- Speaker #0
Bienvenue dans PharmaMinds, je vous propose une mini-série spéciale en 4 épisodes où j'ai creusé le rapport au sport de leader en pharma. Parce que le sport est souvent considéré comme le meilleur médicament, le mouvement est donc censé occuper une place centrale dans nos vies. Et pourtant, ce n'est pas toujours le cas. Alors en restant fidèle à l'ADN de PharmaMinds, j'ai voulu mettre en lumière leur relation personnelle avec le sport. J'ai donc fouillé les pratiques de 6 sportifs qui sont des experts, leaders, entrepreneurs en santé. et qui sont même parfois des patients, j'ai cherché à repérer en quoi leurs pratiques, leurs engagements sportifs les rendaient différents, leur permettaient de dépasser les limites tout en restant équilibrés dans la durée. Une équation impossible à résoudre, vous me direz. Et pourtant, ils nous partagent leur expérience. Ils nous éclairaient, chacun face à sa propre activité physique, sa gestion de la performance, de la résilience, comment refler de son engagement à préserver son capital santé. Car comment penser préserver la santé des autres si soi-même, Nous n'avons aucune notion de ce que cet idéal de mise en mouvement veut dire. Je vous souhaite une bonne écoute et si ce n'est pas déjà fait, pensez à vous abonner sur votre app favorite pour être tenu au courant de la sortie des prochains épisodes. Alors j'ai observé des pratiques souvent intenses, quasi quotidiennes, mais réfléchies et qui nécessitaient, j'ai trouvé quelques explications. Alors dans ce deuxième épisode, j'ai voulu parler de leur routine, comment ils s'organisent pour respecter des engagements dans la durée. Alors, en pratique, sans surprise, les notions de discipline et de rigueur sont clés, comme le rappelle Hervé Bonnaud, qui est médecin et patron d'une agence de communication depuis plus de 20 ans.
- Speaker #1
Le deuxième truc que j'essaye de faire passer quand je discute de sport et de performance à l'agence, c'est la valeur travail. C'est sûr que pour réussir, il faut travailler. Et je joue beaucoup au golf maintenant depuis quelques années. Il y a un grand champion d'Afrique du Sud qui s'appelle Gary Player. Je pense qu'il est né en 1935, donc c'est pas le... quart de rôle de l'année. Et à chaque fois qu'il gagnait un tournoi majeur, c'est un des mecs qui en a le plus gagné au monde, il disait c'est drôle, plus je travaille à l'entraînement, plus j'ai de la chance en tournoi. En fait, c'est drôle, c'est plus je m'entraîne, plus j'ai de la chance. Évidemment, le travail, ça paye toujours. Et la notion d'effort et de dépassement de soi, c'est vraiment ça que ça amène le sport. Donc, on apprend à gagner, à perdre, à se dépasser. C'est formidable.
- Speaker #0
Mais il soulève aussi une autre notion intéressante qui est celle de savoir se fixer des objectifs.
- Speaker #1
Je pense qu'on apprend aussi à choisir ses objectifs. C'est-à-dire qu'on ne peut pas couvrir tous les lièvres à la fois. On ne peut pas dire je me prépare pour les championnats de France, et les championnats d'Ile-de-France, et les championnats d'Europe. Et ça, c'est comme dans mon métier. Donc on se dit, on va choisir les compètes qu'on prend, et celles qu'on prend, on va les gagner. Parce que là aussi, je ne suis pas d'accord avec quelqu'un qui est un peu en tactualité, qui est Pierre de Coubertin. Lui, il a professé un truc qui dit l'important, c'est de participer. Alors moi, je ne suis pas d'accord. L'important, c'est de gagner. participer sans envie j'ai envie de gagner, ça n'a pas vraiment d'intérêt.
- Speaker #0
Alors pour durer dans le temps, Karine Dupouille, qui est experte en neurosciences et qui a une approche intégrative entre la tête et le corps, structure elle la pratique avec l'utilisation de trois piliers. Le plaisir, le sentiment de progression et le sentiment d'appartenance à un écosystème.
- Speaker #2
Dans les trois choses à vraiment travailler, c'est alors un, en first, le plaisir bien évidemment, parce que quand il y a du plaisir... Il y a de la réitération de l'expérience et le plaisir, c'est l'éveil des sens. Le deuxième élément, c'est le sentiment de progression. Parce que l'individu, quand il sent qu'il progresse, évidemment, il va réitérer l'expérience. Donc ça, on peut l'objectiver en disant, tu vois, l'autre fois, on a monté cette côte, sans que ça soit objectivé, chiffré. Tu vois, l'autre fois, quand tu as monté cette côte, tu es à la ramasse, là, tu vois que tu es à l'aise. Je te la refais monter, tu es bien. Et la personne te dit, ouais, c'est vrai. Mais du coup, c'est aussi se déconnecter des instruments qualitatifs, c'est se reconnecter à soi. Et c'est comme ça que ça passe pour le sentiment de progression. Et le troisième élément pour les mettre en mouvement, c'est aussi l'appartenance à l'écosystème. Parce que finalement, il ne valait rien de mieux que l'appartenance à un groupe qui fait que tu as une émulation.
- Speaker #0
Mais comme ce n'est pas si simple ni suffisant pour nos cerveaux qui sont tentés en permanence dans le quotidien et sommés de résister, j'ai voulu creuser. pour trouver l'organisation qui vous va bien, pour faire entrer plusieurs sessions de sport dans une semaine déjà remplie. J'ai pris l'exemple de Florence, qui est consultante en gestion du changement avec la mise en mouvement physique et qui est aussi adepte de trail. Elle nous raconte comment son organisation s'est retrouvée chamboulée après un burn-out quand elle était sur un poste de direction européen parce qu'elle était prise en étau entre des objectifs professionnels et des objectifs de sport qu'elle se fixait.
- Speaker #3
Il y a eu un avant et un après burn-out, pour le coup. Jusqu'à il y a 2-3 ans, je le faisais systématiquement avant de commencer ma journée. Donc je me mettais mon réveil plus tôt pour y aller. Moi j'aime courir le matin, je n'arrive pas à me motiver le soir. Voilà c'est quelque chose, je sais que si je décale une séance le soir, généralement je ne la fais pas. J'ai eu un milliard d'excuses dans ma tête pour ne pas y aller. Donc ma solution c'était je mets le réveil, je ne me pose pas de questions, je fais ma séance et ensuite j'embraye ma journée. Et en fait depuis 2 ans et quand je suis... J'ai repris après mon arrêt maladie. Je me suis dit que cette organisation ne me convenait plus. Et donc maintenant, je l'intègre complètement dans ma journée, en fonction de mon énergie du moment. Et très souvent, j'y vais en fin de matinée. Je prends le temps comme ça d'avoir un vrai petit déjeuner, de me réveiller, de faire une première partie de mon travail avant. Et ensuite, j'y vais en fin de matinée.
- Speaker #0
Ce que j'ai trouvé intéressant dans ce déséquilibre, c'est qu'au final, Elle était capable de se renouveler et de préserver sa routine de sport tout en préservant sa performance au travail.
- Speaker #3
Je travaille moins en termes d'heures, c'est sûr, parce qu'avant je devais travailler entre 11 et 12 heures par jour, donc voilà, ça fait des très longues semaines. Donc maintenant clairement je travaille moins en termes d'heures, par contre en fait j'ai l'impression d'être ultra efficace quand je travaille. Je me fais des blocs de travail au fur et à mesure de la journée et je suis... Je suis ultra efficace sur ces blocs-là. Et j'organise vraiment ma journée en fonction de... Alors bien sûr, en fonction des réunions qu'il y a, mais aussi des énergies que je peux avoir et des entraînements que je peux faire.
- Speaker #0
Alors dans ces pratiques qui sont quasi quotidiennes, intenses, mais pas si exceptionnelles que ça, j'ai cherché à comprendre comment ils tenaient. Et j'ai compris qu'il y a des variations et des adaptations qui peuvent exister. Et pour comprendre de quoi on parle, j'ai demandé à Stéphanie Mascot, qui est déléguée médicale. est passionnée de triathlon de nous partager le détail de sa routine.
- Speaker #4
Globalement, je cours deux fois par semaine, je roule deux fois par semaine et je nage une fois dans la semaine. Donc ça me prend, on va dire, cinq créneaux par semaine, plus ou moins long, parce que le vélo, par exemple, c'est toujours des sorties assez longues. Et la course à pied, la natation, c'est une heure globalement pour chaque séance. Donc je suis à peu près dix heures près en fonction des... Les périodes de compétition, c'est un peu plus. En fonction du temps aussi, ça peut être un peu moins. On a moins envie d'aller à la piscine l'hiver. En fonction des événements professionnels aussi, il y a des moments où malheureusement, on n'a pas le temps de faire ce sport, où on ne prend pas assez.
- Speaker #0
C'est une routine de base intense et aussi beaucoup de tolérance pour soi pour accepter que dans l'année, il y a aussi des pauses qui existent pour se ressourcer.
- Speaker #4
Alors, c'est très variable parce que j'ai des moments où je suis complètement off, où je n'ai pas envie. Mais je sais que ça va revenir. Par exemple, les mois d'été, juillet et août, en général, je m'accorde une pause où c'est plus quand il fait beau, j'ai envie d'y aller. Là, c'est vraiment, j'ai quand même besoin de ces deux mois de coupure où je ne m'impose pas d'aller faire du sport parce que c'est bon pour la santé. Là, vraiment, si je n'ai pas envie, je ne l'y vais pas. Mais je sais que ça ne va pas durer très longtemps.
- Speaker #0
Stéphanie nous raconte pourquoi et comment elle adapte aussi sa pratique avec son état de santé, elle qui a été diagnostiquée. qu'il y a quelques années d'une CEP. Tout commence aussi par son neurologue qui l'a encouragé dans sa pratique sportive.
- Speaker #4
Je lui ai demandé si c'était pas contraindiqué, si je risquais rien. Il m'a dit mais pas du tout, au contraire, il faut faire du sport. Il faut faire du sport parce que c'était aussi important pour l'oxygénation des muscles, mais aussi du cerveau et l'oxygénation des neurones. Donc ça c'est quelque chose que j'ai bien gardé en tête. Alors, avec toujours la... Petite voix qui me dit fais attention à toi, écoute ton corps Je sais que la chaleur, par exemple, ce n'est pas bon pour moi. D'ailleurs, à chaque fois, souvent, mon mari court avec moi, même s'il n'a pas le droit. Il n'est jamais très loin de moi quand il fait très chaud. Et souvent, il m'arrose parce qu'on dit que les symptômes de la sep peuvent être réveillés par la chaleur. Donc, en fait, il m'arrose souvent. Donc, j'ai appris aussi à écouter mon corps. Quand je sens que je suis fatiguée ou je lève le pied. C'est assez simple pour moi parce que je ne suis pas quelqu'un qui aime bien me faire mal outre mesure. J'aime faire le nécessaire pour être bien, en bonne santé, mais je ne veux pas non plus m'arracher, me faire vomir. Je ne suis pas dans cette souffrance-là.
- Speaker #0
Alors, je retiens du travail, de la rigueur, mais aussi l'importance de mettre un cap et de le garder, tout en restant largement tolérant pour soi, pour ne pas se démotiver, pour se respecter, pour garder le plaisir, mais surtout pour éviter l'addiction. qui fait perdre pied. Florence a dépassé ce stade du plaisir et a bien voulu nous raconter comment elle en est sortie.
- Speaker #3
Alors, je m'en suis sortie en me prenant le mur en pleine figure, donc je ne conseille pas cette méthode. Mais le sport était devenu une addiction. En fait, vu que j'étais absolument convaincue des bénéfices du sport, et que je ne me rendais plus compte que j'étais rentrée dans un cercle où je n'avais plus ces bénéfices, que le sport était juste une autre chose à faire sur ma to-do list, et qu'en fait je n'en retirais aucun des bénéfices. Du coup, je continuais parce qu'en plus, je me disais, c'est peut-être que je n'en fais pas assez. J'ai tellement à évacuer qu'il m'en faut plus pour vraiment évacuer toutes mes journées, etc. Personnellement, je m'en suis sortie en me faisant aider, en me faisant accompagner, que ce soit par un psy, mais aussi par un coach sportif, par quelqu'un qui était capable de me dire, stop, là, tu en fais trop. C'est important aussi que ton corps se repose, qu'il voit d'autres. signaux que moi je ne vois pas. Et donc pour moi aujourd'hui la question clé c'est vraiment est-ce que je prends du plaisir ? Ça reste ça, c'est que ça doit rester un moment de plaisir et j'ai envie d'y aller.
- Speaker #0
Une autre manière de comprendre le sujet dans la durée est de revenir au rationnel pharmacologique. Karine Dupouy qui est experte en neurosciences nous explique la base des neuromédiateurs et hormones qui sont en jeu dans notre quotidien.
- Speaker #2
Quand tu te mets en mouvement, tu vas produire de la dopamine, si on revient sur le versant neuropharmaco, donc sentiment de bien-être. Tu as bien évidemment tout ce qui est libération de tryptophan. Tu le sais, c'est des précurseurs de la sérotonine. Je le dis toujours, quand les gens ont des coups de mou, pourquoi ils vont manger du fromage et du chocolat ? Parce qu'en fait, c'est bourré de tryptophan et quelque part, ça va justement augmenter tout ce qui est sérotonine dans ton cerveau. Donc forcément, ça va... Tu vas être juste bien, ça va renforcer encore plus le bien-être qui était donné par la dopamine. Et puis après, il y a tout un tas de choses, bien évidemment les endorphines, l'aspect euphorisant. Et donc il y a tout un tas de neurotransmetteurs qui se mettent en place pendant l'activité physique et qui sont intéressants et qui vont contribuer aussi à aider l'individu à se mettre en mouvement. Tu as tout ce que je viens de te citer en neuromédiateur. Et il y a le cortisol. Alors, le cortisol, qui est effectivement une hormone, qui est en lien, plus je suis stressée, plus je vais produire du cortisol. Et du coup, quand tu fais de l'activité physique, en fait, le cortisol va chuter. Ça va te permettre de lisser ces pics de cortisol. Et même, on va extrêmement loin. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le cortisol, c'est-à-dire que sur des gens extrêmement stressés, le cortisol a plusieurs impacts sur le versant métabolique. C'est pour ça qu'on a de plus en plus de gens diabétiques.
- Speaker #0
Et pour terminer, j'adore le fait qu'on doit aussi éviter la monotonie de la routine, comme le dit Karine avec son ton très spontané.
- Speaker #2
Voilà, alors si vous allez dans des aspects de planification qui vous aident à vous motiver, il faut aussi varier les séances. Quelque part, on doit être toujours au quotidien, se surprendre soi-même dans les choses qu'on a envie de faire dans le mouvement et pas se dire et éthérer bêtement les choses, parce qu'en fait, quand vous rentrez dans un mode un peu routinier, il y a un risque de baisse de motivation. Et de toute façon… Ça s'explique comment aussi ? C'est tout simplement par le manque de progression. Parce que quand vous faites toujours la même chose, votre corps régresse. Et pour désadapter le corps, il faut faire des mouvements différents. Et donc, c'est les limites aujourd'hui, par exemple, de gens qui font les mêmes parcours à vélo, les mêmes parcours en course à pied, des espèces de routines fitness, par exemple, similaires. Si on réitère ça sur des mois et des mois, en fait... On ne désadapte plus le corps. Le corps se dit Attends, je t'attends au tournant, je sais très bien que tu vas faire ça. Et la tête aussi. Et aussi de varier les pratiques d'activité physique parce qu'il y a des fonctions, et notamment au niveau du cerveau, que vous allez, bien évidemment, si vous faites toujours la même typologie d'activité et de mouvement, vous ne stimulez pas toutes les zones de votre cerveau. Et c'est ça qui est incroyable aussi dans la diversité des activités. c'est de pouvoir stimuler des zones différentes du cerveau et de ne pas toujours stimuler les mêmes zones.
- Speaker #0
Merci à nos invités Hervé, Karine, Florence et Stéphanie. L'écoute de soi et l'agilité dans la pratique sont donc une clé pour s'adapter au quotidien et préserver un cap régulier dans sa pratique. Dans le prochain épisode, je vais chercher à comprendre en quoi la pratique sportive dans la durée permet de mieux performer au travail. Merci pour votre écoute et si cet épisode vous a plu, abonnez-vous pour ne pas manquer la diffusion des prochains épisodes.