- Speaker #0
Bienvenue dans PharmaMinds. Dans cette mini-série spéciale en 4 épisodes, j'ai creusé le rapport au sport de leader en pharma. Parce que le sport est souvent considéré comme le meilleur médicament, le mouvement est donc censé occuper une place centrale dans nos vies. Et pourtant, ce n'est pas toujours le cas. Alors, en restant fidèle à l'ADN de PharmaMinds, j'ai voulu mettre en lumière leur relation personnelle avec le sport. J'ai donc fouillé les pratiques de six sportifs qui sont des experts, leaders, entrepreneurs en santé et qui sont même parfois des patients. J'ai cherché à repérer en quoi leurs pratiques et leur engagement sportif les rendaient différents, leur permettaient de dépasser les limites en restant équilibrés dans la durée. Une équation impossible à résoudre, vous me direz. Et pourtant, ils nous partagent leur expérience. De nous éclairer chacun face à sa propre activité physique, sa gestion de la performance, de la résilience. comment reflète son engagement à préserver son capital santé. Car comment penser préserver la santé des autres si soi-même, nous n'avons aucune notion de ce que cet idéal de mise en mouvement veut dire ? Je vous souhaite une très bonne écoute, et si ce n'est pas déjà fait, pensez à vous abonner sur votre application favorite pour être tenu au courant de la sortie des prochains épisodes. Avec ce premier épisode, j'ai commencé par le début, comprendre comment naît la relation avec le sport. avec un rôle d'aide ponctuelle, de jeu, jusqu'à devenir un ancrage. On commence avec Hervé Bonnaud, qui est médecin et patron d'une agence de communication depuis plus de 20 ans, et Florence Perrault, qui est consultante en gestion du changement par le mouvement physique. J'ai voulu savoir comment ils s'y sont mis. Hervé a commencé avec le judo quand il était tout petit.
- Speaker #1
Et j'ai commencé le judo, j'avais 6-7 ans, et j'y allais tous les jours parce que mes parents bossaient. Donc tous les jours, tous les jours de ma vie, j'avais au moins une heure de judo. Alors évidemment, assez vite, je me suis retrouvé, pour être bon mais pas être trop mauvais, et puis en équipe, et puis j'avais les compètes le samedi, et puis le dimanche, et puis les entraînements tous les jours de la semaine. Et le judo, ça a quand même fait une bonne partie de ma vie, et ça m'a appris un truc qui me sert dans mon métier, c'est que pour gagner, il faut servir de la force de l'autre pour le faire tomber.
- Speaker #0
Florence fait depuis toujours de la course à pied et n'a jamais lâché.
- Speaker #2
J'ai pratiqué plein de sports différents. Celui qui s'est maintenu au fil des années, c'est la course à pied, et qui est devenu le trail maintenant, le trail de mon nom.
- Speaker #0
Le début, c'est important, mais à quel moment et comment la relation au sport a évolué jusqu'à ce qu'elle devienne un encroche profond dans leur vie quotidienne et professionnelle ? Je leur ai demandé. Pour Hervé, c'était suite à un accident.
- Speaker #1
Le golf, j'ai choisi ça sans le choisir. C'est-à-dire qu'à 40 ans, j'ai eu un bel accident de ski, mais vraiment bien. Et je me suis retrouvé avec pas mal de fractures et deux cannes anglaises pendant à peu près six mois. Et moi, Kiné m'a dit, bon, il faut marcher, il faut marcher, il faut marcher. Et j'avais des copains qui jouaient au golf. Donc ils m'ont dit, tant qu'à marcher, viens donc boitiller à côté de nous pendant qu'on joue au golf. Donc c'est ce que je faisais. Et même, on prenait une voiturette pour que je puisse m'asseoir quand j'avais vraiment trop mal. Et puis, au bout de quelques semaines, je commence à avoir moins mal. Et comme je jouais au tennis, je savais jouer au tennis, ils m'ont dit un jour, essaye le golf. Et en fait, ça m'a bien plu, cette histoire, parce que déjà, ça a participé à ma rééducation, donc ça, c'était plutôt bien. Et puis, c'est un sport qui est un sport intérieur, au sens où il y a un côté méditatif dans tout ça. On visualise le coup parfait avant de l'effectuer.
- Speaker #0
Et pour Florence, c'était quand elle voyageait beaucoup. pour son travail.
- Speaker #2
Et je suis revenue à la course à pied d'un point de vue pratico-pratique parce que c'est le sport que tu peux faire peu importe où tu es dans le monde, qui demande très peu d'organisation. Moi, j'ai toujours ressenti le besoin d'avoir du sport et de maintenir du sport au fur et à mesure où je construisais ma carrière. Et ça a démarré par quelque chose de très simple qui était qu'au début, je voyageais énormément. Qui dit voyage, dit une hygiène de vie qui n'est pas forcément exemplaire parce que tu passes ton temps dans les hôtels, dans les restaurants. Et donc, je me suis dit, déjà, j'ai besoin de garder le sport pour conserver une hygiène de vie qui soit correcte. Et puis, au fur et à mesure, je me suis rendu compte que c'était vraiment, moi, ma soupape, en fait. Donc, il y a des journées, c'était là où j'étais la plus créative, où je trouvais des solutions à mes problématiques business. Et du coup, j'ai intégré au fur et à mesure, en fait.
- Speaker #0
Pour Stéphanie Mascot, qui a été déléguée médicale pendant 25 ans, c'était à un moment de vie charnière, juste après avoir eu des enfants.
- Speaker #3
Alors moi, j'en avais besoin. Je sentais que je bouillais à l'intérieur. Je sentais qu'il y a quelque chose qui me manquait, en fait. J'avais cette sensation de manque, de ne pas être aboutie. J'avais l'impression qu'il me manquait vraiment quelque chose à ma vie. Les enfants, c'est bien, c'est super, c'est chronophage, mais le sport, c'est aussi une façon de prendre du temps pour soi. C'est pas évident, quand t'as des petits, tu dois organiser ta vie. Mais non, c'est quelque chose que j'ai calé dans mon emploi du temps et que je cale aujourd'hui. Donc tout le monde, je pense, est capable de trouver... un peu de temps pour caser du sport qui est bon pour la santé.
- Speaker #0
Stéphanie, elle pratique le triathlon jusque même dans sa forme la plus endurante qui est l'Ironman. Mais ce message de bon pour la santé résonne d'autant plus chez elle qu'elle a été diagnostiquée d'une CEP il y a quelques années. Et elle a dû donc se remettre au sport après son diagnostic.
- Speaker #3
Il y a 7 ans, donc, on a diagnostiqué une sclérose en plaques. Donc là, C'est un peu le ciel qui s'effondre, le sol qui s'effondre, c'est la vie qui s'effondre. On se dit, mon Dieu, mais qu'est-ce que je vais devenir ? On a l'image tous de patients qui ont cette pathologie et qui, malheureusement, n'ont pas la même chance que moi et qui se dégradent plus ou moins vite et qui finissent parfois dans un fauteuil roulant. Donc, j'ai eu très vite cette image. Ça a été très compliqué pendant un an. Peut-être pas un an, mais pendant six mois, j'ai eu... J'ai eu beaucoup de mal à me reprojeter. Et j'ai été beaucoup aidée par l'association C'est pas impossible que j'avais rencontré sur une compétition. Moi, je me suis rendue compte que même avec une septe, qui est une maladie chronique, on peut continuer et on doit continuer à faire du sport. Et finalement, je me suis réinscrite sur l'Ironman de Nice pour la troisième fois. Mais cette fois, en ayant un autre objectif, c'est de me dire... tu es capable de faire un Ironman avec une sclérose en plaques et en portant fièrement les couleurs de l'association qui t'a aidé. Voilà, donc c'était hyper émouvant.
- Speaker #0
J'ai ensuite voulu creuser la manière de bien choisir son sport avec Guillaume Brachet. Guillaume est pharmacien entrepreneur en biotech, mais il est aussi malade de Parkinson. En fait, il a toujours fait du sport, mais suite à son diagnostic, là aussi, sa pratique a évolué. Il nous parle du sport comme le meilleur médicament qui existe.
- Speaker #4
On parle beaucoup de sport dans la santé pour tout le monde. C'est vrai que les recommandations de l'OMS, c'est qu'il faut que tout le monde fasse un maximum de sport pour soi et aussi un peu pour les autres, puisque le fait de faire du sport, ça va aussi calmer et favoriser les interactions sociales. Là, en l'occurrence, pour les maladies qui nous concernent aujourd'hui, c'est vraiment le meilleur médicament. C'est-à-dire qu'au-delà d'une recommandation, c'est une forte injonction.
- Speaker #0
Il nous raconte donc la manière très scientifique qu'il a eue de choisir un sport. qui permet de ralentir l'évolution de sa maladie. Pour lui, ça a été le kayak. Et il nous explique les raisons.
- Speaker #4
On sait qu'aujourd'hui, il faut pratiquer un effort dit de haute intensité, donc avec un engagement physique important. Ce n'est pas soulever 130 kilos. C'est s'engager physiquement de façon intense. Donc c'est des typologies d'efforts du type un peu crossfit, un peu HIIT, tout ce qu'on connaît d'activité physique où on engage le corps assez fort dans l'effort. Et donc c'est des efforts de type aérobie intensive. Donc ça, c'est vraiment aujourd'hui ce qui va. Et il y a de l'imagerie qui a été faite là-dessus. Donc on montre que ça restaure de la fonctionnalité au niveau des neurones restants, en tout cas au niveau des neurones dopaminergiques. Et ça a été montré sur des cohortes de patients au début d'évolution de la maladie, qu'en fait, ils regagnent 16 à 20% de fonctionnalité dans les neurones dopaminergiques restants. Donc ça, c'est des choses qui sont bien étayées maintenant et qui encouragent les gens à s'y mettre.
- Speaker #0
C'est très réfléchi de vouloir aller contre l'évolution naturelle d'une maladie. J'ai trouvé super intéressant d'aller chercher un... sport qui contrebalance des besoins ou des manques profonds.
- Speaker #4
On retrouve dans le kayak des notions, alors il y a l'équilibre aussi qui est un paramètre important puisque la maladie de Parkinson s'attaque au sens de l'équilibre. Donc ça on le retrouve dans le ping-pong avec le fait de s'équilibrer d'un pied sur l'autre et puis on le retrouve dans le kayak avec le fait de s'équilibrer sur la flotte quand il y a des vagues ou des choses comme ça. Et le kayak va avoir ce côté coordination entre les bras et les jambes, il va y avoir le côté asymétrie du mouvement, la dimension sociale un peu moins, mais enfin il y a le côté un peu évasion psychologique d'être dans la nature.
- Speaker #0
Mais finalement, il y a quelque chose dont ils parlent tous, c'est le plaisir. À la fois pierre angulaire et fragile frontière à savoir tenir, pour ne pas tomber dans l'excès. Florence nous le rappelle avec une pointe d'humour.
- Speaker #2
Dans les entreprises, dans certains gros groupes, on te dit que si au bout de trois ans, t'as pas changé de poste, c'est mauvais signe en fait. On te pousse toujours à prendre de plus en plus de responsabilités, à viser toujours plus haut, à continuellement évoluer. Et j'ai fait le parallèle avec le sport en me disant... C'est aussi un peu le schéma dans lequel on est au bout d'un moment avec quand on prend des dossards, quand on se fixe des objectifs. J'ai vu sur les dernières années, j'augmente les distances, je me lance des défis toujours un peu plus fous. Et j'ai vu où est-ce que ça me menait d'un point de vue professionnel. Et je me dis, il faut que je fasse attention d'un point de vue sportif aussi, à ne pas forcément viser toujours plus. pour ne pas perdre aussi l'envie de faire du sport, le plaisir, la joie. Des fois, je pense, je ne sais pas si tu vois dans Phoebe, dans Friends, qui fait sa séance de course à pied en courant n'importe comment. Et je me dis des fois, c'est ça aussi, le sport, ça doit juste être un moment de tiens, j'ai vraiment envie d'y aller, je me fais plaisir, c'est fun, et je n'ai pas forcément un objectif derrière
- Speaker #0
Et Stéphanie nous souligne avec un brin de provocation très juste que tout le monde devrait être capable de savoir répondre à ce besoin vital.
- Speaker #3
Tous les gens qui me disent mais j'ai pas le temps mais en fait on a toujours le temps, il faut trouver le temps. C'est comme faire les courses, c'est une galère pour tout le monde, mais tout le monde trouve le temps de faire les courses. Donc il faut juste se prendre un moment dans l'emploi du temps, qui peut être pour certains une contrainte, mais qui deviendra un plaisir par la suite, pour se remettre au sport.
- Speaker #0
Donc, pour venir à retrouver ce plaisir, ce questionnement pour faire de la place dans nos vies, Florence nous partage quelques astuces pour nous guider.
- Speaker #2
Pour ceux qui ne savent pas forcément par où se lancer, moi, je dirais de regarder ce qui les a passionnés à un moment de leur vie. Peut-être même, je ne sais pas, quand ils étaient enfants. Quel était le truc qui les faisait vraiment se marier, avoir un bon temps et se dire, tiens, est-ce que je ne pourrais pas retenter ça ? Mais trouver vraiment… que ce soit vraiment une source de plaisir et de fun au démarrage, avant de se mettre toute autre pression. Et pour les autres, ceux qui se posent peut-être des questions sur leur organisation, en fait moi ce que j'aime bien faire c'est de repartir sur la question c'est quoi ma priorité du moment en fait ? Si je regarde ma vie en général, c'est quoi mon envie du moment ? Et si ce n'est pas le sport en ce moment, ce n'est pas le sport. Mais du coup... est-ce que je suis OK avec le fait d'en faire un peu moins ou en faire différemment ? Et si c'est le sport, là du coup, c'est de se reposer des questions sur comment est-ce que je peux peut-être mieux l'intégrer à mon quotidien ?
- Speaker #0
Réussir à intégrer le sport dans son quotidien, finalement Karine, consultante en neurosciences qui a une approche intégrative entre la tête et le corps, nous explique comment faire, comment être à l'écoute de ses besoins profonds, comment cela devient une base pour construire une routine du sport qui nous fait du bien et qu'on pourra tenir dans la durée.
- Speaker #5
Parce que finalement, déjà, on est tous différents en tant qu'individus, donc n'écoutez pas forcément les autres, mais écoutez-vous vous-même déjà. Premièrement, ce qui pourrait le faire avec quelqu'un ne va pas le faire avec quelqu'un d'autre, même avec des profils similaires de mode de fonctionnement. C'est être conscient aussi de son état émotionnel et de ses besoins du moment. Ne vous mettez pas de frein dans les pratiques. Et surtout, ne vous faites pas influencer par les autres. Reposez-vous la question, vous, qu'est-ce que vous aimez vraiment ? Et après, il y a une idée aussi de rythmologie, c'est-à-dire dans l'instant présent, qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Exemple, j'aime peut-être nager, mais j'ai eu une journée horrible, et ce jour-là, je n'ai pas envie d'aller nager. J'ai envie de faire autre chose. J'ai envie d'aller juste me balader en ville. Peu importe, on s'en fiche, c'était votre besoin du moment. Vous n'en serez pas plus ridicule, on ne vous dira pas, d'accord, ok, tu as basculé dans de la balade de ville. Et je pense qu'à un moment donné, il faut arrêter de faire les choses toujours guidées par des principes X, Y, Z, mais surtout par soi-même. Et c'est ça qui est le plus dur, parce qu'on est extrêmement influencés tout le temps. Moi, je dis toujours au cœur de votre corps et au cœur de votre cerveau. de vos modes de fonctionnement à des instants de vie. Ce qui est vrai aujourd'hui ne sera pas vrai demain.
- Speaker #0
Et pour nous convaincre d'aller explorer ses propres sources de plaisir, elle nous explique le lien à faire entre la tête et le corps. Jusqu'à nous partager un moyen de chercher et de travailler ce plaisir par l'écoute de ses propres sens et de se rendre compte des propres limitations que l'on se construit.
- Speaker #5
En fait, un individu va réitérer les expériences quand il prend plaisir. Donc avec l'éveil des sens, il faut beaucoup travailler sur les aspects visuels, auditifs, le toucher aussi, parce que plus il va ressentir des choses favorables, déconnecté de la performance, c'est-à-dire qu'il faut enlever les montres, enlever tout capteur, enlever toute notion de distance et retravailler purement sur des sens, et en même temps le faire réfléchir et amener à prendre conscience qu'il a pris du plaisir. indépendamment de l'aspect quantitatif.
- Speaker #0
Pour ce premier épisode, je retiens que le mouvement, le sport, est avant tout une affaire de sensation, de plaisir, et qu'il faut le voir comme une connexion forte avec son corps pour entretenir une pleine conscience de soi. J'ai trouvé super puissant de faire l'exercice d'être attentif au rôle des sens, de s'éloigner un temps de la performance pour trouver des bases solides à ses besoins physiques à un moment T. Un grand merci à nos invités Hervé, Florence, Stéphanie, Guillaume et Karine. Et dans le prochain épisode, je vais chercher à comprendre comment cette attitude peut se transformer en habitude, c'est-à-dire s'ancrer dans la durée. Merci pour votre écoute et si cet épisode vous a plu, abonnez-vous pour ne pas manquer la diffusion des prochains épisodes.