ACNÉ SÉVÈRE : "Je ne me reconnaissais plus, je me regardais dans le miroir et je ne voyais que des boutons" - Anne cover
ACNÉ SÉVÈRE : "Je ne me reconnaissais plus, je me regardais dans le miroir et je ne voyais que des boutons" - Anne cover
Patients

ACNÉ SÉVÈRE : "Je ne me reconnaissais plus, je me regardais dans le miroir et je ne voyais que des boutons" - Anne

ACNÉ SÉVÈRE : "Je ne me reconnaissais plus, je me regardais dans le miroir et je ne voyais que des boutons" - Anne

38min |30/05/2024|

516

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38min |30/05/2024|

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Description

Comment avoir confiance en soi quand l’acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l’acné quand on a 30 ans ?

Pour 80% d’entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l’adolescence. Sauf que l’acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique.  


Aujourd’hui dans « Patients » on va parler d’un sujet qui touche plus de 200 000 personnes en France : l’acné sévère.

Pour aller plus loin : 

Vous pouvez suivre Anne sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/acne__positive/?hl=fr

Vous souffrez d’acné sévère et vous souhaitez en parler avec un médecin généraliste ou spécialiste ? 
Nos médecins sont à votre écoute.


*Ce podcast recueille des témoignages personnels qui peuvent heurter votre sensibilité. Nous vous rappelons que ces récits représentent le vécu de nos invités et ne sont pas nécessairement représentatifs de notre point de vue.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Ce podcast vous est proposé par la plateforme Livi.

  • Speaker #1

    Bonjour, je m'appelle César Ancel-Ancel. Je suis médecin généraliste et urgentiste. Bienvenue dans Patient, saison 2.

  • Speaker #0

    Anne et l'acné sévère.

  • Speaker #1

    Sur le visage et parfois sur le dos, pour 80% d'entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l'adolescence. Sauf que l'acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique. On estime que sur les 6 millions de personnes avec de l'acné en France, 200 000 sont touchées par une forme sévère. Et parmi eux des ados, mais aussi des adultes. Alors comment avoir confiance en soi quand l'acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l'acné ? Quand on a 30 ans. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Anne, qui va nous raconter son histoire. Bonjour Anne.

  • Speaker #0

    Bonjour César.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que je peux te tutoyer ?

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #1

    Bon, Anne, comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Ça va très très bien.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

  • Speaker #0

    Oui, alors je suis Anne, j'ai 30 ans, je suis créatrice de contenu et thérapeute en psychotraumatologie.

  • Speaker #1

    Anne, je suis vraiment ravi de te recevoir aujourd'hui. Dans cet épisode de Patients, tu vas nous raconter ton quotidien avec l'acné sévère. Est-ce que tu peux me parler de l'acné sévère ?

  • Speaker #0

    Oui, je peux en parler puisque j'en ai souffert pendant plusieurs années. Pour ma part, j'ai eu de l'acné sévère à l'âge adulte, alors qu'on pense que l'acné, c'est souvent quelque chose d'adolescent. Mais moi, dans mon cas, c'est à partir de 24 ans que j'ai vraiment eu énormément d'acné. Du coup, ça a été une acné sévère que j'ai eue vraiment sur tout le visage, du front au menton, même un peu dans le cou. et ça a perduré pendant plusieurs années. Petit à petit, j'ai trouvé des solutions, des choses qui m'ont aidée, qui ont fait qu'aujourd'hui, je suis guérie.

  • Speaker #1

    On va revenir un peu sur l'histoire, c'est-à-dire comment ça s'est passé. C'est une acné qui a commencé... On va le rappeler, il y a différents types d'acné. Une acné légère a des acnés très sévères. Elle était localisée où, cette acné ?

  • Speaker #0

    L'acné à l'adolescence, c'était sur le visage. Et l'acné au moment de l'âge adulte, c'était aussi sur le visage. Je n'ai jamais vraiment eu d'acné, moi, ailleurs. je veux dire légèrement un peu sur la poitrine de temps en temps, mais c'était vraiment localisé sur le visage.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc pas d'atteinte du dos ou d'autres parties du corps. Et à partir de quel moment tu as entendu parler du terme d'acné sévère ? Qui est-ce qui a qualifié cet acné de sévère ?

  • Speaker #0

    C'est moi qui l'ai auto-qualifié sévère. Enfin, j'ai vu une dermato il y a pas mal d'années maintenant qui m'avait proposé de faire un traitement à l'isotrétinoïne. Donc moi, je me suis auto-qualifiée d'acné sévère puisque c'était le seul traitement qu'elle pouvait me conseiller étant donné que j'avais en fait tout testé dans la panoplie allopathique.

  • Speaker #1

    Tu vois un médecin généraliste d'abord ou tu commences directement par un avis dermatologique ?

  • Speaker #0

    Alors à l'adolescence, comme j'avais 15-16 ans, j'étais avec mes parents, donc on est allé voir une dermatologue là où je vivais. Et puis voilà, on a juste vu la dermatologue et je l'ai vue pendant plusieurs années, pendant au moins 5 ans. Et après, j'ai vu une autre dermatologue sur Bordeaux quand j'ai déménagé. Et celle qui m'a proposé l'isotrétinoïne et que j'ai du coup refusé.

  • Speaker #1

    Tu n'as pas eu d'autres traitements auparavant ? Des crèmes, des comprimés, des choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Si, si. En fait, quand j'ai commencé à avoir la dermatologie à l'adolescence, on a commencé par une cure de zinc, des crèmes en application locale, etc. Et puis, comme ça ne faisait rien, on s'est fait de l'apule. Ça ne marchait pas ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    D'accord. Non, non. C'est pour ça, petit à petit, on a augmenté les... les outils à disposition. Donc, on est passé du zinc à la pilule. Et puis, la pilule, ça ne faisait rien. Donc, on est passé à des hormones anti-androgènes, de l'endrocure, et des antibiotiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    J'ai pris la tolexine aussi. Donc là, j'avais tout ça en même temps.

  • Speaker #1

    D'accord. Et ça, ça ne changeait rien ?

  • Speaker #0

    Et là, oui. Là, j'avais une peau de bébé. Là, oui, je n'avais plus du tout de boutons. On me félicitait sur la peau toute lisse de bébé que j'avais quand j'étais dans la petite vingtaine. Et puis un jour, il a fallu arrêter les traitements parce qu'on ne peut pas prendre ça à vie.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'au niveau de ces traitements, qu'ils soient locaux ou en comprimés, tu avais des effets secondaires ?

  • Speaker #0

    En fait, je pense que les plus gros effets secondaires que j'ai eus, c'était avec la pilule contraceptive que j'ai découvert quand je l'ai arrêtée. En fait, quand on prend la pilule extrêmement jeune, on ne connaît pas son corps, son fonctionnement. On a tout juste notre cycle menstruel. Donc, on ne se connaît pas. Le corps est en train de faire toutes les connexions entre le cerveau, les ovaires, etc. Et quand j'ai arrêté la pilule, c'est là que je fais Waouh ! Mais en fait, il y a plein de trucs que je pensais qui étaient moi, mais en fait, qui ne sont pas moi.

  • Speaker #1

    T'as senti un changement ?

  • Speaker #0

    Ah ouais, la personnalité, c'est le jour et la nuit. Au niveau de la gestion des émotions, j'avais un petit côté pas paranoïaque, mais un peu, je sais pas, genre tout le monde est contre moi, hyper sensible.

  • Speaker #1

    Et ça, tu l'attribues à quoi ? Alors plutôt à la contraception, à la pilule ?

  • Speaker #0

    Ouais, totalement, parce que quand j'ai arrêté, plus rien.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je commençais aussi à avoir des douleurs quand j'allais avoir mes règles, même si ce n'était pas des vraies règles, quand on prend la pilule. Mais je commençais à avoir des douleurs, je commençais à avoir des phases vraiment de dépression, presque. Je venais à pleurer sans raison.

  • Speaker #1

    Là, tu avais dans la vingtaine.

  • Speaker #0

    Oui, là, j'avais dans la vingtaine.

  • Speaker #1

    Et ça a duré combien de temps, ces effets secondaires ? Cette réaction psy, ça a duré combien de temps ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas, je pense que le côté, on va dire, un peu sévère, genre vraiment, je me mets à pleurer pour rien, sans raison, des trucs comme ça, ça a dû durer, je ne sais pas, une année, je pense.

  • Speaker #1

    Une année quand même. Et tu étais quoi, étudiante à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, j'étais étudiante,

  • Speaker #1

    oui. Et alors, comment tu gérais ça ?

  • Speaker #0

    Comme font toutes les femmes, on prend sur nous et on se tait.

  • Speaker #1

    Ce que je veux dire, c'est que tu n'en as pas parlé à un moment donné à un médecin ou à un psychologue ?

  • Speaker #0

    Ah ben non. Non, parce qu'en fait, je ne me suis jamais connue sans la pilule, vraiment, je ne pouvais pas savoir que c'était... lié à un truc que je prenais. Je pensais que c'était moi qui avais un problème. Donc, je n'allais pas voir quelqu'un pour dire bonjour. En fait, des fois, je pleure toute seule.

  • Speaker #1

    Pour toi, ça faisait partie de ta personnalité, quasiment. Exactement. D'accord. Et c'est au moment où tu arrêtes cette contraception...

  • Speaker #0

    Je me rends compte que pas du tout. Je ne suis pas quelqu'un de dépressif. Je ne sais pas. La vie est cool. Je ne suis pas parano. Je peux avoir confiance en moi, en la vie, en plein de trucs.

  • Speaker #1

    Donc, tu arrêtes ce traitement. J'essaie de reprendre un peu la chronologie.

  • Speaker #0

    En fait, ça ne s'est pas fait d'un coup. J'ai arrêté les traitements. Je prenais des antibiotiques et des hormones antiandrogènes. Et ça, je les ai arrêtés avant l'arrêt de la pilule. La pilule, j'ai arrêtée quand j'ai eu 23-24 ans.

  • Speaker #1

    Au moment où l'acné redémarre ?

  • Speaker #0

    Avant que l'acné redémarre, vraiment. Parce que j'ai eu un gros choc émotionnel quand j'ai eu 23 ans. J'ai perdu mon papa. Et du coup, c'est ça qui a fait que j'ai voulu arrêter la pilule. Parce que je me suis renseignée. Personne, aucun médecin ne m'a dit Ah bah oui, si votre papa est mort d'un AVC, il vaudrait mieux arrêter la pilule parce que ça peut augmenter... Oui, décider d'un AVC.

  • Speaker #1

    Oui. Et qu'est-ce que tu découvres, en fait, sur la contraception et l'AVC ?

  • Speaker #0

    Je découvre que c'est pas compatible. En fait, si on a des antécédents d'AVC dans sa famille, ben... La pilule augmente les risques d'avoir soi-même un AVC, donc j'ai dit non. Mais en fait, ça augmente les risques de plein de choses, c'est juste qu'on ne le sait pas. Et c'est justement pourquoi je suis un petit peu en colère vis-à-vis de tout ça, c'est qu'on ne m'a jamais prévenu des effets secondaires, vraiment de tout ce que ça peut impliquer justement de prendre la pilule. On m'a prescrit la pilule quand j'étais adolescente, que j'y connaissais rien à rien. et sans me dire, justement, peut-être que tu ne vas pas avoir ta vraie personnalité, tu vas avoir les seins qui vont gonfler énormément. Quand j'ai arrêté la pilule, ça aussi, c'est un des effets secondaires, j'ai perdu la moitié de ma poitrine. Donc voilà, ça en soi, ce n'était pas gênant, mais c'est juste, il y a plein de choses qu'on pense qui sont nous, et en fait, non, qui sont juste l'effet d'hormones synthétiques qu'on prend. Donc je suis allée voir ma gynéco, j'ai dit, bonjour, je voudrais arrêter de prendre la pilule, parce que mon père est mort d'un AVC. et je suis passée à une contraception stérilée au cuivre sans hormones. D'accord. Mais j'avais déjà arrêté tous les autres traitements pour la peau.

  • Speaker #1

    Et donc, est-ce que tu peux me raconter comment l'acné est revenu ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Je pense que c'est revenu un petit peu progressivement. Déjà, ça revenait quand j'ai arrêté les traitements. C'est pour ça aussi que je me suis totalement détournée des traitements allopathiques, parce que comme j'ai pris pendant cinq ans des hormones anti-androgènes, la pilule en plus, un antibiotique, Quand j'arrête le traitement, je me dis, là, normalement, il ne devrait plus y avoir de boutons. Et quand, petit à petit, j'ai réduit les doses jusqu'à arrêter tout et que l'acné revient, et même limite plus qu'avant que je commence les traitements, je me dis, ce n'est pas un traitement, ça n'a pas soigné. Donc, il faut trouver la cause et creuser ça. Et donc, oui, je l'ai tout arrêté. Et quand mon papa est décédé, j'ai refoulé mes émotions totalement. Ça a été extrêmement difficile pour moi de vivre ce décès. Et en fait, quand j'ai arrêté la pilule, cinq, six mois après, j'ai eu vraiment une explosion de l'acné. C'était pile un an après le décès de mon papa, donc c'était vraiment le petit rappel de Eh oh, il faut s'occuper de ton deuil, il ne faut pas mettre les émotions sous le tapis. Et donc ma peau, en fait, a vraiment pris le relais de mes émotions et j'ai explosé littéralement au niveau de la peau.

  • Speaker #1

    Tu parlais de traitement allopathique. Qu'est-ce que c'est un traitement allopathique ?

  • Speaker #0

    Un traitement avec des trucs synthétiques. des molécules faites en laboratoire synthétique.

  • Speaker #1

    Et donc, suite à ce deuil, est-ce que tu es accompagnée ? Est-ce que tu, à part tes proches, j'imagine, mais est-ce que tu bénéficies d'un accompagnement par médecin, psychologue ? Est-ce qu'on te donne des conseils à ce niveau-là ?

  • Speaker #0

    Je suis allée voir une éthiopathe, et je crois que c'est elle qui m'avait conseillé d'aller voir une psychologue, justement, qui m'a dit Waouh, t'as des choses à sortir, là. Il faut que tu parles, parce qu'elle sentait bien que je retenais tout en moi. Donc c'est elle qui m'a dit Ce serait bien que tu ailles voir une psychologue, j'en connais une sur Bordeaux, puisque je vivais là-bas à l'époque. Et j'ai décidé d'y aller. Et donc là, ça m'a fait beaucoup de bien de pouvoir justement parler, parce qu'on n'a pas envie, quand on vit un deuil, je pense que les personnes qui ont perdu quelqu'un, pour pouvoir s'identifier, on n'a pas envie de déranger ses proches.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord.

  • Speaker #0

    Parce que ce n'est pas des professionnels de la santé mentale. Et puis il y a des choses qu'on n'a pas envie de dire, en fait, à des amis ou de la famille. Puis moi, dans mon cas, je suis enfant unique. Donc je n'avais pas envie de rendre triste ma maman en plus.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je sais que je conditionne pas mal son bonheur. Et si elle voit sa fille triste, ça la rend triste. Et je n'avais pas envie, moi... Je prenais beaucoup de responsabilités sur le fait de vouloir que ma maman soit bien et de ne pas vouloir ajouter en plus à sa peine d'avoir perdu mon papa. Donc j'ai beaucoup pris sur moi et j'ai essayé de cacher au maximum ma détresse. que ce soit à mon copain, que ce soit à maman ou aux gens autour. Donc, j'étais pas mal isolée. Et je faisais donc les séances de psy. Et j'ai déménagé à Londres avec mon copain. Et donc, j'ai arrêté de voir la psy. Et donc là, j'étais vraiment hyper isolée parce que je recommençais une nouvelle vie. Je ne connaissais personne dans cette grande ville. Et donc, j'étais très isolée. C'est pour ça que là, j'ai eu, je pense, cette explosion pour le premier anniversaire du décès de mon papa.

  • Speaker #1

    Et alors, c'est quoi une acné qui explose au visage ? Qu'est-ce que ça donne ?

  • Speaker #0

    On a tellement de boutons que ça fait presque des plaques sur le visage, avec des pustules. Les pustules, c'est des boutons avec du pus dedans qui sont blancs. Des boutons rouges, donc plutôt des papules, des kystes, donc des boules douloureuses sous la peau, au niveau du menton. C'est là aussi où je l'ai considéré sévère, c'est quand c'est une acné qui est douloureuse même physiquement. Quand on est sur l'oreiller, qu'on a le... la peau qui touche l'oreiller, que ça appuie sur les zones, comme ça, sur les kystes et tout.

  • Speaker #1

    C'est une poussée d'acné que tu n'avais jamais eue ?

  • Speaker #0

    Non, je n'ai jamais eu une poussée comme ça de ma vie. Franchement,

  • Speaker #1

    c'est... Quand tu nous en parles, donc ça touchait tout le visage avec effectivement des lésions que tu qualifies un peu d'inflammatoires, qui étaient rouges, des lésions...

  • Speaker #0

    J'avais le visage vraiment rouge. J'ai documenté mon parcours, donc j'ai la chance d'avoir plein de témoignages et de photos de ce moment-là. J'ai osé me prendre en photo, alors que c'était extrêmement douloureux pour moi de me voir comme ça et d'immortaliser ces moments-là. Mais ouais, j'ai vraiment le visage rouge et puis ça fait presque comme des plaques, on ne peut même plus compter combien on a de boutons, c'est des plaques. Vraiment, je n'avais pas d'autres mots que de me dire je suis monstrueuse Et ça a impacté ma joie de vivre, mon côté social, etc. Et puis j'ai dû me forcer en fait, faire genre non, non, c'est pas grave, je m'en fiche pour avoir des interactions sociales. parce que sinon, jamais de ma vie, j'aurais voulu sortir et qu'on me voit dans cet état.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien revenir sur l'impact quotidien, en fait. Parce que c'est vrai que je pense qu'on a tous été un peu touchés par l'acné quand on était adolescents, mais une acné sévère, c'est autre chose. C'est vraiment, pour le coup, être défiguré, avoir ces douleurs. Comment ça se passait dans ton quotidien, dans les interactions avec tes amis, au niveau du travail ? Est-ce que tu peux nous décrire ?

  • Speaker #0

    C'était très, très difficile à vivre. C'était une obsession, en fait, pour moi, ma peau. Je me levais le matin, le premier truc auquel je pensais, c'était ma peau. C'était, ok, il faut que j'aille voir, est-ce que j'ai des nouveaux boutons ? Est-ce que le produit que j'ai essayé la veille a fait effet ? Est-ce que ça s'est réduit ? Et voilà, tu passes beaucoup de temps à te regarder, à scruter ta peau. Tu sais exactement quelle taille ont les lésions, où elles sont, comment c'est. Et t'es obsédée par ça, quoi. Moi, à ce moment-là, en fait, j'ai décidé que je voulais comprendre pourquoi j'avais de l'acné. Et donc, je passais mon temps à égréner Internet, à rechercher des témoignages à l'étranger, aux États-Unis, au UK, pour essayer de comprendre, de voir d'autres personnes qui sont passées par là et des choses qu'elles ont pu essayer pour les essayer moi-même. Donc, petit à petit, j'ai changé ma façon de vivre, mon hygiène de vie, mon alimentation, etc. Mais c'est vraiment devenu une obsession et je me détestais. Vraiment, c'était très, très, très douloureux de me regarder. Je n'aimais pas ce que je voyais. Et en fait, c'est un impact dans tout, parce que dans nos interactions sociales, on va avoir tendance à peut-être parler aux gens en montrant une joue où on a moins d'acné que l'autre. Je passais beaucoup, beaucoup de temps à maquiller l'acné aussi, à essayer de camoufler avec différentes couches de correcteurs, de fonds de teint, etc. Même si au final, je savais que ça se voyait, parce que j'étais tellement marquée qu'on voyait bien les reliefs de la peau. Même si on met du maquillage, on ne peut pas cacher le relief, mais au moins cacher les rougeurs, les pustules, etc. Puis ça nous impacte dans la vie intime aussi. Moi, à ce moment-là, j'étais en couple, et je sais que je ne me sentais pas désirable. Par exemple, quand on a un rapport sexuel, c'est pareil, on va se dire, on va peut-être privilégier telle position pour que l'autre ne nous voit pas, qu'il ne voit pas le visage. Ou justement, je vais plutôt montrer tel côté du visage parce que là, j'ai un peu moins de boutons. Et on est dans l'hyper contrôle, et on se dit juste que l'autre nous voit comme on se voit nous, c'est-à-dire horrible. pas désirables.

  • Speaker #1

    Donc, un impact majeur sur toutes tes interactions sociales, finalement. Et donc, j'imagine qu'au bout de plusieurs semaines, ça commence à te taper sur le système. Tu t'as senti que ton moral, il chutait avec cette acné ? Ah oui,

  • Speaker #0

    totalement. Ça m'a vraiment impacté moralement. Et c'est pour ça qu'au bout d'un moment, j'ai pris la décision de me dire, peut-être que j'aurai de l'acné toute ma vie, peut-être que j'aurai de l'acné jusqu'à mes 99 ans. Mais attends,

  • Speaker #1

    je me permets de t'interrompre. À ce moment-là, tu ne revois pas un ou une dermatologue ? Non. Non, pourquoi ?

  • Speaker #0

    Parce que comme j'avais déjà pris pendant 5 ans des médicaments...

  • Speaker #1

    C'était fini ?

  • Speaker #0

    Oui, c'était fini, oui.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Comme j'ai vu une autre dermatologue qui m'avait juste dit... qui m'avait un peu choquée, c'était la première fois qu'on se voyait, elle ne m'a demandé aucun truc sur qu'est-ce que je mange, c'est quoi mon hygiène de vie, qu'est-ce que je vis, qu'est-ce que... Enfin, rien, juste, ah, vous avez déjà pris ça, ça, ça comme traitement, bon ben, l'isotrétinoïne,

  • Speaker #1

    voilà. Oui, tu aurais bien aimé avoir ses réponses sur ton mode de vie, finalement.

  • Speaker #0

    J'aurais bien aimé, en fait, quelqu'un qui cherche les causes de l'acné, tout simplement. J'aurais aimé un docteur, un dermatologue, qui me dise, OK, il y a une raison pour laquelle votre corps réagit. Peut-être qu'il y a un déséquilibre hormonal, peut-être qu'il y a une infection au niveau des intestins.

  • Speaker #1

    On n'a pas cherché au niveau hormonal, on n'a rien cherché. Pas de prise de sang, de choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Non, probablement que j'ai dû faire des prises de sang, les trucs classiques avec les triglycérides pour la pilule, les choses comme ça, mais pas vraiment...

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord. En fait, ce que tu décris, c'est qu'effectivement, il y a des recommandations pour les prises en charge de l'acné. mais les patients ne sont pas censés les connaître, les recommandations. Et notamment vis-à-vis de l'alimentation, ce n'est pas très clair l'alimentation et l'acné. Là, il y a quelques études qui sont sorties sur les régimes, sur l'alimentation à fort index glycémique, mais ce n'est pas encore validé. Mais toi, tu aurais bien aimé... qu'on puisse aborder tous ces aspects concernant ton mode de vie, et ça, ça n'a pas été abordé.

  • Speaker #0

    Non, mais même outre le mode de vie, juste de comprendre qu'il y a une raison pour laquelle on a de l'acné, que ce n'est pas comme ça, ça ne tombe pas du ciel, que c'est multifactoriel aussi, et surtout qu'on ait envie de comprendre. La première dermatologue que j'ai vue, elle était plutôt dans cette démarche-là, mais je pense qu'elle manquait juste d'informations, parce qu'elle, elle était quand même à l'écoute, et puis plutôt tournée sur le naturel, à ne pas vouloir faire des trucs trop... trop hardcore, on va dire, en termes de traitement, si ce n'est pas nécessaire. Et c'est la première, en 2013, qui m'avait dit, justement, il y a des études qui montrent que les produits laitiers, ça aggrave l'acné, donc je vous conseille de réduire le lait, parce que je consommais énormément de lait à cette époque-là. Donc c'est à partir de 2013 que j'ai arrêté de prendre un grand bol de lait le matin au petit-déj. Donc elle, elle était déjà plus dans cette démarche-là, mais elle manquait, je pense, d'informations pour vraiment aller au bout et pouvoir me guérir. Mais la dermatose suivante que j'ai vue, par contre, rien du tout.

  • Speaker #1

    Et donc, finalement, tu es amenée à te débrouiller toute seule.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Donc, tu vas faire tes recherches. C'est ça. Et alors, comment ça se passe ? Comment est-ce que tu trouves la solution à un moment donné ?

  • Speaker #0

    En fait, il n'y a pas deux solutions. Il n'y a pas LA solution. Comme c'est multifactoriel. En fait, aujourd'hui, je sais que quasiment chaque acné est unique. Peut-être qu'on reviendra dessus, mais l'aspect psychologique traumatisme est extrêmement important, le stress aussi. Et ça, c'est quelque chose que j'ai appris, c'est que si on met en place une bonne hygiène de vie, si à côté de ça, on continue à être extrêmement stressé ou qu'on a des traumatismes qu'on n'a pas gérés, on continuera à avoir de l'acné. Parce que tant que le corps est en mode survie, on ne peut pas guérir. Le corps, il est juste concentré à se dire, OK, comment on fait pour survivre, mais pas OK, comment on fait pour réparer telle chose, pour prendre soin de telle partie, pour se régénérer. Et ça, je pense que c'est un petit peu le secret que personne ne partage sur l'acné. C'est que si on veut guérir de l'acné, il faut vraiment s'occuper du psy. Parce que sinon, on pourra arrêter tous les produits laitiers, avoir une alimentation anti-inflammatoire, tout régler, entre guillemets, au niveau de l'hygiène de vie. mais continuer à avoir de l'acné parce qu'en fait, on ne se sent pas en sécurité.

  • Speaker #1

    Et donc toi, à un moment donné, tu as décidé de te prendre en charge au niveau du stress. Comment tu as fait ?

  • Speaker #0

    J'ai changé pas mal de choses dans ma vie. J'ai intégré la méditation, du yoga, faire du sport, pratiquer des affirmations positives, écouter beaucoup de vidéos positives, de motivation, essayer de m'entourer d'un environnement positif, bienveillant, et puis changer le discours que j'avais avec moi-même. Donc justement, un grand tournant qui a été dans mon parcours de l'acné, c'est de me dire que je vais accepter que j'ai de l'acné. Parce qu'en fait, à l'époque, je n'acceptais pas ma situation. Et un jour, j'ai dit Ok, j'accepte. Il y a des personnes qui ont d'autres choses, des handicaps, et qui doivent vivre avec, puisque c'est comme ça. Et moi, on va dire que mon handicap, c'est l'acné. Et donc, comment je fais pour être heureuse et épanouie dans ma vie en sachant que j'ai cette peau-là ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est quoi les choses que tu as découvertes qui t'ont changé au niveau des pratiques ?

  • Speaker #0

    Un jour... Quand j'ai pris la décision que j'aurais peut-être de l'acné toute ma vie, comme je n'arrivais pas de moi-même à me dire Bon, maintenant, je me dis que je m'aime, même si ce n'est pas vrai j'ai mis une feuille A4 sur mon miroir, là où je vivais, avec écrit Tu es belle et parce que j'étais pas capable de ne pas me dire des choses horribles, donc j'ai dit, bon, je vais arrêter de me regarder, donc je vais mettre ça, et à la place, je vais me prendre une affirmation positive plutôt que de me dire,

  • Speaker #1

    t'es moche. Donc tous les jours ?

  • Speaker #0

    Tous les jours, ouais. Je sais pas combien de temps j'ai laissé ça sur mon miroir, probablement pendant des semaines.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et finalement, ça m'a bien aidée. De plus me voir, et donc de plus être dans ce discours permanent et puis de me faire du mal, de me voir, d'être un peu désespérée devant ma peau comme ça, ça m'a fait beaucoup de bien au moral. Je pense qu'au final, au niveau de la peau, ça a apaisé aussi les choses.

  • Speaker #1

    L'acné, elle s'est apaisée au bout de combien de temps ?

  • Speaker #0

    Ça a pris pas mal de temps. Des années ? En fait, ça a été par phase. C'est-à-dire que, par exemple, quand j'ai arrêté les produits laitiers totalement, Là, j'ai vu une très grosse amélioration de ma peau. C'est-à-dire qu'en cinq mois, j'ai eu 80 d'acné en moins. Juste en arrêtant les produits laitiers, sans rien changer d'autre.

  • Speaker #1

    Ça, ça a été marquant, ça. Oui. D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc voilà, en fait, il y a eu des paliers comme ça. Il y a eu des moments où j'ai essayé des choses et hop, ça fonctionne, ça réduit. Par exemple, si j'ai pris du Gatillier à un moment. Parce que je travaille dans un magasin bio et...

  • Speaker #1

    C'est quoi le gâtillier ?

  • Speaker #0

    Le gâtillier, c'est une plante qui est faite pour réguler les hormones féminines.

  • Speaker #1

    Je ne savais pas.

  • Speaker #0

    Mais ce n'est pas à prendre à la légère, parce qu'il y a certains cas où c'est vraiment déconseillé, notamment si on est plutôt en mode SOPK. C'est vraiment évité.

  • Speaker #1

    Pour rappel, pour les gens qui nous écoutent, le SOPK... C'est le syndrome des ovaires polykystiques. Effectivement, c'est une pathologie hormonale avec des kystes au niveau des ovaires et qui peut être responsable via un mécanisme hormonal d'acné. Et c'est effectivement ce qu'on est amené à chercher très souvent chez les femmes qui ont une acné d'apparition tardive. C'est-à-dire qu'on a tendance à opposer l'acné qui survient chez l'adolescent et l'adulte jeune. de l'acné qui apparaît tardivement. Et c'est un signe, parfois, qui pousse à se dire, ah, est-ce que ce n'est pas une acné secondaire ? Et donc, est-ce qu'il n'y a pas un SOPK ? Voilà, ça, c'était un rappel. Et après, des mesures diététiques ou des traitements que tu t'es mis en place, donc tu nous parlais du gâtillier.

  • Speaker #0

    Du gâtillier, oui.

  • Speaker #1

    D'accord, donc le gâtillier, tu peux nous en dire un mot ?

  • Speaker #0

    Du coup, le gâtillier, c'est une plante qui est censée réguler les hormones, mais qui n'est pas à prendre à la légère.

  • Speaker #1

    Donc, il faut quand même avoir un avis médical là-dessus.

  • Speaker #0

    Ah bah oui, il ne faut pas le prendre tout seul. Mais moi, j'ai tout fait toute seule.

  • Speaker #1

    D'accord, ok.

  • Speaker #0

    Donc, je ne conseille pas ce que j'ai fait.

  • Speaker #1

    D'ailleurs, pour les gens qui nous écoutent, il doit y avoir peut-être des médecins, tout ça. Ne m'envoyez pas des lettres de menace, etc. C'est-à-dire que le podcast, il s'appelle Patient. Et donc, c'est la version, l'histoire du patient. Donc, voilà, effectivement. Donc, toi, c'est ce que tu as fait.

  • Speaker #0

    Et pour dire, moi, je n'ai rien contre le monde médical et j'aurais adoré être accompagnée dans le monde médical. Mais c'est qu'on m'a laissé tomber, quoi. Enfin, on m'a faillie. Et comme je pense beaucoup de personnes qui ont de l'acné, je le vois avec les milliers de conversations que j'ai eues depuis 2017 avec des femmes, je suis loin d'être la seule qui a été laissée tomber par le système médical au niveau de l'acné.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien en parler de ça. Tu me parles des milliers de conversations. Dis-en moi un peu plus là-dessus. C'est quoi les milliers de conversations ? Sur des forums ?

  • Speaker #0

    Non, sur mon compte Instagram.

  • Speaker #1

    Sur ton compte Instagram ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avais un compte Instagram à l'époque qui s'appelait Nothing But My Opinion. Et c'était à la base pour faire un Yuka des cosmétiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et ce qui s'est passé, c'est que parallèlement à ça, j'ai eu l'acné. Et à ce moment-là, je cherchais des façons de montrer que le maquillage naturel était aussi efficace que le maquillage conventionnel. Et je m'étais dit, tiens, quoi de mieux que de montrer... D'un côté, si je maquille ma peau avec de l'acné, avec du fond de teint conventionnel, et de l'autre avec du fond de teint naturel.

  • Speaker #1

    Mince, je suis nul aussi là-dedans. C'est quoi la différence entre maquillage naturel et conventionnel ?

  • Speaker #0

    La différence, c'est que naturel, ça va être avec des ingrédients qui sont naturels. Et conventionnel, ça va être de la pétrochimie, des choses synthétiques, des choses... Enfin, tout ce qui n'est pas naturel, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Avec des polluants, avec des perturbateurs endocriniens, des choses comme ça.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    des choses irritantes, pas bonnes pour la santé, la totale. Et d'ailleurs, les fonds de teint qui sont souvent très couvrants, c'est les pires en termes de composition. Et donc, je voulais vraiment montrer que le naturel, ça peut être aussi efficace. Et je m'étais dit, si je fais des photos de moi avec d'un côté du conventionnel, de l'autre du naturel, et qu'on voit que c'est pareil, le rendu, on va voir que c'est efficace.

  • Speaker #1

    Ça représente quoi comme budget ?

  • Speaker #0

    En fait, le budget maquillage, quand on a de l'acné, il est assez important. Mais en réalité, ce n'est pas forcément plus cher que le conventionnel. C'est aussi ce que je voulais mettre en avant via mon compte Instagram, c'était de montrer que oui, c'est naturel, c'est mieux en termes de composition pour la santé et pour l'environnement, mais en plus, c'est moins cher. Je faisais d'un côté que du maquillage conventionnel, de l'autre que du naturel, et je mettais aussi le prix du look des deux côtés, et en fait, c'était toujours plus cher du côté conventionnel. Donc, c'est moins cher.

  • Speaker #1

    Un ordre de prix ?

  • Speaker #0

    Par exemple, le fond de teint que j'avais, ça faisait peut-être trois mois et c'était une vingtaine d'euros le fond de teint. Ah bon ? Non, non.

  • Speaker #1

    Ah d'accord.

  • Speaker #0

    Non, mais c'est pour ça. Le naturel, ce n'est pas forcément des trucs hyper chers. Il faut juste trouver les bons produits et qui sont efficaces. Et voilà.

  • Speaker #1

    À la base, c'est un Instagram qui est, on va dire, plus cosmétique. Et après, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Il passe plus sur ce qui t'arrive, sur ta vie, sur ta façon de gérer ton acné, sur ta façon de gérer tes émotions. Tu peux nous raconter ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je montrais des photos de moi démaquillée, etc., j'ai eu beaucoup de retours très positifs, en fait, de femmes qui me remerciaient de me montrer telle que j'étais, peau nue. Et c'est vrai que c'est quelque chose, moi, qui me manquait à l'époque aussi. dans mon parcours de reconstruction, d'estime de moi, etc. Parce que je voyais des femmes aux États-Unis, en Angleterre, qui se montraient avec beaucoup d'acné, sans maquillage, et qui montraient des choses très positives, des messages qui m'ont beaucoup aidée. Et je ne voyais pas ça en France. Donc, en fait, je suis devenue ce que je voulais voir sur les réseaux. Et puis, petit à petit, est venu un jour... où j'ai entendu quelqu'un qui disait Ah, je suis allée voir un dermatologue pour ma fille qui a 16 ans et il lui a prescrit la pilule pour l'acné. Sans chercher aucune cause, rien. Juste, t'as 16 ans, t'as des boutons, pilule. Et en fait, ça m'a révoltée parce que c'est exactement ce que moi, j'avais vécu quelques années auparavant. Et je me suis dit Mais en fait, rien n'a changé. À ce moment-là, on est en 2019. Et je me suis dit Rien n'a changé, il faut que je fasse quelque chose. Et j'ai écrit un livre, enfin un e-book gratuit pour partager tout ce que j'avais appris moi sur l'acné.

  • Speaker #1

    C'est cette histoire-là qui t'a déclenché ça ? Oui.

  • Speaker #0

    D'accord. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit Wow, il ne s'est rien passé en fait, la médecine n'a pas évolué.

  • Speaker #1

    Tout en rappelant quand même que s'il y a une indication de contraception, on met une contraception spécifique. Mais si la personne n'est pas en demande de contraception, normalement, je te dis les recommandations, je ne te dis pas ce qui se fait en pratique, mais on n'est pas censé instaurer une contraception. Et bon, en gros, cet épisode... toi, tu t'es dit, surtout en plus avec l'histoire qui s'est passée avec ton père, etc., tu t'es dit, bon, moi, je vais m'investir là-dedans.

  • Speaker #0

    Exactement. Donc, j'ai écrit un e-book gratuit que j'ai envoyé manuellement à, je ne sais pas, peut-être 1 500 personnes.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Vraiment, il n'y avait pas de truc automatique comme aujourd'hui, là, où on met son mail et hop, on reçoit automatiquement une séquence de mails. Moi, c'est moi qui envoyais avec mes petites mains à toutes les personnes qui faisaient la demande de ce e-book par le biais de mon compte Instagram, en fait, que j'avais à ce moment-là. et un jour il y a quelqu'un qui m'a répondu et qui m'a dit waouh c'est super intéressant ça devrait être un livre et là je me suis dit mais là ça fait que 30 pages c'est pas un livre je me suis dit ok si c'était un livre qu'est-ce que j'aurais de plus à dire et puis là en fait je me suis mise à écrire non-stop et c'est arrivé à 124 pages et là je me suis dit ah bon bah là ça ressemble plus à un livre ah donc t'as fait un livre et j'ai écrit un livre En 2019, Acné Positive, oubliez tout ce que vous savez.

  • Speaker #1

    Que tu as édité, imprimé, tout ça ?

  • Speaker #0

    Que j'ai auto-édité moi-même et tout, j'ai fait un crowdfunding. C'est Et là, je viens de le rééditer. Cette fois-ci, il fait 289 pages.

  • Speaker #1

    Comment il s'appelle ton livre ?

  • Speaker #0

    Acné Positive. Dis-donc. Et donc là, j'ai réédité parce que j'ai énormément appris.

  • Speaker #1

    Sans intervention de dermatologue ou de médecin dans ton livre ?

  • Speaker #0

    Non. Mais j'adorerais ! Je lance un appel, s'il y a des dermatologues qui veulent rejoindre le mouvement d'acné positive, je suis hyper ouverte à ça.

  • Speaker #1

    Justement, en fait, ça c'est ma prochaine question, comment est-ce que tu penses que l'encadrement, justement, est suivi par le corps médical, il pourrait être amélioré ?

  • Speaker #0

    Eh bien déjà, d'écouter la personne et d'essayer de comprendre pourquoi elle a de l'acné. D'essayer vraiment de montrer qu'on est dans une démarche de Ok, je suis là. on va essayer de comprendre ce qui se passe. On va faire des tests.

  • Speaker #1

    C'est marrant ce que tu décris, parce que c'est quelque chose qu'on retrouve dans d'autres situations en médecine. Si tu veux, les médecins, on apprend selon la science, selon des études. Et après ces études, si ces études sont vraiment validées et costaudes, on va décider de faire des recommandations. Des recommandations de prise en charge. Et les médecins, en gros... ils sont censés respecter les recommandations. C'est-à-dire que, par exemple, pour certains dosages ou certains traitements, on va dire non, ça, ça ne marche pas ou ça, ça marche Le problème de ça, c'est que... Moi, je suis pour ça, personnellement. Mais le problème de ça, c'est que parfois, ça ferme la porte au dialogue entre les patients et les médecins. Et tu parlais du lait. Le lait, il y a énormément de gens qui décrivent une diminution de leur symptomatologie de pathologie inflammatoire. alors que ce n'est pas clairement démontré.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a des études quand même.

  • Speaker #1

    En fait, si tu veux, la difficulté, c'est qu'en plus des études, il y en a plein, mais des études qu'on peut retenir parce qu'elles ont une bonne méthode et parce qu'elles sont assez puissantes, ça, il n'y en a pas tant que ça, en fait. Et donc, il faut savoir trouver le juste milieu entre l'histoire de la personne, les études, etc. Et en fait, c'est souvent un problème de communication, ce que tu décris, en fait.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est ça, il n'y a pas le temps, en fait. Et je blâme personne en soi. Je veux dire, je sais qu'il y a une pénurie de dermatologues en France, que c'est très dur d'avoir un rendez-vous. Voilà, quand on a 15 minutes à passer avec chaque personne, effectivement, c'est compliqué de pouvoir dire Ok, comment ça se passe dans votre vie, dans votre couple ? Est-ce que vous êtes heureuse, épanouie ? Est-ce que vous mettez en place du temps pour vous, pour déstresser ? Voilà, ça aussi, c'est quelque chose que je mets en place dans ma vie. C'est vraiment des fenêtres pour... pour repasser en wow, ok, même s'il y a eu des pics de cortisol dans la journée, vite, vite, il faut un moment fou pour calmer le système Toi,

  • Speaker #1

    t'aimerais bien que les médecins aient plus une approche intégrative, en fait, globale, prendre en charge l'ensemble, en fait.

  • Speaker #0

    Mais totalement, parce qu'on est un ensemble. On n'est pas une somme d'organes, on n'est pas un cœur plus un foie plus un poumon. On est un tout, et tout communique entre tout.

  • Speaker #1

    Et ce qui est triste, c'est que la plupart des médecins ou des soignants qui vont nous écouter, ils sont d'accord avec ça. mais le système de soins cette espèce d'activité effrénée on est pris par le temps et effectivement on aimerait bien des fois pouvoir faire une prise en charge globale intégrative, il faudrait parfois prendre 45 minutes une heure avec les patients mais quand t'as 15 minutes que le téléphone il sonne et que derrière t'as une urgence et en fait tu te retrouves avec finalement cet échange qui n'a pas lieu et des personnes qui se disent bon bah non je vais me débrouiller toute seule

  • Speaker #0

    Non, et puis je l'entends. Je veux dire, moi aussi, je devais être tous les jours au cabinet, avoir, je ne sais pas, 12, 15 personnes dans la journée, des urgences, des trucs. Au bout d'un moment, en fait, les gens, tu ne les vois plus comme des gens. Tu les vois comme des personnes qui viennent avec une liste de symptômes. Tu regardes dans ta grille, OK, les symptômes, ça correspond à ça. On va prescrire tel traitement, tel dosage, parce que c'est ce qu'il faut pour cette personne-là. Et basta, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la complexité du métier, oui.

  • Speaker #0

    effectivement donc moi en soi je blâme personne et moi je suis pour au contraire qu'il y ait vraiment un dialogue qui se fasse justement avec le monde médical que les dermatologues en fait s'ouvrent entre guillemets à l'acné positif dans le sens où il faut essayer de comprendre les causes et aller s'intéresser au psychologique non mais c'est pour ça que c'est intéressant et que la tendance elle est bonne actuellement parce qu'effectivement il y a un rôle de plus en plus important des associations

  • Speaker #1

    et de personnes comme toi qui s'investissent. Et effectivement, à mon avis, la solution, elle viendra probablement aussi de là. Toi, maintenant, comment ça se passe ? Tu as encore des poussées d'acné ?

  • Speaker #0

    Ça m'arrive justement en fonction de ma vie et notamment en fonction des moments, on va dire, difficiles que je peux vivre. Et je l'ai encore constaté en fin d'année. Je n'avais plus d'acné depuis 2022. Et là, en octobre, j'ai eu, on va dire, deux coups durs. Et ça m'a vraiment... mise mal. Et là, paf, j'ai eu genre trois, quatre poussées inflammatoires. Vraiment, je fais la distinction entre les petits boutons qu'on peut avoir quand on a trop mangé ou trop bu d'alcool, des choses comme ça. Et là, c'est vraiment profond, inflammatoire, lié à des trucs de stress. Effectivement, quand j'ai commencé à vraiment mettre en place des routines pour me dire, OK. je vais prendre soin de moi, je vais être mon propre parent sur ce sujet-là parce que là, je ne vais pas bien, il faut que je m'occupe de moi. Et bien là, pouf, la peau qui commence à aller mieux.

  • Speaker #1

    Oui, c'est incroyable. Mais tu sais, ça s'est étudié par exemple entre l'hypnose et les gens qui ont des colopathies fonctionnelles. Et ça, c'est démontré scientifiquement. C'est-à-dire que l'hypnose et l'auto-hypnose aident les personnes qui ont des symptômes douloureux digestifs dans l'intestin irritable, en fait. Et donc, si ça marche pour ça, ça marche pour d'autres pathologies, très probablement.

  • Speaker #0

    Oui, et puis il n'y a pas qu'une thérapie en plus qui est utile. Moi, je me suis formée à la psychotraumatologie, justement suite à tout ça, parce que j'avais fait des programmes d'accompagnement, en plus d'avoir écrit mon livre, pour aider au niveau du moral. Et justement, j'ai eu des super résultats. Les femmes qui avaient vraiment... J'ai même eu des photos avant-après, où avant le programme de 28 jours, elle avait des boutons, et après les 28 jours, plus de boutons. Et elle n'avait rien changé d'autre à part le fait de suivre tous les jours ce que je... conseillé de mettre en place au niveau de la santé mentale. Et donc, ça fonctionne. Enfin, il y a vraiment un lien très, très fort. Mais je me suis rendue compte aussi, en partageant mon histoire, qu'il y avait des personnes qui me disaient Oh, wow, j'ai pris conscience que, moi, mon acné est arrivé après un viol que j'ai subi il y a cinq ans. C'est la première fois que je fais le lien entre les deux, merci. Et puis après, j'ai su que la peau allait mieux, en fait, d'avoir pris conscience de ça. Mais je sais aussi qu'il y a des personnes qui avaient déjà fait le lien, mais où la peau n'allait pas mieux. Et donc je m'étais dit, mince, pour ces personnes-là, il faut que j'ai des outils thérapeutiques vraiment pour les accompagner et aller plus loin. Et c'est comme ça que je me suis formée à la psychotraumatologie, parce que je suis absolument convaincue que si on veut soigner la peau, il faut soigner les traumatismes, le stress, les émotions qu'on a.

  • Speaker #1

    Tu t'es formée à la psychotraumatologie, qu'est-ce que tu as fait comme formation ?

  • Speaker #0

    C'est une formation avec un institut canadien qui mélange en fait de la psychologie et de la biologie. cellulaire, puisqu'on sait aujourd'hui que les traumatismes vraiment ont une réalité biologique dans l'épigénétique, et que ça modifie l'expression des gènes qui vont s'activer et pas s'activer, bien s'exprimer ou pas, et que c'est possible de les guérir, en fait, réellement.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux hommes et aux femmes qui traversent la même chose que toi, qui passent par des périodes d'acné très sévères ?

  • Speaker #0

    Je leur conseillerais de pas rester seule, de pas faire comme moi, surtout faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Parce que moi, j'ai eu un parcours qui a été très solitaire. J'ai cherché beaucoup de choses par moi-même. Je veux dire, je n'ai pas été seule dans le sens où je suis allée voir des praticiens en énergétique, en médecine chinoise traditionnelle, de l'éthiopathie, de l'ostéopathie. Moi, mon conseil, c'est faites-vous accompagner. Ne soyez pas seule. Et par qui ? Bah du coup...

  • Speaker #1

    Tu peux venir là.

  • Speaker #0

    La version officielle, c'est oui, aller voir un dermatologue. Mais si j'ai envie d'être honnête, aller voir un naturopathe qui est bon. Un bon naturopathe, déjà, ce sera vraiment bien.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien qu'on parle un peu de l'accompagnement des proches. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux proches d'une personne qui a une acné sévère, voire très sévère ? Je pense aux compagnons, à la compagne, aux parents, frères et sœurs.

  • Speaker #0

    Je pense qu'un conseil, c'est déjà d'éviter de faire des commentaires sur la peau, parce que ça semble... basique à dire, mais c'est loin de l'être, vu tous les retours que j'ai, et moi-même, de ma propre expérience. Parce que comme le visage, c'est quand même la partie du corps qu'on voit le plus, et en premier, chez autrui, quand on voit la famille qu'on ne s'est pas vues depuis trois mois, on va dire Ah, mais qu'est-ce qui t'est passé ? Pourquoi t'as des boutons ? Bon, ça, on arrête, parce que ça, clairement, ça n'aide pas. Parce qu'on a conscience qu'on a des boutons, on se voit, on a un miroir chez soi, et on souffre de ça, donc ce n'est pas la peine de le faire remarquer. Et après, on va dire dans le cadre plus intime des personnes qui vont nous voir plus souvent, par exemple le conjoint, ça serait d'ouvrir un dialogue sur ça, parce que généralement, on a honte d'en parler et de dire, écoute chérie, moi je me sens pas désirable, je me sens moche, j'ai peur que tu m'aimes plus, j'ai peur que tu me quittes parce que je suis moche. Et d'ouvrir un dialogue sur ça et de rassurer, de dire non. Ça change rien, c'est pas je t'aime pas pour ta police, parce que t'as des petits portes tout resserrées, voilà, je t'aime pour d'autres choses, etc. Et d'être dans une écoute, en fait, tout simplement, parce que je sais aussi que parfois, des personnes essayent d'être bienveillantes, mais vont avoir tendance à nier la réalité de la personne, c'est-à-dire à dire, oh mais... c'est rien, c'est que d'écouter Ah, mais t'es belle quand même, de toute façon, c'est rien. Alors que nous, on en souffre. Et donc, d'écouter, de dire Ah ouais, ok, je comprends que ce soit difficile à vivre pour toi. Ok, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, pour t'accompagner ? De quoi tu as besoin, toi ? Parce que, au final, on a tous besoin de choses différentes. Bien sûr. Et donc, je pense que le mieux, en fait, c'est tout simplement d'écouter, d'être dans l'écoute, de dire Ok, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Je peux être un soutien pour toi ?

  • Speaker #1

    Être à la disposition. Exactement. La bonne posture. Ok. Anne, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?

  • Speaker #0

    de propager l'acné positif parce que je pense que ça peut aider beaucoup de personnes Anne,

  • Speaker #1

    c'était vraiment hyper intéressant je te remercie mille fois pour ton intervention et puis je te souhaite le meilleur pour la suite merci beaucoup de m'avoir invitée je te dis à bientôt merci à toutes et à tous de nous avoir suivis n'hésitez pas à partager cet épisode j'espère que la parole d'Anne vous a autant aidé que moi à comprendre cette pathologie Je la remercie encore vivement de nous avoir confié son histoire. Pour compléter son témoignage, nous avons sollicité l'éclairage d'une experte. Découvrez notre échange sur l'acné la semaine prochaine. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous recommande l'association France 3A et le site dermato-info.fr. Merci. On se retrouve dans deux semaines, même jour, même heure, pour entendre une autre histoire de passion. En attendant, je vous dis à très vite et surtout, prenez soin de vous !

Description

Comment avoir confiance en soi quand l’acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l’acné quand on a 30 ans ?

Pour 80% d’entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l’adolescence. Sauf que l’acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique.  


Aujourd’hui dans « Patients » on va parler d’un sujet qui touche plus de 200 000 personnes en France : l’acné sévère.

Pour aller plus loin : 

Vous pouvez suivre Anne sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/acne__positive/?hl=fr

Vous souffrez d’acné sévère et vous souhaitez en parler avec un médecin généraliste ou spécialiste ? 
Nos médecins sont à votre écoute.


*Ce podcast recueille des témoignages personnels qui peuvent heurter votre sensibilité. Nous vous rappelons que ces récits représentent le vécu de nos invités et ne sont pas nécessairement représentatifs de notre point de vue.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Ce podcast vous est proposé par la plateforme Livi.

  • Speaker #1

    Bonjour, je m'appelle César Ancel-Ancel. Je suis médecin généraliste et urgentiste. Bienvenue dans Patient, saison 2.

  • Speaker #0

    Anne et l'acné sévère.

  • Speaker #1

    Sur le visage et parfois sur le dos, pour 80% d'entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l'adolescence. Sauf que l'acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique. On estime que sur les 6 millions de personnes avec de l'acné en France, 200 000 sont touchées par une forme sévère. Et parmi eux des ados, mais aussi des adultes. Alors comment avoir confiance en soi quand l'acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l'acné ? Quand on a 30 ans. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Anne, qui va nous raconter son histoire. Bonjour Anne.

  • Speaker #0

    Bonjour César.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que je peux te tutoyer ?

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #1

    Bon, Anne, comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Ça va très très bien.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

  • Speaker #0

    Oui, alors je suis Anne, j'ai 30 ans, je suis créatrice de contenu et thérapeute en psychotraumatologie.

  • Speaker #1

    Anne, je suis vraiment ravi de te recevoir aujourd'hui. Dans cet épisode de Patients, tu vas nous raconter ton quotidien avec l'acné sévère. Est-ce que tu peux me parler de l'acné sévère ?

  • Speaker #0

    Oui, je peux en parler puisque j'en ai souffert pendant plusieurs années. Pour ma part, j'ai eu de l'acné sévère à l'âge adulte, alors qu'on pense que l'acné, c'est souvent quelque chose d'adolescent. Mais moi, dans mon cas, c'est à partir de 24 ans que j'ai vraiment eu énormément d'acné. Du coup, ça a été une acné sévère que j'ai eue vraiment sur tout le visage, du front au menton, même un peu dans le cou. et ça a perduré pendant plusieurs années. Petit à petit, j'ai trouvé des solutions, des choses qui m'ont aidée, qui ont fait qu'aujourd'hui, je suis guérie.

  • Speaker #1

    On va revenir un peu sur l'histoire, c'est-à-dire comment ça s'est passé. C'est une acné qui a commencé... On va le rappeler, il y a différents types d'acné. Une acné légère a des acnés très sévères. Elle était localisée où, cette acné ?

  • Speaker #0

    L'acné à l'adolescence, c'était sur le visage. Et l'acné au moment de l'âge adulte, c'était aussi sur le visage. Je n'ai jamais vraiment eu d'acné, moi, ailleurs. je veux dire légèrement un peu sur la poitrine de temps en temps, mais c'était vraiment localisé sur le visage.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc pas d'atteinte du dos ou d'autres parties du corps. Et à partir de quel moment tu as entendu parler du terme d'acné sévère ? Qui est-ce qui a qualifié cet acné de sévère ?

  • Speaker #0

    C'est moi qui l'ai auto-qualifié sévère. Enfin, j'ai vu une dermato il y a pas mal d'années maintenant qui m'avait proposé de faire un traitement à l'isotrétinoïne. Donc moi, je me suis auto-qualifiée d'acné sévère puisque c'était le seul traitement qu'elle pouvait me conseiller étant donné que j'avais en fait tout testé dans la panoplie allopathique.

  • Speaker #1

    Tu vois un médecin généraliste d'abord ou tu commences directement par un avis dermatologique ?

  • Speaker #0

    Alors à l'adolescence, comme j'avais 15-16 ans, j'étais avec mes parents, donc on est allé voir une dermatologue là où je vivais. Et puis voilà, on a juste vu la dermatologue et je l'ai vue pendant plusieurs années, pendant au moins 5 ans. Et après, j'ai vu une autre dermatologue sur Bordeaux quand j'ai déménagé. Et celle qui m'a proposé l'isotrétinoïne et que j'ai du coup refusé.

  • Speaker #1

    Tu n'as pas eu d'autres traitements auparavant ? Des crèmes, des comprimés, des choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Si, si. En fait, quand j'ai commencé à avoir la dermatologie à l'adolescence, on a commencé par une cure de zinc, des crèmes en application locale, etc. Et puis, comme ça ne faisait rien, on s'est fait de l'apule. Ça ne marchait pas ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    D'accord. Non, non. C'est pour ça, petit à petit, on a augmenté les... les outils à disposition. Donc, on est passé du zinc à la pilule. Et puis, la pilule, ça ne faisait rien. Donc, on est passé à des hormones anti-androgènes, de l'endrocure, et des antibiotiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    J'ai pris la tolexine aussi. Donc là, j'avais tout ça en même temps.

  • Speaker #1

    D'accord. Et ça, ça ne changeait rien ?

  • Speaker #0

    Et là, oui. Là, j'avais une peau de bébé. Là, oui, je n'avais plus du tout de boutons. On me félicitait sur la peau toute lisse de bébé que j'avais quand j'étais dans la petite vingtaine. Et puis un jour, il a fallu arrêter les traitements parce qu'on ne peut pas prendre ça à vie.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'au niveau de ces traitements, qu'ils soient locaux ou en comprimés, tu avais des effets secondaires ?

  • Speaker #0

    En fait, je pense que les plus gros effets secondaires que j'ai eus, c'était avec la pilule contraceptive que j'ai découvert quand je l'ai arrêtée. En fait, quand on prend la pilule extrêmement jeune, on ne connaît pas son corps, son fonctionnement. On a tout juste notre cycle menstruel. Donc, on ne se connaît pas. Le corps est en train de faire toutes les connexions entre le cerveau, les ovaires, etc. Et quand j'ai arrêté la pilule, c'est là que je fais Waouh ! Mais en fait, il y a plein de trucs que je pensais qui étaient moi, mais en fait, qui ne sont pas moi.

  • Speaker #1

    T'as senti un changement ?

  • Speaker #0

    Ah ouais, la personnalité, c'est le jour et la nuit. Au niveau de la gestion des émotions, j'avais un petit côté pas paranoïaque, mais un peu, je sais pas, genre tout le monde est contre moi, hyper sensible.

  • Speaker #1

    Et ça, tu l'attribues à quoi ? Alors plutôt à la contraception, à la pilule ?

  • Speaker #0

    Ouais, totalement, parce que quand j'ai arrêté, plus rien.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je commençais aussi à avoir des douleurs quand j'allais avoir mes règles, même si ce n'était pas des vraies règles, quand on prend la pilule. Mais je commençais à avoir des douleurs, je commençais à avoir des phases vraiment de dépression, presque. Je venais à pleurer sans raison.

  • Speaker #1

    Là, tu avais dans la vingtaine.

  • Speaker #0

    Oui, là, j'avais dans la vingtaine.

  • Speaker #1

    Et ça a duré combien de temps, ces effets secondaires ? Cette réaction psy, ça a duré combien de temps ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas, je pense que le côté, on va dire, un peu sévère, genre vraiment, je me mets à pleurer pour rien, sans raison, des trucs comme ça, ça a dû durer, je ne sais pas, une année, je pense.

  • Speaker #1

    Une année quand même. Et tu étais quoi, étudiante à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, j'étais étudiante,

  • Speaker #1

    oui. Et alors, comment tu gérais ça ?

  • Speaker #0

    Comme font toutes les femmes, on prend sur nous et on se tait.

  • Speaker #1

    Ce que je veux dire, c'est que tu n'en as pas parlé à un moment donné à un médecin ou à un psychologue ?

  • Speaker #0

    Ah ben non. Non, parce qu'en fait, je ne me suis jamais connue sans la pilule, vraiment, je ne pouvais pas savoir que c'était... lié à un truc que je prenais. Je pensais que c'était moi qui avais un problème. Donc, je n'allais pas voir quelqu'un pour dire bonjour. En fait, des fois, je pleure toute seule.

  • Speaker #1

    Pour toi, ça faisait partie de ta personnalité, quasiment. Exactement. D'accord. Et c'est au moment où tu arrêtes cette contraception...

  • Speaker #0

    Je me rends compte que pas du tout. Je ne suis pas quelqu'un de dépressif. Je ne sais pas. La vie est cool. Je ne suis pas parano. Je peux avoir confiance en moi, en la vie, en plein de trucs.

  • Speaker #1

    Donc, tu arrêtes ce traitement. J'essaie de reprendre un peu la chronologie.

  • Speaker #0

    En fait, ça ne s'est pas fait d'un coup. J'ai arrêté les traitements. Je prenais des antibiotiques et des hormones antiandrogènes. Et ça, je les ai arrêtés avant l'arrêt de la pilule. La pilule, j'ai arrêtée quand j'ai eu 23-24 ans.

  • Speaker #1

    Au moment où l'acné redémarre ?

  • Speaker #0

    Avant que l'acné redémarre, vraiment. Parce que j'ai eu un gros choc émotionnel quand j'ai eu 23 ans. J'ai perdu mon papa. Et du coup, c'est ça qui a fait que j'ai voulu arrêter la pilule. Parce que je me suis renseignée. Personne, aucun médecin ne m'a dit Ah bah oui, si votre papa est mort d'un AVC, il vaudrait mieux arrêter la pilule parce que ça peut augmenter... Oui, décider d'un AVC.

  • Speaker #1

    Oui. Et qu'est-ce que tu découvres, en fait, sur la contraception et l'AVC ?

  • Speaker #0

    Je découvre que c'est pas compatible. En fait, si on a des antécédents d'AVC dans sa famille, ben... La pilule augmente les risques d'avoir soi-même un AVC, donc j'ai dit non. Mais en fait, ça augmente les risques de plein de choses, c'est juste qu'on ne le sait pas. Et c'est justement pourquoi je suis un petit peu en colère vis-à-vis de tout ça, c'est qu'on ne m'a jamais prévenu des effets secondaires, vraiment de tout ce que ça peut impliquer justement de prendre la pilule. On m'a prescrit la pilule quand j'étais adolescente, que j'y connaissais rien à rien. et sans me dire, justement, peut-être que tu ne vas pas avoir ta vraie personnalité, tu vas avoir les seins qui vont gonfler énormément. Quand j'ai arrêté la pilule, ça aussi, c'est un des effets secondaires, j'ai perdu la moitié de ma poitrine. Donc voilà, ça en soi, ce n'était pas gênant, mais c'est juste, il y a plein de choses qu'on pense qui sont nous, et en fait, non, qui sont juste l'effet d'hormones synthétiques qu'on prend. Donc je suis allée voir ma gynéco, j'ai dit, bonjour, je voudrais arrêter de prendre la pilule, parce que mon père est mort d'un AVC. et je suis passée à une contraception stérilée au cuivre sans hormones. D'accord. Mais j'avais déjà arrêté tous les autres traitements pour la peau.

  • Speaker #1

    Et donc, est-ce que tu peux me raconter comment l'acné est revenu ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Je pense que c'est revenu un petit peu progressivement. Déjà, ça revenait quand j'ai arrêté les traitements. C'est pour ça aussi que je me suis totalement détournée des traitements allopathiques, parce que comme j'ai pris pendant cinq ans des hormones anti-androgènes, la pilule en plus, un antibiotique, Quand j'arrête le traitement, je me dis, là, normalement, il ne devrait plus y avoir de boutons. Et quand, petit à petit, j'ai réduit les doses jusqu'à arrêter tout et que l'acné revient, et même limite plus qu'avant que je commence les traitements, je me dis, ce n'est pas un traitement, ça n'a pas soigné. Donc, il faut trouver la cause et creuser ça. Et donc, oui, je l'ai tout arrêté. Et quand mon papa est décédé, j'ai refoulé mes émotions totalement. Ça a été extrêmement difficile pour moi de vivre ce décès. Et en fait, quand j'ai arrêté la pilule, cinq, six mois après, j'ai eu vraiment une explosion de l'acné. C'était pile un an après le décès de mon papa, donc c'était vraiment le petit rappel de Eh oh, il faut s'occuper de ton deuil, il ne faut pas mettre les émotions sous le tapis. Et donc ma peau, en fait, a vraiment pris le relais de mes émotions et j'ai explosé littéralement au niveau de la peau.

  • Speaker #1

    Tu parlais de traitement allopathique. Qu'est-ce que c'est un traitement allopathique ?

  • Speaker #0

    Un traitement avec des trucs synthétiques. des molécules faites en laboratoire synthétique.

  • Speaker #1

    Et donc, suite à ce deuil, est-ce que tu es accompagnée ? Est-ce que tu, à part tes proches, j'imagine, mais est-ce que tu bénéficies d'un accompagnement par médecin, psychologue ? Est-ce qu'on te donne des conseils à ce niveau-là ?

  • Speaker #0

    Je suis allée voir une éthiopathe, et je crois que c'est elle qui m'avait conseillé d'aller voir une psychologue, justement, qui m'a dit Waouh, t'as des choses à sortir, là. Il faut que tu parles, parce qu'elle sentait bien que je retenais tout en moi. Donc c'est elle qui m'a dit Ce serait bien que tu ailles voir une psychologue, j'en connais une sur Bordeaux, puisque je vivais là-bas à l'époque. Et j'ai décidé d'y aller. Et donc là, ça m'a fait beaucoup de bien de pouvoir justement parler, parce qu'on n'a pas envie, quand on vit un deuil, je pense que les personnes qui ont perdu quelqu'un, pour pouvoir s'identifier, on n'a pas envie de déranger ses proches.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord.

  • Speaker #0

    Parce que ce n'est pas des professionnels de la santé mentale. Et puis il y a des choses qu'on n'a pas envie de dire, en fait, à des amis ou de la famille. Puis moi, dans mon cas, je suis enfant unique. Donc je n'avais pas envie de rendre triste ma maman en plus.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je sais que je conditionne pas mal son bonheur. Et si elle voit sa fille triste, ça la rend triste. Et je n'avais pas envie, moi... Je prenais beaucoup de responsabilités sur le fait de vouloir que ma maman soit bien et de ne pas vouloir ajouter en plus à sa peine d'avoir perdu mon papa. Donc j'ai beaucoup pris sur moi et j'ai essayé de cacher au maximum ma détresse. que ce soit à mon copain, que ce soit à maman ou aux gens autour. Donc, j'étais pas mal isolée. Et je faisais donc les séances de psy. Et j'ai déménagé à Londres avec mon copain. Et donc, j'ai arrêté de voir la psy. Et donc là, j'étais vraiment hyper isolée parce que je recommençais une nouvelle vie. Je ne connaissais personne dans cette grande ville. Et donc, j'étais très isolée. C'est pour ça que là, j'ai eu, je pense, cette explosion pour le premier anniversaire du décès de mon papa.

  • Speaker #1

    Et alors, c'est quoi une acné qui explose au visage ? Qu'est-ce que ça donne ?

  • Speaker #0

    On a tellement de boutons que ça fait presque des plaques sur le visage, avec des pustules. Les pustules, c'est des boutons avec du pus dedans qui sont blancs. Des boutons rouges, donc plutôt des papules, des kystes, donc des boules douloureuses sous la peau, au niveau du menton. C'est là aussi où je l'ai considéré sévère, c'est quand c'est une acné qui est douloureuse même physiquement. Quand on est sur l'oreiller, qu'on a le... la peau qui touche l'oreiller, que ça appuie sur les zones, comme ça, sur les kystes et tout.

  • Speaker #1

    C'est une poussée d'acné que tu n'avais jamais eue ?

  • Speaker #0

    Non, je n'ai jamais eu une poussée comme ça de ma vie. Franchement,

  • Speaker #1

    c'est... Quand tu nous en parles, donc ça touchait tout le visage avec effectivement des lésions que tu qualifies un peu d'inflammatoires, qui étaient rouges, des lésions...

  • Speaker #0

    J'avais le visage vraiment rouge. J'ai documenté mon parcours, donc j'ai la chance d'avoir plein de témoignages et de photos de ce moment-là. J'ai osé me prendre en photo, alors que c'était extrêmement douloureux pour moi de me voir comme ça et d'immortaliser ces moments-là. Mais ouais, j'ai vraiment le visage rouge et puis ça fait presque comme des plaques, on ne peut même plus compter combien on a de boutons, c'est des plaques. Vraiment, je n'avais pas d'autres mots que de me dire je suis monstrueuse Et ça a impacté ma joie de vivre, mon côté social, etc. Et puis j'ai dû me forcer en fait, faire genre non, non, c'est pas grave, je m'en fiche pour avoir des interactions sociales. parce que sinon, jamais de ma vie, j'aurais voulu sortir et qu'on me voit dans cet état.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien revenir sur l'impact quotidien, en fait. Parce que c'est vrai que je pense qu'on a tous été un peu touchés par l'acné quand on était adolescents, mais une acné sévère, c'est autre chose. C'est vraiment, pour le coup, être défiguré, avoir ces douleurs. Comment ça se passait dans ton quotidien, dans les interactions avec tes amis, au niveau du travail ? Est-ce que tu peux nous décrire ?

  • Speaker #0

    C'était très, très difficile à vivre. C'était une obsession, en fait, pour moi, ma peau. Je me levais le matin, le premier truc auquel je pensais, c'était ma peau. C'était, ok, il faut que j'aille voir, est-ce que j'ai des nouveaux boutons ? Est-ce que le produit que j'ai essayé la veille a fait effet ? Est-ce que ça s'est réduit ? Et voilà, tu passes beaucoup de temps à te regarder, à scruter ta peau. Tu sais exactement quelle taille ont les lésions, où elles sont, comment c'est. Et t'es obsédée par ça, quoi. Moi, à ce moment-là, en fait, j'ai décidé que je voulais comprendre pourquoi j'avais de l'acné. Et donc, je passais mon temps à égréner Internet, à rechercher des témoignages à l'étranger, aux États-Unis, au UK, pour essayer de comprendre, de voir d'autres personnes qui sont passées par là et des choses qu'elles ont pu essayer pour les essayer moi-même. Donc, petit à petit, j'ai changé ma façon de vivre, mon hygiène de vie, mon alimentation, etc. Mais c'est vraiment devenu une obsession et je me détestais. Vraiment, c'était très, très, très douloureux de me regarder. Je n'aimais pas ce que je voyais. Et en fait, c'est un impact dans tout, parce que dans nos interactions sociales, on va avoir tendance à peut-être parler aux gens en montrant une joue où on a moins d'acné que l'autre. Je passais beaucoup, beaucoup de temps à maquiller l'acné aussi, à essayer de camoufler avec différentes couches de correcteurs, de fonds de teint, etc. Même si au final, je savais que ça se voyait, parce que j'étais tellement marquée qu'on voyait bien les reliefs de la peau. Même si on met du maquillage, on ne peut pas cacher le relief, mais au moins cacher les rougeurs, les pustules, etc. Puis ça nous impacte dans la vie intime aussi. Moi, à ce moment-là, j'étais en couple, et je sais que je ne me sentais pas désirable. Par exemple, quand on a un rapport sexuel, c'est pareil, on va se dire, on va peut-être privilégier telle position pour que l'autre ne nous voit pas, qu'il ne voit pas le visage. Ou justement, je vais plutôt montrer tel côté du visage parce que là, j'ai un peu moins de boutons. Et on est dans l'hyper contrôle, et on se dit juste que l'autre nous voit comme on se voit nous, c'est-à-dire horrible. pas désirables.

  • Speaker #1

    Donc, un impact majeur sur toutes tes interactions sociales, finalement. Et donc, j'imagine qu'au bout de plusieurs semaines, ça commence à te taper sur le système. Tu t'as senti que ton moral, il chutait avec cette acné ? Ah oui,

  • Speaker #0

    totalement. Ça m'a vraiment impacté moralement. Et c'est pour ça qu'au bout d'un moment, j'ai pris la décision de me dire, peut-être que j'aurai de l'acné toute ma vie, peut-être que j'aurai de l'acné jusqu'à mes 99 ans. Mais attends,

  • Speaker #1

    je me permets de t'interrompre. À ce moment-là, tu ne revois pas un ou une dermatologue ? Non. Non, pourquoi ?

  • Speaker #0

    Parce que comme j'avais déjà pris pendant 5 ans des médicaments...

  • Speaker #1

    C'était fini ?

  • Speaker #0

    Oui, c'était fini, oui.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Comme j'ai vu une autre dermatologue qui m'avait juste dit... qui m'avait un peu choquée, c'était la première fois qu'on se voyait, elle ne m'a demandé aucun truc sur qu'est-ce que je mange, c'est quoi mon hygiène de vie, qu'est-ce que je vis, qu'est-ce que... Enfin, rien, juste, ah, vous avez déjà pris ça, ça, ça comme traitement, bon ben, l'isotrétinoïne,

  • Speaker #1

    voilà. Oui, tu aurais bien aimé avoir ses réponses sur ton mode de vie, finalement.

  • Speaker #0

    J'aurais bien aimé, en fait, quelqu'un qui cherche les causes de l'acné, tout simplement. J'aurais aimé un docteur, un dermatologue, qui me dise, OK, il y a une raison pour laquelle votre corps réagit. Peut-être qu'il y a un déséquilibre hormonal, peut-être qu'il y a une infection au niveau des intestins.

  • Speaker #1

    On n'a pas cherché au niveau hormonal, on n'a rien cherché. Pas de prise de sang, de choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Non, probablement que j'ai dû faire des prises de sang, les trucs classiques avec les triglycérides pour la pilule, les choses comme ça, mais pas vraiment...

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord. En fait, ce que tu décris, c'est qu'effectivement, il y a des recommandations pour les prises en charge de l'acné. mais les patients ne sont pas censés les connaître, les recommandations. Et notamment vis-à-vis de l'alimentation, ce n'est pas très clair l'alimentation et l'acné. Là, il y a quelques études qui sont sorties sur les régimes, sur l'alimentation à fort index glycémique, mais ce n'est pas encore validé. Mais toi, tu aurais bien aimé... qu'on puisse aborder tous ces aspects concernant ton mode de vie, et ça, ça n'a pas été abordé.

  • Speaker #0

    Non, mais même outre le mode de vie, juste de comprendre qu'il y a une raison pour laquelle on a de l'acné, que ce n'est pas comme ça, ça ne tombe pas du ciel, que c'est multifactoriel aussi, et surtout qu'on ait envie de comprendre. La première dermatologue que j'ai vue, elle était plutôt dans cette démarche-là, mais je pense qu'elle manquait juste d'informations, parce qu'elle, elle était quand même à l'écoute, et puis plutôt tournée sur le naturel, à ne pas vouloir faire des trucs trop... trop hardcore, on va dire, en termes de traitement, si ce n'est pas nécessaire. Et c'est la première, en 2013, qui m'avait dit, justement, il y a des études qui montrent que les produits laitiers, ça aggrave l'acné, donc je vous conseille de réduire le lait, parce que je consommais énormément de lait à cette époque-là. Donc c'est à partir de 2013 que j'ai arrêté de prendre un grand bol de lait le matin au petit-déj. Donc elle, elle était déjà plus dans cette démarche-là, mais elle manquait, je pense, d'informations pour vraiment aller au bout et pouvoir me guérir. Mais la dermatose suivante que j'ai vue, par contre, rien du tout.

  • Speaker #1

    Et donc, finalement, tu es amenée à te débrouiller toute seule.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Donc, tu vas faire tes recherches. C'est ça. Et alors, comment ça se passe ? Comment est-ce que tu trouves la solution à un moment donné ?

  • Speaker #0

    En fait, il n'y a pas deux solutions. Il n'y a pas LA solution. Comme c'est multifactoriel. En fait, aujourd'hui, je sais que quasiment chaque acné est unique. Peut-être qu'on reviendra dessus, mais l'aspect psychologique traumatisme est extrêmement important, le stress aussi. Et ça, c'est quelque chose que j'ai appris, c'est que si on met en place une bonne hygiène de vie, si à côté de ça, on continue à être extrêmement stressé ou qu'on a des traumatismes qu'on n'a pas gérés, on continuera à avoir de l'acné. Parce que tant que le corps est en mode survie, on ne peut pas guérir. Le corps, il est juste concentré à se dire, OK, comment on fait pour survivre, mais pas OK, comment on fait pour réparer telle chose, pour prendre soin de telle partie, pour se régénérer. Et ça, je pense que c'est un petit peu le secret que personne ne partage sur l'acné. C'est que si on veut guérir de l'acné, il faut vraiment s'occuper du psy. Parce que sinon, on pourra arrêter tous les produits laitiers, avoir une alimentation anti-inflammatoire, tout régler, entre guillemets, au niveau de l'hygiène de vie. mais continuer à avoir de l'acné parce qu'en fait, on ne se sent pas en sécurité.

  • Speaker #1

    Et donc toi, à un moment donné, tu as décidé de te prendre en charge au niveau du stress. Comment tu as fait ?

  • Speaker #0

    J'ai changé pas mal de choses dans ma vie. J'ai intégré la méditation, du yoga, faire du sport, pratiquer des affirmations positives, écouter beaucoup de vidéos positives, de motivation, essayer de m'entourer d'un environnement positif, bienveillant, et puis changer le discours que j'avais avec moi-même. Donc justement, un grand tournant qui a été dans mon parcours de l'acné, c'est de me dire que je vais accepter que j'ai de l'acné. Parce qu'en fait, à l'époque, je n'acceptais pas ma situation. Et un jour, j'ai dit Ok, j'accepte. Il y a des personnes qui ont d'autres choses, des handicaps, et qui doivent vivre avec, puisque c'est comme ça. Et moi, on va dire que mon handicap, c'est l'acné. Et donc, comment je fais pour être heureuse et épanouie dans ma vie en sachant que j'ai cette peau-là ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est quoi les choses que tu as découvertes qui t'ont changé au niveau des pratiques ?

  • Speaker #0

    Un jour... Quand j'ai pris la décision que j'aurais peut-être de l'acné toute ma vie, comme je n'arrivais pas de moi-même à me dire Bon, maintenant, je me dis que je m'aime, même si ce n'est pas vrai j'ai mis une feuille A4 sur mon miroir, là où je vivais, avec écrit Tu es belle et parce que j'étais pas capable de ne pas me dire des choses horribles, donc j'ai dit, bon, je vais arrêter de me regarder, donc je vais mettre ça, et à la place, je vais me prendre une affirmation positive plutôt que de me dire,

  • Speaker #1

    t'es moche. Donc tous les jours ?

  • Speaker #0

    Tous les jours, ouais. Je sais pas combien de temps j'ai laissé ça sur mon miroir, probablement pendant des semaines.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et finalement, ça m'a bien aidée. De plus me voir, et donc de plus être dans ce discours permanent et puis de me faire du mal, de me voir, d'être un peu désespérée devant ma peau comme ça, ça m'a fait beaucoup de bien au moral. Je pense qu'au final, au niveau de la peau, ça a apaisé aussi les choses.

  • Speaker #1

    L'acné, elle s'est apaisée au bout de combien de temps ?

  • Speaker #0

    Ça a pris pas mal de temps. Des années ? En fait, ça a été par phase. C'est-à-dire que, par exemple, quand j'ai arrêté les produits laitiers totalement, Là, j'ai vu une très grosse amélioration de ma peau. C'est-à-dire qu'en cinq mois, j'ai eu 80 d'acné en moins. Juste en arrêtant les produits laitiers, sans rien changer d'autre.

  • Speaker #1

    Ça, ça a été marquant, ça. Oui. D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc voilà, en fait, il y a eu des paliers comme ça. Il y a eu des moments où j'ai essayé des choses et hop, ça fonctionne, ça réduit. Par exemple, si j'ai pris du Gatillier à un moment. Parce que je travaille dans un magasin bio et...

  • Speaker #1

    C'est quoi le gâtillier ?

  • Speaker #0

    Le gâtillier, c'est une plante qui est faite pour réguler les hormones féminines.

  • Speaker #1

    Je ne savais pas.

  • Speaker #0

    Mais ce n'est pas à prendre à la légère, parce qu'il y a certains cas où c'est vraiment déconseillé, notamment si on est plutôt en mode SOPK. C'est vraiment évité.

  • Speaker #1

    Pour rappel, pour les gens qui nous écoutent, le SOPK... C'est le syndrome des ovaires polykystiques. Effectivement, c'est une pathologie hormonale avec des kystes au niveau des ovaires et qui peut être responsable via un mécanisme hormonal d'acné. Et c'est effectivement ce qu'on est amené à chercher très souvent chez les femmes qui ont une acné d'apparition tardive. C'est-à-dire qu'on a tendance à opposer l'acné qui survient chez l'adolescent et l'adulte jeune. de l'acné qui apparaît tardivement. Et c'est un signe, parfois, qui pousse à se dire, ah, est-ce que ce n'est pas une acné secondaire ? Et donc, est-ce qu'il n'y a pas un SOPK ? Voilà, ça, c'était un rappel. Et après, des mesures diététiques ou des traitements que tu t'es mis en place, donc tu nous parlais du gâtillier.

  • Speaker #0

    Du gâtillier, oui.

  • Speaker #1

    D'accord, donc le gâtillier, tu peux nous en dire un mot ?

  • Speaker #0

    Du coup, le gâtillier, c'est une plante qui est censée réguler les hormones, mais qui n'est pas à prendre à la légère.

  • Speaker #1

    Donc, il faut quand même avoir un avis médical là-dessus.

  • Speaker #0

    Ah bah oui, il ne faut pas le prendre tout seul. Mais moi, j'ai tout fait toute seule.

  • Speaker #1

    D'accord, ok.

  • Speaker #0

    Donc, je ne conseille pas ce que j'ai fait.

  • Speaker #1

    D'ailleurs, pour les gens qui nous écoutent, il doit y avoir peut-être des médecins, tout ça. Ne m'envoyez pas des lettres de menace, etc. C'est-à-dire que le podcast, il s'appelle Patient. Et donc, c'est la version, l'histoire du patient. Donc, voilà, effectivement. Donc, toi, c'est ce que tu as fait.

  • Speaker #0

    Et pour dire, moi, je n'ai rien contre le monde médical et j'aurais adoré être accompagnée dans le monde médical. Mais c'est qu'on m'a laissé tomber, quoi. Enfin, on m'a faillie. Et comme je pense beaucoup de personnes qui ont de l'acné, je le vois avec les milliers de conversations que j'ai eues depuis 2017 avec des femmes, je suis loin d'être la seule qui a été laissée tomber par le système médical au niveau de l'acné.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien en parler de ça. Tu me parles des milliers de conversations. Dis-en moi un peu plus là-dessus. C'est quoi les milliers de conversations ? Sur des forums ?

  • Speaker #0

    Non, sur mon compte Instagram.

  • Speaker #1

    Sur ton compte Instagram ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avais un compte Instagram à l'époque qui s'appelait Nothing But My Opinion. Et c'était à la base pour faire un Yuka des cosmétiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et ce qui s'est passé, c'est que parallèlement à ça, j'ai eu l'acné. Et à ce moment-là, je cherchais des façons de montrer que le maquillage naturel était aussi efficace que le maquillage conventionnel. Et je m'étais dit, tiens, quoi de mieux que de montrer... D'un côté, si je maquille ma peau avec de l'acné, avec du fond de teint conventionnel, et de l'autre avec du fond de teint naturel.

  • Speaker #1

    Mince, je suis nul aussi là-dedans. C'est quoi la différence entre maquillage naturel et conventionnel ?

  • Speaker #0

    La différence, c'est que naturel, ça va être avec des ingrédients qui sont naturels. Et conventionnel, ça va être de la pétrochimie, des choses synthétiques, des choses... Enfin, tout ce qui n'est pas naturel, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Avec des polluants, avec des perturbateurs endocriniens, des choses comme ça.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    des choses irritantes, pas bonnes pour la santé, la totale. Et d'ailleurs, les fonds de teint qui sont souvent très couvrants, c'est les pires en termes de composition. Et donc, je voulais vraiment montrer que le naturel, ça peut être aussi efficace. Et je m'étais dit, si je fais des photos de moi avec d'un côté du conventionnel, de l'autre du naturel, et qu'on voit que c'est pareil, le rendu, on va voir que c'est efficace.

  • Speaker #1

    Ça représente quoi comme budget ?

  • Speaker #0

    En fait, le budget maquillage, quand on a de l'acné, il est assez important. Mais en réalité, ce n'est pas forcément plus cher que le conventionnel. C'est aussi ce que je voulais mettre en avant via mon compte Instagram, c'était de montrer que oui, c'est naturel, c'est mieux en termes de composition pour la santé et pour l'environnement, mais en plus, c'est moins cher. Je faisais d'un côté que du maquillage conventionnel, de l'autre que du naturel, et je mettais aussi le prix du look des deux côtés, et en fait, c'était toujours plus cher du côté conventionnel. Donc, c'est moins cher.

  • Speaker #1

    Un ordre de prix ?

  • Speaker #0

    Par exemple, le fond de teint que j'avais, ça faisait peut-être trois mois et c'était une vingtaine d'euros le fond de teint. Ah bon ? Non, non.

  • Speaker #1

    Ah d'accord.

  • Speaker #0

    Non, mais c'est pour ça. Le naturel, ce n'est pas forcément des trucs hyper chers. Il faut juste trouver les bons produits et qui sont efficaces. Et voilà.

  • Speaker #1

    À la base, c'est un Instagram qui est, on va dire, plus cosmétique. Et après, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Il passe plus sur ce qui t'arrive, sur ta vie, sur ta façon de gérer ton acné, sur ta façon de gérer tes émotions. Tu peux nous raconter ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je montrais des photos de moi démaquillée, etc., j'ai eu beaucoup de retours très positifs, en fait, de femmes qui me remerciaient de me montrer telle que j'étais, peau nue. Et c'est vrai que c'est quelque chose, moi, qui me manquait à l'époque aussi. dans mon parcours de reconstruction, d'estime de moi, etc. Parce que je voyais des femmes aux États-Unis, en Angleterre, qui se montraient avec beaucoup d'acné, sans maquillage, et qui montraient des choses très positives, des messages qui m'ont beaucoup aidée. Et je ne voyais pas ça en France. Donc, en fait, je suis devenue ce que je voulais voir sur les réseaux. Et puis, petit à petit, est venu un jour... où j'ai entendu quelqu'un qui disait Ah, je suis allée voir un dermatologue pour ma fille qui a 16 ans et il lui a prescrit la pilule pour l'acné. Sans chercher aucune cause, rien. Juste, t'as 16 ans, t'as des boutons, pilule. Et en fait, ça m'a révoltée parce que c'est exactement ce que moi, j'avais vécu quelques années auparavant. Et je me suis dit Mais en fait, rien n'a changé. À ce moment-là, on est en 2019. Et je me suis dit Rien n'a changé, il faut que je fasse quelque chose. Et j'ai écrit un livre, enfin un e-book gratuit pour partager tout ce que j'avais appris moi sur l'acné.

  • Speaker #1

    C'est cette histoire-là qui t'a déclenché ça ? Oui.

  • Speaker #0

    D'accord. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit Wow, il ne s'est rien passé en fait, la médecine n'a pas évolué.

  • Speaker #1

    Tout en rappelant quand même que s'il y a une indication de contraception, on met une contraception spécifique. Mais si la personne n'est pas en demande de contraception, normalement, je te dis les recommandations, je ne te dis pas ce qui se fait en pratique, mais on n'est pas censé instaurer une contraception. Et bon, en gros, cet épisode... toi, tu t'es dit, surtout en plus avec l'histoire qui s'est passée avec ton père, etc., tu t'es dit, bon, moi, je vais m'investir là-dedans.

  • Speaker #0

    Exactement. Donc, j'ai écrit un e-book gratuit que j'ai envoyé manuellement à, je ne sais pas, peut-être 1 500 personnes.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Vraiment, il n'y avait pas de truc automatique comme aujourd'hui, là, où on met son mail et hop, on reçoit automatiquement une séquence de mails. Moi, c'est moi qui envoyais avec mes petites mains à toutes les personnes qui faisaient la demande de ce e-book par le biais de mon compte Instagram, en fait, que j'avais à ce moment-là. et un jour il y a quelqu'un qui m'a répondu et qui m'a dit waouh c'est super intéressant ça devrait être un livre et là je me suis dit mais là ça fait que 30 pages c'est pas un livre je me suis dit ok si c'était un livre qu'est-ce que j'aurais de plus à dire et puis là en fait je me suis mise à écrire non-stop et c'est arrivé à 124 pages et là je me suis dit ah bon bah là ça ressemble plus à un livre ah donc t'as fait un livre et j'ai écrit un livre En 2019, Acné Positive, oubliez tout ce que vous savez.

  • Speaker #1

    Que tu as édité, imprimé, tout ça ?

  • Speaker #0

    Que j'ai auto-édité moi-même et tout, j'ai fait un crowdfunding. C'est Et là, je viens de le rééditer. Cette fois-ci, il fait 289 pages.

  • Speaker #1

    Comment il s'appelle ton livre ?

  • Speaker #0

    Acné Positive. Dis-donc. Et donc là, j'ai réédité parce que j'ai énormément appris.

  • Speaker #1

    Sans intervention de dermatologue ou de médecin dans ton livre ?

  • Speaker #0

    Non. Mais j'adorerais ! Je lance un appel, s'il y a des dermatologues qui veulent rejoindre le mouvement d'acné positive, je suis hyper ouverte à ça.

  • Speaker #1

    Justement, en fait, ça c'est ma prochaine question, comment est-ce que tu penses que l'encadrement, justement, est suivi par le corps médical, il pourrait être amélioré ?

  • Speaker #0

    Eh bien déjà, d'écouter la personne et d'essayer de comprendre pourquoi elle a de l'acné. D'essayer vraiment de montrer qu'on est dans une démarche de Ok, je suis là. on va essayer de comprendre ce qui se passe. On va faire des tests.

  • Speaker #1

    C'est marrant ce que tu décris, parce que c'est quelque chose qu'on retrouve dans d'autres situations en médecine. Si tu veux, les médecins, on apprend selon la science, selon des études. Et après ces études, si ces études sont vraiment validées et costaudes, on va décider de faire des recommandations. Des recommandations de prise en charge. Et les médecins, en gros... ils sont censés respecter les recommandations. C'est-à-dire que, par exemple, pour certains dosages ou certains traitements, on va dire non, ça, ça ne marche pas ou ça, ça marche Le problème de ça, c'est que... Moi, je suis pour ça, personnellement. Mais le problème de ça, c'est que parfois, ça ferme la porte au dialogue entre les patients et les médecins. Et tu parlais du lait. Le lait, il y a énormément de gens qui décrivent une diminution de leur symptomatologie de pathologie inflammatoire. alors que ce n'est pas clairement démontré.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a des études quand même.

  • Speaker #1

    En fait, si tu veux, la difficulté, c'est qu'en plus des études, il y en a plein, mais des études qu'on peut retenir parce qu'elles ont une bonne méthode et parce qu'elles sont assez puissantes, ça, il n'y en a pas tant que ça, en fait. Et donc, il faut savoir trouver le juste milieu entre l'histoire de la personne, les études, etc. Et en fait, c'est souvent un problème de communication, ce que tu décris, en fait.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est ça, il n'y a pas le temps, en fait. Et je blâme personne en soi. Je veux dire, je sais qu'il y a une pénurie de dermatologues en France, que c'est très dur d'avoir un rendez-vous. Voilà, quand on a 15 minutes à passer avec chaque personne, effectivement, c'est compliqué de pouvoir dire Ok, comment ça se passe dans votre vie, dans votre couple ? Est-ce que vous êtes heureuse, épanouie ? Est-ce que vous mettez en place du temps pour vous, pour déstresser ? Voilà, ça aussi, c'est quelque chose que je mets en place dans ma vie. C'est vraiment des fenêtres pour... pour repasser en wow, ok, même s'il y a eu des pics de cortisol dans la journée, vite, vite, il faut un moment fou pour calmer le système Toi,

  • Speaker #1

    t'aimerais bien que les médecins aient plus une approche intégrative, en fait, globale, prendre en charge l'ensemble, en fait.

  • Speaker #0

    Mais totalement, parce qu'on est un ensemble. On n'est pas une somme d'organes, on n'est pas un cœur plus un foie plus un poumon. On est un tout, et tout communique entre tout.

  • Speaker #1

    Et ce qui est triste, c'est que la plupart des médecins ou des soignants qui vont nous écouter, ils sont d'accord avec ça. mais le système de soins cette espèce d'activité effrénée on est pris par le temps et effectivement on aimerait bien des fois pouvoir faire une prise en charge globale intégrative, il faudrait parfois prendre 45 minutes une heure avec les patients mais quand t'as 15 minutes que le téléphone il sonne et que derrière t'as une urgence et en fait tu te retrouves avec finalement cet échange qui n'a pas lieu et des personnes qui se disent bon bah non je vais me débrouiller toute seule

  • Speaker #0

    Non, et puis je l'entends. Je veux dire, moi aussi, je devais être tous les jours au cabinet, avoir, je ne sais pas, 12, 15 personnes dans la journée, des urgences, des trucs. Au bout d'un moment, en fait, les gens, tu ne les vois plus comme des gens. Tu les vois comme des personnes qui viennent avec une liste de symptômes. Tu regardes dans ta grille, OK, les symptômes, ça correspond à ça. On va prescrire tel traitement, tel dosage, parce que c'est ce qu'il faut pour cette personne-là. Et basta, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la complexité du métier, oui.

  • Speaker #0

    effectivement donc moi en soi je blâme personne et moi je suis pour au contraire qu'il y ait vraiment un dialogue qui se fasse justement avec le monde médical que les dermatologues en fait s'ouvrent entre guillemets à l'acné positif dans le sens où il faut essayer de comprendre les causes et aller s'intéresser au psychologique non mais c'est pour ça que c'est intéressant et que la tendance elle est bonne actuellement parce qu'effectivement il y a un rôle de plus en plus important des associations

  • Speaker #1

    et de personnes comme toi qui s'investissent. Et effectivement, à mon avis, la solution, elle viendra probablement aussi de là. Toi, maintenant, comment ça se passe ? Tu as encore des poussées d'acné ?

  • Speaker #0

    Ça m'arrive justement en fonction de ma vie et notamment en fonction des moments, on va dire, difficiles que je peux vivre. Et je l'ai encore constaté en fin d'année. Je n'avais plus d'acné depuis 2022. Et là, en octobre, j'ai eu, on va dire, deux coups durs. Et ça m'a vraiment... mise mal. Et là, paf, j'ai eu genre trois, quatre poussées inflammatoires. Vraiment, je fais la distinction entre les petits boutons qu'on peut avoir quand on a trop mangé ou trop bu d'alcool, des choses comme ça. Et là, c'est vraiment profond, inflammatoire, lié à des trucs de stress. Effectivement, quand j'ai commencé à vraiment mettre en place des routines pour me dire, OK. je vais prendre soin de moi, je vais être mon propre parent sur ce sujet-là parce que là, je ne vais pas bien, il faut que je m'occupe de moi. Et bien là, pouf, la peau qui commence à aller mieux.

  • Speaker #1

    Oui, c'est incroyable. Mais tu sais, ça s'est étudié par exemple entre l'hypnose et les gens qui ont des colopathies fonctionnelles. Et ça, c'est démontré scientifiquement. C'est-à-dire que l'hypnose et l'auto-hypnose aident les personnes qui ont des symptômes douloureux digestifs dans l'intestin irritable, en fait. Et donc, si ça marche pour ça, ça marche pour d'autres pathologies, très probablement.

  • Speaker #0

    Oui, et puis il n'y a pas qu'une thérapie en plus qui est utile. Moi, je me suis formée à la psychotraumatologie, justement suite à tout ça, parce que j'avais fait des programmes d'accompagnement, en plus d'avoir écrit mon livre, pour aider au niveau du moral. Et justement, j'ai eu des super résultats. Les femmes qui avaient vraiment... J'ai même eu des photos avant-après, où avant le programme de 28 jours, elle avait des boutons, et après les 28 jours, plus de boutons. Et elle n'avait rien changé d'autre à part le fait de suivre tous les jours ce que je... conseillé de mettre en place au niveau de la santé mentale. Et donc, ça fonctionne. Enfin, il y a vraiment un lien très, très fort. Mais je me suis rendue compte aussi, en partageant mon histoire, qu'il y avait des personnes qui me disaient Oh, wow, j'ai pris conscience que, moi, mon acné est arrivé après un viol que j'ai subi il y a cinq ans. C'est la première fois que je fais le lien entre les deux, merci. Et puis après, j'ai su que la peau allait mieux, en fait, d'avoir pris conscience de ça. Mais je sais aussi qu'il y a des personnes qui avaient déjà fait le lien, mais où la peau n'allait pas mieux. Et donc je m'étais dit, mince, pour ces personnes-là, il faut que j'ai des outils thérapeutiques vraiment pour les accompagner et aller plus loin. Et c'est comme ça que je me suis formée à la psychotraumatologie, parce que je suis absolument convaincue que si on veut soigner la peau, il faut soigner les traumatismes, le stress, les émotions qu'on a.

  • Speaker #1

    Tu t'es formée à la psychotraumatologie, qu'est-ce que tu as fait comme formation ?

  • Speaker #0

    C'est une formation avec un institut canadien qui mélange en fait de la psychologie et de la biologie. cellulaire, puisqu'on sait aujourd'hui que les traumatismes vraiment ont une réalité biologique dans l'épigénétique, et que ça modifie l'expression des gènes qui vont s'activer et pas s'activer, bien s'exprimer ou pas, et que c'est possible de les guérir, en fait, réellement.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux hommes et aux femmes qui traversent la même chose que toi, qui passent par des périodes d'acné très sévères ?

  • Speaker #0

    Je leur conseillerais de pas rester seule, de pas faire comme moi, surtout faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Parce que moi, j'ai eu un parcours qui a été très solitaire. J'ai cherché beaucoup de choses par moi-même. Je veux dire, je n'ai pas été seule dans le sens où je suis allée voir des praticiens en énergétique, en médecine chinoise traditionnelle, de l'éthiopathie, de l'ostéopathie. Moi, mon conseil, c'est faites-vous accompagner. Ne soyez pas seule. Et par qui ? Bah du coup...

  • Speaker #1

    Tu peux venir là.

  • Speaker #0

    La version officielle, c'est oui, aller voir un dermatologue. Mais si j'ai envie d'être honnête, aller voir un naturopathe qui est bon. Un bon naturopathe, déjà, ce sera vraiment bien.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien qu'on parle un peu de l'accompagnement des proches. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux proches d'une personne qui a une acné sévère, voire très sévère ? Je pense aux compagnons, à la compagne, aux parents, frères et sœurs.

  • Speaker #0

    Je pense qu'un conseil, c'est déjà d'éviter de faire des commentaires sur la peau, parce que ça semble... basique à dire, mais c'est loin de l'être, vu tous les retours que j'ai, et moi-même, de ma propre expérience. Parce que comme le visage, c'est quand même la partie du corps qu'on voit le plus, et en premier, chez autrui, quand on voit la famille qu'on ne s'est pas vues depuis trois mois, on va dire Ah, mais qu'est-ce qui t'est passé ? Pourquoi t'as des boutons ? Bon, ça, on arrête, parce que ça, clairement, ça n'aide pas. Parce qu'on a conscience qu'on a des boutons, on se voit, on a un miroir chez soi, et on souffre de ça, donc ce n'est pas la peine de le faire remarquer. Et après, on va dire dans le cadre plus intime des personnes qui vont nous voir plus souvent, par exemple le conjoint, ça serait d'ouvrir un dialogue sur ça, parce que généralement, on a honte d'en parler et de dire, écoute chérie, moi je me sens pas désirable, je me sens moche, j'ai peur que tu m'aimes plus, j'ai peur que tu me quittes parce que je suis moche. Et d'ouvrir un dialogue sur ça et de rassurer, de dire non. Ça change rien, c'est pas je t'aime pas pour ta police, parce que t'as des petits portes tout resserrées, voilà, je t'aime pour d'autres choses, etc. Et d'être dans une écoute, en fait, tout simplement, parce que je sais aussi que parfois, des personnes essayent d'être bienveillantes, mais vont avoir tendance à nier la réalité de la personne, c'est-à-dire à dire, oh mais... c'est rien, c'est que d'écouter Ah, mais t'es belle quand même, de toute façon, c'est rien. Alors que nous, on en souffre. Et donc, d'écouter, de dire Ah ouais, ok, je comprends que ce soit difficile à vivre pour toi. Ok, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, pour t'accompagner ? De quoi tu as besoin, toi ? Parce que, au final, on a tous besoin de choses différentes. Bien sûr. Et donc, je pense que le mieux, en fait, c'est tout simplement d'écouter, d'être dans l'écoute, de dire Ok, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Je peux être un soutien pour toi ?

  • Speaker #1

    Être à la disposition. Exactement. La bonne posture. Ok. Anne, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?

  • Speaker #0

    de propager l'acné positif parce que je pense que ça peut aider beaucoup de personnes Anne,

  • Speaker #1

    c'était vraiment hyper intéressant je te remercie mille fois pour ton intervention et puis je te souhaite le meilleur pour la suite merci beaucoup de m'avoir invitée je te dis à bientôt merci à toutes et à tous de nous avoir suivis n'hésitez pas à partager cet épisode j'espère que la parole d'Anne vous a autant aidé que moi à comprendre cette pathologie Je la remercie encore vivement de nous avoir confié son histoire. Pour compléter son témoignage, nous avons sollicité l'éclairage d'une experte. Découvrez notre échange sur l'acné la semaine prochaine. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous recommande l'association France 3A et le site dermato-info.fr. Merci. On se retrouve dans deux semaines, même jour, même heure, pour entendre une autre histoire de passion. En attendant, je vous dis à très vite et surtout, prenez soin de vous !

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Description

Comment avoir confiance en soi quand l’acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l’acné quand on a 30 ans ?

Pour 80% d’entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l’adolescence. Sauf que l’acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique.  


Aujourd’hui dans « Patients » on va parler d’un sujet qui touche plus de 200 000 personnes en France : l’acné sévère.

Pour aller plus loin : 

Vous pouvez suivre Anne sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/acne__positive/?hl=fr

Vous souffrez d’acné sévère et vous souhaitez en parler avec un médecin généraliste ou spécialiste ? 
Nos médecins sont à votre écoute.


*Ce podcast recueille des témoignages personnels qui peuvent heurter votre sensibilité. Nous vous rappelons que ces récits représentent le vécu de nos invités et ne sont pas nécessairement représentatifs de notre point de vue.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Ce podcast vous est proposé par la plateforme Livi.

  • Speaker #1

    Bonjour, je m'appelle César Ancel-Ancel. Je suis médecin généraliste et urgentiste. Bienvenue dans Patient, saison 2.

  • Speaker #0

    Anne et l'acné sévère.

  • Speaker #1

    Sur le visage et parfois sur le dos, pour 80% d'entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l'adolescence. Sauf que l'acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique. On estime que sur les 6 millions de personnes avec de l'acné en France, 200 000 sont touchées par une forme sévère. Et parmi eux des ados, mais aussi des adultes. Alors comment avoir confiance en soi quand l'acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l'acné ? Quand on a 30 ans. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Anne, qui va nous raconter son histoire. Bonjour Anne.

  • Speaker #0

    Bonjour César.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que je peux te tutoyer ?

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #1

    Bon, Anne, comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Ça va très très bien.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

  • Speaker #0

    Oui, alors je suis Anne, j'ai 30 ans, je suis créatrice de contenu et thérapeute en psychotraumatologie.

  • Speaker #1

    Anne, je suis vraiment ravi de te recevoir aujourd'hui. Dans cet épisode de Patients, tu vas nous raconter ton quotidien avec l'acné sévère. Est-ce que tu peux me parler de l'acné sévère ?

  • Speaker #0

    Oui, je peux en parler puisque j'en ai souffert pendant plusieurs années. Pour ma part, j'ai eu de l'acné sévère à l'âge adulte, alors qu'on pense que l'acné, c'est souvent quelque chose d'adolescent. Mais moi, dans mon cas, c'est à partir de 24 ans que j'ai vraiment eu énormément d'acné. Du coup, ça a été une acné sévère que j'ai eue vraiment sur tout le visage, du front au menton, même un peu dans le cou. et ça a perduré pendant plusieurs années. Petit à petit, j'ai trouvé des solutions, des choses qui m'ont aidée, qui ont fait qu'aujourd'hui, je suis guérie.

  • Speaker #1

    On va revenir un peu sur l'histoire, c'est-à-dire comment ça s'est passé. C'est une acné qui a commencé... On va le rappeler, il y a différents types d'acné. Une acné légère a des acnés très sévères. Elle était localisée où, cette acné ?

  • Speaker #0

    L'acné à l'adolescence, c'était sur le visage. Et l'acné au moment de l'âge adulte, c'était aussi sur le visage. Je n'ai jamais vraiment eu d'acné, moi, ailleurs. je veux dire légèrement un peu sur la poitrine de temps en temps, mais c'était vraiment localisé sur le visage.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc pas d'atteinte du dos ou d'autres parties du corps. Et à partir de quel moment tu as entendu parler du terme d'acné sévère ? Qui est-ce qui a qualifié cet acné de sévère ?

  • Speaker #0

    C'est moi qui l'ai auto-qualifié sévère. Enfin, j'ai vu une dermato il y a pas mal d'années maintenant qui m'avait proposé de faire un traitement à l'isotrétinoïne. Donc moi, je me suis auto-qualifiée d'acné sévère puisque c'était le seul traitement qu'elle pouvait me conseiller étant donné que j'avais en fait tout testé dans la panoplie allopathique.

  • Speaker #1

    Tu vois un médecin généraliste d'abord ou tu commences directement par un avis dermatologique ?

  • Speaker #0

    Alors à l'adolescence, comme j'avais 15-16 ans, j'étais avec mes parents, donc on est allé voir une dermatologue là où je vivais. Et puis voilà, on a juste vu la dermatologue et je l'ai vue pendant plusieurs années, pendant au moins 5 ans. Et après, j'ai vu une autre dermatologue sur Bordeaux quand j'ai déménagé. Et celle qui m'a proposé l'isotrétinoïne et que j'ai du coup refusé.

  • Speaker #1

    Tu n'as pas eu d'autres traitements auparavant ? Des crèmes, des comprimés, des choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Si, si. En fait, quand j'ai commencé à avoir la dermatologie à l'adolescence, on a commencé par une cure de zinc, des crèmes en application locale, etc. Et puis, comme ça ne faisait rien, on s'est fait de l'apule. Ça ne marchait pas ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    D'accord. Non, non. C'est pour ça, petit à petit, on a augmenté les... les outils à disposition. Donc, on est passé du zinc à la pilule. Et puis, la pilule, ça ne faisait rien. Donc, on est passé à des hormones anti-androgènes, de l'endrocure, et des antibiotiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    J'ai pris la tolexine aussi. Donc là, j'avais tout ça en même temps.

  • Speaker #1

    D'accord. Et ça, ça ne changeait rien ?

  • Speaker #0

    Et là, oui. Là, j'avais une peau de bébé. Là, oui, je n'avais plus du tout de boutons. On me félicitait sur la peau toute lisse de bébé que j'avais quand j'étais dans la petite vingtaine. Et puis un jour, il a fallu arrêter les traitements parce qu'on ne peut pas prendre ça à vie.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'au niveau de ces traitements, qu'ils soient locaux ou en comprimés, tu avais des effets secondaires ?

  • Speaker #0

    En fait, je pense que les plus gros effets secondaires que j'ai eus, c'était avec la pilule contraceptive que j'ai découvert quand je l'ai arrêtée. En fait, quand on prend la pilule extrêmement jeune, on ne connaît pas son corps, son fonctionnement. On a tout juste notre cycle menstruel. Donc, on ne se connaît pas. Le corps est en train de faire toutes les connexions entre le cerveau, les ovaires, etc. Et quand j'ai arrêté la pilule, c'est là que je fais Waouh ! Mais en fait, il y a plein de trucs que je pensais qui étaient moi, mais en fait, qui ne sont pas moi.

  • Speaker #1

    T'as senti un changement ?

  • Speaker #0

    Ah ouais, la personnalité, c'est le jour et la nuit. Au niveau de la gestion des émotions, j'avais un petit côté pas paranoïaque, mais un peu, je sais pas, genre tout le monde est contre moi, hyper sensible.

  • Speaker #1

    Et ça, tu l'attribues à quoi ? Alors plutôt à la contraception, à la pilule ?

  • Speaker #0

    Ouais, totalement, parce que quand j'ai arrêté, plus rien.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je commençais aussi à avoir des douleurs quand j'allais avoir mes règles, même si ce n'était pas des vraies règles, quand on prend la pilule. Mais je commençais à avoir des douleurs, je commençais à avoir des phases vraiment de dépression, presque. Je venais à pleurer sans raison.

  • Speaker #1

    Là, tu avais dans la vingtaine.

  • Speaker #0

    Oui, là, j'avais dans la vingtaine.

  • Speaker #1

    Et ça a duré combien de temps, ces effets secondaires ? Cette réaction psy, ça a duré combien de temps ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas, je pense que le côté, on va dire, un peu sévère, genre vraiment, je me mets à pleurer pour rien, sans raison, des trucs comme ça, ça a dû durer, je ne sais pas, une année, je pense.

  • Speaker #1

    Une année quand même. Et tu étais quoi, étudiante à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, j'étais étudiante,

  • Speaker #1

    oui. Et alors, comment tu gérais ça ?

  • Speaker #0

    Comme font toutes les femmes, on prend sur nous et on se tait.

  • Speaker #1

    Ce que je veux dire, c'est que tu n'en as pas parlé à un moment donné à un médecin ou à un psychologue ?

  • Speaker #0

    Ah ben non. Non, parce qu'en fait, je ne me suis jamais connue sans la pilule, vraiment, je ne pouvais pas savoir que c'était... lié à un truc que je prenais. Je pensais que c'était moi qui avais un problème. Donc, je n'allais pas voir quelqu'un pour dire bonjour. En fait, des fois, je pleure toute seule.

  • Speaker #1

    Pour toi, ça faisait partie de ta personnalité, quasiment. Exactement. D'accord. Et c'est au moment où tu arrêtes cette contraception...

  • Speaker #0

    Je me rends compte que pas du tout. Je ne suis pas quelqu'un de dépressif. Je ne sais pas. La vie est cool. Je ne suis pas parano. Je peux avoir confiance en moi, en la vie, en plein de trucs.

  • Speaker #1

    Donc, tu arrêtes ce traitement. J'essaie de reprendre un peu la chronologie.

  • Speaker #0

    En fait, ça ne s'est pas fait d'un coup. J'ai arrêté les traitements. Je prenais des antibiotiques et des hormones antiandrogènes. Et ça, je les ai arrêtés avant l'arrêt de la pilule. La pilule, j'ai arrêtée quand j'ai eu 23-24 ans.

  • Speaker #1

    Au moment où l'acné redémarre ?

  • Speaker #0

    Avant que l'acné redémarre, vraiment. Parce que j'ai eu un gros choc émotionnel quand j'ai eu 23 ans. J'ai perdu mon papa. Et du coup, c'est ça qui a fait que j'ai voulu arrêter la pilule. Parce que je me suis renseignée. Personne, aucun médecin ne m'a dit Ah bah oui, si votre papa est mort d'un AVC, il vaudrait mieux arrêter la pilule parce que ça peut augmenter... Oui, décider d'un AVC.

  • Speaker #1

    Oui. Et qu'est-ce que tu découvres, en fait, sur la contraception et l'AVC ?

  • Speaker #0

    Je découvre que c'est pas compatible. En fait, si on a des antécédents d'AVC dans sa famille, ben... La pilule augmente les risques d'avoir soi-même un AVC, donc j'ai dit non. Mais en fait, ça augmente les risques de plein de choses, c'est juste qu'on ne le sait pas. Et c'est justement pourquoi je suis un petit peu en colère vis-à-vis de tout ça, c'est qu'on ne m'a jamais prévenu des effets secondaires, vraiment de tout ce que ça peut impliquer justement de prendre la pilule. On m'a prescrit la pilule quand j'étais adolescente, que j'y connaissais rien à rien. et sans me dire, justement, peut-être que tu ne vas pas avoir ta vraie personnalité, tu vas avoir les seins qui vont gonfler énormément. Quand j'ai arrêté la pilule, ça aussi, c'est un des effets secondaires, j'ai perdu la moitié de ma poitrine. Donc voilà, ça en soi, ce n'était pas gênant, mais c'est juste, il y a plein de choses qu'on pense qui sont nous, et en fait, non, qui sont juste l'effet d'hormones synthétiques qu'on prend. Donc je suis allée voir ma gynéco, j'ai dit, bonjour, je voudrais arrêter de prendre la pilule, parce que mon père est mort d'un AVC. et je suis passée à une contraception stérilée au cuivre sans hormones. D'accord. Mais j'avais déjà arrêté tous les autres traitements pour la peau.

  • Speaker #1

    Et donc, est-ce que tu peux me raconter comment l'acné est revenu ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Je pense que c'est revenu un petit peu progressivement. Déjà, ça revenait quand j'ai arrêté les traitements. C'est pour ça aussi que je me suis totalement détournée des traitements allopathiques, parce que comme j'ai pris pendant cinq ans des hormones anti-androgènes, la pilule en plus, un antibiotique, Quand j'arrête le traitement, je me dis, là, normalement, il ne devrait plus y avoir de boutons. Et quand, petit à petit, j'ai réduit les doses jusqu'à arrêter tout et que l'acné revient, et même limite plus qu'avant que je commence les traitements, je me dis, ce n'est pas un traitement, ça n'a pas soigné. Donc, il faut trouver la cause et creuser ça. Et donc, oui, je l'ai tout arrêté. Et quand mon papa est décédé, j'ai refoulé mes émotions totalement. Ça a été extrêmement difficile pour moi de vivre ce décès. Et en fait, quand j'ai arrêté la pilule, cinq, six mois après, j'ai eu vraiment une explosion de l'acné. C'était pile un an après le décès de mon papa, donc c'était vraiment le petit rappel de Eh oh, il faut s'occuper de ton deuil, il ne faut pas mettre les émotions sous le tapis. Et donc ma peau, en fait, a vraiment pris le relais de mes émotions et j'ai explosé littéralement au niveau de la peau.

  • Speaker #1

    Tu parlais de traitement allopathique. Qu'est-ce que c'est un traitement allopathique ?

  • Speaker #0

    Un traitement avec des trucs synthétiques. des molécules faites en laboratoire synthétique.

  • Speaker #1

    Et donc, suite à ce deuil, est-ce que tu es accompagnée ? Est-ce que tu, à part tes proches, j'imagine, mais est-ce que tu bénéficies d'un accompagnement par médecin, psychologue ? Est-ce qu'on te donne des conseils à ce niveau-là ?

  • Speaker #0

    Je suis allée voir une éthiopathe, et je crois que c'est elle qui m'avait conseillé d'aller voir une psychologue, justement, qui m'a dit Waouh, t'as des choses à sortir, là. Il faut que tu parles, parce qu'elle sentait bien que je retenais tout en moi. Donc c'est elle qui m'a dit Ce serait bien que tu ailles voir une psychologue, j'en connais une sur Bordeaux, puisque je vivais là-bas à l'époque. Et j'ai décidé d'y aller. Et donc là, ça m'a fait beaucoup de bien de pouvoir justement parler, parce qu'on n'a pas envie, quand on vit un deuil, je pense que les personnes qui ont perdu quelqu'un, pour pouvoir s'identifier, on n'a pas envie de déranger ses proches.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord.

  • Speaker #0

    Parce que ce n'est pas des professionnels de la santé mentale. Et puis il y a des choses qu'on n'a pas envie de dire, en fait, à des amis ou de la famille. Puis moi, dans mon cas, je suis enfant unique. Donc je n'avais pas envie de rendre triste ma maman en plus.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je sais que je conditionne pas mal son bonheur. Et si elle voit sa fille triste, ça la rend triste. Et je n'avais pas envie, moi... Je prenais beaucoup de responsabilités sur le fait de vouloir que ma maman soit bien et de ne pas vouloir ajouter en plus à sa peine d'avoir perdu mon papa. Donc j'ai beaucoup pris sur moi et j'ai essayé de cacher au maximum ma détresse. que ce soit à mon copain, que ce soit à maman ou aux gens autour. Donc, j'étais pas mal isolée. Et je faisais donc les séances de psy. Et j'ai déménagé à Londres avec mon copain. Et donc, j'ai arrêté de voir la psy. Et donc là, j'étais vraiment hyper isolée parce que je recommençais une nouvelle vie. Je ne connaissais personne dans cette grande ville. Et donc, j'étais très isolée. C'est pour ça que là, j'ai eu, je pense, cette explosion pour le premier anniversaire du décès de mon papa.

  • Speaker #1

    Et alors, c'est quoi une acné qui explose au visage ? Qu'est-ce que ça donne ?

  • Speaker #0

    On a tellement de boutons que ça fait presque des plaques sur le visage, avec des pustules. Les pustules, c'est des boutons avec du pus dedans qui sont blancs. Des boutons rouges, donc plutôt des papules, des kystes, donc des boules douloureuses sous la peau, au niveau du menton. C'est là aussi où je l'ai considéré sévère, c'est quand c'est une acné qui est douloureuse même physiquement. Quand on est sur l'oreiller, qu'on a le... la peau qui touche l'oreiller, que ça appuie sur les zones, comme ça, sur les kystes et tout.

  • Speaker #1

    C'est une poussée d'acné que tu n'avais jamais eue ?

  • Speaker #0

    Non, je n'ai jamais eu une poussée comme ça de ma vie. Franchement,

  • Speaker #1

    c'est... Quand tu nous en parles, donc ça touchait tout le visage avec effectivement des lésions que tu qualifies un peu d'inflammatoires, qui étaient rouges, des lésions...

  • Speaker #0

    J'avais le visage vraiment rouge. J'ai documenté mon parcours, donc j'ai la chance d'avoir plein de témoignages et de photos de ce moment-là. J'ai osé me prendre en photo, alors que c'était extrêmement douloureux pour moi de me voir comme ça et d'immortaliser ces moments-là. Mais ouais, j'ai vraiment le visage rouge et puis ça fait presque comme des plaques, on ne peut même plus compter combien on a de boutons, c'est des plaques. Vraiment, je n'avais pas d'autres mots que de me dire je suis monstrueuse Et ça a impacté ma joie de vivre, mon côté social, etc. Et puis j'ai dû me forcer en fait, faire genre non, non, c'est pas grave, je m'en fiche pour avoir des interactions sociales. parce que sinon, jamais de ma vie, j'aurais voulu sortir et qu'on me voit dans cet état.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien revenir sur l'impact quotidien, en fait. Parce que c'est vrai que je pense qu'on a tous été un peu touchés par l'acné quand on était adolescents, mais une acné sévère, c'est autre chose. C'est vraiment, pour le coup, être défiguré, avoir ces douleurs. Comment ça se passait dans ton quotidien, dans les interactions avec tes amis, au niveau du travail ? Est-ce que tu peux nous décrire ?

  • Speaker #0

    C'était très, très difficile à vivre. C'était une obsession, en fait, pour moi, ma peau. Je me levais le matin, le premier truc auquel je pensais, c'était ma peau. C'était, ok, il faut que j'aille voir, est-ce que j'ai des nouveaux boutons ? Est-ce que le produit que j'ai essayé la veille a fait effet ? Est-ce que ça s'est réduit ? Et voilà, tu passes beaucoup de temps à te regarder, à scruter ta peau. Tu sais exactement quelle taille ont les lésions, où elles sont, comment c'est. Et t'es obsédée par ça, quoi. Moi, à ce moment-là, en fait, j'ai décidé que je voulais comprendre pourquoi j'avais de l'acné. Et donc, je passais mon temps à égréner Internet, à rechercher des témoignages à l'étranger, aux États-Unis, au UK, pour essayer de comprendre, de voir d'autres personnes qui sont passées par là et des choses qu'elles ont pu essayer pour les essayer moi-même. Donc, petit à petit, j'ai changé ma façon de vivre, mon hygiène de vie, mon alimentation, etc. Mais c'est vraiment devenu une obsession et je me détestais. Vraiment, c'était très, très, très douloureux de me regarder. Je n'aimais pas ce que je voyais. Et en fait, c'est un impact dans tout, parce que dans nos interactions sociales, on va avoir tendance à peut-être parler aux gens en montrant une joue où on a moins d'acné que l'autre. Je passais beaucoup, beaucoup de temps à maquiller l'acné aussi, à essayer de camoufler avec différentes couches de correcteurs, de fonds de teint, etc. Même si au final, je savais que ça se voyait, parce que j'étais tellement marquée qu'on voyait bien les reliefs de la peau. Même si on met du maquillage, on ne peut pas cacher le relief, mais au moins cacher les rougeurs, les pustules, etc. Puis ça nous impacte dans la vie intime aussi. Moi, à ce moment-là, j'étais en couple, et je sais que je ne me sentais pas désirable. Par exemple, quand on a un rapport sexuel, c'est pareil, on va se dire, on va peut-être privilégier telle position pour que l'autre ne nous voit pas, qu'il ne voit pas le visage. Ou justement, je vais plutôt montrer tel côté du visage parce que là, j'ai un peu moins de boutons. Et on est dans l'hyper contrôle, et on se dit juste que l'autre nous voit comme on se voit nous, c'est-à-dire horrible. pas désirables.

  • Speaker #1

    Donc, un impact majeur sur toutes tes interactions sociales, finalement. Et donc, j'imagine qu'au bout de plusieurs semaines, ça commence à te taper sur le système. Tu t'as senti que ton moral, il chutait avec cette acné ? Ah oui,

  • Speaker #0

    totalement. Ça m'a vraiment impacté moralement. Et c'est pour ça qu'au bout d'un moment, j'ai pris la décision de me dire, peut-être que j'aurai de l'acné toute ma vie, peut-être que j'aurai de l'acné jusqu'à mes 99 ans. Mais attends,

  • Speaker #1

    je me permets de t'interrompre. À ce moment-là, tu ne revois pas un ou une dermatologue ? Non. Non, pourquoi ?

  • Speaker #0

    Parce que comme j'avais déjà pris pendant 5 ans des médicaments...

  • Speaker #1

    C'était fini ?

  • Speaker #0

    Oui, c'était fini, oui.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Comme j'ai vu une autre dermatologue qui m'avait juste dit... qui m'avait un peu choquée, c'était la première fois qu'on se voyait, elle ne m'a demandé aucun truc sur qu'est-ce que je mange, c'est quoi mon hygiène de vie, qu'est-ce que je vis, qu'est-ce que... Enfin, rien, juste, ah, vous avez déjà pris ça, ça, ça comme traitement, bon ben, l'isotrétinoïne,

  • Speaker #1

    voilà. Oui, tu aurais bien aimé avoir ses réponses sur ton mode de vie, finalement.

  • Speaker #0

    J'aurais bien aimé, en fait, quelqu'un qui cherche les causes de l'acné, tout simplement. J'aurais aimé un docteur, un dermatologue, qui me dise, OK, il y a une raison pour laquelle votre corps réagit. Peut-être qu'il y a un déséquilibre hormonal, peut-être qu'il y a une infection au niveau des intestins.

  • Speaker #1

    On n'a pas cherché au niveau hormonal, on n'a rien cherché. Pas de prise de sang, de choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Non, probablement que j'ai dû faire des prises de sang, les trucs classiques avec les triglycérides pour la pilule, les choses comme ça, mais pas vraiment...

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord. En fait, ce que tu décris, c'est qu'effectivement, il y a des recommandations pour les prises en charge de l'acné. mais les patients ne sont pas censés les connaître, les recommandations. Et notamment vis-à-vis de l'alimentation, ce n'est pas très clair l'alimentation et l'acné. Là, il y a quelques études qui sont sorties sur les régimes, sur l'alimentation à fort index glycémique, mais ce n'est pas encore validé. Mais toi, tu aurais bien aimé... qu'on puisse aborder tous ces aspects concernant ton mode de vie, et ça, ça n'a pas été abordé.

  • Speaker #0

    Non, mais même outre le mode de vie, juste de comprendre qu'il y a une raison pour laquelle on a de l'acné, que ce n'est pas comme ça, ça ne tombe pas du ciel, que c'est multifactoriel aussi, et surtout qu'on ait envie de comprendre. La première dermatologue que j'ai vue, elle était plutôt dans cette démarche-là, mais je pense qu'elle manquait juste d'informations, parce qu'elle, elle était quand même à l'écoute, et puis plutôt tournée sur le naturel, à ne pas vouloir faire des trucs trop... trop hardcore, on va dire, en termes de traitement, si ce n'est pas nécessaire. Et c'est la première, en 2013, qui m'avait dit, justement, il y a des études qui montrent que les produits laitiers, ça aggrave l'acné, donc je vous conseille de réduire le lait, parce que je consommais énormément de lait à cette époque-là. Donc c'est à partir de 2013 que j'ai arrêté de prendre un grand bol de lait le matin au petit-déj. Donc elle, elle était déjà plus dans cette démarche-là, mais elle manquait, je pense, d'informations pour vraiment aller au bout et pouvoir me guérir. Mais la dermatose suivante que j'ai vue, par contre, rien du tout.

  • Speaker #1

    Et donc, finalement, tu es amenée à te débrouiller toute seule.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Donc, tu vas faire tes recherches. C'est ça. Et alors, comment ça se passe ? Comment est-ce que tu trouves la solution à un moment donné ?

  • Speaker #0

    En fait, il n'y a pas deux solutions. Il n'y a pas LA solution. Comme c'est multifactoriel. En fait, aujourd'hui, je sais que quasiment chaque acné est unique. Peut-être qu'on reviendra dessus, mais l'aspect psychologique traumatisme est extrêmement important, le stress aussi. Et ça, c'est quelque chose que j'ai appris, c'est que si on met en place une bonne hygiène de vie, si à côté de ça, on continue à être extrêmement stressé ou qu'on a des traumatismes qu'on n'a pas gérés, on continuera à avoir de l'acné. Parce que tant que le corps est en mode survie, on ne peut pas guérir. Le corps, il est juste concentré à se dire, OK, comment on fait pour survivre, mais pas OK, comment on fait pour réparer telle chose, pour prendre soin de telle partie, pour se régénérer. Et ça, je pense que c'est un petit peu le secret que personne ne partage sur l'acné. C'est que si on veut guérir de l'acné, il faut vraiment s'occuper du psy. Parce que sinon, on pourra arrêter tous les produits laitiers, avoir une alimentation anti-inflammatoire, tout régler, entre guillemets, au niveau de l'hygiène de vie. mais continuer à avoir de l'acné parce qu'en fait, on ne se sent pas en sécurité.

  • Speaker #1

    Et donc toi, à un moment donné, tu as décidé de te prendre en charge au niveau du stress. Comment tu as fait ?

  • Speaker #0

    J'ai changé pas mal de choses dans ma vie. J'ai intégré la méditation, du yoga, faire du sport, pratiquer des affirmations positives, écouter beaucoup de vidéos positives, de motivation, essayer de m'entourer d'un environnement positif, bienveillant, et puis changer le discours que j'avais avec moi-même. Donc justement, un grand tournant qui a été dans mon parcours de l'acné, c'est de me dire que je vais accepter que j'ai de l'acné. Parce qu'en fait, à l'époque, je n'acceptais pas ma situation. Et un jour, j'ai dit Ok, j'accepte. Il y a des personnes qui ont d'autres choses, des handicaps, et qui doivent vivre avec, puisque c'est comme ça. Et moi, on va dire que mon handicap, c'est l'acné. Et donc, comment je fais pour être heureuse et épanouie dans ma vie en sachant que j'ai cette peau-là ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est quoi les choses que tu as découvertes qui t'ont changé au niveau des pratiques ?

  • Speaker #0

    Un jour... Quand j'ai pris la décision que j'aurais peut-être de l'acné toute ma vie, comme je n'arrivais pas de moi-même à me dire Bon, maintenant, je me dis que je m'aime, même si ce n'est pas vrai j'ai mis une feuille A4 sur mon miroir, là où je vivais, avec écrit Tu es belle et parce que j'étais pas capable de ne pas me dire des choses horribles, donc j'ai dit, bon, je vais arrêter de me regarder, donc je vais mettre ça, et à la place, je vais me prendre une affirmation positive plutôt que de me dire,

  • Speaker #1

    t'es moche. Donc tous les jours ?

  • Speaker #0

    Tous les jours, ouais. Je sais pas combien de temps j'ai laissé ça sur mon miroir, probablement pendant des semaines.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et finalement, ça m'a bien aidée. De plus me voir, et donc de plus être dans ce discours permanent et puis de me faire du mal, de me voir, d'être un peu désespérée devant ma peau comme ça, ça m'a fait beaucoup de bien au moral. Je pense qu'au final, au niveau de la peau, ça a apaisé aussi les choses.

  • Speaker #1

    L'acné, elle s'est apaisée au bout de combien de temps ?

  • Speaker #0

    Ça a pris pas mal de temps. Des années ? En fait, ça a été par phase. C'est-à-dire que, par exemple, quand j'ai arrêté les produits laitiers totalement, Là, j'ai vu une très grosse amélioration de ma peau. C'est-à-dire qu'en cinq mois, j'ai eu 80 d'acné en moins. Juste en arrêtant les produits laitiers, sans rien changer d'autre.

  • Speaker #1

    Ça, ça a été marquant, ça. Oui. D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc voilà, en fait, il y a eu des paliers comme ça. Il y a eu des moments où j'ai essayé des choses et hop, ça fonctionne, ça réduit. Par exemple, si j'ai pris du Gatillier à un moment. Parce que je travaille dans un magasin bio et...

  • Speaker #1

    C'est quoi le gâtillier ?

  • Speaker #0

    Le gâtillier, c'est une plante qui est faite pour réguler les hormones féminines.

  • Speaker #1

    Je ne savais pas.

  • Speaker #0

    Mais ce n'est pas à prendre à la légère, parce qu'il y a certains cas où c'est vraiment déconseillé, notamment si on est plutôt en mode SOPK. C'est vraiment évité.

  • Speaker #1

    Pour rappel, pour les gens qui nous écoutent, le SOPK... C'est le syndrome des ovaires polykystiques. Effectivement, c'est une pathologie hormonale avec des kystes au niveau des ovaires et qui peut être responsable via un mécanisme hormonal d'acné. Et c'est effectivement ce qu'on est amené à chercher très souvent chez les femmes qui ont une acné d'apparition tardive. C'est-à-dire qu'on a tendance à opposer l'acné qui survient chez l'adolescent et l'adulte jeune. de l'acné qui apparaît tardivement. Et c'est un signe, parfois, qui pousse à se dire, ah, est-ce que ce n'est pas une acné secondaire ? Et donc, est-ce qu'il n'y a pas un SOPK ? Voilà, ça, c'était un rappel. Et après, des mesures diététiques ou des traitements que tu t'es mis en place, donc tu nous parlais du gâtillier.

  • Speaker #0

    Du gâtillier, oui.

  • Speaker #1

    D'accord, donc le gâtillier, tu peux nous en dire un mot ?

  • Speaker #0

    Du coup, le gâtillier, c'est une plante qui est censée réguler les hormones, mais qui n'est pas à prendre à la légère.

  • Speaker #1

    Donc, il faut quand même avoir un avis médical là-dessus.

  • Speaker #0

    Ah bah oui, il ne faut pas le prendre tout seul. Mais moi, j'ai tout fait toute seule.

  • Speaker #1

    D'accord, ok.

  • Speaker #0

    Donc, je ne conseille pas ce que j'ai fait.

  • Speaker #1

    D'ailleurs, pour les gens qui nous écoutent, il doit y avoir peut-être des médecins, tout ça. Ne m'envoyez pas des lettres de menace, etc. C'est-à-dire que le podcast, il s'appelle Patient. Et donc, c'est la version, l'histoire du patient. Donc, voilà, effectivement. Donc, toi, c'est ce que tu as fait.

  • Speaker #0

    Et pour dire, moi, je n'ai rien contre le monde médical et j'aurais adoré être accompagnée dans le monde médical. Mais c'est qu'on m'a laissé tomber, quoi. Enfin, on m'a faillie. Et comme je pense beaucoup de personnes qui ont de l'acné, je le vois avec les milliers de conversations que j'ai eues depuis 2017 avec des femmes, je suis loin d'être la seule qui a été laissée tomber par le système médical au niveau de l'acné.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien en parler de ça. Tu me parles des milliers de conversations. Dis-en moi un peu plus là-dessus. C'est quoi les milliers de conversations ? Sur des forums ?

  • Speaker #0

    Non, sur mon compte Instagram.

  • Speaker #1

    Sur ton compte Instagram ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avais un compte Instagram à l'époque qui s'appelait Nothing But My Opinion. Et c'était à la base pour faire un Yuka des cosmétiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et ce qui s'est passé, c'est que parallèlement à ça, j'ai eu l'acné. Et à ce moment-là, je cherchais des façons de montrer que le maquillage naturel était aussi efficace que le maquillage conventionnel. Et je m'étais dit, tiens, quoi de mieux que de montrer... D'un côté, si je maquille ma peau avec de l'acné, avec du fond de teint conventionnel, et de l'autre avec du fond de teint naturel.

  • Speaker #1

    Mince, je suis nul aussi là-dedans. C'est quoi la différence entre maquillage naturel et conventionnel ?

  • Speaker #0

    La différence, c'est que naturel, ça va être avec des ingrédients qui sont naturels. Et conventionnel, ça va être de la pétrochimie, des choses synthétiques, des choses... Enfin, tout ce qui n'est pas naturel, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Avec des polluants, avec des perturbateurs endocriniens, des choses comme ça.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    des choses irritantes, pas bonnes pour la santé, la totale. Et d'ailleurs, les fonds de teint qui sont souvent très couvrants, c'est les pires en termes de composition. Et donc, je voulais vraiment montrer que le naturel, ça peut être aussi efficace. Et je m'étais dit, si je fais des photos de moi avec d'un côté du conventionnel, de l'autre du naturel, et qu'on voit que c'est pareil, le rendu, on va voir que c'est efficace.

  • Speaker #1

    Ça représente quoi comme budget ?

  • Speaker #0

    En fait, le budget maquillage, quand on a de l'acné, il est assez important. Mais en réalité, ce n'est pas forcément plus cher que le conventionnel. C'est aussi ce que je voulais mettre en avant via mon compte Instagram, c'était de montrer que oui, c'est naturel, c'est mieux en termes de composition pour la santé et pour l'environnement, mais en plus, c'est moins cher. Je faisais d'un côté que du maquillage conventionnel, de l'autre que du naturel, et je mettais aussi le prix du look des deux côtés, et en fait, c'était toujours plus cher du côté conventionnel. Donc, c'est moins cher.

  • Speaker #1

    Un ordre de prix ?

  • Speaker #0

    Par exemple, le fond de teint que j'avais, ça faisait peut-être trois mois et c'était une vingtaine d'euros le fond de teint. Ah bon ? Non, non.

  • Speaker #1

    Ah d'accord.

  • Speaker #0

    Non, mais c'est pour ça. Le naturel, ce n'est pas forcément des trucs hyper chers. Il faut juste trouver les bons produits et qui sont efficaces. Et voilà.

  • Speaker #1

    À la base, c'est un Instagram qui est, on va dire, plus cosmétique. Et après, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Il passe plus sur ce qui t'arrive, sur ta vie, sur ta façon de gérer ton acné, sur ta façon de gérer tes émotions. Tu peux nous raconter ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je montrais des photos de moi démaquillée, etc., j'ai eu beaucoup de retours très positifs, en fait, de femmes qui me remerciaient de me montrer telle que j'étais, peau nue. Et c'est vrai que c'est quelque chose, moi, qui me manquait à l'époque aussi. dans mon parcours de reconstruction, d'estime de moi, etc. Parce que je voyais des femmes aux États-Unis, en Angleterre, qui se montraient avec beaucoup d'acné, sans maquillage, et qui montraient des choses très positives, des messages qui m'ont beaucoup aidée. Et je ne voyais pas ça en France. Donc, en fait, je suis devenue ce que je voulais voir sur les réseaux. Et puis, petit à petit, est venu un jour... où j'ai entendu quelqu'un qui disait Ah, je suis allée voir un dermatologue pour ma fille qui a 16 ans et il lui a prescrit la pilule pour l'acné. Sans chercher aucune cause, rien. Juste, t'as 16 ans, t'as des boutons, pilule. Et en fait, ça m'a révoltée parce que c'est exactement ce que moi, j'avais vécu quelques années auparavant. Et je me suis dit Mais en fait, rien n'a changé. À ce moment-là, on est en 2019. Et je me suis dit Rien n'a changé, il faut que je fasse quelque chose. Et j'ai écrit un livre, enfin un e-book gratuit pour partager tout ce que j'avais appris moi sur l'acné.

  • Speaker #1

    C'est cette histoire-là qui t'a déclenché ça ? Oui.

  • Speaker #0

    D'accord. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit Wow, il ne s'est rien passé en fait, la médecine n'a pas évolué.

  • Speaker #1

    Tout en rappelant quand même que s'il y a une indication de contraception, on met une contraception spécifique. Mais si la personne n'est pas en demande de contraception, normalement, je te dis les recommandations, je ne te dis pas ce qui se fait en pratique, mais on n'est pas censé instaurer une contraception. Et bon, en gros, cet épisode... toi, tu t'es dit, surtout en plus avec l'histoire qui s'est passée avec ton père, etc., tu t'es dit, bon, moi, je vais m'investir là-dedans.

  • Speaker #0

    Exactement. Donc, j'ai écrit un e-book gratuit que j'ai envoyé manuellement à, je ne sais pas, peut-être 1 500 personnes.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Vraiment, il n'y avait pas de truc automatique comme aujourd'hui, là, où on met son mail et hop, on reçoit automatiquement une séquence de mails. Moi, c'est moi qui envoyais avec mes petites mains à toutes les personnes qui faisaient la demande de ce e-book par le biais de mon compte Instagram, en fait, que j'avais à ce moment-là. et un jour il y a quelqu'un qui m'a répondu et qui m'a dit waouh c'est super intéressant ça devrait être un livre et là je me suis dit mais là ça fait que 30 pages c'est pas un livre je me suis dit ok si c'était un livre qu'est-ce que j'aurais de plus à dire et puis là en fait je me suis mise à écrire non-stop et c'est arrivé à 124 pages et là je me suis dit ah bon bah là ça ressemble plus à un livre ah donc t'as fait un livre et j'ai écrit un livre En 2019, Acné Positive, oubliez tout ce que vous savez.

  • Speaker #1

    Que tu as édité, imprimé, tout ça ?

  • Speaker #0

    Que j'ai auto-édité moi-même et tout, j'ai fait un crowdfunding. C'est Et là, je viens de le rééditer. Cette fois-ci, il fait 289 pages.

  • Speaker #1

    Comment il s'appelle ton livre ?

  • Speaker #0

    Acné Positive. Dis-donc. Et donc là, j'ai réédité parce que j'ai énormément appris.

  • Speaker #1

    Sans intervention de dermatologue ou de médecin dans ton livre ?

  • Speaker #0

    Non. Mais j'adorerais ! Je lance un appel, s'il y a des dermatologues qui veulent rejoindre le mouvement d'acné positive, je suis hyper ouverte à ça.

  • Speaker #1

    Justement, en fait, ça c'est ma prochaine question, comment est-ce que tu penses que l'encadrement, justement, est suivi par le corps médical, il pourrait être amélioré ?

  • Speaker #0

    Eh bien déjà, d'écouter la personne et d'essayer de comprendre pourquoi elle a de l'acné. D'essayer vraiment de montrer qu'on est dans une démarche de Ok, je suis là. on va essayer de comprendre ce qui se passe. On va faire des tests.

  • Speaker #1

    C'est marrant ce que tu décris, parce que c'est quelque chose qu'on retrouve dans d'autres situations en médecine. Si tu veux, les médecins, on apprend selon la science, selon des études. Et après ces études, si ces études sont vraiment validées et costaudes, on va décider de faire des recommandations. Des recommandations de prise en charge. Et les médecins, en gros... ils sont censés respecter les recommandations. C'est-à-dire que, par exemple, pour certains dosages ou certains traitements, on va dire non, ça, ça ne marche pas ou ça, ça marche Le problème de ça, c'est que... Moi, je suis pour ça, personnellement. Mais le problème de ça, c'est que parfois, ça ferme la porte au dialogue entre les patients et les médecins. Et tu parlais du lait. Le lait, il y a énormément de gens qui décrivent une diminution de leur symptomatologie de pathologie inflammatoire. alors que ce n'est pas clairement démontré.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a des études quand même.

  • Speaker #1

    En fait, si tu veux, la difficulté, c'est qu'en plus des études, il y en a plein, mais des études qu'on peut retenir parce qu'elles ont une bonne méthode et parce qu'elles sont assez puissantes, ça, il n'y en a pas tant que ça, en fait. Et donc, il faut savoir trouver le juste milieu entre l'histoire de la personne, les études, etc. Et en fait, c'est souvent un problème de communication, ce que tu décris, en fait.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est ça, il n'y a pas le temps, en fait. Et je blâme personne en soi. Je veux dire, je sais qu'il y a une pénurie de dermatologues en France, que c'est très dur d'avoir un rendez-vous. Voilà, quand on a 15 minutes à passer avec chaque personne, effectivement, c'est compliqué de pouvoir dire Ok, comment ça se passe dans votre vie, dans votre couple ? Est-ce que vous êtes heureuse, épanouie ? Est-ce que vous mettez en place du temps pour vous, pour déstresser ? Voilà, ça aussi, c'est quelque chose que je mets en place dans ma vie. C'est vraiment des fenêtres pour... pour repasser en wow, ok, même s'il y a eu des pics de cortisol dans la journée, vite, vite, il faut un moment fou pour calmer le système Toi,

  • Speaker #1

    t'aimerais bien que les médecins aient plus une approche intégrative, en fait, globale, prendre en charge l'ensemble, en fait.

  • Speaker #0

    Mais totalement, parce qu'on est un ensemble. On n'est pas une somme d'organes, on n'est pas un cœur plus un foie plus un poumon. On est un tout, et tout communique entre tout.

  • Speaker #1

    Et ce qui est triste, c'est que la plupart des médecins ou des soignants qui vont nous écouter, ils sont d'accord avec ça. mais le système de soins cette espèce d'activité effrénée on est pris par le temps et effectivement on aimerait bien des fois pouvoir faire une prise en charge globale intégrative, il faudrait parfois prendre 45 minutes une heure avec les patients mais quand t'as 15 minutes que le téléphone il sonne et que derrière t'as une urgence et en fait tu te retrouves avec finalement cet échange qui n'a pas lieu et des personnes qui se disent bon bah non je vais me débrouiller toute seule

  • Speaker #0

    Non, et puis je l'entends. Je veux dire, moi aussi, je devais être tous les jours au cabinet, avoir, je ne sais pas, 12, 15 personnes dans la journée, des urgences, des trucs. Au bout d'un moment, en fait, les gens, tu ne les vois plus comme des gens. Tu les vois comme des personnes qui viennent avec une liste de symptômes. Tu regardes dans ta grille, OK, les symptômes, ça correspond à ça. On va prescrire tel traitement, tel dosage, parce que c'est ce qu'il faut pour cette personne-là. Et basta, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la complexité du métier, oui.

  • Speaker #0

    effectivement donc moi en soi je blâme personne et moi je suis pour au contraire qu'il y ait vraiment un dialogue qui se fasse justement avec le monde médical que les dermatologues en fait s'ouvrent entre guillemets à l'acné positif dans le sens où il faut essayer de comprendre les causes et aller s'intéresser au psychologique non mais c'est pour ça que c'est intéressant et que la tendance elle est bonne actuellement parce qu'effectivement il y a un rôle de plus en plus important des associations

  • Speaker #1

    et de personnes comme toi qui s'investissent. Et effectivement, à mon avis, la solution, elle viendra probablement aussi de là. Toi, maintenant, comment ça se passe ? Tu as encore des poussées d'acné ?

  • Speaker #0

    Ça m'arrive justement en fonction de ma vie et notamment en fonction des moments, on va dire, difficiles que je peux vivre. Et je l'ai encore constaté en fin d'année. Je n'avais plus d'acné depuis 2022. Et là, en octobre, j'ai eu, on va dire, deux coups durs. Et ça m'a vraiment... mise mal. Et là, paf, j'ai eu genre trois, quatre poussées inflammatoires. Vraiment, je fais la distinction entre les petits boutons qu'on peut avoir quand on a trop mangé ou trop bu d'alcool, des choses comme ça. Et là, c'est vraiment profond, inflammatoire, lié à des trucs de stress. Effectivement, quand j'ai commencé à vraiment mettre en place des routines pour me dire, OK. je vais prendre soin de moi, je vais être mon propre parent sur ce sujet-là parce que là, je ne vais pas bien, il faut que je m'occupe de moi. Et bien là, pouf, la peau qui commence à aller mieux.

  • Speaker #1

    Oui, c'est incroyable. Mais tu sais, ça s'est étudié par exemple entre l'hypnose et les gens qui ont des colopathies fonctionnelles. Et ça, c'est démontré scientifiquement. C'est-à-dire que l'hypnose et l'auto-hypnose aident les personnes qui ont des symptômes douloureux digestifs dans l'intestin irritable, en fait. Et donc, si ça marche pour ça, ça marche pour d'autres pathologies, très probablement.

  • Speaker #0

    Oui, et puis il n'y a pas qu'une thérapie en plus qui est utile. Moi, je me suis formée à la psychotraumatologie, justement suite à tout ça, parce que j'avais fait des programmes d'accompagnement, en plus d'avoir écrit mon livre, pour aider au niveau du moral. Et justement, j'ai eu des super résultats. Les femmes qui avaient vraiment... J'ai même eu des photos avant-après, où avant le programme de 28 jours, elle avait des boutons, et après les 28 jours, plus de boutons. Et elle n'avait rien changé d'autre à part le fait de suivre tous les jours ce que je... conseillé de mettre en place au niveau de la santé mentale. Et donc, ça fonctionne. Enfin, il y a vraiment un lien très, très fort. Mais je me suis rendue compte aussi, en partageant mon histoire, qu'il y avait des personnes qui me disaient Oh, wow, j'ai pris conscience que, moi, mon acné est arrivé après un viol que j'ai subi il y a cinq ans. C'est la première fois que je fais le lien entre les deux, merci. Et puis après, j'ai su que la peau allait mieux, en fait, d'avoir pris conscience de ça. Mais je sais aussi qu'il y a des personnes qui avaient déjà fait le lien, mais où la peau n'allait pas mieux. Et donc je m'étais dit, mince, pour ces personnes-là, il faut que j'ai des outils thérapeutiques vraiment pour les accompagner et aller plus loin. Et c'est comme ça que je me suis formée à la psychotraumatologie, parce que je suis absolument convaincue que si on veut soigner la peau, il faut soigner les traumatismes, le stress, les émotions qu'on a.

  • Speaker #1

    Tu t'es formée à la psychotraumatologie, qu'est-ce que tu as fait comme formation ?

  • Speaker #0

    C'est une formation avec un institut canadien qui mélange en fait de la psychologie et de la biologie. cellulaire, puisqu'on sait aujourd'hui que les traumatismes vraiment ont une réalité biologique dans l'épigénétique, et que ça modifie l'expression des gènes qui vont s'activer et pas s'activer, bien s'exprimer ou pas, et que c'est possible de les guérir, en fait, réellement.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux hommes et aux femmes qui traversent la même chose que toi, qui passent par des périodes d'acné très sévères ?

  • Speaker #0

    Je leur conseillerais de pas rester seule, de pas faire comme moi, surtout faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Parce que moi, j'ai eu un parcours qui a été très solitaire. J'ai cherché beaucoup de choses par moi-même. Je veux dire, je n'ai pas été seule dans le sens où je suis allée voir des praticiens en énergétique, en médecine chinoise traditionnelle, de l'éthiopathie, de l'ostéopathie. Moi, mon conseil, c'est faites-vous accompagner. Ne soyez pas seule. Et par qui ? Bah du coup...

  • Speaker #1

    Tu peux venir là.

  • Speaker #0

    La version officielle, c'est oui, aller voir un dermatologue. Mais si j'ai envie d'être honnête, aller voir un naturopathe qui est bon. Un bon naturopathe, déjà, ce sera vraiment bien.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien qu'on parle un peu de l'accompagnement des proches. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux proches d'une personne qui a une acné sévère, voire très sévère ? Je pense aux compagnons, à la compagne, aux parents, frères et sœurs.

  • Speaker #0

    Je pense qu'un conseil, c'est déjà d'éviter de faire des commentaires sur la peau, parce que ça semble... basique à dire, mais c'est loin de l'être, vu tous les retours que j'ai, et moi-même, de ma propre expérience. Parce que comme le visage, c'est quand même la partie du corps qu'on voit le plus, et en premier, chez autrui, quand on voit la famille qu'on ne s'est pas vues depuis trois mois, on va dire Ah, mais qu'est-ce qui t'est passé ? Pourquoi t'as des boutons ? Bon, ça, on arrête, parce que ça, clairement, ça n'aide pas. Parce qu'on a conscience qu'on a des boutons, on se voit, on a un miroir chez soi, et on souffre de ça, donc ce n'est pas la peine de le faire remarquer. Et après, on va dire dans le cadre plus intime des personnes qui vont nous voir plus souvent, par exemple le conjoint, ça serait d'ouvrir un dialogue sur ça, parce que généralement, on a honte d'en parler et de dire, écoute chérie, moi je me sens pas désirable, je me sens moche, j'ai peur que tu m'aimes plus, j'ai peur que tu me quittes parce que je suis moche. Et d'ouvrir un dialogue sur ça et de rassurer, de dire non. Ça change rien, c'est pas je t'aime pas pour ta police, parce que t'as des petits portes tout resserrées, voilà, je t'aime pour d'autres choses, etc. Et d'être dans une écoute, en fait, tout simplement, parce que je sais aussi que parfois, des personnes essayent d'être bienveillantes, mais vont avoir tendance à nier la réalité de la personne, c'est-à-dire à dire, oh mais... c'est rien, c'est que d'écouter Ah, mais t'es belle quand même, de toute façon, c'est rien. Alors que nous, on en souffre. Et donc, d'écouter, de dire Ah ouais, ok, je comprends que ce soit difficile à vivre pour toi. Ok, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, pour t'accompagner ? De quoi tu as besoin, toi ? Parce que, au final, on a tous besoin de choses différentes. Bien sûr. Et donc, je pense que le mieux, en fait, c'est tout simplement d'écouter, d'être dans l'écoute, de dire Ok, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Je peux être un soutien pour toi ?

  • Speaker #1

    Être à la disposition. Exactement. La bonne posture. Ok. Anne, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?

  • Speaker #0

    de propager l'acné positif parce que je pense que ça peut aider beaucoup de personnes Anne,

  • Speaker #1

    c'était vraiment hyper intéressant je te remercie mille fois pour ton intervention et puis je te souhaite le meilleur pour la suite merci beaucoup de m'avoir invitée je te dis à bientôt merci à toutes et à tous de nous avoir suivis n'hésitez pas à partager cet épisode j'espère que la parole d'Anne vous a autant aidé que moi à comprendre cette pathologie Je la remercie encore vivement de nous avoir confié son histoire. Pour compléter son témoignage, nous avons sollicité l'éclairage d'une experte. Découvrez notre échange sur l'acné la semaine prochaine. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous recommande l'association France 3A et le site dermato-info.fr. Merci. On se retrouve dans deux semaines, même jour, même heure, pour entendre une autre histoire de passion. En attendant, je vous dis à très vite et surtout, prenez soin de vous !

Description

Comment avoir confiance en soi quand l’acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l’acné quand on a 30 ans ?

Pour 80% d’entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l’adolescence. Sauf que l’acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique.  


Aujourd’hui dans « Patients » on va parler d’un sujet qui touche plus de 200 000 personnes en France : l’acné sévère.

Pour aller plus loin : 

Vous pouvez suivre Anne sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/acne__positive/?hl=fr

Vous souffrez d’acné sévère et vous souhaitez en parler avec un médecin généraliste ou spécialiste ? 
Nos médecins sont à votre écoute.


*Ce podcast recueille des témoignages personnels qui peuvent heurter votre sensibilité. Nous vous rappelons que ces récits représentent le vécu de nos invités et ne sont pas nécessairement représentatifs de notre point de vue.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Ce podcast vous est proposé par la plateforme Livi.

  • Speaker #1

    Bonjour, je m'appelle César Ancel-Ancel. Je suis médecin généraliste et urgentiste. Bienvenue dans Patient, saison 2.

  • Speaker #0

    Anne et l'acné sévère.

  • Speaker #1

    Sur le visage et parfois sur le dos, pour 80% d'entre nous, l'acné a fait partie de notre quotidien à l'adolescence. Sauf que l'acné ne consiste pas toujours en quelques boutons transitoires. Elle peut engendrer des séquelles esthétiques importantes et avoir un retentissement psychique. On estime que sur les 6 millions de personnes avec de l'acné en France, 200 000 sont touchées par une forme sévère. Et parmi eux des ados, mais aussi des adultes. Alors comment avoir confiance en soi quand l'acné commence à prendre trop de place ? Comment vivre avec l'acné ? Quand on a 30 ans. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Anne, qui va nous raconter son histoire. Bonjour Anne.

  • Speaker #0

    Bonjour César.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que je peux te tutoyer ?

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #1

    Bon, Anne, comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Ça va très très bien.

  • Speaker #1

    Anne, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

  • Speaker #0

    Oui, alors je suis Anne, j'ai 30 ans, je suis créatrice de contenu et thérapeute en psychotraumatologie.

  • Speaker #1

    Anne, je suis vraiment ravi de te recevoir aujourd'hui. Dans cet épisode de Patients, tu vas nous raconter ton quotidien avec l'acné sévère. Est-ce que tu peux me parler de l'acné sévère ?

  • Speaker #0

    Oui, je peux en parler puisque j'en ai souffert pendant plusieurs années. Pour ma part, j'ai eu de l'acné sévère à l'âge adulte, alors qu'on pense que l'acné, c'est souvent quelque chose d'adolescent. Mais moi, dans mon cas, c'est à partir de 24 ans que j'ai vraiment eu énormément d'acné. Du coup, ça a été une acné sévère que j'ai eue vraiment sur tout le visage, du front au menton, même un peu dans le cou. et ça a perduré pendant plusieurs années. Petit à petit, j'ai trouvé des solutions, des choses qui m'ont aidée, qui ont fait qu'aujourd'hui, je suis guérie.

  • Speaker #1

    On va revenir un peu sur l'histoire, c'est-à-dire comment ça s'est passé. C'est une acné qui a commencé... On va le rappeler, il y a différents types d'acné. Une acné légère a des acnés très sévères. Elle était localisée où, cette acné ?

  • Speaker #0

    L'acné à l'adolescence, c'était sur le visage. Et l'acné au moment de l'âge adulte, c'était aussi sur le visage. Je n'ai jamais vraiment eu d'acné, moi, ailleurs. je veux dire légèrement un peu sur la poitrine de temps en temps, mais c'était vraiment localisé sur le visage.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc pas d'atteinte du dos ou d'autres parties du corps. Et à partir de quel moment tu as entendu parler du terme d'acné sévère ? Qui est-ce qui a qualifié cet acné de sévère ?

  • Speaker #0

    C'est moi qui l'ai auto-qualifié sévère. Enfin, j'ai vu une dermato il y a pas mal d'années maintenant qui m'avait proposé de faire un traitement à l'isotrétinoïne. Donc moi, je me suis auto-qualifiée d'acné sévère puisque c'était le seul traitement qu'elle pouvait me conseiller étant donné que j'avais en fait tout testé dans la panoplie allopathique.

  • Speaker #1

    Tu vois un médecin généraliste d'abord ou tu commences directement par un avis dermatologique ?

  • Speaker #0

    Alors à l'adolescence, comme j'avais 15-16 ans, j'étais avec mes parents, donc on est allé voir une dermatologue là où je vivais. Et puis voilà, on a juste vu la dermatologue et je l'ai vue pendant plusieurs années, pendant au moins 5 ans. Et après, j'ai vu une autre dermatologue sur Bordeaux quand j'ai déménagé. Et celle qui m'a proposé l'isotrétinoïne et que j'ai du coup refusé.

  • Speaker #1

    Tu n'as pas eu d'autres traitements auparavant ? Des crèmes, des comprimés, des choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Si, si. En fait, quand j'ai commencé à avoir la dermatologie à l'adolescence, on a commencé par une cure de zinc, des crèmes en application locale, etc. Et puis, comme ça ne faisait rien, on s'est fait de l'apule. Ça ne marchait pas ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    D'accord. Non, non. C'est pour ça, petit à petit, on a augmenté les... les outils à disposition. Donc, on est passé du zinc à la pilule. Et puis, la pilule, ça ne faisait rien. Donc, on est passé à des hormones anti-androgènes, de l'endrocure, et des antibiotiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    J'ai pris la tolexine aussi. Donc là, j'avais tout ça en même temps.

  • Speaker #1

    D'accord. Et ça, ça ne changeait rien ?

  • Speaker #0

    Et là, oui. Là, j'avais une peau de bébé. Là, oui, je n'avais plus du tout de boutons. On me félicitait sur la peau toute lisse de bébé que j'avais quand j'étais dans la petite vingtaine. Et puis un jour, il a fallu arrêter les traitements parce qu'on ne peut pas prendre ça à vie.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'au niveau de ces traitements, qu'ils soient locaux ou en comprimés, tu avais des effets secondaires ?

  • Speaker #0

    En fait, je pense que les plus gros effets secondaires que j'ai eus, c'était avec la pilule contraceptive que j'ai découvert quand je l'ai arrêtée. En fait, quand on prend la pilule extrêmement jeune, on ne connaît pas son corps, son fonctionnement. On a tout juste notre cycle menstruel. Donc, on ne se connaît pas. Le corps est en train de faire toutes les connexions entre le cerveau, les ovaires, etc. Et quand j'ai arrêté la pilule, c'est là que je fais Waouh ! Mais en fait, il y a plein de trucs que je pensais qui étaient moi, mais en fait, qui ne sont pas moi.

  • Speaker #1

    T'as senti un changement ?

  • Speaker #0

    Ah ouais, la personnalité, c'est le jour et la nuit. Au niveau de la gestion des émotions, j'avais un petit côté pas paranoïaque, mais un peu, je sais pas, genre tout le monde est contre moi, hyper sensible.

  • Speaker #1

    Et ça, tu l'attribues à quoi ? Alors plutôt à la contraception, à la pilule ?

  • Speaker #0

    Ouais, totalement, parce que quand j'ai arrêté, plus rien.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je commençais aussi à avoir des douleurs quand j'allais avoir mes règles, même si ce n'était pas des vraies règles, quand on prend la pilule. Mais je commençais à avoir des douleurs, je commençais à avoir des phases vraiment de dépression, presque. Je venais à pleurer sans raison.

  • Speaker #1

    Là, tu avais dans la vingtaine.

  • Speaker #0

    Oui, là, j'avais dans la vingtaine.

  • Speaker #1

    Et ça a duré combien de temps, ces effets secondaires ? Cette réaction psy, ça a duré combien de temps ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas, je pense que le côté, on va dire, un peu sévère, genre vraiment, je me mets à pleurer pour rien, sans raison, des trucs comme ça, ça a dû durer, je ne sais pas, une année, je pense.

  • Speaker #1

    Une année quand même. Et tu étais quoi, étudiante à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, j'étais étudiante,

  • Speaker #1

    oui. Et alors, comment tu gérais ça ?

  • Speaker #0

    Comme font toutes les femmes, on prend sur nous et on se tait.

  • Speaker #1

    Ce que je veux dire, c'est que tu n'en as pas parlé à un moment donné à un médecin ou à un psychologue ?

  • Speaker #0

    Ah ben non. Non, parce qu'en fait, je ne me suis jamais connue sans la pilule, vraiment, je ne pouvais pas savoir que c'était... lié à un truc que je prenais. Je pensais que c'était moi qui avais un problème. Donc, je n'allais pas voir quelqu'un pour dire bonjour. En fait, des fois, je pleure toute seule.

  • Speaker #1

    Pour toi, ça faisait partie de ta personnalité, quasiment. Exactement. D'accord. Et c'est au moment où tu arrêtes cette contraception...

  • Speaker #0

    Je me rends compte que pas du tout. Je ne suis pas quelqu'un de dépressif. Je ne sais pas. La vie est cool. Je ne suis pas parano. Je peux avoir confiance en moi, en la vie, en plein de trucs.

  • Speaker #1

    Donc, tu arrêtes ce traitement. J'essaie de reprendre un peu la chronologie.

  • Speaker #0

    En fait, ça ne s'est pas fait d'un coup. J'ai arrêté les traitements. Je prenais des antibiotiques et des hormones antiandrogènes. Et ça, je les ai arrêtés avant l'arrêt de la pilule. La pilule, j'ai arrêtée quand j'ai eu 23-24 ans.

  • Speaker #1

    Au moment où l'acné redémarre ?

  • Speaker #0

    Avant que l'acné redémarre, vraiment. Parce que j'ai eu un gros choc émotionnel quand j'ai eu 23 ans. J'ai perdu mon papa. Et du coup, c'est ça qui a fait que j'ai voulu arrêter la pilule. Parce que je me suis renseignée. Personne, aucun médecin ne m'a dit Ah bah oui, si votre papa est mort d'un AVC, il vaudrait mieux arrêter la pilule parce que ça peut augmenter... Oui, décider d'un AVC.

  • Speaker #1

    Oui. Et qu'est-ce que tu découvres, en fait, sur la contraception et l'AVC ?

  • Speaker #0

    Je découvre que c'est pas compatible. En fait, si on a des antécédents d'AVC dans sa famille, ben... La pilule augmente les risques d'avoir soi-même un AVC, donc j'ai dit non. Mais en fait, ça augmente les risques de plein de choses, c'est juste qu'on ne le sait pas. Et c'est justement pourquoi je suis un petit peu en colère vis-à-vis de tout ça, c'est qu'on ne m'a jamais prévenu des effets secondaires, vraiment de tout ce que ça peut impliquer justement de prendre la pilule. On m'a prescrit la pilule quand j'étais adolescente, que j'y connaissais rien à rien. et sans me dire, justement, peut-être que tu ne vas pas avoir ta vraie personnalité, tu vas avoir les seins qui vont gonfler énormément. Quand j'ai arrêté la pilule, ça aussi, c'est un des effets secondaires, j'ai perdu la moitié de ma poitrine. Donc voilà, ça en soi, ce n'était pas gênant, mais c'est juste, il y a plein de choses qu'on pense qui sont nous, et en fait, non, qui sont juste l'effet d'hormones synthétiques qu'on prend. Donc je suis allée voir ma gynéco, j'ai dit, bonjour, je voudrais arrêter de prendre la pilule, parce que mon père est mort d'un AVC. et je suis passée à une contraception stérilée au cuivre sans hormones. D'accord. Mais j'avais déjà arrêté tous les autres traitements pour la peau.

  • Speaker #1

    Et donc, est-ce que tu peux me raconter comment l'acné est revenu ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Je pense que c'est revenu un petit peu progressivement. Déjà, ça revenait quand j'ai arrêté les traitements. C'est pour ça aussi que je me suis totalement détournée des traitements allopathiques, parce que comme j'ai pris pendant cinq ans des hormones anti-androgènes, la pilule en plus, un antibiotique, Quand j'arrête le traitement, je me dis, là, normalement, il ne devrait plus y avoir de boutons. Et quand, petit à petit, j'ai réduit les doses jusqu'à arrêter tout et que l'acné revient, et même limite plus qu'avant que je commence les traitements, je me dis, ce n'est pas un traitement, ça n'a pas soigné. Donc, il faut trouver la cause et creuser ça. Et donc, oui, je l'ai tout arrêté. Et quand mon papa est décédé, j'ai refoulé mes émotions totalement. Ça a été extrêmement difficile pour moi de vivre ce décès. Et en fait, quand j'ai arrêté la pilule, cinq, six mois après, j'ai eu vraiment une explosion de l'acné. C'était pile un an après le décès de mon papa, donc c'était vraiment le petit rappel de Eh oh, il faut s'occuper de ton deuil, il ne faut pas mettre les émotions sous le tapis. Et donc ma peau, en fait, a vraiment pris le relais de mes émotions et j'ai explosé littéralement au niveau de la peau.

  • Speaker #1

    Tu parlais de traitement allopathique. Qu'est-ce que c'est un traitement allopathique ?

  • Speaker #0

    Un traitement avec des trucs synthétiques. des molécules faites en laboratoire synthétique.

  • Speaker #1

    Et donc, suite à ce deuil, est-ce que tu es accompagnée ? Est-ce que tu, à part tes proches, j'imagine, mais est-ce que tu bénéficies d'un accompagnement par médecin, psychologue ? Est-ce qu'on te donne des conseils à ce niveau-là ?

  • Speaker #0

    Je suis allée voir une éthiopathe, et je crois que c'est elle qui m'avait conseillé d'aller voir une psychologue, justement, qui m'a dit Waouh, t'as des choses à sortir, là. Il faut que tu parles, parce qu'elle sentait bien que je retenais tout en moi. Donc c'est elle qui m'a dit Ce serait bien que tu ailles voir une psychologue, j'en connais une sur Bordeaux, puisque je vivais là-bas à l'époque. Et j'ai décidé d'y aller. Et donc là, ça m'a fait beaucoup de bien de pouvoir justement parler, parce qu'on n'a pas envie, quand on vit un deuil, je pense que les personnes qui ont perdu quelqu'un, pour pouvoir s'identifier, on n'a pas envie de déranger ses proches.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord.

  • Speaker #0

    Parce que ce n'est pas des professionnels de la santé mentale. Et puis il y a des choses qu'on n'a pas envie de dire, en fait, à des amis ou de la famille. Puis moi, dans mon cas, je suis enfant unique. Donc je n'avais pas envie de rendre triste ma maman en plus.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je sais que je conditionne pas mal son bonheur. Et si elle voit sa fille triste, ça la rend triste. Et je n'avais pas envie, moi... Je prenais beaucoup de responsabilités sur le fait de vouloir que ma maman soit bien et de ne pas vouloir ajouter en plus à sa peine d'avoir perdu mon papa. Donc j'ai beaucoup pris sur moi et j'ai essayé de cacher au maximum ma détresse. que ce soit à mon copain, que ce soit à maman ou aux gens autour. Donc, j'étais pas mal isolée. Et je faisais donc les séances de psy. Et j'ai déménagé à Londres avec mon copain. Et donc, j'ai arrêté de voir la psy. Et donc là, j'étais vraiment hyper isolée parce que je recommençais une nouvelle vie. Je ne connaissais personne dans cette grande ville. Et donc, j'étais très isolée. C'est pour ça que là, j'ai eu, je pense, cette explosion pour le premier anniversaire du décès de mon papa.

  • Speaker #1

    Et alors, c'est quoi une acné qui explose au visage ? Qu'est-ce que ça donne ?

  • Speaker #0

    On a tellement de boutons que ça fait presque des plaques sur le visage, avec des pustules. Les pustules, c'est des boutons avec du pus dedans qui sont blancs. Des boutons rouges, donc plutôt des papules, des kystes, donc des boules douloureuses sous la peau, au niveau du menton. C'est là aussi où je l'ai considéré sévère, c'est quand c'est une acné qui est douloureuse même physiquement. Quand on est sur l'oreiller, qu'on a le... la peau qui touche l'oreiller, que ça appuie sur les zones, comme ça, sur les kystes et tout.

  • Speaker #1

    C'est une poussée d'acné que tu n'avais jamais eue ?

  • Speaker #0

    Non, je n'ai jamais eu une poussée comme ça de ma vie. Franchement,

  • Speaker #1

    c'est... Quand tu nous en parles, donc ça touchait tout le visage avec effectivement des lésions que tu qualifies un peu d'inflammatoires, qui étaient rouges, des lésions...

  • Speaker #0

    J'avais le visage vraiment rouge. J'ai documenté mon parcours, donc j'ai la chance d'avoir plein de témoignages et de photos de ce moment-là. J'ai osé me prendre en photo, alors que c'était extrêmement douloureux pour moi de me voir comme ça et d'immortaliser ces moments-là. Mais ouais, j'ai vraiment le visage rouge et puis ça fait presque comme des plaques, on ne peut même plus compter combien on a de boutons, c'est des plaques. Vraiment, je n'avais pas d'autres mots que de me dire je suis monstrueuse Et ça a impacté ma joie de vivre, mon côté social, etc. Et puis j'ai dû me forcer en fait, faire genre non, non, c'est pas grave, je m'en fiche pour avoir des interactions sociales. parce que sinon, jamais de ma vie, j'aurais voulu sortir et qu'on me voit dans cet état.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien revenir sur l'impact quotidien, en fait. Parce que c'est vrai que je pense qu'on a tous été un peu touchés par l'acné quand on était adolescents, mais une acné sévère, c'est autre chose. C'est vraiment, pour le coup, être défiguré, avoir ces douleurs. Comment ça se passait dans ton quotidien, dans les interactions avec tes amis, au niveau du travail ? Est-ce que tu peux nous décrire ?

  • Speaker #0

    C'était très, très difficile à vivre. C'était une obsession, en fait, pour moi, ma peau. Je me levais le matin, le premier truc auquel je pensais, c'était ma peau. C'était, ok, il faut que j'aille voir, est-ce que j'ai des nouveaux boutons ? Est-ce que le produit que j'ai essayé la veille a fait effet ? Est-ce que ça s'est réduit ? Et voilà, tu passes beaucoup de temps à te regarder, à scruter ta peau. Tu sais exactement quelle taille ont les lésions, où elles sont, comment c'est. Et t'es obsédée par ça, quoi. Moi, à ce moment-là, en fait, j'ai décidé que je voulais comprendre pourquoi j'avais de l'acné. Et donc, je passais mon temps à égréner Internet, à rechercher des témoignages à l'étranger, aux États-Unis, au UK, pour essayer de comprendre, de voir d'autres personnes qui sont passées par là et des choses qu'elles ont pu essayer pour les essayer moi-même. Donc, petit à petit, j'ai changé ma façon de vivre, mon hygiène de vie, mon alimentation, etc. Mais c'est vraiment devenu une obsession et je me détestais. Vraiment, c'était très, très, très douloureux de me regarder. Je n'aimais pas ce que je voyais. Et en fait, c'est un impact dans tout, parce que dans nos interactions sociales, on va avoir tendance à peut-être parler aux gens en montrant une joue où on a moins d'acné que l'autre. Je passais beaucoup, beaucoup de temps à maquiller l'acné aussi, à essayer de camoufler avec différentes couches de correcteurs, de fonds de teint, etc. Même si au final, je savais que ça se voyait, parce que j'étais tellement marquée qu'on voyait bien les reliefs de la peau. Même si on met du maquillage, on ne peut pas cacher le relief, mais au moins cacher les rougeurs, les pustules, etc. Puis ça nous impacte dans la vie intime aussi. Moi, à ce moment-là, j'étais en couple, et je sais que je ne me sentais pas désirable. Par exemple, quand on a un rapport sexuel, c'est pareil, on va se dire, on va peut-être privilégier telle position pour que l'autre ne nous voit pas, qu'il ne voit pas le visage. Ou justement, je vais plutôt montrer tel côté du visage parce que là, j'ai un peu moins de boutons. Et on est dans l'hyper contrôle, et on se dit juste que l'autre nous voit comme on se voit nous, c'est-à-dire horrible. pas désirables.

  • Speaker #1

    Donc, un impact majeur sur toutes tes interactions sociales, finalement. Et donc, j'imagine qu'au bout de plusieurs semaines, ça commence à te taper sur le système. Tu t'as senti que ton moral, il chutait avec cette acné ? Ah oui,

  • Speaker #0

    totalement. Ça m'a vraiment impacté moralement. Et c'est pour ça qu'au bout d'un moment, j'ai pris la décision de me dire, peut-être que j'aurai de l'acné toute ma vie, peut-être que j'aurai de l'acné jusqu'à mes 99 ans. Mais attends,

  • Speaker #1

    je me permets de t'interrompre. À ce moment-là, tu ne revois pas un ou une dermatologue ? Non. Non, pourquoi ?

  • Speaker #0

    Parce que comme j'avais déjà pris pendant 5 ans des médicaments...

  • Speaker #1

    C'était fini ?

  • Speaker #0

    Oui, c'était fini, oui.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Comme j'ai vu une autre dermatologue qui m'avait juste dit... qui m'avait un peu choquée, c'était la première fois qu'on se voyait, elle ne m'a demandé aucun truc sur qu'est-ce que je mange, c'est quoi mon hygiène de vie, qu'est-ce que je vis, qu'est-ce que... Enfin, rien, juste, ah, vous avez déjà pris ça, ça, ça comme traitement, bon ben, l'isotrétinoïne,

  • Speaker #1

    voilà. Oui, tu aurais bien aimé avoir ses réponses sur ton mode de vie, finalement.

  • Speaker #0

    J'aurais bien aimé, en fait, quelqu'un qui cherche les causes de l'acné, tout simplement. J'aurais aimé un docteur, un dermatologue, qui me dise, OK, il y a une raison pour laquelle votre corps réagit. Peut-être qu'il y a un déséquilibre hormonal, peut-être qu'il y a une infection au niveau des intestins.

  • Speaker #1

    On n'a pas cherché au niveau hormonal, on n'a rien cherché. Pas de prise de sang, de choses comme ça ?

  • Speaker #0

    Non, probablement que j'ai dû faire des prises de sang, les trucs classiques avec les triglycérides pour la pilule, les choses comme ça, mais pas vraiment...

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Ouais, d'accord. En fait, ce que tu décris, c'est qu'effectivement, il y a des recommandations pour les prises en charge de l'acné. mais les patients ne sont pas censés les connaître, les recommandations. Et notamment vis-à-vis de l'alimentation, ce n'est pas très clair l'alimentation et l'acné. Là, il y a quelques études qui sont sorties sur les régimes, sur l'alimentation à fort index glycémique, mais ce n'est pas encore validé. Mais toi, tu aurais bien aimé... qu'on puisse aborder tous ces aspects concernant ton mode de vie, et ça, ça n'a pas été abordé.

  • Speaker #0

    Non, mais même outre le mode de vie, juste de comprendre qu'il y a une raison pour laquelle on a de l'acné, que ce n'est pas comme ça, ça ne tombe pas du ciel, que c'est multifactoriel aussi, et surtout qu'on ait envie de comprendre. La première dermatologue que j'ai vue, elle était plutôt dans cette démarche-là, mais je pense qu'elle manquait juste d'informations, parce qu'elle, elle était quand même à l'écoute, et puis plutôt tournée sur le naturel, à ne pas vouloir faire des trucs trop... trop hardcore, on va dire, en termes de traitement, si ce n'est pas nécessaire. Et c'est la première, en 2013, qui m'avait dit, justement, il y a des études qui montrent que les produits laitiers, ça aggrave l'acné, donc je vous conseille de réduire le lait, parce que je consommais énormément de lait à cette époque-là. Donc c'est à partir de 2013 que j'ai arrêté de prendre un grand bol de lait le matin au petit-déj. Donc elle, elle était déjà plus dans cette démarche-là, mais elle manquait, je pense, d'informations pour vraiment aller au bout et pouvoir me guérir. Mais la dermatose suivante que j'ai vue, par contre, rien du tout.

  • Speaker #1

    Et donc, finalement, tu es amenée à te débrouiller toute seule.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Donc, tu vas faire tes recherches. C'est ça. Et alors, comment ça se passe ? Comment est-ce que tu trouves la solution à un moment donné ?

  • Speaker #0

    En fait, il n'y a pas deux solutions. Il n'y a pas LA solution. Comme c'est multifactoriel. En fait, aujourd'hui, je sais que quasiment chaque acné est unique. Peut-être qu'on reviendra dessus, mais l'aspect psychologique traumatisme est extrêmement important, le stress aussi. Et ça, c'est quelque chose que j'ai appris, c'est que si on met en place une bonne hygiène de vie, si à côté de ça, on continue à être extrêmement stressé ou qu'on a des traumatismes qu'on n'a pas gérés, on continuera à avoir de l'acné. Parce que tant que le corps est en mode survie, on ne peut pas guérir. Le corps, il est juste concentré à se dire, OK, comment on fait pour survivre, mais pas OK, comment on fait pour réparer telle chose, pour prendre soin de telle partie, pour se régénérer. Et ça, je pense que c'est un petit peu le secret que personne ne partage sur l'acné. C'est que si on veut guérir de l'acné, il faut vraiment s'occuper du psy. Parce que sinon, on pourra arrêter tous les produits laitiers, avoir une alimentation anti-inflammatoire, tout régler, entre guillemets, au niveau de l'hygiène de vie. mais continuer à avoir de l'acné parce qu'en fait, on ne se sent pas en sécurité.

  • Speaker #1

    Et donc toi, à un moment donné, tu as décidé de te prendre en charge au niveau du stress. Comment tu as fait ?

  • Speaker #0

    J'ai changé pas mal de choses dans ma vie. J'ai intégré la méditation, du yoga, faire du sport, pratiquer des affirmations positives, écouter beaucoup de vidéos positives, de motivation, essayer de m'entourer d'un environnement positif, bienveillant, et puis changer le discours que j'avais avec moi-même. Donc justement, un grand tournant qui a été dans mon parcours de l'acné, c'est de me dire que je vais accepter que j'ai de l'acné. Parce qu'en fait, à l'époque, je n'acceptais pas ma situation. Et un jour, j'ai dit Ok, j'accepte. Il y a des personnes qui ont d'autres choses, des handicaps, et qui doivent vivre avec, puisque c'est comme ça. Et moi, on va dire que mon handicap, c'est l'acné. Et donc, comment je fais pour être heureuse et épanouie dans ma vie en sachant que j'ai cette peau-là ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est quoi les choses que tu as découvertes qui t'ont changé au niveau des pratiques ?

  • Speaker #0

    Un jour... Quand j'ai pris la décision que j'aurais peut-être de l'acné toute ma vie, comme je n'arrivais pas de moi-même à me dire Bon, maintenant, je me dis que je m'aime, même si ce n'est pas vrai j'ai mis une feuille A4 sur mon miroir, là où je vivais, avec écrit Tu es belle et parce que j'étais pas capable de ne pas me dire des choses horribles, donc j'ai dit, bon, je vais arrêter de me regarder, donc je vais mettre ça, et à la place, je vais me prendre une affirmation positive plutôt que de me dire,

  • Speaker #1

    t'es moche. Donc tous les jours ?

  • Speaker #0

    Tous les jours, ouais. Je sais pas combien de temps j'ai laissé ça sur mon miroir, probablement pendant des semaines.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et finalement, ça m'a bien aidée. De plus me voir, et donc de plus être dans ce discours permanent et puis de me faire du mal, de me voir, d'être un peu désespérée devant ma peau comme ça, ça m'a fait beaucoup de bien au moral. Je pense qu'au final, au niveau de la peau, ça a apaisé aussi les choses.

  • Speaker #1

    L'acné, elle s'est apaisée au bout de combien de temps ?

  • Speaker #0

    Ça a pris pas mal de temps. Des années ? En fait, ça a été par phase. C'est-à-dire que, par exemple, quand j'ai arrêté les produits laitiers totalement, Là, j'ai vu une très grosse amélioration de ma peau. C'est-à-dire qu'en cinq mois, j'ai eu 80 d'acné en moins. Juste en arrêtant les produits laitiers, sans rien changer d'autre.

  • Speaker #1

    Ça, ça a été marquant, ça. Oui. D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc voilà, en fait, il y a eu des paliers comme ça. Il y a eu des moments où j'ai essayé des choses et hop, ça fonctionne, ça réduit. Par exemple, si j'ai pris du Gatillier à un moment. Parce que je travaille dans un magasin bio et...

  • Speaker #1

    C'est quoi le gâtillier ?

  • Speaker #0

    Le gâtillier, c'est une plante qui est faite pour réguler les hormones féminines.

  • Speaker #1

    Je ne savais pas.

  • Speaker #0

    Mais ce n'est pas à prendre à la légère, parce qu'il y a certains cas où c'est vraiment déconseillé, notamment si on est plutôt en mode SOPK. C'est vraiment évité.

  • Speaker #1

    Pour rappel, pour les gens qui nous écoutent, le SOPK... C'est le syndrome des ovaires polykystiques. Effectivement, c'est une pathologie hormonale avec des kystes au niveau des ovaires et qui peut être responsable via un mécanisme hormonal d'acné. Et c'est effectivement ce qu'on est amené à chercher très souvent chez les femmes qui ont une acné d'apparition tardive. C'est-à-dire qu'on a tendance à opposer l'acné qui survient chez l'adolescent et l'adulte jeune. de l'acné qui apparaît tardivement. Et c'est un signe, parfois, qui pousse à se dire, ah, est-ce que ce n'est pas une acné secondaire ? Et donc, est-ce qu'il n'y a pas un SOPK ? Voilà, ça, c'était un rappel. Et après, des mesures diététiques ou des traitements que tu t'es mis en place, donc tu nous parlais du gâtillier.

  • Speaker #0

    Du gâtillier, oui.

  • Speaker #1

    D'accord, donc le gâtillier, tu peux nous en dire un mot ?

  • Speaker #0

    Du coup, le gâtillier, c'est une plante qui est censée réguler les hormones, mais qui n'est pas à prendre à la légère.

  • Speaker #1

    Donc, il faut quand même avoir un avis médical là-dessus.

  • Speaker #0

    Ah bah oui, il ne faut pas le prendre tout seul. Mais moi, j'ai tout fait toute seule.

  • Speaker #1

    D'accord, ok.

  • Speaker #0

    Donc, je ne conseille pas ce que j'ai fait.

  • Speaker #1

    D'ailleurs, pour les gens qui nous écoutent, il doit y avoir peut-être des médecins, tout ça. Ne m'envoyez pas des lettres de menace, etc. C'est-à-dire que le podcast, il s'appelle Patient. Et donc, c'est la version, l'histoire du patient. Donc, voilà, effectivement. Donc, toi, c'est ce que tu as fait.

  • Speaker #0

    Et pour dire, moi, je n'ai rien contre le monde médical et j'aurais adoré être accompagnée dans le monde médical. Mais c'est qu'on m'a laissé tomber, quoi. Enfin, on m'a faillie. Et comme je pense beaucoup de personnes qui ont de l'acné, je le vois avec les milliers de conversations que j'ai eues depuis 2017 avec des femmes, je suis loin d'être la seule qui a été laissée tomber par le système médical au niveau de l'acné.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien en parler de ça. Tu me parles des milliers de conversations. Dis-en moi un peu plus là-dessus. C'est quoi les milliers de conversations ? Sur des forums ?

  • Speaker #0

    Non, sur mon compte Instagram.

  • Speaker #1

    Sur ton compte Instagram ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avais un compte Instagram à l'époque qui s'appelait Nothing But My Opinion. Et c'était à la base pour faire un Yuka des cosmétiques.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et ce qui s'est passé, c'est que parallèlement à ça, j'ai eu l'acné. Et à ce moment-là, je cherchais des façons de montrer que le maquillage naturel était aussi efficace que le maquillage conventionnel. Et je m'étais dit, tiens, quoi de mieux que de montrer... D'un côté, si je maquille ma peau avec de l'acné, avec du fond de teint conventionnel, et de l'autre avec du fond de teint naturel.

  • Speaker #1

    Mince, je suis nul aussi là-dedans. C'est quoi la différence entre maquillage naturel et conventionnel ?

  • Speaker #0

    La différence, c'est que naturel, ça va être avec des ingrédients qui sont naturels. Et conventionnel, ça va être de la pétrochimie, des choses synthétiques, des choses... Enfin, tout ce qui n'est pas naturel, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Avec des polluants, avec des perturbateurs endocriniens, des choses comme ça.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    des choses irritantes, pas bonnes pour la santé, la totale. Et d'ailleurs, les fonds de teint qui sont souvent très couvrants, c'est les pires en termes de composition. Et donc, je voulais vraiment montrer que le naturel, ça peut être aussi efficace. Et je m'étais dit, si je fais des photos de moi avec d'un côté du conventionnel, de l'autre du naturel, et qu'on voit que c'est pareil, le rendu, on va voir que c'est efficace.

  • Speaker #1

    Ça représente quoi comme budget ?

  • Speaker #0

    En fait, le budget maquillage, quand on a de l'acné, il est assez important. Mais en réalité, ce n'est pas forcément plus cher que le conventionnel. C'est aussi ce que je voulais mettre en avant via mon compte Instagram, c'était de montrer que oui, c'est naturel, c'est mieux en termes de composition pour la santé et pour l'environnement, mais en plus, c'est moins cher. Je faisais d'un côté que du maquillage conventionnel, de l'autre que du naturel, et je mettais aussi le prix du look des deux côtés, et en fait, c'était toujours plus cher du côté conventionnel. Donc, c'est moins cher.

  • Speaker #1

    Un ordre de prix ?

  • Speaker #0

    Par exemple, le fond de teint que j'avais, ça faisait peut-être trois mois et c'était une vingtaine d'euros le fond de teint. Ah bon ? Non, non.

  • Speaker #1

    Ah d'accord.

  • Speaker #0

    Non, mais c'est pour ça. Le naturel, ce n'est pas forcément des trucs hyper chers. Il faut juste trouver les bons produits et qui sont efficaces. Et voilà.

  • Speaker #1

    À la base, c'est un Instagram qui est, on va dire, plus cosmétique. Et après, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Il passe plus sur ce qui t'arrive, sur ta vie, sur ta façon de gérer ton acné, sur ta façon de gérer tes émotions. Tu peux nous raconter ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je montrais des photos de moi démaquillée, etc., j'ai eu beaucoup de retours très positifs, en fait, de femmes qui me remerciaient de me montrer telle que j'étais, peau nue. Et c'est vrai que c'est quelque chose, moi, qui me manquait à l'époque aussi. dans mon parcours de reconstruction, d'estime de moi, etc. Parce que je voyais des femmes aux États-Unis, en Angleterre, qui se montraient avec beaucoup d'acné, sans maquillage, et qui montraient des choses très positives, des messages qui m'ont beaucoup aidée. Et je ne voyais pas ça en France. Donc, en fait, je suis devenue ce que je voulais voir sur les réseaux. Et puis, petit à petit, est venu un jour... où j'ai entendu quelqu'un qui disait Ah, je suis allée voir un dermatologue pour ma fille qui a 16 ans et il lui a prescrit la pilule pour l'acné. Sans chercher aucune cause, rien. Juste, t'as 16 ans, t'as des boutons, pilule. Et en fait, ça m'a révoltée parce que c'est exactement ce que moi, j'avais vécu quelques années auparavant. Et je me suis dit Mais en fait, rien n'a changé. À ce moment-là, on est en 2019. Et je me suis dit Rien n'a changé, il faut que je fasse quelque chose. Et j'ai écrit un livre, enfin un e-book gratuit pour partager tout ce que j'avais appris moi sur l'acné.

  • Speaker #1

    C'est cette histoire-là qui t'a déclenché ça ? Oui.

  • Speaker #0

    D'accord. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit Wow, il ne s'est rien passé en fait, la médecine n'a pas évolué.

  • Speaker #1

    Tout en rappelant quand même que s'il y a une indication de contraception, on met une contraception spécifique. Mais si la personne n'est pas en demande de contraception, normalement, je te dis les recommandations, je ne te dis pas ce qui se fait en pratique, mais on n'est pas censé instaurer une contraception. Et bon, en gros, cet épisode... toi, tu t'es dit, surtout en plus avec l'histoire qui s'est passée avec ton père, etc., tu t'es dit, bon, moi, je vais m'investir là-dedans.

  • Speaker #0

    Exactement. Donc, j'ai écrit un e-book gratuit que j'ai envoyé manuellement à, je ne sais pas, peut-être 1 500 personnes.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Vraiment, il n'y avait pas de truc automatique comme aujourd'hui, là, où on met son mail et hop, on reçoit automatiquement une séquence de mails. Moi, c'est moi qui envoyais avec mes petites mains à toutes les personnes qui faisaient la demande de ce e-book par le biais de mon compte Instagram, en fait, que j'avais à ce moment-là. et un jour il y a quelqu'un qui m'a répondu et qui m'a dit waouh c'est super intéressant ça devrait être un livre et là je me suis dit mais là ça fait que 30 pages c'est pas un livre je me suis dit ok si c'était un livre qu'est-ce que j'aurais de plus à dire et puis là en fait je me suis mise à écrire non-stop et c'est arrivé à 124 pages et là je me suis dit ah bon bah là ça ressemble plus à un livre ah donc t'as fait un livre et j'ai écrit un livre En 2019, Acné Positive, oubliez tout ce que vous savez.

  • Speaker #1

    Que tu as édité, imprimé, tout ça ?

  • Speaker #0

    Que j'ai auto-édité moi-même et tout, j'ai fait un crowdfunding. C'est Et là, je viens de le rééditer. Cette fois-ci, il fait 289 pages.

  • Speaker #1

    Comment il s'appelle ton livre ?

  • Speaker #0

    Acné Positive. Dis-donc. Et donc là, j'ai réédité parce que j'ai énormément appris.

  • Speaker #1

    Sans intervention de dermatologue ou de médecin dans ton livre ?

  • Speaker #0

    Non. Mais j'adorerais ! Je lance un appel, s'il y a des dermatologues qui veulent rejoindre le mouvement d'acné positive, je suis hyper ouverte à ça.

  • Speaker #1

    Justement, en fait, ça c'est ma prochaine question, comment est-ce que tu penses que l'encadrement, justement, est suivi par le corps médical, il pourrait être amélioré ?

  • Speaker #0

    Eh bien déjà, d'écouter la personne et d'essayer de comprendre pourquoi elle a de l'acné. D'essayer vraiment de montrer qu'on est dans une démarche de Ok, je suis là. on va essayer de comprendre ce qui se passe. On va faire des tests.

  • Speaker #1

    C'est marrant ce que tu décris, parce que c'est quelque chose qu'on retrouve dans d'autres situations en médecine. Si tu veux, les médecins, on apprend selon la science, selon des études. Et après ces études, si ces études sont vraiment validées et costaudes, on va décider de faire des recommandations. Des recommandations de prise en charge. Et les médecins, en gros... ils sont censés respecter les recommandations. C'est-à-dire que, par exemple, pour certains dosages ou certains traitements, on va dire non, ça, ça ne marche pas ou ça, ça marche Le problème de ça, c'est que... Moi, je suis pour ça, personnellement. Mais le problème de ça, c'est que parfois, ça ferme la porte au dialogue entre les patients et les médecins. Et tu parlais du lait. Le lait, il y a énormément de gens qui décrivent une diminution de leur symptomatologie de pathologie inflammatoire. alors que ce n'est pas clairement démontré.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a des études quand même.

  • Speaker #1

    En fait, si tu veux, la difficulté, c'est qu'en plus des études, il y en a plein, mais des études qu'on peut retenir parce qu'elles ont une bonne méthode et parce qu'elles sont assez puissantes, ça, il n'y en a pas tant que ça, en fait. Et donc, il faut savoir trouver le juste milieu entre l'histoire de la personne, les études, etc. Et en fait, c'est souvent un problème de communication, ce que tu décris, en fait.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est ça, il n'y a pas le temps, en fait. Et je blâme personne en soi. Je veux dire, je sais qu'il y a une pénurie de dermatologues en France, que c'est très dur d'avoir un rendez-vous. Voilà, quand on a 15 minutes à passer avec chaque personne, effectivement, c'est compliqué de pouvoir dire Ok, comment ça se passe dans votre vie, dans votre couple ? Est-ce que vous êtes heureuse, épanouie ? Est-ce que vous mettez en place du temps pour vous, pour déstresser ? Voilà, ça aussi, c'est quelque chose que je mets en place dans ma vie. C'est vraiment des fenêtres pour... pour repasser en wow, ok, même s'il y a eu des pics de cortisol dans la journée, vite, vite, il faut un moment fou pour calmer le système Toi,

  • Speaker #1

    t'aimerais bien que les médecins aient plus une approche intégrative, en fait, globale, prendre en charge l'ensemble, en fait.

  • Speaker #0

    Mais totalement, parce qu'on est un ensemble. On n'est pas une somme d'organes, on n'est pas un cœur plus un foie plus un poumon. On est un tout, et tout communique entre tout.

  • Speaker #1

    Et ce qui est triste, c'est que la plupart des médecins ou des soignants qui vont nous écouter, ils sont d'accord avec ça. mais le système de soins cette espèce d'activité effrénée on est pris par le temps et effectivement on aimerait bien des fois pouvoir faire une prise en charge globale intégrative, il faudrait parfois prendre 45 minutes une heure avec les patients mais quand t'as 15 minutes que le téléphone il sonne et que derrière t'as une urgence et en fait tu te retrouves avec finalement cet échange qui n'a pas lieu et des personnes qui se disent bon bah non je vais me débrouiller toute seule

  • Speaker #0

    Non, et puis je l'entends. Je veux dire, moi aussi, je devais être tous les jours au cabinet, avoir, je ne sais pas, 12, 15 personnes dans la journée, des urgences, des trucs. Au bout d'un moment, en fait, les gens, tu ne les vois plus comme des gens. Tu les vois comme des personnes qui viennent avec une liste de symptômes. Tu regardes dans ta grille, OK, les symptômes, ça correspond à ça. On va prescrire tel traitement, tel dosage, parce que c'est ce qu'il faut pour cette personne-là. Et basta, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la complexité du métier, oui.

  • Speaker #0

    effectivement donc moi en soi je blâme personne et moi je suis pour au contraire qu'il y ait vraiment un dialogue qui se fasse justement avec le monde médical que les dermatologues en fait s'ouvrent entre guillemets à l'acné positif dans le sens où il faut essayer de comprendre les causes et aller s'intéresser au psychologique non mais c'est pour ça que c'est intéressant et que la tendance elle est bonne actuellement parce qu'effectivement il y a un rôle de plus en plus important des associations

  • Speaker #1

    et de personnes comme toi qui s'investissent. Et effectivement, à mon avis, la solution, elle viendra probablement aussi de là. Toi, maintenant, comment ça se passe ? Tu as encore des poussées d'acné ?

  • Speaker #0

    Ça m'arrive justement en fonction de ma vie et notamment en fonction des moments, on va dire, difficiles que je peux vivre. Et je l'ai encore constaté en fin d'année. Je n'avais plus d'acné depuis 2022. Et là, en octobre, j'ai eu, on va dire, deux coups durs. Et ça m'a vraiment... mise mal. Et là, paf, j'ai eu genre trois, quatre poussées inflammatoires. Vraiment, je fais la distinction entre les petits boutons qu'on peut avoir quand on a trop mangé ou trop bu d'alcool, des choses comme ça. Et là, c'est vraiment profond, inflammatoire, lié à des trucs de stress. Effectivement, quand j'ai commencé à vraiment mettre en place des routines pour me dire, OK. je vais prendre soin de moi, je vais être mon propre parent sur ce sujet-là parce que là, je ne vais pas bien, il faut que je m'occupe de moi. Et bien là, pouf, la peau qui commence à aller mieux.

  • Speaker #1

    Oui, c'est incroyable. Mais tu sais, ça s'est étudié par exemple entre l'hypnose et les gens qui ont des colopathies fonctionnelles. Et ça, c'est démontré scientifiquement. C'est-à-dire que l'hypnose et l'auto-hypnose aident les personnes qui ont des symptômes douloureux digestifs dans l'intestin irritable, en fait. Et donc, si ça marche pour ça, ça marche pour d'autres pathologies, très probablement.

  • Speaker #0

    Oui, et puis il n'y a pas qu'une thérapie en plus qui est utile. Moi, je me suis formée à la psychotraumatologie, justement suite à tout ça, parce que j'avais fait des programmes d'accompagnement, en plus d'avoir écrit mon livre, pour aider au niveau du moral. Et justement, j'ai eu des super résultats. Les femmes qui avaient vraiment... J'ai même eu des photos avant-après, où avant le programme de 28 jours, elle avait des boutons, et après les 28 jours, plus de boutons. Et elle n'avait rien changé d'autre à part le fait de suivre tous les jours ce que je... conseillé de mettre en place au niveau de la santé mentale. Et donc, ça fonctionne. Enfin, il y a vraiment un lien très, très fort. Mais je me suis rendue compte aussi, en partageant mon histoire, qu'il y avait des personnes qui me disaient Oh, wow, j'ai pris conscience que, moi, mon acné est arrivé après un viol que j'ai subi il y a cinq ans. C'est la première fois que je fais le lien entre les deux, merci. Et puis après, j'ai su que la peau allait mieux, en fait, d'avoir pris conscience de ça. Mais je sais aussi qu'il y a des personnes qui avaient déjà fait le lien, mais où la peau n'allait pas mieux. Et donc je m'étais dit, mince, pour ces personnes-là, il faut que j'ai des outils thérapeutiques vraiment pour les accompagner et aller plus loin. Et c'est comme ça que je me suis formée à la psychotraumatologie, parce que je suis absolument convaincue que si on veut soigner la peau, il faut soigner les traumatismes, le stress, les émotions qu'on a.

  • Speaker #1

    Tu t'es formée à la psychotraumatologie, qu'est-ce que tu as fait comme formation ?

  • Speaker #0

    C'est une formation avec un institut canadien qui mélange en fait de la psychologie et de la biologie. cellulaire, puisqu'on sait aujourd'hui que les traumatismes vraiment ont une réalité biologique dans l'épigénétique, et que ça modifie l'expression des gènes qui vont s'activer et pas s'activer, bien s'exprimer ou pas, et que c'est possible de les guérir, en fait, réellement.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux hommes et aux femmes qui traversent la même chose que toi, qui passent par des périodes d'acné très sévères ?

  • Speaker #0

    Je leur conseillerais de pas rester seule, de pas faire comme moi, surtout faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Parce que moi, j'ai eu un parcours qui a été très solitaire. J'ai cherché beaucoup de choses par moi-même. Je veux dire, je n'ai pas été seule dans le sens où je suis allée voir des praticiens en énergétique, en médecine chinoise traditionnelle, de l'éthiopathie, de l'ostéopathie. Moi, mon conseil, c'est faites-vous accompagner. Ne soyez pas seule. Et par qui ? Bah du coup...

  • Speaker #1

    Tu peux venir là.

  • Speaker #0

    La version officielle, c'est oui, aller voir un dermatologue. Mais si j'ai envie d'être honnête, aller voir un naturopathe qui est bon. Un bon naturopathe, déjà, ce sera vraiment bien.

  • Speaker #1

    J'aimerais bien qu'on parle un peu de l'accompagnement des proches. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux proches d'une personne qui a une acné sévère, voire très sévère ? Je pense aux compagnons, à la compagne, aux parents, frères et sœurs.

  • Speaker #0

    Je pense qu'un conseil, c'est déjà d'éviter de faire des commentaires sur la peau, parce que ça semble... basique à dire, mais c'est loin de l'être, vu tous les retours que j'ai, et moi-même, de ma propre expérience. Parce que comme le visage, c'est quand même la partie du corps qu'on voit le plus, et en premier, chez autrui, quand on voit la famille qu'on ne s'est pas vues depuis trois mois, on va dire Ah, mais qu'est-ce qui t'est passé ? Pourquoi t'as des boutons ? Bon, ça, on arrête, parce que ça, clairement, ça n'aide pas. Parce qu'on a conscience qu'on a des boutons, on se voit, on a un miroir chez soi, et on souffre de ça, donc ce n'est pas la peine de le faire remarquer. Et après, on va dire dans le cadre plus intime des personnes qui vont nous voir plus souvent, par exemple le conjoint, ça serait d'ouvrir un dialogue sur ça, parce que généralement, on a honte d'en parler et de dire, écoute chérie, moi je me sens pas désirable, je me sens moche, j'ai peur que tu m'aimes plus, j'ai peur que tu me quittes parce que je suis moche. Et d'ouvrir un dialogue sur ça et de rassurer, de dire non. Ça change rien, c'est pas je t'aime pas pour ta police, parce que t'as des petits portes tout resserrées, voilà, je t'aime pour d'autres choses, etc. Et d'être dans une écoute, en fait, tout simplement, parce que je sais aussi que parfois, des personnes essayent d'être bienveillantes, mais vont avoir tendance à nier la réalité de la personne, c'est-à-dire à dire, oh mais... c'est rien, c'est que d'écouter Ah, mais t'es belle quand même, de toute façon, c'est rien. Alors que nous, on en souffre. Et donc, d'écouter, de dire Ah ouais, ok, je comprends que ce soit difficile à vivre pour toi. Ok, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, pour t'accompagner ? De quoi tu as besoin, toi ? Parce que, au final, on a tous besoin de choses différentes. Bien sûr. Et donc, je pense que le mieux, en fait, c'est tout simplement d'écouter, d'être dans l'écoute, de dire Ok, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Je peux être un soutien pour toi ?

  • Speaker #1

    Être à la disposition. Exactement. La bonne posture. Ok. Anne, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?

  • Speaker #0

    de propager l'acné positif parce que je pense que ça peut aider beaucoup de personnes Anne,

  • Speaker #1

    c'était vraiment hyper intéressant je te remercie mille fois pour ton intervention et puis je te souhaite le meilleur pour la suite merci beaucoup de m'avoir invitée je te dis à bientôt merci à toutes et à tous de nous avoir suivis n'hésitez pas à partager cet épisode j'espère que la parole d'Anne vous a autant aidé que moi à comprendre cette pathologie Je la remercie encore vivement de nous avoir confié son histoire. Pour compléter son témoignage, nous avons sollicité l'éclairage d'une experte. Découvrez notre échange sur l'acné la semaine prochaine. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous recommande l'association France 3A et le site dermato-info.fr. Merci. On se retrouve dans deux semaines, même jour, même heure, pour entendre une autre histoire de passion. En attendant, je vous dis à très vite et surtout, prenez soin de vous !

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