- Speaker #0
Bienvenue dans Pause Café au Château, le podcast qui lève le voile sur les coulisses de la gestion de domaine. Ici, on parle de vieilles pierres, de forêts, d'agriculture, de tourisme et de stratégie. Entre Château Le Mortier et les belles ruries, nous avons décidé de transformer nos défis quotidiens en un journal de bord sonore.
- Speaker #1
On apprend sur le tard, on édroge des experts, on se trompe parfois, mais on avance toujours. Installez-vous confortablement, on vous sert le café. L'épisode du jour commence maintenant.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Poste Café au Château. Aujourd'hui, nous explorons les passerelles entre spectacles vivants, dynamique locale et vie de château. Un petit mot avant de commencer, Masha ne pouvait malheureusement pas être avec nous ce soir pour cet enregistrement, mais elle vous embrasse bien fort. Cet épisode me tient particulièrement à cœur. En 2019, alors que j'étais adjointe à la culture à la ville de Monet, j'ai eu un coup de cœur pour une compagnie théâtrale en résidant chez nous, le Théâtre du Sous-Sol. Cette résidence a été très riche. avec des ateliers scolaires autour de la Conférence du Rêve, suivi d'ailleurs de la représentation de la Conférence du Rêve, le franc succès de Créature devant une salle Raymond Devos comble, ou encore vos interventions lors de la fête de l'environnement avec les débats sur l'environnement. Aujourd'hui donc nous avons le plaisir d'accueillir Cindy Dalle et Etienne Ziemniak, les visages forts du Théâtre du Sous-Sol, qui sont à la fois partenaires dans la vie, Comme à l'écran, au théâtre. Bonjour à tous les deux.
- Speaker #2
Bonjour Bérangère.
- Speaker #3
Bonjour.
- Speaker #0
Du coup, je suis très contente de pouvoir faire cette pause café avec vous. Alors dans vos locaux, cette fois-ci au 37e parallèle à Tours. Pour commencer, pouvez-vous nous raconter la genèse du Théâtre du Sous-Sol ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Alors le Théâtre du Sous-Sol, c'est une compagnie de théâtre qui est... effectivement basé au 37e parallèle à Tournord et qui est né, que je ne dise pas de bêtises, qui est né en...
- Speaker #3
2011.
- Speaker #2
Ben non, pas 2011, 2016.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #2
La première question qu'il me fait, quand est-ce que la compagnie est née ? Non, on a fêté les 10 ans en 2024, donc en 2014. Voilà, en 2014. Qui est né autour d'un projet d'écriture au départ, donc moi je suis comédienne. et metteuse en scène. J'étais partie faire mes études en Belgique, mes études de théâtre. Et en revenant de Belgique, je me suis donc installée à Tours et j'ai commencé à écrire une pièce. Alors j'étais jusque-là plutôt comédienne-interprète et l'écriture de cette pièce m'a conduit à un désir fort de mettre en scène et de passer la casquette de metteuse en scène. Et donc autour de cette écriture, c'était un texte qui s'appelait La princesse de glace qui réunissait un grand nombre d'interprètes, donc dix comédiens, comédiennes, ce qui est assez nombreux pour une pièce de théâtre aujourd'hui. Et autour de cette pièce, j'ai commencé à réunir une équipe d'actrices que j'avais autour de moi ou des gens que j'avais repérés potentiellement pour des personnages de cette pièce. et on a commencé à travailler autour de ce texte-là. A l'époque, je co-dirigeais une compagnie qui s'appelait La Compagnie Les Trois Casquettes, qui existe toujours actuellement sur tour et qui est très vivante et très riche. Et le travail d'exploration autour de la princesse de glace m'a conduit à fonder ma propre compagnie, le Théâtre du Sous-Sol, pour porter d'abord ce projet, cette écriture. Et ça a commencé autour de ça, avec une équipe de comédiens et de comédiennes très engagées. autour de l'écriture de cette pièce. Aujourd'hui, dans notre compagnie, on crée différents types de spectacles. Tu en as parlé tout à l'heure. Toi, tu as pu accueillir quand même pas loin de nos premiers spectacles, Créature, la Conférence du Rêve. Le vaudeville, et puis des petites formes, des plus grosses formes, des spectacles qu'on essaie de rendre accessibles malgré des sujets de fond qui sont souvent complexes, donc des questionnements autour de l'identité, les injustices, les questions plus intimes, l'espace mental par exemple. Moi c'est un travail qui me tient beaucoup à cœur, sur lequel je travaille depuis La princesse de glace, depuis cette première pièce, la question de... Comment transposer sur scène les dynamiques de l'espace mental et de l'inconscient ? Une recherche autour de la création d'univers qui peuvent nous emmener à venir interroger c'est quoi la nature humaine ? Comment on fonctionne en tant qu'être humain ? Déjà, soit avec soi-même et puis avec les autres également.
- Speaker #0
Je voulais faire juste une petite aparté parce que je te connais depuis un petit moment maintenant et tu es quelqu'un d'humble. Tu parles pas beaucoup de toi, mais il faut dire qu'en fait, même au niveau du théâtre, quand t'as fait Créature, ce que j'ai beaucoup aimé, c'est... Alors je connaissais pas du tout l'art contemporain de cette manière, j'ai découvert un théâtre foufou, complètement décalé, mais vraiment je suis tombée sous le charme, et je pense qu'il y en a beaucoup qui ont également aimé votre performance. Et en fait, je me suis quand même posé la question, alors tu pourras peut-être le dire après, mais... la manière dont tu as travaillé avec créature ou le spectacle idéal. Et donc tu m'avais expliqué ta démarche, tu pourras l'expliquer. Et j'avais trouvé ça hyper intéressant. Mais en fait, en préparant le sujet, je me suis rendu compte que, c'est pour ça que je dis que tu es un, parce que tu, voilà. Tu parles de, tu as été en Belgique, mais tu es quand même une enfant du pays. Tu viens de Nouzilly.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Voilà. Et entre autres, tu es titulaire d'une licence de sociologie, ainsi qu'un double master en psychologie clinique. et en art de spectacle, donc ton intérêt pour la recherche et les sciences humaines nourrissent à la fois ton parcours et ton écriture. Et en fait, c'est exactement ça,
- Speaker #2
je trouve. Oui, je te remercie de ton retour et puis de le nommer parce que c'est vrai que mon parcours universitaire a beaucoup de sens dans ce que je fais aujourd'hui et puis nourrit mon travail d'écriture depuis le début, que ce soit les enjeux... Les enjeux sociologiques, effectivement, qui pour moi sont hyper importants et politiques. Ma recherche autour de l'inégalité des chances, la lutte des classes. Ça c'est un peu ce qui constitue, je dirais, mes premiers enjeux dans mon travail en fait.
- Speaker #0
Ton ADN.
- Speaker #2
C'est mon ADN.
- Speaker #0
Mais même de la troupe. On dit troupe d'ailleurs ou vous vous considérez comment ? Le Théâtre du Sous-Sol.
- Speaker #2
Nous on dit troupe, on dit compagnie, on dit collectif, ça dépend de quoi on parle et avec qui on parle. Je dirais qu'on a plutôt un esprit de troupe, comme c'est un peu désuet comme terme, des fois on emploie plutôt le terme collectif, plus à la mode.
- Speaker #0
Oui mais qui est plus galvaudé aussi.
- Speaker #2
Un peu, oui.
- Speaker #0
Troupe j'aime bien.
- Speaker #2
Bah oui, qu'est-ce qu'on dit Etienne ? C'est la troupe.
- Speaker #3
C'est vraiment un fonctionnement de compagnie autour de...
- Speaker #2
Ah bah toi tu dis compagnie tu vois.
- Speaker #3
Oui autour de ton travail. Après il y a... C'est qu'il y a des choses qui se dirigent collectivement, qui s'activent collectivement, c'est pas juste une direction, c'est pas juste un fonctionnement hiérarchique vertical qui tombe et puis il y a Cindy Dalle qui pense la direction et il y a quand même pas mal de choses qui se font en collectif.
- Speaker #0
Ça c'est très représentatif dans le cabaret du coup, l'esprit collectif.
- Speaker #2
Ah oui, dans le cabaret c'est très présent, effectivement. Le cabaret, c'est le spectacle, c'est la création sur laquelle on travaille actuellement depuis trois ans. Et en effet, c'est né d'un désir collectif de vivre une expérience un peu hors des sentiers battus. Pour aller aussi dans le sens de ce que tu disais tout à l'heure, effectivement, au Théâtre du Sous-Sol, ce n'est pas une volonté de sortir des sentiers battus, mais en tout cas de cultiver une certaine liberté.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est décalé, mais ce n'est pas négatif. C'est-à-dire que moi, je prends plaisir à vous voir parce qu'on ne sait pas à quoi s'attendre. Autant créatures comme votre ville, c'est très différent, il n'y a jamais la même patte. Et puis c'est également, je trouve, un collectif ou une compagnie, mais de personnalités complètement différentes. Avec chacun des envies où il y a un clown, il y a les mimes, il y a ceux qui aiment chanter comme toi. D'ailleurs c'était pour ça que tu avais monté le cabaret Le cabaret oui,
- Speaker #2
il y a eu une envie pour moi ça faisait 10 ans que j'étais un peu passée du côté j'avais un peu quitté ma casquette de comédienne et d'interprète effectivement j'aime bien chanter pour faire plutôt l'écriture et de la mise en scène Après Vaudville qui était... Notre dernière création en date, j'ai eu envie et besoin de retrouver l'endroit d'expression de la scène pour moi-même. Et Etienne, compagnon et collègue dans cette aventure, qui est musicien lui, m'a beaucoup encouragée à retourner au plateau en tant que comédienne. Et puis on avait le Vaudville, c'est une création qui nous a pris beaucoup de temps, beaucoup d'énergie. Alors, on en parlera peut-être un peu plus tard, mais effectivement, moi, dans ma démarche de travail, inspirée aussi de mon parcours universitaire, des sciences humaines, etc., j'ai vraiment un goût pour la recherche, c'est-à-dire, je ne vais pas forcément penser à un spectacle, je n'ai pas une idée en tête finale quand je crée un spectacle, je pars vraiment sur un sujet, sur une idée, quelque chose. qui m'obsède ou qui revient. Et puis ensuite, je lance vraiment des périodes de recherche assez longues où je réunis une équipe et avec cette équipe, on explore. On explore, par exemple, pour le Vaudville, on a passé plusieurs semaines à explorer ce que pouvait être une maison bourgeoise, ce que pouvaient être des individus qui vivent ensemble dans un huis clos, le rapport entre les domestiques et les... Les maîtres de maison et les maîtresses de maison. Et puis moi je travaille avec beaucoup...
- Speaker #0
Tout en gardant les codes du Vaudville.
- Speaker #2
Tout en gardant les codes du Vaudville, voilà. Qu'on a exploré aussi dans la recherche. C'est-à-dire qu'on a extrait un peu du Vaudville les codes comme l'équiproco, les relations hommes-femmes, les tromperies, les amants dans le placard, etc. Pour vraiment les transposer, les utiliser à notre manière, à notre sauce. Le Vaudville, ça nous a pris un certain temps de création. Et qu'à la fin de cette aventure, moi j'ai vraiment eu besoin qu'on s'autorise un espace un peu de récréation et de liberté. En plus c'est tombé à un moment où les financements pour la culture commençaient à devenir plus resserrés, on nous interpellait beaucoup sur les difficultés à venir, etc. Et on a eu envie collectivement, en compagnie, de s'autoriser à vivre une petite expérience et on a monté un cabaret. On a un week-end pour nous et nos copains. On a fait ça vraiment pour notre plaisir, pour nos copains, sans enjeu artistique de données à voir ou de pression, etc. Et on s'est amusés sur un week-end à créer un espace de cabaret, ici au 37ème Parallèle, entre copains, avec des musiciens qui avaient envie de venir jouer, avec Paul, notre régisseur lumière, qui avait envie de s'amuser aussi. Une scénographe, Annabelle, qu'on a rencontrée à l'occasion, qui cherchait un peu à rencontrer du monde, etc.
- Speaker #0
C'est elle qui avait travaillé sur le Vaudville ? Eh bien non,
- Speaker #2
justement, on avait une autre scénographe avant. Et puis, on a rencontré Annabelle. C'était une amie d'Alexandre, un de nos comédiens, qui nous l'a présenté. Ah bah tiens, on fait ça, là, on s'amuse un week-end. Est-ce que t'as envie ? Ah oui, oui, ça me dit bien. Puis depuis, l'aventure continue. On travaille ensemble, on s'éclate. Enfin, c'est super. Parce que de ce premier week-end d'expérience cabaret, on en a refait un deuxième, et puis un troisième, et puis un quatrième. Un par trimestre. Un par saison, on a fait automne, hiver, printemps, été, et on a fait ça sur un an. On a fêté les dix ans de la compagnie en faisant un énorme cabaret. Et puis après l'aventure a commencé, on nous a contactés pour aller jouer à l'extérieur du 37ème parallèle, etc.
- Speaker #0
Vous avez été d'ailleurs au pont Wilson pour...
- Speaker #2
À la guinguette.
- Speaker #0
À la guinguette.
- Speaker #2
La guinguette de Tours, deux années de suite, on a été au festival au quart de Tours, on a joué pour la ville de Tours sous Chapiteau.
- Speaker #0
Alors les gens vous connaissent peut-être aussi avec Auteurs du son, avec les cousines ?
- Speaker #2
Ah oui, alors ça c'est encore autre chose, c'est vrai que j'en parle pas, mais dans la compagnie on a des grosses formes, comme ce cabaret ou le vaudeville ou créatures qui sont nos gros spectacles, etc. Et puis on a aussi des formes plus légères, notamment des spectacles jeunes publics et des spectacles de rue, un duo particulier, des ambulatoires. qui s'appelle Les Cousines, c'est un duo de dames très sympas, qui sont invitées sur les événements pour faire le lien entre l'événement et le public. C'est Petunia et Bégonia, donc moi je suis Petunia et Sarah, ma collègue de toujours, c'est Bégonia. Ça fait 15 ans qu'on a ce duo, on a joué à toutes les foires et toutes les brocantes du département en 15 ans, les marchés de Noël. la fête du tram. On a présenté Yannick Noah pas plus tard qu'en mois de mai pour Itinère Arbis à La Riche. Les cousines, c'est un duo super qui amène du vivant et du lien entre les événements et les habitants.
- Speaker #0
C'est un peu un spectacle de rue, du coup. Les cousines,
- Speaker #2
c'est vraiment de la rue, de la déambulation, de l'accueil public. Et puis des fois, quand c'est des gros événements, on nous demande de venir à plusieurs, donc on emmène d'autres cousins, d'autres cousines. Donc là récemment on est allé jouer pour l'université, pour la rentrée, pour le Crous et on avait amené notre cousin Jean-Lierre. Etienne ? C'était Jean-Lierre. Et on a Marie-Ronce, on a Gérard Gnome.
- Speaker #0
Tout dans le jardin quoi.
- Speaker #2
Ah bah oui tout dans le jardin. On file la métaphore tant qu'à faire. Donc oui oui t'as raison les cousines c'est un duo important et très populaire. C'est vrai que moi j'y tiens ça dans la compagnie, malgré... Alors il y a un travail de fond, de recherche sur les sujets, des sujets soit très psychanalytiques, introspectifs, ou des sujets sociaux, politiques. Mais je tiens beaucoup à travailler sur l'endroit de l'accessibilité en fait.
- Speaker #0
Le divertissement ?
- Speaker #2
Oui, c'est vrai que ce mot-là, dans le milieu du spectacle, il est des fois un peu...
- Speaker #3
Il est un peu boudé.
- Speaker #2
Il est un peu boudé, oui. Parce que qui dit divertissement dit grand public et dit... Ça manque peut-être de finesse ou de...
- Speaker #0
Des fois on en a besoin aussi un petit peu de liberté.
- Speaker #2
On en a besoin et moi en tout cas ce qui est sûr c'est que dans mes spectacles, il y a toujours l'endroit de l'humour qui est très présent, du rassemblement, de la rencontre, et puis oui, de rire. Et faire rire c'est quand même un endroit complexe.
- Speaker #0
C'est comme la conférence du rêve, c'est un duo super sympa. Moi je l'ai vu en tant qu'adulte,
- Speaker #2
j'ai adoré Ah oui c'est super Et je rigolais du coup Parce qu'il y avait beaucoup de références
- Speaker #0
Bon les enfants les références Pour eux ils voient le spectacle Mais moi en tant qu'adulte les références Elles étaient
- Speaker #2
Et ça aussi on adore Quand on fait des spectacles jeunes publics Qu'il puisse y avoir toujours une double lecture Pour les parents et pour les enfants Et la conférence du rêve il est super ce duo Parce que donc On a le professeur qui fait une conférence quand même assez sérieuse finalement sur le rêve. Donc le rêve qui nous renvoie toujours à toutes mes recherches et mes questionnements autour de l'inconscient. Le rêve c'est un des surgissements de l'inconscient les plus caractéristiques. Et puis donc il y a cette conférence et puis en parallèle il y a Giorgio, son assistant, qui traduit tout en mime. Et Alexandre c'est un mime extraordinaire.
- Speaker #0
Je revois encore son explosion, son feu d'artifice, justement, au spectacle Créature. Oui. Ah oui. Ah oui, oui.
- Speaker #2
Je le revois encore. Et donc, effectivement, comment rendre accessibles, en fait, des propos qui pourraient être un peu complexes, des sujets qui peuvent être un peu durs, parce qu'on peut rire de beaucoup de choses, en fait, et avec beaucoup de choses. Et des fois, il y a quand même besoin de regarder les choses avec légèreté. Ça ne veut pas dire que les choses ne sont pas graves. Ça veut dire aussi que... On peut prendre de la distance, rire ça fait du bien. Et le cabaret, il y a vraiment ça aussi. Dans le cabaret, il y a un vrai engagement politique et poétique. Le cabaret, c'est très divertissant et c'est très grand public. D'ailleurs, c'est Roland Barthes qui donnait pour lui la définition du théâtre populaire. Dans le sens noble du terme, un des critères, c'est... Alors, il faut qu'il se soit une dramaturgie d'avant-garde, donc quand même des sujets avant-gardistes. Et surtout, il disait, ça doit pouvoir toucher un public de masse. Ça peut être un tour de force de toucher un public de masse avec le théâtre aujourd'hui, parce que le théâtre, mon personnage dans le cabaret le dit... Il paraîtrait que le théâtre est en voie d'extinction. De moins en moins de monde va au théâtre, quand même. Et pourtant, il y a plein de gens qui œuvrent pour mener des actions culturelles vers les publics, pour les collégiens, pour les lycéens, pour les enfants, pour les publics empêchés ou plus éloignés. Il y a plein de choses qui se mettent en place et qui sont vraiment formidables, notamment... notamment dans les centres dramatiques, les différentes salles qui mettent en place tout un tas d'actions pour donner accès au public. Mais nous aussi, en tant qu'artistes, on a une responsabilité pour moi à cet endroit-là aussi. En fait, pour qui on crée et pourquoi. Et quelque part, c'est comme un devoir de penser au public, à un moment, à un endroit, dans ce qu'on va partager. Et que ça puisse toucher beaucoup de gens, moi, ça me paraît essentiel. surtout quand on a un propos politique, il faut que ça touche le plus de monde possible et c'était la démarche de créature ou le spectacle idéal c'était le coeur de la démarche d'ailleurs si tu peux dire deux mots sur le concept de créature oui, et bien le concept de créature c'était un peu fou effectivement, t'as raison, c'était une sorte d'enquête donc moi je suis une chercheuse, je suis quand même une universitaire au départ, et l'idée c'était je m'étais posé la problématique pour moi-même l'artiste doit-il penser au public lorsqu'il crée qu'est-ce que ça pourrait faire comment Non. Comment, si l'artiste pense au public lorsqu'il crée, qu'est-ce que ça va avoir comme influence sur l'oeuvre, sur l'endroit d'écriture, etc. Et donc un peu comme... Une grande farce, je me suis lancée le défi, puis en équipe on s'est lancé le défi d'aller explorer vraiment cette question-là pour de vrai sur les territoires et d'aller interroger les habitants et les habitantes. D'abord on a commencé par toute la communauté de communes Gatine-Choisy-Pays-Dracan, donc il y avait une vingtaine de communes, on a eu un super partenariat avec cette communauté de communes, puis à Monet, à Saint-Pierre-des-Cors, Lariche ensuite, etc. Et l'idée c'était d'aller interroger les habitants sur leur rapport au théâtre et au spectacle vivant. Et on arrivait comme ça sur les territoires avec des dispositifs théâtraux, c'était des personnages qui arrivaient dans les villages. Le Centre National de Recherche du Spectacle Idéal qui venait interroger les habitants sur est-ce que vous allez au théâtre, oui, non, pourquoi et surtout... Quels seraient pour vous le spectacle idéal, les ingrédients du spectacle idéal et qu'est-ce qui vous donnerait envie d'aller au théâtre ? Et on posait ces questions-là, donc les questions étaient assez frontales mais dans des dispositifs assez rigolos, des enquêtes, des cabines, des boîtes posées au milieu de la place du village, des personnages étranges qui venaient faire leur enquête. Et on a récolté comme ça des centaines et des centaines de témoignages.
- Speaker #0
Alors du type, parce que c'est ça qui est intéressant, c'est en fait ce que tu as reçu comme réponse et ce que tu en as fait après.
- Speaker #2
Oui, comme réponse, on a obtenu vraiment beaucoup de choses. Alors ça allait de, pour moi, mon spectacle idéal, c'est un spectacle musical. Alors moi, c'est un spectacle pas trop long, pour un autre, avec beaucoup de textes, pour un autre sans textes du tout, avec beaucoup de décors, pas de décors, des costumes, pas de costumes, des animaux, des gens qui marchent sur les mains. Johnny Hallyday. Johnny Hallyday. Feu d'artifice. Feu d'artifice. Des feux d'artifice. Barbecue. Barbecue, si, si. Barbecue. Pour d'autres, c'était... Vaudeville. Du vaudeville, ça on l'a beaucoup entendu. Effectivement, c'est aussi pour ça qu'ensuite on s'est lancé dans la création d'un vaudeville. Du cabaret. Du cabaret, évidemment. De la comédie musicale, de l'opéra. On a eu des réponses aussi plus pragmatiques. Comme moi, dans mon spectacle idéal, je veux pouvoir me garer devant le théâtre. Et effectivement, ce qui s'est passé, c'est qu'ensuite... Le challenge, c'était de créer un spectacle qui contienne tous ses désirs de spectateur, un maximum de désirs de spectateur, une sorte de créature, une sorte de monstre de Frankenstein composé uniquement de désirs extérieurs finalement, comme un espèce d'énorme pouding, c'est ça le pouding finalement ? Dans lequel les désirs des spectateurs étaient mis en jeu et interrogés.
- Speaker #0
Mais c'était quand même un challenge. C'était un challenge, oui. Arriver avec des réponses et en faire un spectacle, et qui a énormément plu, parce qu'on n'a eu que des retours positifs suite au spectacle.
- Speaker #2
C'était vraiment une explosion de désir de spectateur. Et on a même réussi à attendre les spectateurs sur le parking pour qu'ils aient leur place devant le théâtre. On l'a fait. Non,
- Speaker #0
mais il y avait quand même une cohérence. Bien sûr. Donc c'était... Non, c'était... Chapeau, c'était...
- Speaker #2
Et puis c'était une aventure un peu folle, ce spectacle, parce qu'on a eu peu de temps, finalement, pour créer le spectacle. On a eu beaucoup de temps pour la recherche sur le terrain. On s'est éclatés dans la documentation, dans aller récolter la parole et tout. On a eu beaucoup de temps. On a fait... On a eu aussi... Enfin, Etienne, tu peux confirmer. C'est toi qui as pas mal... Gérer les enregistrements, on a eu beaucoup de réponses et tout, mais on a eu peu de temps de création. Du coup c'était un peu un pari parce que trouver une dramaturgie qui permette de répondre à cette problématique de départ, en fait l'artiste doit-il penser au public lorsqu'il crée ? On a essayé et en fait on s'est rendu compte que le spectacle il a pris vraiment forme à Monet. On l'avait joué plusieurs fois avant. Mais là où on a vraiment trouvé la clé dramaturgique du spectacle, c'est à Monet, en se disant « Non, ce n'est pas possible pour un artiste de penser au public lorsqu'il crée, pas à ce point-là. » Et donc, « Créature » est l'histoire d'un échec. Et je ne sais pas si tu te rappelles, mais à Monet, on commençait comme ça, en disant « On n'y est pas arrivé, pourquoi on n'y est pas arrivé ? » Je ne sais plus, en tout cas, de raconter cette histoire, raconter l'histoire de cette... Ce centre national de recherche du spectacle idéal qui a essayé de faire plaisir à tout le monde quelque part et bien sûr que l'artiste il est pas là pour faire plaisir à tout le monde. Pour autant d'aller... Mais il peut pas du coup. Mais non, il peut pas et puis c'est pas tu vois...
- Speaker #0
Mais c'est quand même réussi.
- Speaker #2
Bah oui parce qu'en fait il y avait une vraie générosité et puis un endroit vraiment de rencontre avec les spectateurs. Et puis que moi le sujet de fond qui m'intéressait là-dedans très fort c'était... Oui, c'était ça. En tant qu'artiste, des fois, quand tu écris, quand tu crées, tu as des injonctions. Il y a les spectateurs, ça c'est une chose. Et encore, ce n'est pas une injonction, les spectateurs. Il faut répondre à des cahiers des charges. Alors nous, à Monet,
- Speaker #0
tu n'en avais pas.
- Speaker #2
Non, mais Monet, c'est exceptionnel. Monet, c'est exceptionnel.
- Speaker #0
On avait laissé carte blanche.
- Speaker #2
Oui, et puis il y avait un accueil formidable. Mais il y a souvent, il y a souvent quand même... Voilà, il faut obtenir des financements, il faut vendre le spectacle avant qu'il soit créé. pour pouvoir obtenir les financements. Donc ça, c'est un casse-tête, parce qu'il faut savoir ce que tu vas...
- Speaker #0
Créé pour pouvoir le défendre auprès des programmateurs, des collectivités. Défendre un spectacle que tu n'as pas encore créé, quand en plus tu fais de la recherche.
- Speaker #1
Et que tu es quand même même dans ta manière de travailler, de t'avoir vue quand même au travail. Tu es quand même quelqu'un qui va faire une représentation, mais qui va continuer à travailler la pièce. Même à la deuxième représentation, troisième. Tu es quand même une internelle insatisfaite.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Ou une perfectionniste ?
- Speaker #0
Oui, une chercheuse. Mais après c'est intéressant. C'est que je continue de chercher. Alors mes comédiens, ils me détestent à cet endroit-là.
- Speaker #1
Je crois qu'ils t'aiment beaucoup.
- Speaker #0
Ils savent très bien que ce n'est jamais terminé. Et que même effectivement, une heure avant de jouer, je peux leur dire ce serait bien d'essayer ça, parce que je crois que c'est ça la solution. En fait, c'est vrai que je cherche, je suis sans cesse en train de chercher. Donc, bah oui, on a joué une fois, super, il s'est passé des choses. Alors qu'est-ce que ça nous dit ? Où est-ce qu'il faut qu'on ait cherché maintenant ? Donc ouais, effectivement, ça bouge tout le temps. Et le cabaret en ça, c'est génial, parce que ça fait partie du cabaret de se réinventer tout le temps.
- Speaker #1
Ouais, puis un peu ça t'aide pour le lâcher prise, du coup.
- Speaker #0
Ah oui, Oui.
- Speaker #1
C'est bien ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ta thérapie ?
- Speaker #0
Ah bah de toute façon, oui, l'écriture et l'interprétation, je t'avoue que c'est... Il y a un endroit quand même un peu thérapeutique, dans cet endroit d'expression que ça permet. Ça libère quand même de... Enfin, voilà. On n'est pas sans savoir que ce qui n'est pas dit, ce qui n'est pas mis en mots, reste à l'intérieur. Et souvent, c'est les endroits où ça se... donc moi j'ai la chance de faire ce métier et de pouvoir faire ma thérapie en même temps,
- Speaker #1
t'as raison alors il y a Etienne aussi tu as la chance aussi d'avoir Etienne parce qu'il te soutient énormément sur ton travail c'est moi qui ai la chance de pouvoir travailler oui mais elle a la chance aussi de vous connaître chance partagée mais du coup tu la soutiens quand même énormément dans son travail et toi c'est plutôt tu me corriges si je me trompe mais Toi, tu es plutôt en charge de tout ce qui est technique, musique. Tu es musicien ?
- Speaker #2
La technique, ce n'est pas mon fort, mais musicien, oui. Moi, je suis arrivé dans la compagnie dès le début, pendant la presse hausse de glace, pour un endroit de création sonore. Pas forcément de musique à proprement parler, mais c'est tout ce qui tourne autour des sons. Et du coup, sur Creature, il y avait de la recherche, des ambiances, des enregistrements. Dès le début, comme Cindy Dalle en général, de rechercher. On ne s'est pas fixé sur un principe de... Il y a de la parole, il y a de la musique. On a toujours cherché autour aussi de... Autour du documentaire, de la recherche, documentaire... Enfin, on est toujours un peu...
- Speaker #1
Et vous travaillez ensemble, du coup ?
- Speaker #2
Oui. Et notamment sur Créature, sur le spectacle idéal, où on a passé beaucoup de temps à enregistrer, à récupérer de la parole, on a très... peut réutiliser cette matière, mais ça se trouve, on ne sait jamais. Ça pourra toujours revenir. À notre créature. Et après, là où je rentre un peu plus en scène, c'est avec le cabaret, où là, on a lancé le travail ensemble. Je ne me grève pas sur un travail en cours. C'est qu'on l'a lancé ensemble, à l'endroit où moi, je suis musicien. D'ailleurs,
- Speaker #1
vous étiez dans un groupe ?
- Speaker #2
Plusieurs groupes. Jazz ? Moi je viens du jazz mais j'ai fait beaucoup de musique expérimentale Musique improvisée, du rock Diverses musiques De Madagascar Du Congo Beaucoup de musique instrumentale Pour le coup Sans chanson, sans voix Et là avec le cabaret Donc ça c'était il y a 3 ans On s'est réuni autour de cette idée De bon, allez, et si on tentait Notre histoire de cabaret Moi j'ai dit, bah moi je viens Euh... Faites votre essai de cabaret, moi en tout cas je me charge de faire un orchestre pour que la musique soit live. Et donc c'est parti de là. Donc moi j'ai réuni des musiciens, au début d'ailleurs j'ai plutôt pioché les premiers musiciens du cabaret, c'est des techniciens et des comédiens du cabaret. Donc c'était vraiment une...
- Speaker #1
D'ailleurs les musiciens, même toi... Tu deviens comédien au cabaret.
- Speaker #2
Alors ça, oui, c'est l'autre pendant. Mais on a déjà embauché les techniciens à la musique. Et finalement, oui, moi, j'ai pris une place un peu... Alors comédien, je n'irai pas jusque là. Mais en tout cas, une créature qui peut parler. Mais en tout cas, c'est là où, avec Cindy Dalle, on avait un noyau, là. Cindy Dalle, moi... Pierre, un collègue comédien, Anna aussi qui faisait partie de la... C'est avec ce noyau-là qu'on a lancé le cabaret. Parce que le cabaret, c'est beaucoup de réunions, de logistique, de réunir les gens. Tout ça, c'est aussi un travail qu'on mène en collectif, cet endroit de logistique. Parce qu'il y a des gens différents à chaque fois, parce qu'on réinvente les thèmes, parce qu'on veut... réactualisé, donc on demande qui veut chanter quoi, qui veut jouer quoi, bon bref, et tout ça, c'est là où j'interviens plus en co-dirigeant artistique, gérant logistique.
- Speaker #1
Et au niveau de la musique, tu fais des créations musicales, du coup, pour le Créature ou votre ville, ou c'est en projet ?
- Speaker #2
Alors il y avait vraiment de tout, il y avait dans ce qu'on appelle création sonore, il y a vraiment des trucs que je crée, des... des ambiances ou des morceaux que je peux créer. Puis il y a aussi un endroit où on a envie de... On reprend des choses déjà existantes, mais c'est le fait d'y réfléchir, de la sélectionner et puis de la mettre au bon endroit. Par exemple, pour le Vaudville, j'ai plutôt sélectionné des choses existantes que de la création. Et pour le cabaret, en fait, le cabaret, il y a un endroit quand même où c'est les gens qui... On invite des comédiens, comédiennes, créatures à venir faire des numéros. donc eux ils arrivent avec leurs idées souvent c'est des reprises souvent dans le cabaret il y a ce côté populaire, dans la musique aussi et c'est là où pour moi c'était nouveau de jouer de la variété, de jouer du Céline Dion, du Mylène Farmer mais c'était aussi un petit défi du Dalida donc voilà dans le cabaret il y a beaucoup de choses et des fois il y a aussi des compositions par exemple on a une créature qui s'appelle Eric Satir qui est un chanteur engagé et qui arrive avec ses morceaux. Et puis à chaque saison, il a une nouvelle chanson qui arrive. Bon voilà, mais le travail de la musique au cabaret, nous on joue tout le temps. Mais on joue des ambiances pendant que le capitaine parle. Le capitaine c'est Cindy Dalle, notre maître de cérémonie. On joue pendant les morceaux, quand il y a des morceaux à jouer. On joue en continu. On musique un peu cette grande fête, et on joue longtemps, ça c'est intéressant.
- Speaker #1
Et pareil, comme un petit peu créature, dans le sens où il n'y a pas de pause.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non, mais c'est un petit peu sûr le côté explosion.
- Speaker #2
Alors on peut parler des formats un peu du cabaret, parce que là, ouais.
- Speaker #0
Après il y a un entracte.
- Speaker #1
Oui, il y a un entracte, mais c'est ça que j'aime bien, où tu as limite pas le temps. C'est pas que t'as pas le temps de réfléchir, mais ça s'enchaîne et c'est tellement différent.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on me dit souvent que les spectacles sont denses et...
- Speaker #1
Mais ça passe vite, dans le sens où, même si ça dure longtemps, on voit pas le temps passer.
- Speaker #2
On a toujours beaucoup de choses à dire et on n'arrive pas à tout mettre. Quand les gens disent que c'était peut-être un peu dense, il faut se dire qu'on en a enlevé la moitié.
- Speaker #1
Oui, mais c'est dense, mais en tant que spectateur, c'est très bien. Nous, on ne le ressent pas, tout ça.
- Speaker #0
C'est vrai que il y a tellement de choses à raconter. Du coup, voilà. Et puis, le cabaret, en plus, c'est vrai que ça fuse. Ça fuse parce qu'il y a une intelligence collective, beaucoup de conneries collectives, chacun aussi qui vient pour porter. Son propre propos, il y a les numéros individuels, les numéros collectifs, donc ça peut vite faire deux heures, trois heures.
- Speaker #1
Et c'est travaillé en un week-end ?
- Speaker #0
Alors là, les premiers cabarets qu'on faisait, on faisait vraiment tout en un week-end. Je dirais qu'avec l'équipe qui joue, On fait ça en deux jours, on prépare tout en deux jours. Et puis qu'après, il y a en souterrain, l'équipe qui prépare un peu tout le bazar pour que ça puisse se faire en deux jours. Parce que préparer un spectacle de 3-4 heures en deux jours, oui, il faut qu'il y ait tout anticipé.
- Speaker #2
En tout cas, il y a toujours un endroit vraiment pour l'occasion. Chaque cabaret a quelque chose d'unique. On trouve toujours, Cindy Dalle, on trouve ensemble... Merci. Un axe, après Cindy Dalle travaille dessus justement, parce que c'est la maîtresse de cérémonie, donc voilà. Il y a toujours une thématique particulière, un truc qui est vraiment juste pour l'occasion. Après les numéros, les créatures, c'est des choses, c'est comme un répertoire que les gens ont. Et après, bon, on a souvent des envies aussi, des nouveautés. Mais c'est pas un spectacle entier nouveau préparé en deux jours. Mais il y a... Il y a cette idée de, on réactualise toujours le propos, on remet toujours... Et ça c'est vrai qu'on met deux jours, on met deux jours pour le préparer. Oui,
- Speaker #0
à peu près deux jours, après il y a beaucoup de préparation.
- Speaker #2
Ah oui, deux jours en salle de répétition, pas à la table.
- Speaker #1
Alors sinon le Théâtre du Sous-Sol c'est aussi des ateliers. Alors il y a plusieurs ateliers, tu fais des ateliers en prison, des ateliers pour les infirmières. Ouais. Là t'es en bêta en format, enfin...
- Speaker #0
J'anime une formation en ce moment. C'est vrai que le théâtre, c'est un outil qui est formidable, qui permet de travailler avec toutes sortes de publics, sur tout un tas de choses. On peut travailler le théâtre, évidemment, on fait des ateliers théâtre-théâtre au Théâtre du Sous-Sol. On a une troupe d'adultes amateurs qui se réunissent un week-end par mois pour créer un spectacle, etc. On a des ateliers théâtre un vendredi sur deux. On a des intervenants qui interviennent dans les écoles pour donner des ateliers théâtre à des enfants, dans les écoles de Jouer les Tours, Saint-Cyr-sur-Loire, enfin bon, différents, tout un tas d'écoles, primaires, maternelles. On travaille avec des IME, avec des publics en situation de handicap, avec effectivement en maison d'arrêt, à l'hôpital aussi également. Là on est en train de monter un projet. pour travailler à l'hôpital l'année prochaine. Donc en fait, oui, ce qui est génial avec le théâtre, c'est que ça permet de s'adresser à tout un tas de publics. Je travaille aussi à l'université avec des étudiants. Par exemple, là, je travaille avec des masters d'histoire de l'art pour les aider à travailler sur l'oralité, pour apprendre les techniques de guidage en musée ou sur l'architecture urbaine. Eh bien, voilà, j'interviens dans le cadre de leur cursus de master d'histoire de l'art pour les former à la pratique de l'oral pour leur futur métier de guide par exemple. C'est un exemple. Ou travailler sur les travaux de thèse pour vulgariser les travaux de thèse, apprendre à vulgariser, à rendre accessibles les propos. Là en ce moment j'anime une formation avec des personnes en situation d'insertion, alors c'est avec les trois casquettes, avec la compagnie des trois casquettes. Et là, on est plus sur des questions de travailler sur la confiance en soi, l'estime de soi, l'insertion, retrouver l'estime de soi pour pouvoir retourner vers l'emploi. Donc vraiment, le théâtre, là-dessus, c'est un outil formidable pour travailler sur la confiance en soi, ses qualités, l'estime de soi, la cohésion de groupe. La cohésion de groupe, c'est formidable.
- Speaker #1
Vous faites des laboratoires aussi ?
- Speaker #0
Oui, on fait aussi des laboratoires. Alors ça, c'est plus en interne. Du coup, les ateliers, les formations, c'est plus ouvert vers les publics. Et puis les labos, c'est plus pour les professionnels, les comédiens, les comédiennes, qui ont envie de nourrir et de... En fait, le théâtre, c'est une pratique qui ne se fait pas tout seul. Alors quand on est musicien, on joue en groupe, etc. Mais on peut quand même pratiquer son instrument. Le théâtre, c'est plus compliqué. de pratiquer tout seul. Alors moi, ça va, j'ai la chance d'écrire, donc je peux écrire, etc. Après, on peut apprendre ses textes. Mais il y a un endroit quand même où le théâtre, ça nécessite la rencontre des acteurs ensemble, la scénographie, la lumière, le son, etc. Ça demande, pour que la magie prenne, ça demande quand même beaucoup de moyens, beaucoup de... Et donc, effectivement, comme on a peu d'espace de pratique, finalement, quand tu ne joues pas dans un... Si tu n'es pas dans un spectacle qui joue par exemple ce mois-ci, tu peux passer un mois sans pratiquer et sans travailler ton corps, ta voix, ton personnage. Et puis comme moi j'ai cette nécessité à chercher, c'est vrai que régulièrement je propose des espaces de recherche. Le cabaret au départ c'était un espace de recherche par exemple, pour ceux qui avaient envie de venir chercher autour de cette question-là. Je propose des labos de recherche autour du travail de cœur. C'est une pratique qui me vient de mes études théâtrales en Belgique à l'école Lassade, qui est une école inspirée de la pédagogie Lecoq, qui est un théâtre physique, et où j'ai découvert vraiment une grande appétence pour le travail de chœur.
- Speaker #1
Alors pour ceux qui ne connaissent pas le travail de chœur, si tu pouvais le vulgariser.
- Speaker #0
Oui, alors j'ai essayé là justement, mais je dirais que le travail de chœur, c'est vraiment l'inverse de l'individu. C'est faire corps, faire groupe, faire une unité avec une équipe de... Bon, alors moi j'ai appris ça comme ça, un chœur, ça peut... en dessous de 7 acteurs, ce n'est pas un chœur. On a déjà fait des petits chœurs quand même à 5. Donc c'est un groupe, pour le vulgariser, un groupe d'acteurs qui se déplacent, circulent, parlent d'une seule voix. Donc comment te dire ?
- Speaker #2
C'est le travail autour de cette connexion. C'est un jeu particulier où on doit sentir le groupe se dépasser. C'est comme une cohésion quoi, avoir une cohésion de groupe. C'est un savoir-faire, c'est une finesse de pouvoir être...
- Speaker #0
Ouais alors... Mais dans des jeux,
- Speaker #2
dans un vocabulaire particulier.
- Speaker #0
C'est créer un groupe effectivement qui est ultra connecté, ultra connecté. Tu vois comme un vol d'oiseaux. Les oiseaux ils se parlent pas, mais dans le ciel quand il y en a un qui tourne, ça tourne. Enfin tu vois ils ont leur code, leur fonctionnement. Un banc de poissons, un vol d'oiseaux. de trouver cette connexion-là dans les corps et chez les acteurs pour lâcher les individualités. Et après, à partir de cet état de jeu, c'est un état de jeu, tu vois, qui permet...
- Speaker #1
Un peu comme au football, par exemple.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Un esprit d'équipe, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Un jeu d'équipe. Oui, c'est ça. Et après, à partir de là, peut se passer des choses de l'ordre de l'improvisation collective, du corps. En fait, les corps sont incarnés, les corps racontent la même chose, les corps vont au même endroit. On parle, je ne sais pas comment dire, en fait pour moi ça fait 80% du job le travail de chœur. C'est qu'une fois qu'on se raconte tous la même chose et qu'on a trouvé la manière de le raconter tous ensemble, tout peut arriver. Tu vois, toi tu as vu mes spectacles, tu vois la connexion qu'ils ont les comédiens, cet endroit de jeu où tu te dis mais ils viennent vraiment de cet univers, qu'est-ce que c'est que cet endroit ?
- Speaker #1
Alors j'ai la chance, je vais le dire quand même aussi, je fais partie du bureau de la compagnie Théâtre du Sous-Sol. depuis maintenant quelques années. Et je le vois même dans les réunions de bureau, mais même au niveau de l'Assemblée Générale. On sent la connexion quand même. Le respect, la connexion et l'envie de travailler ensemble.
- Speaker #0
Oui, ça c'est sûr qu'on a un travail d'équipe qui est hyper fort. C'est une aventure un peu... C'est une grande famille, cette compagnie. Il y a beaucoup d'amour entre les gens, de respect, de confiance, de loyauté. Tout le monde, que ce soit les comédiens, les comédiennes, les techniciens, les techniciennes, les musiciens, les musiciennes, les personnes, enfin, Aurore à l'administration, Camille à la com', enfin, tout le monde donne beaucoup de soi. Moi aussi, à mon endroit de mise en scène et de, on va dire, de directrice artistique, on donne tous beaucoup. On est assez dévoués, mais on est, comme tu disais tout à l'heure, c'est pas de l'humilité, c'est qu'en fait on est au service de, je sais pas, on est au service de l'humain, on est au service de l'art, quoi, tu vois, on fait pas ça, enfin, en tout cas, moi, je pense que c'est aussi, cette connexion, elle vient aussi de cet endroit-là, c'est que personne ne cherche son propre intérêt, on cherche ensemble quelque chose, là, si c'est un nouveau spectacle, mais je veux dire, ça peut être quelque chose de très débile, hein. Tu vois, ça peut être, je sais pas, on va faire un spectacle sur, je sais pas, de mon idée, Etienne, un truc débile. La,
- Speaker #2
je sais pas, le...
- Speaker #0
Les pédalos !
- Speaker #2
L'élevage des vaches, les laitières.
- Speaker #0
Bah non, c'est pas débile l'élevage des laitières.
- Speaker #2
Non mais rien de débile. Non mais le pédalo c'est sérieux.
- Speaker #0
Le pédalo... Non mais ça peut partir d'une idée... Voilà, et pour autant y mettre vraiment toute notre énergie et toute notre âme parce que c'est important. Il y a quelque chose de sérieux dans le fait de créer quelque chose qui va rassembler ensuite des gens, de défendre un endroit, de rêver. En fait, on rêve beaucoup. Moi, je rêve beaucoup. C'est vrai, c'est vrai. Des fois, je fatigue un peu les équipes parce que, OK, on a fait ça, allez, toujours plus. Maintenant, on va essayer ça. Et si on faisait ça ? Et si on cherchait ça ? Et en même temps, des fois, j'ai fatigue, mes collègues.
- Speaker #1
Alors t'es une grande rêveuse et en fait il y avait un point que je voulais traiter avec toi, c'était ta manière de voir le spectacle ou la manière de comment la compagnie devrait fonctionner dans le futur, parce que t'as des idées quand même. sur comment devrait fonctionner la compagnie. Parce que tu as quand même une... Alors, comment dire ? Tu as une figure mère, je ne sais pas si c'est le bon mot, une figure de maman. Tu appelles d'ailleurs les comédiens tes poussins, c'est ça ?
- Speaker #0
Des fois, oui, ça m'arrive.
- Speaker #1
Mais ton désir réellement, donc du coup, tu as cette posture, mais sans le vouloir, parce que ton désir à toi, c'est justement de créer une compagnie où chacun est autonome. Tout en ayant le travail de cœur, comme tu dis, mais en étant autonome et dans le sens où venir avec des idées, c'était ça ?
- Speaker #0
Oui, en fait, moi j'ai toujours eu cette envie et cette ambition de vivre pour le théâtre, de vivre le théâtre, de vivre théâtre. Le spectacle, en fait, je vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre de ma vie que de faire du spectacle. Et j'ai toujours projeté ce dont je rêve, c'est la troupe permanente. À l'endroit où, en fait, je trouve que dans le milieu du spectacle, des fois c'est compliqué de trouver les conditions qui nous permettent de créer, vraiment, tu vois, de se retrouver ici tous les jours, travailler, chercher, creuser, recommencer, voir une carte blanche, proposer... Un endroit, puis un autre, enfin, en fait... Et donc, oui, moi, mon rêve, ce serait de trouver les conditions idéales de création dans lesquelles, à la fois, on puisse avoir du temps et de la liberté. Et la liberté, c'est l'autonomie aussi, effectivement, de chacun. Oui, j'aimerais bien que... Enfin, pour moi, jouer les choses comme ça, c'est pas forcément hiérarchique. Pour l'instant, c'est moi qui dirige le travail, la compagnie, etc.
- Speaker #1
Ça, on le sait d'ailleurs, il y avait un logo, le Théâtre du Sous-Sol. À un moment donné, on t'avait conseillé de mettre Cindy Dalle et je ne l'ai plus vue. Donc,
- Speaker #0
je pense que tu as bonne mémoire, Bérangère. Oui, ça me faisait bizarre de voir Théâtre du Sous-Sol, Cindy Dalle.
- Speaker #1
Et pourtant, tu l'avais mis un petit sur le côté qu'on ne voit pas bien. Alors que c'est vrai que la compagnie qui Théâtre du Sous-Sol, c'est toi.
- Speaker #0
Oui, mais moi toute seule, je serais bien d'emmerder.
- Speaker #1
Je ne pense pas que les personnes qui sont autour de toi le voient comme ça. En fait, tu es leader sans le vouloir.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
mais ce n'est pas négatif. Il n'empêche que il faut le collectif pour que ça puisse avancer.
- Speaker #0
Ouais, pour moi, tu vois, souvent je leur dis, oui, c'est vrai que forcément je coordonne les choses et tout ça, et puis j'impulse et je drive, c'est vrai. Mais c'est comme si, moi je vois ça comme si c'est mon endroit à moi, au service de la création, et puis ton endroit à toi, Etienne, c'est la musique, et puis l'endroit de Quentin, c'est le jeu, et puis l'endroit d'Aurore, c'est l'admin, et puis l'endroit de Margot, de Laurine, ça va être... En fait, chacun a son rôle à jouer, et pour moi, il n'y a pas de rôle plus. comment dire, plus noble qu'un autre. On joue tous notre rôle. Et le mien, c'est de porter la direction. Et donc de tenir un peu tout ce bazar pour que ça avance. Mais à l'intérieur de ça, je trouve ça hyper important que chacun ait sa liberté, et son autonomie. Et puis pour moi, c'est ça qui fait collectif. Même s'il y a quelqu'un qui dirige, le collectif, il vient du fait qu'en fait, Tout le monde apporte sa pierre à l'édifice, en tout cas dans la compagnie. Ça, c'est important. Puis tout le monde a voix au chapitre aussi. Je crois énormément à l'intelligence collective. Des fois, on peut passer avec Etienne des journées entières et des soirées entières à se prendre la tête sur trouver le bon thème pour le prochain cabaret. Et puis, en fait, on se voit une heure en équipe et on trouve. Il y a aussi l'intelligence collective, c'est magnifique. Je ne sais pas si je réponds à ta question. Oui,
- Speaker #1
non.
- Speaker #0
Pas du tout, si.
- Speaker #1
Alors tu parles justement d'autonomie, donc ça fait une belle transition. En parlant d'autonomie, la réalité du terrain, pour être autonome au niveau création, il y a aussi l'autonomie en matière financière. Dans le sens où aujourd'hui, en étant dans le bureau, je vois un petit peu la réalité du terrain et Aurore qui a ses anxiétés. Pour le budget durant les AG, toi ce que tu aimerais faire c'est créer une compagnie permanente ?
- Speaker #0
Ça c'est mon rêve. Ça c'est ton rêve ? Oui.
- Speaker #1
Et du coup, pour le financement, comment ça se passe ?
- Speaker #0
Pour faire une compagnie permanente ou aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, comment vous fonctionnez ? Et dans l'idée de faire la compagnie permanente, est-ce que tu y as réfléchi ?
- Speaker #0
Nous, comment on fonctionne ? On a donc quand même... Des projets qu'on crée, qu'on monte, des projets d'atelier, des projets de création de spectacle, etc. Pour ces projets en recherche des financements publics, donc ça va être par exemple pour le cabaret ou pour le vaudeville, des aides à la création de la région centre ou de la DRAC, des soutiens du département, de la ville de Tours, donc les subventions publiques pour les projets. On a aussi, pour le poste d'administratrice, un capaco. Donc il y a des aides quand même qui nous permettent d'avoir quelques fondations financières pour pouvoir créer des choses. Après, on a aussi tout un volet d'activités qui sont nos prestations qu'on propose et la diffusion de nos spectacles qui, en vente quelque part, nous permettent de nous rémunérer, etc. Les ateliers. On a des actions aussi dans des écoles de kiné en tant que faux patients.
- Speaker #1
Ah oui, c'est ça. Je disais infirmière, mais c'était kiné.
- Speaker #0
Oui, école de kiné, faux patients, les patients standardisés. On a tout un tas d'activités qui, de prestations, contribuent à notre fonctionnement. Et après, par contre, c'est sûr que, hormis Aurore qui a un poste permanent à la compagnie, Aurore, c'est notre administratrice. Elle, elle a un CDI à temps complet, etc. C'est déjà... Une grande chance, parce qu'il y a peu de compagnies qui peuvent avoir une administratrice. Mais au-delà de ça, c'est vrai que la réalité du spectacle vivant, c'est qu'on travaille, nous les artistes, musiciens, techniciens, on travaille beaucoup, et on se paye quasiment, enfin voilà, on ne se paye pas à hauteur du travail qu'on mène. Mais on a la chance aussi d'avoir un statut qui est l'intermittence du spectacle, qui nous permet de compenser. les moments où on n'a pas de date de représentation ou de répétition. Donc là, on est toujours un peu au cordeau au niveau des budgets.
- Speaker #1
Les subventions, j'imagine, baissent ?
- Speaker #0
Les subventions sont en baisse. Les aides aussi,
- Speaker #1
même les aides pour Aurore sont en baisse aussi.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #2
la diffusion se complexifie.
- Speaker #0
Se complexifie aussi. Donc oui, il y a toujours des endroits de tension financière. C'est clair.
- Speaker #2
On diffuse dans des endroits qui dépendent eux-mêmes de subventions, qui se restreignent aussi. Il y a des effets ricochets aussi.
- Speaker #1
Des municipalités.
- Speaker #2
Des associations qui n'ont plus de subventions. Enfin voilà.
- Speaker #0
Un spectacle,
- Speaker #1
ça coûte vite cher aussi.
- Speaker #0
Ça coûte vite cher. C'est-à-dire qu'en fait, une compagnie de théâtre, ce n'est pas seulement un spectacle. Un grand spectacle, il arrive devant le public. Il y a des mois, parfois des années de recherche, d'écriture, de répétition, de construction. de costumes, de musique, de technique, de décors, d'administratif, de communication, de rendez-vous, de diffusion. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail. Et un spectacle que le public voit pendant une heure ou deux, ça représente des mois de travail, des métiers invisibles. Et c'est souvent ces mois de travail-là où on peine à trouver les financements pour fonctionner. Et on est toujours en train de tirer, c'est vrai, un peu partout, de tous les côtés.
- Speaker #2
On a tous plusieurs casquettes, en tout cas par exemple pour le cabaret, le spectacle, la dernière création, on a tous et toutes plusieurs casquettes sur remplir des missions administratives de logistique à un endroit et après on joue au plateau. En tout cas on est obligé de faire plusieurs boulots entre guillemets.
- Speaker #1
Même les costumes, souvent c'est vous qui les achetez et c'est vos costumes.
- Speaker #2
Il y a un financement.
- Speaker #0
Alors des fois, selon les projets, si on a fait des demandes de subvention sur les projets, il va y avoir une enveloppe dédiée aux costumes. Mais d'autres, par exemple les cousines, ça fait 15 ans qu'on joue, on s'est toujours acheté nos costumes. Nous-mêmes, le cabaret, tu vois, là mon portant qui est à côté, j'ai acheté les trois quarts des costumes avant qu'on ait des financements. Effectivement, il y a aussi un investissement perso.
- Speaker #1
J'aime bien la veste avec...
- Speaker #0
Les flamants roses ? Oui. Ça, c'est mon petit costume de détente d'été.
- Speaker #2
De cocktail d'été.
- Speaker #0
De cocktail d'été, oui. Sur le pont du bateau.
- Speaker #1
Donc, justement, en vous écoutant tous les deux, parler de ces besoins de financement et de la nécessité d'innover. Donc, on ne peut pas rester avec un spectacle. Vous êtes toujours... Le spectacle vivant, c'est toujours en ébullition. Ils recherchent de nouveaux sujets. Vous ne pouvez pas vendre pendant dix ans le même spectacle.
- Speaker #0
Et puis, je pense que nous, on n'aurait pas envie. Oui,
- Speaker #1
je pense que ça s'essouffle aussi.
- Speaker #0
Oui, ça s'essouffle et puis oui, tout à fait.
- Speaker #1
Et il y a aussi, alors là, on ne va pas en parler longtemps, mais il y a aussi une problématique, c'est monter un spectacle, ce qu'on ne se rend pas compte, c'est que les comédiens, ils ont d'autres obligations ailleurs. Pour trouver une date aussi où tous les comédiens sont là, c'est quand même un challenge, ça aussi. D'où ton idée de faire la troupe permanente Exactement
- Speaker #2
Surtout quand on n'a pas non plus
- Speaker #0
Quand on n'a pas tous les moyens En tout cas t'as raison l'agenda c'est l'art de la guerre Et c'est vrai que oui ça a mon petit désir de troupe permanente Et pour y répondre aussi à ça Avoir plus de liberté A être ensemble Parce qu'on est tous Aussi à tous les comédiens et comédiennes On travaille souvent pour plusieurs compagnies Pour plusieurs projets Il y a des choses qu'on fait pour le... La passion, la joie, puis d'autres un peu plus alimentaires aussi.
- Speaker #1
Et du coup, vous vendez des spectacles, parce que quand même, une compagnie de comédiens, l'idée c'est que vous soyez sur scène, et il faut une scène. Et donc, vous vendez des spectacles, vous faites notamment un travail de diffusion. Est-ce que vous êtes amenée, ou est-ce que vous avez envisagé de louer une scène ? Et de faire la vente ou ça ne fonctionne pas comme ça ?
- Speaker #0
Si par exemple avec le cabaret, la plupart du temps, notamment nous depuis la Princesse de Glace, on était surtout sur des représentations en salle, la plupart du temps on va vers des salles existantes qui sont déjà gérées par des programmateurs, des programmatrices, devant qui on défend notre spectacle, et puis si le projet leur plaît...
- Speaker #1
Ouais mais du coup en autodiffusion C'est à dire tu loues une salle Et tu fais du travail C'est trop risqué ?
- Speaker #0
Bah ça dépend du spectacle C'est vrai que nous comme on est tu sais des grosses équipes Alors pour un spectacle comme la conférence du rêve Où ils sont deux et tout ça Non ça c'est des autoproductions Ça peut se faire mais c'est vrai qu'on le fait peu Bah moi mes espèces de gros machins là Avec mes dix comédiens Et mes musiciens live et tout Ouais il y a une prise de risque quand même
- Speaker #1
Tu vas pas louer le Vinci quoi Merci.
- Speaker #0
Non, non, non. Mais tu as raison, oui, ça peut aussi être des choses qui se font. Mais ça se fait moins.
- Speaker #1
C'est plus risqué. Donc, on en a brièvement discuté pendant une réunion de bureau et je t'avais mentionné un petit peu le mécénat. L'idée du mécénat, on avait fait une réunion où justement on parlait financement. Pour le Théâtre du Sous-Sol, le mécénat, c'est encore un monde un peu mystérieux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que t'es avant tout comédienne réalisatrice et c'est vrai que la finance...
- Speaker #0
Oui !
- Speaker #1
C'est mystérieux ! Donc pourtant, le mécénat c'est quand même, je trouve, un levier stratégique très intéressant. Donc quand on vous dit mécénat, quelle est la première image qui vous vient ? Et qu'est-ce qui vous freine ou vous intrigue pour sauter le pas ?
- Speaker #0
Tu veux répondre Etienne ?
- Speaker #1
Est-ce que vous avez déjà une idée préconçue du mécénat ? Oui, quand même.
- Speaker #2
Oui, enfin, un mécénat, c'est la participation d'entreprises ou de particuliers qui aident financièrement à la réalisation d'une œuvre. Et voilà, c'est un autre type de financement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. L'image qui me vient, oui, moi aussi, c'est ça. Oui, entreprise. Oui, particuliers. Là, tout de suite, j'ai l'image un peu fantasmée.
- Speaker #1
Du crowdfunding. Ah non,
- Speaker #0
de la riche femme passionnée d'art qui viendrait... Philanthropiste. Oui, un peu, tu vois, la Victor Hugo. Et tu disais les freins, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
ou vous ne l'aviez pas envisagé parce que vous ne connaissiez pas le principe ? Ou c'était...
- Speaker #0
Moi, j'entends beaucoup dire que, en tout cas dans le milieu de la culture, que c'est difficile de trouver du mécénat. que c'est un... C'est un endroit pas si simple que... En fait, non, mais même dans mon imaginaire, je me dis, tiens, mais pourquoi est-ce que les gens, ils investiraient dans ce qu'on fait ? Pourquoi ils viendraient nous soutenir ? Je comprends, tu vois, surtout nous, à l'endroit d'un théâtre de recherche contemporain, pour aller soutenir, on va dire, l'opéra ou... Il y a quelque chose qui est plus dans... dans l'imaginaire collectif, tu vois. Donc c'est vrai, je me dis, est-ce que quelqu'un aurait envie de soutenir notre travail ? Et pourquoi ?
- Speaker #1
Alors déjà, on va y répondre, tu verras, je pense vraiment que ça peut être une opportunité. Souvent, on confond le mécénat et le sponsoring, et franchement, ça ne m'étonne pas trop. Même pendant mes études en BTS Action Commerciale et École de Commerce, ces deux notions, elles étaient enseignées dans le même cours, au même moment. Pourtant, ce sont deux logiques très différentes. Alors attention, je ne suis pas une experte juridique ou fiscale du sujet, mais mon objectif aujourd'hui, c'était de poser les bases claires et de donner des informations justes pour que chacun puisse s'en emparer. Évidemment, tout ce que je vais expliquer ici est orienté vers le théâtre et le spectacle vivant, mais gardez bien en tête que le mécénat existe dans plein d'autres domaines. Le sport amateur, le patrimoine, la santé, l'environnement et même le social. Et je précise aussi qu'on ne va pas parler ici des grands groupes ou des grandes fondations. Pour une compagnie comme le Théâtre du Sous-Sol, cibler les TPE et les PME locales, donc les toutes petites entreprises et les petites et moyennes entreprises, c'est beaucoup plus judicieux et pertinent. Et ce sont des acteurs de proximité, réactifs et qui ont un vrai désir de faire bouger le territoire. Donc la différence se résume en un mot, la publicité. Donc le sponsoring ou parrainage. C'est une démarche commerciale pure. Une entreprise achète de la visibilité directe, affiche son logo en grand et attend un retour commercial immédiat. Donc c'est une dépense de communication classique avec facture et TVA. Donc le mécénat lui garde son ancrage historique. Ding dong ! Donc ça c'est l'heure de la Minute Histoire. Et franchement c'est ce que j'adore avec ce podcast, j'apprends des choses tous les jours en préparant nos enregistrements. Je vais enfin pouvoir gagner des parts de fromage au trivèle poursuite, ça va changer. Bref. D'où vient ce mot « mécénat » ? Il tire son nom de « mécénas » , donc c'était un homme politique et richissime citoyen de la Rome antique, sous l'empereur Auguste. C'était un passionné qui utilisait sa fortune personnelle pour financer et loger les plus grands poètes de son époque, tels que Virgile ou Horace, afin qu'ils puissent créer en toute liberté. Donc son nom est tout simplement devenu un nom commun, le mécénat. Autrefois, le mécénat, il se faisait dans l'ombre. de manière très discrète, d'où ce côté purement philanthropique. Aujourd'hui, la philanthropie s'est transformée en aide engagée. Un mécène aujourd'hui apprécie que son action soit connue, partagée et valorisée. Donc c'est un engagement affirmé pour le territoire. Et en échange de ce soutien, l'État accorde une forte incitation fiscale, tandis que le bénéficiaire offre des contreparties adaptées. Alors pour faire simple, le mécénat, c'est le soutien financier, matériel ou humain. apporté à une œuvre d'intérêt général, comme une compagnie de théâtre ou un projet artistique. Sans attente de contrepartie équivalente. Donc il peut provenir des entreprises, mais il ne faut pas oublier le mécénat privé, individuel, où de simples citoyens font un don pour faire vivre une création. Et il bénéficie dans ce cas de 66% de réduction de l'impôt sur le revenu. Le mécénat, c'est une force économique majeure. Plus de 2 milliards d'euros par an en France. rapporté à plus de 90% par des PME et des TPE locales. D'où l'intérêt de cibler justement les TPE et PME. Alors concrètement, de quoi parle-t-on pour une structure comme le Théâtre du Sous-Sol qui fonctionne en création et en diffusion sans avoir sa propre salle ? Alors en mécénat, il en existe trois qui peuvent être intéressants. Il y a le mécénat financier, donc une entreprise peut financer des jours de répétition. le salaire d'un comédien ou la création d'un spectacle itinérant. Il y a également le mécénat en nature ou matériel. Donc là, c'est une entreprise qui peut mettre à disposition un espace de stockage pour les décors, prêter un véhicule de tournée, offrir du matériel son et lumière ou prendre en charge l'impression, par exemple, des affiches. Et le troisième mécénat, c'est le mécénat de compétences. Une entreprise met le savoir-faire de ses salariés au service du théâtre. Par exemple, un cabinet comptable peut offrir des heures de gestion, une agence web refaire le site de la compagnie ou un transporteur aider à la logistique des tournées. Pour l'entreprise, l'avantage est énorme. La loi Elagon permet une réduction d'impôt sur les sociétés de 60% du montant du don. Donc un don de 10 000 euros ne coûte que 4 000 euros à l'entreprise et même sans salle fixe. Le Théâtre du Sous-Sol peut lui offrir jusqu'à 25... de contreparties très concrètes. Alors qu'est-ce que cela peut être ? Ça peut être des représentations hors les murs, privatives, jouées directement dans les locaux ou les jardins d'entreprise, des jauges de places réservées lors des représentations programmées dans les théâtres partenaires, des ateliers de prise de parole et de cohésion d'équipe animés par la metteuse en scène, par exemple Cindy Dalle, pour les salariés. Voilà, ça peut être des ateliers de prise de parole. Un petit cabaret. Exactement, mais oui, ça peut être... Et une visibilité institutionnelle discrète. Donc logo sur les affiches, le programme, le site web et remerciements dans le dossier de presse de la tournée. Reste une inquiétude fréquente chez les artistes. Certaines compagnies craignent de perdre leur liberté ou de dénaturer leur projet. Mais pour moi, c'est vraiment tout l'inverse. Le Théâtre du Sous-Sol a une identité forte et décalée. Et je trouve ça tellement précieux aujourd'hui de ne pas se conformer aux attentes et aux dictates. On l'a vu par exemple ici à Monet, c'était une expérience géniale. Vous avez eu complètement carte blanche et le résultat a totalement fonctionné sans brusquer personne. Tout simplement parce que tu as, je pense, cette intelligence remarquable, même avec des convictions politiques affirmées, tu penses toujours au public à qui tu t'adresses.
- Speaker #0
Oui, Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, je sais que travailler avec toi, je te donnerai carte blanche parce que je sais que tu peux faire passer un message, mais tu prends conscience quand même de qui tu parles.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Et donc, pour garder cette autonomie tout en sécurisant les partenaires, les compagnies, donc le Théâtre du Sous-Sol, peut très bien rédiger une charte éthique qui fixe à l'avance le cadre et le type de partenariat accepté. Alors, comment procéder concrètement ? La première étape pour la compagnie, c'est de demander un rescrit fiscal aux impôts pour faire valider officiellement son éligibilité. Et au vu de mes recherches et de votre fonctionnement, une gestion des intéressés et une activité culturelle d'intérêt général, tout me porte à croire que le Théâtre du Sous-Sol remplit tous les critères pour y avoir droit. Une fois ce feu vert obtenu, il y a deux documents très simples, mais essentiels à mettre en place. 1. La convention de mécénat. Donc ça, c'est le contrat signé entre le théâtre et le mécène. Ils formalisent le partenariat, fixent le montant du don et lisent aussi les contreparties prévues pour que tout le monde soit protégé. Et 2. Le reçu fiscal. Donc le formulaire SERFA, c'est la compagnie qu'il remplit et qu'il remet au mécène une fois le don effectué. Et c'est ce papier officiel que l'entreprise donne directement à son comptable. pour faire appliquer la réduction d'impôt de 60%. Ensuite, il suffit de monter un dossier de projet et que les compagnies se rassurent, ce n'est pas plus compliqué que de vendre un spectacle à la diffusion. Vous avez déjà toutes les compétences et la matière sous la main. Il suffit juste de présenter le projet sous un autre angle.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Tu prends un rendez-vous et tu vas présenter ton projet.
- Speaker #1
Après, tu crées un dossier, mais les dossiers, tu les as déjà préparés beaucoup pour... Quand tu présentes les...
- Speaker #0
Les financeurs.
- Speaker #1
Voilà. Et en gros, c'est un dossier. Tu vas voir après les entreprises. Et je pense que tu serais surprise du nombre de personnes qui pourraient être intéressées. Parce que ça n'apporte pas juste... Alors oui, on peut parler du financier. Mais pour moi, ça n'apporte pas juste ça. Par exemple, ça apporte quand même... Je trouve une démonstration. Tu vois, une personnification à l'entreprise. Elle s'engage quand même. Être mécène, c'est... Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #1
Tu t'engages et... Une vision. Tu vois, une vision, une manière de travailler et pour aller plus loin, il y a deux véritables bibles d'informations qui sont à votre disposition. Il y a le site Admical, c'est la référence du mécénat en France, et le site du ministère de la Culture. Ils ont un onglet thématique et celui-ci regorge de guides pratiques. En résumé pour moi, le mécénat c'est vraiment, mais je le répète jamais assez, c'est vraiment une relation gagnant-gagnant.
- Speaker #0
La démarche se fait un peu individuellement, c'est à nous en tant que compagnie d'aller démarcher les entreprises.
- Speaker #1
Et c'est une notion qui pour moi est essentielle dans ma vision des affaires. On ne cherche pas à tirer la couverture à soi, on construit ensemble. Malheureusement, cette éthique n'est pas toujours partagée dans le monde professionnel et c'est bien dommage. Mais le mécénat prouve que la culture et le tissu local peuvent vraiment s'enrichir mutuellement avec du sens, du respect et des valeurs fortes. Alors, je voulais faire une dernière transition et après je vous laisse, ça va durer. Ces défis de gestion et de recherche de moyens sont d'autant plus actuels que le monde du spectacle et celui du patrimoine se croisent de plus en plus. Aujourd'hui, beaucoup de propriétaires de châteaux cherchent à faire vibrer leur domaine. Comédiens, des populations, musées vivants, etc. Alors prenons un exemple. Le rapprochement entre un monument historique privé, comme le Château Le Mortier ou les belles ruries, et une compagnie itinérante comme le Théâtre du Sous-Sol. A première vue, tout semble opposer ces deux univers. D'un côté, les vieilles pierres et le patrimoine matériel du château, et de l'autre, un théâtre contemporain, l'art vivant et la création immatérielle. Et pourtant, s'associer en mécénat est une stratégie brillante pour les deux. Prenons un cas très concret, imaginons un spectacle créé spécialement sur mesure pour le Château Le Mortier, un vaudeville, imaginé pour exploiter ses balcons, sa terrasse et ses fenêtres. Il y a quelque chose à créer, je ne vous lâcherai pas. pas. Je suis tenace. Et donc, c'est pour que ces belles idées voient le jour, il faut peut-être sûrement, peut-être et sûrement, activer des nouveaux leviers de financement, comme le mécénat. Je prends par exemple l'exemple du Château Le Mortier. C'est une anecdote, mais c'est vrai que c'est quelque chose que j'aimerais beaucoup voir se réaliser, notamment sur la façade est du château. Dans ce scénario, le domaine offre ce qui manque souvent à une compagnie itinérante. donc du prêt d'espace et de soutien logistique. Donc il met à disposition ces espaces pour accueillir la compagnie en résidence de création. Il propose le logement des artistes dans ses gîtes par exemple et offre un espace sécurisé pour stocker les décors. Le propriétaire, lui, valorise ce prêt sous forme de mécénat en nature et bénéficie d'une réduction d'impôt de 60% sur la valeur de la mise à disposition. En contrepartie, le Théâtre du Sous-Sol, lui, apporte une expérience vivante unique. La compagnie peut proposer une représentation exclusive hors les murs, dans le parc, lors d'une soirée de prestige réservée aux partenaires du domaine par exemple, ou créer une déambulation théâtralisée sur mesure pour les visiteurs, ou encore animer des ateliers culturels pour les habitants du territoire. Et pour la restitution, une question revient souvent. Peut-on organiser une soirée payante tout en restant dans le cadre du mécénat ? La réponse est oui. C'est la compagnie d'intérêt général qui encaisse la billetterie de la soirée, pour respecter la loi bien évidemment. Mais on peut aussi proposer des billets mécènes. Donc une entreprise ou un particulier fait un don pour soutenir la création du haut château, elle reçoit son reçu fiscal à 60% et bénéficie d'invitations gratuites pour assister à la représentation. dans la limite des 25% des contreparties autorisées qu'on avait précédemment expliquées dans l'autre partie. Le propriétaire du château, lui, il en profite pour générer des recettes annexes grâce aux visiteurs du domaine avec le prix des visites du domaine ou alors à la boutique ou à des dégustations de vin, etc. Et l'avantage majeur pour le Théâtre du Sous-Sol, il ne s'arrête pas juste au soir de la première. Donc ce spectacle créé au Château Le Mortier par exemple, il peut ensuite être revalorisé et diffusé dans d'autres châteaux ou monuments de la région. Et donc la compagnie amortit ainsi sa création, elle fait tourner son spectacle sur plusieurs sites patrimoniaux, augmente donc ses recettes de diffusion et démultiplie l'impact de son travail. Donc côté communication et visibilité, l'échange est tout aussi équitable. On est encore dans le gagnant-gagnant. Les châteaux privés qui sont très présents en Touraine, cherchent souvent à dépoussiérer leur image. Et ça aussi, dans l'idée du mécénat, c'est bien, c'est au niveau de l'image. Ce n'est pas que redorer l'image ou faire du art bashing, comme avec les grands groupes. Et ça attire un public qui est plus jeune, local, et à animer également leurs pierres, parce qu'on est aussi en recherche de financement. Et donc ça peut être aussi un moyen pour nous, un levier, grâce au mécénat, de pouvoir faire vivre le lieu, mais aussi trouver des financements. Le domaine s'affiche comme partenaire de création sur l'ensemble des affiches, programmes et dossiers de presse du Théâtre du Sous-Sol. Il gagne une image modernisée, vivante, engagée. Et la compagnie bénéficie du cadre prestigieux et du relais de communication du château auprès de son public local et touristique. Entouré de patrimoine historique et le spectacle vivant donc se complète. Le mécénat est précisément ce pont qui permet d'échanger de la pierre et de l'espace contre de la création, de l'émotion et du rayonnement territorial. Donc on voit à quel point l'alliance entre le théâtre, les territoires et les acteurs économiques peuvent être fécondes pour faire vivre la culture partout. Donc Sidi et Etienne, où peut-on suivre vos actualités ? Vous avez un site internet ?
- Speaker #2
Il y a un site internet ! du Théâtre du Sous-Sol qui n'est pas encore complètement à jour au niveau du cabaret il faut qu'on le mette à jour mais c'est Théâtre du Sous-Sol d'accord de toute façon je mettrai tout dans la description il y a aussi les réseaux notamment Instagram où là il y a plus d'actualités du cabaret et là c'est Théâtre du Sous-Sol sur Instagram et sur Facebook où là on peut vraiment suivre les actualités Merci.
- Speaker #0
On peut nous retrouver, nos prochaines représentations du cabaret auront lieu au bateau ivre à Tours les 18 et 19 décembre Mais avant ? Pour un cabaret de Noël Mais avant le 11 à Noisay Et le 11 décembre à Noisay Pour un autre cabaret de Noël Pour un autre cabaret de Noël, on va ouvrir la saison des cabarets de Noël
- Speaker #2
Et après Noël on se retrouvera Ding ding ding,
- Speaker #0
n'hésitez pas à venir faire teinter les grelots
- Speaker #2
Et tout début 2028 Une représentation à
- Speaker #0
Oésia, Notre-Dame-d'Oé, le 29 janvier 2027.
- Speaker #2
On est en 26 là, j'ai pris de l'avance.
- Speaker #0
Donc là vous pouvez nous retrouver.
- Speaker #1
Manifestation positive.
- Speaker #0
Voilà, il y a aussi nos spectacles jeunes publics qui se promènent dans le département, ça vous pourrez retrouver les différentes dates sur le site ou sur les réseaux. Et puis voilà, nos ateliers aussi, n'hésitez pas à nous rejoindre pour ceux qui auront envie d'une pratique théâtrale.
- Speaker #2
Et tenez-vous au courant de tout ce qui se passe au 37e parallèle, il y a plein de compagnies, plein de résidences.
- Speaker #0
Oui, c'est un lieu très vivant de création aussi ici au 37e et il se passe plein de choses. Et puis voilà, nous de notre côté, on est à Bérangère, on va creuser ces pistes-là qui sont des pistes, c'est vrai, intéressantes qu'on ne connaissait pas. qui faisait peut-être un peu peur, comme ça, mais qui...
- Speaker #2
Mais c'est né nous, mais c'est né nous.
- Speaker #0
Mais c'est né nous, alors nous on va essayer de faire décrocher ce téléphone et puis prendre des rendez-vous, mais n'hésitez pas à venir vers nous si jamais un partenariat, une collaboration, comment on dit Bérengère ? On dit un partenariat dans ces cas-là ?
- Speaker #1
Moi j'aime bien le mot partenariat,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Parce que c'est un partenariat,
- Speaker #0
je trouve. Ben voilà, en tout cas une rencontre.
- Speaker #1
En tout cas, un grand merci à tous les deux pour votre énergie, votre passion et pour tout ce que vous apportez au paysage culturel.
- Speaker #2
Merci beaucoup. Merci à toi.
- Speaker #1
Merci à tous de nous avoir écoutés. Retrouvez toutes les infos et les liens du Théâtre du Sous-Sol en description. Abonnez-vous à Poste Café au Château, laissez-nous 5 étoiles et dites-nous en commentaire si vous aimeriez voir du théâtre déambulatoire dans un château près de chez vous. A très bientôt.
- Speaker #3
Merci d'avoir partagé cette pause café avec nous. Si vous avez aimé cet épisode, la meilleure façon de nous soutenir est de nous laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Speaker #1
Pour prolonger la discussion, découvrir les photos de nos domaines ou nous poser vos questions, retrouvez-nous sur Instagram, Facebook et sur nos sites internet.
- Speaker #3
On se donne rendez-vous dans deux semaines pour un nouveau chapitre de nos aventures.
- Speaker #1
D'ici là, prenez soin de votre patrimoine, qu'il soit de pierre ou de nature. A très vite !