Speaker #0Je vais vous raconter quelque chose. Il y a 20 ans, J'avais jamais parlé dans un micro de toute ma vie. Jamais. Puis un jour, on me propose un job. Enregistrer l'horoscope pour une radio. Tous les jours. Tous les jours du mois, pendant tous les mois. Et dans ma tête, clairement, tout de suite, je me suis dit, non mais enfin, j'ai jamais fait ça, c'est ridicule. Je vais être complètement à côté de la plaque, je vais pas y arriver. Je sais pas comment faire, moi. C'est pas mon travail. Mais à ce moment-là, j'avais vraiment besoin de ce job. Alors j'ai dit oui. Et honnêtement, c'était la cata. Vraiment. j'étais pas naturelle, je stressais j'avais la voix qui était hyper chantante, chose qu'on me disait déjà quand je parlais au téléphone du coup ça sonnait faux et moi je voulais tellement bien faire mais ça bloquait complètement donc c'était vraiment pas terrible mais vous savez quoi, j'ai persévéré parce que comme je vous l'ai dit, j'avais vraiment besoin de ce job et ça m'a pris un petit peu de temps quand même, même beaucoup plus de temps que ce que vous pouvez imaginer je dirais Environ deux ans avant de commencer à être vraiment à l'aise derrière un micro, à plus avoir le cœur qui coince quand le micro s'allume, parce qu'après l'horoscope on m'a proposé d'autres choses, j'ai aussi travaillé en direct, j'ai fait des émissions en week-end, etc. Et j'étais toujours tremblante derrière ce micro, je savais jamais quoi dire. Parler dix secondes, ça me paraissait être une éternité. Et moi je dirais qu'après ces deux ans, il m'a fallu probablement encore une année, voire même deux, avant d'avoir quelque chose d'un petit peu plus naturel dans mon ton. Parce que j'avais toujours ce côté très chantant. Et puis un jour, j'ai rencontré la bonne personne, un collègue incroyable, qui lui m'a aidé à sortir de mon perfectionnisme carré que je m'étais mis. Moi j'écrivais tout, il y a tout qui a été noté, j'avais la place à zéro improvisation, j'avais tellement peur de faire faux. Et lui en fait, il m'a appris à respirer, à lâcher prise, à arrêter de vouloir être parfaite tout le temps, parce que c'est pas possible. Et c'est vraiment là que ça a été le déclic, que tout a changé. Mais ça... Pour être très honnête, c'était 7 ans après avoir parlé dans un micro pour la première fois. Alors, rassurez-vous, je ne vous dis pas qu'il va falloir 7 ans pour que ça lâche. Moi, ça m'a pris du temps parce que j'étais trop perfectionniste et que je n'ai pas rencontré les bonnes personnes avant pour m'aider à sortir de ce stress constant. Donc si je vous raconte ça aujourd'hui, c'est parce qu'on croit souvent que les gens qui sont à l'aise derrière un micro, ils sont nés comme ça. Non, non, non, c'est faux, complètement faux. Peut-être qu'aujourd'hui vous vous dites, je ne suis pas assez intéressante, ma voix est bizarre, je vais perdre mes moyens, je ne suis pas légitime, quelle que soit l'excuse que vous allez vous trouver, mais moi j'ai vraiment envie que vous entendiez ça. Le problème, ce n'est pas la capacité, ce n'est pas votre capacité. Le problème, c'est que vous pensez que votre peur, elle veut vous dire que vous n'êtes pas capable. Alors qu'en réalité, cette peur, elle vient juste vous dire, c'est nouveau, tu ne connais pas, c'est stressant, et ça c'est tout à fait normal. On n'aime pas ce qui est nouveau. Notre cerveau déteste la nouveauté. C'est connu. Alors vous n'êtes pas en retard, vous êtes juste au début de votre parcours. Moi j'ai envie de vous poser une question. Depuis combien de temps est-ce que vous repoussez cette idée de lancer votre podcast ? Quelques semaines ? Quelques mois ? Peut-être même quelques années ? Ou peut-être que vous vous êtes même dit au tout début que vous y avez pensé « Non, non, mais ce n'est pas pour moi, je n'y arriverai jamais » . Mais si je vous demande honnêtement, est-ce que ce qui vous bloque vraiment, c'est juste le micro ? Ou est-ce que c'est le regard des autres ? Parce que souvent, la peur du micro, elle cache quand même un petit quelque chose d'autre derrière. La peur d'être entendue, la peur d'être visible tout à coup, la peur de prendre sa place. C'est toutes ces petites peurs-là qui s'accumulent et qui nous empêchent de passer à l'action. Mais la vérité, c'est que tout s'apprend, absolument tout. Et même parler dans un micro, la confiance au micro, c'est pas un talent, c'est pas inné, ça s'apprend, ça se répète, et comme je vous l'ai dit, ça peut prendre quelques années. Mais c'est pas grave, personne ne devient naturel comme ça juste avant de commencer. Les seules personnes que j'ai trouvées assez naturelles devant un micro, alors que c'est la première fois qu'elles prenaient la parole au micro, c'est des gens qui avaient par exemple déjà fait du théâtre. ou du chant, donc qui ont quand même déjà l'habitude de s'exprimer en public. Et forcément, ça va ensemble, c'est un peu une continuité. Mais des gens qui n'avaient jamais fait ça, qui n'ont jamais fait de théâtre, qui ne sont pas à l'aise de parler devant des gens, il n'y a personne qui est à l'aise devant un micro avant de commencer, c'est tout à fait normal. Moi, souvent, on m'a fait la réflexion, quand j'ai commencé dans ce métier de la radio, de faire le lien avec la conduite. Si vous conduisez une voiture, vous allez comprendre très vite de quoi je vous parle. Quand on apprend à conduire, on s'assied derrière ce volant et c'est l'enfer. Il faut penser à tout, tout le temps. Quelle pédale il faut utiliser ? Je dois changer ma vitesse parce qu'on va parler de l'époque où on apprenait à conduire avec un embrayage encore. Il n'y avait pas trop d'automatique donc il faut aussi appuyer sur l'embrayage. Il faut réfléchir à quel endroit est-ce qu'il va y avoir ce point de friction. Il faut tourner le volant. Il faut indiquer quand on veut tourner. Quand il pleut, il faut mettre les essuie-glaces. Tout est stressant parce qu'on ne sait pas où sont les choses. On doit tout le temps essayer de repérer où est-ce qu'on va découvrir le matériel. Et on a l'impression que nos cerveaux, ils vont exploser. Et puis, à un moment donné, on conduit sans plus réfléchir. Il y a tout qui devient automatique. On peut parler en même temps, on peut écouter la radio, on peut chanter. Et on roule beaucoup plus naturellement. Pourquoi ? Parce que simplement, le cerveau, il a appris et il a créé des automatismes. Eh bien, parler dans un micro, je vous jure que c'est exactement la même chose. Au début, on ne sait pas comment faire, on ne sait pas comment enregistrer. Le logiciel de montage, c'est un truc qui nous fait fuir, on en a très peur. Le micro, encore plus. S'entendre, ça nous fait stresser. Comment est-ce qu'on va entendre sa voix après ? Moi, je n'aime pas ma voix quand je l'écoute, etc. Mais tout ça, au bout d'un moment, votre cerveau, il l'enregistre et ça devient des automatismes et du coup, ça ne devient plus du tout une difficulté. Donc aujourd'hui, j'ai envie de vous donner quelques petits conseils très simples vous aider à vous lancer et que ce soit moins difficile. Déjà, quand vous voulez enregistrer un texte, n'écrivez pas un texte complet. C'est terrible de faire ça, parce qu'on apprend à écrire à l'école et on nous apprend à écrire de manière littéraire, comme dans les livres, avec des mots complexes, avec des tournures de phrases soutenues. Ce qui est très bien, je ne dis pas ça, mais quand on parle, on ne parle pas comme ça. Donc on n'écrit pas de la même manière que dans un livre. on va écrire Comme on parle. Ça, c'est une première solution. Si vous avez vraiment besoin d'avoir un texte complet, écrivez-le comme si vous le disiez avec vos mots. Et par exemple, si vous voulez dire je sais pas ou je ne sais pas plutôt. Vous n'allez pas écrire je ne sais pas. Vous allez même écrire je sais pas. Vous voyez vraiment un truc très brut de décoffrage. Comme ça, ça va vous donner un côté un petit peu plus naturel pour vous aider au début en tout cas. L'autre possibilité, si vous êtes déjà un petit peu plus à l'aise, c'est d'écrire juste des mots-clés ou une petite idée, une intention pour avoir un fil rouge, mais pas un texte figé. Et puis vous allez improviser là autour. Ça aussi, ça va rendre tout ce que vous dites beaucoup plus naturel. Il y a un petit exercice aussi qu'on fait beaucoup en radio en tout cas et qui fonctionne avec n'importe quel métier où vous devez vous exprimer, c'est de devoir muscler en fait ses joues. Et les zygomatiques, parce que c'est vrai qu'on parle dans la vraie vie, on le fait assez régulièrement, mais des fois, ce n'est pas le même exercice de parler avec quelqu'un que d'enregistrer quelque chose où on doit quand même se concentrer pour articuler quand on parle, histoire qu'on comprenne ce qu'on dit. Un petit exercice tout simple pour faire ça, c'est de mettre un crayon dans votre bouche, à l'horizontale, évidemment, vous ne l'enfoncez pas au fond de la gorge, pour faire en sorte de tirer vraiment vos lèvres vers l'arrière. Et puis vous parlez, par exemple, vous pouvez lire votre texte, avec le crayon dans la bouche. Alors vous allez baver, c'est pas du tout sexy, et bien sûr on n'enregistre pas comme ça, mais en fait en faisant ça, vous allez échauffer toute la partie de vos joues qui vous sert à parler, et ça évite énormément de bafouille. Parce que si le muscle il est chauffé, comme n'importe quel sport qu'on va faire, eh bien il est beaucoup plus efficace. Alors, encore une fois, ne faites pas ça pour enregistrer, c'est vraiment pour vous échauffer, et puis aussi muscler l'articulation de la bouche. et les zygomatiques. Et puis, la troisième chose que je vous dirais, et là, il n'y a pas trop de secrets, c'est, comme on le dit un peu vulgairement, bouffer du micro. Il n'y a pas de secret. Plus on pratique, plus on va progresser. C'est comme ça que ça marche. N'attendez pas d'être prête avant de vous lancer parce que ça, ça n'arrive jamais. Mais faites, faites et refaites et vous verrez que ça va bien se passer au bout d'un moment. Mais il faut vraiment, comme on le dit, bouffer du micro. J'aimerais que vous vous imaginiez quelque chose. Imaginez-vous, dans un an, vous avez lancé votre podcast, et là votre voix, elle est plus posée, plus naturelle, vous êtes plus affirmée aussi. Et surtout, vous n'êtes plus paralysée avant d'enregistrer. Vous allez vous demander à ce moment-là, mais pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de me lancer ? Imaginez toutes les personnes qui auraient pu entendre votre message plus tôt et toutes les opportunités que votre voix peut créer, parce que votre voix, elle mérite d'être entendue. Même si elle n'est pas parfaite, même si elle n'est pas méga naturelle au début, c'est pas grave. Elle mérite d'être entendue et imaginez-vous, vous, dans un an, avec l'expérience que vous aurez accumulée. Donc aujourd'hui, bien entendu, je ne vais pas vous demander d'être parfaite et ça, je ne vous le demanderai jamais. Je n'ai pas non plus envie de vous demander d'être prête, j'ai juste envie de vous demander une petite chose, c'est d'oser commencer. Même si c'est maladroit, même si votre voix, elle tremble, même si vous êtes stressé, c'est tout à fait normal et c'est exactement comme ça que tout le monde commence. Je vous assure, vous avez vraiment l'impression que les gens qui font du podcast ont été à l'aise dès le jour J1, mais ce n'est pas vrai. il faut passer par cette petite de peur et puis il faut oser passer le pas. Si cet épisode vous a aidé, si vous vous êtes reconnu dans ce que je vous ai dit aussi ou s'il vous a donné un petit peu plus l'envie d'oser, je vous propose de vous abonner à ce podcast parce qu'ici on va continuer ensemble à prendre notre place une voix à la fois. Et puis bien sûr n'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous, à le noter si vous le pouvez sur la plateforme sur laquelle vous écoutez, mettez une petite étoile, c'est aussi comme ça. que ce podcast peut être connu et aider le plus de personnes à se lancer dans cette belle aventure qu'est le podcast. Merci beaucoup de m'avoir écouté jusqu'à là. Je vous souhaite une magnifique semaine. Prenez soin de vous. Malyce, malyce, malyce.