son livre en 1934, juste avant la mort du maréchal, dit justement que son caractère s'est formé à ce moment-là. Après ça, il a suivi son père. comme le font tous les fils de militaires et fils d'ingénieurs, qu'il a suivi son papa à Versailles, il était affecté à Versailles. Il a très très fortement ressenti la défaite de 70 pour la France. Du coup, il décide de faire l'école de Saint-Cyr. Donc on est en 1875, il a travaillé, et il était bon, et il a été dans les 30 premiers de Saint-Cyr. Sa phrase qui le caractérise le mieux, c'est... Celui qui n'est que militaire n'est pas un bon militaire. Celui qui n'est... Que professeur n'est pas un bon professeur, celui qui n'est qu'industriel est un mauvais industriel, l'homme complet, celui qui veut remplir sa pleine destinée et être digne de mener les hommes, et d'être un chef, en un mot, celui-là doit avoir ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l'honneur de l'humanité. Il a très vite senti que les soldats, il fallait les traiter un tout petit peu mieux. Les soldats mangeaient debout à l'extérieur, il n'y avait pas de réfectoire. Et les officiers, ils avaient un messe d'officiers. Et son histoire repose là-dessus. Il était à Saint-Germain, il a fait un article anonyme dans la Revue des Deux Mondes, en parlant du rôle social de l'officier. Au passage, le rôle social de l'officier, qui a été publié en 1891, peu de temps après la conscription obligatoire. Tout français devait aller sous les drapeaux. La conscription obligatoire s'est terminée en 1995. Ça permettait le brassage des classes sociales et il s'est rendu compte que finalement ce devoir social devait être cultivé. L'armée, son nom c'est aussi la grande mette. Donc, qu'est-ce que c'est que ce dangereux agitateur, ce révolutionnaire qui veut qu'on effaisse des réfectoires même pour les soldats ? Ça n'a pas plu. Eh bien, il y a trois officiers qui ont écrit un livre. qui s'appelle « Le rôle social de l'officier au XXIe siècle » . En se référant à Lyoté, et peu de temps après, parce qu'il y a toujours l'armée, tout d'un coup on se dit « Tiens, oui, c'est quoi le rôle social de l'officier aujourd'hui ? Qu'est-ce que fait un militaire aujourd'hui ? » On en parle quand il y a des morts, mais ce rôle social de l'officier au XXIe siècle, c'est un sujet d'actualité. Il est allé au Tonkin, alors ce qu'on ne sait pas c'est qu'au Tonkin, lui, il était soldat. Tonkin, à l'époque, il y avait une guerre entre la France et la Chine, entre 1881 et 1885, qui s'est terminée par le traité de Tianjin, accordant un protectorat. Tonkin, c'est le nord du Vietnam actuel, dont la capitale est Hanoï. Et à l'époque, l'Union Indochinoise comportait plusieurs territoires, le Tonkin, la Nam, la Cochinchine, le Cambodge et le Laos. Il faut bien voir qu'il part au Tonkin, il a 40 ans. Il commande le 3ème régiment de tirailleurs tonkinois, puis la 1ère brigade, et ensuite la 2nde division militaire du territoire. Et il reste 4 ans. Il a appris beaucoup avec des militaires, et il a rencontré aussi des grands civils. Et il a su valoriser les relations avec ces gens qui étaient souvent de grande qualité. Lui, ça lui a permis de connaître un monsieur qui l'a beaucoup influencé après, qui était Gallieni. Il a eu une carrière outre-mer importante. J'étais curieux de savoir ce qu'il avait fait à Madagascar. Il y est resté 97 à 1902. C'est à ce moment-là qu'il devient colonel. Il a suivi Gallieni, qui était un peu son maître. Gallieni qui lui a inculqué un certain nombre de notions sur justement le rôle du militaire qui est là aussi pour construire. Entre 1903 et 1910, il était en Algérie. Il est passé général de 1909, et en Algérie, il s'occupait des confins avec le Maroc. L'Algérie était un pays stable à l'époque, c'était trois départements français, et le Maroc était un pays instable. Donc c'est là qu'il a appris le maroc. Il faut gouverner avec le mandarin, non contre le mandarin. Voilà ce qu'il a dit. Et un chantier ou une ferme vaut un bataillon. Ou aussi un médecin vaut un bataillon. Voilà ce qu'il a écrit dans Parole d'Action. C'est vrai qu'il a fait ça partout après. Mais pourquoi il est connu, Lyotet ? C'est essentiellement parce qu'il a été un homme d'État et parce qu'il a fait ce qu'il a fait au Maroc. Au Maroc, il est arrivé en 1912, Lyotet était le premier résident général de France au Maroc. Lyotet détestait les casernes, il détestait les paperasses. Donc il était très paradoxal. Et pourquoi il y a eu cette histoire de 1912 et pourquoi c'est un militaire qui est devenu résident général ? D'abord parce qu'il y avait un traité entre la France et le Maroc, suite au traité d'Algeciras. Le traité d'Algeciras, peu de gens savent qu'il était piloté par les États-Unis. Il comprenait 12 pays et ce traité disait... On met un protectorat au Maroc. Qui met-on dans ce protectorat ? Il y avait un monsieur qui convenait tout à fait, c'était un diplomate, Eugène Rignot, qui aurait très bien pu être là, mais finalement, ils ont pris l'IOT. Pourquoi ? Parce qu'il a dû faire face au plus grand ennemi de l'IOT qu'est le règlement. Leur cause, c'est ça. C'est-à-dire, ils avaient voulu soumettre les tabors au régime français, c'est-à-dire leur retenir l'argent pour leur nourriture, au lieu de leur donner leur solde complète et de leur laisser cette solde pour faire leur cuisine. Donc les tabors, encadrés par des officiers français, ont assassiné les officiers en question. Et le président de la République, qui s'appelait Falière, ça lui arrivait dans les oreilles, et plutôt que de nommer Régnaud, il a... nommé sur le conseil d'Alexandre Miderand, qui était le ministre de la guerre, qui après était président de la République, il a envoyé Lyotter. Il y avait un sultan qui s'appelait le sultan Moulaï-El-Fid, et il a abdiqué. Il ne voulait pas être dirigé par un militaire. Et finalement, c'est Moulaï-Youssef qui est devenu le sultan. On ne parlait pas de roi. Le premier roi, ça a été Mohamed V. Donc, le sultan... Moula Youssef, c'est un jeune homme, un type simple, pas compliqué. Eliottès, c'était un vieux monsieur qui avait beaucoup de respect pour la royauté. Et curieusement, c'est deux hommes, deux personnes physiques et une personne morale qui ont fait la réussite du Maroc au début. Les deux personnes physiques, c'était Moula Youssef, qui avait beaucoup de respect pour le vieux monsieur, L'IOTEC avait beaucoup de respect pour le sultan, et puis le traité, qui précisait un grand nombre de choses. Et dans ce traité, qui a neuf articles, là ça nous ramène à la guerre du RIF, dans le traité de Fès, il y a le rôle de l'Espagne. Le traité de Fès a été signé en mars 1912, et c'est après qu'il y a eu des problèmes. Le traité de Fès, il parle du rôle du protectorat, du rôle de la France, du rôle de l'Espagne. Il indique la part que l'Espagne doit prendre dans ce traité. Et ce traité de Fès, ça lui a beaucoup servi, notamment vis-à-vis du parti colonial. Parce qu'il a eu un certain nombre de personnes qui se sont opposées à sa façon de gérer les affaires. Et le traité de Fès lui a été bien utile. Finalement, Lyoté, au début, il s'est rendu compte qu'il devait composer avec l'islam, que le Maroc n'était pas du tout un pays uni, c'était un pays divisé. Et d'ailleurs, les Riffins, je dirais, n'ont pas rallié la royauté. Pour moi, le Maroc, au début du protectorat, s'aurait pu louper, puisque, en fait, les grandes puissances se battaient pour, finalement, dominer un pays qui n'était pas encore dominé. Lyotès était un constructeur. C'était quelqu'un qui disait, un hôpital, un port, une école, ça vaut mieux qu'une division. Donc il a commencé par dire... Ce pays, il est sur l'Atlantique. On va changer la capitale. Et avec Moulay Youssef, ils ont transféré la capitale de Fès. Comme vous le savez, il y a quatre villes impériales au Maroc. Fès, Meknes, Marrakech et Rabat. Beaucoup de l'urbanisme de Rabat est dû à Lyoté et ses hommes. Parce qu'il a su s'entourer. Majorelle, Henri Prost, Maurice Tranchant de Lunel, Albert Labrade, Marcel Vicaire. Il a fait au Maroc, il a vite compris qu'il fallait qu'il y ait un port. Pourquoi ? Parce qu'au moment de construire le chemin de fer, il s'était rendu compte Il avait du phosphate. Aujourd'hui, il est reconnu par le fait qu'il aurait très bien pu donner l'office shérifien du phosphate à un minier français ou à un minier anglo-saxon. Non, il a créé l'office shérifien des phosphates. Cet office shérifien des phosphates a été créé comme une institution marocaine en 1920. Et il s'est dit, ça va être un des moteurs du Maroc. Et cet office shérifien des phosphates, c'est la plus grosse boîte du Maroc encore aujourd'hui. Il a construit petit à petit un port. Il n'y avait pas de port à Casablanca et c'était 20 000 habitants. Aujourd'hui c'est 5 millions d'habitants. C'est 50% de l'activité économique du royaume. Donc il s'est beaucoup occupé des infrastructures. Et il y a une chose qui est très importante. Il est devenu résident général en 1912. Deux ans plus tard, début de la guerre. Donc il avait ce défi. D'envoyer du renfort à Paris pour la guerre, quand il a vu qu'il y avait la guerre avec l'Allemagne, il a dit mais c'est une guerre civile, ils sont fous. Et en même temps, il a fait en sorte de développer le Maroc. C'est vrai que le RIF, c'était quand même le point difficile. Lyotel était conscient du poids que représentait Abdelkrim el-Khatabir, qui avait aussi un rôle, comme l'a été le roi du Maroc, un rôle à la fois politique et un rôle religieux. Il était émir, il était respecté de ses soldats, parce que le RIF, il voulait rester indépendant. En 1920, il a fait une directive qui s'appelait le coup de barre, la directive du coup de barre. Et ça, j'en cite un extrait, « Si on s'engageait dans cette voie, la jeunesse marocaine, à défaut de déboucher que notre administration leur donne si maigrement et dans des conditions si subalternes, cherchera sa voie ailleurs. Il a toujours voulu que le Maroc ait envie... » Une fois qu'il serait indépendant, il n'en doutait pas un seul instant qu'il soit tourné en priorité vers la France. Alors, ce que je peux dire, c'est qu'il avait très bien senti le problème avec le dérivin, puisqu'il avait écrit en décembre 1924, c'est là que ça a chauffé avec Abdelkrim. Il a écrit à Edouard Herriot, qui était le président du conseil et principal animateur du cartel des gauches, il a dit une menace, en parlant d'Abdelkrim, une menace d'autant plus sérieuse qu'il n'y a pas seulement le point de vue local, mais aussi et surtout tout ce qui vient se greffer là-dessus d'appuis extérieurs, tendant à constituer au nord du Maroc un état autonome, se réclamant de tout le nationalisme musulman T'Afrique du Nord, Égypte comprise. Lyotter et Pétain, c'était deux militaires qui se respectaient. Lyotter est parti en disant que ce n'était pas ses idées, donc il rendait son tablier. Mais quand il s'est agi de faire élire Pétain à l'Académie française, il ne s'est pas opposé. Et ironie du sort, quand il est mort en 1934, Pétain a fait l'éloge funèbre de Lyotter. lui est revenu. Donc ces deux personnes, qui avaient peu de points en commun, en dehors d'être militaires, Lyoté était très royaliste, et Pétain était très républicain, et il avait la confiance du cartel des gauches, et c'est comme ça qu'il a été envoyé au Maroc pour faire une inspection, et c'est là que Lyoté a démissionné. Et il est parti, et là, les gens savent très bien comment ça s'est passé, et c'est de là que vient la création de la Fondation Lyoté. Si on ajoute au fait qu'il était quand même très fatigué, qu'il avait déjà demandé à être remplacé, que Pétain, qui arrivait d'ailleurs avec le paquebot, marchait à Lyoté. Pétain, il s'est vite senti mis de côté, et il a dit, mais c'était impossible, vis-à-vis de la France. Ça c'est dans Parole d'action, le livre qui remet l'ensemble de ses discours, qui parle de l'ensemble de ses paroles d'action. Il m'était impossible vis-à-vis de la France, du Maroc et de moi-même de garder un jour de plus la prolongation de ma présence, une apparence même de responsabilité dans des mesures dans lesquelles je n'avais plus qualité pour intervenir et sur lesquelles je différais de vue avec ceux qui en étaient chargés en dehors de moi. Donc ce qu'on peut dire, c'est que Lioté a consolidé, quand on regarde avec du recul, L'unité nationale marocaine, qui n'était absolument pas acquise quand il a été nommé, avec un sultan qui était plutôt réputé faible. Il a été à la fois pacificateur, bâtisseur, négociateur, administrateur, et tout cela, ce qui est fondamental, a été réalisé en respectant son sultan, ses traditions, sa religion, son patrimoine culturel et architectural. L'enfance de Lyotter l'a marqué tellement que quand il est revenu du Maroc, il a habité la Lorraine. Donc quand il est rentré, il a eu pas mal d'activités. à la fois à Paris, où il avait gardé son appartement en rue Bonaparte, et puis en Lorraine, où le château de Torreliotté, il a vécu là-bas longtemps. Quetet est quelqu'un qui aimait se mettre en valeur. Et il a construit le château pour qu'il soit visité par la suite. Et là, il a fait plusieurs choses. Il a incité à ce que l'Institut musulman de Paris devienne la mosquée de Paris. Cette mosquée de Paris, il a posé la première pierre. Il a créé l'association des Lorrains de Paris, qui existe encore, Moussac l'économique Lorrain. Il s'est beaucoup occupé aussi de la Chambre de Commerce et d'Industrie, dont il a été membre d'honneur. Et puis on lui a demandé de faire l'exposition coloniale. Et l'exposition coloniale, on l'a effectivement caricaturée après, etc. Il y a toujours de quoi critiquer. Mais ça a été un très grand succès. Il a été beaucoup aussi à l'Académie des sciences coloniales. Alors l'Académie des sciences coloniales a été créée en 1922. Et elle est devenue l'Académie des sciences d'Outre-mer en 1957. Et lui, il en a été à la fois un des membres fondateurs, et il en a été le président en 1932-33 avant sa mort. Lioté est mort en 1934. Une partie de la tombe qui était à Rabat a été déplacée, grâce aux souvenirs français, au fond du parc. On l'appelle le mausolée. Et la tombe de la maréchal. Elle se retrouve au cimetière de Toréliotté. Le président général du Souvenir français est venu l'inaugurer avec le consul général du Maroc à Strasbourg. Sa femme, elle, est restée au Maroc. Elle y est décédée en 1953, à 91 ans. Et elle s'est fait enterrer dans le mausolée, qui devait les abriter tous les deux. Sa volonté, c'était de rester au Maroc. Et là, il faut dire une chose, il faut rappeler... Un fait historique, c'est que c'est le général de Gaulle qui a demandé le rapatriement des centres. Ce ne sont pas les Marocains. De Gaulle a fait un grand discours aux Invalides en disant... Le maréchal Lyoté n'a pas fini de servir l'histoire. Lyoté l'impressionnait beaucoup. Ce qui restera pour Lyoté aussi, c'est qu'il a cru au Maroc. Il a cru au Maroc pour des raisons historiques, culturelles, géographiques, économiques. Il a prophétisé le 14 avril 1925. Et sa citation est toujours rappelée, et je la cite, « Il est à prévoir que dans un avenir plus ou moins lointain, l'Afrique du Nord évoluée, civilisée, vivant de sa vie autonome, se détachera de la métropole. » Et il souhaite... Qu'à ce moment-là, le regard des indigènes continue à se tourner avec affection vers la France. Et il souligne pour conclure la nécessité de nous faire aimer du peuple marocain en prévision du jour où il accédera à l'indépendance. Il tenait à ce que la France joue son rôle et qu'après cette période coloniale qu'il savait devoir se terminer un jour, Il y a des liens qui subsistent. Je crois que c'est ce qu'on peut dire. Sur son tombeau, c'est lui qui l'a écrit avant, il se mettait en scène. Aux Invalides, vous voyez ça, en arabe. Plus je connais les Marocains et plus je vis dans ce pays, plus je suis de plus en plus convaincu de la grandeur de cette nation.