Speaker #0Aujourd'hui, on va parler de comment réussir un challenge créatif sans se cramer. Et c'est autant valable pour les challenges d'une semaine qu'un Inktober qui va durer 31 jours ou encore le Sunday Project qui va bientôt commencer à l'heure où j'enregistre cet épisode. D'ailleurs, cet épisode s'adresse à toi si tu veux participer à ce genre de défi créatif, mais que tu te mets déjà la pression avant même de commencer. À toi qui abandonnes peut-être au bout de quelques jours parce que tu penses que ce n'est pas assez bien. À toi qui compares déjà. tes futures créations à celles des autres avant même que ça ne commence, mais aussi à toi qui as envie de progresser, sans transformer ce genre de challenge en torture artistique. Tu vois, pour moi, un challenge créatif, ce n'est pas un concours, c'est plutôt un terrain de jeu, et c'est ce dont j'ai envie de parler avec toi aujourd'hui. Parce que le problème, ce n'est pas ce genre de challenge, ce n'est pas le temps qu'on a à y consacrer chaque jour, c'est la pression qu'on se met dessus pour participer. Donc aujourd'hui, j'ai envie de te donner 5 pistes de réflexion. et un exercice qui sera un peu une sorte de checklist des questions à te poser avant de te lancer dans ce genre de challenge. Salut, moi c'est Diane, je suis artiste autrice sous le pseudo Didi Sunshine. J'ai créé Pimp ton style, c'est un écosystème de contenu pour t'aider à transformer ton feu intérieur en un style assumé. Il y a mon livre du même nom, un défi créatif sur Insta, une newsletter et ce podcast bien entendu. Ici, on parle d'exploration créative, d'inspiration, de confiance et de style évidemment. Alors, avant de passer à la suite, abonne-toi pour ne rien manquer. Donc la première chose que j'aimerais voir avec toi, c'est déjà à quoi ça sert un challenge. Parce que pour moi, ce n'est pas une vitrine, ce n'est pas une exposition, c'est une sorte de laboratoire. Parce que souvent, on se dit que sur le challenge, il faut qu'on fasse de jolies choses, qu'on va se faire découvrir, qu'on va avoir plein de likes sur les réseaux sociaux. Mais pour moi, ce n'est pas vraiment ça le but de ces challenges. Ce n'est pas une galerie d'exposition que tu remplis au fur et à mesure, c'est plutôt une sorte d'atelier en bazar dans lequel tu crées, tu expérimentes. Tu es là pour expérimenter et pas pour produire des chefs-d'œuvre pendant 31 ou 100 jours. Et d'ailleurs, j'aimerais te rappeler le Sunday Project qui va commencer là. Le but, ce n'est pas de faire 100 illustrations super canon tous les jours. Le but, c'est d'avoir un projet créatif et de travailler dessus un petit peu tous les jours pour avancer ton projet, pour qu'à la fin, tu aies un résultat. Par exemple, tu peux te consacrer à une nouvelle thématique. Tu peux essayer de chercher de nouvelles textures, utiliser de nouvelles... couleurs, essayer de créer avec de nouvelles contraintes. La vraie question pour savoir si un challenge sert ou pas à ta pratique créative, c'est de te dire si personne ne voyait ce que tu allais créer pour ce challenge, est-ce que tu participerais quand même ? Je te laisse méditer. Le deuxième point pour ce genre de challenge qui sont un peu longs, ça marche peut-être un petit peu moins pour les challenges de cinq jours, mais quand même, je pense que ça compte. C'est de te fixer à un objectif de processus plutôt qu'un objectif de résultat. Pour moi, Un mauvais objectif, c'est de vouloir faire 100 illustrations incroyables sur les 100 jours du Sunday Project. Ou même 31 illustrations incroyables super canon pour Inktober. Un bon objectif, ça va être, ok, je vais dessiner 5, 10, 15, 30 minutes par jour. Point. Là, tu vas te fixer un rendez-vous avec toi-même et tu vas prendre du temps pour créer et tu n'auras pas d'obligation de résultat envers toi-même. Parce que c'est ça qui peut être frustrant parfois sur les challenges un peu comme ça de longue durée, où c'est des marathons. En fait... Si tu vois que tout ce que tu crées, ce n'est pas super beau comme ce que tu vois sur les réseaux sociaux, ça va te démoraliser. Alors que si tu te dis juste, moi je prends 5 minutes, 10 minutes, une demi-heure, une heure même, pourquoi pas, pour créer tous les jours, tu vas faire des progrès, c'est indéniable. Donc vois ces challenges comme des objectifs pour explorer de nouvelles choses, pour apprendre, pour t'entraîner, mais pas pour un super résultat incroyable chaque jour. C'est comme quand tu fais du sport, tu ne vas pas à la salle pour gagner les Jeux Olympiques à la fin. Non, tu y vas pour t'entraîner, toi. La troisième piste de réflexion, c'est de t'autoriser à faire du moche, mais du moche utile, parce que le moche, on en a déjà parlé dans d'autres épisodes ici, ça fait partie du processus et c'est même nécessaire pour évoluer. On ne peut pas faire que des trucs beaux, sinon, je pense qu'au bout d'un moment, on s'ennuie, on tourne en rond, je ne sais pas, mais l'avantage quand tu fais quelque chose de moche, c'est que tu peux t'interroger, tu peux voir quelles sont tes pistes de progression, qu'est-ce que tu peux changer et on dit toujours que la qualité naît de la quantité. C'est un peu comme un entonnoir. Tu vas créer plein de choses pendant 5 jours, 31 jours, 100 jours, en fonction du challenge que tu vas suivre. Et cet entonnoir-là, il va venir filtrer. À la fin, tout ne sera pas canon, ce n'est pas grave. Mais tu auras appris des choses et tu auras mis le doigt sur certaines choses de te dire, ok, ça j'aime, ça je n'aime pas, ça j'ai envie de continuer dans cette exploration. Et donc tu vas produire en quantité. Et ce filtre va faire qu'à la fin, tu auras un petit peu de qualité sur les 5, 31 ou 100 jours que tu auras créés. Il y a des jours où tu vas faire des choses incroyables. et c'est trop cool. Il y a des jours où ce sera plus brouillon et c'est normal. Parce que la progression, elle est sûrement invisible au quotidien. Mais à la fin de la... période du challenge, à la fin des 31 jours, à la fin des 100 jours, la progression elle sera évitante parce que tu vas pouvoir regarder tout ce que tu auras fait et là tu vas voir la différence. Tes cheveux par exemple, ils poussent bien un petit peu tous les jours mais tu t'en rends pas compte. Par contre au bout de quelques mois, tu te dis ah oui là faut que je retourne chez le coiffeur. La progression en créativité c'est un peu pareil. Pour le quatrième point, je t'invite à baisser volontairement ton niveau d'ambition parce que quand on essaye de faire petit, quand on essaye de faire simple quand on réduit le temps, quand on choisit un format un peu plus court, on tient forcément plus longtemps sur la distance. Quand tu fais un marathon, tu cours pas vite, tu cours plus lentement. Mais tu cours plus longtemps. Eh ben, ici, c'est pareil. Si tu dessines petit, si tu te dis je me garde 5, 10, 15 minutes par jour, et pas 1 ou 2 heures, ou la journée entière, pour dessiner tous les jours pendant 31 ou 100 jours, forcément, tu pourras plus facilement ancrer cette routine, et le faire tous les jours, et le faire plus régulièrement, et tenir jusqu'au bout. Donc, par exemple, tu peux te dire que tu vas faire que des croquis, au lieu des illustrations ultra détaillées. Et à la fin de ton challenge, avec tous les croquis que tu auras, tu feras des illustrations finalisées, seulement des croquis que tu auras préférés. Ou alors, tu vas faire des choses en noir et blanc, sans sortir la couleur, l'aquarelle ou ce genre de choses. Il vaut mieux avoir une petite flamme qu'on alimente régulièrement avec un peu de bois, qu'un feu d'artifice qui explose dès le début et qui s'éteint au bout de cinq jours. Sauf si le challenge dure cinq jours, mais bon, t'as compris l'idée. Et enfin, la dernière chose dont je voulais te parler aujourd'hui, c'est le danger des challenges. et de ne pas confondre challenge et validation. Parce que souvent, je pense qu'inconsciemment, on attend des likes. Quand on poste sur les réseaux sociaux, on se dit qu'on va se faire découvrir par d'autres artistes ou même peut-être par des maisons d'édition, par des professionnels, par notre cible et qu'on va avoir des likes et qu'on a besoin des likes sur nos créations pour se sentir légitime. Parfois, tu vas kiffer une création, tu vas la poster et tu ne vas pas avoir plus d'engagement que ça. Tu ne vas pas forcément avoir beaucoup de likes, beaucoup de vues, beaucoup de commentaires. Ça ne veut pas dire que ta création n'est pas bien, tu vois. Donc je veux que tu te souviennes que ton objectif pour ces challenges, c'est de muscler ta créativité. Et toutes les réactions qui vont être sur les réseaux sociaux, c'est vraiment secondaire. Je ne veux pas mettre ça sur le dot de l'algorithme, mais peut-être que tu vas poster au mauvais moment, peut-être que tu auras fait une pause, peut-être qu'il y aura un autre contenu qui aura fait que le tien aura moins de visibilité. Peu importe les raisons, s'il a vraiment beaucoup de vues, mais pas beaucoup d'engagement, on s'en fiche de ce que les autres pensent. L'important, c'est que toi, ça te fasse vibrer, que toi, ça te fasse kiffer. Et d'ailleurs, quand tu participes à ce genre de challenge, t'es pas obligé de tout poster. Tu peux aussi poster qu'une sélection à la fin, si tu veux pas te mettre la pression de poster tous les jours, sauf si vraiment c'est un objectif pour toi. Moi, par exemple, j'organise un challenge pour l'année entière de 2026, c'est Pimp ton doodle. L'idée, c'est de faire des petits doodles tous les jours. Au début, je m'étais dit, ok, je vais poster un timelapse vidéo sur YouTube tous les jours. Je l'ai fait un mois, et puis en fait, j'ai arrêté parce que ça m'a saoulé, ça me donnait trop de contraintes. Même si c'est petit et rapide, j'étais obligée d'être posée. d'avoir de quoi me filmer en hauteur, d'avoir mon trépied, etc. Il faut installer un minimum de choses pour pouvoir faire ça. J'ai arrêté. Mais ça ne m'empêche pas de continuer de dessiner. Je ne poste pas mes trucs. Mais au moins, je le fais un peu tous les jours et je suis contente comme ça. Donc voilà. Aujourd'hui, c'était vraiment l'idée. C'est de replacer un bon état d'esprit sur les challenges créatifs, de les voir comme des terrains de jeu, des terrains d'exploration, des conversations avec toi-même, avec ton style, avec ta créativité et pas comme un objectif de performance, vraiment. Tu ne participes pas pour prouver quelque chose à quelqu'un. Tu participes juste pour évoluer. et pour prendre du plaisir. Donc l'exercice pratique que j'aimerais te proposer, c'est un peu une sorte de contrat anti-stress à faire avant chaque challenge créatif auquel tu voudrais participer. Tu prends une feuille ou ton carnet et quand tu veux commencer un challenge, tu te demandes pourquoi est-ce que tu veux vraiment participer à ce challenge ? Qu'est-ce que tu cherches à explorer ? Pas à produire, à explorer. Et tu vas définir quelques règles. Des règles simples. Un temps maximum par jour à ne pas dépasser pour participer à ce projet. Ou alors un format. pour choisir un format simple. Et tu vas compléter cette phrase. Pendant ce challenge, je m'autorise à... Et tu complètes. Ça peut être sauter des jours, parce qu'il y a des jours où tu n'auras pas l'énergie, tu n'auras pas le temps. Tu vas oublier, parce que tu auras d'autres choses à faire. Ou alors m'arrêter à des croquis. Si tu veux faire un projet, c'est 5, 31 ou 100 illustrations. En fait, c'est OK. S'il y a un jour où tu n'as fait que le brouillon et pas l'illustration finale. Bref, tu remplis cette phrase. Pendant ce challenge, je m'autorise à... Et autorise-toi... à ce que ce soit imparfait. Ne t'attends pas à faire le grand chélème à chaque fois, d'accord ? Voilà, j'espère que cet exercice et cet épisode t'auront aidé à poser une intention claire avant de commencer ce genre de challenge créatif et que tu pourras en profiter à fond. A bientôt !