Speaker #0Je pense que c'est lorsqu'on arrive à trouver ce qui nous touche réellement avec le devoir de mémoire qu'on se rend compte vraiment de l'importance de ce que c'est. J'ai toujours vécu le devoir de mémoire comme quelque chose de théorique. Par exemple, le mémoriel de la Shoah en cours de 3e. C'était tout le temps dans une classe, ou à travers des feuilles, dans un livre, ou par un documentaire. Mais c'était jamais une action au quotidien qui était vraiment ancrée dans mes valeurs ou quoi que ce soit. Mais c'est vrai que lorsque j'ai découvert le souvenir français, que j'ai vu que c'était des personnes qui justement se battaient pour faire du devoir de mémoire une action quotidienne. dans le sens où ça rentre dans les vies des gens, de manière poignante ou d'une autre. J'ai réalisé l'importance du devoir de mémoire, que ce soit pour moi ou pour les autres, toutes générations confondues d'ailleurs. L'engagement associatif, notamment au souvenir français, pour moi c'est tout autant éducatif que mes études. Je m'appelle Imen Sedrati, j'ai 21 ans. et je suis actuellement étudiante en troisième année de relations internationales et sciences politiques au sein de HEIP, donc haute études internationales et politiques. Je suis également la présidente du comité HEIP au sein du Souvenir français. J'ai connu le Souvenir français en 2023, lors de ma première année d'études supérieures, étant donné que je m'intéressais un peu à Defensec. J'étais chargée. d'événementiel au sein de l'association de sécurité-défense de mon école. Et M. Serge Barcellini, président du Souvenir français, a fait une conférence au sein de mon campus lorsque j'étais en première année et j'y ai assisté. Cette conférence parlait du devoir de mémoire notamment lié à la guerre d'Algérie, par exemple, et des anciens combattants. Et c'est vrai que ça m'avait un peu interpellée. Donc j'ai cherché un petit peu qui est le Souvenir français dans les grands détails. Puis en deuxième année d'études supérieures, je suis devenue vice-présidente de l'association Defensec. Defensec, c'est une association de sécurité et défense de l'école HIP. On essaie de faire découvrir le monde de la défense à travers des articles, par exemple. On a un pôle rédaction qui est énorme, mais aussi à travers des conférences ou encore des visites, que ce soit des visites de casernes de pompiers ou bien de bases militaires. On a notamment un partenariat avec la base 107. qui est la base présidentielle. Donc ça a un lien assez étroit avec nos études de relations internationales et sciences politiques. Donc voilà, on essaie un peu de redynamiser le monde de la défense au sein de la nouvelle génération. Et ça a l'air de marcher. Je suis devenue bénévole au sein du Souvenir français en 2024. C'est là que ça m'a plus... Ça m'a plus parlé et que je me suis vraiment engagée en tant que bénévole, que ce soit dans l'organisation des conférences au sein de Défensec avec le Souvenir français ou à la participation de vos événements, comme par exemple les ravivages de flammes. J'ai pu y participer. Ou encore, comme cet été, il y a eu une exposition. Donc j'y étais afin d'assouvir ma soif de connaissances. Cette année, je préside le comité HEIP au sein du Souvenir français. Dans ce comité, il y a des membres de l'administration de l'école, notamment le directeur ou encore la représentante défense de mon école, qui est madame Simone Bessac, qui est également professeure, a pour but justement de relancer le monde de la défense et de la sécurité à travers les cours, mais aussi à travers la vie étudiante en général. Donc le comité HIP du souvenir français, c'est un peu le rôle qu'on a également. On va justement faire découvrir le souvenir français aux autres étudiants du campus. où on a beaucoup de chance à HIP, c'est qu'on est dans un campus dans le 15e arrondissement et ce campus regroupe plusieurs écoles. Une école d'ingénieurs, une école de commerce, une école de communication. Donc on touche à un plus large public et à travers cette audience, on essaie de partager les valeurs et justement le savoir du souvenir français toujours à notre échelle étudiante. Dans les actions de ce comité HIP Souvenir Français, Nos missions seront par exemple si Def Insec fait une conférence avec un ancien combattant. On va brièvement parler du souvenir français, que ce soit... de manière subtile dans les questions avec l'ancien combattant posé lors de la conférence ou bien à la fin faire un petit rappel. Ah bah, le savez-vous, on parle aujourd'hui d'anciens combattants, de devoirs de mémoire, de la guerre, de l'histoire de la France. Et bah voici le souvenir français. Et on présente ensuite les actions du souvenir français. Et il y a aussi des manières un peu plus informelles de le faire. Je pense notamment au forum des armées qu'on a organisé cette année au sein de mon campus. où tous les corps d'armée étaient présents et on a pu représenter à travers un stand le souvenir français et puis a pu discuter avec les étudiants à ce propos. Les commémorations encore célébrées aujourd'hui, comme par exemple le 110e anniversaire de la Première Guerre ou encore le 80e anniversaire des débarquements, c'est important et ça l'est toujours, que ce soit dans ma génération ou la future, car c'est un héritage, certes historique, mais c'est aussi un héritage familial. Ça a un lien un peu étroit avec ce que je disais avant, mais pour certains, ces anniversaires-là, c'est l'histoire de leur famille, c'est l'histoire de leurs ancêtres. Et même si ça ne l'est pas, à partir du moment où on est français, c'est l'histoire des personnes qui ont vécu dans ce pays avant nous. Donc on a un lien direct ou indirect, mais c'est notre histoire. Donc je pense que lorsque c'est personnel, que ce soit familial ou culturel, on a envie de rendre hommage à ces personnes-là, de commémorer leur mémoire, etc. Donc forcément, ça touche un peu plus et ça donne. toujours envie de perpétuer ces célébrations, ces commémorations. La suppression de certaines commémorations ne doit pas être faite selon moi, étant donné que ces jours-là célèbrent quelque chose, que ce soit une victoire ou justement un jour consacré à l'hommage ou autre. C'est assez marquant de s'arrêter, d'arrêter toute la société un jour, justement pour faire ce devoir de mémoire. Pour supprimer en gros ces jours de commémoration, c'est prendre le risque de les faire sombrer dans l'oubli, notamment dans les générations des jeunes. Pourquoi ? Parce que quand on est au collège, ok, on a un jour férié, c'est cool, on n'a pas cours aujourd'hui. Mais indirectement, on sait que c'est une date clé de notre histoire, on sait que c'est un jour important. Et en grandissant, on apprend enfin ce qu'est ce jour, parce qu'on le vit, enfin. C'est pas juste un jour où on n'a pas cours aujourd'hui. Donc pour moi, c'est très important de garder ces jours fériés. Parce qu'au final, la question qu'on devrait vraiment se poser dans ce débat de suppression des commémorations, c'est quelle place est-ce qu'on donne à la mémoire dans la vie quotidienne et pas seulement institutionnelle ? Alors, un moment... qui, pour moi, étaient importants dans ma vie et au sein du souvenir français. J'en ai deux. Ce 26 novembre 2025, j'ai été porte-drapeau pour le ravivage de Flamme. Et dans les porte-drapeaux, on était toutes générations confondues. Donc c'est vrai que ça m'a énormément plu et ça m'a un peu émue. Dans le sens où j'étais mélangée à des personnes qui avaient 90 ans comme des personnes qui en avaient 10. Et on était tous là pour la même chose, perpétrer le devoir de mémoire en portant fièrement le drapeau français. Donc c'était très beau pour moi. Et le deuxième, c'est lorsque j'ai été porte-drapeau pour le 11 novembre 2025. J'ai eu l'honneur et la fierté de porter le drapeau national du souvenir français. Donc j'ai représenté globalement le souvenir français devant le président de la République, M. Emmanuel Macron. où j'ai pu lui présenter directement, tout simplement, le souvenir français. Donc c'était assez marquant, assez symbolique pour moi. C'est quelque chose que je ne pensais pas faire, même il y a six mois. C'est vrai que ça m'a beaucoup plus tenue à cœur, parce qu'on m'a montré que j'étais importante et que je pouvais faire, même à mon échelle d'étudiante de 21 ans, que je pouvais faire de grandes choses en fait. Selon moi, L'histoire et la mémoire sont toutes les deux complémentaires. L'histoire, pour moi, c'est un peu plus scientifique, dans le sens où ce sont des faits, c'est factuel, c'est des recherches, c'est des découvertes, c'est de l'analyse. Tandis que la mémoire, elle est vécue, c'est subjectif, c'est émotionnel, c'est sensible. Parfois, ça touche à la souffrance ou à la fierté. Si l'histoire n'a pas de mémoire, dans ce cas, ça fait d'elle quelque chose de... d'insensible ou quelque chose de froid, quelque chose de totalement inconnu à l'histoire de l'humanité, tandis qu'à l'inverse, la mémoire sans l'histoire, ce serait juste un conte, une histoire racontée sans fait, sans preuve concrète de ce qui s'est passé. Donc, dans mes études, quand je vois l'histoire, je sais qu'un étudiant américain, un étudiant indien, un étudiant algérien n'apprendra pas la même histoire que moi. Ça ne veut pas dire que mon histoire est fausse ou que la leur est fausse, mais c'est là où on se rend compte du devoir de mémoire et de son importance. Car c'est ça qui justement change la notion des faits ou le vécu de l'histoire. C'est à travers la mémoire, parce que certes la mémoire c'est national, mais c'est aussi familial dans le sens où les anciens combattants, c'est nos ancêtres. Pour certains c'est papy, pour certains c'est leur arrière-grand-père, pour certains c'est leur grand-mère. La mémoire, c'était, dans ma famille, c'était plus transmis par mes grands-parents, la génération d'après, mes oncles, mes tantes, mes parents. J'ai une identité franco-algérienne. Mes grands-parents ont vécu la guerre d'Algérie, étant résidents en Algérie. C'est vrai que c'est quelque chose qui a toujours été un peu flou dans ma famille. Mais c'est vrai que c'est cette histoire-là aussi qui a peut-être fait que j'ai été un peu insensible aux devoirs de mémoire au collège. Puis lorsque j'ai pu résoudre à peu près l'identité française et algérienne qui vivent en moi, j'ai pu trouver une voie qui me satisfait dans le devoir de mémoire au sein du souvenir français. Ça m'est beaucoup arrivé de vouloir en apprendre plus sur justement la mémoire de mes grands-parents. Donc les discussions avec ma grand-mère, car je l'ai encore aujourd'hui, sur la guerre d'Algérie ou bien même sur... le combat qu'elle a dû vivre en France pour s'intégrer au sein de la société, etc. C'est quelque chose dont je suis très fière aujourd'hui, parce que ça m'a permis d'en apprendre plus sur elle, sur mon histoire, mais indirectement aussi sur moi. Si aujourd'hui j'en suis là, c'est aussi grâce à mes grands-parents et à leur histoire. La transmission, selon moi, elle se résumerait à trois mots. Ce serait héritage, tradition, partage. Dans le sens où la transmission, si on la visualise un petit peu, moi c'est comme un relais à l'athlétisme. J'ai pour but d'aller à la fin de ma course, mais j'ai besoin d'autres personnes pour faire ça. La transmission, littéralement, c'est avoir besoin des générations futures avoir besoin du suivant pour atteindre son but. Donc pour moi c'est comme si l'ancienne génération nous avait porté un message et que ce message-là c'était cette fois-ci de notre responsabilité de le passer à la génération suivante. Et ce sera ainsi et ainsi pendant très longtemps, je l'espère, que personne ne s'arrête de courir en tout cas dans cette belle course de la transmission. Pour assurer la transmission aujourd'hui, je pense qu'il est essentiel de s'adapter à la société dans laquelle on vit. Aujourd'hui, Que ce soit ma génération, qui pour moi est la première à grandir avec tout ce qui est technologique, les réseaux sociaux, internet, etc. Pour moi, c'est très important que le devoir de mémoire, la transmission et les traditions s'adaptent aussi à ce nouvel espace de partage. Ça ne se fait pas que dans la ville, lors d'une journée avec la mairie ou quoi que ce soit, ça se fait aussi sur les réseaux sociaux. Pour moi, le devoir de mémoire, c'est assez personnel. Et la personnalisation du devoir de mémoire, c'est aussi ce qui compte dans le fait de le perpétuer. Dans le sens où, si... Moi, à mon échelle personnelle, le devoir de mémoire de manière théorique dans une classe, dans un cours, ne m'intéresse pas. Pour d'autres personnes, c'est ce qui marche le mieux. Pour d'autres personnes, l'apprendre dans un documentaire, c'est beaucoup plus touchant que d'aller à une visite d'un musée qui organise justement une journée spéciale pour le devoir de mémoire ou autre. Pour moi, la personnalisation du devoir de mémoire fait tout. Et je pense que c'est lorsqu'on arrive à trouver ce qui nous touche réellement avec le devoir de mémoire qu'on se rend compte vraiment de l'importance de ce que c'est. L'engagement, pour moi, est synonyme de dévouement. C'est un choix qu'on transforme en responsabilité parce que s'engager, c'est transformer une conviction personnelle en une action collective sur la durabilité ou encore la responsabilité par la transmission, justement. Lorsqu'on en a envie, on le fait. Lorsqu'on a envie d'être engagé, c'est plus facile de l'être et c'est plus poignant. Donc l'engagement, c'est à la fois personnel, mais à la fois impersonnel, car... Lorsqu'on fait le choix d'être engagé, on veut forcément que les gens qu'on aime ou bien les personnes qui nous entourent soient engagés aussi. Donc on fait de ce choix une responsabilité à partager aux autres. Si lors de mes années de collège je ne portais pas le devoir de mémoire dans mes valeurs, aujourd'hui je le porte dans mon cœur, le devoir de mémoire. Donc il est vrai que dans la vingtaine on fait des choix qui... qui change un peu notre personnalité, qui change totalement notre personne, que ce soit à travers les valeurs ou à travers ce qu'on reflète. Donc pour moi, cet engagement associatif au sein du Souvenir français et donner de l'importance au devoir de mémoire, ça m'a donné une maturité émotionnelle. Je ne sais pas vraiment si ça se dit, mais je suis devenue un peu moins insensible à toutes ces questions d'histoire de la nation. Je ne sais pas vraiment si je serai toujours autant impliquée au sein du Souvenir Français dans dix ans, mais je sais que le Souvenir Français a changé de manière définitive ma perception sur le devoir de mémoire et que, peu importe que ce soit au sein du Souvenir Français ou autre, c'est quelque chose qui restera dans mes valeurs et que j'essaierai de partager au maximum au quotidien.