- Speaker #0
Bienvenue dans PharmaMinds, je vous propose une nouvelle série spéciale en 4 épisodes où j'ai creusé le rapport au sport de leaders en pharma. Parce que le sport est souvent considéré comme le meilleur médicament, le musulman est donc censé occuper une place centrale dans nos vies. Et pourtant, ce n'est pas toujours le cas. Alors en restant fidèle à l'ADN de PharmaMinds, j'ai voulu mettre en lumière leur relation personnelle avec le sport. J'ai donc fouillé les pratiques de 6 sportifs qui sont des experts, leaders, entrepreneurs en santé. et qui sont même parfois des patients, j'ai cherché à repérer en quoi leurs pratiques, leurs engagements sportifs les rendaient différents, leur permettaient de dépasser les limites tout en restant équilibrés dans la durée. Une équation impossible à résoudre, me dirait-elle. Et pourtant, ils nous partagent leur expérience. Pour nous éclairer, chacun face à sa propre activité physique, sa gestion de la performance, de la résilience, comment refler de son engagement à préserver son capital santé. Car comment penser préserver la santé des autres si soi-même, Nous n'avons aucune notion de ce que cet idéal de mise en mouvement veut dire. Je vous souhaite une bonne écoute et si ce n'est pas déjà fait, pensez à vous abonner sur votre app favorite pour être tenu au courant de la sortie des prochains épisodes. Si Leader construit des systèmes pour se protéger, pour résister face aux exigences d'une vie avec du stress et de la pression, mais aussi pour être performant dans un environnement qui est concurrentiel et changeant. Dans ce troisième épisode, j'ai choisi de développer les aspects liés à leur succès. professionnels et de performance d'équipe. Comment cela joue un rôle déterminant dans leur leadership, qu'il soit masculin ou féminin ? On commence avec Patrice Zagame, qui est médecin et leader qui a fait sa carrière en industrie pharma et aujourd'hui entrepreneur. Il nous rappelle que dans le leadership de ces 20 dernières années, le discours du sport a remplacé celui de la guerre à juste titre. Et il nous explique pourquoi les approches ont changé.
- Speaker #1
Moi, j'ai commencé à une époque où le marketing était... on le qualifiait de marketing de guerre. C'est-à-dire que quand vous étiez en marketing, c'était pour faire de la concurrence, c'était pour prendre des parts de marché, c'était vous contre les autres. Donc, il y avait des cultures d'entreprise plus agressives. Bon, après, sont arrivées des nuances sur tout ça. On a bien compris qu'il fallait travailler avec et pas contre. Mais le début... Et donc, quelles étaient les références culturelles ? Ce n'était pas le sport. Dans les années 70, c'était... C'était plutôt la guerre. Les gens citaient dans tous les discours de leadership. Vous aviez Sun Tzu, l'art de la guerre, Machiavel. Enfin, c'était des références culturelles beaucoup plus dures et beaucoup plus belliqueuses. Et donc, la société a évolué. D'abord, il y a eu plus de femmes, il y a eu plus de corporate citizenship. Et tout ça, ça s'est naturellement transporté vers le sport. Parce que finalement, c'était l'allégorie suivante qui permettait... était un peu de construire les mêmes choses qui sont nous contre les autres. Donc, ce n'était plus des ennemis, c'était des concurrents d'une compétition sportive. Mais on retrouve un peu les mêmes choses. C'est le sens du collectif, le sens de l'effort, le sens du sacrifice qui sont des valeurs d'entreprise qui faisaient partie des cultures d'entreprise de l'époque. Et donc, c'est pour ça que je pense que pendant 20 ans, le sport est resté assez ancré dans les cultures d'entreprise et dans les cultures de leadership.
- Speaker #0
Au-delà de principes de leadership, il nous partage les valeurs personnelles qu'il y voit pour instaurer un comportement aligné avec une culture d'entreprise.
- Speaker #1
Je pense que le sport, ça reste un modèle éducatif de choses qui sont importantes en entreprise. C'est clair, c'est travailler sur objectif, c'est travailler sur le long terme, c'est la résilience à l'échec, parce qu'il y a toujours de l'échec dans le sport, c'est apprendre à rebondir. Quand c'est des sports collectifs, c'est apprendre à faire gagner les autres et pas soi-même. C'est la notion de discipline, c'est la notion d'entraînement, la notion de motivation. Donc ça reste une école du comportement qui est unique.
- Speaker #0
Alors cette école du comportement, ces modèles de culture d'entreprise avec les valeurs du sport, sont utilisés pour gagner en équipe. Hervé Bonnaud, médecin et patron d'une agence de communication depuis plus de 20 ans, nous partage comment il s'en sert.
- Speaker #2
Quand on fait du sport en compétition, on apprend à gagner et à perdre. Et alors je sais que Mandela dit moi je ne perds jamais Oui, oui. Parce que quand je perds, j'apprends. En fait, je ne suis pas tout à fait d'accord. Tous mes entraîneurs m'ont dit l'inverse. C'est qu'on gagne sur ses points forts. Donc quand on gagne, on se demande pourquoi on a gagné et on apprend à mieux connaître ses points forts. Mais évidemment, quand on perd, on révèle ses points faibles et on essaye de les travailler. Donc on apprend beaucoup sur soi quand on connaît ses points forts et ses points faibles.
- Speaker #0
Avec des notions d'exemplarité, d'apprendre à gagner et à mouiller le maillot.
- Speaker #2
Et puis, je trouve qu'une autre valeur du sport et qui se sent dans une équipe quand le dirigeant est sportif. de façon profonde, sincère et qui fait du sport tous les jours de sa vie. c'est qu'un leader ça mouille le maillot. Et vous ne verrez jamais un capitaine d'une équipe de foot qui a si sulbant avec un cigare. On est au milieu de la troupe et puis on y va. Donc le côté je mouille le maillot, alors on peut appeler ça l'exemplarité, tout ce qu'on veut, c'est vrai. On est généreux pour l'équipe et on prend les coups à la place des autres. Et quand il y en a un qui va au tapis, on le remplace. Donc ça, je trouve que c'est un vrai sujet et que le sport, ça fait vite partie... une notion du collectif et du travail en équipe. Et on ne dit pas je, je, je c'est on a gagné On a gagné et peut-être j'ai merdé mais on a gagné
- Speaker #0
Et au-delà d'un esprit d'équipe, de valeur commune, c'est aussi très personnellement un élément qui permet à Hervé de résister dans une vie, dans un quotidien qui est stressant.
- Speaker #2
Tout ce que je sais, c'est que j'ai vite compris que je faisais un métier assez stressant, un métier d'agence de pub avec des mises en compète permanentes. En fait, on ne dort pas forcément bien la nuit, on est un peu préoccupé. Et c'est un métier un peu stressant. Et j'ai constaté, sans faire le malin, j'ai compris après que ça me faisait du bien, mais je ne l'ai pas théorisé avant. Je me suis dit, tiens, quand je vais jouer au tennis, je me sens mieux. Et puis quand je fais de la boxe, je me sens mieux. Et puis quand je fais du golf, je me sens mieux. Et donc, j'ai compris au bout de quelques années, pas très vite, que finalement, plus je faisais du sport, meilleur j'étais dans mon métier.
- Speaker #0
Finalement, on se rend compte que le sport, l'activité physique, se met au service de la performance neuronale. Avec Karine Dupouy, qui est experte en neurosciences, avec une approche intégrative tête et corps, elle nous explique le rationnel.
- Speaker #3
Le facteur limitant, c'est encore une fois le corps. Et en fait, c'est comment le corps va engendrer tout un tas de bienfaits au niveau de la tête et la tête va réalimenter le corps sur tout un tas de choses, lui donner encore plus envie. Mais c'est comme ça qu'il faut le voir. Et ça, c'est hyper important, parce que le cerveau... Quand il a abordé certains schémas de fonctionnement, il réitère toujours la même chose, en fait. Ce n'est pas que pour le corps, c'est aussi pour la tête. On va produire des neurones, on va faciliter la connexion entre les neurones. En fait,
- Speaker #0
les gens vont se sentir,
- Speaker #3
au-delà du fait par les neuromédiateurs, mieux.
- Speaker #0
Prenons l'exemple avec Guillaume Brachet, qui est un pharmacien entrepreneur en biotech, mais qui est aussi malade de Parkinson. Il nous explique le lien qu'il fait entre sa pratique sportive et l'évolution de sa maladie, donc sa performance.
- Speaker #4
Et à mon stade d'évolution de la maladie, c'est-à-dire après 5-6 ans de diagnostic, sont, alors j'en connais pour certains, ont arrêté de travailler, sont sur un temps partiel thérapeutique ou ont des difficultés de concentration. Aujourd'hui avec la start-up, je fais à peu près deux temps pleins, deux équivalents temps pleins sur la partie boîte et oui, clairement, je n'ai pas de soucis avec ça. Maintenant, c'est un sujet qui est un peu délicat à aborder puisqu'on a tous une pathologie différente, on dit qu'il y a autant de maladies de Parkinson que de patients. Donc je ne sais pas si c'est valable pour moi et si je peux comparer ça à l'évolution d'autres patients ou si c'est juste ma façon d'avoir cette maladie qui fait que j'ai encore mes capacités de concentration, qui fait que je n'ai pas de problème à endurer de la fatigue, à travailler des semaines entières sans relâche. Là en fin de compte, moi tout ce que je peux dire c'est que par rapport aux périodes où je fais du sport de façon efficace versus les périodes où je suis un petit peu passif, parce qu'il y a des sujets avec la boîte qui font que je vais être plus sur la boîte que sur le sport machin. Je me rends compte qu'on paye avec de l'inertie, c'est-à-dire que je vais être sage pendant 2-3 semaines, ça va bien se passer pendant un mois, je ne vais rien foutre pendant un mois, ça va bien se passer pendant un mois ou deux. Donc il y a vraiment ce côté où on paye ou on récolte les fruits avec un peu de décalage. Maintenant dans le temps, dans l'absolu, aujourd'hui j'essaie de faire le plus de sport de haute intensité possible. Je me rends juste compte que ça se passe mieux quand je fais du sport, mais je vais... Voilà, l'évolution de la maladie, elle est inexorable. Aujourd'hui, on n'a pas de médicaments pour la freiner ou l'enrayer. Donc tout ce que je peux dire, c'est qu'il est probable que la maladie évoluerait plus vite si j'étais moins actif sur la partie sportive, mais je ne peux pas avoir de contrôle interne là-dessus. Donc c'est vrai que je n'ai pas de notion de relativité de ce que serait l'évolution de la pathologie si je ne pratiquais pas de sport.
- Speaker #0
Outre un impact qui est décalé, il observe en fait un changement mental qui est décisif pour sa résilience.
- Speaker #4
Côté engagement sportif, j'ai envie de dire, il n'y a pas de sujet. On dit que les efforts d'ultra-endurance, c'est 10% avec les bras, 90% avec la tête. Je pense que la seule différence, quand on est atteint d'une maladie comme la mienne, c'est qu'on a peut-être que 2% avec les bras et 98% avec la tête. Donc il y a vraiment ce côté, c'est avant tout l'agnac qui fait tout. Après, sur les caractéristiques physiques et sur les capacités que me laisse la maladie, c'est une maladie qui évolue, qui fluctue beaucoup dans le temps, à la fois suite à la prise de médicaments, puisqu'on prend de la... la dopamine plusieurs fois par jour qui va donner des coups de fouet et puis en même temps il y a cette fluctuation aussi en fonction de la fatigue dans les semaines qui font qu'au début d'un effort d'ultra-endurance tu vas être avec des capacités très différentes de ce que tu vas avoir quelques jours, quelques semaines plus tard
- Speaker #0
Finalement, réussir à se connecter à son corps est un moyen de démultiplier son potentiel neuronal et de s'appuyer sur des valeurs communes pour gagner en équipe. Alors, une question se pose quand même dans un monde de plus en plus digitalisé, virtuel, avec des générations qui n'ont pas forcément ces codes. Qu'en est-il du lien corporel entre les individus ? Patrice nous partage ses interrogations.
- Speaker #1
Notamment en post-pandémie, parce que je pense qu'on commence à avoir beaucoup de jeunes, très jeunes, qui ont une déconnexion complète avec le corps en général. qui sont rentrés dans un univers virtuel à 100%. Et bon, ce n'est pas un secret qu'il y a une pandémie d'obésité au niveau mondial, chez les jeunes notamment, et qu'il y a une déconnexion aujourd'hui avec le réel et avec le corps. Et donc, je ne suis pas sûr que ces références sportives aient la vie dure dans les générations qui viennent. D'autre part, les valeurs portées par le sport, de collectivité, etc., c'est quand même aussi beaucoup lié au corps et à la... proximité, alors même qu'on est rentré dans des modèles d'entreprise qui sont des modèles semi-virtuels où on travaille en remote. Et donc, je pense que sur le plan culturel, il y a des aspects implicites dans le sport qui vont commencer à ne plus faire de la même résonance auprès de gens de plus jeune génération et qui sont plus dans un mode décorporalisé, si je puis dire, et dans des entreprises plus virtuelles.
- Speaker #0
Pour terminer sur une note plus légère, mais non moins, pertinente, Hervé nous fait part d'un mérite sous-jacent du sport. Le sport permet de révéler qui nous sommes vraiment.
- Speaker #2
Moi, j'ai beaucoup joué au golf avec des clients ou des prospects et tout ça. Et je trouve que le golf a une vertu, c'est que on voit très très bien à qui on a affaire. Et donc, je connais des gens qui, en allant au golf, me racontent qu'ils sont vice-champions du monde, qui ne me demandent pas, moi, combien je suis classé. Et qui arrivent et qui, en fait, ne savent pas jouer. triche, ne respecte pas les règles. Et c'est très, très intéressant de voir la distorsion qu'il y a entre le discours annoncé et la réalité du niveau de jeu. Et les vrais champions, et j'en connais, c'est plutôt des gens hyper humbles qui disent oui, oui, moi, j'ai un peu joué. Je connais un type comme ça qui a été en équipe de France de golf et qui me dit oui, je sais, oui, je savais jouer. Il avait été champion de France, quoi. Alors que les autres qui sont hyper mal classés, ils me racontent qu'ils ont gagné le championnat du monde. C'est drôle.
- Speaker #0
Un grand merci à nos invités Hervé, Patrice, Karine et Guillaume. Je retiens que de la compatibilité à l'humilité, le sport est sans surprise un levier fort pour gagner des défis en équipe et s'engager autour de valeurs communes. J'ai trouvé aussi passionnant de considérer la tête et le corps comme des systèmes qui s'entretiennent en un cercle vertueux. Dans le prochain épisode, nous allons faire le lien entre le sport et santé pour comprendre ce qui fait le secret des carrières qui durent avec sérénité. Merci pour votre écoute et si cet épisode vous a plu, abonnez-vous ! pour ne pas manquer la diffusion des prochains épisodes.