Speaker #0Les lundis, mercredis, vendredis, je serai avec toi. Bienvenue dans la série de Jean Viennommé, Jean Merde. Pourquoi ? Parce qu'à force de vouloir être aimable, concise et validée par la Terre entière, on finit toujours par se trahir. Alors, en 2026, on arrête de vouloir satisfaire le monde entier et on prend position. Et ça, ça emmerde une partie des gens. Parce que tu incarnes la liberté de dire et de penser par toi-même. Une liberté et une autonomie que tes détracteurs ne se permettent pas. Alors, abonne-toi et prends enfin plaisir à ne pas partager la vie des autres, tout en restant solide. et en paix, jusqu'au plus profond de tes cellules. Et si la plus belle journée de ta vie n'avait rien à voir avec l'amour, le mariage ou les enfants ? Aujourd'hui, le thème imposé est la plus belle journée de ta vie. Et je vous avoue que pour rester dans la veine de Jean Merde, j'ai dû me creuser un peu les ménages, car je ne voulais pas tomber dans quelque chose de trop gnognon et vous dire que la plus belle journée de ma vie, ça a été le jour de mon mariage ou celui du jour de l'adoption de mon enfant, car bien que je respecte ces choix, je ne veux ni l'un ni l'autre. Non. C'est quelque chose de bien plus épique. La plus belle journée de ma vie, c'est celle où j'ai pris, je pense, à ce jour encore, la décision la plus folle, la plus zinzin si on prend en compte mes paramètres personnels au moment des faits. Ça se passe en 2009. Je termine mon apprentissage et là j'ai deux choix. Continuer et upgrader avec la maturité commerciale, ce qui équivaut à plus d'études, un meilleur diplôme à la sortie, me garantissant ainsi un meilleur salaire lors de mes futurs emplois. Donc, une plus grande sécurité financière, ce qui est nécessaire quand on est atteint dans sa santé, du moins c'est ce qui est généralement recommandé. Ou, deuxième choix, partir seul, loin de ma famille, dans un pays inconnu, pour y apprendre une langue que je ne maîtrise pas, sans être certaine que les lieux soient adaptés pour une chaise roulante. Sachez, chers auditeurs et chères auditrices, que l'idée qu'un diplôme puisse offrir l'accès direct aux hautes écoles spécialisées pour obtenir un bachelor ou un master me séduisait. vraiment pas. Mais alors, pas du tout. Et donc, j'ai décidé de partir pour 6 mois en Floride, à Miami, à Miami Beach plus précisément. Mais, au vu de la configuration des choses, c'est-à-dire chaise roulante, besoin d'assistance perpétuelle et d'aide dans cette expédition solitaire, je m'y suis préparée bien des mois à l'avance afin de planifier et prévoir tous les éventuels obstacles. Vous l'ignorez peut-être, mais les USA sont sans nul doute l'une des meilleures destinations pour les PMR. Tout y est pensé. Restaurants, écoles, centres commerciaux, transports en commun, hôtels, tout est prévu et pensé pour les personnes à mobilité réduite. Grâce, notamment, aux vétérans de la guerre. Et oui, les US foutent un peu le bordel partout où ils passent dans le monde et là où il y a du pétrole, mais au moins, ils adaptent leur pays pour les dégâts qu'ils commettent sur leurs anciens combattants. Et donc, tout est planifié et validé. L'école linguistique confirme que leur établissement est entièrement accessible. La compagnie aérienne valide que voyager avec deux chaises roulantes, l'une manuelle et l'autre électrique, est possible. Je suis assurée qu'il y a une personne qui me réceptionnera à l'arrivée et que j'arriverai à bon port à l'école. Les dollars sont achetés. Le compte en banque est prêt avec toutes mes économies dessus. L'itinéraire... Genève, Madrid, Madrid, Miami International Airport est confirmé. Les billets sont achetés. Bref, à 8h du matin, le 3 septembre 2009, je m'envole pour Miami. Seule, pour 6 mois. Loin de ma famille. Loin de tout ce que je connais. Loin de tout ce qui me sécurise et de tout ce qui m'est connu. Je n'ai jamais voyagé ainsi de ma vie. C'est mon premier long courrier. Première fois que je traverse l'océan, première fois que je vais aux USA, c'était mon rêve. Première fois que j'y vais toute seule. J'ai 19 ans, je suis dans l'avion, assise depuis des heures sur un de ces sièges si inconfortables qu'on connaît tous, au beau milieu de nulle part, au-dessus de l'Atlantique, et je ne réalise pas encore pleinement l'étendue d'une telle décision. Le temps semble s'être arrêté. Et puis, c'est comme si une nouvelle dimension était en train de se dessiner, juste devant moi. De plus en plus, précisément chaque heure, ça prend forme. Mais je me rappellerai toujours de ce sentiment une fois arrivé sur place. La fraîcheur des clims de l'aéroport de Miami. Ces énormes drapeaux américains à chaque coin de couloir. Et puis, Franck. Il faut que je vous parle de Franck. L'assistant PMR qui s'est occupé de moi à la sortie de l'avion jusqu'à la dernière seconde. Adorable, un beau gosse à en mourir comme jamais et terriblement sexy avec ses bras musclés. Quel accueil Miami, oh my god, ça pouvait pas mieux commencer. Comment ne pas oublier Frank, c'est le premier gars à avoir reçu en tips une bonne main, geste très répandu aux USA pour tout service rendu. Et soudain, lorsque les portes de sortie de l'aéroport s'ouvrent, ce courant d'air tropical qui t'arrive en pleine gueule, si étouffant, typique de la Floride, qui vous rend moite dès la première seconde. Putain, je suis à Miami. Putain, je suis à Miami. Je me suis répété cette phrase du début jusqu'à la fin. C'était, waouh, c'était le plus beau jour de ma vie, ouais. Parce que ça a été l'une des rares fois où ce sentiment de liberté que je chéris depuis ma plus tendre enfance m'a pleinement habité jusqu'au plus profond de ma chair. Jusque dans mon cœur. Alors, à vous qui hésitez encore. À vous qui vous cherchez peut-être des excuses. Sachez que partir 6 mois avec un handicap physique, seul, dans un pays qui vous est complètement inconnu, que vous ne connaissez pas, et revenir sans problème, c'est possible. Oui, c'est possible. Alors soyez honnête en répondant à cette question. Quel est ce rêve auquel vous tenez ? Quel est ce voyage que vous souhaitez faire ? Quelle est cette expérience qui trotte au fond de vos têtes ? Cette envie qui reste enfouie là encore au coin de votre cœur ? Moi je vous dis... embrassez-la et offrez-vous le luxe, les moyens de le réaliser. La vie est un cadeau qui vous a été fait à vous et à vous seulement, rien qu'à vous. Avant de se quitter, je vais vous poser une question. La droite dans les yeux, même si vous m'entendez à travers vos écouteurs. Qu'est-ce que vous portez en vous que vous étouffez par peur de déranger, de déplaire, ou même peut-être par peur de foirer ? On est dans la série Jean Merde, alors c'est le moment. de regarder ce rêve de gosse ou cette ambition dite irrationnelle par les autres que vous cachez sous le tapis. Moi j'ai traversé l'Atlantique avec mes fauteuils roulants, mes doutes, j'avoue, parce que j'ai décidé que ma liberté valait plus que ma sécurité. Et vous, pour que votre plus beau jour arrive enfin, vous allez devoir passer par 5 étapes solides. La première, celle du sens. Pourquoi ce rêve ? Est-ce qu'il fait vibrer vos cellules ? ou est-ce que c'est juste pour la galerie ? 2. Votre objectif. Cessez de viser le sommet. Visez le premier pas. Miami, ça a commencé par un billet d'avion, pas par l'arrivée. 3. La liberté. Emmerdez les avis non sollicités. Votre autonomie commence là où s'arrête votre besoin d'approbation. 4. L'incarnation. Ne faites pas comme si soyez déjà la... personne qui a réussi. Ressentez la chaleur tropicale ou le vent de votre propre victoire avant même d'y être. 5. La détermination et l'enthousiasme. C'est votre carburant. Sans ça, au premier obstacle, vous ferez demi-tour. Mon handicap n'a pas été en frein. Il m'a forcé à être plus organisée, plus audacieuse, plus vivante. Vos propres limites, qu'elles soient physiques, financières ou mentales, sont vos meilleurs alliés. Si vous arrêtez de les voir comme des murs, elles sont les fondations de votre autorité personnelle. Il y a peut-être quelque chose à aller voir là-dessous et ça me ferait plaisir de vous accompagner à ce niveau-là. Ce que j'ai à vous dire, c'est d'aller voir à l'intérieur. Qu'est-ce qui attend d'éclore ? N'attendez pas d'être prête, d'être guérie ou riche. Revenez à votre être sauvage, celui qui n'a pas besoin de permission pour exister. Faites en sorte que votre plus beau jour ne soit pas un souvenir poussiéreux, mais une décision que vous prenez là, maintenant. Si cet épisode vous a plu, vous a peut-être fait rêver, ou a, encore mieux, rêvé quelque chose en vous, n'hésitez pas à me le dire. Et puis, rejoignez Enroue Libre, l'infolette décomplexée, c'est pour toutes celles prêtes à se donner le droit de sauter le pas. Mercredi. On se retrouve avec un épisode particulier puisqu'il s'agira de vous parler d'un chanteur impactant. Et je vous assure que vous êtes à mille lieux d'imaginer ce que je vais vous proposer. Alors abonnez-vous à Plaisir Handicap, inscrivez-vous à En Roue Libre et surtout donnez-vous les moyens de réaliser ce putain de rêve. Je vous remercie pour le temps que vous m'avez accordé, je vous remercie sincèrement pour votre écoute et je vous dis à très vite sur... plaisir et handicap. Sous-