- Speaker #0
Bonjour à tous ! Bienvenue dans la Pause Produits, je suis Peter, co-fondateur de IETA, un collectif produit. Chez IETA, nous aimons les moments authentiques avec une touche de funty. Alors quoi de mieux que de faire une pause pour en avoir ? Je vous propose qu'on partage un moment avec des personnalités du monde du produit qui viendront nous parler de leurs réflexions, de leurs visions, leurs interrogations ou tout autre sujet qui leur tienne à cœur. Alors on se fait un petit café, on se fait une pause ? Bienvenue dans la Pause Produits, bonne écoute ! Bonjour à toutes et bonjour à tous, bienvenue dans la Pause Produits. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui concerne pas mal d'organisations produits, c'est la place du design. Et mon invité du jour pour en parler, c'est Elodie Merlin. Bienvenue dans la Pause.
- Speaker #1
Merci Peter, bonjour tout le monde.
- Speaker #0
Depuis plusieurs années, le design s'est imposé dans les équipes produits. Pourtant, beaucoup de designers ont encore le sentiment de devoir justifier leur rôle, leur valeur ou même leur présence dans certaines décisions. Et c'est le sujet justement qu'on a envie d'aborder avec Elodie. Et notamment cette question un peu simple, pourquoi ? Mais plus particulièrement, est-ce que c'est le design qui ne tient pas ses promesses ? Ou est-ce que ce sont les organisations qui ne comprennent toujours pas ce qu'est réellement le design ? Et on va parler justement de ça ensemble avec Elodie. On va essayer de déconstruire quelques idées reçues, parler de ce qui est vraiment le design aujourd'hui. et et Aussi se projeter demain le rôle du designer dans ces organisations, comprendre les organisations. Bref, il y a plein de sujets, je m'éparpille. On va déjà démarrer par te laisser un peu la parole, Elodie, pour que tu puisses nous présenter aujourd'hui ton parcours, qui tu es.
- Speaker #1
Ok, alors j'ai commencé mon métier il y a maintenant 23 ans, ça commence à compter. Je me vois un peu comme une enfant... comme une enfant de la télé, en fait, et un peu une enfant de l'image, donc bercée par le cinéma, j'aimais beaucoup le dessin. Et donc, je suis devenue assez naturellement, on va dire, graphiste. J'ai eu un peu deux périodes dans mon parcours au global. La première, très liée à l'époque où j'ai commencé graphiste, directrice artistique, plutôt en agence de communication. Et puis ensuite, petit changement où là, je me suis plus orientée vers l'expérience utilisateur, donc ce qu'on appelle l'UX aujourd'hui. Et voilà, pour devenir UX designer senior, UX researcher également. Et là, depuis six ans environ, je suis passée côté management des équipes. Voilà, et pour la petite histoire, dès le premier jour où j'ai commencé à travailler, je ne sais pas pourquoi, mais je me suis toujours dit... je veux être manager donc j'y suis je saurais pas l'expliquer mais c'est quelque chose que j'avais dès le début envie d'être et tu mets quoi derrière le manager du coup ? ça peut être plein de choses alors je mets l'humain je pense que ça vient de là je suis à peu près persuadée que le cinéma a une grande vertu c'est développer l'empathie Et voilà, j'ai toujours voulu. Il y a ce côté pédagogique et très fort dans le management. Il y a ce côté, ouais, c'est ça, empathie, accompagnement, compréhension de ce que vit l'autre et être en capacité de lui donner des clés pour avancer de la meilleure des manières. Je pense que c'est ce que j'aime. Et être tout simplement en proximité avec les gens. Parce qu'en fait, quand on est manager... On se retrouve naturellement à côté des personnes. Je pense que c'est ça qui me plaît.
- Speaker #0
Ok, très bien, merci. Petite parenthèse du coup.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Si on revient sur ce qui va animer justement notre moment, pourquoi tu avais envie de nous parler de ce sujet aujourd'hui ?
- Speaker #1
Parce que c'est un peu une constante sur ces dernières années, mais je dirais même presque tout au long de mon parcours. Depuis que j'ai commencé l'UX, je me rends compte que régulièrement, on nous demande d'expliquer ce qu'on fait. Mais tout de suite derrière, il y a aussi ce « mais c'est quoi la valeur de ce que tu apportes ? » Et la justification, je trouve, elle est un peu poussée au maximum en ce moment où j'entends de plus en plus « c'est quoi votre ROI ? » Comment vous justifiez qu'on embauche par exemple un designer de manière pérenne ? c'est-à-dire à long terme, typiquement en CDI. Et donc, je vois bien qu'il y a un questionnement, un vrai questionnement autour de pourquoi je devrais avoir un designer dans mon équipe ? À quoi ça sert ? Qu'est-ce qu'il m'apporte ? Concrètement, factuellement, c'est quoi sa valeur ? Qu'est-ce que ça va me... Donc voilà, c'est ce que je ressens d'un point de vue global, c'est que la dynamique, elle est quand même beaucoup autour de ça. C'est qu'on nous demande de justifier. la raison pour laquelle on est là.
- Speaker #0
D'accord. Et pourquoi, du coup, il y a ce besoin des grandes organisations de devoir justifier, enfin, ce besoin de justification ? Est-ce que tu as...
- Speaker #1
J'ai quelques pistes.
- Speaker #0
Ouais, qu'on va pouvoir...
- Speaker #1
Je me suis... J'ai pas mal réfléchi à la question au début. Il y a déjà un premier aspect qui m'a un peu tout de suite sauté au... Au visage, c'est la définition du mot design. Quand on associe la compréhension du mot design à toute la culture anglo-saxonne, il y a une définition qui est à peu près correcte, qui est vraiment celle qu'on connaît aujourd'hui, c'est-à-dire le design, ce n'est pas à quoi ça ressemble, c'est comment ça marche. Donc il y a un côté presque ingénierie derrière. Nous, en France, ça a été très associé dès le début à quelque chose de plutôt esthétique, plutôt artistique. Et je pense que ça peut expliquer, en tout cas en partie, l'une des raisons pour lesquelles, quand on se présente en entreprise, le métier est d'abord perçu comme ça. Et donc, c'est ce qu'on attend de nous. Et c'est ce qui crée pour moi un début de méprise, mais voilà, sur la base de ce qu'on fait. De base, j'ai l'impression que... En fait, notre métier, vraiment ce qu'il est, et la perception que les gens en ont en entreprise aujourd'hui, il y a déjà un décalage.
- Speaker #0
Il y a déjà un biais.
- Speaker #1
Il y a déjà un biais.
- Speaker #0
Il y a déjà un biais. Et si demain, toi, c'est quoi du coup le design pour toi ? Si simplement, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Alors à la base, si je m'appuie sur la manière dont j'ai appris mon métier, on est d'abord un métier de l'information.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
L'information, c'est... J'allais dire un peu un devoir sociétal. C'est-à-dire qu'en fait, on est des artisans qui sommes au service d'un ou plusieurs messages. Mais pour moi, c'est vraiment ça. On est des artisans de l'information. Et il y a ce côté aussi, on n'est pas, peut-être comme certains le voient beaucoup, des artistes, puisque c'est une totale contradiction, un artiste. peut laisser libre cours à sa propre vision du monde et à sa propre interprétation, alors qu'un designer se met au service d'un message d'une entreprise ou d'une institution pour s'assurer que ce message-là est compris par le plus grand nombre. Donc en fait, pour moi, il y a une contradiction très forte déjà entre les deux aspects. Donc je dirais qu'on se rapproche davantage d'un ingénieur, presque, j'allais dire, d'un mathématicien. que d'un artiste, en fait. Donc, je mettrais les deux.
- Speaker #0
Et pourquoi proche d'un madétien plus que d'un artiste ?
- Speaker #1
Encore une fois, l'artiste, il a un chemin qui est extrêmement personnel et il va confronter sa vision du monde aux gens. Et donc, voilà, son intention peut être multiple, séduire, choquer, provoquer des réflexions. Peu importe. Là où un mathématicien ou un ingénieur ont une démarche normalement un peu plus structurée, c'est-à-dire en fait ont un schéma de pensée, et ils le mettent en œuvre via des étapes qui sont quand même aussi très structurées. Et donc on est dans un process qui est qui est comment Je décortique le problème que j'observe et comment je m'assure de mettre en place les bons éléments qui vont me permettre d'aller chercher une solution, une innovation, peu importe, mais une réponse à ce que j'ai observé. Pour moi, d'un côté, on a une démarche intellectuelle qui est très structurée et de l'autre, on a un schéma qui est un peu plus personnel et qui laisse aussi plus de place à... L'intuition...
- Speaker #0
Mais qui est même complètement plus personnelle.
- Speaker #1
Et qui est même totalement personnelle.
- Speaker #0
Puisque ça va être un... Je n'ai pas le mot, mais c'est comment convertir une pensée en... Livrable pour un artiste, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Là où on a cette démarche-là, ok. Et tu sais, dans ton parcours, pourquoi on a réduit justement le design à ces livrables ? A se dire aujourd'hui, un designer, c'est simplement quelqu'un qui fait de la maquette ou autre. Je vulgarise volontairement pour rentrer dans le jeu, mais je ne pense pas. Mais pourquoi justement on réduit ça, le design, à ses livrables, au même titre qu'on pourrait faire un artiste ?
- Speaker #1
J'imagine que de base, ça vient quand même de ce qu'on perçoit du mot design, donc le côté esthétique. Et le côté esthétique, c'est la finalité, en tout cas le visuel. Le visuel, c'est la finalité de ce qu'on produit. Parce que quand on est graphiste ou designer aujourd'hui, finalement, ce qui va prendre corps, c'est quelque chose que l'on voit. Donc, c'est une création visuelle. Et il y a eu, je pense, avec l'UX, on a commencé à apporter avec le design Cette pensée un peu structurée, là où, quand par exemple, moi j'étais graphiste au début, on sent bien que la démarche n'était pas tout à fait la même. Là, c'était vraiment, on met, quelque part, on recherchait un designer aussi parce qu'il était capable d'apporter en termes d'univers visuels et qui lui étaient propres. Donc, c'était sa marque à lui. Alors que l'UX a commencé à amener quelque chose de beaucoup plus complexe et beaucoup plus structuré. Et je pense que cette partie-là, en fait, quelque part, elle a été oubliée ou on l'a manquée. C'est-à-dire qu'on a fait le lien entre graphisme et UX, UI, product design et tout ce qui va avec, mais en oubliant que la démarche derrière, elle est quand même bien différente. Sans doute que les entreprises ont grandi en ayant aussi ça, c'est-à-dire on a su ce que c'était que le graphisme. Nos métiers sont expliqués un peu comme la continuité de ces métiers-là, donc ça vient avec, c'est le côté... On reste sur le livrable.
- Speaker #0
On reste sur le livrable. Sur le livrable. Oui, tout à fait. Tu as commencé à en parler justement des organisations de... À quel moment tu sens que les grandes organisations ou autres dans l'intégration du design, est-ce que dès le début, ils ont mal intégré, mal compris ou ça a progressivement évolué ?
- Speaker #1
La transition de nos métiers, donc le passage à l'UX, ça a été quand même très, très fortement porté par l'essor du numérique. Donc, avec l'essor du numérique, il y a les différents métiers qui sont nés avec ça. Donc, le développement, le produit, le design. Et pour moi, c'est peut-être là où il y a un défaut de base. Depuis que j'ai commencé mon métier d'UX designer, à chaque fois que j'intégrais une entreprise, quelle que soit sa taille, je me voyais tout de suite rapprocher des équipes, notamment des équipes de développement, donc des équipes qui sont en bout de chaîne, parce que, encore une fois, ce qu'on attendait de nous était ce fameux livrable final. Or, l'expérience utilisateur, si on revient sur ce que c'est, ce n'est pas un métier qui évolue seulement, ou qui ne peut évoluer seulement que dans le numérique. En fait, c'est un métier qui peut s'appliquer à n'importe quel modèle, n'importe quel produit, service, peu importe, et même si c'est du physique. Et donc, sans doute qu'il y a une forme de raccourci, ou en tout cas de... Moi, je le vois comme un peu une convergence de... Le métier est vu comme une production de livrables. Le métier est automatiquement intégré comme une partie du développement, par exemple. Et tout ça fait que, petit à petit, le design s'intègre à un niveau très opérationnel et très bout de chaîne. Alors que c'est en contradiction avec la manière dont justement notre métier fonctionne et comment notre schéma de pensée devrait...
- Speaker #0
Oui, complètement. En fait, tu l'as dit, c'est un métier qui a été apporté ou peut-être vulgarisé ou concrète. On l'a rendu concret aux États-Unis avec des méthodes, des outils. Aujourd'hui, est-ce que tu as le sentiment qu'on a importé les noms sans les méthodes ? Ou juste la philosophie ? Pour toi, en tout cas, est-ce que c'est un ressenti que tu as ?
- Speaker #1
Globalement, je pense que c'est vrai. Parce que si on regarde les open space, c'est un exemple un peu à part. Mais c'est exactement ce qu'on a fait. On a pris un concept. qui se passait très bien, par exemple aux Etats-Unis, mais sans doute ailleurs. Et on l'a dupliqué chez nous en s'attendant à ce que ça fonctionne de la même manière. Or, on n'est pas du tout sur la même culture et on n'est pas du tout sur les mêmes environnements de travail. Donc, ça ne fonctionne pas pareil. Pour le design, je pense que c'est un peu pareil. Je ne sais pas si le côté... Est-ce qu'on essaye... De toute façon, globalement, les anglo-saxons montrent qu'ils sont en avance sur justement la manière d'intégrer ces métiers et de les utiliser. Après, bon... Est-ce que c'est vraiment ça qui a eu un... Qui a eu un impact sur la manière dont on est organisé aujourd'hui, ça je sais pas.
- Speaker #0
Oui c'est ça, c'est... Ok, c'est derrière. En fait, le sentiment que ça donne, c'est qu'on a pris les noms. Mais en fait, l'exemple de l'Open Space, il est assez concret. C'est qu'on est venu en amenant un nom, mais on a laissé la méthodologie à côté. En fait, on s'est juste intéressé à, ok, Product Designer va nous apporter l'effet Wahoo, va nous faire une super image et on en reste là. D'ailleurs, ça me fait... Pourquoi on demande toujours aux designers de faire l'effet waouh ? Puis ça veut dire quoi l'effet waouh ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que c'est un effet waouh ? C'est là où pour moi il y a un problème. Alors l'effet waouh, je pense que tout le monde se reconnaîtra, je l'ai entendu tout le temps, mais tout le temps. Dès que j'ai commencé un projet, une mission, je l'ai tout le temps. À chaque fois, je l'attendais quand on faisait des ateliers sur les objectifs, ou ce que ça doit être, ou ce que ça ne doit pas être. À chaque fois dans la liste ce que ça doit être, on était sûr qu'on allait avoir un post-it effet wow. Et quand on demande aux gens de décrire ce qu'ils entendent derrière, ça devient un peu plus flou. Pour moi, c'est exactement là où il y a méprise. sur l'objectif de ce métier et l'objectif de ce qu'on fait. On peut prendre un exemple de plateformes logistiques qui sont ultra connues aujourd'hui, qui fonctionnent super bien. Si, de manière très objective, on regarde, par exemple, le côté esthétique, on va tous se mettre d'accord, c'est moche. Mais en fait, ce n'est pas le problème. donc derrière l'effet waouh, il y a parce que le design encore une fois est vu comme un métier esthétique, de la part de pas mal de gens cette attente du ça doit être beau, ça doit claquer ça doit me faire une étoile dans l'oeil en mode waouh, magnifique alors qu'en fait si on demande à un designer ou à quelqu'un qui travaille dans le produit ce que c'est que l'effet waouh, très concrètement non l'effet waouh doit être un produit qui fonctionne tellement bien qu'en fait, la personne ne va peut-être même pas se rendre compte de ce qu'elle est en train de faire. Et dans ce parcours-là qui est... C'est Don Norman qui disait ça. Un très bon design, en fait, ne se remarque pas. C'est là où il y a quelque chose d'un petit peu plus complexe pour moi. Oui, si on vit une bonne expérience, en fait, on ne doit pas en être conscient, mais... On sait aussi que ça peut déclencher... Flancher une émotion qui est positive parce que justement ça s'est bien passé et à partir du moment où ça s'est bien passé et que l'émotion s'est ancrée dans le cerveau et que c'est bien, là on sait qu'on est en train de créer un souvenir qui est bon. Et là on est pile poil dans les principes de l'expérience, l'émotionnel, le souvenir et cet effet waouh c'est quoi ? En fait cet effet waouh c'est pas je l'ai vu c'est beau c'était remarquable. Ça s'est tellement bien passé que j'ai rien à dire.
- Speaker #0
Je pense que tu notes un truc hyper important entre visuel et expérience.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, l'effet waouh doit être dans l'expérience et moins dans le visuel. En tout cas, l'attendu, c'est l'expérience globale et pas juste sur un visuel, une jolie photo ou autre.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et c'est... Ouais. C'est intéressant. Ce qui change la vision du rôle du métier de designer dans les organisations, c'est peut-être dû en partie à ça, de se dire qu'on va travailler sur une expérience et pas juste sur un visuel. Pour toi, qu'est-ce que cette mauvaise compréhension ? On est d'accord ? je jose le dire, ma mauvaise compréhension, a changé dans les organisations ? Qu'est-ce que ça a induit ?
- Speaker #1
Si je repense, par exemple, aux personnes que j'ai accueillies, onboardées dans mes équipes, ou moi-même quand j'ai commencé des missions, j'ai remarqué que la première chose qu'un designer aujourd'hui doit faire, c'est... C'est un peu cette image du saumon qui remonte le courant.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En fait, il y a ce côté, c'est à coup sûr, on va passer énormément de temps à remonter la chaîne de décision, à comprendre étape par étape comment les choix ont été faits et en fait, ce qu'il y a à l'origine. Et ça, pour moi, c'est une première illustration très concrète du fait que... Si on se fait l'image d'une montagne ou une marrelle, on nous place à un endroit qui est très en bout de chaîne et qui, parce que notre métier l'oblige, va nous pousser à remonter petit à petit les échelons pour remonter la décision et pour mieux comprendre d'où ça vient. et pour mieux comprendre à la fois quel était l'objectif de base et quel était le problème de base. Pour moi, il n'y a pas plus édifiant que ça. Je pense que tous les designers se reconnaîtront. On passe un temps fou à rembobiner la connaissance. Et c'est là où, pour moi, aujourd'hui, notre métier, à la fois, apporte énormément de valeur, mais met en évidence aussi cette méprise-là. C'est que quand on arrive dans une entreprise, c'est très courant d'entendre « non mais on le sait ça » . Et ça, c'est pas un sujet. Je pense que quand on arrive dans les équipes, il y a de la connaissance. Mais une partie de notre métier, c'est comment on s'assure de structurer cette connaissance et qu'en fait ce soit une connaissance qui est collective et qui est partagée. et non pas une connaissance individuelle qui reste bloquée dans une seule personne, un seul cerveau. Et souvent, c'est vrai, notre métier consiste à ça. C'est récupérer cette connaissance, remonter le fil. Et ça nous prend des heures et des heures et une énergie folle. Parce qu'à chaque étape, il faut aussi s'imaginer que chaque personne que l'on va rencontrer va nous demander « Mais c'est quoi ton métier ? Et pourquoi tu es là ? » mais qu'est-ce que tu apportes ?
- Speaker #0
il reste terminé tu peux me faire un joli bouton ? est-ce que tu peux me changer la couleur du bouton ? dans le pire des cas la photo elle me plaît pas trop tu as pas une jolie photo ? crée-moi un petit truc je fais exprès je suis la boucle ok mais est-ce qu'on a pas il peut y avoir aussi un euh euh euh Je vais me mettre côté organisation. Il peut y avoir aussi une impression de... Ok, j'ai une mauvaise connaissance du métier du design. J'ai du mal à voir la valeur. Comment on fait en sorte que le design, au global, l'expérience apporte de la valeur ? On a les métriques ? Comment réussir à justement... Est-ce qu'il faut rassurer tout le temps ? Comment réussir à faire ça ? Ton avis sur ça.
- Speaker #1
Est-ce que ta question principale, c'est par exemple ce que moi j'imaginerais comme solution, entre guillemets, pour que ça s'améliore ? Ce que je vois de plus en plus, c'est que je vois un lien assez fort entre, dans les entreprises... Le leadership, donc vraiment à un haut niveau, selon son modèle de pensée, un peu son état d'esprit, il y a des entreprises qui, déjà dès le haut niveau, ont l'expérience client un peu dans la peau. Et si tout ce chemin de pensée de... Comment je traduis mes objectifs d'entreprise avec le filtre de ma culture, mes valeurs, ce que je souhaite communiquer de singulier ? Comment j'arrive à rester compétitif ? En fait, toute la boîte à outils dont nous, on se sert en méthodologie continuellement, si déjà elle est placée au niveau du leadership, ça, c'est exceptionnel. Et je l'ai vu, c'est des tentatives que j'ai concrètement moins vues dans des entreprises pour lesquelles j'ai travaillé récemment. Et je crois beaucoup en ça. Typiquement, il y a aussi, quand tu penses que la recherche utilisateur, qui est un très fort parallèle avec tout le travail que fait le business dans une entreprise sur la compréhension du marché, la compréhension des... du profil des acheteurs ou des comportements d'achat. Que ces équipes-là sont encore très souvent aujourd'hui. Je pense qu'il y a des efforts qui sont faits et tant mieux. Moi, je pense que c'est l'avenir. Mais ces deux équipes-là sont souvent très éloignées. Ces deux personas qui ont peu de temps pour discuter ensemble, voire ne se croisent jamais en direct parce qu'il y a des intermédiaires ou parce que c'est trop lointain. Rapprocher la recherche utilisateur de ce que connaissent les business. Et voilà. Et on a un peu la vérité globale de ce qu'est le marché, de ce qu'est le potentiel.
- Speaker #0
Et du coup, de l'impact que peut avoir le product design sur ça. Et en fait, ce que tu es en train de dire, c'est comment tu rapproches le product design du business. parce que là effectivement il y a un sentiment qu'il est éloigné alors est-ce qu'il s'est éloigné aussi est-ce que dans la culture c'est peut-être un peu plus philosophique mais dans la culture du design le business c'est pas nous ou nous on est très centré utilisateur et on va répondre à ce que veut l'utilisateur alors si ça génère du business tant mieux mais est-ce que toi aujourd'hui tu dirais que le design il s'est éloigné ou il est éloigné ou on l'a éloigné J'espère.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un peu de tout. Je pense qu'on sait... Le métier s'est un peu piégé lui-même, peut-être au début, aussi parce qu'on se définit beaucoup autour de l'utilisateur. Alors ça, c'est un truc primordial. Et moi, j'ai fait l'erreur au début, et je m'en suis rendue compte assez vite. Quand on travaille en tant que designer dans une entreprise, et encore plus quand on a fait partie de cette génération où l'expérience utilisateur, c'est la formation qu'on a eue. Il y a un peu un biais, pour moi, négatif, compris pas mal de designers, moi, dedans. C'est le côté, on est là pour défendre l'utilisateur. On est le porte-drapeau de l'utilisateur. Et il y a peut-être un côté un peu...
- Speaker #0
Quelque part, on ne fait que ça et rien d'autre. Or, la réalité, c'est qu'on travaille dans le cadre d'une entreprise, on travaille dans un contexte business. Donc, la compréhension de l'utilisateur, c'est une chose, mais la compréhension du business, elle est aussi, en fait, elle est tout aussi importante. Si on reproche au business de mettre l'utilisateur de côté, on peut tout autant reprocher à nos équipes produits et design. de mettre le business de côté. Je pense que le modèle utilisateur va de pair avec le modèle business. Et donc, il doit y avoir plus de curiosité de la part de ces deux équipes-là à avoir de l'écoute et de l'empathie sur ce qui se passe des deux côtés. Quand on est UX designer, j'avais appris moi ça... C'est quelque chose de très théorique, mais je trouve que c'est extrêmement vrai. Il y a une sorte de trois bulles qui convergent. Il y a la voie de l'utilisateur, il y a la voie de le marché, et la troisième bulle, c'est la voie de l'interne. Et la voie de l'interne, c'est la voie de l'entreprise. C'est pareil, on ne peut pas faire notre métier si on ne comprend que nos utilisateurs et les objectifs business. En fait, on le fait bien si on comprend ça et si on comprend aussi... la culture d'entreprise dans laquelle on est, ce qui fait la singularité de la boîte et ce qui va nous aider aussi de manière, pour le coup, purement tactique, savoir comment naviguer pour justement mener ces deux objectifs-là à terme.
- Speaker #1
Exactement. Et dans ce que tu soulignes, je trouve qu'il y a un objectif commun.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
On n'est pas sur deux typologies d'objectifs. On est sur un seul et même commun pour l'ensemble des rôles. Je pense à l'échelle de l'organisation ou autre. Pour faire du pilotage par impact. Je pense aux OKR tout de suite, mais je ne sais pas. Mais en tout cas, d'avoir cette définition commune, il n'y a pas le côté user-centric et le côté business.
- Speaker #0
Exactement, c'est la même chose.
- Speaker #1
Oui, OK. Il y a un sujet qu'on n'a pas abordé, enfin, ce n'est pas qu'on n'a pas abordé, mais je trouve qu'il est dans la continuité aussi, est-ce que en fait il y a une par rapport au rôle de product designer ou designeuse il y a même déjà le nom il y a dix noms différents j'ai découvert sur des annonces product designer UXUI je me dis qu'est-ce que ça veut dire ou des designers UXUI j'ai l'impression je ne sais pas si ça aide ou pas mais... Mais est-ce qu'il faut redéfinir le métier ? Est-ce qu'il faut avoir un nom commun ? C'est très compliqué.
- Speaker #0
Je pense que tu vois ça parce qu'aujourd'hui, on est obligé de mettre des mots-clés pour répondre aux algorithmes. Il y a ça qui est un peu compliqué. Mais il y a une chaîne de noms impressionnante. Et d'ailleurs, je comprends moi complètement que les gens qui font notre connaissance dans les entreprises... Soit mais perdu. Experience designer, head of experience, product design, designer UX, designer UI. Si en plus on met aussi tout ce qui est relatif à la user research à côté, c'est extrêmement complexe. C'est là où tu disais tout à l'heure, est-ce qu'on n'a pas accueilli des termes anglo-saxons de manière un peu trop facile en s'imaginant que ce serait compliqué ? très explicite dès le début. Alors oui, je pense que c'est un peu une partie du problème. Et en même temps, est-ce qu'on pourrait se mettre tous sous une casquette designer ? Non, je ne pense pas, parce qu'en fait, le terme designer est très, très large. C'est hyper généraliste. Si on cherche designer, par exemple, sur LinkedIn ou autre, ce qu'on va trouver, c'est... Designer de tout. Produit physique. De bijoux, d'événementiel, de décors, de tout ça. Il y a clairement, à mon avis, un vrai besoin de redéfinir notre métier et peut-être de repenser des noms qui sont un peu plus adaptés.
- Speaker #1
Ce qu'on vient de se dire. sur le rôle du design dans les organisations. On a bien compris ce qui pêche. Sur quoi tu t'interroges aujourd'hui ? Les sujets qui t'interrogent ?
- Speaker #0
Beaucoup. Je suis dans une grande réflexion en ce moment. Il y a le côté clairement... S'il y a une incompréhension autour de notre métier, je pense que ce serait une bonne chose de se poser sur comment on redéfinit notre métier, comment on s'assure justement qu'il est à la fois suffisamment bien compris et... Et que ça ait du sens pour que les entreprises, demain, puissent l'intégrer naturellement. Qu'on ne se pose plus de questions sur pourquoi on a besoin de ce rôle-là, à quelle place on a besoin de ce rôle-là, comment on travaille avec ces personnes. Donc il y a une nécessité pour moi de redéfinir, de prendre les rênes vraiment, nous en tant que designers, et de se reposer la question de comment on se définit aujourd'hui, et peut-être quel nom on se donne. Le nom est un détail, mais... Ça peut avoir son importance.
- Speaker #1
Oui, mais je pense que ça peut avoir son importance. Et quelle place il doit avoir dans l'organisation. Parce qu'il y a un point qu'on a un peu abordé, mais qui est aussi intéressant, c'est, tu l'as dit, le bout de chaîne. Aujourd'hui, si la place continue d'être en bout de chaîne avec les devs, ce n'est pas péjoratif, mais il y a quelque chose de... En fait, on n'a pas compris ce que c'est le design. Et alors, on appelle ça peut-être que du design. Mais ce n'est pas du product design. ou de l'expérience utilisateur. Et donc, c'est peut-être ça qu'il faut réussir à aider les organisations à faire remonter. Comment ? La culturation. Culturation des choses.
- Speaker #0
Oui, je pense que si on a de plus en plus d'exemples d'un schéma de pensée, parce que pour moi, c'est vraiment ça, c'est un schéma de pensée, le design. Si on a de plus en plus d'exemples de ce schéma qui est mis euh... à disposition, en collaboration directe avec le leadership vraiment stratégique. Je pense qu'on verra de plus en plus cette porte s'ouvrir sur la dimension plus stratégique de nos métiers.
- Speaker #1
Je suis assez d'accord. Et puis l'impact même de, aujourd'hui, tu l'as dit au début, on est dans une ère du numérique, ça fait un peu grand poncif, l'ère du numérique. Mais il y a ce côté où le numérique est partout. et des mauvaises décisions peuvent impacter justement d'avoir une mauvaise expérience peut impacter au-delà des KPI au-delà du business ça peut impacter aussi d'un point de vue user on est en train d'évoquer la place du design de la remontée un peu plus au centre au sens des responsabilités. Pourquoi pour toi le design a une responsabilité particulière ? Pourquoi il doit avoir une responsabilité dans les décisions stratégiques ?
- Speaker #0
Justement, quand on parle de définir l'expérience que l'on souhaite faire vivre aux gens, Pour moi, il y a des effets de ce qu'on produit qui peuvent être particulièrement problématiques si justement les décisions prises ne sont pas bonnes. Et quand je dis pas bonnes, c'est un exemple, c'est assez facile de voir aujourd'hui dans toutes les utilisations. numérique que l'on peut avoir avec tous les différents appareils que l'on a dans notre quotidien, la télé, le téléphone, les tablettes, peu importe. Vous mettez certaines catégories de la population, et j'ai même envie de dire que c'est presque transverse, c'est presque cross, mais ce qu'on observe tout de suite, c'est que, de base, on a une forme de discrimination. En fait, si on fait de mauvais choix sur... Je décide, par exemple, que la personne qui va accéder à mon service ou mon produit doit passer par... Allez, on va sortir la classique. J'essaye de capturer tes informations. Je t'invite. Voir t'oblige, ça dépend. Je t'invite à te créer ton compte. En te créant ton compte, je te redemande des informations. et voilà et in fine tu vas pouvoir profiter de ce que je propose du service ouais et quand on retranscrit ça dans la vie réelle il y avait eu une vidéo à l'époque qui était extraordinaire où il y a une personne qui passait à la caisse et dans un magasin physique et où on faisait comme s'il était en train de vivre une étape digitale et c'est extra parce qu'en fait on se rend compte de l'absurdité totale de ce que ça donne C'est-à-dire qu'il est devant la caisse et la caissière lui demande d'abord « Avez-vous votre nom d'utilisateur ? » « Avez-vous votre mot de passe ? » « Ah, le mot de passe était René. » « Vous voulez remodifier votre mot de passe ? » Et on voit toutes ces étapes-là physiquement.
- Speaker #1
C'est bien, c'est intelligent de se projeter de manière physique ce qu'on vit en numérique.
- Speaker #0
Ça donne un aspect. Et très concrètement, si on traduit... La majorité des expériences qu'on fait vivre en ligne aujourd'hui aux gens en réalité physique, je pense qu'il y en a, allez, je m'avance sur un chiffre, je pense qu'il y en a 1 sur 10 qui arrivent à aller au bout de son achat. Et ça d'un point de vue société, tu parlais de responsabilité, souvent, souvent, le travail. des équipes produits, des équipes design et peut-être même encore plus des équipes autour de la recherche utilisateur mettent en évidence ces aspects-là. C'est pour ça que si on amène ces questions-là, c'est pour ça que je parlais d'état d'esprit aussi, du leadership au sein des entreprises. Je pense que si au niveau le plus haut, on est conscient de ce rôle et de cette responsabilité, le design est une discipline qui, à ce niveau-là, peut amener des solutions et une boîte à outils qui est utile pour justement pallier à ces choses-là et rencontrer ce que tu disais. Si en tant qu'entreprise, je me fais le devoir de me dire que je veux respecter les gens que j'ai en face, leurs contraintes, leur environnement. et que je prends en compte ça, dans quel milieu ils évoluent, est-ce qu'ils ont la capacité véritablement d'utiliser ce que je vais leur mettre à disposition, il y a des nœuds qui pourraient se défaire assez facilement.
- Speaker #1
Voilà, complètement d'accord. Il y a un sujet qu'il faut aborder, qui est le sujet du moment. Ah,
- Speaker #0
je le vois venir !
- Speaker #1
Je le pose quand même. Quel rôle va jouer l'IA dans le design ? Ça fait un peu buzzword parce que je vois ça partout. Mais plus sérieusement, ça crée une inquiétude. Ça crée une inquiétude dans le rôle du product design. C'est quoi, toi, ta vision sur ça ? Ce que tu penses autour de l'IA ?
- Speaker #0
Je pense qu'on pourrait élargir la question à... Qu'est-ce que l'IA va changer dans le monde ? Parce que pour moi, c'est une sorte de vertige immense. Et aussi parce que l'intelligence artificielle a créé ce truc qui est à la fois magique et en même temps dangereux. Je pèse mon mot, mais je pense qu'on n'est pas loin. C'est qu'en fait, il a facilité à outrance le point d'entrée. C'est-à-dire que là, on parlait d'utilisabilité ou d'accessibilité. Une intelligence artificielle aujourd'hui, avec celles qui sont accessibles en ligne, n'importe qui peut établir une question et c'est très facile. Et en même temps, il y a cette promesse. qui est véhiculée dans des versions vraiment très sophistiquées de ce que crée l'intelligence artificielle, c'est un résultat qui est d'une qualité qui est assez étonnante, et ça, quel que soit le milieu. Pour notre métier à nous, c'est un peu le problème. C'est que... Alors, je vois ça aujourd'hui plus comme un risque que comme une opportunité, mais... J'aurais tendance à dire que si tu me reposes la question, peut-être dans six mois, un an, ma vision aura changé et je verrai ça peut-être davantage comme une opportunité que comme... comme un problème. Mais aujourd'hui, parce qu'on parlait de la méprise, enfin en tout cas de l'incompréhension peut-être de ce qu'est notre métier fondamentalement, et qu'on ait un peu loupé ce côté justement schéma de pensée, le problème c'est qu'en fait là il y a, je pense, beaucoup de personnes qui voient l'IA comme un accélérateur mais immense qui va... en partie remplacer le travail du designer, s'il est vu comme ce fameux livrable final.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais si on se pose la question d'un point de vue plus juste par rapport à ce qu'on fait aujourd'hui, au contraire, on pourrait se dire que, effectivement, c'est un accélérateur, mais ça reste un accélérateur sur des phases qui viennent après un schéma de pensée. Et après, on peut imaginer le côté... Si on se met d'accord de base sur quels sont nos objectifs et si on a cette vision globale, utilisateur, business, entreprise, qu'est-ce qu'on veut délivrer de singulier et que, in fine, on se sert de l'IA comme... Un outil. quelque chose qui est au service de toute la démarche qu'on est en train de mettre en place collectivement, alors là, je dis OK. Et il y a un autre pan qui crée une confusion énorme dans ma tête et qui, à mon avis, in fine, va aussi m'amener à pas mal d'incohérences dans mon métier, c'est le côté... L'IA aujourd'hui, elle va aussi créer un truc qui est fort, c'est côté environnement. Elle est déjà en train de le créer. C'est qu'on a un vrai problème avec les data centers et tout le stockage dont on a besoin. Ça va devenir une question environnementale et ça l'est déjà aujourd'hui. Ça va l'être de plus en plus.
- Speaker #1
Je partage totalement. Oui, complètement. Je trouve qu'il y a ce champ des possibles. En fait, aujourd'hui, j'ai le sentiment de ma fenêtre, ça. On teste tous, on essaye tous, donc on consomme énormément.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est un fait. Et c'est ça qui crée du coup une dépendance, enfin qui crée une conséquence environnementale forte, ce qui fait augmenter la data center. Et en plus... On s'en crée une dépendance. Aujourd'hui, il y a des choses qu'on ne pourrait plus faire sans ou qu'on ne voudrait plus faire sans. J'attends la montée des prix dans 3-4 ans, parce que tous les abonnements remontent, parce qu'une fois qu'on est complètement dépendant, j'ai peur qu'il y ait une inversion des tarifs qui se fasse. Bon, ça, c'est ma petite parenthèse. Ouais, ouais, je te rejoins sur... On aura un risque dans les organisations de l'IA, notamment autour du product design, si on se focalise sur du livrable. Oui, tout à fait. Parce que la promesse aujourd'hui de l'IA, qui est énormément véhiculée, ou quand on parle avec des décideurs, il y a un « ok, on va pouvoir supprimer 1, 2, 3, 4, 5 points » , faire des économies en fait. Il y a un truc de « l'IA va remplacer faire des économies » . Dans les faits, ce n'est pas tout à fait vrai, parce que sur une personne, elle va prendre… Si on prend le product design, ça peut être peut-être un bout. OK, les maquettes, elles ne vont plus être faites. Elles vont être faites, mais il y a tout le reste, en fait. Bien sûr. Donc, en fait, c'est de la fausse économie aujourd'hui qui peut être faite. Donc, je te rejoins beaucoup. Et c'est le message que j'ai avec les personnes côté design qui ont tous un peu cette crainte-là de dire non, mais on est sur une expérience globale. Ça, c'est qu'une partie. C'est que le livrable aujourd'hui qui... qui pouvait être aussi le plus pénible pour certains designers à devoir changer, faire plusieurs maquettes. Là, ça sera fait de manière un peu plus... Et encore aujourd'hui, ce n'est pas non plus au top. Il y a quand même une intervention à refaire derrière. Mais en tout cas, c'est se focaliser plus sur le en amont, ce que tu disais, de recherche, de pourquoi, les impacts. Enfin voilà, toute cette expérience qu'on fera en amont.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Je crois qu'il est temps de clôturer. On a passé un bon moment. En tout cas, moi, j'ai passé un bon moment.
- Speaker #0
Je partage,
- Speaker #1
moi aussi. C'était hyper cool. Merci beaucoup pour ce partage très inspirant. Très inspirant sur ta vision du design ou même la vision de ce que tu as pu rencontrer. Donc, merci encore, Elodie. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi, Peter. C'était un plaisir.