- Speaker #0
Vous êtes à l'écoute de Richou Faucher, le podcast voyage du petit futé. Le principe, il est simple, une même destination, deux budgets, donc deux façons de la découvrir. Alors c'est pas une compétition, il n'y a pas de gagnant à la fin, mais deux voyages qui vont parfois se croiser, mais surtout prendre deux chemins complètement différents. Cette fois, direction l'Ecosse, rien que le nom fait déjà surgir tout un décor. Des châteaux noirs sur des rochers. Des loques qui ressemblent à de l'encre, les highlands noyés dans les nuages, des falaises battues par le vent, des pubs où l'on se réfugie près du feu, du whisky bien sûr, quelques trains qui ont manifestement décidé de devenir des stars de cinéma. Et puis il y a Édimbourg, éatral, minéral, Glasgow aussi, plus brut, créatif, les îles, les grands espaces, ces distilleries et cette lumière qui peut métamorphoser un paysage avant même qu'on ait fini de régler son appareil photo. Pour ce voyage, le tirage au sort... a parlé, je serai le fouché et Henri, lui, a récupéré le gros budget. Bonjour Henri, j'espère que tu mesures la responsabilité qui est la tienne.
- Speaker #1
Bonjour Stéphane, je la mesure parfaitement. J'ai déjà repéré le Caledonian Sleeper et quelques hôtels historiques, des chauffeurs-guides, des lodges avec cheminée et plus d'heures d'istillerie où l'on emploie très sérieusement des mots comme fût, tourbe et édition art. Mais je compte surtout voir ce que le budget permet de mieux comprendre, pas seulement de mieux dormir.
- Speaker #0
Pendant ce temps, j'ai vérifié un peu les bus, les trains réguliers, les auberges. Je prévois beaucoup de marchés imperméables. Il va devenir mon meilleur ami. Je vais chercher cette écosse un peu près du quotidien, des sentiers, des pubs, des bonnes adresses accessibles. Toi Henri, avec ton budget, tu auras du temps, des guides, des détours plus ambitieux et quelques plaisirs que mon portefeuille contemplera de loin.
- Speaker #1
Ne sous-estime pas ton imperméable en Écosse, il pourrait se révéler plus utile que ma carte bancaire.
- Speaker #0
On va voir ça. En tout cas, deux budgets, probablement deux voyages assez différents. Riche ou fauché, l'Écosse nous attend. Notre voyage commence à Édimbourg et c'est une ville qui sait faire son entrée. Old Town qui grimpe vers son château qui est posé sur un ancien volcan. En face, New Town déroule plutôt ses façades néoclassiques. Entre les deux sont des rues qui plongent, des escaliers, des flèches gothiques, plein de petites ruelles étroites. Ici, on les appelle des closes. La pierre est sombre, les perspectives se ferment, s'ouvrent brusquement. Les pavés ont l'air de connaître plein d'histoires. Je ne les raconte pas à tout le monde, on va essayer d'en avoir quelques-unes. Moi, avec mon budget serré, je suis arrivé à l'avion au petit prix. J'ai pris le bus depuis l'aéroport. Pas de chauffeur, pas de pancarte à mon nom. Mais c'est quand même la sensation assez agréable de voir la ville se rapprocher petit à petit. Le château qui est fini par apparaître sur son rocher. Les façades qui se resserrent. Les rues qui commencent déjà à monter. Pour dormir, je pose mon sac au Castle Rock Hostel. Je suis quasiment sous le château en fait. Dortoir, cuisine commune, voyageurs un peu de partout. Mes chaussures de randonnée sont dans le couloir. Mon luxe, c'est d'être immédiatement au corps du décor. toi Henri, pendant que moi je négocie avec mon casier, avec Anna, toi tu arrives comment ?
- Speaker #1
Moi Stéphane, je suis encore dans mon lit. Je suis parti de l'ombre la veille au soir dans le Calais des Nancypeurs, dans une vraie cabine avec un vrai lit. Je me suis endormi en Angleterre et j'ai ouvert les rideaux sur l'Ecosse. Ce que j'aime, c'est que le trajet n'est pas un temps mort. Le voyage commence la veille avec ce petit cérémonial du train de nuit, puis le matin on voit le paysage changer derrière la vitre avant d'entrer directement dans Édimbourg. À la gare d'Edimbourg-Waverly, en Pays de l'Oise. plein centre, je n'ai que quelques pas à faire pour rejoindre de Balmoral. Sa grande horloge domine Prince's Suite. A l'intérieur, boiserie, service impeccable, chambre raffinée. Je pose ma valise et je prends un café en regardant la ville se réveiller. Là, le budget m'a déjà offert quelque chose de très concret.
- Speaker #0
Une arrivée qui fait partie du séjour et zéro énergie dépensée dans la logistique. Le lendemain matin, nous nous retrouvons au pied du château. Castle Rock domine la ville depuis son ancien volcan. Et rien qu'en levant les yeux, on sent déjà le... poids de l'histoire, les guerres d'indépendance, les sièges, les rivalités dynastiques, Marie Stuart, Jacobit, beaucoup de gens sont passés par ici vraiment persuadés qu'ils allaient régler définitivement la question écossaise, l'histoire et visiblement d'autres projets. Nos budgets nous séparent quasiment immédiatement parce que pour moi, une vingtaine de livres, l'entrée, c'est plusieurs repas. J'ai donc gardé le château pour l'esplanade, les vues, puis j'ai descendu le Royal Miles. Saint-Gilles cathédrale, Victoria Street, avec ses façades colorées, c'est génial. Il y a le Grass Market aussi en contrebas. J'ai pris Édimbourg par les rues. J'ai regardé les anciennes, les pierres noircies, les portes des escaliers. Et surtout, je file au National Museum of Scotland. Là, c'est entrée gratuite. Plusieurs heures entre histoire écossaise, science. Convention animaux, culture du monde, c'est mon grand braquage culturel du jour. Je ressors beaucoup plus riche et le portefeuille n'a même pas toussé.
- Speaker #1
Moi pendant ce temps là, je rentre dans le château avec un guide privé et très vite, je comprends ce que j'achète. Pas seulement l'accès mais une chronologie. Robert de Bruce, William Wallace, les guerres contre l'Angleterre, les joyaux de la couronne, les fortifications, le One O'Clock Gun qui tonne à 13h. Une cour qui pourrait n'être qu'un joli décor devient un lieu stratégique où chaque mur a changé pour... plusieurs fois de camp, de fonction ou de symbole.
- Speaker #0
Bon, c'est avec toi que tu as les pierres et le mot d'emploi.
- Speaker #1
Exactement. Et je plonge sous terre avec The Real Mary King's Close. On descend sous la ville actuelle pour retrouver d'anciennes rues, aujourd'hui enfermées sous les bâtiments modernes. Des plafonds bas, des pierres humides, des boutiques disparues. Il faut imaginer des familles serrées dans des logements minuscules, des récits d'épidémies. C'est là qu'Edimbourg cesse d'être seulement gothique ou photogénique. On commence à sentir la vie qui s'est empilés sous la ville d'aujourd'hui.
- Speaker #0
Je reconnais que ça donne envie. Moi, dans ma clause gratuite, j'ai surtout croisé un étudiant déguisé en fantôme et distribué des prospectus. C'est quand même moins historique. Avant de quitter Edimbourg, on décide de prendre un peu de hauteur. Moi, je vais commencer par Carlton Hill. La montée est assez courte. C'est gratuit. En quelques minutes, on a toute la ville qui se déploie devant nous. Le château, bien sûr. Les toits sombres, Arthur Cid, le Firforforf. Voilà, beaucoup plus au loin. Les monuments néoclassiques de la colline aussi. Bien sûr, il y a une averse qui arrive. Cinq minutes plus tard, un rayon de soleil découpe les façades. Première règle écossaise, si la météo ne vous plaît pas, attendez un peu. Elle prépare autre chose très rapidement.
- Speaker #1
Moi, Stéphane, je veux aller jusqu'à Arthur's Seat et je prends un guide. Pas pour qu'il me porte, malheureusement, mais pendant la montée, il raconte l'ancien volcan sous nos pieds, montre comment Alterney Newton s'organise. des ingles amers, les collines, les quartiers qui s'étalent tout autour de nous. Là, la vue devient progressivement une carte vivante. C'est exactement le genre de moment où j'aime dépenser davantage. Je fais le même effort, mais je ne regarde plus seulement un beau panorama, je comprends ce qu'il a fabriqué.
- Speaker #0
Je monte aussi, sans mode d'emploi, c'est vrai, avec un rapport de plus en plus personnel à mes mollets. En haut, c'est que la ville est magnifique, et je dois reconnaître qu'avoir quelqu'un qui vous montre, ça évite de faire la grande technique du touriste qui pointe vaguement vers l'horizon en disant Ça là-bas, ça doit être quelque chose.
- Speaker #1
Après la descente, je change totalement d'ambiance. Je vais déjeuner à The Witchery, tout près du château. Poiserisson, chandeliers, velours, décors presque baroques. On s'assoit et après le vent, tout ralentit. Saumon, poisson, gibier, produits qu'on sait travailler avec beaucoup plus de sophistication. Le déjeuner devient presque le deuxième acte de la visite.
- Speaker #0
C'est pas mal, oui. Moi, je suis directeur The Peamaker. Une pie, une tarte chaude, généreuse, mangée... presque en marchant. Après, Arthur 6, c'est vrai qu'il a un goût précis. J'avais dépensé pas mal de calories. Mais j'aime bien ton programme, en fait, parce que ton budget n'a pas supprimé l'effort. Il a donné un guide. Bon, et puis un bon petit déjeuner derrière.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, Stéphane. Le luxe n'est pas toujours d'éviter de monter la colline. Parfois, c'est de savoir pourquoi on la monte, de ne pas finir avec de la pâte feuilletée sur ce manteau. Bon, on arrive à Glasgow. Et cette fois-ci, Stéphane, je te propose qu'on commence par moi parce que moi, j'ai vraiment envie de lui donner sa chance à cette ville. Tu vas partir photographier les murs peints de la ville. Moi, je vais faire une visite guidée.
- Speaker #0
Bon, c'est vrai que quand tu m'as dit que tu voulais décrypter Glasgow, je me suis dit de suite que ça allait coûter très cher.
- Speaker #1
Bon, c'est sûr que je vais dépenser le prix d'une visite guidée. Glasgow, elle est plus industrielle, elle est plus musicale, moins immédiatement théâtrale qu'Edimbourg. J'ai donc pris un guide autour de l'architecte Charles Rennie McIntosh et de l'artiste Margaret MacDonald. Certaines icônes ne se visitent plus comme avant. Tu vois, The Lighthouse est fermé au public, le McIntosh Building, il reste en reconstruction. Et justement, avec la visite guidée, tu vois, ça m'évite de rester devant des portes clos, ça m'évite de la frustration. Le guide, il va me permettre de replacer les bâtiments dans l'histoire de la ville. Il raconte le Glasgow de l'industrie, celui qui s'est réinventé par le design, l'architecture, la culture. Le guide, il m'emmène voir le Hunterian, la Macintosh House. Et puis, on découvre des intérieurs qui ont été reconstitués.
- Speaker #0
Donc, t'arrives même à visiter ce qu'on ne peut plus visiter.
- Speaker #1
Ouais, c'est l'avantage d'un bon récit, Stéphane. Une façade inaccessible quand même devenir intéressante si quelqu'un vous explique pourquoi elle compte.
- Speaker #0
Moi, j'ai pris Glasgow par la rue. Le City Sound Mural Trail, en effet, nous fait surgir d'immenses fresques sur les pignons. Ensuite, je suis allé vers le West End devant l'Université Néo-Gothique. C'est vrai que les cours donnent envie de reprendre les études uniquement pour le décor. Et j'ai terminé au Kelvin Grun Art Gallery and Museum. Là, il est gratuit, immense, complètement éclectique. C'est-à-dire qu'il y a du daily, de l'histoire naturelle. Design Mike, Kim Josh, bien sûr. Et Glasgow me fait beaucoup de cadeaux sans me demander ma carte bleue.
- Speaker #1
Et moi, après avoir beaucoup marché aussi, je m'offre le Kimpton Blisswood Square. Beau volume, spa, literie impeccable. Et ensuite, un dîner au Ibiqui. Je ne dis plus que cheap, bon je l'ai prononcé n'importe comment Stéphane, mais t'as compris, c'est un super beau restaurant dans le Vestem. Moi ce que j'aime, c'est que ma journée, elle ne se résume pas au confort. Le guide, il m'a donné une structure de la ville et l'hôtel, lui, il me permet de souffler. Le dîner, il continue à parler de l'Ecosse avec des beaux produits locaux et une cuisine contemporaine.
- Speaker #0
De mon codé, j'ai fini au bon accord avec une pinte, une sélection de whisky. assez longue, de quoi provoquer une crise existentielle au comptoir, toi tu as demandé à Glasgow de s'expliquer, moi je vais laisser un peu me tomber dessus et franchement, les deux méthodes lui vont très bien. Nous voici sur la route des Highlands et bon, je vais quand même essayer de vérifier un peu notre vocabulaire. Un loch, c'est un lac. Un glen, une vallée. un bain, une montagne. Bon, jusqu'ici, tout va bien. Le bus qui vient de partir sous votre nez, bon, ça, en revanche, c'est une histoire beaucoup plus personnelle. Mais j'arriverai toutefois à Stirling. Puis, en tout cas, j'irai vers le Loc-Lumont, les Trois-Sacs. C'est la grande bascule parce qu'en fait, on a les villes qui reculent, les routes qui se resserrent, les collines qui s'arrondissent, l'eau qui commence aussi à occuper beaucoup le paysage. Je prends les transports publics, bien sûr, c'est adapté à mon budget. Et à Stirling, On a la vieille ville... qui va grimper vers le château. Il y a aussi le Wallace Monument qui se dresse sur Abbey Craig. Là, j'ai poursuivi sur le lac Lomond. Il faut surveiller les eaux, parce que parfois, ça demande beaucoup à temps de marcher, un peu plus que prévu. Mais bon, dès que j'arrive au bord de l'eau, c'est absolument magnifique. La forêt, les rives, les collines de silence. Le premier grand loch, c'est exactement ce qu'il attend de lui. Il nous ralentit absolument tout.
- Speaker #1
Bon, à Stéphane, je relis Sterling, le loch Lomond et l'étrosac avec un chauffeur-guide. Ici, ce n'est pas seulement une question de gagner du temps. Au château, le guide remet les guerres d'indépendance, la monarchie et les batailles dans le paysage. Ensuite, sur les petites routes, il sait où quitter l'axe principal. Une trouée de lumière tombe sur un loch, on s'arrête. Une averse ferme un point de vue, c'est pas grave, on bifurque. La journée devient beaucoup plus souple, presque dessinée au fur et à mesure par la météo.
- Speaker #0
C'est que toi, pendant que tu composes avec la lumière, moi je compose avec les horaires de bus, c'est un peu moins poétique sur le papier.
- Speaker #1
Ouais, mais ça te donne une autre journée. Tu vois, moi, à midi, je peux m'arrêter dans une auberge, prendre une soupe chaude, un vrai plat, et puis repartir quand on n'a plus de s'écalmer. Et surtout, je ne suis pas obsédé par la prochaine correspondance. Mon budget achète ici une chose très précieuse en Écosse, la liberté de ralentir quand le paysage le mérite.
- Speaker #0
J'ai mangé mon sandwich face au loch. Bon, il a un peu pris l'humilité, mais disons qu'il est très local. Mais je vois ce que tu veux dire. C'est vrai que je découvre les Highlands. par fragments, au rythme des transports, de mes jambes, toi tu transformes un peu la route elle-même en visite.
- Speaker #1
Je vais commencer cette étape Stéphane, parce qu'en arrivant à Glencoe, j'ai vraiment arrêté de parler. Et je sais que tu vas vouloir souligner le caractère exceptionnel de l'événement. Je confie à vous,
- Speaker #0
il ne faudrait pas être une plaque commémorative pour cela.
- Speaker #1
La vallée impose le silence, les montagnes tombent presque sur la route, les cascades rayent les pentes, les nuages descendent très bas. Avec mon chauffeur guide, on quitte les arrêts les plus évidents, on attend qu'une trouée se fasse dans le ciel. On parle de la géologie glaciaire, des clans, du massacre de 1692 et de la façon dont le cinéma a utilisé cette beauté sombre. Par moment, on reste 20 minutes au même endroit simplement parce que la lumière change. Ça c'est un luxe assez rare Stéphane, pouvoir me donner du temps à un paysage qui ne fait rien pour respecter votre programme.
- Speaker #0
Vous savez que moi je suis arrivé en bus, longue distance, en excursion collective aussi, et c'est exactement là que mon petit budget montre sa limite parce que le quart s'arrête, tout le monde descend, photographie... On prend le vent en pleine figure, puis on remonte parce que l'horaire a décidé que 8 minutes, c'est le timing, ça suffit. La montagne n'est pas moins grande, l'émotion n'est pas moins forte. Mais c'est que parfois, j'aimerais lui dire, bon, attends un peu, j'ai pas fini de regarder.
- Speaker #1
Et c'est ça que mon budget m'offre aujourd'hui. C'est pas une vallée plus belle que j'observe, mais j'ai davantage de temps.
- Speaker #0
En tout cas, j'ai poursuivi jusqu'à Fort William. D'ailleurs, je me suis installé au Fort William Backpacker. Alors, carte de randonnée sur les tables, chaussures qui sèchent dans un coin. J'ai plus de... t'es à fond sur le Ben Nevis. Je pars marcher un peu, c'est important, dès que la météo l'a permis, mais pas d'héroïsme mal préparé, je veux vraiment terminer ce podcast-ci.
- Speaker #1
Et moi, je continue jusqu'au Corrigorge Lodge. Bois, lumière douce, feu, dîner, whisky, la pluie frappe les vitres, et au lieu de couper avec la journée, le lodge la prolonge. Après Glencoe, je reste dans cette écosse des vallées sombres et des feux de cheminée. C'est très construit, bien sûr, mais terriblement agréable. Bon pendant ce temps moi je regarde ma chaussette humide sur le radiateur. Et moi je regarde mon single malt devant le feu.
- Speaker #0
Bon pour une fois Henri je préfère qu'on ne comparte pas davantage. Stéphane pendant que tu cherches ton quai, je suis déjà installé dans le Jacobite Steam Train. Première classe, le serveur vient me demander si je voulais du thé. Nous sommes donc à Fort William et je confirme que le tirage au sort continue de produire des effets très concrets. Ben moi c'est plutôt un billet Scotrail à Hong Kong. J'ai pris un train régulier vers Glenfinnan, la ligne est absolument la même, les montagnes, le loch, la côte est, les petites gares. Bon, simplement, c'est vrai que je n'ai pas de la locomotive à vapeur ni de tasse posée pour la célébrité. Moi, je dois dire que le Jacobite, c'est plus qu'un joli train. Pendant plusieurs heures,
- Speaker #1
on entre dans le paysage au rythme de la vapeur. Le viaduc de Glenfinnan était évidemment le moment attendu, mais... avant et après, il y a les rives, des loques, les vallées, les courbes de la ligne, les petites stations. On ne vient pas seulement pour reproduire une image de Harry Potter, on habite réellement cette route ferroviaire jusqu'à Malaï.
- Speaker #0
Je suis descendu à Gensina, mais j'ai marché jusqu'au point de vue... thermos, sandwich bonnet, ambiance un peu différente. Mais c'est vrai que vient ensuite l'attente. Et c'était assez simple parce que c'était un petit événement collectif. On était plusieurs à être là. Chacun regarde sa montre, montre dans l'oreille. Et soudain, on a ce panache blanc qui apparaît, le train qui s'engage sur le viaduc. T'étais dedans, j'imagine. Et tout le monde sourit comme si on avait personnellement organisé le passage.
- Speaker #1
À bord, au même moment, la moitié du wagon se penche du même côté avec son téléphone. Tu vois, la première classe n'abolit pas certains comportements.
- Speaker #0
À Malègue, je te retrouve devant quoi ?
- Speaker #1
Un déjeuner de fruits de mer face au port, tu te doutes. Malègue regarde déjà vers les hybrides. Les ferries vont et viennent, l'air sent le large. Moi, je prends le temps de déjeuner, puis je poursuis en voiture privée. Cette journée, elle coûte clairement plus cher,
- Speaker #0
on va pas se mentir, mais le train lui-même est devenu l'une des plus grandes expériences du voyage. Moi, j'ai pas trop dépensé, j'ai repris un petit sandwich et finalement... C'était quand même intéressant parce que c'était aussi l'attente qui était là en spectacle. C'est une position qui me plaît bien parce que j'ai regardé finalement la légende qui arrive dans le paysage. Toi, tu es passé quelques heures à l'intérieur de cette légende. On arrive au Lognes et je préférerais fixer les règles immédiatement. Henri, si tu vois une bosse suspecte dans l'eau, s'il te plaît, tu m'appelles avant de poster sur ton Instagram. Bon, c'est d'accord Stéphane, mais puisque j'ai payé la croisière, je te demande la priorité photographique pourquoi pas, en tout cas le loch est immense, sombre, profond là on est installé dans la grande fracture du Great Glen, il y a exactement ce qu'il faut de brume, de ruines, d'eau noire, c'est ce qui a permis d'entretenir la légende pendant des générations je suis arrivé en bus et puis après je suis allé, j'ai découvert Inverness à pied le long de la rivière Ness je suis reparti vers Druban Croquitte et sur Urquhart Castle, ces ruines là qui Plonge complètement dans le loch, c'est absolument incroyable d'ailleurs. Depuis Grand Tower, l'eau occupe tout le regard et franchement, même sans le monstre, le décor tient parfaitement la promesse. Moi Stéphane, je commence par l'eau. La croisière me permet de changer d'échelle, elle me permet de changer de perspective.
- Speaker #1
Les rives s'éloignent, Urquhart Castle apparaît depuis le loch et sur certains bateaux, le sonar devient soudainement l'objet le plus observé par tous les adultes à bord. on regarde les profondeurs avec beaucoup trop d'espoir. C'est un mélange assez délicieux de paysages, de sciences et d'envie d'y croire encore un peu.
- Speaker #0
Tu peux me le dire, tu as vu quelque chose au final ?
- Speaker #1
Non Stéphane, rien qui mérite un communiqué officiel. Bon ensuite, je prends la route du Urquhart Castle et là je prends un guide qui me permet de replacer les ruines dans l'histoire des clans et du Great Glen. Là encore, le budget me donne un fil conducteur. Je ne vois pas seulement un château romantique au bord de l'eau, je comprends pourquoi cet endroit contrôlait un passage si important. Le soir, Je m'installe au Loch Ness Country House Hotel, puis je termine au Malt Room à Inverness. Et là, on continue à parler de géographie mais dans un verre. Région, fût, style, single malt. La journée a une vraie continuité, du loch jusqu'au whisky.
- Speaker #0
Ouais, bah moi j'ai dormi plutôt à l'Inverness Student Hotel. C'est beaucoup plus simple, mais je suis reparti marcher un peu au bord de la rivière. Je suis tombé sur deux touristes qui juraient avoir vu quelque chose. Je vais pas poser de questions, il faut respecter les croyances locales, en tout cas sur les rives, entre les ruines, les histoires de Nessie. T'as terminé la journée devant les reflets ambrés d'un single mat, j'étais encore en rêve, j'espérais le voir.
- Speaker #1
Sur Sky, je te préviens tout de suite, le plus précieux dans mon objet n'est ni la chambre ni la voiture, c'est d'avoir un plan B. Et parfois même un plan C, parce que l'île de Sky, elle est absolument spectaculaire, mais son succès complique tout. Old Man of Stork. Quirin, Fairy Pool, Skilling, Portree En été, les hébergements partent vite Les parkings sont remplis à toute vitesse Et la météo se charge de rendre tout programme absolument théorique C'est vrai que c'est un problème
- Speaker #0
De mon côté, je suis arrivé en minibus collectif depuis Inverness À Portree, je dors au Youth Hotel C'est centrale, cuisine commune Alors j'ai posé mon sac, je suis parti marcher D'abord pour store, parce que la montée est raide Mais la silhouette de roche au-dessus de la mer Alors... C'était quand même magnifique. Le vent était quand même assez présent. Puis, qui ringue ? Ce sont des crêtes, les petits glissements de terrain qui donnent l'impression que le paysage a bougé pendant la nuit. C'est absolument incroyable. Les ferrypools, si les conditions... Ils sont bonnes parce que c'est vrai que Sky, ça va me coûter pour les jambes, mais je trouve que c'est quand même un bon investissement. De mon côté, le chauffeur guide travaille presque comme un metteur en scène.
- Speaker #1
Si Store disparaît derrière les nuages, on ne s'obstine pas. Si une éclaircie s'ouvre sur le couvercle, on y va. Si un parking déborde, le chauffeur y connaît un autre point de vue ou une route secondaire. Le luxe ici, c'est de ne pas... perdre la moitié de la journée à lutter contre une île qui change d'avis toutes les 20 minutes.
- Speaker #0
Tu veux dire qu'il négocie aussi avec la météo ?
- Speaker #1
Il essaye, il fait ce qu'il peut, tu vois. Mais les nuages restent écossais et assez indépendants. Le soir, je dors au Cullin Hills Hotel, avec la baie et les montagnes devant les fenêtres. Après une journée dehors, je peux dîner, poser les clés et regarder la lumière changer sans penser au prochain trajet. Et je vais aussi à Talisker. Stéphane, c'est une distillerie qui raconte l'île autrement, par l'orge. les fûts, la maturation et ce caractère maritime qu'on associe à son whisky.
- Speaker #0
Moi, ce soir, c'est fish and chip. Bon, j'ai fait aussi quelques propositions, puis j'ai filé dans un pub. Tu sais que ton budget t'évite surtout la logistique, dévore le paysage. Sur Sky, je dois reconnaître que c'est un argument solide.
- Speaker #1
Et toi, ton budget t'oblige à choisir, à marcher, à partir plus tôt. Ce n'est pas une mauvaise façon de rencontrer l'île non plus, tu vois. Simplement, moi, je peux davantage adapter la journée à ce qu'elle décide de nous montrer.
- Speaker #0
Cette fois, nos budgets nous envoient carrément sur deux îles différentes. Moi, j'ai choisi Mulle depuis Aubagne. Le ferry est un tout petit voyage. On a la côte qui s'éloigne, des îlots qui défilent. Puis après apparaît des reliefs verts, des criques, des falaises. Ma base, c'est Torber-Maurie, avec des maisons colorées, alignées comme ça, face au port. Je dors à nouveau au Yous Hostel. C'est quand même plutôt bien, c'est pratique et pas très cher. Et pour me déplacer, j'ai pris des bus locales. J'ai aussi beaucoup marché. C'est vrai que sans voiture, sans gros budget, je ne renonce pas à tout voir. Rando, plage, port, déjeuner simple. Mule possède plein de choses. Des montagnes, des glecs, des phoques, des aigles, des cerfs. Bon, je vais passer à une nouvelle. collection complète, mais finalement, c'est assez agréable parce que cette lenteur, c'est un peu ma stratégie financière et ça fonctionne plutôt bien.
- Speaker #1
Stéphane, de mon côté, je pars à Aelais et je sais ce que tu vas dire. Non, j'y vais pas seulement pour le whisky.
- Speaker #0
J'ai rien dit encore.
- Speaker #1
Ton silence était accusateur et c'est vrai que j'ai pris un guide privé pour comprendre l'île au-delà des distilleries. On traverse les tourbières, on longe des plages étonnamment claires, on parle de culture gaélique, archéologie, oiseaux, histoire des communautés insulaires. Les distilleries sont présentes partout bien sûr, mais elles deviennent un élément d'un territoire plutôt qu'un seul motif du voyage. Le soir, je dors à Macri dans un peu grisage ouvert près de la mer. Ce que j'aime, c'est pouvoir rester dans le rythme de l'île. Pas de dernier bus à surveiller, pas de demi-journée sacrifiée à relier deux points éloignés. On dîne, on regarde le ciel se vider de sa lumière, on laisse le voyage ralentir tout seul.
- Speaker #0
J'ai pas mal discuté avec les gens dans le bus à Mule, parfois des faits que je reste plus longtemps dans un endroit parce que le point suivant est plus difficile à atteindre. C'est que toi, t'as avec ton île plus d'hypercés, t'as beaucoup plus de liberté. C'est que pour une fois, le budget ne change pas seulement le confort. Ça dessine carrément deux cartes d'Ecosse assez différentes. Retour vers les Highlands. Bon, il est impossible d'éviter un autre grand imaginaire écossais, les châteaux entiers, ruinés, habités, militaires, romantiques, parfois hantés. Ils surgissent au bord des routes, c'est quasiment une régularité industrielle. Il y a Eliane Donan qui coche à peu près toutes les cases. C'est un petit îlot à la rencontre de trois loques, un pont de pierre, la silhouette déjà qu'on a vu sur des centaines d'images. Cette fois-ci, on la visite tous les deux. Moi, j'ai pris mon billet pour une fois, j'ai parcouru un peu les pièces, j'ai passé beaucoup de temps dehors aussi. Le paysage est absolument... Incroyable, il compte autant que le château. Je suis ensuite allé vers Kyle of Local, poisson, fruits de mer emportés. Là, c'était chez Buzzbeck Fisherman Kitchen. Puis, j'ai passé la nuit au Ratagan Youth Hotel, qui est posé complètement sur le bord du Loch Dutch. Le dortoir était assez modeste, mais la vue absolument sublime.
- Speaker #1
C'est le même château pour moi, mais j'ajoute un guide spécialisé dans les clans et dans les guerres jacobites. C'est fascinant parce que Hélène Donan cesse immédiatement d'être une jolie forteresse sur l'eau. On parle contrôle des routes, alliance, rivalité dynastique, position stratégique. Le loch n'est plus seulement photogénique, il devient un axe de circulation et de pouvoir. Je regarde les mêmes pierres que toi, mais quelqu'un me révèle la partie d'échec qui s'est jouée autour.
- Speaker #0
Tu prônes, j'imagine, cette grande fresque historique jusqu'à l'hôtel ?
- Speaker #1
Oui, et je dors dans une belle demeure avec feu de cheminée, bois sombre, dîner soigné, chambre élégante. Après une journée à parler des clans, j'ai envie de rester dans l'atmosphère plutôt que de refermer le livre à 18h. Le budget me permet de faire durer le récit.
- Speaker #0
Bah c'est que moi j'ai regardé le log depuis le berge, bon c'est que je trouve que ma fin de journée réussit aussi.
- Speaker #1
Ouais, je suis d'accord, tu vois, je peux être... être riche et raisonnable.
- Speaker #0
Je note la date. En tout cas, les fantômes n'ont toujours pas précisé dans quelle catégorie des hébergements ils préfèrent apparaître. On va voir. Henri, ça fait un moment qu'on nous parle de whisky à chaque étape. Je crois que moi, de mon côté, il faut que j'arrête de résister.
- Speaker #1
Enfin, une décision raisonnable.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en Écosse, le whisky, c'est pas seulement une boisson, c'est un produit agricole, un savoir-faire, une économie, une géographie aussi. Et parfois, une conversation de deux heures avec quelqu'un avec qui vous allez simplement demander ce qu'il buvait. Alors... Highlands, Spice Side, Highland, Lowland, Campbell Town, chaque région possède ses styles, ses maisons. J'ai choisi d'aller à Glenmore, là c'est à Elgin, et la visite était accessible tout simplement avec un tarif qui m'a semblé raisonnable et qui m'a permis d'avoir toutes les bases, comprendre la fermentation, les alambics, la maturation, l'influence des fûts ou la dégustation. Je n'ai pas cherché à devenir expert en une heure bien sûr, l'objectif était beaucoup plus modeste, un peu arrêter de houcher la tête avec gravité quand quelqu'un prononce finissons en chérie alors que je savais pas du tout ce que ça voulait dire, maintenant je sais.
- Speaker #1
Moi je transforme le Spice Side en itinéraire à part entière, chauffeur guide, plusieurs maisons, dégustations plus poussées et notamment The Macallan dont l'architecture contemporaine vaut déjà le détour. Là on prend le temps de comparer. Pourquoi tel fût change la couleur, ce que le vieillissement apporte, comment l'assemblage construit un style. Pourquoi deux distilleries proches peuvent donner des whisky très différents ? Une dégustation n'est plus un petit appendice du voyage, c'est vraiment une manière de lire la région.
- Speaker #0
J'imagine que ton gros budget ouvre quelques bouteilles qu'on ne trouve pas au premier comptoir venu ?
- Speaker #1
Non, évidemment. Certaines expériences donnent accès à des émissions plus rares, à des dégustations plus confidentielles, surtout à beaucoup de temps pour poser des questions. Et puis, encore une fois, j'ai un chauffeur. Dans une journée consacrée au whisky, Merci. C'est probablement le luxe le plus rationnel de tous ces jouets.
- Speaker #0
Oui, oui, ça en convient. Après le whisky, excellente idée. On va aller prendre l'air dans les Cairngorms. A Vieux-Mort, c'est ma base. Alors, train ou bus, je suis bien sûr allé au Youth Hotel avec mon sandwich, mes jumelles, complètement simple. Et le parc est immense. Des montagnes, des forêts, des landes, des rivières, des loques. Et la faune, qui n'a pas signé de contrat de représentation avec les visiteurs, mais ils sont là en nombre. Des cerfs rouges, des aigles, des lagopèdes, des écureuils roux, parfois même. Quel que l'outre, je suis parti marcher sans objectif héroïque, tout simplement profiter de la forêt, du loch, de la montée aussi si la météo tient. Et très vite d'ailleurs, le voyage a changé de volume solore. On entend l'eau, les pins, le cri d'oiseaux. En remontant la pente, parfois pour un petit mouvement minuscule. Et quelques minutes après, j'ai commencé à voir des oiseaux de partout, enfin surtout des buissons qui avaient des attitudes un peu suspectes.
- Speaker #1
Et c'est là que mon budget, moi, il devient presque pédagogique. J'ai réservé plusieurs heures avec Highland Wildlife and Birdwatch Safaris. Le guide me montre où regarder, mais surtout comment regarder. Une empreinte dans la boue indique un passage récent. Une masse rousse sur une pente devient un cerf. Un cri qu'on aurait ignoré permet de chercher un oiseau précis. Ce qui paraît vite se remplit d'informations. Je découvre que je passais probablement à côté de la moitié de ce qui se trouvait devant moi. Et c'est l'une des expériences riches que je préfère. Tu vois, le guide ne m'emmène pas seulement quelque part, il modifie mon regard. Et après quelques heures, je continue à voir davantage, même quand il n'est plus à côté de moi.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est une véritable leçon de vision et ça change des choses. J'imagine qu'ensuite, tu vas aussi récupérer dans un endroit où tu vas poser tes jumelles sur du volio ?
- Speaker #1
Presque. Moi, je poursuis vers Breymar. Je mange chaud au Flying Stack, puis je dors au Five Arms. passe du vent et des landes à une grande maison des Highlands remplie d'art, d'objets et de décors travaillés. Le contraste est formidable. Le confort n'efface pas la nature, il donne simplement une deuxième texture à la journée.
- Speaker #0
Oui, c'est certain. Moi, je suis rentré à l'auberge, j'avais moins de certitude sur les animaux que j'avais vus. Mais bon, j'ai beaucoup de silence dans ma tête, c'est magnifique. Demain, si je vois encore un buisson, je t'appelle avant de publier sur Instagram.
- Speaker #1
Pour notre dernière soirée à Edinburgh, Stéphane, je te propose, je veux dire, je m'accorde un manoir.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Je commence par une grande table écossaise parce qu'après avoir traversé le pays, moi j'aime bien l'idée de retrouver le voyage dans l'assiette. Saumon, coquilles Saint-Jacques, gibier, bœuf, produits des terres et de la mer. On prend le temps, on revient sur les étapes, on reconnaît des saveurs croisées ailleurs. Ce n'est pas seulement un dîner cher, c'est vraiment une façon très douce de refermer le parcours. Puis le soir, je vais à Prestonfield House tout près des Amours, mais dans un univers complètement à part. Grande demeure, velours, bois sombre, pièces théâtrales, jardins. et le calme. Parce qu'après des jours à changer de paysage, moi je pose enfin mes affaires, je prends un dernier verre, sans avoir à organiser quoi que ce soit. Le luxe de cette soirée, c'est presque l'absence totale de décision.
- Speaker #0
Bon, pourquoi pas. Bon, moi je vais faire complètement différent. Je suis retourné à Old Town, bien sûr, et j'ai filé au Stradmach pour de la musique live des foules de peintres. Si j'ai de la chance, j'aurai droit à un Kelly. Et si vous imaginez, Henri, si tu imagines un spectacle folklorique qu'on regarde sagement depuis la sèche, bon, oublie tout de suite. Là, on va nous montrer quelque part. On croit l'avoir compris. La musique démarre. 30 secondes plus tard, il y a une personne. On ne connaît pas les prénoms, tout ça, ça se mélange. C'est une danse collective. La coordination devient brusquement... Une affaire publique, c'est incroyable. Je t'avoue que ça fait vraiment envie. Moi, ma soirée, elle est feutrée. La tienne, elle semble vraiment sympathique. Une pomme plus tard, j'ai les jambes complètement en feu. Toute une collection de prénoms. Moi, je ne suis plus très certain. En tout cas, j'adore cette fin parce qu'après les routes, les paysages et les îles, je termine au milieu des gens, des écossais. C'est incroyable.
- Speaker #1
Et moi, je termine presque en retrait du monde, dans un salon calme, avec l'impression que le voyage se décante. Deux fins qui ne se ressemblent pas du tout. Henri, avant de conclure, je te propose un petit jeu, une seule chose de mon voyage que tu aurais aimé me voler. Je crois le Kelly. Et je crois aussi l'attente que tu as eue à Glenfinnan à attendre le train. Parce que j'aime bien l'idée de ne pas tout réserver, de garder une part de spontané, d'attendre et de laisser apparaître tout d'un coup le train au loin, et puis que ce soit l'événement de la journée.
- Speaker #0
Bon, à mon tour. Moi, je vais te voler ton chauffeur sur Sky parce que, pas pour le cuir des sièges, je précise, mais juste pour voir changer la route quand le ciel... s'ouvre exactement à l'endroit où je ne suis pas. Je prendrais bien aussi ton safari dans les Cam Gorms, parce que c'est vrai que j'ai passé trop de temps à observer les buissons. Et ce voyage montre finalement assez bien ce que le budget change réellement. De mon côté, l'Écosse a été très directe, des bus, des trains, des auberges, des musées gratuits. Il y en avait plein, des pubs, le ferry pour mules, la randonnée sur Sky. Bon, j'ai un peu trop surveillé les horaires, marché, j'ai attendu, j'ai choisi. Mais c'est vrai que cette attente, ces contraintes, ça m'a mis... au milieu des voyageurs, des gares, des sentiers, des conversations. Moi, je n'ai pas jamais eu l'impression de vivre une Écosse au rabais.
- Speaker #1
Et moi, le gros budget ne m'a pas seulement permis d'acheter des chambres plus belles, il m'a construit un autre voyage. Le Calaisian Sleeper a transformé le trajet en première nuit écossaise. Les guides ont donné du relief aux villes, aux châteaux, aux paysages. Le Jacobite Train a fait d'une ligne de train une expérience en soi. Et les chauffeurs m'ont permis de suivre la lumière dans l'étrosac. de ralentir à Glencoe et de réinventer la journée sur Skype. Le safari, lui, il m'a appris à voir Haile et le Speyside et de leur donner de la profondeur, de la rondeur parce que j'avais du temps et parce que j'avais un accompagnateur.
- Speaker #0
C'est que moi, j'ai dû beaucoup composer avec l'Ecosse, le bus, l'éclaircie, le ferry, le sentier aussi.
- Speaker #1
Et moi, j'ai davantage pu composer mon Ecosse, changer un itinéraire, prolonger une halte, ajouter un guide ici et là, aller sur une île plus lointaine. transformer un repas ou une nuit en expérience.
- Speaker #0
Mais il reste quand même des moments où l'argent n'a pas décidé de grand-chose. Par exemple, à Glynco, ça nous a fait taire complètement tous les deux. Le Lognesse a gardé son monstre pour lui. Le vent de Sky n'a accordé aucune remise VIP à toi, Henri. Et puis le sien qui s'ouvre au-dessus d'un log, de demande de carte bancaire à personne.
- Speaker #1
Et c'est pour ça que l'Ecosse, elle fonctionne si bien que l'on soit riche ou fauché. Elle est capable d'offrir des expériences extrêmement exclusives, tout en laissant ses émotions les plus fortes dehors, dans le paysage.
- Speaker #0
Dada Fessé, Henri, tu repars avec quoi ?
- Speaker #1
Moi, je repars avec une bouteille, beaucoup de photos, et la conviction que je peux désormais reconnaître un cerf à une distance.
- Speaker #0
Moi, je repars avec mes chaussures assez humides, et surtout la conviction que je peux reconnaître un bus qui vient de passer sous le nez. Chacun progresse un tout petit peu à son niveau. En tout cas, vous allez pouvoir retrouver... tous nos bons plans dans le carnet pratique associé à cet épisode sur PetitFuté.com dans la rubrique podcast. Et si cette écosse vous a donné envie de partir, pensez à vous abonner, à nous mettre 5 étoiles. Henri, une toute dernière recommandation ?
- Speaker #1
Prenez un imperméable !
- Speaker #0
Oui, ça pour une fois, riche ou fauché, on a fait le même investissement. En tout cas, à très vite pour un nouveau voyage !